Voilà le dernier chapitre !

Merci à tous d'avoir suivi cette fic que j'ai pris beaucoup de plaisir à écrire.

J'espère que la fin vous plaira aussi et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures

Chapitre 9 : une femme comblée

Jane s'était éveillé aux premières lueurs du jour. Lisbon était encore endormie contre lui, son bras droit entourant sa taille et sa tête au creux de son épaule. Se réveiller avec elle contre lui était une chose à laquelle il avait longtemps songé et aujourd'hui c'était une réalité. Il était resté ainsi à caresser ses cheveux, repoussant le désir qui naissait en lui. Il saurait être patient, elle l'aimait, c'est tout ce qui comptait. Voyant les minutes défiler, il avait décidé d'aller jusqu'au motel prendre une douche et se changer, il ne pouvait pas arriver comme ça au bureau. Il s'était levé délicatement ne voulant pas la réveiller. Il aurait voulu déposer un baiser sur ses lèvres avant de partir mais s'y était refusé, ne voulant pas l'embrasser contre son gré. Alors, il avait pris soin de laisser un petit mot pour qu'elle ne s'inquiète pas inutilement au cas où elle se réveillerait avant son retour « Bonjour beauté, je suis juste parti prendre une douche et me changer au motel, je reviens avec des muffins. Je t'aime ».

Elle s'était éveillée ce matin-là avec l'impression de n'avoir jamais si bien dormi. Pourtant, sitôt ce constat établi, un autre s'était imposé à elle : il n'était plus là. Elle ne sentait plus la chaleur de son corps, son appartement était silencieux, il était parti. Pourquoi ? Il avait eu l'air si sincère hier et ce matin... Elle n'avait pas voulu ouvrir les yeux où elle sentait déjà les larmes se former, sa gorge s'était serrée... Quand elle avait enfin trouvé le courage d'ouvrir les yeux, elle avait découvert une feuille de papier à l'endroit où il était allongé quelques heures plus tôt. Il n'avait pas eu le courage de rester jusqu'au matin mais avait tout de même laissé un mot où il devait se confondre en excuses... Ses mains avaient tremblé en attrapant la feuille et elle avait eu du mal à lire les premiers mots, sa vision troublée par les larmes. Son cœur s'était accéléré en découvrant ces quelques mots, il ne l'avait pas abandonnée, il l'aimait et serait bientôt de retour.

Elle s'était alors levée plus déterminée que jamais. Elle avait pris une douche rapide, s'était parfumée et légèrement maquillée, ce qu'elle n'avait pas fait depuis... elle voulait être belle à son retour. Elle était dans la cuisine à préparer le café quand il était revenu. Elle s'était tournée vers lui à son entrée, appuyée au plan de travail. Il s'était demandé comment elle se comporterait à son arrivée et avait voulu la mettre tout de suite à l'aise. Quand il avait levé son regard vers elle, c'était une des plus belles choses qu'il ait vue. Il s'était avancé jusqu'à elle et l'avait prise dans ses bras. Elle avait répondu à son étreinte en le serrant plus fort contre elle. Il avait été un peu surpris mais avait très vite compris sa réaction.

- Salut...

- Salut...

- Bien dormi ?

- Très bien...

Sa réponse était sincère mais il pouvait encore ressentir une légère inquiétude dans sa voix.

- Mais...

- C'est juste que...

- Tu as cru que je t'avais abandonnée, c'est ça ?

Elle avait baissé les yeux, un peu honteuse.

- C'est pour ça que j'ai laissé un petit mot. Je suis désolé, j'aurais dû rester près de toi, c'était maladroit de partir ainsi.

- Tu n'as pas à t'excuser, tu n'as rien fait de mal, c'est moi qui... enfin, quand je me suis réveillée, tu n'étais plus là et j'ai cru que tu avais changé d'avis , que...

Il avait fait l'erreur de ne pas attendre son réveil, il aurait dû deviner qu'elle se sentirait abandonnée, cette peur était ancrée en elle depuis bien trop longtemps. Le mot qu'il avait laissé n'avait pas suffit à la rassurer assez vite. Il devait le faire une bonne fois pour toutes.

- Regarde-moi Teresa... Je ne t'abandonnerai pas, je ne te quitterai plus jamais, il faut que tu me crois.

- Je te crois et tu es là maintenant.

Ils étaient ensuite restés enlacés quelques minutes profitant l'un de l'autre.

- Je t'aime Teresa.

- Je crois que je ne me lasserais jamais de ces mots-là, je les ai trop attendus.

- Je regrette d'avoir mis si longtemps à te les avouer.

- L'essentiel est que tu me les dises aujourd'hui... Moi, je voudrais te dire merci d'être resté cette nuit. Tu crois que … tu pourrais rester à nouveau ce soir ?

- Je ne crois pas, j'en suis sûr.

Il avait pris son visage en coupe et l'avait embrassée tendrement. Après avoir déjeuné, ils étaient partis au CBI. Dès ce premier jour, tout le monde avait remarqué leur arrivée dans la même voiture, leurs regards aussi et avait donc compris le changement de leur relation mais personne n'avait fait de commentaire.

Cela faisait trois semaines qu'ils s'étaient avoué leurs sentiments et tout avait été parfait, ou presque. Il la prenait par la main dès qu'ils sortaient du travail, l'embrassait souvent comme il l'avait promis, ils regardaient la télé blottis l'un contre l'autre, il restait chez elle toutes les nuits... Malgré le désir qu'elle voyait dans son regard, il n'avait jamais eu un geste déplacé et n'avait jamais abordé le sujet. Elle aussi faisait très attention à ses gestes, ne voulant pas éveiller chez lui des désirs qu'elle ne pourrait satisfaire pour l'instant. Les premiers jours, il avait pris l'initiative de chaque rapprochement et puis, au fil des jours, elle s'était détendue et avait, elle aussi, recherché ces gestes tendres du quotidien. Il faisait naître en elle un désir qu'elle ne connaissait pas mais la peur était toujours là, insidieuse. Elle avait envie de lui mais ne supporterait pas que ça se passe mal car cela mettrait en péril leur relation. C'était pour l'instant la seule ombre à leur bonheur.

Depuis la veille, Jane lui avait semblé soucieux. Elle l'avait questionné pour savoir ce qui se passait, en était-elle la cause ? Il l'avait tout de suite rassurée en lui disant qu'il n'avait pas été aussi heureux depuis longtemps mais elle n'était pas dupe, quelque chose le tracassait.

Ce matin-là, dans l'ascenseur du CBI, elle s'était approchée de lui et l'avait embrassé, ce qui l'avait quelque peu surpris et un sourire avait illuminé son visage soucieux.

- Je rêve ou tu enfreins les règles, là ?

- Disons plutôt que je les aménage...

- Ah, ma jolie Teresa n'est pas si sage que ça …

- Je n'aurais pas pu attendre jusqu'à ce soir.

- Ravi de savoir que tu ne peux plus te passer de moi.

Les portes de l'ascenseur s'étaient ouvertes et ils avaient pénétré dans les bureaux.

- Tu sais que ça va finir par jaser, on arrive ensemble tous les matins...

- De toute façon, c'est un secret de polichinelle, je crois que je suis tellement heureuse que tout le monde a compris.

Elle s'était dirigée vers son bureau, le laissant assimiler son aveu.

Il avait promis qu'il la rendrait heureuse et il avait pour l'instant réussi.

Le CBI était calme ces derniers jours, les criminels leur laissaient un peu de répit.

Il était venu s'asseoir dans son canapé en début d'après-midi, il lisait quand il avait reçu un coup de téléphone. Elle avait vu une ombre passer dans ses yeux azur. Elle ne voulait pas écouter sa conversation mais n'avait pu s'empêcher d'en entendre une partie « Demain matin, 10h, j'y serai... Merci, à demain. » Une fois son téléphone raccroché, il était resté silencieux quelques minutes. Elle avait respecté son silence en espérant qu'il allait enfin lui parler. Et c'est ce qu'il avait fait.

- Je peux te parler de quelque chose ?

- Bien sûr.

Elle était venue s'asseoir à côté de lui, le bras sur le dossier et sa main caressant ses boucles blondes.

- Qu'est-ce qui se passe ? Je vois bien que quelque chose ne va pas et je n'aime pas te voir triste comme ça.

- Il faut que je m'absente deux ou trois jours.

- Oh...Je peux te demander pourquoi ou tu préfères ne pas en parler ?

- Il me faut aller à Malibu. J'ai vendu la maison, je dois signer les papiers demain.

Il avait l'air si triste en lui annonçant cela, elle avait saisi sa main. Elle ne savait pas trop comment se comporter à cette annonce d'ailleurs.

- Je sais que ça ne me regarde pas, mais tu es sûr de vouloir faire ça ? Je veux dire qu'elle est pleine de souvenirs et …

- Les souvenirs, bons ou mauvais, sont dans ma tête et dans mon cœur. Et comme l'a dit Red John, c'est là que tout a commencé et c'est là que tout doit finir...

Le silence s'était à nouveau imposé. C'était un moment douloureux pour lui, c'était tirer un trait définitif sur le passé.

- Tu sais, je ne suis même pas sûr qu'Angela aimait cette maison, elle était trop grande, trop clinquante, ce n'était pas elle.

Lisbon sentit son cœur se serrer devant son sourire attendri et en entendant le prénom de sa femme, cette femme qu'il avait tant aimée et perdue. Elle était en quelque sorte jalouse, jalouse de sa défunte femme. Et elle s'en voulait de réagir ainsi. Une question l'avait alors frappée de plein fouet : l'aimait-il autant qu'elle ? Elle avait essayé de chasser très vite ces pensées inconvenantes et s'était rappelée des mots que disait souvent sa mère quand elle était jalouse de ses frères « L'amour ne se divise pas, Teresa, il se multiplie ».

- Ça fait plusieurs semaines que je l'ai mise en vente. C'est un riche architecte qui l'achète, il va la détruire presqu'en totalité et en faire une autre, c'est une condition du contrat. Et l'argent ira directement au CBI, comme ça, j'échapperai au gala cette année.

- N'essaie pas de faire comme si tout allait bien, je sais que ça te touche et tu t'imposes une épreuve que tu pourrais t'éviter.

- Je veux le faire, j'ai besoin de le faire... Je serai absent deux jours, je pense.

Jane n'avait pas osé lui demander de l'accompagner. Pourtant, à ce moment-là, il avait besoin de sa présence, de son soutien, de son amour. Mais, il avait bien conscience que la situation pouvait être délicate pour elle. Il devrait la rassurer bientôt à ce sujet, lui dire qu'il n'oublierait jamais le passé mais qu'aujourd'hui, il n'y avait qu'elle qui comptait.

Deux jours... deux jours sans lui... rien que l'idée lui était insupportable. Elle avait hésité à lui proposer de l'accompagner. Peut-être avait-il besoin de faire cela tout seul ? Ou peut-être n'osait-il pas lui demander ? Il n'y avait qu'une seule façon de le savoir.

- Voudrais-tu que je t'accompagne à Malibu ?

Il avait levé sur elle un regard à la fois surpris et reconnaissant.

- En fait, je n'osais pas te demander de venir avec moi et donc oui, j'apprécierais beaucoup si tu m'accompagnais mais je comprendrais aussi que ça te gêne.

Pour toute réponse, elle s'était penchée et l'avait embrassé tendrement. Il avait souri quand elle avait quitté ses lèvres.

- Fais attention, tu vas enfreindre les règles plus souvent que moi si tu continues ainsi.

- C'est ta faute, tu es une tentation de tous les instants...

Il avait souri à cet aveu.

- Enlève ce petit sourire satisfait de ton visage.

- Self control Teresa ... La maîtrise de soi ...

- Je vais voir le chef pour l'informer qu'on part quelques jours.

- Ok, je te laisse négocier.

Il l'avait regardée sortir dans l'open space. Cette femme était incroyable. Il avait parlé de self control mais la vérité était toute autre, il faisait de gros efforts au quotidien pour contrôler ses désirs. Dès qu'il posait les yeux sur elle, son cœur battait la chamade, la chaleur l'envahissait et l'air lui manquait. Durant toutes ces années, elle avait été la seule à éveiller de telles sensations en lui et depuis qu'ils étaient ensemble, cela avait encore empiré. Le pire moment était les nuits, quand elle enfilait son vieux maillot et qu'elle s'allongeait près de lui. Il patientait jusqu'à ce qu'elle soit prête. Ces derniers jours, il sentait un changement s'amorcer, elle prenait souvent l'initiative de l'embrasser, de se serrer contre lui, de lui prendre la main... et il était apparemment « une tentation » à laquelle elle avait de plus en plus de mal à résister.

Lisbon était revenue du bureau du patron avec un grand sourire.

- Trois jours !

- Tu es la meilleure !

- Hum, je pensais que peut-être on pourrait descendre un peu plus bas sur la côte et passer deux jours là-bas, rien que tous les deux, loin du travail, loin de Sacramento...

Cette femme ne cessait de le surprendre.

- En voilà une bonne idée.

- Tu es sûr ? Parce que ce n'est pas le meilleur moment pour... je sais que vendre la maison...je ne me fâcherais pas tu sais...

- Teresa, c'est une très bonne idée, ne t'inquiète de rien d'autre. D'ailleurs, je vais de ce pas acheter deux ou trois choses et préparer des sandwichs pour la route.

- Tu peux passer à la maison me préparer quelques vêtements s'il te plaît ?

- Intéressant... Je peux fouiller dans la commode où tu mets ta lingerie aussi ?

Il avait dit cela pour la taquiner mais avait été surpris par sa réponse avant de sortir du bureau.

- J'ai toujours un petit nécessaire de prêt dans un sac au fond de l'armoire au cas où et prends moi deux pantalons et deux ou trois chemisiers... Mais tu peux jeter un coup d'œil à la commode au cas où quelque chose te plairait...

Il en était resté la bouche ouverte ne sachant que répondre.

Il était donc passé chez elle récupérer ses affaires, il gardait presque tout chez elle désormais. Il avait également emmené le fameux sac, quelques vêtements et son maillot fétiche pour Teresa. Il n'avait bien sûr pas osé ouvrir la commode à lingerie, il ne se serait jamais permis de le faire et elle le savait très bien. Puis, il était allé faire quelques achats qui s'avèreraient nécessaires pour l'endroit où ils passeraient ces trois jours. Ils avaient pris la route en fin de journée pour pouvoir rouler de nuit.

Ils étaient arrivés dans la nuit et avaient dormi quelques heures dans la voiture. Après avoir pris un petit déjeuner dans un snack, il était allé directement chez le notaire signer le contrat de vente. Elle l'avait attendu sur un banc dans le parc qui se trouvait juste en face. A sa sortie, il avait l'air serein. Elle n'avait pu résister à l'envie de le prendre dans ses bras.

- Tu veux peut-être aller la voir une dernière fois...

- Non, je ne préfère pas. Mais ne t'inquiète pas pour moi, tout va bien. Ce n'est pas la maison qui est importante, Angela et Charlotte seront toujours avec moi, elles font partie de moi. Tu comprends cela, n'est-ce pas ?

- Bien sûr que je comprends...

- Et ça ne veut pas dire que je t'aime moins, je t'aime c'est tout, n'en doute jamais.

- C'est juste que... j'aimerais te rendre heureux comme tu l'as été avec Angela, mais je doute que ce soit possible, je ne suis pas aussi...

Cela devait faire bien longtemps qu'elle cultivait ce sentiment d'infériorité par rapport à Angela. Cela aurait été moins compliqué pour elle s'il avait été divorcé. Il devait la rassurer et lui faire comprendre qu'elle n'avait aucune raison de douter de son amour.

- Oh Teresa ! Tu n'as rien à envier à Angela, tu es une femme tout aussi exceptionnelle et je me dis chaque jour que j'ai une chance incroyable que tu m'aimes. Je suis heureux aujourd'hui et c'est uniquement grâce à toi. Je suis peut-être même plus heureux parce que je suis différent, je sais la chance que j'ai et je compte bien en profiter au maximum. C'est difficile à expliquer mais c'est ce que je ressens. Toi aussi, tu fais partie de moi maintenant, je ne peux pas imaginer ma vie sans toi. Les mots ne peuvent pas exprimer à quel point je t'aime.

Cette nouvelle déclaration l'avait rassurée mais aussi tellement émue qu'elle n'avait pu retenir quelques larmes.

- Je ne voulais pas te faire pleurer...

- Je t'aime, Patrick Jane, n'en doute jamais non plus.

Ils s'étaient embrassés tendrement comme pour sceller cette dernière déclaration.

- OK... Bon, on va où alors ?

- Alors, figure toi que je connais un hôtel au bord de la plage à une quarantaine de kilomètres, j'ai réservé avant de partir. Donc, on devrait être là-bas d'ici une heure, on pose nos affaires, on mange un morceau et direction la plage !

- La plage ?...

Il avait remarqué son air gêné tout à coup.

- Qu'est-ce qui ne te plaît pas dans l'idée d'aller à la plage ?

- Et bien je n'ai pas de maillot et puis …

- J'ai fait quelques achats avant de partir : un drap de bain, un maillot et un paréo, bien que ton corps n'ait aucune raison d'être caché, j'ai supposé que tu préfèrerais en porter un.

Il savait qu'elle n'avait jamais été à l'aise avec son corps et encore moins depuis Red John mais se le réapproprier était une phase de la guérison.

Elle avait caressé sa joue, il pensait à tout pour ne pas la mettre mal à l'aise.

- Merci...On y va ?

- C'est parti !

L'hôtel qu'il avait choisi avait vue sur l'océan et leur chambre était magnifique. Il était pressé d'aller à la plage et l'avait poussée dans la salle de bain pour se rafraîchir et se changer. Elle avait souri en découvrant le maillot de bain qu'il avait choisi pour elle et à la bonne taille. C'était un deux pièces bleu-vert, une coupe plutôt sportive avec un paréo assorti qu'elle avait noué autour du cou. Elle pensait être gênée en sortant ainsi vêtue de la salle de bain mais ça n'avait pas du tout été le cas. Le regard qu'il avait posé sur elle à ce moment-là, empreint de désir et d'admiration l'avait rendue heureuse. C'est elle qui avait parlé la première.

- Merci, il est magnifique et juste à ma taille...

- J'ai l'œil...Allez, je languis d'aller plonger dans l'océan !

Arrivés sur la plage, Lisbon n'avait toujours pas retiré son paréo. Lui avait de suite retiré son tee-shirt et elle avait alors réalisé qu'elle ne l'avait jamais vu torse nu. Elle ne l'imaginait pas si musclé. Son observation ne lui avait pas échappé.

- Je rêve ou tu es en train de me dévorer des yeux ?

- Prétentieux ! Je me demandais comment tu fais pour être si musclé alors que ton seul sport depuis des années est de t'allonger sur le canapé ?

- De bons restes ... Tu viens te baigner ?

- Non, tu sais, je suis une fille de Chicago, l'eau n'est pas vraiment mon élément.

- Comme tu voudras !

Elle l'avait observé courir jusqu'à l'eau, plonger dans les vagues, un sourire éclatant sur le visage. On aurait dit un gamin qui voyait l'océan pour la première fois. Il avait eu une épreuve difficile le matin même et il était capable de profiter de chaque instant. Il avait dit quelques heures plus tôt qu'elle le rendait heureux, c'est tout ce qu'elle avait désiré durant ces dix dernières années et elle avait bien l'intention de le rendre encore plus heureux chaque jour.

Il avait plongé dans l'eau salée. C'était quelque chose qu'il faisait avant quotidiennement et qui lui avait manqué durant toutes ces années. Aujourd'hui, cela lui permettait de se rafraîchir, dans tous les sens du terme...Voir Teresa dans cette tenue l'avait un peu troublé. Il avait profité un long moment de ce bain jusqu'à ce qu'il voie un homme à genoux devant Teresa sur la plage et s'était alors empressé de sortir de l'eau pour la rejoindre. L'homme était parti et Teresa était toujours assise sur la serviette à le regarder. Il s'était assis derrière elle, l'avait serrée contre lui et collé son torse et ses jambes encore ruisselants contre elle.

- Elle est froide Jane !

- C'est pour te punir !

- Me punir ?

- Pour avoir discuté avec un autre homme en mon absence !

- Tu es jaloux ?

- Moi jaloux ? d'un homme qui fait 10 bons centimètres de plus que moi, qui doit avoir 10 bons kilos de muscles de plus aussi et le tout avec 10 ans de moins ? Je ne vois pas pourquoi je serais jaloux...

Il avait dit cela en rigolant tout en le pensant.

- J'adore quand tu es jaloux mais il n'y a vraiment aucune raison, tu es beau et tu as un charme terrible …

- Arrête, je vais rougir !

Ils étaient restés ainsi un long moment à admirer l'océan puis ils étaient rentrés à l'hôtel, main dans la main. Ils avaient ensuite décidé d'aller manger une glace en ville. Il avait pris la salle de bain le premier. Une fois sorti, il l'avait trouvée endormie. Il s'était assis au bord du lit pour la regarder. Il n'en revenait pas de l'aimer autant et plus les jours passaient, plus il l'aimait. Il se l'était si longtemps interdit, pour ne pas s'attacher à elle alors qu'il risquait de la mettre en danger et de la perdre, pour ne pas la faire souffrir, pour ne pas trahir Angela. Il avait aimé Angela et ne l'oublierait jamais. Mais il avait eu la chance de rencontrer une femme tout aussi exceptionnelle, il était heureux à nouveau, il aimait à nouveau. Il avait caressé son visage comme il aimait le faire puis était allé sur le balcon admirer l'océan. Il ne l'avait pas entendue le rejoindre un moment plus tard.

A son réveil, elle l'avait observé avant de le rejoindre. Il avait mis un pantalon de costume et une chemise dont il avait relevé les manches. En le voyant ainsi accoudé au balcon, ses boucles blondes dans la brise marine, elle l'avait trouvé encore plus beau que d'habitude. Elle ne l'aimait pas, elle en était folle amoureuse. Elle avait repensé aux mots prononcés près de trois semaines plus tôt « un jour, le désir sera plus fort que la peur ». Et oui, elle le désirait comme elle n'avait jamais désiré un autre homme. Elle voulait faire l'amour avec lui, tout était tellement parfait entre eux que ça se passerait bien, elle en était sûre. Elle était prête à franchir cette nouvelle étape de leur relation mais elle savait que c'était à elle d'agir. Forte de cette résolution, elle s'était levée puis s'était glissée derrière lui, enserrant sa taille et laissant courir ses mains sur son ventre.

- Tu aurais dû me réveiller.

- Tu dormais trop bien et j'aime te regarder dormir.

- Ça va ?

- Très bien... mais tu devrais arrêter de faire ça.

Il avait stoppé ses mains qui courraient sur son ventre.

- Un problème de self control peut-être ?... Alors peut-être que l'on devrait oublier la glace et essayer de perdre le contrôle pour voir ce que ça donne... mais si tu préfères la glace...

Il s'était tourné pour lui faire face, cherchant dans ses yeux ce qu'elle désirait réellement. Elle lui avait souri et il l'avait embrassée comme jamais auparavant, avec passion, sans retenue. Il l'avait relâchée à bout de souffle.

- Tu es sûre ?

Pour toute réponse, elle l'avait pris par la main et entraîné au pied du lit. Elle avait alors plongé son regard dans le sien.

- Je t'aime et je veux que tu me fasses l'amour. Je sais que tout se passera bien.

Il l'avait allongée à côté de lui et caressé son bras.

- Je dois t'avouer que je suis un peu nerveux … Ça fait très longtemps que je n'ai pas...depuis Angela en réalité et elle a été la seule.

Elle avait essayé de comprendre ce qu'il voulait maladroitement lui dire et avait un peu de mal à y croire. Mais le temps n'était pas aux explications, cela n'avait aucune importance, ils éclairciraient le cas Lorelei plus tard.

- Ça ne te choque pas ?

- Non, je suis juste flattée. Ne sois pas nerveux, tout va bien se passer...

Son attitude maladroite avait laissé place à un visage qu'elle avait rarement vu si sérieux.

- Je veux que tu me promettes que si je fais quelque chose qui te déplaît ou si tu veux qu'on arrête à n'importe quel moment, tu me le diras. S'il te plaît. C'est important Teresa...

- Tout va bien se passer... J'ai confiance en toi, je sais que tu vas être l'homme le plus doux et le plus attentionné qui soit. Mais je te promets que je te dirais si ça ne va pas.

Sa voix douce et calme l'avait apaisé de même que sa main venue caresser sa joue.

Il avait commencé par l'embrasser, encore et encore. Il s'était montré si attentionné, si doux, si tendre, prenant le temps de découvrir son corps de ses lèvres et de ses mains, ce corps qu'il avait rêvé d'aimer des centaines de fois. Puis il avait plongé son regard dans ses yeux verts obscurcis par le désir cherchant ainsi une dernière fois son accord avant d'entrer délicatement en elle, il lui avait murmuré de si belles choses qu'elle n'avait pensé qu'à lui, à eux, tout au long de leur étreinte, se donnant à lui sans aucune crainte. Quand enfin au comble du plaisir, il avait murmuré un « je t'aime » à son oreille, elle n'avait pu retenir quelques larmes. Encore en elle, il l'avait regardée un peu paniqué.

- Teresa, je suis désolé, tu avais promis de...

- Chuttttt, tout va bien, tout va très bien.

- Pourquoi pleures-tu alors ?

- Je suis heureuse c'est tout, je n'ai jamais été plus heureuse.

- C'est vrai ? Je ne t'ai pas fait mal ? Je n'ai pas été trop...

- C'était parfait... Tu as été parfait... J'ai imaginé faire l'amour avec toi des dizaines de fois mais c'était encore mieux. Je te remercie d'avoir été si patient.

- Non, Teresa, c'est à moi de te dire merci. Merci de m'avoir fait confiance encore une fois. Merci de m'aimer envers et contre tout. Promets-moi que tu ne me quitteras jamais.

- Je te le promets, je t'aime trop.

Elle l'avait embrassé alors que ses lèvres dessinaient le plus charmant des sourires.

- Et puis maintenant que je connais tous tes talents, je ne pourrais plus me passer de toi... Et, pour toi, c'était bien ?

- C'était parfait Teresa, TU es parfaite. Maintenant, je peux t'avouer que mon self-control a été mis à rude épreuve ces derniers temps...

- Alors que dirais-tu de perdre le contrôle à nouveau ?

- Je dirais que c'est une excellente idée...

Ils s'étaient aimés une deuxième fois. A son tour, elle avait pris le temps de découvrir le corps de l'homme qu'elle aimait. Cette seconde union avait été plus passionnée. A la fin de cette étreinte, encore tremblants du désir assouvi, il l'avait tenue serrée contre lui de longues minutes et avait encore répété qu'il l'aimait. Puis il avait roulé sur le dos entraînant son corps frêle à reposer sur le sien. A cet instant précis, il était un homme comblé et il s'était dit qu'il pourrait rester dans cette chambre avec elle pour le restant de sa vie. Pourrait-il être encore plus heureux ? Oui, et encore une fois cela dépendrait d'elle mais il était peut-être trop tôt pour lui demander de l'épouser, car c'était bien de cela qu'il s'agissait. Et puis, il y avait le risque qu'elle refuse... Le mariage était important pour lui, c'était une preuve d'amour qui les lierait à tout jamais.

Le voyant si pensif, c'est elle qui avait rompu le silence.

- Tu es bien silencieux tout à coup.

- Je réfléchis.

- Je peux savoir à quoi ?

Il avait hésité avant de livrer ses pensées mais après tout, que risquait-il ? Un refus au pire, un délai de réflexion ? Elle pouvait aussi accepter et il ne le saurait qu'en lui posant la question.

- Disons que j'ai une question à te poser mais je ne sais pas trop comment m'y prendre.

Cette réponse l'avait intriguée et le voir si peu sûr de lui était touchant.

- Je te trouve touchant quand tu n'es pas sûr de toi.

- C'est toi qui me rend timide. Tu es tout pour moi Teresa: ma meilleure amie depuis dix ans, mon amante maintenant, la femme que j'aime et j'aimerais que tu deviennes ma femme et qu'on fonde une famille aussi... Accepterais-tu de m'épouser ?

Elle avait espéré cette demande mais ne pensait pas qu'elle arriverait un jour. Elle avait plongé son regard dans le sien troublé par le doute.

- Je sais que c'est un peu tôt, tu n'es pas obligée de répondre de suite et je comprendrais aussi que …

Elle avait posé un doigt sur ses lèvres pour l'arrêter. Elle n'avait pas besoin d'y réfléchir, elle voulait devenir sa femme et avoir des enfants avec lui si cela était encore possible. Il ne pouvait pas lui donner une meilleure preuve d'amour que celle-ci.

- Oui !

- Oui ?

- Oui, je veux devenir ta femme et qui sait, peut-être qu'avec un peu de chance, nous pourrons aussi avoir des enfants.

Il avait roulé sur elle et l'avait embrassée à en prendre haleine.

- Teresa Jane, ça sonne bien non ?

- Très bien.

- Je ne veux plus perdre de temps, on en a déjà trop perdu. On annonce la nouvelle à l'équipe dès notre retour, on se marie le week-end prochain, et on travaille au petit Jane dans la foulée...

- Tout ce que tu voudras. Mais tu sais, je ne suis plus très jeune et peut-être que...

- Ça marchera et en attendant, on pourrait s'entraîner future madame Jane.

- Avec plaisir !

Ils avaient mis dix ans pour en arriver là, dix ans pour enfin s'avouer leur amour. L'avenir ne serait pas toujours aussi parfait mais à deux, ils avaient toujours été plus forts et ils surmonteraient toutes les épreuves comme ils l'avaient toujours fait prouvant ainsi que l'amour guérit toutes les blessures.