Bon. Après une panne d'inspiration et un cruel manque de temps, voici le neuvième chapitre d'Alchemia, qui, je l'espère, vous plaira !=D (je tarde je tarde ... u.u)

Un grand merci à MyHeartPrincesa pour ses review toujours pleines de compliments, et merci à tous les lecteurs anonymes de leur passage, ainsi qu'aux alertes et à ceux qui indique Alchemia comme dnas leurs fictions favorites, ça me fait vraiment très plaisir de me savoir lue et appréciée ! =)

Bonne lecture à tous et à toutes pour ce chapitre, neuvième du nom, et n'hésitez pas à me laisser une review pour me donner votre avis ! ^.^


Dastan lâcha un soupire en resserrant autour de lui les pans de la veste qu'il avait passé avant de rejoindre le conseil. Les révélations qu'il avait entendu durant cette soirée pour le moins riche en émotions lui trottaient toujours dans la tête. "Ton retour chez nous était inespéré Leandas..." Leandas. Un prénom qui, pour lui, ne signifiait rien, sinon celui d'un étranger. Le fait est que d'être ce même étranger lui conférait une sensation... Etrange. Certes, il avait comblé ce manque qu'il sentait comme une évidence depuis que Sharaman l'avait recueilli. Ce manque qu'il avait toujours ressentit, aussi loin qu'il s'en souvienne. Comme si on l'avait arraché à sa vie pour le placer sur celle d'un autre. Ce sentiment avait toujours était enfoui au plus profond de lui-même, ne se manifestant jamais directement mais plutôt sous forme d'un malaise constant sur lequel il ne pouvait mettre de nom. Il lui semblait avoir toute sa vie attendu l'élément qui lui permettrait de boucler la boucle et de mettre à terme à cette ignorance qui formait un trou béant dans sa poitrine. Une plaie qui ne cicatriserait face à la vérité. Et maintenant qu'il tenait cette vérité entre ses mains, elle lui semblait absurde et irréelle. Ces gens avaient certainement du se tromper. Faire erreur sur la personne. Dastan avait toujours vécu en Perse, certes il ignorait qui étaient ses parents et comment ils avaient disparu, mais la Perse était son royaume. Et pourtant… Pourtant. La langue qu'on parlait ici sonnait comme une chanson qu'il aurait déjà maintes et maintes dois entendues. Les syllabes coulaient sans jamais lui accrocher les tympans. Ce dialecte était naturel pour lui. La couleur de ses yeux, translucide, océan, ne ressemblait en rien à celle de ces frères, ni d'aucun habitant de Perse. Personne là bas n'avait ce bleu intense, profond, qu'il avait retrouvé dans les yeux d'Aliss et qui l'avait tant fasciné. Si le regard de la jeune femme l'avait tant interloqué, c'est parce qu'inconsciemment, il y avait reconnu le sien. Et certainement celui de ses parents. Ses vrais parents. Cette simple pensée lui donnait des frissons. Sans réellement l'attrister.

Le grincement discret de la porte accédant à la terrasse de sa chambre le fit sursauter, et il se maudit de n'être pas sur ses gardes. Ses pensées étaient tellement embrumées qu'il ne parvenait même plus à être aux aguets comme il l'était constamment auparavant. C'est sans surprise qu'il reconnut la silhouette d'Aliss, qui vint s'appuyer contre la balustrade de la terrasse à ses cotés. Un léger silence s'installa entre les deux jeunes gens avant qu'Aliss ne brise le silence.

« - Vous allez attraper froid votre altesse. »

Déclara-t-elle, un léger sourire aux lèvres. Le visage de Dastan se déforma en une grimace désapprobatrice à l'ouïe de ces mots pompeux, réaction qui sembla amuser la jeune femme.

« - Votre altesse?
-Oui. Ou préférez-vous Prince Leandas ? Ou mon noble prince, ou …
-Dastan. »

Conclut calmement le concerné en haussant les épaules, arrachant un sourire satisfait à Aliss. De telles marques de respect, il n'en avait jamais réellement eut avec elles aux vues de leur rencontre pour le moins… Animée. Et il ne comptait pas commencer à en avoir maintenant, considérant Aliss comme son unique repère dans un monde qui lui semblait bouleversé.

« -Aliss… Mon père. Votre roi. Comment était-il ? »

Demanda évasivement Dastan, amenant un nouveau sourire énigmatique de la jeune femme qui se tourne pour s'accouder à la balustrade et tourner le dos à la féerique vision de la ville teinte aux couleurs de la nuit. Elle laissa un légère inspiration accompagner le silence, semblant chercher dans ses souvenirs l'image d'un homme vieillissant et déjà effacé, avant de déclarer d'un voix absente :

« - Eh bien… C'était un homme de caractère, comme la plupart des souverains, je pense. Blessé par la vie à même son orgueil et marqué de blessures qui ne cicatrisent pas. C'était un dirigeant sans pareil, il dictait à son royaume des consignes avisés, mais semblait avoir perdu une part d'humanité dans les batailles qu'il avait mené. Un homme dur à cerner, qui inspirait le respect et la crainte… »

« Exactement le portrait que je me faisais de lui… »

Songea Dastan en écoutant la description d'Aliss. Des paroles de la jeune femme perçaient du respect, un respect grandissant et sans nom, plus pour ce que cet homme laissait que pour ce qu'il avait été. Celui qui avait guidé tout un peuple avant d'être retrouvé mort dans des conditions étranges mais pour un motif assuré : le secret de l'alchimie. Cette simple idée arracha un nouveau frisson au prince, qui se découvrait une nature fuyante qu'il ne se connaissait pas.

« -Et ma mère… ? »

Hasarda-t-il, à la fois désireux d'en apprendre plus sur sa vraie famille et craintif d'en découvrir trop. Aliss se contenta d'hocher docilement la tête, considérant les interrogations du prince comme parfaitement légitime et continua :

« - Notre reine, Dame Ereyanna… C'était une personnalité discrète et toujours en retrait, écrasée par le charisme dévorant de son époux. Personne ne l'a réellement connue, excepté son mari, ses enfants et ses anghinar, ses dames de compagnie, en quelques sortes. Il ne m'a pas été donné de m'entretenir avec elle de nombreuses fois, mais le peu d'échanges que nous avons eu laissait supposer une personne vive et intelligente, mais désireuse de rester en retrait, de ne pas se mettre dans la lumière…
-Ereyanna… »

Murmura Dastan, incrédule et rêveur. Ce nom sonnait étrange sorti de sa bouche, mais son palais, sa langue, tout son être savait comment prononcer ces syllabes, il les avait déjà dites, maintes fois, et maintenant qu'Aliss lui avait répété, il lui semblait n'avoir jamais oublié ce nom.

« -Et à propos de mes frères, que peux-tu m'apprendre ? »

Continua-t-il, à présent avide d'en savoir plus sur sa famille, et au final, sur lui-même. Sur ce qu'il avait raté ici alors qu'il combattait sous le soleil brûlant de Perse. Il lui sembla un instant que le visage d'Aliss s'assombrissait à la mention de ses frères, mais Dastan ne su dire s'il s'agissait ici d'un effet de lumière où d'une réelle expression de la jeune femme et, bien trop occupé à capter le moindre de ses propos, choisit de ne pas s'en formaliser, la laissant exposer ces précieux détails qu'il ignorait à propos de sa propre famille.

« -Tes frères… Il y avait Annon, dont j'ai seulement entendu parlé. Je n'étais pas née lorsqu'il est mort, à l'âge de dix ans, mais je sais que sa mort prématurée a jeté un grand froid sur tout le royaume, et que notre roi ne s'en est jamais réellement remis. De ce qu'on en dit, il était le portrait craché de sa mère. Mais seules les gravures le prouvent aujourd'hui… Tes trois autres frères, Cerika, Anodas et Kalonir ont tous trois perdu la vie dans la grande bataille de Ellen contre les Celtes. Nous y avons d'ailleurs perdu beaucoup. Cette guerre a tué nos hommes et détruit notre roi, qui a sombré dans le grand vide, une dépression sans nom. Il avait perdu tous ses fils, sa femme, ne lui restait que la richesse et ses yeux pour pleurer. »

Aliss marqua une pause, reprenant son souffle que l'agitation de ses propos avait saccadé. Ses émotions ressurgissaient au fil de ses mots, l'entraînant dans ses souvenirs douloureux. Dastan respecta son silence, alors qu'une brise glacée balayait la terrasse, faisant danser les rideau qui s'échappaient d'un fenêtre de la chambre du prince. Lorsqu'enfin le vent cessa, la jeune femme repris son récit.

« -Cerika était imbu de lui-même et orgueilleux. La grande majorité du peuple ne l'appréciait pas trop, et je dois avouer ne jamais avoir réellement cherché à le connaître. Il restait souvent seul et semblait toujours triste et aigri. Le seul endroit où il ne s'énervait pas était sans doute sa sainte bibliothèque, qu'il s'était fait construire dans un excès d'orgueil. Anodas, lui, était un bon vivant drôle et plein d'humour, très convoité au sein du royaume et qui pouvait se vanter d'une longue liste de prétendantes et conquêtes. Mais il ne perdait jamais son objectif de vue et était un excellent combattant. Quand à Kalonir…
-Kalonir ?
-Le cadet. Plus vieux qu'Anodas, plus jeune que Cerika. Kalonir était mon fiancé. Et … C'était un homme vif et doux qui, malgré quelques sautes d'humeur, savait trouver un « juste » milieu. »

Aliss acheva sa phrase sur ces derniers mots, préférant ne pas s'épancher sur le sujet de Kalonis, dont le souvenir était toujours marqué au fer blanc dans sa chaire. Pas un seul jour depuis bientôt trois ans elle n'avait eut de cesse de penser à lui. De se souvenir de la couleur bleu acier de ses yeux, du goût de sa bouche et des mouvements de ses muscles lorsqu'il combattait. C'est lui qui lui avait toujours permis de garder la tête haute. Lors des entraînements avec son père, alors qu'il lui semblait que ses nerfs allaient lâcher, il était toujours là. Il ne la ménageait jamais, ne lui laissait aucun répit, comme son géniteur le faisait. Mais la simple présence de Kalonis suffisait à lui faire garder la tête hors de l'eau, à ignorer douleur, souffrance, fatigue. Si elle voulait que son père soit fier d'elle, elle voulait se surpasser pour son prince, le Sien, celui qu'elle avait légitimement mérité et qui l'avait elle aussi revendiquée. Ses souvenirs laissaient un goût amer dans la bouche de la jeune femme. Celui de la tristesse et de la frustration de moments volés.

Elle demeura immobile quelques secondes avant de tourner les talons sans plus d'explications. Alors qu'elle gagnait la porte, elle lâcha, à mi-voix :

« -Mais si tu es désireux d'en apprendre plus sur ta famille, va consulter la bibliothèque de Cerika. Il y avait fait entreposer les ouvrages les plus important du royaume. Tu y trouveras certainement les réponses que tu cherches, ou, tout du moins, certaines que tu ne pensais pas chercher… »

Alors que Dastan la remerciais, le silence répondit au prince, maintenant affublé de ce titre pour deux empires, dont puissance, dont l'une, en déclin, semblait nécessité son aide. Le poids des responsabilités qui pesait sur ses épaules s'était ajouté à celui de la honte d'avoir abandonné son pays. Même si il savait maintenant que celle-ci n'avait plus tant lieu d'être qu'elle était légitime et justifiée, il lui était impossible de s'en défaire. Sharaman. Tamina. Tus et Garsiv, ses deux frères. Que pensaient-ils de lui ? Qu'il était un traître ? Probablement. Peut être même que l'un des deux avait épousé sa si belle princesse, celle qu'il avait failli perdre dans une réalité devenue des plus subjective. Il lui arrivait de plus en plus souvent de repenser au poignard. Aux pouvoirs qu'ils lui conférait. Pouvoir… Un bien grand mot. Que l'on pouvait parfaitement appliqué à l'Andorinmar. Quelle était cet alchimie dont on lui avait tant parlé ? Dans quelle mesure avait-elle pu faire la richesse d'un royaume comme celui-ci ?

« Certaines que tu ne pensais pas chercher… »

Les mots d'Aliss résonnèrent à nous dans ses oreilles. La bibliothèque de Cerika, son frère. Lui ressemblait-il ? Se seraient-ils appréciés ? Les révélations de cette soirée avaient ouvertes tant de portes que Dastan ne pourrait jamais refermer que ces simples pensées le mettaient mal à l'aise. Alors qu'il pensait enfin retrouver sa famille, il ne se trouvait que face à un rang de tombes, silencieuses et sourdes. Dans mouvement brusque, le prince fit demi-tour, faisant voleter autour de lui les pans de son épaisse cape, dans un claquement de tissu sonore. Si dans sa tête s'accumulaient des problèmes par centaines, une solution s'imposait. Ce peuple avait besoin du soutien d'une grande nation. Comme la Perse. Il devait retourner là bas et parler à son père adoptif. Le convaincre d'aider ce peule qui se retrouvait amputé d'un roi, lui coûtant sa prospérité. Mais d'abord, il devait se rendre à la bibliothèque de Cerika. Traiter de politique sur un sujet inconnu était la pire chose à faire.

Alors qu'il quittait sa chambre, Dastan observa les murs de l'immense palais et se rendit rapidement compte qu'un détail manquait. Excepté quelques tentures et autres fins rideaux vaporeux, aucun portrait n'ornait les murs. Aucune décoration. Tout était sobre, dénudé, comme si l'on avait voulu donner à cet endroit une âme fantomatique. Comme si tout était irréel. Ce palais le mettait mal à l'aise. Lui était impersonnel. Ce n'était pas l'éclat de la Perse. Seule la tristesse y régnait, celle d'un lieu abandonné. D'un bref geste de la tête, Dastan chassa de son esprit ces réflexions métaphysiques. L'objectif principal était d'obtenir l'aide de la Perse. L'esthétique n'apparaissait qu'en un plan bien plus lointain. Ce serait son premier acte en tant que souverain de ce royaume, qu'il reconnaissait peu à peu comme sien.

Au hasard des couloirs, le prince croisa enfin un soldat et l'interrompit dans sa ronde. Ce fut avec surprise et gêne que l'homme se courba avec respect devant celui qu'il devait à présent reconnaître comme son prince.

« -Votre altesse.
-Relevez-vous mon ami, je vous en prie ! Je cherche la bibliothèque de Cerika. Pourriez-vous m'y conduire ?
-Bien sûr mon prince ! Mais il faut faire seller votre monture avant cela.
-Ma monture ? L'interrogea Dastan, étonné.
-Oui, monseigneur le prince Cerika avait fait construire sa bibliothèque à quelques lieues de la cité pour être tranquille. »

Expliqua consciencieusement le garde avant d'inviter son prince à la suivre. Celui-ci était d'ailleurs surpris mais pas moins intéressé par la personnalité de son frère qu'il découvrait au travers des propos des autres. Cerika, l'égoïste, l'orgueilleux, comme le lui avait décrit Allis. « La grande majorité du peuple ne l'appréciait pas trop. ». L'aurait-il apprécié, lui ? Ou aurait-ce entre eux été une continuelle rivalité, comme le lui faisait subir Garsiv depuis qu'ils étaient enfants ?

Les hautes fenêtres du palais hurlaient au gré du vent, et Dastan pu constater la violence de la tempête de neige qui régnait au dehors avant même d'y mettre un pied. En quelques minutes seulement, le calme olympien de son balcon avait cédé sa place à une tempête grondante qui envoya des bourrasque de vent enneigé dans le château en pénétrant le simple interstice que créa la grande porte en s'ouvrant. Le garde qui accompgniat Dastan salua d'un signe de la main les deux autres qui gardaient les portes du palais avant d'emprunter un couloir adjacent à moitié protégé de la tempête, et ils longèrent le palais en silence pendant de longues minutes jusqu'à déboucher dans les écuries. Alertés par les violents assauts du vent contre les portes, les chevaux attelés là hennirent de peur en entendant les deux hommes entrer, et les deux hommes tiquèrent.

« -Mon prince, souhaitez-vous vraiment vous rendre à la bibliothèque par ce temps ? Les bêtes sont apeurées et nous n'y verrons rien.
-Sais-tu t'y rendre, même par ce temps ?
-Oui bien sûr, mais…
-Alors allons-y. »

Conclut Dastan en détachant le cheval qu'il avait chevauché pendant son voyage aux cotés d'Aliss avant de l'enfourcher. Il remarqua d'ailleurs avec surprise que la monture de cette dernière avait disparue, et que seul son emplacement demeurait vide. Mais il chassa rapidement cette pensée de son esprit, alors qu'ils s'enfonçaient dans le froid opaque des bourrasques de vent et de neige qui faisaient rage au dehors.

« -Comment t'appelles-tu ? »

Hurla Dastan au garde qui semblait lutter pour parvenir à accrocher un pan de sa longue cape devant son visage.

« -Serka ! »

Répondit l'autre, sa voix grave à moitié étouffée par le tissu qu'il était enfin parvenu à nouer devant sa gorge. Dastan hocha silencieusement la tête, constatant que le temps ne leur permettait pas d'être loquace, et se contenta d'observer autour de lui la cité tourmentée par le temps désastreux qui faisait rage et s'abattait sur cette dernière. Ils traversèrent ainsi lentement l'allée principale avant d'atteindre les grilles de et les passer. Puis, ils s'enfoncèrent dans la forêt où, seulement, la temps se calma, leur permettant d'ôter leur masques pour converser convenablement.

« -Serka alors.
-Oui mon prince.
-Cela fait longtemps que tu es dans la garde du roi ?
-Quelques années monseigneur, j'y était encore du temps de nos regrettés princes.
-Ah vraiment ? Et au service de qui étais-tu plus particulièrement ?
-De Kalonir. Votre altesse. »

Rajouta-t-il prudemment en jetant un regard en biais à son nouveau prince qu'il avait cru, comme chacun dans ce royaume, mort ou perdu. Leur lueur d'espoir dans l'obscurité. Tout le royaume reposait à présent sur cet homme qui se trouvait à la tête d'une nation dont il ne connaissait presque rien.

« -Dasan. Ou Leandas, si tu es plus à l'aise avec ce nom, mais je t'en prie, plus de sobriquet pompeux. »

Lâcha simplement Dastan en soupirant. Contrairement à ses deux frères, l'autorité n'avait jamais été son fort. Ni la servitude. Etant lui-même incapable de respecter les ordres, les lois et toute autres sortes de règles, de voir cet homme se débattre avec un protocole dans lequel il semblait mal à l'aise lui était particulièrement désagréable.

« -Bien, Leandas. Conclut Serka dans un léger sourire.
-Alors comme ça tu étais dans la garde personnelle de Kalonir.
-C'est exact.
-Et que peux-tu m'en dire ?
-C'était un souverain exigeant et qui avait tendance à s'emporter, mais je pense qu'il aurait fait un excellent roi. D'apprendre sa mort, ainsi que celle de ses frère fut certainement le plus grand drame dont souffrit notre royaume… »

Dastan hocha pensivement la tête. L'espace d'un instant, il fut tenter de lui demander si il connaissait Aliss mais se ravisa en apercevant avec surprise un cheval attaché au tronc d'un arbre, sur la bordure du chemin.

« -Qu'y a-t-il par là ? »

Demanda soudainement le prince, et le garde qui l'accompagnait jeta un regard en biais avant d'arrêter nette sa monture, invitant Dastan à en faire de même.

« -La clairière du souvenir. Là où sont inhumés les membres de la famille royale. »

Sans attendre plus d'explications, le prince de Perse fit se cabrer son cheval pour faire demi-tour, et coupa à travers bois près du cheval attachés là. Alors qu'il passait à coté de ce dernier, il reconnut sans grande peine la monture d'Aliss et l'arc Perse volé abandonné sur la selle de cuir tanné.

« -Il existe un chemin plus direct ! Cria Serka en rattrapant son prince au hasard des arbres, Peut être serait-il préférable de l'emprunter.
-Mais non… Couper à travers bois est bien plus rapide.
-Le protocole voudrait que… »

Constatant qu'il se heurtait à un mur, Serka laissa ses mots mourir sur ses lèvres. Et alors qu'il rattrapait Dastan, il ne put que se heurter à une constatation. Cet homme avait la même détermination que ses frères et que leurs pères avant eux. Chacun à leur mesure avaient su faire entendre leur volonté propre. Et chacun semblait avoir une fâcheuse tendance à n'écouter que soi.