La LONGUE intro de l'auteur :
Kikou ! Ce fut trèèèès long mais voici enfin 8 nouveaux chapitres ! Il faut vraiment que je m'excuse encore pour cette longue absence, c'est vraiment impardonnable de vous faire attendre aussi longtemps !
Avant toute chose, un grand merci à toutes les personnes qui m'ont soutenue et envoyés des mots d'encouragements durant cette longue absence. J'étais vraiment plus bas que le niveau de la mer et j'ai été très touchée de la compréhension et de la motivation que vous m'avez prodiguée pour avancer malgré tout. Pardonnez moi de citer tous les noms en vrac, et je m'excuse auprès de celles que j'aurais oublié dans la liste :
Ma petite Juju et sa famille, je vous adore, merci pour tout !
Hana 94 et le fan club belge, merci à vous toutes les filles !
Swallow- No – Tsubasa, je t'admire tellement pour tout !
Raito Hana, merci pour la confiance que tu m'as apporté !
Sanashiya, mon idole ! Sachi-mi-chan, ma supportrice en chef !
Gaya h staim, ma complice canine ! (perdue dans la montagne)
Lyra 64, Soel la multicolore, Okami baka, celle que vous ne connaissez pas, Yuko sensei, Victoria, Caidy chan , Celi Chan, Someonee, Kitaaaa, Cat's eyes, Ayu, Mikage kun, Inrainbowz, Evraska, Romania, Hikari aria, Harunoyume, Samanga, Natsume Yusuke, Alie – yaoï, Lalala 1995, Vagabonde, Now, Tomo-chan, Lunashura, Evangelysta, Yume chan, Mystala, Uzuyami, Aschen, Watery Shizume, Soulxmoon, Yulie, Hope, Blend, Theoryofchaos, Kuro, Seeliah, Alien of apple, Pyrane, Azuria 1, « Une adoratrice de tes fanfics », Bleuts, Bleachhitsugaya, Kyokomokochu, Butterflyellow, Lady Balkys, Setsu 23, Yaoï fangirl, Tifa chan, Miss Akatsuki, Miss Osaki, Cllie, Tigrou 19, Blues-moon, Litao, Altaya , Kimika Su, Kuroe Sama, Tupe, Koha chan, EtsukoI, Etsuko Yamashita…
Je suis sûre que j'en oublie, gome nasaï et du fond du cœur, merci à vous toutes !
Alors, concernant ces nouveaux chapitres, je crois que j'ai été trop optimiste. J'avais promis de la baston, eh bien vous allez être déçues, parce que comme une crétine, j'ai oublié qu'avant la baston, il fallait que les persos se retrouvent. Et vu leur nombre, ça a bouffé tous les paragraphes XD donc la baston, c'est au prochain round.
Autre chose que j'avais prévue et sur laquelle je me suis lamentablement plantée, je pensais que la fin de l'histoire, ce serait enfin pour aujourd'hui. Eh bien je ferais une bien mauvaise voyante, parce que je crois qu'il va me falloir encore au moins 10 autres chapitres pour arriver enfin à conclure dignement cette épopée. Est-ce que vous aurez encore la patience d'attendre ? Est-ce que vous me faites confiance ? Je vous en prie, tenez bon et je ferais tout mon possible pour faire un ending digne de ce nom ! ^^
Bref, cette fois ci, c'est surtout des chapitres explicatifs, assez tranquilles- pépères- la charentaise mais avec des révélations (et encore des flash-back, XD), le calme avant la tempête, un peu de repos pour nos héros avant de retourner au combat. Histoire d'atténuer cette impression, et l'inévitable guimauve des diverses romances, je suis repartie un peu sur l'humour. Et beaucoup en OOC .
(Quoi ? On a attendu tout ça pour ça ? Mais c'est NUL !
- Snif bouhouhouh pardon j'ai pourtant fait mon maximum …)
Disclaimers :
- La chanson, du chapitre 41, « Kiss Kiss » est l'ending de la première OAV de Tokyo Babylon, interprété par Matsuoka Hideaki. Elle date en réalité de 1992 mais son côté désuet collait bien à la nostalgie du texte.
- Les recettes de cuisine du chapitre 47 proviennent de mon livre de cuisine culte (ouais j'ai le droit d'avoir un livre de cuisine culte comme y'en a qui ont des films culte XD) :
« 4 ingrédients seulement, cuisiner en toute simplicité ! » .
- A propos du chapitre 43 : j'ai commencé cette fic fin 2008 et l'action est sensée se passer en 2009. Je ne pensais pas que je serais encore en train de l'écrire en 2010, et partit comme c'est, je crois que je la terminerais en 2011 !
Concernant mes autres fics : « Mon nom est ma douleur » va rester en suspens jusqu'à la fin de « Chut ! ». Ne m'en veuillez pas, je n'abandonne pas cette histoire, c'est une question de logique dans les scénarios, Kanashimi ne peut pas retourner à Gloriana tant que la bataille des 7 clés n'a pas eu lieu.
Pour « Mystic Love song », je bosse sur l'épisode 2, ce sera sûrement mon prochain post ! ^^ (J'ai l'impression que je continue de « Princess debutifier » d'innocentes victimes à l'insu de mon plein gré XD Nintendo me dois des soooooooooous ! )
Sur ce, je vous souhaite une très bonne lecture de ces chapitres,
(que je suis bien contente d'avoir réussit à taper pile avant mon anniversaire ! ^^)
en attendant les suivants, j'espère vraiment arriver à les fournir très rapidement !
Ah, s'il vous plaît, n'hésitez pas à me dire dès maintenant quels sont les persos que vous avez préférés dans cette histoire, même si elle n'est pas encore finie et que j'ai encore des surprises dans la manche. Si jamais j'écrivais encore d'autres fics cross over, ça m'aiderait à réfléchir comment faire revenir plus tard dans d'autres histoires les persos que vous avez aimé ! ^^
Bisous !
Cycy
Chapitre 40 : Bienvenue… Ou pas !
FLASHBACK
Pays de Nihon, enfance de Kurogane
En grandissant, et jusqu'au jour déterminant où il allait rencontrer Fye, Shaolan, Sakura et Mokona, Kurogane l'avait oublié, mais au fond de son cœur, il savait que son voyage à leurs côtés était gravé dans les étoiles…
A quatre ans, il ne tenait déjà pas en place, et était toujours perché en hauteur, attiré le jour par l'immensité du ciel (bleu, ce n'est pas un hasard), et la nuit par le mystère des astres…
A quatre ans, il ignorait ce qu'étaient les dimensions, mais il le devinait bien, que l'univers ne s'arrêtait pas aux terres de Suwa, et qu'il y avait bien des contrées à découvrir ailleurs…
A quatre ans, contrairement à ce que les adultes pensaient, il comprenait déjà beaucoup de choses. Même s'il ne saisirait toute la cruauté et le gouffre de souffrance qu'elle implique que quelques années plus tard, il avait déjà compris ce que signifiait le mot « mort »… Il l'avait très bien compris en regardant autour de lui, même si on lui cachait ce spectacle, quand un guerrier rentrait au village après une bataille, mais les pieds devant, porté par les autres…
Sa mère était la prêtresse de Suwa, quand même. C'était elle qui officiait aux funérailles. Il suffisait à Kurogane de se faufiler hors de la vigilance des adultes et de jeter un coup d'œil entre deux panneaux de bois, et il avait très bien vu à quoi ressemblait un cadavre…
La mort, c'est quand tout s'arrête net. L'âme s'enfuit, laissant derrière elle une coquille vide, un corps inerte, dur et froid. C'était inévitable. Tout le monde meurt un jour…
« Fils ? »
Le père de Kurogane, c'était quand même un sacré morceau. Impressionnant. Presque deux mètres de haut et de classe. Il n'avait même pas besoin de lever son bras en entier pour toucher la branche de l'arbre sur laquelle Kurogane avait grimpé, et pourtant il n'avait jamais grimpé aussi haut… Longtemps cette image de son père lui était restée. Inégalable. Inaccessible.
« Fiston, il commence vraiment à faire nuit. Allez, descends de cet arbre avant de prendre froid… »
Le petit Kurogane de quatre ans renifla en serrant les dents.
« J'ai pas froid !
- Si tu t'enrhumes, tu ne pourras pas venir avec moi à Eoshima…
- M'en fiche, grogna encore le petit Kuro, essuyant du revers de la main les larmes qui lui piquaient les yeux…
- Je sais que tu es triste, lui dit doucement son père de sa voix grave.
- Chuis pas triste ! rugit le petit Kuro en s'agitant sur sa branche.
- Je sais que tu aimais beaucoup ta grand-mère…
- …. »
Face au silence soudain du garçonnet, son père reprit doucement.
« Tu as le droit d'être en colère. On n'a jamais le temps de se dire au revoir comme il le faudrait… Grand-mère t'aimait beaucoup elle aussi, elle a été heureuse de te connaître. Elle est partie en paix, sa maladie ne la faisait plus souffrir. Et puis… »
Il s'approcha de l'arbre, remarquant que son fils regardait intensément les astres de l'univers.
« Tu as raison. Elle est sûrement quelque part là-bas…
- Alors, j'irais la chercher ! » s'écria Kuro d'un air déterminé.
Son père eu un demi sourire.
« Peut-être… Mais tu sais… Si tu cherches bien à travers les étoiles, tu rencontreras sûrement… Quelqu'un que tu aimeras aussi.
- Peuh ! M'en fiche ! bouda Kuro.
- Alors tu veux bien redescendre de ton perchoir, petit singe ?
- Chuis pas un singe !
- Quel dommage… Moi qui avait tout le temps ce soir pour te raconter plein d'histoires…
- …
- Tant pis, soupira le père en faisant mine de s'éloigner, on dirait bien que tu vas devoir dormir ici à la belle étoile avec les loups et les hiboux…
- Aaaah ! Attends, Papa ! » s'agita Kuro sur sa branche.
Le père se retourna avec un demi sourire goguenard.
« Hou, hou, le bout de choux a peur des hiboux…
- Même pas vraiiii ! rugit Kuro en rougissant. En fait… Dit-il un ton plus bas … Je voulais savoir… Dis Papa, toi aussi tu as eu une grand-mère que tu aimais beaucoup ?
- Bien sûr. Elle n'était pas plus grande que ça, mais avait un sacré caractère… Elle parlait une langue jamais entendue ici…
- … Et un grand-père aussi ?
- Evidemment. Personne ne l'égalait au maniement du katana. Et ses cheveux étaient dorés…
- Peuh ! Tu te moques de moi, ça n'existe pas, les cheveux en or !
- Eh bien… C'est vrai qu'ici à Nihon, presque tout le monde a les cheveux noirs, mais ta maman m'a dit qu'il existe des pays où les gens ont des chevelures de même couleur que le cuivre, que les châtaignes, et même comme le blé au soleil… Et tu sais que Maman ne ment jamais…
- Maman ne ment jamais… Mais toi OUI ! »
L'espace d'un instant, c'était comme si un javelot avait transpercé de part en part le malheureux père de Kurogane, tout penaud…
« Argh… Un petit être si mignon et déjà si cruel envers son propre sang… Gémit-il.
- Pourtant… Je te crois… » murmura soudain Kurogane, radoucit.
« J'ai fais un drôle de rêve, hier soir, reprit l'enfant. J'ai rien compris.
- Ah… C'est plutôt à Maman que tu devrais en parler. Nul ne lit mieux qu'elle dans les rêves…
- Bah… De toutes façons, je ne me souviens déjà pratiquement plus de rien. Mais dans mon rêve, les gens avaient des costumes bizarres, et la couleur de leurs cheveux l'était aussi… Je crois que j'étais grand et que je me battais, ouais. Pour protéger quelqu'un…
- C'est la seule raison valable de se battre, mon fils…
- Papa… »
L'enfant s'interrompit d'un énorme « Atchoum ! » qui le fit trembler sur sa branche.
« Eh bien je te souhaite bonne nuit à prendre froid sur ton arbre, sourit le père en s'éloignant.
- IIII ! Non ! Papa ! Reviens ! Ne me laisse pas avec les hiboux ! s'affola Kuro sur sa branche. Pardon ! Je serais sage ! Ne me laisse pas ! »
Le rire grave du père roula comme une rocaille.
« Je ne te laisserais jamais, petit singe, dit-il en le soulevant de sa branche d'une seule main pour le prendre dans ses bras. Même quand je serais dans les étoiles…
- Les étoiles… C'est si loin… Murmura le petit garçon en frottant ses yeux, qui commençaient à s'alourdir de sommeil.
- Demain, on va à Eoshima. Tu verras, c'est plus près ! » rit le père en l'emportant vers la maison…
Eoshima est certainement le lieu le plus magnifique du pays de Nihon. Situé à quelques kilomètres du palais impérial, il étale toute la magnificence d'une nature splendide et mystérieuse… C'est aussi le lieu où le sol s'unit à la terre, où tout commence et ne peut avoir de fin, les rivages envoûtants des lagons venant baigner les courbes des glaciers…
Le bleu indigo et intense de l'eau…
Le blanc pur et délicat des sommets enneigés…
Le bleu pastel du ciel…
Le blanc crémeux des nuages…
« Fiston ? Quelque chose ne va pas ? Demanda le père de Kurogane en voyant son enfant ouvrir des yeux ronds sur la magnificence de ce paysage…
- C'est ce blanc… Ce blanc… Et le bleu aussi… Murmura l'enfant.
- C'est un sacré panorama, hein ? Sourit le père.
- Papa… Dans mon rêve… Je l'ai vu…
- Eoshima ?
- Non… Quelqu'un… Dans mon rêve… Je ne me souviens presque de rien, mais… Son regard était aussi bleu que le lagon… Et ses cheveux… Presque aussi clairs que le blanc de la neige… Il portait du blanc, aussi… Oui, j'en suis sûr… BLANC !
- Tu te souviens d'autre chose ?
- Ah, non, c'est tout flou dans ma tête… »
Le père prit un sourire de circonstances :
« Oh, regarde ! Il est grand cet arbre là-bas ! Je parie que tu es incapable de grimper dessus !
- Quoi ? se récria Kurogane, furieux. Tu vas voir, je ne vais en faire qu'une bouchée, de cette brindille !, cria-t-il en se précipitant vers son « adversaire ».
- Attention à ne pas te blesser, petit singe !
-Chuis pas un singe ! »
La mère de Kurogane s'était approchée de son mari dans un léger bruissement de tissu.
« Qu'en penses-tu ? lui demanda son époux. Tu crois… Qu'il a le don de voir le futur dans les rêves ?
- Il tient plus de toi que de moi, sourit la belle jeune femme. Et même s'il a reçu certains dons de par nos deux familles, ils ne se manifesteront que très rarement et en certaines circonstances… Mais cette fois… C'était bien un rêve prémonitoire.
- Il le fera donc. Traverser les étoiles… Les enfants ont une bonne mémoire. Pourquoi a-t-il déjà presque tout oublié de ce rêve ?
- Je suppose que c'est une protection… Inéluctable… Je te l'ai dis, il est comme toi. S'il grandissait en gardant cette vision du futur à l'esprit, il ferait tout pour retrouver cette personne qu'il a vu dans son rêve… Malheureusement, même si cette personne va beaucoup souffrir avant leur rencontre, il ne faut pas perturber le cours du destin. Ils ne doivent pas se rencontrer… Avant le moment venu…
- Dans son rêve, il protégeait cette personne. Elle sera donc si importante à ses yeux ? »
Sa femme esquissa un sourire qui en disait long, mais n'ajouta pas un mot.
« Hé ! Je suis son père ! J'ai le droit de savoir, quand même ! Je vais avoir des petits-enfants blonds aux yeux bleus, c'est ça ?
- Poilus avec de grandes oreilles. » répondit stoïquement sa femme.
Perché sur son arbre, leur fils hocha la tête pour observer, là-bas, les merveilleuses montagnes enneigées…
« … Blanc… » répéta-t-il, songeur…
Fin du flashback
….
Pays de Nihon
….FUTUR !
« … Blanc… » murmura faiblement Kurogane dans sa semi inconscience, resserrant son bras sur Fye évanoui contre lui, tout deux échoués enlacés dans la neige…
Tout autour d'eux, la lutte acharnée contre les morphes avait pris fin. Il ne restait plus que les nombreux débris et dégât causés par la bataille, et les ninjas du pays de Nihon du futur, qui se ramassaient après le combat…
Marmotte, le petit bébé Mokona, sautilla tout autour du couple d'un air affolé :
« Pépé… Mémé… Réveillez vous ! Je vous en prie !... Ouiiiin ! pleurnicha-t-elle, Marmotte ne sait pas quoi faire !
- Marmotte ! » l'appela au loin une voix familière.
Le cœur de la petite bête bondit en voyant se précipiter à sa rencontre les deux Shaolan… Folle de joie, elle exécuta un saut parfait jusque dans la main de celui qu'elle connaissait (elle avait beau n'être qu'un bébé, son sens de l'observation était redoutable.)
« Ouiiiin ! Shaolaaaan ! sanglota la petite bête en se réfugiant dans ses bras.
- Marmotte… Je suis si content de te revoir… Sourit-il en la serrant tendrement contre lui. Ta maman n'est pas loin, on va la rejoindre… Elle était folle d'inquiétude, tu sais ?
- Alors c'était vrai… Murmura Shaolan clone, les yeux ronds. Mokona a eu des bébés…
- Y'en a dix… » lui chuchota son double.
Ce chiffre suffit à peindre une scène apocalyptique à l'esprit de Shaolan clone, devenu limpide, mais faut dire qu'il avait de l'imagination en la matière…
« Vite ! s'écria Marmotte, affolée, ne parvenant qu'à dire des bribes de mots entre ses larmes… Là-bas… Ils ne bougent plus… » dit-elle en indiquant une direction.
Un frisson glacé parcouru le vrai Shaolan lorsqu'il aperçut deux silhouettes familières échouées entrelacées dans la neige…
« Papa ! Maman ! s'écria-t-il en se ruant vers eux…
- HEIN ? » n'en finit pas de s'étonner le pauvre Shaolan clone, complètement largué et brassant l'air avec ses bras…
Le vrai Shaolan arriva le premier auprès du couple, jurant entre ses dents :
« Alors là, bravo ! grogna-t-il en se penchant sur le couple pour s'assurer de leur état, comprenant ce qui était arrivé. J'étais sûr que ça allait se passer comme ça ! Après toutes ces épreuves ils étaient épuisés, mais ils n'ont pas pu s'empêcher de se picorer comme des fous furieux !
- Kurogane san… Et Fye san… Rougit furieusement Shaolan clone devant l'évidence de la scène et la posture des amoureux évanouis … Ils… Ils…
- Ils vont bien, soupira le vrai Shaolan comme une nourrice qui doit veiller sur deux enfants. Ils ont juste voulu jouer aux plus malins en ignorant leur santé, comme d'habitude, et sont maintenant complètement vidés de leurs forces… Il faut les réhydrater, et ils doivent se reposer au chaud…
- Non… S'étrangla Shaolan clone, encore plus rouge pivoine… Je veux dire… Ils… Tous les deux… Ils… »
Il y eu comme un blanc, un silence assourdissant balayé par des bourrasques de vent, l'autre Shaolan comprenant la stupéfaction du clone :
« Oh… Tu veux dire… EUX DEUX ?
- Oui…
- Ils se sont fiancés. Ça va faire six mois qu'ils sont… Vraiment ensemble, quoi…
- Ah ouais, carrément… Grogna le clone. Non mais j'y crois pas, ils se tournent autour pendant 40 000 ans, et ils se décident en moins de six mois… Il était temps IDIOTS !
- Heu… Je crois qu'ils ne sont pas totalement inconscients et nous entendent, là… Dit le vrai Shaolan en tombant des nues… Allez, ne passe pas en mode Dark Vador pour si peu et cherchons plutôt comment les emmener au palais… »
Ses yeux s'arrondirent lorsqu'il vit les corps des KuroxFye soulevés de terre en une vague magique par un Shaolan clone remonté comme une boite à coucou :
« Ça ira comme ça ?
- N'utilise pas la magie de Maman ! se liquéfia le vrai Shaolan de son ton de nounou. C'est pas bon pour lui !
- Tu… Parles de Fye San ? se récria encore le clone, en tombant à la renverse au mot « Maman »….
- Oui… Pour moi c'est Maman… Et Papa… Dit le vrai Shaolan avec un regard rassuré vers Kurogane, trop heureux de le voir de retour… Je t'expliquerais…
- Heu… Je sais pas si j'y tiens… Frémit le clone en secouant la tête.
- Hey ! Vous deux ! Besoin d'aide ? »
En hochant la tête, les deux Shaolan virent virevolter au-dessus d'eux Kuro ten'shi et Fye Shinigami…
« Ce sont nos amis ! s'écria Marmotte. Ils viennent de Heaven's world.
- Heaven's world ?... Alors… Vous êtes la troisième clé ? Demanda le vrai Shaolan en se précipitant à la rencontre de Fye Shinigami.
- Oui, sourit le blond… Tu es Shaolan, n'est-ce pas ? Ton père nous as beaucoup aidé dans notre monde… Alors nous sommes venus lui rendre la pareille pour vaincre le sorcier dragon et le roi des Shinigamis…
- Hé bien, j'étais sûr qu'il s'amuserait un peu trop avec son blond, sourit Kuro ten'shi en soulevant le corps de son double dans ses bras…
- Gna gna gna… En clair, tout l'univers était au courant, à part moi… » bouda Shaolan clone.
« Shaolan san ! l'appela au loin Ferio, arrivant avec toute une escorte de ninjas.
- Par ici ! On a deux blessés ! »
Au final, avant même d'arriver au palais avec leur nombreuse escorte, Kuro et Fye avaient déjà bénéficiés de la magie de soin du ten'shi et du savoir faire médical de Nihon. Le diagnostic du vrai Shaolan était d'ailleurs tombé juste. Leurs vies n'étaient pas en danger, mais le couple, toujours inconscient, avait besoin de récupérer des forces, et pour cela d'être réhydratés dans le plus grand repos. Au risque de jouer avec le feu, Shaolan fit en leur nom une demande spéciale :
« Je vous en pries, dit-il aux médecins du palais, il ne faut surtout pas les séparer… Ils ont besoin l'un de l'autre…. S'ils sont ensemble… Je suis sûr qu'ils guériront plus vite…
- D'accord… »
Le vrai Shaolan glissa la main de Fye dans celle de Kurogane avant qu'ils soient emportés sur des brancards…
« Ne vous inquiétez pas… Tout ira bien maintenant, Papa, Maman… »
Son cœur se serra en les voyant disparaître au bout du couloir…
« Non mais t'as vu ta tête ? grogna Shaolan clone en lui mettant une pichenette sur le nez. Retiens tes larmes, ils vont juste faire une sieste et ils reviendront frais comme des gardons !
- Mais heuuuu… Pleurnicha le vrai Shaolan, le nez rouge vif, en mode Watanuki…
- Kurogane san, c'est un roc. Tu peux lui balancer ce que tu veux dans les dents, il se relèvera toujours, je suis bien placé pour le savoir, il m'a carrément explosé un bras… Et Fye San, il a beau faire le tout doux, c'est pas de la guimauve…
- C'est vrai… Reconnu le vrai Shaolan en se remémorant le duel de Fye avec Hageshi…
- Alors ne te laisses pas submerger par tes sentiments. Ça ne t'aide pas, et lui non plus ! »
Le vrai Shaolan hocha la tête en se maîtrisant à nouveau. Son clone avait peut-être raison. Depuis que les voyageurs assumaient pleinement la « famille » qu'ils étaient devenus, que leurs sentiments s'étaient renforcés, l'affectif prenait souvent l'ascendant sur l'action et la réflexion.
Peut-être que maintenant ils s'inquiétaient TROP les uns pour les autres…
Du coup, lors de batailles importantes comme celle où Kurogane avait disparu, ils avaient cédés à la panique quand ils auraient dû agir intelligemment… ça ne pardonnerait pas, contre le sorcier dragon.
A l'époque de Shaolan clone, même dans les situations les plus critiques, personne ne paniquait.
Ils faisaient juste…. Ce qu'ils avaient à faire.
… A part Sakura. C'était trop facile de la poser dans un coin dans sa jolie robe et ne rien lui laisser faire.
Faut pas s'étonner que ça ait si mal tourné quand elle a décidé d'agir seule…
« Je suis désolé… Murmura le vrai Shaolan. Mais nous nous sommes tous jurés de ne plus jamais laisser un tel drame se reproduire… De ne plus jamais nous mentir, ni entre nous, ni avec nous-mêmes… C'est peut-être une faiblesse d'être aussi sentimentaux… Mais c'est une idiotie de ne pas dire aux gens auxquels on tient combien on les aime… »
Shaolan clone secoua la tête, touché, mais tentant de le dissimuler…
« Eh bien… Je suppose que tu devras m'apprendre à être un peu plus sentimental… Et moi je te donnerais un coup de pied aux fesses chaque fois que tu le seras trop !
- Je t'en rendrais deux… Sourit l'autre Shaolan.
- Je t'en rendrais trois !
- Gniaaaah… Gémit Marmotte, perchée sur l'épaule du vrai Shaolan.
- Ne crains rien, la rassura celui-ci. Tu peux avoir confiance en Shaolan Kun. Il n'est pas méchant… »
Le clone tressaillit, ému, puis détourna la tête avec un grand « HEM ! » forcé.
« Désolé d'interrompre vos retrouvailles, intervint Kuro ten'shi qui se trouvait à quelques pas d'eux avec Fye Shinigami, mais on devrait peut-être se présenter aux tôliers de ce palais…
- Commençons par retrouver Mokona, Noa San et Eungyo chan, dit le vrai Shaolan. Ils ne doivent pas être loin.
- Eungyo… Murmura Shaolan clone en se remémorant la mission qu'il avait confiée à la jeune fille… Alors… Elle a réussit… Soupira-t-il, soulagé…
- Oui, elle nous a rejoint… Au sens propre comme au figuré. Son aide nous a été précieuse, sourit l'autre Shaolan. Nous avons veillé sur elle, et elle va bien…
- Tant mieux… Car je dois m'excuser auprès d'elle… » dit Shaolan clone d'une voix triste…
Il ouvrit des yeux ronds lorsque Marmotte exécuta un saut parfait jusque sur son épaule :
« Wiiiiz ! s'écria-t-elle, enthousiaste, en embrassant sa joue. Allons retrouver ma Maman !
- D'a… D'accord… » rougit le garçon en tombant des nues.
Ils ne tardèrent pas à les retrouver dans l'un des luxueux salons réservés aux invités du palais de Nihon. Il faut dire que personne n'avait oublié Eungyo depuis son premier voyage en ces lieux… Mokona, Noa et elle avaient été reçus avec bonheur. En fait, ils n'avaient même pas eu le temps d'expliquer la raison de leur venue qu'on les avait gavés de nourriture, plongés dans un bain et habillés à la japonaise…
« Marmotte ! s'écria Mokona, un ruban rouge avec des clochettes noué à chaque oreille, du plus loin qu'elle vit sa fille.
- Maman ! » répondit-elle en bondissant à sa rencontre.
Les deux petites bêtes se précipitèrent l'une vers l'autre, bondissant, pleurant et criant comme des folles :
« J'ai tellement eu peuuuur !
- Pardoooon !
- Ne recommences plus jamais !
- Ouiiiin ! »
Mokona, serrant éperdument contre son cœur son bébé de ses petites pattes, posa ensuite son regard plein de larmes sur Shaolan clone.
« On se retrouve, beau gosse ! » rit-elle en se jetant sur lui et le couvrant de bisous…
« Moko chan… » murmura Shaolan clone, ému, touché, les bras ballants… N'arrivant pas à lui donner un geste tendre, comme s'il avait peur de la blesser…
Eungyo, revêtue d'un sublime Yukata brodé de magnifiques fleurs rouges, se précipita à son tour, dans la direction du vrai Shaolan, cette fois…
« Shaolan ! Tu n'es pas blessé ? Et où sont… »
Elle se figea devant les KuroxFye anges.
« Heu… ?
- Ce sont leurs doubles d'Heaven's world, expliqua le vrai Shaolan. Fye shinigami est aussi la troisième clé…
- Bienvenue à vous, leur sourit Eungyo.
- Enchanté » sourit Fye shinigami en lui faisant un baise main de très grande classe , sous le regard noir de Noa, resté en retrait derrière Eungyo et vêtu comme un ninja de Nihon… Ce qu'il était, après tout !
« Et où est Tonton Fye ? questionna Eungyo, inquiète. Et Tonton Kuro, il a réussit à revenir ?
- Oui, mais ils se sont un peu trop lâchés sur les retrouvailles, expliqua encore Shaolan d'un air désabusé. Ils vont bien, mais sont tombés dans les choux. Ils ont été emmenés se reposer ensemble dans une chambre… »
Des idées de fangirl traversèrent l'esprit pas si chaste de la petite coréenne.
« … Ensemble ?... Dans une chambre ? … Se reposer ?... Je vois très bien comment ils vont récupérer leurs forces, hé, hé, hé, hé….
- Co…Comment ? » osa à peine demander Shaolan clone en s'étranglant de ces allusions, ayant sur ce sujet retrouvé son incroyable naïveté d'autrefois…
Eungyo ne répondit pas, clignant simplement des yeux en lui disant avec gentillesse :
« Hé… Tu m'as l'air en meilleure forme que la dernière fois où nous nous sommes vus…
- Mademoiselle Eungyo… »
Il baissa piteusement la tête.
« Je suis vraiment désolé d'avoir à nouveau perdu le contrôle de ma conscience à ce moment là… Jamais, non jamais je n'aurais dû vous attaquer… J'ai tellement honte… Alors que vous nous avez tellement aidé…
- C'est oublié, sourit-elle, je suis contente que tu ailles bien. L'important à présent, c'est que nous soyons tous réunis. C'est tous ensemble que nous avons une mission à accomplir… »
En parlant de ça, la fine silhouette de Ferio, suivit de son escorte, réapparut sur le seuil de la porte.
« Les seigneurs Kurogane et Fye sont hors de danger. Ils ont reçus des soins, et dorment à présent paisiblement. En attendant leur réveil, je serais heureux de vous conduire jusqu'à la salle des souvenirs… Son Altesse le Princesse Fu vous attends avec joie et impatience, elle n'a jamais cessé de prier pour votre retour…
- Allons y… » dit Noa de son air impénétrable en se postant aux côtés d'Eungyo.
Les autres leur emboîtèrent le pas… Mokona et Marmotte bondirent en riant sur les épaules d'Eungyo…
« Shao… Chuchota Shaolan clone à l'adresse de son double…
- Qu'y a-t-il ?
- Je… Je ne veux plus jamais faire de mal à quelqu'un, chuchota Shaolan clone d'une voix imperceptible. Je ne veux plus jamais perdre ma conscience… Si jamais cela se reproduit… Si je recommence ces horreurs… »
Ses deux derniers mots se perdirent en un souffle, gorge nouée…
« … Tues moi… »
L'autre garçon fronça les sourcils sous cette requête, avant d'esquisser un demi sourire d'excuses.
« Désolé, ce n'est plus à moi d'en décider…
- Mais ? s'étrangla Shaolan clone, sidéré.
- C'est quelque chose dont nous devrons parler tous ensemble… Avec toute la FAMILLE, continua l'autre garçon en insistant sur ce mot. Et puis…. Tuer est une lourde responsabilité. Un poids si lourd qu'il peut écraser. Si je dois tuer quelqu'un… Alors ce ne pourra être que Fei Wan Reed, car c'est lui, c'est sa magie qui t'as poussé à commettre ces actes. Je trouverais le moyen de te libérer de lui… Je te le promets.
- Shao… »
Le vrai Shaolan lui saisit le poignet, l'entraînant avec un grand rire, presque enfantin :
« Viens… On s'est mis en retard, il faut qu'on rattrape les autres !
- O … Oui ! »
Tandis qu'ils courraient, Shaolan clone regarda son double avec tristesse.
« Pourquoi, Shaolan ? Pensa-t-il. Pourquoi faut-il toujours que tu te fixes des défis insensés et des promesses impossibles à tenir ? »
Au moment d'entrer dans la salle des souvenirs, les cœurs des deux garçons connurent un soubresaut. Une jeune fille magnifiquement vêtue se tenait là, et tout dans sa silhouette, son attitude, jusque dans la couleur de ses cheveux… Rappelait Sakura…
« Fuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! hurla Eungyo, folle de joie, en se précipitant bras grands ouverts vers son amie.
- Bienvenue à la maison » répondit-elle d'un sourire lumineux, en la serrant tendrement dans ses bras.
Pays du japon moderne, Tokyo Nord
Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques pas de la boutique, Watanuki s'agitait de plus en plus nerveusement, chuchotant tout bas :
« La sœur jumelle de Yuko… La sœur jumelle de Yuko… C'est quand même dingue, j'ai du mal à le croire !
- Calmes toi… Dis doucement Domeki en lui prenant la main. On va bientôt savoir ce qu'en pense Yuko Sama. Alors ne te comporte pas comme un idiot…
- C'EST TOI L'IDIOT ! » rugit Watanuki, avant de se pétrifier en entendant un rire léger dans son dos :
« Vous m'avez l'air très amoureux… » dit Ming Yun avec un joli sourire.
« Gniiii… C'est que … Voyez-vous… Enfin… Oui… » avoua Watanuki, rouge flamme , et brassant l'air des bras, d'un ton si mignon que s'il n'y avait pas eu un témoin, Domeki se serait bien occupé de lui faire une démonstration de ses sentiments au milieu de la rue…
Il assagit ses pensées en voyant apparaître près d'eux l'entrée du jardin de la boutique.
« C'est ici, dit Domeki à Ming Yun.
- Oui… Je reconnais ses fameuses demi lunes sur Les colonnes…
- Mais… Si vous êtes déjà venue ici, comment avez-vous oublié le chemin ? s'étonna Watanuki.
- Je suis déjà venue à la boutique. Mais pas dans ce monde… » sourit-elle mystérieusement.
Face à la lueur interloquée qui s'alluma dans le regard stoïque de Domeki, son amant lui rappela :
« Tu sais bien ce que dit Yuko… La boutique est ici est ailleurs… Au carrefour de toutes les dimensions…
- Oy…
- Ming Yun San, reprit Watanuki avec son ton serviable d'homme à tout faire et s'inclinant devant elle, soyez la bienvenue… Quel thé aimez-vous ? Si vous voulez bien entrer, je vous le préparerais pendant que vous discuterez avec Yuko…
- Merci… Mais ne vous donnez pas cette peine… » répondit Ming Yun avec un sourire plus triste, avant d'avancer un pied pour passer la porte du jardin…
A ce moment là, c'est comme si le système d'alarme d'une prison venait de se déclancher. Watanuki et Domeki, les yeux ronds, virent la terre du jardin s'ouvrir en deux, et en sortir… La tour d'un mirador, comme dans les films de guerre, avec une sirène hurlant encore et encore pour ameuter tous les pompiers de la ville, un gyrophare tournoyant en lançant des étincelles de lumière, et un message enregistré sur magnétophone avec la voix de Yuko, chantant d'une voix sèche dans des enceintes dignes d'un concert des Rolling Stones :
« Tu n'es pas la bienvenue iciiii
Rentre chez toi par le premier taxiiii
Et ne reviens pas avant dix décennies… »
« C'est… Charmant… Comme message d'accueil… » Commenta Watanuki d'un sourire forcé…
Ming Yun ignora le message de menace de Yuko et entra quand même dans le jardin quand l'alarme cessa d'hurler, suivie par les deux garçons. Ming Yun se mit à sautiller comme une petite fille, appelant tout haut avec tendresse :
« Zié chaaaan… Où es-tu ma doudou dodue que j'adore d'amour fou ?
- Sa… Quoi ? s'étrangla Watanuki, renversé.
- ça doit être un nom de code entre sœurs, soupira Domeki en haussant les épaules.
- Zié chaaaan… Continua d'appeler Ming Yun. Où es-tu mon andouille douillette qui a du poil aux gambettes ?
- Bah si c'est un nom de code… Elles auraient pu trouver mieux… Commenta Watanuki, les yeux ronds…
- Oy, confirma Domeki, à deux doigts d'un fou rire qui aurait ruiné son masque flegmatique…
- Zié chaaaan… Où es-tu ma colérique volcanique qui a la coli…
- MAIS T'AS PAS BIENTOT FINIT DE ME DONNER DES SURNOMS DEBILES ? » l'interrompit Yuko, surgissant hors de la boutique armée d'un fusil et revêtue d'un treillis, un bandeau rouge dans ses cheveux telle Rambo au féminin.
« Soeurette chérie de mon cœur… Continua Ming Yun en écartant grand les bras avec un sourire crétin.
- A trois, je tire ! grogna Yuko en la mettant en joue.
- Hein… Mais non, Yuko t'es pas sérieuse ? s'affola Watanuki, qui se trouvait aussi dans son champs de vision…
- Un… Commença à compter Yuko, le regard déterminé…
- Elle va le faire ! Elle va le faire ! hurla Watanuki, passant en panique puissance 10, tournant et vrillant en toupie sur lui-même jusqu'à ce que Domeki le saisisse par le col et le planque par sécurité derrière lui …
- Zié chaaaan… Miaula Ming Yun avec des petits cœurs dans les yeux. Tu n'as pas perdu ton caractère de feu ! J'adore ! Même si c'est sûrement pour ça que tu es toujours vieille fille…
- DEUX … Grogna Yuko d'une voix encore plus aride, le doigt sur la gâchette…
- Gniah ! Je veux pas être complice d'un meurtre ! » se liquéfia Watanuki derrière Domeki.
C'est alors qu'une main se posa doucement sur la canon du fusil de Yuko.
« Allons… Tu sais que même si tu visais juste, cela n'aurait aucun effet… » dit avec gentillesse Clow de sa voix apaisante, sortant à son tour de la boutique avec Mokona noir perché sur son épaule.
« Evidemment… » soupira Yuko, désabusée.
Elle pointa le fusil en l'air et appuya sur la gâchette. Des confettis multicolores éclatèrent dans l'air, avec un drapeau blanc sortant du canon, sur lequel il était écrit : « BANG ! »
… Watanuki, achevé, s'étala dans les bras de Domeki, heureusement là pour le rattraper…
« Ming Yuuuun ! s'écria Mokona noir joyeusement en bondissant depuis l'épaule de Clow pour atterrir dans la main de la jumelle de Yuko.
- Contente de te revoir, Youpapa… Sourit-elle. Je ne pensais pas que ce serait possible un jour… »
Puis, se tournant en direction de Clow :
« ça faisait un moment… Ta nouvelle réincarnation te convient ?
- Un peu trop de responsabilités à mon goût, mais je ne vais pas me plaindre d'être en vie… La prochaine fois, j'aimerais un métier plus facile…
- Né ? Il fait des réservations sur ses prochaines vies ? s'étrangla Watanuki.
- En tout cas, sourit Ming Yun, tu n'as pas changé, Clow ! … Je ne peux pas en dire autant de toi, Zié chan… La quarantaine est cruelle avec toi… Mais je t'adorerais toujours… Avec tes rides, tes varices et tes poignées d'amour…
- Je n'ai pas un seul gramme en trop ! rugit la sorcière des dimensions, outrée…
- Vous avez vu ? Elle n'a pas nié pour les rides et les varices, ricana Ming Yun en se tournant vers Watanuki et Domeki, sidérés…
- Ne me fais pas regretter que mon fusil soit un jouet… Feula Yuko.
- Et puis même… Dit sa sœur avec un sourire plus triste… Tu aurais tiré dans le vide… »
Il y eu un silence soudain, pesant, presque lugubre, qui mit vraiment mal à l'aise Watanuki et Domeki…
« Pourquoi as-tu pris la peine de venir jusqu'ici ? demanda Yuko, sa colère retombée mais sa voix un peu déstabilisée… Sous cette forme, en plus ? Tu sais combien c'est dangereux pour tout le monde… Quand tu n'es plus… Là-bas…
- Il faut parfois que je m'arrête… Sinon, il n'y aurait pas de hasard, car il existe vraiment… Sourit Ming Yun …
- Et c'est toi qui dis ça ? Tu es folle … Soupira Yuko…
- C'est à propos du sceau sacré et du sorcier dragon, n'est-ce pas ? Se permit d'intervenir Clow.
- Oui… J'ai des choses à vous dire, dit Ming Yun, le regard plus mystérieux.
- Très bien… Dans ce cas… Tu peux entrer dans la boutique… Céda Yuko. Viens… Tu me raconteras tout… »
Ming Yun leva une main en l'air, faisant le V de la victoire, Mokona l'imitant, perché sur son épaule, avant de sautiller comme un cabri jusqu'à la porte d'entrée. Maru et Moro en surgirent, et se mirent à faire la ronde autour d'elle en chantant une étrange comptine :
« Je suis le début et la fin
Je suis le soir et le matin
Je suis la vie et la mort
Je suis celle qui décide de ton sort
Tous tes choix, tous tes doutes, toutes tes volontés
Tous tes actes, qui tu es, et ce que tu n'as pas fais
Je suis, je suis
Devinez qui je suis ? »
Ming Yun ne répondit rien, donnant tendrement la main à chacune des petites filles avant de suivre Clow. Avant de leur emboîter le pas, Yuko se tourna dans la direction de Watanuki et Domeki, restés debout au milieu du jardin.
« Watanuki… Un thé rouge s'il te plaît…Demanda Yuko, tellement polie que ç'en était inquiétant…
- Tout de suite ! dit le garçon. Je vais préparer des gâteaux, aussi….
- C'est inutile. Les morts ne mangent pas… Les Dieux non plus.
- HEIN ? »
« Devinez, devinez qui je suis ? »
Chapitre 41 : Un trait sur le passé
Pays du japon moderne, Tokyo Sud
Assis derrière son bureau à l'agence Z-loan, Bekko regardait d'un air étrange, un peu nostalgique, l'objet que ses jeunes employés venaient de lui ramener…
« Une boîte à musique… » murmura-t-il, si bas qu'on l'entendit à peine.
« C'est Mlle la directrice qui nous demandé de vous l'acheter, sourit Michiru de son air Kawaï, devinant à qui l'objet était destiné en réalité…
- Ouais ! Et on s'est tapé au moins 138 boutiques pour la trouver ! grogna Kanashimi.
- Y'a une récompense à la clé ? Demanda Chika, des yens plein les yeux.
- Oui, répondit le passeur d'âmes de son ton monocorde… TOUTE MON ESTIME . »
Les trois adolescents s'écrasèrent sur le plancher, achevés par ces trois mots…
« On pouvait s'en douter…
- Non mais quel radasse !
- Le travail est toujours mal récompensé, snif … »
Un peu plus loin, assis sur le canapé un livre à la main, Shito leva les yeux de sa lecture pour murmurer :
« Certains objets n'ont pas de prix… Parce que leur valeur est sentimentale…
- Ooooh… firent les trois autres adolescents.
- Enfin, c'est ce qu'on m'a dit… Reprit le chinois de son air indifférent et froid. Pour moi les vieux trucs ne sont que des déchets qui doivent être jetés aux ordures… »
Un frisson glacé parcouru les trois autres.
« Franchement… Je me demande si Shito n'est pas pire que Bekko… Grinça Chika avec un sourire forcé…
- Ils ne sont pas… Très démonstratifs, c'est tout… Tenta de les excuser Michiru en tombant des nues.
- J'ai eu lors de mon voyage des rapports plus amicaux dans un monde avec un alligator qui voulait me bouffer … » commenta Kanashimi.
Bekko effleura doucement le bois noir ébène et laqué de la boîte à musique, sur le couvercle de laquelle s'étalait avec éclat la fleur d'un Iris rouge, peinte à la main…
Dimension, inconnue, au même moment…
Fei Wan Reed s'engouffra de son pas lourd dans un wagon du train de métal, parfaitement désert. Il n'y avait même pas de conducteur, ce train flottait ainsi à travers les dimensions supérieures, inaccessibles aux humains ordinaires…
Ordinaire, Fei ne l'avait jamais été. Même pas un magicien ordinaire. Il était un Reed. Et même écrasé par le charisme irradiant de Clow, il avait su s'en différencier très tôt par un style radicalement différent. Quand Clow s'amusait à fabriquer des cartes magiques roses bonbon pour une fillette, Fei était déjà en train d'avancer les pions pour son plan futur et ambitieux…
Avec un génie pervers de la manipulation, du meurtre et du sang…
Son regard se posa sur les dimensions qui défilaient derrière la vitre du train, comme un paysage lointain, où l'on n'ira jamais, à côté duquel on passe sans s'arrêter…
Avant de devenir un monstre de cruauté, il avait été un homme. Il avait même, il y a bien longtemps, lutté pour le bien aux côtés des anciennes clés… Mais aussi loin qu'il se souvienne, il était déjà, au temps de sa jeunesse, déchiré entre l'obscurité et la lumière…
Il n'y a que deux personnes qui auraient pu freiner sa course inéluctable vers la destruction et l'auto destruction…
Yuko… Il est impossible de ne pas l'aimer. Une seule de ses apparitions suffit à vous ensorceler à vie. Il avait été foudroyé, comme les autres. Mais Yuko appartenait à Clow. Bekko attendait son tour avec son regard de chien battu. Hageshi n'aurait jamais son tour, et il ruminait sa souffrance en silence. Fei ne voulait pas s'abaisser à ce niveau là, il avait sa fierté. Yuko resterait peut-être à jamais un souhait inaccessible, une étoile qu'on ne peut atteindre… Et son adversaire la plus redoutable.
Et puis… Un jour, sans prévenir, tout avait basculé. Tout avait été chamboulé, renversé, de manière irrémédiable, démente, éperdue…
Ming Yun…
Penser à elle, c'était comme répandre du sel sur une plaie ouverte… Tout était douloureux : la cautérisation, la cicatrisation, et même le souvenir amer ancré à jamais dans sa chair…
Il l'avait perdue ce jour là… Ce jour maudit où il lui avait cruellement mentit pendant qu'elle s'éteignait lentement dans ses bras, comme la flamme d'une bougie qui s'affaiblit petit à petit avant de se noyer dans la cire…
Il se souvenait de son regard, désespérément accroché dans le vague, espérant follement qu'une déchirure dimensionnelle se produise dans l'air, et le surnom affectueux qu'elle répétait sans cesse jusqu'à ce que sa voix ne devienne plus qu'un souffle :
« … Zié chan … Zié chan … Zié chan …Va venir, n'est-ce pas ?... Elle me l'a promis… Je veux voir Zié chan… »
Mais les secondes lui échappaient sans que son vœu soit exaucé…
« Zié chan… Zié chan … Où es tu, Zié chan ? »
… Jusqu'à la dernière…
« Zié chan… Ne m'oublies pas, petite sœur… Je t'aime tant… Ma Zié chan… »
Le monstre Fei Wan Reed est né ce jour là. Quand la femme qu'il aimait, sa femme adorée, mourante dans ses bras, ne pensait qu'à une autre personne à cet instant… Yuko…
Mais Yuko n'arriva pas à temps…
Bien sûr, Yuko serait venue plus tôt, si elle avait pu. Elle serait venue, si elle avait su que Ming Yun était à l'agonie…
Mais en ce temps là, elle faisait déjà le deuil de Clow, explorait les dimensions à la recherche d'Eungyo, et affrontait un autre ennemi…
Malgré tout…
Fei ne lui pardonnerait jamais. Pas de ne pas être arrivée à temps.
Mais parce que c'est uniquement à elle que Ming Yun pensait au dernier instant.
Parce que les derniers mots de Ming Yun dans sa vie humaine avaient été :
« Je t'aime, Zié chan… »
Alors que c'était lui, Fei, qui l'avait aimé le plus et l'avait accompagnée jusqu'au dernier instant. C'était resté en travers de sa gorge. Une blessure indélébile…
Alors… Il préférait se souvenir d'un autre jour… Celui où tout était encore possible…
Quand le soleil brillait comme un espoir et que les rencontres avaient le goût de l'été….
FLASHBACK
Pays du Japon Moderne
28 Juin 1980
« C'est la fin des coooours ! YEAH ! »
Avachie dans le jardin du temple des Domeki, Yuko, 15 ans, levait haut son verre de saké remplis à ras bord. Elle s'était déjà descendue à elle seule quatre bouteilles…
« C'est les vacanceuh ! chantait-elle. Finit les maths, le sport et les conseils de classeuh !
- De toutes façons, tu n'y vas jamais… Fit remarquer Noa de son ton stoïque en donnant un biscuit apéritif à chacun des Mokonas perchés sur ses épaules.
- Bah ! C'est bien une réflexion de premier de la classe ! La vie est faite pour s'amuser ! Bekko, ressers moi un verre !
- Ton verre est plein. Tu es tellement ivre que tu ne le remarques même pas… la sermonna le jeune chasseur.
- T'es trop sérieux, mon vieux ! Allez, bois un coup Bekko, dit la jeune fille en lui enfonçant le goulot d'une bouteille dans la bouche, quand t'es bourré t'es plus rigolo ! »
Le malheureux garçon eu beau se débattre, Yuko s'était littéralement jetée sur lui, l'empêchant de respirer en lui déversant des litres de saké dans la gorge, dans un roulis qui faisait « glou, glou, glou, glou »… Au point qu'il pensait qu'il allait se noyer…
« Au moins, commenta Noa, c'était les dernières bouteilles… »
C'est alors qu'un tourbillon argenté traversa le jardin à toute vitesse, lançant à la cantonade d'une voix goguenarde, les bras chargés :
« Les amiiiis ! Qui veut goûter une cargaison de vodka toute droit venue du grand froid ?
- Hageshiiii ! Mon héros, je t'adoooore ! » miaula Yuko en se jetant au cou du Shinigami, qui en lâcha les bouteilles qu'il portait, celles-ci se fracassant au sol…
« Noooon ! Mon précieux alcool ! » gémit Yuko en relâchant brutalement Hageshi pour se lamenter sur le désastre avec des larmes énormes, s'échappant de ses yeux de manière comique, comme le jet d'une fontaine.
« Yuko… » murmura tout bas Bekko en tentant de la calmer avec des gestes hésitants…
Il fouilla dans ses poches…
« Tiens… C'est un bon de réduction que j'ai découpé dans le journal… Pour deux bouteilles de Kir achetées la troisième est offerte…
- Youpiiiie ! Vive les radins ! » s'écria joyeusement Yuko, totalement réconfortée, en se jetant cette fois sur Bekko et lui embrassant la joue, et le garçon en tombit à la renverse, rouge flamme, battant l'air avec les bras, telle une tortue renversée sur le dos…
« Elle se console vite, constata Hageshi, les yeux ronds et la voix un peu aride, devant le spectacle…
- Vous êtes trop jeunes pour voir ça, les enfants… » dit Noa de son air imperturbable en cachant les yeux de Mokona noir et Mokona blanc, encore bébés…
Yuko délirait en braillant… Heu, chantant « C'est à boire, à boire, à boireuh ! » toujours vautrée sur Bekko, plaqué sous elle au sol et au bord de l'évanouissement, rouge brasier…
« Ils ont l'air de bien s'amuser, les petits… » sourit Haruka Domeki, assis plus loin à l'ombre des cerisiers.
Debout à ses côtés, Clow (le Clow de 1980, 35 ans à l'époque) ne répondit pas immédiatement au vieil homme.
« … Ce ne sont plus des enfants… » murmura-t-il en dardant Yuko du coin de l'œil, derrière ses lunettes…
(Commentaire que pourrait dire Watanuki : « ESPECE DE VIEUX PERVERS ! »)
« Je ne les ai pas vus grandir, soupira Haruka. J'aurais préféré qu'ils restent encore un peu dans l'innocence de l'enfance… Les épreuves qui les attendent en tant qu'adultes sont bien cruelles… »
Clow le savait aussi déjà.
« Je recule sans cesse cet instant, mais il me semble inéluctable… Dit le beau brun. Je vais devoir faire venir la septième clé…
- Tu sais qu'à cet instant, tout va s'enchaîner… De manière irrémédiable, dit Haruka.
- Mais le sceau qui avait été placé par nos prédécesseurs sur le mont Fuji est en train de s'effriter… Le sorcier Dragon va s'échapper…
- Où penses tu le sceller à nouveau ?
- La tour de Tokyo…
- Décidément…On dirait qu'il se passe toujours des choses intéressantes, là-bas… » sourit Haruka.
Un vent étrange agita les cerisiers du temple.
« Ah… Sourit le vieil homme… Nous avons un invité…
- Il ne renoncera jamais… » soupira Clow d'un air fatigué.
La seconde d'après, un vortex noir déchira l'air, et il en surgit avec énergie Fei Wan Reed… Le Fei de l'époque, 30 ans de moins, costume noir à paillettes et col pelle à tarte, plateform shoes, et coiffure affro dressée sur la tête :
« Clow, espèce de Clown ! rugit celui qui n'avait pas encore de barbe et affichait une taille de guêpe, cintré dans un pantalon pattes d'eph', je viens te défier !
- Encore ? Sourit Clow, les yeux mi clos, mi poli, mi moqueur…
- Allez heu ! bougonna Fei, comme un caprice d'enfant. Affrontes moi, je te prouverais qui est le sorcier le plus puissant de l'univers !
- Il n'a toujours pas compris ? Soupira Noa, désabusé…
- C'est saoulant et même plus amusant… » dit Hageshi en attirant vers lui Yuko, pour qu'elle relâche enfin Bekko, devenu violet tant il manquait d'air depuis qu'elle était assise sur ses poumons…
« Ah, ah ! ricana Fei, pointant en l'air son énorme épée, Clow je vais te… »
SHLASH ! BOUM !
La seconde d'après, Fei, figé sur place, était noir de suie et sa coupe afro carbonisée, Clow lui ayant balancé un sortilège ne moins d'un centième de seconde.
« Clow ! La claaaasse ! s'écria encore Yuko en agitant des pompons comme une majorette sous acide. Vous avez encore gagné, senseï ! Je vous aime !3
Aveu d'ivrogne qui pulvérisa en miettes les cœurs de ses autres prétendants…
« Santé…
- Kampai ! » trinquèrent ensemble Bekko et Hageshi, noyant leur chagrin dans l'alcool d'une bouteille rescapée…
Une vieille dame sortit du temple… C'était la femme d'Haruka, la grand-mère de Shizuka, qui naîtrait bien longtemps après sa disparition, et donc ne la connaîtrait pas. Elle était plus âgée que son mari, Haruka ayant toujours été un original….
« Ooooh … Mais c'est le petit Fei , dit-elle en voyant le futur criminel interdimenssionnel planté et grillé au milieu de son jardin… Tiens, puisque tu es là, rends toi un peu utile… » dit-elle en lui glissant un balais dans les mains…
Et Fei, ruminant sa défaite, se mit à faire le ménage au milieu du jardin sur les ordres d'une mémé…
« Je ne sais pas pourquoi, mais ce spectacle me donne des frissons dans le dos, commenta Noa avec son air mono expressif.
- Les Reed ont une vraie passion pour les travaux ménagers, lui chuchota Hageshi… Observe comment Clowclow regarde ce balai avec envie… Tu vas voir, dans un instant, il va le lui reprendre des mains…
- Ooooh… C'est un penchant de leur personnalité à exploiter… » murmura Yuko, rêveuse.
Tout à coup, une nouvelle brèche dimensionnelle eu lieu dans l'air, juste au-dessus du jardin du temple…
« Décidément… On a de la visite, aujourd'hui… » sourit Haruka.
Dans un tourbillon de vents vaporeux, une silhouette féminine se dessina sous leurs yeux, avant de chuter… Directement sur Fei Wan Reed, planté bêtement avec son balai à la main ! Il eu pourtant d'excellents réflexes, lâchant le dit balai pour rattraper, in extremis, la jeune fille dans ses bras…
« Hey ! Salut le roi du disco ! » lança l'inconnue avec un sourire renversant.
Fei manqua d'en tomber à la renverse, le cœur battant comme celui d'une jeune fille en fleur… L'adolescente lovée dans ses bras… Etait la copie presque conforme de Yuko !
« Zié chaaaan ! » s'écria Ming Yun en rompant cet instant quasi féerique, s'échappant de son étreinte à la vitesse de la lumière pour poursuivre sa jumelle dans tout le jardin :
« Zié chaaaan… Viens m'embrasser, mon piment rouge au pamplemousse et à la crème fraîche !
- Non ! hurlait Yuko, courouçée, tentant d'échapper à sa sœur. Jamais, tu m'entends ? Même pas en enfer ! »
A bien y regarder, malgré leur ressemblance physique, les deux sœurs n'avaient absolument pas le même caractère.
Yuko, déjà adolescente, avait toujours eu un côté un peu sombre, mystérieux, ténébreux… Sauf quand elle s'amusait, se mettait en colère ou était touchée droit aux sentiments, elle était toujours mesurée, parfaitement maîtresse d'elle-même…
Ming Yun, elle, était totalement déjantée, illuminée, spontanée, avec un petit côté maladroit irrésistible… Elle ne se fixait aucune limite, surtout avec Yuko. Elle était prête à tout pour conquérir son affection et son estime, même au plus ridicule…
Même si, depuis longtemps déjà, Yuko lui avait fermé la porte, cadenassé son cœur…
Les blessures d'enfance ne guérissent pas…
« Lâches moi ! grinça Yuko en la repoussant, dégrisée par sa colère. Et puis d'abord, qu'est-ce que tu fais ici, Ming Yun ?
- Mais heu… Je voulais juste passer du temps avec ma sœur adorée…
- Oublies ça ! Je n'ai pas une seconde à te consacrer !
- Allez… On pourrait aller se promener, tu me ferais visiter Tokyo…
- J'ai dit NON !
- C'est une bonne idée, sourit Clow, j'ai entendu parler d'un vide grenier à Asakusa… Nous pourrions y aller tous ensemble…
- Mais… Senseï ? s'écria Yuko, blessée, comme s'il venait de commettre la trahison suprême…
- Je suis d'accord avec Clow, sourit Haruka en tirant une bouffée de sa cigarette. Pour nous aussi, ce sera une occasion de sortir, dit-il à son épouse.
- Oui ! sourit Mamie Domeki. Mais d'abord, je tiens à préparer du thé pour nos invités !
- Laissez moi m'en charger… » murmura Fei, planant sur un petit nuage en marshmallow et hypnotisé par Ming Yun, qu'il voyait entourée de pastilles de lumières comme dans un shojo…
« Non, dégages ! J'y vais ! » grogna Yuko en poussant le futur barbu de son passage, marchant d'un pas sec vers la cuisine du temple.
Hageshi et Noa échangèrent un regard inquiet…
Bekko trembla, hésita… Puis se décida.
« Je vais l'aider ! » dit-il en se précipitant à son tour vers la cuisine…
Il ne remarqua pas que le regard de Clow le suivait… Comme une prédiction…
« … Je suppose que c'est inéluctable… » murmura doucement le magicien, qui savait déjà tout de leur avenir…
Lorsque Bekko arriva à la cuisine, il découvrit un véritable carnage…
Demander à Yuko de faire le thé elle-même, c'est s'exposer à une catastrophe industrielle… Des herbes étaient répandues un peu partout, l'eau bouillait tellement que de la vapeur emplissait toute la pièce, une tasse était brisée au sol, et en tentant de ramasser les morceaux, Yuko s'était écorchée un doigt…
« C'est la cataaaa… » grogna-t-elle, si furieuse qu'elle aurait tout cassé dans la cuisine.
Pour Bekko, qui est un vrai maniaque du thé, il fallait une bonne dose de self-control devant un tel spectacle. Il s'activa à déblayer les dégâts et sauver le thé, puis se pencha à la hauteur de Yuko, toujours agenouillée par terre et un doigt en sang…
« Il faut désinfecter la plaie, lui dit Bekko en lui prenant doucement la main, l'aidant à se relever et s'approcher de l' évier…
- Pourquoi ?... Murmura Yuko, apaisée par ce geste et soudain plus vulnérable… Pourquoi, chaque fois que j'ai presque oublié, Ming Yun revient me hanter ?
- Elle ne pense pas à mal… Elle réagit… De façon différente…
- Même si c'est ma sœur jumelle, nous n'avons rien en commun. Nous n'avons pas été élevées ensemble, nous n'avons pas grandit ensemble, nous ne nous sommes même pas vues pendant des années…
- Pourtant elle tient à toi. Même si elle l'exprime de manière maladroite, Ming Yun t'aime beaucoup, Yuko…
- Mais tu sais ce qu'elle a fait … Même si elle n'était pas responsable… Je ne sais pas… Si je lui pardonnerais un jour… Ce qu'elle m'a fait à Gloriana…
- Je sais que tu as beaucoup souffert… Mais Ming Yun est la seule famille qu'il te reste. Ne lui tourne pas le dos. Parce que… Tu pourrais en souffrir encore plus un jour… Et je ne le supporterais pas…
- Bekko… »
Yuko se réfugia dans les bras réconfortants du garçon, enfouissant sont fin visage contre son torse.
« Personne ne me comprends aussi bien que toi, Bekko… J'ai tellement de chance de t'avoir pour AMI … »
Bekko ne répondit rien, le cœur en miettes, effleurant doucement la longue chevelure noire de la jeune fille…
« BON ALORS IL VIENT CE THE ? » s'écria Hageshi, déboulant comme un typhon dans la pièce, en les séparant au passage…
« Ah là là, non mais c'est quoi ce travail ? commenta le shinigami. J'vous jure, vous deux, on ne peut pas vous laisser sans surveillance », dit-il en jonglant entre le service à thé et un plateau avec adresse…
« On dirait une employée de Maid Café… Jugea Bekko de son regard perçant.
- Est-ce que je porte une jupe ? s'écria Hageshi, outré.
- Tu pourrais, avec un telle chevelure…
- Parles pour toi ! Tu veux que je te parle de la robe blanche des passeurs d'âme ? »
… Et devant les chamailleries des deux garçons… Yuko retrouva le sourire…
L'après midi se poursuivit donc au vide grenier d'Asakusa. La grand-mère de Domeki avait un peu de difficulté à marcher, alors elle avançait devant, donnant un bras à son mari, Haruka, et l'autre au jeune Noa. Clow leur faisait la conversation, donnant le bras à une Yuko rougissante et totalement réconfortée…
Les autres jeunes marchaient derrière. Pendant que Bekko et Hageshi tiraient une tête déconfite en voyant Yuko pendue au bras de Clow, Ming Yun riait comme une folle et parlait pour dix. Fei la suivait en trottinant et sans la quitter des yeux, comme un petit garçon timide…
« Vous savez ce que l'on raconte ? Dit soudain Ming Yun aux trois garçons. Certains objets auraient une âme. Surtout les plus anciens, comme ceux de ce vide grenier…
- C'est vrai approuva Fei, des étoiles d'admiration plein les yeux. En fait, plus les objets ont une valeur sentimentale, plus leur âme est grande…
- Oui ! continua Ming Yun. Dans mon monde on dit même que si un garçon offre à une fille un objet qui a une âme, alors elle tombera amoureuse de lui ! »
Bekko et Hageshi se figèrent à cette phrase, comme transpercés. Ils échangèrent un regard qui en disait long, avant de se précipiter comme des fous furieux vers les stands des marchands…
« Ben ? Qu'est-ce qu'il leur arrive, à ces deux là ? S'étonna Ming Yun, les yeux ronds.
- Il leur arrive que ce sont des crétins », soupira Fei, désabusé…
Ce fut à celui qui découvrirait le premier le cadeau idéal pour Yuko…
Asakusa est un quartier très traditionnel de tokyo. Il y règne une ambiance familiale de fête de quartier. C'est aussi un lieu sacré et respecté par son temple… Aux marchands des vide greniers se mêlaient de multiples échoppes très folkloriques…
Hageshi ne tarda pas à découvrir, au détour d'une allée, l'étal d'un marchand de bijoux. Il remarqua vite, luisant sous le soleil, l'éclat d'un pendentif en forme de papillon…
De son côté, Bekko était arrivé jusque devant le stand d'un brocanteur. La chaleur de l'été était intense, vaporeuse, et il ne discerna pas bien, au début, les objets éparpillés sur la toile cirée…
Quand tout à coup…
Il distingua dans l'air retentir une douce mélodie…
Même si ce n'était que quelques notes de musique…
Il reconnu cette chanson acidulée…
Il avait entendu Yuko en fredonner l'air, et se souvenait des paroles en anglais :
"I'm gonna believe in your eyes
So please don't say love is blind
I wanna be reading your mind
In secret communication."
En s'approchant du stand, Bekko découvrit une adorable boite à musique. Elle était là, semblant l'attendre depuis toujours. Un ravissant coffret noir ébène, laqué, sur lequel s'étalait dans toute sa splendeur un iris rouge peint à la main… Dans le langage des fleurs, le symbole des déclarations d'amour…
"Where are the smiles of yesterday,
Our childhood conversations?"
Lorsque, prenant l'objet dans ses mains, il souleva le capot de la boite à musique, il vit à l'intérieur, au lieu de l'habituelle ballerine en train de danser, une geisha avec une ombrelle qui tournait en même temps que la musique, et sur l'ombrelle était dessiné…
Un papillon…
"Please, kiss kiss.
Will anybody kiss me, please?
Please, please, kiss kiss.
Give me strawberry kisses please."
Quelqu'un avait gravé, à l'intérieur du couvercle de la boite à musique, ces mots se référant à la chanson :
« Please, Kiss me
Like a strawberry-colored dream."
En tant que chasseur, et futur passeur, Bekko avait la capacité de voir les âmes. Il se dégageait de la boîte à musique une aura intense et bleutée, apaisante… L'âme d'un objet qui avait beaucoup été aimé…
« S'il vous plait, quel est le prix ? » demanda-t-il au vendeur.
Hageshi déboula devant lui en brandissant son pendentif en forme de papillon.
« Laisses tomber, mon Koko ! J'ai été plus rapide que toi ! » ricana-t-il.
C'est alors qu'ils se figèrent tous les deux, le sang glacé.
Là-bas, au bout de l'allée… Ils aperçurent Clow et Yuko, revenant du temple, main dans la main. Yuko était revêtue d'un magnifique yukata de cérémonie qu'elle ne portait pas à son arrivée…
« Je ne sais comment vous remercier, senseï… » dit-elle, rougissante et coulant un regard plein d'amour et d'admiration à Clow…
Ils étaient à deux millimètres de s'embrasser…
C'était comme si tout à coup, Hageshi s'était éteint devant ce spectacle douloureux. Le visage masqué derrière ses longues mèches blondes argenté, il engouffra le pendentif dans sa poche, tourna le dos au couple et disparut en courant dans une allée…
Bekko, lui, demeura figé sur place, le cœur broyé, pillé, haché menu…
Mais Yuko était tellement sublime dans son yukata, et elle irradiait d'un tel bonheur…
« Bekkoooo ! cria-t-elle en l'apercevant et se précipitant vers lui, virevoltante dans le fin tissu. Regardes ce que Clow senseï m'a achetéééé !
- Il a très bon goût, tu es ravissante… Répondit Bekko d'un ton qu'il tenta de prononcer le plus naturellement possible…
- ça y est, je crois que je suis totalement folle de Clow, lui chuchota-t-elle tout bas pour qu'au loin, l'adulte n'entende pas… C'est le moment de lui dire, non ? Je ne suis plus une gamine… »
Bekko fut incapable de répondre, dissimulant la douleur intolérable que lui infligeait cet aveu…
« Ooooh tu veux acheter une boite à musique ? S'étonna Yuko, les yeux ronds, en remarquant l'objet qu'il tenait dans les mains… ça alors… »
Elle eu un sourire adorable.
« Tu as vu ? … Ta boîte à musique… Elle a une âme… Tu sais ce que l'on dit mon monde ?
- … Yuko chan !
- Ah, Clow m'appelle… souhaite moi bonne chance ! »
Elle repartit aussi vite qu'elle était apparue… Insaisissable… Comme un papillon…
Bekko reposa la boîte à musique sur le stand du marchand. Il effleura une dernière fois son bois précieux, avant de décider de la laisser pour quelqu'un qui serait aimé en retour…
A l'autre bout du marché, Fei, qui avait finit par se retrouver tout seul, s'assit sur un banc en se demandant ce qu'il fichait là au lieu d'élaborer un plan génial et sadique pour vaincre et humilier Clow définitivement…
Ses noires pensées en étaient là lorsque un petit cliquetis métallique retentit à ses oreilles et qu'une espèce de talisman, tout en courbes dentelées, se mit à balancer sous son nez…
« Grhumph ? grogna-t-il, saisissant le talisman d'un geste brusque.
- Tu n'aimes pas ? Demanda une voix mutine. Pourtant, il m'a fait penser à toi… »
Le cœur de Fei fit un triple saut lorsqu'il remarqua Ming Yun penchée par-dessus son épaule avec un sourire des plus mignons…
« Tu n'as pas remarqué ? demanda-t-elle encore. C'est un talisman en forme de chauve souris…
- Je… Te fais penser à une chauve souris ? s'étrangla Fei, abasourdi.
- Oui. T'es tout en noir, hirsute, et tu fais peur à tout le monde ! » dit-elle en désignant des enfants qui fondaient en larmes ou partaient en courant dès qu'ils approchaient du banc.
« … C'est vrai, reconnu Fei, pas plus vexé que ça, finalement…
- Et puis aussi… »
Les fins doigts de Ming Yun effleurèrent les siens en se posant sur le talisman.
« Tu vois l'aura sombre qui s'en dégage ? Cet objet a une âme… »
Fei n'en cru pas d'abord ses oreilles, tellement cette phrase était ENORME …
Il finit par refermer sa main sur celle de Ming Yun, fermement.
« Tu t'amuses à un jeu dangereux, finit-il par lui dire, sans la regarder. Je ne suis vraiment pas quelqu'un de fréquentable…
- Moi non plus… Murmura-t-elle d'une voix triste, une voix pleine de fautes et de regrets… Moi non plus… »
Fei ne répondit rien. Il resta là, sa main dans la sienne, entre l'ombre d'un arbre et la lumière du soleil…
FIN DU FLASHBACK
…
Dimension inconnue
Le train de métal s'arrêta brusquement lorsqu'il arriva enfin à destination. Fei avança de son pas lourd vers la porte de la sortie. Elle glissa dans un bruissement mécanique, et Fei Wan Reed mis un pied sur le quai, en pleine nuit. Il porta la main à sa poitrine, où luisait le talisman en forme de chauve-souris.
« Tu sais pourtant que je suis encore moins fréquentable qu'avant… » soupira-t-il en dégainant sa gigantesque épée et s'enfonçant dans les ténèbres….
Japon moderne, Tokyo sud
Bekko souleva doucement le couvercle de la petite boîte à musique. La geisha était toujours là, avec son ombrelle tournoyant au son de la mélodie…
Il eu un demi sourire fataliste et plein de nostalgie en caressant du bout des doigts l'inscription à l'intérieur du couvercle, osant à peine demander, même s'il connaissait déjà la réponse :
« Les enfants… Où avez-vous acheté cette boîte à musique ?
- A Asakusa … Répondit Chika.
- Il y avait un marché aux puces ! sourit Michiru.
- Je vois … Murmura Bekko, touché… Toutes ces années, elle a donc attendu avec moi… »
Pays de Nihon du futur
Quelque part dans les montagnes escarpées du pays de Nihon, Hageshi se tenait debout au sommet d'une falaise, ses longs cheveux argentés soulevés par le vent.
Il regarda une dernière fois, longuement, le pendentif en forme de papillon qu'il tenait dans sa main.
« Que fais-tu ? » demanda Shiroï en arrivant dans son dos, l'enlaçant en nouant ses bras à sa taille…
Hageshi se laissa aller tout contre lui, tout doucement, avec amour…
« Je tire un trait sur le passé… » dit-il enfin d'une voix ferme, sûr de lui.
Et il jeta le papillon du haut de la falaise, le laissant être emporté par le vent…
Chapitre 42 : Kuro Mi Fye Sol
[ Jeu de mots tout public : Do Ré Mi Fa Sol
Jeu de mots Yaoï : Kuro mis Fye au sol
(Soyez indulgents pour le jeu de mots , j'ai écris ce chapitre à 3 h35 du matin ! ^^)]
….
Pays de Nihon du futur
Il flottait une odeur de plantes médicinales, cotonneuse, apaisante…
C'est d'abord le tintement répétitif des machines qui réveilla Kurogane. Il ouvrit lentement les yeux, la vision encore trouble, voyant face à lui le mur d'une chambre inconnue et tout un attirail d'appareils médicaux. Il réalisa petit à petit qu'il se trouvait allongé sur un lit, le bras relié à une perfusion qui lui injectait un liquide transparent. Au loin, une fenêtre, par laquelle il pouvait apercevoir des flocons de neige chuter lentement…
« F … Fye… » murmura-t-il, la voix rauque mais faible.
Le ninja porta sa main à son cou, qui avait été pansé, d'ailleurs il arborait de multiples bandages sur tout le corps, partout où il avait été blessé au cours des nombreuses batailles qu'il avait essuyé ces dernières semaines… Kuro s'arracha violemment le bandage à son cou avec un cri de douleur, cherchant la morsure de Fye. Son cœur bondit de soulagement et de bonheur lorsque sa main toucha la plaie. Il n'avait pas rêvé…
« FYE ! » s'écria Kuro, cette fois réveillé pour de bon, en se redressant sur le lit. Il sentit l'émotion lui piquer la gorge lorsqu'il aperçut la fine silhouette du blond allongée sur un autre lit, à gauche de la pièce. Kuro finit de s'arracher les perfusions et autres électrodes qui le reliait aux machines, bondit hors des draps et se précipita au chevet de son amant.
Fye était bien là, paisiblement endormi, lui aussi avait été soigné et était relié à des machines… Fye… Le cœur du ninja se serra à se briser en réalisant combien il avait dû souffrir, effleurant du doigt les bleus, bosses et griffures atroces qui parcouraient la peau diaphane du blond…
« Oh, Suki… Je n'ai pas réussis à tenir ma promesse… Je t'avais pourtant juré que je ne laisserais plus personne te faire souffrir, Fye… Et c'est moi… »
Il ne parvint pas à finir sa phrase, la voix cassée, effleurant les fines mèches blondes qui encadraient ce visage fin et délicat qu'il adorait… Fye… Son Fye d'une fragilité adorable… D'une vulnérabilité touchante…
Ce corps fin et léger dont il connaissait la moindre ligne éthérée, ce visage d'une beauté divine à se damner… Jusqu'à sa respiration s'exhalant lentement entre ses lèvres… Si parfaitement dessinées… Si tentantes… Si douces et délicieuses à embrasser…
Il effleura le moindre contour de ce visage tant aimé avant de l'attirer vers le sien, sa main perdue dans une pluie de mèches blondes… Il s'empara tout doucement, délicatement, des lèvres de Fye, cueillant un baiser d'une douce tendresse, avec une saveur aérienne, une sensualité tout en légèreté, comme s'il avait peur de le blesser encore plus en étant trop ardent…
Au bout de quelques secondes il sentit le corps de Fye frémir sous son étreinte, puis son vampire lui répondre de manière beaucoup plus entreprenante, l'embrassant de manière de plus en plus brûlante et passionnée, jusqu'à lui en couper le souffle…
Lorsqu'il autorisa enfin Kuro à reprendre sa respiration et ses esprits, Fye ouvrit lentement son œil de vampire, où luisait une lueur exquise :
« Alors, mon beau Prince, dit-il à son Kuro, tu voulais abuser de moi durant mon sommeil ? »
Kuro voulait rire, mais il sentait à nouveau les larmes lui piquer la gorge. Jamais il n'avait ressentit une telle émotion, si pure, si sublime, un sentiment qui vous envahit et vous renverse tout entier…
« … Ton sourire éblouissant… » murmura Fye, touché par son émotion, en voulant tendre la main vers lui… Il poussa un petit cri, le vampire ne pouvant esquisser un geste sans être entravé par toute une série de câbles et de fils…
« … Mon Kuro chan… Détaches moi de tous ces trucs…
- Je dois m'attendre à me recevoir encore un double coup de poing ? Demanda le ninja, taquin.
- Kuro idiot… Je veux pouvoir te serrer dans mes bras… »
Kuro ne se le fit pas dire deux fois, et le délivra. Fye bondit littéralement à son cou, et ils s'enlacèrent éperdument, intensément, se serrant avec une telle force l'un et l'autre qu'ils en sentaient leurs cœurs cogner au même rythme… Plutôt désordonnés… Tous leurs sens exaltés en reconnaissant le parfum de leurs peaux, respirant leur chaleur rassurante…
« J'ai atterrit dans une église… Souffla Kuro… Moi qui ne croyais plus en aucun Dieu, j'ai jamais autant prié de ma vie que pour te retrouver…
- Embrasses moi… Embrasses moi encore… » l'implora Fye, languissant dans ses bras…
Le brun resserra plus sensuellement l'étreinte de son seul bras, nichant son visage dans le cou du blond, effleurant sa peau fine et claire par la brûlure de ses lèvres impatientes avant de jouer encore avec les siennes de cette manière qui faisait fondre le magicien de délice… Kurogane savait divinement bien comment accrocher son souffle au sien avant de l'entraîner dans un jeu exquis et envoûtant, les caresses savoureuses de sa langue relayant les effleurements fervents et fiévreux de sa main jusqu'à faire grimper en Fye une chaleur torride et suave, et les mille désirs intimes suggérés par ce plaisir…
Et la température augmenta brusquement d'une dizaine de degrés dans La pièce…
Brûlant de fièvre, frémissant à chaque baiser plus audacieux encore de son amant, ne retenant pas les gémissements approbateurs mêlés à leurs respirations plus courtes entrecoupées de leurs soupirs amoureux, Fye n'y tint plus, incandescent de passion, et, il faut l'avouer, le sang bouillant de frustration…
Kuro ouvrit des yeux ronds lorsqu'il sentit l'enlacement de Fye se refermer sur lui avec une force insoupçonnée, et que le blond le fit brusquement basculer sous lui, le renversant sur le lit avec un regard qui le dévorait entièrement de gourmandise, avant de passer directement à l'attaque, goûtant déjà sa peau mate et entreprenant de lui arracher le peu de tissu qu'il portait encore…
« … Ah… F … Fye… Doucement… » murmura Kuro en laissant échapper une plainte rauque en se tenant le torse…
Le blond contint ses ardeurs aussitôt en comprenant que Kurogane avait été blessé sérieusement durant sa disparition…
« …Pardon mon Kuro Pon, chuchota Fye dans un ronron d'excuses, embrassant tout doucement, avec légèreté et délicatesse, le point qui semblait douloureux. Je n'avais pas réalisé… Mais je crois que tu as une ou deux côtes fêlées…
- Plutôt deux ! » précisa Kuro avec une grimace de douleur, avant d'installer Fye de manière plus confortable contre lui.
L'œil du vampire s'emplit soudain de tristesse, d'inquiétude, et même de remords. Il caressa tendrement la joue virile de Kurogane, ornée d'une barbe de trois jours…
« J'ai peur de te demander ce que tu as enduré, là-bas… »
Le brun ne répondit pas immédiatement, l'embrassant d'abord avec adoration, de manière rassurante, réconfortante, pour chasser sa tristesse en l'enlaçant de tout son amour…
« Tu me connais, répondit enfin le brun avec un demi sourire félin. Je me suis bagarré avec tout ce qui me tombait sous la main… ça m'aidait… A ne pas perdre le chemin du retour… » murmura-t-il, sa voix se cassant dans une émotion rauque avant d'embrasser encore son blond amoureusement…
Puis ses doigts jouèrent avec ceux de Fye…
« Tes mains sont toutes meurtries, Suki… Et il n'y a pas que ça… Pour avoir des bleus et des bosses pareilles… C'est que tu les as faites toi-même… »
Fye était incapable de nier, et de toutes façons, Kuro lisait jusque dans son âme… Il ne parvint pas à soutenir le regard brûlant, rouge magma en fusion, que le ninja posait sur lui, d'une telle intensité… Qu'il en aurait défaillit…
« Je… J'étais fou de douleur… Avoua Fye, la gorge se nouant de larmes. Je ne me souviens même plus ce que j'ai fais les premiers jours tellement j'avais mal… C'est comme si j'avais chuté sans fin dans un gouffre de souffrance… Je n'en voyais pas le bout… J'étais comme mort, mort à l'intérieur, et, et… »
Il se réfugia en sanglots contre le torse de Kurogane, fondant en larmes pour de bon. Toute la pression des dernières semaines explosait, se déversait sans qu'il ne puisse plus l'arrêter…
« C'est à moi de te demander pardon… Murmura Kurogane en multipliant les baisers passionnés et les gestes tendres durant de longues minutes pour l'apaiser… Je t'ai imposé une épreuve inhumaine… Et je n'ai réussis qu'à te faire souffrir, toi que j'aime plus que tout et que j'avais juré de protéger… Je ne me pardonnerais jamais pour ça… Même si… Je devais le faire… Parce que si le piège s'était refermé sur toi…
- Oui… Avec moi, le piège aurait été mortel, murmura Fye en essuyant enfin ses larmes. Ne t'en veux pas, mon Kuro… Si la situation avait été inverse, j'aurais moi aussi tenté l'impossible pour te sauver… Si je te perdais, mon cœur en cesserait de battre…
- Si tu disparaissais, j'en crèverais !
- On est dans une belle galère, alors… Commenta Fye en retrouvant un petit sourire mutin… On va devoir accorder nos plannings pour mourir en même temps…
- Tu oses plaisanter avec ça, abruti de mage ? s'écria Kuro, choqué, en retrouvant ses vieux réflexes.
- T'as raison, c'est un sujet sinistre, je préfère plaisanter sur ta coiffure !
- Quoi ? C'est bien normal que j'aie une tête hirsute après tout ça, et ça date pas d'hier ! bouda le brun.
- Honey chan… » rit Fye en secouant ses fins cheveux blonds, avant de saisir avec ses mains deux longues et magnifiques mèches noires qui glissaient dans le cou de Kurogane.
« Je parie que tu n'as même pas remarqué à quel point tes cheveux ont poussé, mon Kuro pon… »
Le Kuro ouvrit des yeux ronds. Effectivement, il ne s'était vraiment rendu compte de rien, mais faut dire que durant son exil, il avait d'autres sujets plus graves à penser que d'aller chez un coiffeur…
« … A ce point ? ! s'étonna encore le ninja, complètement abasourdi.
- Je t'assure ! Tu ne m'as pas encore rattrapé mais t'en prends le chemin ! » rit encore Fye en se saisissant d'un miroir posé sur une table de chevet à côté du lit, pour montrer au brun son reflet.
Kuro poussa un petit cri estomaqué. S'il n'avait pas été allongé sur le lit, il en serait tombé à la renverse…
« … C'est le pompon… Je ressemble à mon père… En plus chevelu encore…
- RRRR … Ronronna Fye en repassant à l'attaque, alors c'est dans tes gênes d'être aussi beau gosse…
-… Je ne pensais pas qu'un jour j'aurais des tifs aussi longs…
- Tu sais ma devise, plus c'est long plus c'est bon… Susurra Fye en défaisant la boucle de la ceinture du ninja…
- … Oui mais quand même là, ils sont vachement grands !
- … Tout ce qui est grand est excitant… Minauda Fye tout en lui ayant déjà retiré le pantalon…
- Dis… On parle toujours de mes cheveux ou d'un autre sujet, là ?
- Est-ce que tu te rends compte de l'état de frustration dans lequel tu m'as laissé ? feula le vampire, le regard plein de flammes. Alors tu vas finir ce que tu as commencé à la bibliothèque de Kurisutaru ! On a deux semaines d'abstinence à rattraper !
- Pour moi c'est deux mois…
- DEUX MOIS ? se récria Fye, ébahi… Et encore tu fais ton timide ? Tu devrais déjà être sur moi et me faire l'amour comme… »
Fye ne termina jamais sa phrase, le souffle coupé par un baiser si ardent et merveilleux qu'il vit toute la chambre tournoyer autour de lui. La seconde d'après, Kurogane avait renversé la situation et son blond avec, entreprenant de le dévêtir de ses doigts agiles et aux caresses exquises avant que sa main ne s'égare dans des frôlements plus indécents et avides de désir…
« Ah… Ta main… » gémit Fye, la chair palpitante, parcouru de frissons d'exaltation à ces effleurements délicieux et de plus en plus torrides…
En vérité, le lit était étroit, et dans le tourbillon de sensations savoureuses dans lequel son ninja l'entraîna, il ne savait plus s'il avait la tête en haut ou en bas, et il ne savait pas non plus dans quelle chambre ils se trouvaient, si la porte était fermée , si quelqu'un aurait put les surprendre… A vrai dire, ils se fichaient bien de ces détails, et ce « danger » latent s'ajoutait même à leur excitation, comme deux adolescents trop heureux de transgresser l'interdit… Leur corps étaient de plus en plus brûlants et la température ne cessait de croître dans la pièce, tout comme l'intensité des émotions transcendées par leurs gestes sensuels… Ils se parcouraient avec un appétit érotique flamboyant, une foule d'idées nouvelles et malicieuses sublimées par la fougue de leurs échanges… L'un sans l'autre, ils avaient eu tout le temps de réfléchir à la manière dont ils souhaitaient se retrouver, et ils goûtaient à présent le fruit de ces fantasmes nocturnes dans le délice merveilleux et le bonheur absolu de la découverte, une découverte qui décupla encore leur énergie dans les soupirs d'abandon…
Il régnait à présent dans la pièce une chaleur intense et torride. On pouvait deviner la neige bruissant au-dehors, mais ce son était couvert par les souffles saccadés des deux amants et leurs gémissements conquis…
Leurs peaux frémissantes luisaient de sueur, leurs corps étroitement enchevêtrés avaient roulés du lit en entraînant une partie des draps et chutés au sol, déployant enfin dans cet espace de liberté toute l'amplitude de leur vigueur, déchaînant leur science et leur souplesse du plaisir…
Toute la tension virile du corps nerveux du brun fut portée à la parfaite ébullition par la langue joueuse de son amant, faussement soumis et qui savait y faire pour le guider exactement où ses demandes intimes quémandaient les faveurs expertes du ninja… Au râle exquis que susurra Kurogane, Fye devina qu'il ne se contiendrait plus très longtemps… Il s'enroula plus étroitement encore au corps musclé du brun, s'offrit à la fougue de ses hanches dans un soupir d'abandon adorable…
« Mon… Kuro chan… »
Un frémissement subtil parcouru les reins du ninja. A l'écoute des moindres réactions de Fye, il le cambra dans la position la plus confortable possible, avant de fondre ne lui dans un désir incandescent. Le blond haleta sous cet assaut s'ancrant progressivement dans sa chair, crispant ses doigts blancs et fins sur les draps moites et en désordre qu'il avait entraîné dans sa chute… Kuro posa sa main sur la sienne et les fils de couleur noués à leurs doigts se rencontrèrent… Ce souvenir adorable qui n'appartenait qu'à eux les envahit tout entiers d'une émotion unique, sublime et bouleversante, au point que des larmes étincelèrent comme des étoiles dans l'œil de Fye, ses cheveux blonds épars comme une pluie d'or sur sa peau nue… Chamboulé par cette expression sur le visage de son amant, Kuro s'appliqua à calquer le rythme de son bassin au sien pour décupler en lui la sensation troublante et irréelle de cet instant… Jusqu'à présent leurs étreintes avaient toujours eu un côté pulsionnel, passionnel… Ils les avaient multipliées, se livrant l'un à l'autre corps et âmes, comme des fous… Comme deux papillons brûlant leurs ailes à la même flamme… Mais cette fois ci… Cette fois ci, c'était différent… Ils ne cherchaient plus à se perdre… Ils s'étaient trouvés… Ils ne cherchaient plus à détruire le passé dans l'oubli de leurs corps… Ils construisaient l'avenir dans une transe commune… Main dans la main… Et même lorqu'ils furent totalement envahis par ce plaisir unique, grandissant, sensationnel, crépitant d'électricité statique… Oui, même le plaisir était différent… Une folie savoureuse… Une merveille d'enchantement… Un délice qui vous saisit, vous entraîne, vous envahit, explose, irradie, vous consume tout entier avant de vous faire vibrer encore… Et encore… Le meilleur des vertiges… La plus divine des béatitudes qu'ils avaient partagées… Des secondes où les mots sont trop faibles pour décrire la puissance des sentiments, la perfection des sensations, l'harmonie sublime des mouvements…
Au point que c'était la première fois qu'ils pleuraient en faisant l'amour… Mais c'était des larmes de joie, la joie d'un plaisir infini et d'un amour retrouvé, partagé, unique, précieux…
Fye se mordit les lèvres avec un cri exquis lorsque dans un élan fougueux, Kuro s'ancra plus profondément en lui, et son amant resserra plus fort son étreinte sur le tempo de ses hanches…
Il n'y avait qu'eux deux au monde et leurs corps fondus en une seule chair, juste eux deux, l'un à l'autre, l'un pour l'autre, l'un dans l'autre…
… ENSEMBLE ….
Fondus en un seul cœur, un seul souffle, un seul cri…
« … Toi… Toi seul… Ah… »
Ils furent submergés ensemble par l'intensité de l'orgasme le plus insensé et féerique…
Kuro se libéra totalement dans un rugissement rauque et chaud, d'une suavité telle qu'il suffit à lui seul à décupler encore le plaisir de Fye…
Le blond fut soulevé dans cette vague, tenta de se raccrocher au lit, glissa sur le rebord, bascula en arrière et s'abandonna plus intensément encore aux secousses de l'extase, ne pouvant plus crier, le souffle coupé, tant ce vertige était surnaturel, d'un délice dément… La respiration chaude de Kurogane glissa sur lui en le laissant sans défense… Le ninja avait le diable au corps, était totalement déchaîné en lui, les sens éblouis d'extase, au point que lorsque les remous de la vague de jouissance s'apaisèrent enfin, elle fut aussitôt suivie par un second orgasme, encore plus intense et brûlant…
« Fye ! » gémit Kuro au plus fort de cette ultime bataille où il puisa dans ses dernières forces, et les crocs du vampire pénétrèrent doucement dans sa chair, scellant le plaisir éprouvé dans cette savoureuse double étreinte par la sang…
Ils atteignirent ainsi ensemble un tel degrés de jouissance qu'ils furent à deux doigts d'en défaillir à nouveau… Agrippé de toutes ses forces à son amant, les lèvres entr'ouvertes d'extase, Fye poussa un miaulement savoureux … Comblé… Reconnaissant…
« Oh… Kuro … Mon Kuro… »
Ils s'écroulèrent enfin, à bout de souffles et de forces, leurs corps toujours fondus, continuant de vibrer, refusant de s'éloigner l'un de l'autre. La chaleur dans la pièce était à présent insoutenable. Même le sol était devenu d'une chaleur étouffante sous la fièvre torride de leurs corps en transes…
Kurogane embrassa Fye longuement, amoureusement, avec adoration, retardant encore le moment de se retirer de lui… Il le sentit se détendre contre lui, tous les muscles du blond se relâcher, s'abandonner à la douce et tendre langueur qui suivait l'acte… Sa poitrine se soulevait lentement, peinant à retrouver son souffle, palpitant contre le torse puissant et viril de Kurogane…
« … Oui, tu es bien là… Mon Kuro… Mon amour… Murmura Fye, au bord des larmes.
- Suki…
- Mon homme… Mon Mari…
- Je t'aime, Fye, souffla Kuro en l'embrassant encore, dévoré aussi par l'émotion. Je t'aime, je t'aime… Je t'aime tellement…
- 1, 4, 3, Kuro… Je t'épouserais… En blanc… Dès qu'on sera rentré chez nous…
- Chez nous…
- A Nihon… »
Voilà comment Fye gagna le match à la dernière seconde… Kurogane, vaincu droit au but, s'écroula pour de bon. Il eu juste la force de cacher son visage dans les cheveux de Fye, tentant désespérément de lui dissimuler combien il l'avait touché, mais c'était peine perdue, tous les muscles du brun frémissaient en Fye des sanglots qu'il retenait… Fye referma ses bras sur la nuque de Kurogane, caressant et embrassant tout doucement ses mèches noires luisantes de sueur… Kuro était tellement touchant lorsqu'il lui dévoilait, à lui seul, les failles de son cœur…
« Ma vie… C'est avec toi, Fye … Même si on ne rentrait jamais à Nihon… Ma vie… C'est partout où tu iras…
- Tu serais prêt à devenir un sans monde fixe pour moi ?
- Tout comme tu es prêt à devenir japonais pour moi.
- J'adore étudier les langues vivantes ! rit Fye en l'embrassant encore avec ferveur.
- Au fait… On est allongés sur le sol de quel pays, là ? Demanda Kuro, qui dans le feu de l'action avait laissé cette question de côté.
- Nihon, justement, je suppose… Pas notre époque. Celle de la Princesse Fu…
- Dès que nous serons sortis de cette chambre, les ennuis vont recommencer, hein ? » demanda Kurogane avec un frisson.
Fye n'osa pas répondre, cherchant à se rassurant en l'effleurant à nouveau de ses lèvres… Kurogane l'apaisa de tendres caresses au cours desquelles il se retira enfin de lui. Aussitôt dépossédé, Fye se mit à grelotter, dévoré par le froid soudain succédant aux brûlures torrides de leurs ébats. Kurogane saisit un coin d'une couverture qui avait chuté au sol, l'attira à eux dans un geste aérien et en drapa son amant. Seule la moitié du visage de Fye et quelques fines mèches blondes émergeaient du tissu. Kuro l'attira à nouveau contre lui, l'asseyant entre ses jambes et l'enlaçant de son seul bras, et Fye se laissa aller contre lui en posant sa main sur la sienne. Ils regardèrent en silence les flocons de neige doux et légers chutant derrière la fenêtre, blancs comme les plus beaux glaciers de Nihon… Comme cet adorable vampire, fermant doucement son œil, appuyant son fin visage sur l'épaule forte et nue de son amant à la peau mate… Sublime contraste…
« Tu peux dormir… Lui chuchota Kurogane au creux de l'oreille de son ton rauque et chaud, qui suffit à l'électriser à nouveau tout entier. Je suis là… Tu peux te reposer…
- Pas question ! s'agita Fye contre lui, je ne veux pas fermer l'œil ! Je… Je ne veux plus jamais être séparé de toi… avoua-t-il d'une toute petite voix adorable et irrésistible…
- Moi non plus… Murmura Kuro, touché, tremblant un peu. Parce que… Je ne veux pas perdre une seconde de toi… Je veux te vivre comme je respire pour toi, Fye ! »
Un éclat intense s'alluma dans l'œil du vampire…
Et la couverture glissa à nouveau, lentement, entre les fins doigts du blond…
Chapitre 43 : Ma destinée
Pays du japon moderne, Tokyo Nord
A la boutique, l'ambiance était vraiment… Pesante. Un silence absolu, seulement ponctué, au loin, par le bruit d'un bambou choquant contre une pierre dans le jardin… Yuko et Ming Yun étaient assises face à face, sur les coussins à même le sol, autour du service à thé. Si proches, le jeu de miroir et de contrastes entre elles était saisissant…
Clow se tenait en retrait, élégamment assis sur un fauteuil, Mokona noir perché sur son épaule, et une tasse de thé à la main.
Watanuki et Domeki étaient debout, sur le seuil de la pièce, à moitié planqués derrière un panneau de bois en épiant les deux sœurs.
« … Alors ? Demanda enfin Yuko, le ton tendu. Qu'avais-tu de si important à me dire pour te déplacer jusqu'ici sous cette forme ?
- J'ai bien observé tout ce qui est arrivé… Murmura Ming Yun d'un ton mystérieux. Et je pense que cette information pourra t'aider. Il faut que tu saches… »
Ming Yun pointa un doigt sur sa sœur, déclarant tout haut très sérieusement :
« … L'âge de la fertilité féminine a encore reculé… Tu peux encore me donner un neveu ou une nièce avant tes 50 ans ! Tes œufs ne sont pas encore périmés ! »
Yuko et Watanuki s'écrasèrent par terre sous le regard désabusé de Domeki et le demi sourire silencieux de Clow.
« Idioooote ! rugit Yuko en se redressant, les yeux furibonds et échevelée. Est-ce que c'est trop tedemander de rester sérieuse deux minutes ? hurla-t-elle à sa sœur.
- Allez, je veux tellement être Tata, Zié chaaaan… Minauda Ming Yun avec un large sourire.
- Ne m'appelles pas comme ça ! »
Watanuki , totalement déconfit, se raccrocha à Domeki :
« … Elles me font peur… On dirait les deux facettes de sa personnalité tordue…
- J'me passe de tes commentaires ! hurla Yuko en lui balançant un coussin en pleine poire.
- Zié chan, tu dois apprendre à être plus docile si tu veux te trouver un mari, commenta Ming Yun en sirotant sa tasse de thé (quand bien même elle n'avait pas besoin de boire).
- Tu peux parler, traîtresse ! s'étrangla Yuko pendant que Domeki remettait sur ses jambes le pauvre Watanuki.
- Elle n'a pas tort… Toutes celles que j'ai épousées étaient de vrais sucres d'orge… Sourit Clow en enfonçant le couteau dans la plaie.
- Toi, le vieux pervers réincarné, la ferme ! » rugit Yuko en lui balançant un autre coussin, qu'il esquiva avec un demi sourire aussi triomphal qu'agaçant.
« C'est bon, dit Mokona, elle est à court de munitions… Vous pouvez approcher, les enfants ! »
Les 9 bébés Mokonas entrèrent dans la pièce en sautillant, s'approchant avec gourmandise des gâteaux qui accompagnaient le thé…
« Oh, fondit Ming Yun en prenant la petite Mikado dans ses mains, ils sont tellement trognons… »
Yuko ne répondit rien, le regard soudain plus triste. Elle revoyait exactement la même scène, sauf que Ming Yun tenait Mokona blanc, encore bébé…
…
« Tu sais notre point commun avec les Mokonas, Zié chan ?
Même séparées, nous ne perdrons jamais le contact ! »
…
« … Menteuse… Murmura Yuko à ce souvenir.
- Zié…
- Je suis Yuko Ichihara ! feula-t-elle, amère…
- Yuko kasa… » se permit d'intervenir Watanuki.
Il s'agenouilla entre les deux sœurs, emplissant à nouveau leurs tasses de thé avec des gestes lents et délicats :
« … Un surnom qui est donné avec le cœur ne doit pas être refusé. Les mots sont l'expression des sentiments…
- Watanuki… Murmura Yuko, soufflée, et Ming Yun et Clow n'étaient pas moins surpris.
- En chinois… Zié signifie « Papillon de nuit violet » dit Domeki, bras croisés à l'entrée de la pièce.
- Waaaah ! Tout ça en trois lettres ? s'étonna bébé Moka.
- Quelle culture, les enfants ! sourit Clow. Vraiment, je reconnais bien là l'héritier d'Haruka… Et mon descendant ! ajouta-t-il avec un éclat victorieux dans les lunettes.
- Arrêtes de te la péter, sorcier dépravé, je ne te dois rien du tout… Grinça Watanuki à son égard.
- J'ai commencé à appeler ma sœur Zié chan à l'adolescence, sourit Ming Yun… C'est à cette époque que le papillon est devenu son symbole…
- Ah, je me doutais bien que ce n'était pas le vrai nom de Yuko, ça aurait été trop facile… » soupira Watanuki.
Ming Yun éclata de rire.
« Je vois… Tu n'es pas encore assez puissant, dit-elle d'un ton énigmatique. Quand tu auras atteint l'âge adulte, tu découvriras sûrement la vérité. Attends toi à être surpris !
- Arf, je crois que je ne chercherais plus à savoir d'ici là, soupira Watanuki, découragé…
- Désolée. Pour le moment je reste la seule à connaître le vrai nom de Zié chan, sourit Ming Yun. Et seule Zié chan connaît mon vrai nom…
- Quoi ? Ming Yun c'est aussi un pseudo ? s'étonna Watanuki, ébahi. Et comment ça se fait que même Clow ne le sait pas ?
- Ce ne sont pas deux sœurs ordinaires… Même lorsque j'avais ma toute puissance magique, je n'ai jamais réussis à voir en entier leur passé… Dit le sorcier avec un sourire de défaite. Au fait, mon petit Watanuki, pourquoi tu ne me donnes pas un gentil surnom, toi aussi ? Allez, appelles moi « Papi chéri »…
- Dans tes rêves, binoclard dégénéré ! répondit l'adolescent, vert à cette idée. En plus t'as presque le même âge que moi depuis que t'es réincarné…
- Raison de plus pour nous rapprocher… Dit Clow d'un ton mielleux.
- Et en plus il est incestueux ! » hurla Watanuki dans un cri de vierge effarouchée en courant se réfugier auprès Domeki, qui fusilla de son regard le plus noir le Prince Clow…
« Vraiment tu n'as pas changé, maugréa Yuko, amère, à son ex. Toujours à draguer tout ce qui bouge… Je croyais que tu devais te marier avec cette gamine de 15 ans ?
- Je croyais que ça te dérangeait… Répondit Clow du tac au tac.
- Tu es infâme…
- Au fait, demanda Clow à Ming Yun, comment se porte le gros Fei ? Puisque tu es passé le voir avant de venir à la boutique… »
La déclaration jeta un froid glacial sur Yuko, Watanuki et Domeki…
« Qu… Quoi ? se récria Yuko, abasourdie. Ming Yun, espèce de…
- Fei ne pourra jamais remonter jusqu'à la boutique, coupa froidement sa sœur. Je ne suis plus humaine. Ses pouvoirs ne sont rien à côtés des miens. D'ailleurs… Fei est même plus faible que ce jeune garçon, dit-elle en posant son regard sur Watanuki.
- H … Hein ? se liquéfia celui-ci entre les bras de Domeki.
- Mais tu peux me dire ce qui t'es passé par la tête pour aller trouver le pachyderme ? gronda Yuko.
- Je devais m'assurer de ses intentions. La dernière fois, il n'est pas intervenu à la tour de Tokyo, mais il a une revanche à prendre sur Shiroï. De plus, cette affaire perturbe ses propres plans…
- Et… Qu'a-t-il décidé ? Demanda Yuko, la voix blanche.
- Je pense que vous devez vous attendre à une ultime bataille très dure. Les sept vont affronter un ennemi dont vous ne soupçonnez même pas le degré de puissance… Mais si Fei s'en mêle aussi… Sa seule cible sera Shiroï.
- Ming Yun… »
Yuko poussa un long soupir, hésita, puis, lentement, prit dans ses mains celles de sa sœur.
« … Qu'est-ce que tu as décidé, Ming Yun ?
- Tout ce que j'ai le droit de te dire, c'est que quelle que soit l'issue du combat, il n'y aura plus jamais d'autres clés. Ce sont les dernières. Et la dernière des batailles…
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Quelqu'un va mourir ? Une clé ? Plusieurs clés ? Des personnes qui leurs sont liées ? Shiroï ? Hageshi ? Réponds moi !
- Je ne peux pas.
- Dis moi au moins si ça va bien finir ou pas…
- Je ne peux pas…
- Ming Yun ! s'écria Yuko en enlaçant les épaules de sa sœur, plongeant son regard dans le sien. Est-ce que tu peux au moins comprendre que je ne veux plus voir une personne que j'aime disparaître ? Tu peux le comprendre, ça ?
- Pourquoi tu n'arrives pas à avancer, petite sœur ? Demanda doucement Ming Yun. Pourquoi restes-tu suspendue à ces souvenirs douloureux sans pouvoir apprécier le présent et de le vivre auprès des personnes qui veulent le partager avec toi ?
- Parce que Eungyo a erré 27 ans dans le néant par ma faute !
- Mais elle est revenue et elle est heureuse avec Noa, maintenant…
- Et puis cet abruti est mort sans que je puisse le larguer convenablement ! jura Yuko en pointant Clow du doigt.
- Comme tu vois, il n'est plus à une réincarnation près…
- Et puis… Et puis… Suffoqua Yuko, tremblante, en larmes… Toi aussi tu es morte, Ming Yun !... Tu es morte avant que je me sois réconciliée avec toi !
- Né ? se récria Watanuki, estomaqué, en se rattrapant à un Domeki non moins surpris. Mais je vois son aura ! Elle est… Humaine !
- C'est l'apparence qu'elle prend quand elle vient chez les mortels… Mais en vérité… En vérité… Elle n'est plus là… » sanglota Yuko en serrant plus fort contre elle sa sœur dans ses bras, et Ming Yun eu un regard plus triste encore, ne répondant rien.
« … En vérité… Ming Yun est partout… Pleura Yuko. Elle est le début. La fin. Le jour. La nuit. C'est elle qui décide de tout et de tout ce qui sera… Dans tout l'univers… Elle est l'unique… Tout n'est que Ming Yun…
- Ming Yun… Répéta Watanuki.
- En chinois… Dit Domeki d'une voix grave… Ming Yun signifie… Destin… »
DESTIN
« Le destin… La fatalité… Répéta Watanuki, abasourdi. Il n'y a pas de hasard en ce monde, tout n'est que… Tout n'est que… Que… »
Non. Comment ? Comment une telle chose aussi incroyable pouvait se produire, là, au beau milieu de la boutique ?
L'unique volonté qui régissait l'univers…. La seule force qui faisait tourner les planètes, briller le soleil, décidait des actes et de l'avenir du commun des hommes… Cette notion insaisissable qu'on nommait le destin… Cette divinité qui déchirait les religions et défiait la science…
Etait là, sous leurs yeux !
Yuko pleurait à présent tellement que Mokona, oreilles baissées, préféra éloigner ses petits…
« Je vous l'ai dis, reprit enfin Clow à l'adresse de Watanuki et Domeki, renversés. Ces deux sœurs n'ont rien d'ordinaire. Dès leur naissance elles étaient dotées de pouvoirs si extraordinaires que beaucoup ont cherché à s'en emparer. On les a séparées. On les a obligées à s'affronter. Elles ont enduré des épreuves dont vous n'avez pas idée… Tout cela a d'autant plus mis à mal leurs liens que Ming Yun a épousé Fei Wan Reed…
- KE … WOIIII ? hurla si fort Watanuki qu'on l'entendit jusqu'à l'autre bout du quartier. Mais qui voudrait épouser ce taré psychopathe ?
- Je le trouvais gentil et mignon », répondit Ming Yun avec une sincérité désarmante.
Le garçon se gamella une fois de plus par terre, mangeant le plancher à pleines dents…
« On n'a pas la même notion de ce qui est gentil et mignon, frémit-il, pâle comme un linge.
- Ming Yun est morte avant que je puisse me réconcilier avec elle, murmura Yuko en effleurant le visage de sa sœur. Elle est tombée enceinte et son accouchement a très mal tourné. Elle était trop fragile. Son bébé est mort né et elle l'a suivit… C'est son corps qui l'a trahie… Son chagrin aussi…
- Yuko… Murmura Watanuki, désolé…
- La mort de Ming Yun correspondait à la fin d'un cycle du temps divin, qui s'achève tous les 8000 ans, continua Clow. Par la puissance extraordinaire de ses pouvoirs, elle a été tout naturellement choisie par les instances divines pour incarner le destin pour les 8000 années suivantes…
- 8000 ans… Répéta Watanuki.
- Le 8 représente la double boucle entrelacée du destin, dit Clow. Le début et le fin. Je supposais que tu l'avais déjà compris. Avec les indices que tu avais sur ce chiffre…
- Co… Comment ça ?
- Notre dernier combat contre Shiroï a eu lieu en 1982. Nous sommes en 2009. Si tu enlèves le 1 de 1982 (le début) au 9 de 2009 (la fin), tu obtiens 8. Même vos âges à Yuko et toi correspondent au cycle de succession…
- J'avoues que je suis pas fort en maths… gémit Watanuki.
- Tu as fais le calcul l'autre jour, lui rappela Domeki. Yuko a 44 ans. 4 + 4 = 8. Toi, tu as 17 ans…
- 1 + 7 = 8 ! S'écria Watanuki, littéralement sur le patapoum.
- C'est le principe de la numérologie » sourit Clow.
Watanuki avait littéralement le cerveau qui roulait dans la semoule.
« D'accord, d'accord… Laissons tous ces 8 de côté pour le moment… Si j'ai bien tout suivit, la dame qui est assise là sur un coussin, c'est… Le destin. En personne. Ming Yun est le destin.
- Ce n'est pas sa vraie apparence, répéta Yuko en essuyant ses larmes. Juste un souvenir de ce qu'elle a été, une forme avec une âme, mais qui n'existe plus. Min Yun peut prendre n'importe quelle apparence. Elle est tout, tout le temps, partout… Et décide de tout…
- Heu… Si elle est posée là à prendre le thé, je ne suis pas sûr que ce soit très prudent pour l'équilibre de l'univers…
- C'est une illusion… Elle est ici et ailleurs…
- Comme la boutique à vœux… » murmura Domeki, pensif.
Watanuki hocha la tête.
« Je vois… Ming Yun est devenue le destin après la bataille des clés contre Shiroï à la tour de Tokyo, n'est-ce pas ?
- Comment l'as-tu deviné ? Demanda Yuko, ébahie. Elle… est morte en 1984…
- Dans ce cas, puisque c'est elle qui décide de tout… Ming Yun a aussi choisit qui serait les nouvelles clés, n'est-ce pas ? »
Yuko tressaillit et Clow ouvrit des yeux ronds derrière ses lunettes.
Domeki eu un demi sourire d'admiration devant la perspicacité de son chéri.
« Oui… Avoua enfin Ming Yun avec un doux sourire. C'est ma magie qui a inscrit les noms sur la liste sacrée.
- Vous nous avez choisit dans un but précis. Et vous dites que nous serons les derniers. Est-ce que cela signifie… »
Watanuki sourit.
« Oui, c'est cela. Votre souhait est le même que Yuko. Vous ne voulez pas que l'histoire se reproduise encore… Vous n'êtes pas sœurs pour rien.
- Ming Yun… Souffla Yuko, émue…
- Même si je suis le destin … Je ne peux pas décider de tout… Ce n'est pas moi qui choisit pour les êtres humains ce qu'ils doivent décider. Tout ce que je peux faire… C'est leur distribuer les meilleures cartes possibles pour réussir… C'est aussi pour cela que je ne peux vous révéler l'avenir. L'avenir est multiple, aussi multiple que les choix… Tout ce que je souhaite, c'est que celui que j'espère se réalisera…
- Tu étais donc de notre côté… Depuis le début… Murmura Yuko.
- Je ne peux rien vous révéler, alors je vous le demande : ouvrez les yeux. Les vérités sont cachées derrière les apparences. Faites le bon choix le moment venu. Par ailleurs… Cela s'applique aussi à toi, Zié chan… Ouvres les yeux et fais le bon choix. Tu t'es assez fais souffrir. Tu ne dois pas culpabiliser de choisir ton bonheur. Je t'aime. Je t'aimerais toujours. Si tu éprouves un tel sentiment pour quelqu'un, alors vis le. Intensément. Parce que la vie… »
Les jumelles se regardèrent longuement avant d'unir leurs mains, déclarant d'une seule voix :
« … La vie est le plus précieux présent de l'amour ! »
Ming Yun eu un charmant petit rire, puis commença à se dématérialiser. Ses mains dans celles de Yuko commencèrent à s'effacer doucement, comme un hologramme qui disparaît, puis son corps tout entier devint d'une transparence absolue, comme un mirage… Une lueur intense émana d'elle, irradia la pièce… Un grand vent traversa les lieux, presque une distorsion dimensionnelle, et bientôt Ming Yun ne fut plus qu'une multitude de lueurs féeriques, qui se dispersèrent comme une nuée de lucioles…
8 secondes plus tard…
La fin d'un cycle…
Toute trace d'elle avait disparu de la pièce…
« Je suis heureux… Que vous vous soyez réconciliées… Dit doucement Watanuki en tendant un mouchoir à Yuko, encore secouée de larmes…
- Oui… » sourit la sorcière faiblement, en se ressaisissant
Elle se releva lentement et se tourna dans la direction de Clow.
« Voudrais-tu me suivre dans le jardin ? Il y a quelque chose que tu dois entendre…
- Je suppose que c'est inéluctable… » déclara le magicien en souriant aussi, mais de manière plus forcée.
Il se leva avec élégance, confiant sa tasse de thé aux mains de Watanuki. Il ne lui dit pas un mot, le sondant longuement derrière ses lunettes, avant de se tourner vers Domeki :
« Tu en as, de la chance… Je parie qu'en plus, c'est un bon coup. »
Domeki demeura stoïque face à l'énormité de la phrase, mais Watanuki en avait lâché la tasse qui vint se fracasser au sol, et le jeune medium fit 10 fois le tour de la pièce en mode panique puissance 30, rouge flamme et jurant sur tous les tons que Clow Reed était un pervers…
Le Clow Reed en question était déjà loin… Il avait rejoint Yuko dans le jardin. L'air bruissait doucement entre les branches des arbres et dans la magnifique chevelure de la sorcière, sa silhouette féerique dans le soleil…
… Ils se retrouvaient là. Exactement au même point. Exactement là où ils s'étaient quittés la première fois.
« Clow… » murmura enfin Yuko.
Elle se tourna lentement dans sa direction. Le magnifique visage de la sorcière était soudain apaisé, plus serein…
« Clow… Je suis amoureuse de Bekko… »
Le bambou cogna encore contre la pierre sous le filet d'eau…
« Je l'aime vraiment, tu sais. Je l'aime plus fort que je n'aurais jamais cru pouvoir aimer quelqu'un. Plus intensément que je n'ai jamais aimé qui que ce soit… Je l'aime, je l'aime… C'est un supplice combien je l'aime et combien jusqu'à présent je me suis interdit de le lui dire… »
Elle sentit ses jambes faiblir, mais s'obligea à être forte.
« Je suis… Vraiment désolée, Clow… J'ai cru que je ne pourrais jamais oublier tout ce que nous avons partagé… Je t'ai tellement aimé… Adoré… Que quand tu es mort… Quand je t'ai perdu… Je me suis sentie totalement perdue, moi aussi… J'ai culpabilisé… Avec une telle douleur… Comme si je t'avais trahit… Alors que j'étais veuve de toi…
- Tu es pourtant la seule que je n'ai pas épousée… Fit remarquer le sorcier avec un demi sourire ironique.
- Oh… Maintenant je suis allergique au mariage… Qu'on me préserve de cette folie ! » rit Yuko en secouant la tête.
Clow regarda le ciel en ajustant ses petites lunettes.
« Bon, dit-il simplement, tu auras mis le temps qu'il fallait, mais c'est dit.
- Quoi ? Je te largue comme une vieille chaussette alors qu'on était un couple mythique et c'est tout l'effet que ça te fait ?, s'écria Yuko, abasourdie.
- Yuko… Lorsque je vous ai rencontrés, Bekko et toi, vous n'aviez que huit ans. Je vous ai vus grandir, et j'ai vu aussi grandir vos sentiments. Je savais tout l'amour que vous éprouveriez un jour l'un pour l'autre, tout comme je savais que vous êtes faits l'un pour l'autre. J'avais déjà perdu. Dès le début. Alors j'ai tout fait pour te pousser à bout… Mais quand j'ai su que j'allais mourir… Je me suis enfin décidé à partir pour vous laisser vivre votre amour. Je savais que Bekko était l'homme qu'il te fallait. Celui auquel je pouvais te confier. Celui qui prendrait soin de toi mieux que je ne l'ai jamais fait…
- Oh, Clow… Souffla Yuko, touchée droit au cœur.
- Mais là, maintenant, ben j'ai changé d'avis ! » lança soudain Clow en cassant toute la classe de sa déclaration.
« Tu te fous de moiiii ? hulula Yuko, courroucée et effarée.
- Hey ! dit-il en prenant une pose de beau gosse. Je suis plus jeune, plus beau, plus fort, plein de vigueur et prêt à reconquérir ton coeuuuur !
- Tu as perdu la tête ou quoi ? hurla la sorcière. Maintenant t'es un gamin par rapport à moi !
- ça te dérangeais pas quand c'est moi qui avait 20 ans de plus que toi…
- C'était une autre époque ! J'étais une lycéenne qui fantasmait sur les mecs plus âgés pour oublier les ados boutonneux ! Là, j'aurais l'air d'une cougar !
- Et ça n'a pas que des désavantages … Roucoula Clow en s'approchant langoureusement…
- T'es sourd ou quoi ? répliqua Yuko en lui collant la main en travers du front. Je viens de te dire que je suis folle amoureuse de Bekko !
- Oui. Mais pour le moment je le considère comme une déclaration à sens unique. J'ai donc toutes mes chances tant que Bekko n'aura pas clairement affirmé ses intentions en me disant : « Hey mec, Yuko c'est ma meuf alors dégages ou je te marave ! »
- Depuis quand… Tu causes comme ça ? s'étrangla Yuko.
- Je te l'ai dis, je suis un d'jeuns. Et accessoirement, j'ai eu une baby sitter qui s'appelait Kanashimi…
- Mon Dieu…
- Bref, cette fois, si Bekko ne se déclare pas, tu es à moi.
- Dans tes rêves. Et te fiancée à Kurisutaru ?
- Un prétexte. La pauvre petite est amoureuse du Prince du Royaume des Corbeaux.
- Et ta manie de draguer tout ce qui passe à ta portée ?
- Hum… Si cette fois je ne séduis que des garçons, ça compte pas…
- Bien sûr que ça compte, pauvre dégénéré ! rugit Yuko en rejetant avant de tourner les talons.
- Trésooor… Attends… » dit Clow, la bouche en cœur, en se lançant à sa poursuite…
Un peu plus loin depuis la boutique, alors qu'il les épiait en cachette avec Domeki, Watanuki tirait une gueule de trois mètres.
« Je ne peux pas croire que ce mec était le plus puissant sorcier de ma famille… Il nous met trop la honte… Ah, je sens que ce triangle amoureux va être d'un suspense terrible jusqu'au dénouement final…
- Bah, soupira Domeki d'un air blasé. C'est le problème de l'auteur. Elle avait promis de la baston et elle multiplie les développements sentimentaux. Faut pas qu'elle s'étonne, après…
- Espèce d'insensible… Soupira Watanuki.
- Vraiment ? »
Il attira le medium vers lui, lui décernant un baiser à lui couper le souffle et le faire fondre de délice… Watanuki n'opposa pas la moindre résistance, se lovant étroitement dans les bras de son amant. Au fond, il ne désirait que cela, aimer Domeki et être aimé de lui.
Ces instants étaient uniques. Précieux.
Fragiles.
Car quand même, de tout ce qu'avait dit Ming Yun, la phrase qu'il redoutait le plus, celle qui faisait grandir en lui une angoisse sourde, un affreux pressentiment, le parcourant de frissons glacés, c'était :
« Les sept vont affronter un ennemi dont vous ne soupçonnez même pas le degrés de puissance… »
Celui de Shiroï était pourtant connu des anciennes clés… Celui d'Hageshi aussi … Alors… Si cet ennemi n'était pas Shiroï, ni Hageshi…
Qui était cet ennemi, cette menace sur leur bonheur à tous ?
Chapitre 44 : Grand-mère sait faire de beaux enfants
Pays de Kurisutaru,
Royaume des Corbeaux
Suzuka, l'ancienne fée des glaces et nouvelle souveraine du royaume, avançait dans sa longue robe rouge à travers l'un des vastes couloirs de son palais. Il avait eu besoin de beaucoup de temps, mais de ses cendres et de ses ruines avait ressurgie une part de sa splendeur passée…
« Les travaux sont loin d'être terminés, pensa Suzuka en secouant ses longs cheveux, autrefois noirs, aujourd'hui d'une blondeur presque blanche… Et combien d'années pour racheter nos erreurs passées ? » se demanda-t-elle en effleurant une moulure sur un mur.
… Elle sursauta lorsqu'à quelques mètres d'elle, deux gigantesques portes de bois explosèrent littéralement dans un grand « BOUM ! », ce qui lui rappela de drôles de souvenirs…
Suzuka poussa un cri en voyant apparaître, derrière des volutes de fumée, la silhouette du jeune Suoh, le regard crépitant de fureur, suivit de son frère aîné Akira, qui s'inclina en une parfaite révérence de gentleman.
« Bonsoir, votre Altesse », dit-il de son tendre sourire à la Reine abasourdie.
« … Suzuka ! »
Comme toujours, Wizard, le chevalier bleu, avait surgit pour protéger son épouse, et s'interposa entre elle et leurs assaillants.
« Que nous vaut une telle visite, jeunes protecteurs du royaume de cristal ? Vos mauvaises manières ne font guère honneur à vos souveraines et votre pays !
- Comme si on avait des leçons à recevoir de ceux qui ont faillit détruire notre monde ! feula Suoh. Trèves de bavardages, où se trouve notre sœur ?
- Votre… Sœur ? Demanda Suzuka, tombant des nues. Vous… Voulez parler de la petite Umi ?
- En effet, reprit Akira. Notre sœur a disparu, et d'après ce que nous avons pu en juger, elle a même été enlevée. Vous n'ignorez pas qu'Umi fréquente votre fils, le Prince Klef. C'est donc tout naturellement que cette piste nous a guidé jusqu'à vous…
- Mais… Nous n'avons absolument fait aucun mal à Umi ! s'exclama Suzuka, outrée et sidérée. Pourquoi aurions-nous commis une chose pareille ? Jamais nous n'avons interdit à Klef de la fréquenter, et nous sommes depuis 22 ans en paix avec le Royaume de cristal ! Umi ne se trouve pas ici, je vous le jure !
- Et vous pensez franchement qu'on va vous croire ? Gronda Suoh. Arrêtez vos salades. Pour l'instant, il n'y a qu'Akira et moi qui avons découvert sa disparition, mais je vous garantis que si l'un de nos pères l'apprend, c'est pas une porte mais tout le palais qu'il va vous détruire en miettes !
- Suoh… Coupa Akira d'un mouvement de la main… Je crois qu'ils sont sincères.
- Quoi ? s'étrangla son cadet. Mais c'est la fée des ténèbres ! Neige rouge et apocalypse, ça te dit quelque chose ?... C'est les MECHANTS !
- Actuellement, c'est plutôt nous qui méritons ce titre. Son Altesse Suzuka et son époux Wizard ont changé. Ils ont fait tout ce qui leur était possible pour reconstruire leur royaume et racheter leurs fautes… C'est nous qui avons gardé des préjugés à leur égard. D'un certain côté, c'est le Royaume de Cristal qui risque de chuter dans les ténèbres, avec une telle mentalité…
- Akiraaaa … S'étrangla son frère, scandalisé.
- Votre cœur est bon, sourit tristement Suzuka. Je reconnais bien là le fils des seigneurs Fye et Kurogane… Votre sœur, Umi, est aussi une adorable enfant. Un peu intrépide et rebelle, peut-être… Vous êtes sûrs qu'elle n'aurait pas fugué comme elle en a l'habitude ?
- Non, affirma Akira en secouant la tête tristement, c'est bien un enlèvement, nous en sommes quasiment certains…
- Mon Dieu… La pauvre petite… Umi…
- IL EST ARRIVE QUELQUE CHOSE A UMI ? »
Klef était arrivé dans un tourbillon magique, alerté par le vacarme et alarmé au nom de sa bien-aimée…
« Tiens donc, mais qui voilà ? Grinça Suoh. Le futur Roi des Corbeaux… »
Il fallait entendre au premier degré l'ironie acide de la remarque. Dans tout Kurisutaru, Klef, même s'il était innocent, était craint à cause de ses pouvoirs, qui rappelaient trop ceux de son grand-père. Par sa magie et ses crimes, le Roi des Corbeaux avait semé la terreur dans tout Kurisutaru…
Avant d'être adopté par Kuro kun et Fye kun, Suoh n'avait plus de famille connue. Il était un enfant de la misère, un descendant des esclaves des mines du Roi des Corbeaux… Il portait dans son sang les souffrances du passé, et même si le Roi des Corbeaux était mort bien avant qu'il vienne au monde…
Lorsque Suoh voyait Klef, il ne pouvait pas s'empêcher de penser que l'horreur pouvait recommencer. Pourquoi fallait-il que ce soit d'un type aussi dangereux que Umi se soit entichée ?
Peut-être le côté magicien blond… Il ne fallait pas chercher loin.
Car il fallait l'admettre, Klef avait aussi du sang de Céleste, et cela se voyait. La blondeur angevine, la douceur et l'apparente douceur des célestes…
Et ça, ça énervait encore plus Suoh. Car Suoh était lui-même amoureux d'une céleste : Nagisa, la fille d'Hikaru… Le côté magicienne blonde…
Umi et Suoh étaient bien les enfants de Kuro Kun…
Quand à Akira, à l'évidence, c'était plutôt le fils de Fye Kun. Il était fiancé à la fille de Kanashimi, la jeune Utako. Une jolie furie aux cheveux noirs et à la peau mate, qui fonce dans le tas… Ses colères comme ses transports amoureux étaient redoutables, d'ailleurs c'est elle qui, lorsqu'elle avait quatre ans, avait décrété qu'elle épouserait Akira, son parfait petit gentleman. C'était d'ailleurs un drôle de couple, plus d'une fois Utako était partie combattre un ennemi ou protéger la veuve et l'orphelin, pendant qu'Akira restait au château pour lui préparer un dîner aux chandelles, un bain parfumé ou écrire des chansons à la gloire de sa seule muse… Ils passaient leurs temps à se chamailler et se réconcilier avec adoration, convaincus qu'ils s'aimaient depuis toujours, peut-être même leurs vies précédentes. Kanashimi les surnommait d'ailleurs « KuroxFye , le retour » ce qui faisait bien évidemment hurler Kuro Kun sous les tendres rires de Fye Kun…
Mais qu'importe, puisque leurs trois enfants étaient heureux en amour…
« Quand ? Quand Umi a-t-elle disparue ? interrogea Klef en interrompant brutalement ses pensées.
- Depuis hier soir, d'après ce que nous avons pu en juger, expliqua Akira. C'est là que nous l'avons vu pour la dernière fois. Elle a disparue alors que toutes les issues étaient fermées…
- Comme si… Elle s'était volatilisée de la pièce… Soupira Suoh…
- Comme une… Téléportation ? Demanda Wizard.
- Non, murmura Suzuka, comprenant tout… Comme un transfert dimensionnel ! »
Les deux frères et Klef frémirent.
« Oui, dit Akira. Oui… C'est possible. Umi a de très grands pouvoirs. Assez puissants pour lui permettre de traverser les dimensions, et même plus d'une fois !
- Tu… Tu crois qu'elle aura voulu suivre les voyageurs des dimensions ? s'étonna Suoh… Ou… Clow… Clow est son fiancé…
- Non… Umi… » murmura Klef, renversé.
Il serra le poing sur son sceptre.
« C'est impossible… Quelqu'un l'aura forcée à partir… Elle ne l'aurait pas fait…
- Dis plutôt que tu ne digères pas qu'elle t'ait lourdé pour Clow ! ricana Suoh.
- Ce n'est pas ça ! s'écria Klef, la douleur et l'inquiétude se mêlant dans sa voix. Il y a quelque chose qu'Umi aime plus que tout… Et ce n'est ni moi, ni Clow. C'est le Royaume de Cristal. Protéger son pays et ses habitants est un honneur qu'elle ne laisserait à personne ! Elle aime trop son pays ! Jamais elle ne le quitterait ainsi, et si c'était le cas, elle ferait tout pour retourner à Kurisutaru, absolument tout !
- C'est vrai… Admit Akira en hochant la tête.
- Oui… C'est bien la fille de Kurogane », sourit Suzuka.
« Finalement… Je dois reconnaître que c'est Klef qui la connaît le mieux… » pensa Suoh, sidéré.
Le Prince Klef ne tenait plus en place, contenant son inquiétude et sa fureur par des efforts surhumains.
« Elle a été enlevée, répéta-t-il, elle a été enlevée… Et je ne vois qu'un seul coupable situé dans une autre dimension… »
Cette fois, un frisson glacé parcouru les autres personnes présentes…
« Tu veux dire… Murmura Akira sans oser finir sa phrase, atterré.
- … Le… Sorcier dragon ? demanda Suoh, perdant sa morgue. C'est cela ? Akira, c'est ce que tu penses aussi ? Akira !
- J'y vais ! » décida Klef, le regard déterminé.
Il recula de deux pas, et, prononçant une invocation dans la langue des célestes, planta son sceptre magique dans le sol :
« Par les sept vents et les sept feux
Que mon corps et mon âme traversent les cieux ! »
Un resplendissant sceau de lumière se traça au sol, suivit de toute une série de vents tourbillonnants emplissant toute la pièce.
« Klef, non ! hurla Suzuka, retenue en arrière par son mari tant la pression des vents étaient prodigieuse. Traverser les dimensions est un pouvoir qui nécessite une trop grande quantité de magie ! Tu vas te tuer !
- Pardon , mère… Murmura Klef avec un triste sourire.
- Espèce de crétin de Roi des corbeaux ! » hurla Suoh, qui pour sa part s'était raccroché à Akira.
« … Je ne suis encore que Prince… Sourit Klef alors que tout autour de lui, la faille dimensionnelle commençait à se produire en mille étincelles dorées…
- Alors si tu es vraiment digne de son amour, ramènes ma sœur à la maison, CRETIN DE PRINCE ! » hulula le jeune Suoh de ses 12 ans.
Klef ouvrit des yeux ronds, surpris, avant qu'un sourire plus doux éclaire son visage. Il n'avait que 12 ans, lui aussi.
« Je crois que vous commencez à me comprendre, Seigneur Suoh… » lança-t-il dans un rire goguenard.
Klef disparu dans le vortex qu' il avait provoqué, projeté à travers les dimensions…
Le calme retomba soudain sur les lieux dévastés.
Suoh tomba à genoux, essoufflé…
« Cet abruti de Prince… Même s'il réussit à atteindre une autre dimension, combien de chances a-t-il de tomber sur celle où est retenue Umi ?
- Une sur des milliards… Murmura Akira en rattrapant son jeune frère. Mais j'ai confiance. Il ne se trompera pas de destination.
- Co… Comment pouvez-vous en être certain ? Demanda Wizard, qui tenait serrée contre lui son épouse éplorée entre ses bras…
- Mais… Je ne le suis pas ! » dit-il dans un large sourire happy face Fyesque.
Suoh se donna une claque sur le front.
« Alors, toi… Dit-il à son frère dans un soupir fatigué. Toi, ils t'ont pas raté… »
Pays de Nihon du Futur
Shiroï poussa une plainte sourde, tombant à genoux au milieu du chemin. Hageshi se précipita auprès de lui et s'agenouilla, écartant doucement les longues mèches blondes du front fiévreux de son amant.
« Tu vas de plus en plus mal…
- Tu plaisantes ? Ricana le Sorcier dragon entre ses dents. C'est de la rigolade…
- Ne me mens pas. »
Il fouilla à l'intérieur de ses vêtements, en sortant l'œuf dans lequel Umi était retenue prisonnière. La coquille commençait à se fissurer sous la pression d'une ombre de plus en plus sombre…
« C'est l'aura de la mort… Frémit Hageshi, pourtant Roi des Shinigamis.
- Les forces de la gamine déclinent. Nous devons nous dépêcher.
- Cette pauvre enfant risque de mourir, Shiroï !
- Je ferais tout pour éviter ça…
- Si elle meurt… Tu… Tu mourras aussi… » souffla Hageshi, au désespoir…
Shiroï l'embrassa tendrement pour le rassurer.
« Je vivrais, affirma-t-il d'une voix déterminée. Même si je dois voler pour cela le corps de la sixième clé. Mais pour pouvoir tenir jusque là, il faut qu'on arrive là-haut avant eux…
- Dans ces montagnes… Murmura Hageshi en levant la tête, regardant les sommets les plus escarpés et isolés du pays de Nihon… Tu crois vraiment… Que cette légende est vraie ?
- Elle l'est, affirma Shiroï d'un large sourire convaincu. Elle l'est… Sinon… Je n'aurais jamais existé ! »
Beaucoup plus bas dans la vallée se trouvait le palais impérial.
Les deux Shaolan avaient terminé depuis un long moment leur conversation avec la Princesse Fu, faisant le point sur la situation, les sept clés et la future bataille à venir. Ayant constaté que désormais la technologie de Nihon rivalisait avec celle de Piffle, le vrai Shaolan avait demandé un grand service à la Princesse Fu, qui avait accepté de confier cette tâche à ses scientifiques.
Eungyo, trop heureuse de retrouver son amie la Princesse Fu, Noa, Mokona, Marmotte et les KuroxFye d'Heaven's world étaient partit assister au « spectacle ». Le vrai Shaolan avait décidé de rester pour attendre des nouvelles de ses « Papas ». Un peu ému et décidé à racheter ses fautes, son clone était resté avec lui…
C'est ainsi que, par ce concours de circonstances, les deux Shaolan s'étaient retrouvés à attendre tout le monde dans la salle des souvenirs du palais de Nihon. C'était un véritable musée, principalement consacré, il faut le dire, à la gloire des KuroxFye, un temple à rendre malades de jalousie toutes les fangirls de l'univers…
De grandes peintures expliquaient aussi, sans aucun doute, que dans un futur proche, les Mokonas allaient devenir un animal sacré au pays de Nihon… Les Shaolan aussi étaient évoqués… Puisque c'est de leur branche qu'allait se poursuivre la famille impériale…
« Ça ne te fais rien ? Demanda soudain Shaolan clone, pensif devant le portrait d'une cousine de la Princesse, qui avait un furieux air de famille avec leurs chères Sakura… Je veux dire … De savoir que la Princesse Fu est ta descendante… Tu sais ce que ça signifie…
- Oui… Mais il ne faut pas aller trop vite en conclusions. Ce futur où nous nous trouvons est une possibilité. L'un des futurs possibles. Le moindre détail changé dans le passé peut avoir une influence dessus…
- On croirait entendre le doc dans « Retour vers le futur », soupira Shaolan clone d'un air désabusé. Merci de ton enthousiasme…
- Je crois que pour parvenir à un résultat probant, il faut d'abord écarter toutes les hypothèses… Répondit le vrai Shaolan, occupé à griffonner quelque chose dans un calepin, l'air très impliqué…
- Ah non, en fait, c'est le Professeur Layton…
- … Et si ces hypothèses mènent à une impasse, c'est que le raisonnement n'est pas le bon…
- En fait, soupira Shaolan clone, tu ne m'écoutes même pas, je peux te dire ce que je veux, tu n'auras pas de réaction… Jessy Matador a fait douzième à l'eurovision…
- Pourquoi je n'arrive pas à trouver la clé de cette énigme ? Marmonna l'autre Shaolan en louchant sur son calepin.
- C'est bien ce que je pensais, grogna Shaolan clone en lui prenant le carnet des mains.
- Héééé ! s'offusqua son double, les mains battant dans le vide.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda Shaolan clone en regardant ce qu'il avait écrit… 1, 4, 3… Tu fais des maths ?
- Noooon… Rougit Shaolan… C'est… Un code… Que j'essaie de percer.
- Mmmm… ça correspond peut-être à la position des lettres dans l'alphabet…
- Non, ça ne veut strictement rien dire, quelle que soit la position des lettres…
- C'est des coordonnées géographiques pour trouver un lieu ? Demanda Shaolan clone.
- Non, absolument pas… Soupira Shaolan, balayant cette idée d'un geste de la main.
- Une distance en kilomètres ? Les mesures d'une maison ?
- Pas du tout…
- Dis, j'essaie de t'aider, là. Et je nous ai connus plus brillants !
- C'est un nom de code entre Kuro et Fye. Il se le disent souvent et… ça m'énerve de pas comprendre, grogna Shaolan.
- Ah, voilà autre chose… » rougit Shaolan clone en fermant le carnet et le lui rendant.
« Je crois que tu ne devrais pas chercher à savoir. Ça ne regarde que eux.
- Dis, oh, si je les avais pas enfermés dans une chambre à Kurisutaru, ils en seraient encore à se lancer des regards énamourés à quatre kilomètres de distance, alors, ça me regarde un peu…
- Merci pour les détails… Frémit Shaolan clone.
- Je vois pas en quoi ça te dérange.
- ça ne me dérange pas, mais… Ah, comment t'expliquer… C'est comme un livre dont je n'aurais que le début et la fin de l'histoire… Soupira Shaolan clone en s'asseyant sur un banc.
- Tu es largué ? Demanda Shaolan en s'asseyant à côté de lui.
- Non… Je cherche… Mes repères…
- Tu es largué. »
Le vrai Shaolan hocha la tête.
« Bon. Je t'expliquerais tout. Comptes sur Mokona, aussi. On aura le temps de tout te dire, comme tu vas rester avec nous…
- HEIN ? se récria Shaolan clone en se relevant en un bond.
- Ah. Tu comptais repartir de ton côté, peut-être ?
- Mais tu réalises ce que tu racontes ? Je risque à tout moment de perdre encore ma conscience !... Et… J'ai fais… Des choses tellement atroces ! … Ce que j'ai fais à Fye San… Dit-il en posant une main sur son œil… C'est trop horrible… C'est impardonnable !
- Fye ne t'en as jamais voulu, jamais. Il t'avait déjà pardonné, à la seconde même. Kuro… ça a été plus dur pour lui à encaisser. Il a vu souffrir celui qu'il aime. Mais il t'a pardonné aussi, je le sais. Et Mokona… Elle t'adore. Elle a pleuré, mais elle est incapable de te détester… Quand à moi… »
Shaolan regarda ses mains avant de poursuivre.
« J'ai aussi fais une erreur, ce jour-là. J'ai tenté de t'éliminer sans laisser la moindre chance à ton âme de s'exprimer. Tu vois que nous avons tous les deux commis des fautes, et que nous sommes deux à les porter. Non… En fait… Dès le début, c'est moi qui n'ai commis que des fautes… Des fautes sans lesquelles tu n'aurais jamais eu à souffrir, ni Sakura, ni personne d'autre… Ce qui est fait est fait, on n'y reviendra pas. Tout ce qu'on peut espérer, c'est faire de notre mieux pour protéger l'avenir… Pour qu'un futur comme celui-ci soit possible, dit-il en regardant les souvenirs épars autour d'eux.
- Protéger l'avenir… Répéta Shaolan clone… C'est ce qu'elles m'ont dit aussi… Lorsque je les ai entendues dans un rêve…
- Toi aussi ? s'exclama l'autre Shaolan en bondissant à son tour du banc, plein d'espoir. Tu as pu parler aux deux Sakura dans un rêve ?
- Pas directement. Mais dans cette vision, je les ai clairement entendues…
- Tout comme moi… »
Shaolan clone trembla un peu, ému.
« Nous devons les retrouver… Même si cela doit prendre une vie entière, je veux retrouver Sakura. »
Le vrai Shaolan lui prit les mains avec un grand sourire confiant.
« On y arrivera ! »
Un tel aplomb sidéra Shaolan clone, refermant maladroitement ses mains sur les siennes…
« … Oui… » Finit-il par chuchoter, la gorge nouée…
« Hyyyyu ! s'écria une voix tendre et familière à ce spectacle. C'est ce que j'appelle la minute Kinder ! Quand les enfants sont mignons tout plein !
- Tu aurais pu siffler, grogna une autre voix.
- Papa ! Maman ! » s'exclama le vrai Shaolan en voyant arriver le couple, qui s'était échappé de l'infirmerie après leurs délicieuses retrouvailles et avoir volé des fringues de ninja dans un placard… Fye avait même réussit à s'habiller en bleu, parce que le bleu c'est Fye – buleux…
« Et oui ! C'est nous la surprise ! » s'exclama Fye en levant des bras victorieux.
Son Kuro rougit furieusement en l'imaginant surgir ainsi d'un œuf en chocolat.
Le vrai Shaolan se précipita vers eux, les yeux pleins de flammes :
« Vous deux ! Vous êtes incorrigibles ! A vous déchaîner comme ça, vous êtes tombés dans les pommes devant cette pauvre Marmotte ! La pauvre petite était en larmes ! Et Mokona se torturait d'inquiétude pour vous ! Et Eungyo aussi a eu peur ! Et…
- Aaaah… Désolés… On n'a pas réfléchit… Firent les KuroxFye, repentants comme deux petits garçons pris en faute sous cette montagne de reproches…
- Et… Et moi aussi j'étais très inquiet… Avoua le vrai Shaolan, essuyant les larmes traîtresses qui lui piquaient les yeux, ce qui ruinait sérieusement sa crise d'ado en rébellion contre l'autorité parentale…
- Shaolan… Souffla Fye, sidéré.
- Hé… Fiston… » murmura Kurogane.
Shaolan ne répondit pas immédiatement, tentant de les serrer d'un seul mouvement dans ses bras, mais ses bras n'étaient pas assez grands…
Kurogane n'ayant pas assez de bras, Fye prit le relais en serrant son fiancé de l'un et leur « fils » de l'autre, et à bien y regarder, c'était la première fois…
« ça va aller, maintenant, dit Kurogane. On s'est retrouvés… Notre famille c'est notre force…
- Ne me faites plus peur comme ça, d'accord ? Demanda Shaolan, la voix nouée d'émotion.
- Promis » répondirent les parents d'une seule voix, touchés.
Shaolan leur colla alors à chacun un brutal coup de poing punitif, avec une parfaite symétrie dans le mouvement.
« Aïeuh ! s'exclama Fye, qui avait plutôt l'habitude de les donner, les coups de poings.
- C'est pour être sûr que vous n'oublierez pas.
- Peuh ! Même pas mal ! » mentit Kuro, une bosse enflant à l'endroit du coup.
« Shaolan kun… » dit le vrai en se retournant vers son clone, l'encourageant à s'avancer vers eux…
Tout à coup, un silence ému s'étendit sur la salle. Shaolan clone n'osa pas faire un pas, tremblant dans son coin en regardant le trio de ses yeux tristes, avant de s'incliner très respectueusement à la japonaise :
« … Fye San… Kurogane San… Je… »
Il avait tant de choses à dire, tant de choses à dire, mais ne trouvait rien d'autre à murmurer, la gorge nouée de honte, que de stupides banalités :
« … Je… Je.. Je… C'est un soulagement… De vous revoir en bonne santé… Et je…
- Shaolan kun… S'inquiéta son double en le voyant planter ses ongles dans la paume de sa main à se blesser tellement il se sentait honteux, coupable et misérable…
- Je suis tellement… Tellement désolé ! » s'exclama Shaolan clone, à cet instant le moral plus bas que le niveau de la mer.
« Evidemment… Répondit Fye d'un ton ambigu avec un regard inquiétant… ça mérite une punition… Kuro, je te laisse t'en occuper…
- Avec plaisir… Dit le brun d'un sourire carnassier accentué par sa crinière sauvage, en s'approchant dangereusement, avec la souplesse d'un fauve…
- Hein ? Non ! s'écria le vrai Shaolan en s'interposant devant son clone, bras écartés. Il a sa conscience et il s'en veut horriblement ! Il souffre déjà assez ! Papa…
- Ecartes toi » grogna Kurogane entre ses dents, menaçant…
Shaolan frémit, mais ne céda pas, fronçant les sourcils.
« Je le défendrais !
- Quelle surprise… Soupira Kurogane, agacé…
- Il a raison… Je mérite la mort pour ce que j'ai fais… » murmura Shaolan clone d'une voix dépressive et glacée.
A peine avait-il prononcé cette phrase que son double lui balança le même magistral coup de poing punitif qu'il avait infligé précédemment aux KuroxFye :
« Tu vas faire un effort pour arrêter de dire ce genre de conneries ! rugit-il à son clone, étourdi par le choc.
- Fye… Il m'a piqué ma réplique… Bouda Kuro. Et même mon coup de poing !
- Hein ? s'écrièrent les Shaolan d'une seule voix.
- Evidemment, répliqua Fye d'un éblouissant sourire happy face. C'était ça , la punition…
- Tant pis, dit Kuro, philosophe, je me contenterais… De lui tirer les joues comme ça ! dit-il en pinçant le visage de Shaolan clone.
- Aïeuh ! Vé déjà refu un gnou de moing ! tenta-t-il de protester.
- Après, je m'occupe de l'autre Shaolan, ricana Kuro sournoisement.
- Ah, non ! s'écria celui-ci en courant se réfugier derrière Fye, son meilleur bouclier.
- Héééé ! s'écria le clone. T'avais dis que tu me défendrais !
- Pas contre une attaque de pincements de joues. J'ai mon honneur.
- L'honneur, c'est comme les préservatifs, ça ne sert qu'une fois ! » rit Fye en tirant sur les joues du malheureux Shaolan, trahit par son bouclier.
Au final, lorsque les deux Shaolan eurent leur compte de pincements de joues, les KuroxFye relâchèrent leurs malheureuses « victimes »…
« Et que ça vous serve de leçon ! fit Kuro père la morale devant les deux gamins vaincus, les joues rouges vif.
- Gniiiiouiiii… Fut leur réponse en stéréo.
- Je suis heureux, dit Fye avec une sincérité qui renversa les trois autres. Aujourd'hui… Je suis vraiment heureux. »
« … Suki… » murmura Kurogane, touché droit au cœur…
Shaolan clone osa enfin s'avancer vers Fye. C'était la première fois qu'ils se retrouvaient vraiment face à face, depuis ce triste jour… Et cette scène horrible….
« …Fye San… » répéta Shaolan clone, tellement désolé, en portant sa main à l'œil bleu.
« STOOOOP ! ordonna le mage vampire en interrompant son geste. Mains en l'air ! Tu ne bouges plus !
- M… Mais ? se liquéfia Shaolan clone.
- J'en ai déjà discuté avec Kuro chan. Cet œil va rester là où il est, déclara le blond, cette fois totalement sérieux.
- Ouf… Souffla le vrai Shaolan, rassuré de cette décision.
- Mais c'est votre œil ! se récria Shaolan clone. Vous en avez vraiment besoin, et si jamais je perds de nouveau ma conscience, je vais encore…
- Tant que tu auras cet œil, tu vivras, mais si jamais tu y renonçais, tu pourrais bien disparaître, poursuivit Fye. Si tu gardes l'œil mais que tu renonces à sa magie, nous pourrons t'aider, même si tu perds à nouveau ta conscience.
- Mais vous…
- Ooooh, moi, ne t'en fais pas ! rit Fye avec un mouvement de la main, je me suis jamais autant éclaté que depuis que je suis un vampire, et c'est pas mon casse croûte qui ira s'en plaindre… Hein , Kuromacdo ? Une boisson et une grande frite…
- Ne fais pas de telles allusions devant les enfants ! rugit le ninja, rouge flamme.
- Tout est bon dans le cochon et tout est beau dans le Kuro…
- Ne me compare pas à un kilo de jambon !
- Non, à un saucisson…
- RAAAAH !
- On se lève tous pour Kuroganette… »
Et voilà, les amants terribles étaient repartis en délire. Kuro décrocha un tableau d'un mur et se mit à poursuivre son Fye à travers toute la salle des souvenirs, le blond s'enfuyant bras en l'air en riant et criant :
« Kya ! Kya ! Kuroasis ! Des cris, du sexe et du fun ! »
« Et c'est comme ça depuis six mois ? Demanda Shaolan clone, ouvrant des yeux ronds sur la scène.
- Tous les jours… Tous les jours… » soupira son double d'un air très fatigué.
Finalement, la chamaillerie des KuroxFye s'acheva par un énième baiser, qui fut très remarqué… Deux petites voix goguenardes résonnèrent soudain dans l'air, chantonnant :
« Hou ! Hou ! Hou ! Hou ! Des bisous, des bisous, qu'ils sont choux ! »
Mokona arriva en un bond, tenant Marmotte entre ses pattes. La mascotte et son bébé firent un saut parfait jusqu'à Kurogane en hurlant :
« Attaque ventouse ! »
Le ninja vit ses assaillants se rapprocher avec inquiétude, mais n'eu pas le temps de leur échapper, en moins d'un centième de seconde les deux petites créatures s'étaient collées à son visage.
« Gniiiih les boules de poils… Tenta de se débattre le malheureux Kurogane, sans parvenir à s'en dépêtrer.
- Des bisous ! Des bisous ! » réclamèrent la mère et la fille en l'achevant d'une avalanche de baisers…
« Fye… Aides moi ! implora Kurogane.
- Hum… NON. » répondit son vampire d'un large sourire aussi charmant que sadique.
A ce moment là, le jeune Ferio arriva à son tour, saluant tout le monde avec respect.
« Messieurs… » dit-il simplement avant de s'effacer, laissant arriver derrière lui les KuroxFye anges d'Heaven's world, qui accompagnaient la Princesse Fu.
Kuro ninja, qui venait enfin de parvenir à décoller l'une après l'autre Mokona et Marmotte de son visage, se figea dans ses gestes. Contrairement aux autres, c'était la première fois qu'il voyait la Princesse Fu, et il émanait d'elle vraiment une aura terriblement familière. L'aura d'une descendante des Reed. On retrouvait en elle un peu de Sakura, un peu de Shaolan, un peu de Watanuki, même… Pour une parfaite inconnue, tous avaient l'impression de la connaître depuis toujours, en fait…
Et puis, elle était la cinquième clé…
« … Votre Altesse… » dit Kurogane en retrouvant ses réflexes de Ninja au service de Nihon, s'agenouillant avec respect devant la Princesse.
« Vraiment… Je suis confuse d'un tel honneur… Répondit-elle en rougissant. Seigneur Kurogane… C'est à moi de vous rendre le respect … »
Même sa voix ressemblait terriblement à celle de Sakura.
« Hey ! Elle a raison, mon vieux ! ricana Mokona. Techniquement, par adoption, t'es son ancêtre !
- C'est toi la vieille, siffla Kuro entre ses dents. Depuis ton accouchement, ta peau n'est plus aussi élastique qu'avant !
- Ah ! Goujat ! » rugit Mokona d'une voix fauve, faisant avec Marmotte du trampoline sur la tête du brun.
« On se calme, les féministes, rit Fye en venant cette fois à la rescousse de son brun en récupérant les petites bêtes.
- Oui, dit le vrai Shaolan d'un sourire entendu, vous allez gâcher l'instant de la surprise…
- Argh… Je crois que j'ai eu mon lot de surprises jusqu'à présent, grinça Kuro ninja.
- Oui, mais celle-là est plutôt sympa, poursuivit Shaolan en ménageant ses effets. Tu admettras que se retrouver avec un seul bras à peu de temps d'une bataille finale, ça ne le fait pas…
- Y'a qu'à voir comment tu as galéré juste pour me décoller de ta figure ! rit Marmotte.
- Oh, hé, qui t'as protégée pendant deux mois quand tu roupillais ? grogna Kuro, outré.
- Notre pays est désormais très avancé technologiquement, se permit d'intervenir la Princesse Fu. Nous n'avons donc eu aucune difficulté à réparer votre prothèse…
- Ah ! C'est vrai … Frémit Kuro en se remémorant que la dernière fois qu'il avait vu le bras de métal, c'était en piteux état à Kurisutaru…
- Ces derniers temps c'était plutôt devenu le doudou de Fye, ricana Mokona la balance… Y'avait que ça pour le calmer, il se traînait avec tout le temps, il ne la lâchait pas, même quand il arrivait enfin à dormir…
- Fye… Murmura Kuro en se tournant, touché, vers son amant…
- C'est derrière nous, dit le blond en effleurant sa joue avec tendresse. La séquence mélo, c'était au chapitre précédent, allez les enfants, je veux la voir cette surprise ! » s'exclama-t-il, enthousiaste.
La Princesse Fu eu un ravissant mouvement du visage et Kuro ten'shi dégaina la fameuse prothèse, flambant neuve, réparée et même améliorée, d'un réalisme sidérant…
« Tout ce que je peux dire, c'est que tu vas t'éclater… Dit-il avec un demi sourire à son double.
- Oh la vache ! s'exclama celui-ci, halluciné comme devant un I Phone 4 G …
- D'après ce que j'ai compris, dit Fye shinigami, cette prothèse est évolutive… Elle innovera en fonction de ta volonté… J'avoue qu'en 10 000 ans, je n'avais jamais vu une telle invention…
- Il faut la tester tout de suite ! » s'exclama Fye vampire en s'emparant de l'objet.
Il aida son chéri à la positionner sur son corps. Le haut de la prothèse se souda à l'épaule de Kurogane dans un mouvement fluide, organique. Comme un caméléon, elle se teinta de la couleur mate et veloutée de la peau de Kurogane, au point que l'on aurait juré qu'il s'agissait de son vrai bras…
« Mets la en mouvement… »
Kurogane fit lentement jouer ses doigts, puis prit sa main dans la sienne…
« Ça alors, murmura Fye, ému… Cette peau… J'ai vraiment l'impression que c'est tes doigts…
- Oui… La sensation de toucher est incroyable… Sourit vraiment Kurogane. Il faut faire un test pour le combat. Où est mon katana ?
- Quelque part dans la valise… dit le vrai Shaolan en montrant Mokona du doigt.
- Ah, oui… Attendez, faut que je le retrouve… Dit-elle en fouillant dans sa bouche, sortant tour à tour une boule de bowling, une enclume et un parasol …
- Pas besoin, dit Ferio. Seigneur Kurogane, veuillez vous éloigner à bonne distance du seigneur Fye, s'il vous plait … Ne craignez rien, dit-il devant les regards inquiets des deux amants, c'est juste pour vous montrer une option du bras…
- Et maintenant ? Demanda Kurogane, une fois éloigné.
- Dévissez la partie supérieure du bras… »
Une fois ce geste exécuté, Ferio ajouta :
« Pensez à une arme… »
La seconde d'après, alors que Kuro venait de penser à son katana, tout le bras se métamorphosa dans un mouvement fluide pour prendre l'apparence d'une longue lame effilée et métallique ! Le katana de Kuro… C'était son bras !
« Ça… ça a de la gueule ! s'exclama Shaolan clone, admiratif…
- Mais vous êtes dingues ? se récria Kuro. Ce truc est trop dangereux s'il se transforme en arme n'importe quand ! (sous entendu : Comment je vais faire pour peloter Fye sans risquer un homicide ?)
- Ne vous inquiétez pas, le rassura Ferio, la partie supérieure du bras agit comme une sécurité, il faut la dévisser pour qu'il puisse changer de forme. De plus, la prothèse réagit en fonction de vos pensées et de vos émotions. Elle ne prendra la forme d'un katana que si c'est votre volonté. Sinon, elle prendra la forme de ce à quoi vous pensez… (sous entendu : Toi, mon coco, tu vas passer des nuits mémorables !) »
Kurogane s'empressa aussitôt de revisser le bras. Il n'avait pas franchement envie que tout le monde puisse voir ses pensées !
« Et… Au fait, où sont passés Eungyo chan et Noa sama ? Demanda soudain le vrai Shaolan.
- Noa ? … Demanda Kuro ninja, un écho traversant soudain sa mémoire.
- C'est l'amoureux d'Eungyo, lui expliqua son Fye. Et l'ancienne sixième clé. Il vient du passé de Nihon, lui aussi est un Ju du clan de Suwa …
- Suwa… Répéta tout bas Kuro, un pincement au cœur…
- Watanuki a réussit à ouvrir la porte pour que Noa nous rejoigne lorsqu'on était à Kurisutaru. Eungyo est tellement heureuse…
- C'est pour cela qu'ils ne sont pas là, sourit la Princesse Fu. Je leur ai laissé du temps pour profiter de ces retrouvailles… Mais, dit-elle en souriant et se tournant vers le fond de la pièce, d'un air entendu, je crois qu'ils sont déjà de retour… »
En effet, le joli couple arrivait, marchant main dans la main. Eungyo, dans son splendide Yukata brodé de fleurs rouges, irradiait véritablement de bonheur, un adorable sourire éclairant son visage. Noa était plus mesuré comme à son habitude, mais son regard enlaçait sa bien aimée de la joie et de l'amour retrouvés, et il faut avouer qu'un homme amoureux est encore plus beau. Bien plus grand qu'Eungyo et le corps parfaitement sculpté, Noa avait le charme magnétique des hommes de Suwa, et sa longue chevelure contrastait en pluie d'or avec le noir de son costume de ninja…
… Flash…
Kuro fut soudain traversé de part à part par l'évidence…
Il eu soudain la vision de sa mère, la prêtresse de Suwa, se retournant lentement dans sa direction en murmurant des mots, tendant la main vers lui :
« … Maintenant… Souviens toi, mon fils… »
Et toute une avalanche de souvenirs l'assaillit avec violence, se déversant pèle mêle dans sa tête avec un fracas assourdissant…
Kurogane chuta à genoux, comme au ralenti… Fye le rattrapa dans ses bras, inquiet :
« Kuro chan ! »
« Ça… ça va… » répondit enfin le brun en se tenant douloureusement la tête.
Ses pouvoirs du Dieu dragon étaient vraiment d'une puissance démesurée et difficile à supporter pour lui qui s'était toujours considéré comme un humain ordinaire et n'avait pas eu le temps de s'y habituer… Il se releva aussitôt pour rassurer Fye, mais lentement et en le tenant par la taille, puis posa son regard rubis – les yeux de feu – sur l'ancienne sixième clé, Noa…
« … Rin… Dit enfin Kuro, l'air un peu bouleversé.
- Rin ? Répéta son Fye, qui voulait comprendre…
- C'est mon nom complet, dit Noa. En réalité, je m'appelle Rin-Noa Suwa…
- Oui, Rin… Dit Kuro en ramenant à la surface des souvenirs enfouis au plus profond de lui. Rin et Eyunkyo… Dit-il en se tournant ensuite vers Eungyo… C'est la manière dont on traduit son prénom à Nihon… »
La Princesse Fu tressaillit, soudain chamboulée elle aussi…
« … Je comprends… Murmura-t-elle, émue aux larmes.
- Ce serait sympa de faire tourner la traduction… Demanda Mokona.
- Quand j'étais enfant, à Suwa, il y avait une sorte de grand parchemin représentant mon arbre généalogique, dit Kuro. Je l'avais appris par cœur. Au troisième rang au-dessus de moi se trouvaient Rin-Noa et Eyunkyo…
- A … Attends… Tu veux dire… Murmura le vrai Shaolan, ébahi…
- Mon père m'en parlait parfois mais je ne le croyais pas… De son grand-père aux cheveux d'or et de sa grand-mère qui parlait une autre langue…
- Wiiiiz ! s'écrièrent Mokona et Marmotte d'une seule voix, bondissant en agitant des pompons. Eungyo et Noa sont les heureux arrière grand-parents du petit Kurogane ! »
Tout le monde manqua d'en tomber à la renverse, Eungyo la première, ses 1m52 devant la montagne Kurogane.
« Moi… ? Moi je suis ton arrière grand-mère ? … Je suis la Mamie de Tonton Kuro ?
- ça explique tout, dit Fye… Cette ressemblance dans vos caractères… »
Grande gueule, protecteur, bagarreur, le même humour « Je t'explose et après on cause »…
Et le même côté adorable…
Eungyo s'agita comme si on l'avait branchée sur 220 volts :
« Ah ! Mais alors Shaolan c'est plus mon cousin ! C'est le fils de mon arrière petit-fils !
- Heu… Techniquement, j'ai jamais vraiment été ton cousin… Fit remarquer le vrai Shaolan alors que son clone ouvrait des yeux ronds comme des billes.
- Et les bébés de Mokona ! poursuivit Eungyo en faisant tourner Marmotte dans ses mains. C'est les enfants de la fille de mon arrière petit-fils !
- Depuis quand je suis le père de Mokona ? s'étrangla Kuro.
- Depuis toujours, Kuro choupi, rit son Fye tendrement…
- Et donc, si je suis ta Mamie, poursuivit Eungyo en pointant Shaolan du doigt, alors je suis aussi… »
Elle leva son poing de la victoire en l'air :
« … Ici chez moi parce que je suis l'ancêtre de la Princesse Fu ! s'écria-t-elle, ravie. Fu, tu entends ça ? C'est génial ! poursuivit-elle en se jetant dans les bras de son amie (et descendante, donc).
- Oui, c'est merveilleux ! rit la Princesse de son rire cristallin.
- Ouaich, ouaich, ouaich, ouaich ! poursuivit Eungyo en sautillant à travers toute la salle, c'est moi la plus vieille ici, je suis votre Mamie à tous ! Vous me devez tous le respect et obéir à mes ordres, oh, oh, oh, oh ! ricana-t-elle.
- J'étais sûr que ça allait réveiller son côté mégalo, soupira Noa de son ton stoïque, ne semblant absolument pas surpris pour sa part d'être à l'origine d'une si longue lignée…
- Silence le papi pervers ! grinça Eungyo. Parce que si je suis Mamie, hein, c'est bien que tu m'as fais des enfants…
- Tout cela est d'une logique absolue, soupira Kuro en se tenant le front. J'ai du sang de dragon, mon arrière grand-mère a l'air d'avoir 14 ans, mon fils pourrait être mon frère, j'ai 10 petits-enfants qui sont des boules de poils et je vais me marier 248 ans dans le passé avec un vampire..
- Il n'y a pas de logique en ce monde, tout n'est que absurdité, dit Kuro ten'shi, philosophe.
- Bon courage, mon pote ! » lança Fye shinigami d'un ton goguenard.
« J'ai besoin d'une aspirine… Gémit Kuro ninja.
- Hé ! Avant ça, tu vas augmenter mon argent de poche, tonton Kuro ! quémanda Eungyo.
- Et en quel honneur ? s'étrangla-t-il.
- En l'honneur que c'est grâce à mon code génétique parfait que tu es là. Oui, Mesdames et Messieurs, c'est parce que je suis une vraie splendeur que Tonton Kuro est aussi bien gaulé ! Il me doit mon charisme irradiant, ma beauté divine, ma sensualité envoûtante, mon intelligence exquise…
- Ouais… Ben c'est pas de toi que je tiens ma modestie… Grinça-t-il. Et je ne vois pas comment je peux être à la fois ton oncle et ton arrière petit-fils…
- Bah, c'est une question superflue. L'important… C'est que grâce à moi tu as de splendides petites fesses ! lança-t-elle en donnant une claque dessus.
- GNIEEEEH ? hurla le ninja, outré, devant un public médusé.
- Heu, Mamie Eungyo, faut pas exagérer, dit Fye vampire d'un large sourire happy face forcé. Ici, c'est ma propriété privée. Mais merci pour ses jolies fesses…
- De rien, mon grand, c'était compris dans le forfait ! Le forfesses ! Oh oh oh oh ! »
Shaolan clone avait le regard du mec qui se demande comment il en est arrivé à assister à une telle scène :
« … Dites, les gars, c'est pas que j'ai l'intention de pourrir l'ambiance… Oui, bon, je sais que c'est ma spécialité… Mais avant que ça vire au grand n'importe quoi, il me semblait qu'on était tous là pour combattre un sorcier dragon et un roi shinigami grâce à sept clés désignées pour former un sceau…
- C'est juste, Auguste, reconnu le vrai Shaolan. Je crois aussi qu'il est temps de s'en préoccuper… »
Aussitôt, dans la salle, tout le monde se reprit, et avec les choses sérieuses…
« Qu'en est-il des morphes ? Demanda Kuro ninja. Que s'est-il passé après que nous ayons perdus connaissance ?
- Je crois qu'ils ont tous été vaincus… Dit Ferio en rappelant sa présence.
- En tout cas, les derniers étaient d'une force dérisoire, reprit Shaolan clone.
- Oui, à côté de ceux que nous avons affrontés à Kursitaru … Ils faisaient vraiment fond de stock ! commenta l'autre Shaolan.
- J'y pense… Dit soudain Fye vampire à son ninja, Yuko nous a demandé de reprendre contact avec elle lorsque nous t'aurions retrouvé avec Marmotte et que nous serions tous réunis avec la troisième clé et la cinquième à Nihon…
- Eh bien on dirait que le moment est venu de savoir ce que la vieille radasse veut nous dire, répondit le brun avec un demi sourire. Mokona, ajouta-t-il en prenant la peluche dans sa main de métal, à toi l'honneur !
- Wiiiiz ! » s'écria Mokona joyeusement, tenant elle-même Marmotte entre ses pattes, et la petite Maman bondit en activant la gemme sur son front, se connectant avec la boutique dans un halo de lumière…
Chapitre 45 : Mokomax, go !
« Wiiiiz ! Yuko ! Tu as vu ? S'exclama Mokona noir, soulagé et heureux, au bord des larmes. Marmotte est saine et sauve ! C'est merveilleux ! »
Les voyageurs ouvrirent des yeux ronds comme des billes lorsque apparut l'image de Yuko, visiblement contrariée, tirant une gueule atroce, les yeux cernés, le teint blafard, et une veine battant la mesure sur son front…
« Yu… Yuko sama ? Que vous arrive-t-il ? s'inquiéta Fye.
- Clow est un big pervers of the Q !, gueula Watanuki en arrière plan, en flanquant un solide coup de poêle à frire punitive sur le crâne du Prince Magicien, qui pourchassait la malheureuse Yuko depuis une demi heure.
- Trop la honte… Commenta Shaolan clone. Et moi qui espérais qu'ils étaient moins barrés là-bas…
- Ouais, Clow vaincu par une poêle, c'est pas au poil… Soupira le vrai Shaolan.
- Même nos jeux de mots touchent le fond de la casserole… » commenta Mokona, oreilles baissées…
Heureusement, même harcelée par Clow, Yuko n'avait rien perdu de son propre humour, aussi noir que l'ébène de ses cheveux :
« Mais regardez qui voilà ! rit-elle en dardant Kurogane du regard. Le père indigne qui a abandonné ses enfants et son épouse éplorée…
- On ne m'a pas laissé le choix ! rugit le ninja, outré.
- C'est vrai… Et puis t'étais si mignon , mignon, mignon, gnon , gnon quand tu tournais dans cette bulle comme un hamster bien docile…
- Comment tu sais ça, vieille tordue ? s'offusqua Kurogane, un frémissement parcourant les mèches de sa chevelure.
- J'ai eu les informations à travers Marmotte, qui les transmettait à ses frères et sœurs… Tu ne pouvais absolument rien me cacher et j'ai eu tout le loisir de me rincer l'œil…
- Gniiii sale vicelarde ! hurla Kuro comme si elle avait attenté à sa pudeur….
- Ah, j'abandonne, marmonna Watanuki en jetant sa poele. Je ne peux rien faire pour elle si elle est aussi perverse que Clow…
- A quel point a-t-elle été son élève ? Questionna Domeki.
- Mais ça ne vous… Regarde pas ! » répliqua la sorcière en balançant ses pantoufles à la tête des deux garçons, attaque que Domeki esquiva mais que Watanuki se reçu en pleine poire… Puis la sorcière se tourna à nouveau vers l'image des voyageurs, pointant Shaolan clone du doigt avec un sourire espiègle :
« Toi aussi, ça faisait longtemps, mon garçon…
- Yuko san… Je suis vraiment désolé… Répondit-il inévitablement d'une voix triste en s'inclinant avec respect, ce qui était devenu quasiment automatique chez lui…
- Pourquoi devrais-tu t'excuser auprès de moi ? Demanda la sorcière en retrouvant soudain son sérieux au milieu des volutes de fumée de sa cigarette.
- … Parce que je sais… Qu'après ce que j'ai fais… Vous vous êtes beaucoup inquiétée pour tout le monde, et vous vous êtes même mise en danger pour les aider… Je sais aussi que Watanuki kun a été blessé indirectement par ces évènements, et que cela aussi vous a rendue triste… »
Yuko frémit, touchée droit au but. Un silence chuta soudain sur la scène, chacun ressentant toute l'émotion qui y était contenue.
« C'est grâce aux pouvoirs de Fye que tu as su tout cela, n'est-ce pas ? Demanda la sorcière en prenant son visage le plus insondable, tirant une bouffée sur son fume-cigarettes.
- En partie… Et ce que j'ignorais, Shaolan Kun me l'a raconté… Dit-il en se tournant vers le vrai, qui se tenait près de lui.
- Oui, sourit faiblement Yuko… Vous êtes bien liés tous les deux… Et même tous les trois », dit-elle avec un regard doux pour Watanuki.
Le lunettu s'avança à son tour vers l'image, un sourire lumineux sur le visage :
« Hey, ne vous inquiétez pas ! Tout va bien, maintenant… Et puis, je suis tellement heureux de vous voir ainsi, côte à côte… Même si j'aimerais être avec vous pour fêter ça…
- C'est pour bientôt, dit Yuko…
- Justement ! se permit d'intervenir Eungyo. Nous avons suivis tes instructions à la lettre ! Nous sommes tous réunis à Nihon, et on a quatre clés sur sept : Tonton Kuro, Tonton Fye, la Princesse Fu et le Fye Shinigami d'Heaven's world, qui est venu avec Kuro ten'shi…
- Héééé ! s'écria Watanuki en voyant les anges. Je vous ai déjà vus, tous les deux, quand j'ai voyagé dans le temps !
- Oui, tu nous as croisés dans un espace entre les dimensions, dit Fye shinigami. Les humains ordinaires ne passent pas par là, normalement… On a été surpris !
- Fye Edenssen, c'est cela ? Sourit Yuko. Le shinigami de 10 000 ans qui a gardé son cœur humain… Vous êtes une légende, vous savez ?
- On fait dire un peu n'importe quoi aux légendes… Répondit-il avec un sourire matouesque.
- Pour le sorcier dragon aussi, hein ? » demanda soudain Kuro ninja d'un ton mystérieux, avec un demi sourire carnassier. Comme tout le monde le regardait sans comprendre, il ajouta :
« J'ai vu beaucoup de souvenirs, tout à l'heure… Et certains ne m'appartenaient pas. J'ai vu certaines choses qui ne collent pas avec le conte qu'on m'a raconté. Tu le savais déjà, Yuko ?
- Non. J'ignorais que la légende avait été manipulée mais je commence à le penser depuis que Ming Yun l'a laissé entendre aussi…
- ça alors ! Ming Yun est venue te voir ? s'écria Eungyo, radieuse. Yuko, c'est merveilleux !
- Ming Yun ? Demanda Kuro ninja, cette fois largué.
- La sœur jumelle de Yuko, précisa Eungyo.
- Gniiii ça se dédouble, ces trucs là ? frémit le ninja.
- Attendez, tout le monde, coupa le vrai Shaolan… Yuko, la légende a été manipulée ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Ce n'est pas Shiroï qu'on doit affronter ?
- Non, dit Clow en intervenant, ajustant ses lunettes. L'affrontement avec Shiroï est inévitable. Quoi qu'il arrive, il cherchera à se réincarner. Et pour cela il a besoin du corps de Kurogane, la sixième clé, puisqu'il est le seul humain à posséder les pouvoirs du Dieu Dragon… »
Fye vampire frémit, glissant nerveusement sa main dans celle de son Kuro. Hors de question de laisser ce cauchemar se produire une seconde fois ! Il ne le tolérerait pas… Il ne le supporterait pas !
Kuro referma ses doigts sur les siens, le rassurant d'un tendre demi sourire.
« L'histoire des clés tient toujours, alors, dit Fye shinigami. Et Hageshi est avec lui, maintenant… Nous devrons l'affronter aussi…
- Dire qu'il est allé jusqu'à trahir ses propres shinigamis… » commenta Kuro ten'shi.
Yuko eu à nouveau un regard triste et Clow eu un soupir désabusé, mais la voix d'Eungyo retentit soudain avec un éclat furieux.
« Hageshi n'est pas un traître ! jura-t-elle, les larmes aux yeux.
- Eungyo chan… Murmura la Princesse Fu alors que Noa, pour la première fois, ouvrait des yeux ronds.
- Hageshi n'est pas un traître, répéta-t-elle, convaincue. Il est… Notre ami… Un ami qui s'est perdu… J'ai bien réfléchit à ce qu'il m'a dit, la dernière fois… Et j'ai compris… Il était seul… Tellement seul… Et aucun d'entre nous ne l'a aidé… On l'a laissé se perdre encore plus… Et quand il s'est retrouvé à errer dans le néant… Il était encore plus seul… »
Sa voix se brisa presque, blessée :
« Il n'y a rien de rien, là-bas ! Rien que du noir, et du vide, et du froid, et du silence, rien pour espérer, rien pour se raccrocher, aucune humanité, on est comme enterrés vivants, et…
- Tu as raison… » dit Kuro en attirant doucement son arrière grand-mère vers ses bras. Il était bien le seul, avec Marmotte, à avoir survécu tout comme elle à cette horrible expérience.
« Personne ne mérite ce châtiment, reprit le ninja. Pas même le roi des shinigamis…
- Oui, dit Noa. Hageshi… Il est comme vous, en fait, dit-il en regardant Fye shinigami. Hageshi est né d'une shinigami et d'un humain. Son cœur et ses sentiments sont humains.
- Et c'est un grand sentimental… renifla Eungyo. Je l'ai bien vu lors de ce combat, la dernière fois… Hageshi… Il aime Shiroï, tout simplement…
- Oh, oh, voilà autre chose, commenta Clow, qui pour une fois, ne l'avait pas vue venir, celle-là…
- Non… C'est bien Hageshi, murmura Yuko avec un sourire triste.
- Bon, ben si ce n'est que ça, y'a qu'à faire comprendre à Hageshi qu'il a plein d'amis qui pensent à lui et qu'il a le droit d'aimer son sorcier du moment qu'ils fichent la paix aux autres ! » déclara Watanuki.
Silence.
« Kimi, parfois je me demande si tu fais exprès d'être aussi crétin… Dit sobrement Domeki.
- Mais heu… Qu'est-ce que j'ai dit de mal ? bouda Watanuki.
- « Y'a qu'à »… Répéta le vrai Shaolan. C'est pas aussi simple. Pour qu'ils puissent vivre ensemble, ils veulent le corps de Papa et sont prêts à tout pour ça…
- ça c'est juste un détail, soupira Watanuki avec un mouvement de la main. Si la légende, donc le problème, est truquée, la solution aussi. Il y a sûrement une alternative, et je vais y réfléchir.
- Réfléchis longtemps, alors, répliqua Shaolan clone d'un sourire sadique. Et utilise ces cellules qu'on appelle neurones… »
Le vrai Shaolan et Watanuki frémirent devant l'aura ténébreuse qui s'échappait de Shaolan clone :
« Aaaah … Le côté obscur de l'humour !
- Dark la vanne !
- Vous ne croyez pas si bien dire, les « enfants »… Ricana Yuko dans un sous entendu qu'elle était seule à comprendre …
- HEIN ?
- Oh, rien, dit la sorcière d'un ton nonchalant. Je verrais bien Watanuki avec des macarons… Maintenant, notre Princesse des fourneaux n'a pas tout à fait tort… Mais nous ne devons négliger ni la menace, ni la solution. Si Kurogane se faisait à nouveau capturer, cette fois Shiroï se réincarnerait dans son corps, et Kuro mourait pour de bon… Je ne pense pas que vous ayez envie de revivre ça… D'autant que cette fois… Fye ne le supporterait pas… Il est trop affaiblit…
- Je ne laisserais pas Shiroï prendre mon corps ! jura Kuro solennellement, le regard déterminé, en enlaçant à nouveau son amant.
- Il viendra, dit Clow en retrouvant ses réflexes de mentor. Il n'a que ce but et il affrontera les sept clés. C'est pourquoi tout le monde doit être prêt au combat. Eungyo, Noa, je vous charge de conseiller les nouvelles clés. Princesse Fu, vous maîtrisez déjà à la perfection votre don, mais vous n'avez pas l'habitude de combattre seule. Vous devez vous préparer à cette éventualité. Fye shinigami… Je sais que Shiroï et Hageshi vous en veulent aussi pour d'autres raisons. Ils ne seront pas tendres avec vous, mais vous êtes très puissant. Vous devez apprendre à doser cette puissance tout en vous défendant sans quoi les conséquences seront dramatiques… Kurogane, dit-il ensuite en s'adressant au ninja . Ce n'est pas votre clé, mais vos pouvoirs de dieu dragon que vous devez maîtriser. Vous avez déjà commencé. Persévérez dans cette voie…
- Ma voie… C'est celle du katana, dit-il d'un ton rauque.
- Vous n'aurez aucun déshonneur à utiliser la magie, pour une fois… Et puis, vous avez un spécialiste à vos côtés…
- C'est vrai ! rit Fye à l'oreille de son ninja.
- Fye san… Dit enfin Clow au vampire. Je ne l'ai jamais dit à Eungyo, mais j'ai toujours éprouvé un profond écoeurement de moi-même à l'idée de la sacrifier… Eungyo n'était encore qu'une enfant et elle était innocente de tout crime, elle ne méritait pas ce que nous lui avons fait…
- Clow… Souffla Yuko, chamboulée…
- Hey ! Tout va bien ! s'exclama Eungyo en levant son poing de la victoire, cachant ses souffrances derrière un sourire éclatant. Je suis une guerrière, même la mort a peur de moi !
- Idiote… » murmura Noa en l'embrassant avec douceur.
« Fye, reprit Clow à l'adresse du vampire, vous n'êtes plus un enfant et je sais que vous ne vous considérez pas comme un innocent… Mais vous ne méritez ni la mort, ni de disparaître dans le néant. Tout le monde va se battre pour que votre corps ne soit pas détruit. Alors… Je vous prie de rester en vie.
- Il est hors de question que j'y passe, sourit le vampire. J'ai une famille nombreuse maintenant, et une promesse à tenir ! » dit-il alors que le fil noir à son doigt rencontrait le fil blanc à la main de son fiancé.
« 1, 4, 3… Se dirent-ils tout bas.
- T'as raison, c'est énervant… Chuchota Shaolan clone au vrai Shaolan.
- Ici aussi, nous entraînerons les trois autres clés, et nous les enverrons sur Nihon quand elles seront prêtes, dit Yuko. Watanuki y est presque. Il faut qu'il maîtrise parfaitement la larme du médium et protège le groupe le moment venu. Chika et Kanashimi, eux, doivent apprendre à se maîtriser et faire preuve de calme et de concentration. Sinon leur côté fonceur risque de leur faire perdre le contrôle de leurs pouvoirs… Voilà pour ce qui est du combat des clés. Maintenant, nous avons aussi d'autres cartes… Et je pense surtout aux deux Shaolan… Dit-elle en regardant les garçons côte à côte.
- N … Nous ? Murmura le vrai Shaolan.
- Les Fye sont déjà assez occupés avec leurs rôles de clés. Vous êtes les seuls ici à avoir une coordination parfaite et simultanée de vos mouvements.
- C'est sûr… » murmura Kurogane en repensant aux fois où les deux Shaolan s'étaient affrontés. Ils se donnaient les mêmes coups aux mêmes moments, comme par un effet de miroir.
« J'ai une mission à vous confier, mes garçons… Leur dit Yuko. Et vous ne pourrez l'accomplir que si vous agissez ensemble . Il faut… Que vous arriviez à capturer quelqu'un… Qui se trouve ici, dans les montagnes de Nihon… »
Un frisson parcouru ceux qui étaient natifs du pays.
« Elle parle de… Murmura Ferio, estomaqué…
- Xia ô long… Celui dont le nom ne doit pas être prononcé… Murmura la Princesse Fu, livide…
- La légende des frères Hwong… Dit Noa de son ton monocorde.
- Pas ça ! s'exclama Kuro ninja, furieux, en attrapant les deux gamins par le col et les attirant dans un geste protecteur vers Fye et lui. Je te l'interdis, Sorcière !
- Et pourquoi pas ? Demanda Yuko.
- C'est un péché ! s'écria à son tour Ferio.
- C'est un blasphème… Dit la Princesse Fu en secouant la tête.
- C'est tout simplement du suicide… » affirma Noa en cillant à peine. Eungyo se pendit à la manche de son costume :
« Nono… Je ne comprends pas un mot de ce que vous racontez…
- Kuro… Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Fye à son ninja.
- Cette folle veut tout simplement que les gosses affrontent… Le Dieu dragon en personne ! »
Les oreilles de Mokona se dressèrent droit de surprise.
« Yuko… Tu es sérieuse ?
- Tout à fait. Même si je suis la sorcière des dimensions, il y a des vœux qu'il m'est impossible à réaliser. Xia ô long, lui, a des pouvoirs divins…
- Xia… Quoi ? demanda Watanuki, des spirales dans les lunettes.
- Le Dieu dragon a un nom, mais il ne doit en aucun cas être prononcé, dit la Princesse Fu. Nous l'appelons tout simplement Dieu dragon, ou par le surnom de Xia ô long le tout puissant…
- Tssss… ça fait un peu mégalo ! jugea Clow.
- Tu peux parler, grinça Watanuki.
- Et cette légende… Des frères Hwong ? Demanda Domeki, qui s'intéressait à ce genre de contes …
- C'est une histoire un peu plus récente que celle du sorcier dragon, dit Noa. Vous savez déjà que Xia ô long a le pouvoir d'exaucer les vœux. Mais pour cela, il faut parvenir à l'approcher, et le capturer durant une terrible bataille. Deux frères de la famille Hwong y sont parvenus parce qu'ils agissaient avec une parfaite harmonie dans leurs mouvements. Xia ne parvint pas à leur échapper et fut obligé d'exaucer leurs vœux…
- Qu'est-ce que c'était ? Demanda Eungyo.
- Les deux frères voulaient que les filles qu'ils aimaient les aiment en retour, et le dieu dragon exauça leur souhait. Mais les frères ignoraient qu'ils étaient épris de la même demoiselle. Au final, elle a dit qu'elle épouserait celui qui vaincrait l'autre en duel et ils se sont entre tués.
- Heu … C'est moi ou chaque fois que le dieu dragon exauce un vœu, ça finit toujours en bain de sang ? Frémit Watanuki.
- Non, le Dieu Dragon est bon ! s'écria la Princesse Fu à la surprise de tous. Il a exaucé d'autres vœux ! Il nous as sauvés de famines, d'épidémies et même d'un terrible tremblement de terre !
- Kuro chan, qu'est-ce que tu en penses ? Demanda Fye.
- Je crois en l'existence du dieu dragon. Sinon je serais indigne de servir Nihon et de porter le dragon d'argent. Mais j'ignore si Xia ô long est bon ou mauvais. Je pense qu'il est neutre… Il nous a certainement sauvé de grandes catastrophes, mais certaines de nos prières n'ont pas été entendues… » dit-il tristement en repensant à sa mère malade et la destruction de Suwa…
- Pour quelle raison voulez –vous que nous affrontions ce dieu ? Demanda le vrai Shaolan à Yuko.
- Et pour réaliser quel vœu ? ajouta Shaolan clone.
- La dernière fois, contre Shiroï, nous n'avions pas d'alternatives, et Eungyo a disparue. Je ne veux pas jeter les vies de sept nouvelles clés dans la bataille sans une solution de secours au cas où ça tournerait mal… Votre vœu auprès du dieu dragon serait alors notre dernier recours…
- Et quel recours auront les gamins si c'est pour eux que ça tourne mal ? rugit Kurogane.
- Ces enfants ne risquent rien. N'oublie pas que Shaolan est le maître de trois bébés Mokona, désormais. Si l'un d'eux sentait qu'il courait un danger mortel, il le protègerais, même à distance, quitte à le transférer avec l'autre Shaolan kun à la boutique…
- On dirait bien que nos petits-enfants sont notre meilleur atout, désormais ! sourit Fye vampire.
- Mais… » murmura Kuro ninja en serrant les dents…
Yuko le darda de son regard perçant :
« Tu te sens coupable, n'est-ce pas ?
- Kssss … » souffla Kurogane entre ses dents serrées, avant de se redresser :
« Que le sang de ma famille soit lié à une tragédie, je l'ai accepté. J'assume entièrement cet héritage, et je suis prêt à me battre pour mettre fin à ce cycle. Mais… Pourquoi impliquer les deux gamins ? Ce n'est pas mon sang qui coule dans leurs veines… Alors pourquoi leur infliger une épreuve supplémentaire ? Ces deux gamins n'ont-ils pas assez souffert ?
- Et si tu leur faisais confiance ? Sourit malicieusement Yuko.
- Hein ? s'étrangla Kurogane.
- C'est mignon d'être aussi Papa poule, mais si tu ne laisses pas les petits Shaolans faire du vélo sans roulettes, ils n'apprendront jamais… Parfois c'est utile de se casser la figure…
- Sorcière… Grinça Kuro sous les rires amusés et touchés de Fye.
- … Elle a raison, finit par dire Shaolan clone d'un ton calme et mesuré.
- Oui, affirma l'autre Shaolan, avec plus de vivacité et d'impulsivité, on sait déjà que le pire est arrivé lorsque nous nous sommes affrontés… Mais si Shaolan kun et moi unissons nos forces, je suis sûr qu'l en naîtra le meilleur !
- Ouaich ! s'écria Eungyo en levant le poing. Tous ensemble pour la victoire !
- C'était pas le slogan de l'équipe de France à la coupe du monde ? Demanda Domeki, stoïque.
- Ah… Comme tu nous pourris ce pur moment de motivation de héros de shonen… soupira Watanuki.
- Tiens, vous vous êtes là ? » demanda Bekko, apparaissant à l'entrée de la boutique, flanqué de Chika et Michiru.
« Ah ! Mes amis ! Bienvenue ! s'écria Watanuki en courant vers eux, des étoiles plein les yeux.
- Oh ! Monsieur Kurogane est revenu ! s'exclama Michiru la mimi médium en voyant l'image projetée par Mokona noir. Je suis heureuse que vous alliez bien…
- Heu… Rougit Kuro jusqu'à la racine de ses cheveux, s'étonnant de la gentillesse de cette gamine qu'il ne connaissait même pas.
- Ding ! lança Chika, goguenard. Encore une victime de « l'attaque Kawaï » de Michiru !
- Mademoiselle Kanashimi n'est pas avec vous ? Demanda Watanuki.
- Elle est encore en train d'installer ses affaires à l'internat… La pauvre a bien besoin de se reposer un peu après toutes ses aventures… » répondit Michiru.
Shaolan clone baissa la tête, le regard triste. La dernière fois qu'il avait vu Kanashimi, il l'avait vaincu au cours d'une terrible bataille et abandonné agonisante et en sang à Gloriana…
« Je me hais… Je me hais… Je me hais tellement… » chuchota-t-il tout bas.
Il frémit lorsqu'il sentit la main de l'autre Shaolan lui tenir le bras fermement, avec un regard où brûlait furieusement les mots :
« Tu veux un autre coup de poing dans les dents ? »
Face à cette menace latente, Shaolan clone préféra ne pas poursuivre son auto lapidation… Son double lui glissa alors à l'oreille :
« On ne change pas de soleil. Mais on chasse les ténèbres lorsqu'on allume la lumière…
- C'est vrai », murmura Shaolan clone avec un faible demi sourire…
« Alors, qu'est-ce qu'on a raté d'intéressant en prenant l'épisode en cours ? Demanda Chika.
- Yuko sama veut que les deux Shaolan combattent le dieu dragon en personne, résuma Domeki de son ton monocorde.
- Oh, je vois, dit Chika de son air insouciant en se grattant le nez, c'était pour ça, le jeu de Yi King…
- QUOIIII ? ! »
Alors que tout le monde, à la boutique, regardait Chika d'un air ébahi, Bekko ajusta ses lunettes avant de noter dans un calepin :
« Akatsuki Chika… Cas inquiétant. A eu une subite lueur d'intelligence…
- Non, mais, oh, faut pas quicher… Bougonna le jeune chasseur, outré.
- Yuko, c'est quoi encore cette histoire ? Grogna Kuro ninja.
- Je vais vous expliquer… » répondit à sa place Noa, près de lui…
Le samouraï aux cheveux d'or glissa une main à l'intérieur de son costume et en retira une petite boite de bois laqué, qui contenait 64 petites tablettes arborant des signes kabbalistiques.
« Le yi king est un jeu divinatoire, reprit Noa. Le plus souvent il se présente sous forme de tableau, mais parfois, comme ici, tel des runes. Ichi m'a demandé d'écrire sur chacune d'elle dans la langue de Nihon et de les bénir par mon sang… Le sang du dragon…
- C'est ce que Hageshi voulait à tout prix te reprendre ? Demanda Eungyo.
- Oui. Ce jeu est désormais lié directement au dieu dragon. Toute personne qui l'utilise se verra indiqué le chemin pour le rejoindre le plus vite possible.
- C'est donc une question de temps… Dit le vrai Shaolan en fronçant les sourcils. Shiroï et Hageshi doivent être déjà aussi à la recherche du Dieu dragon…
- Nous arriverons les premiers ! » déclara Shaolan clone, et, inclinant la tête pour le remercier, il prit des mains de Noa le précieux jeu de Yi King.
« Bien. Maintenant nous autres devons nous préparer à cette nouvelle bataille qui nous attends … Dit la Princesse Fu d'une voix inquiète mais déterminée. Tout se terminera à Nihon…
- Je vois… » dit Mokona tristement, oreilles baissées.
Elle serra Marmotte dans ses petites pattes.
« Ma chérie, ne crois pas que je t'abandonne, dit la petite Maman. Tu as fais preuve d'un courage extraordinaire… Je suis tellement fière de toi et je t'aime tellement, tout comme j'aime tes frères et sœurs, et on Papa… Mais si tu restes ici… Je ne supporterais pas l'idée que ut puisses à nouveau être en danger…
- Je ne partirais pas ! protesta Marmotte, les yeux pleins de larmes. Je veux rester avec toi, et Kuro Pépé, et Fye Mémé, et Shaolan… Je peux encore être utile en traversant l'espace et le temps !
- Tu n'es encore qu'un bébé…
- Je serais forte, quelle que soit ma taille !... Non !... Nous serons forts, TOUS ENSEMBLE !
- Marmotte… »
Le petit bébé bondit hors des pattes de sa Maman, et avant que qui que ce soit ait pu réagir, enclencha une de ses 1008 techniques secrètes !
« MOKOMAX GO ! »
Marmotte déploya deux adorables petites ailes couleur noisette dans son dos, comme un angelot…
Et alors… Sous les yeux ronds de l'assistance, une méga distorsion dimensionnelle se produisit tout autour de la petite Marmotte…
« Arrêtes ! Qu'est-ce que tu fais ? hurla sa mère, au milieu des tourbillons furieux.
- Je crois avoir compris… » répondit Yuko, blême… Mais ni elle, ni Clow, ni Bekko ne purent empêcher la même distorsion de se produire à la boutique, et tous les meubles commencèrent à valdinguer dans tous les sens…
« Marmotte ! Cesses immédiatement ce caprice ou tu es privée d'épisodes de l'inspecteur Derrick ! » s'exclama Mokona noir.
Pour toute réponse, il entendit 9 petites voix goguenardes chanter en chœur :
« Deo lud ! Deo lud ! Traversons l'espace et le temps ! »
La seconde d'après, une grande explosion de lumière se produisit à nihon, où tout le monde fut aveuglé par des pastilles de couleur … Tous s'étaient réfugiés les uns contre les autres, redoutant l'étape suivante…
Lorsque le calme revint enfin sur le magnifique palais japonais, que les vents et les remous s'apaisèrent, Marmotte était toujours là, voletant au-dessus d'eux de ses petites ailes, et…
9 autres petits bébés Mokona de toutes les couleurs volaient tout autour d'elle en prenant des poses comme dans un sentaï :
« Je suis Moka et j'ai de l'énergie à revendre, les gars !
- Je suis Melba et je chante même en MP 3 !
- Je suis Margarita et je me douche à la sangria !
- Je suis Mecha, et Code Geass c'est des rigolos à côté de moi !
- Je suis Mecano, et avec des cure dents je fabrique un panama !
- Je suis Megalo et j'aurais une rollex à 50 ans comme Carla !
- Je suis Macarena et j'ai le rythme dans chacun de mes pas !
- Je suis Mikado et je maîtrise l'art des ninjas !
- Je suis Massimo, et je bouffe tout, même ce que j'aime pas !
- Je suis Marmotte… Et je vous ai bien eu, mes potes ! »
Puis, d'une seule voix en mettant leurs pattes les unes sur les autres :
« A nous dix… On est INVINCIBLES … Wiiiiz ! »
Alors que tout le monde, cloué, observait la scène avec des yeux comme des soucoupes, Kuro ninja murmura un « Merde… » qui en disait long…
La seconde d'après, les 10 bébés gueulèrent en chœur : « ATTAQUE VENTOUSE ! » avant de foncer sur lui d'un seul mouvement…
Une heure et demi fut nécessaire pour arriver à décoller les 10 bébés de la tête de Kurogane… Et que Fye le réanime de la plus tendre des manières pour qu'il arrive à s'en remettre…
Bien entendu, personne ne parvint à faire entendre raison aux bébés Mokona, bien décidés à rester auprès de leurs maîtres…
Ce fut une première et rude leçon pour tout le monde : il allaient devoir vaincre le fils du dieu dragon, alors qu'ils avaient perdus contre 10 bébés mascottes kawaï…
Chapitre 46 : Eyes of the tiger
1ere clé
Yuko, Clow et Bekko étaient enfin parvenus à un accord concernant les sessions d'entraînement. Kanashimi, libre de toute obligation scolaire contrairement à ses camarades, était donc celle qui disposait de plus de temps pour s'entraîner. Yuko avait tenu expressément à s'occuper d'elle en personne.
D'une part, cela permettait à la sorcière d'échapper à la tension de plus en plus crépitante d'électricité statique qui se produisait lorsque ses deux prétendants et elle se retrouvaient dans la même pièce.
D'autre part, elle pouvait enfin discuter avec Kanashimi. Tant d'années s'étaient écoulées depuis leur séparation, jusqu'à ces retrouvailles…
« … Même si tu n'interviendras qu'à la fin de la bataille, ton rôle est déterminant, expliquait la sorcière, tournant lentement autour de Kanashimi dans le jardin de la boutique, un verre de saké à la main. Tu es celle qui scellera à nouveau l'âme de Shiroï. Pour que ton sceau libère toute sa puissance, tu dois puiser ton énergie dans le sol, dans le ciel, mais également au plus profond de ton cœur… Ferme les yeux et concentre toi… Vois tu une lueur bleue au fond des ténèbres ?...
- Yuko… Murmura Kanashimi en interrompant son cours…
- Oui, qu'y a-t-il ? Demanda la sorcière d'un bon sourire.
- Lorsque je t'ai quitté… Tu n'étais encore qu'une petite fille, à Gloriana. Que s'est-il passé ensuite ? Ton grand-père, l'archer, le lieutenant, le prince, Yayoi… Que sont-ils devenus ? »
Une ombre imperceptible passa sur le visage de la sorcière…
« Certaines personnes que nous avons connues vivent encore à Gloriana… D'autres, ailleurs… Et d'autres… Ne sont plus. C'est ainsi.
- Que… Que veux-tu dire ?... Yuko…
- Le passé est passé… Et doit le rester, affirma Yuko douloureusement, la gorge plus sèche. Et puis d'autres choses bien meilleures sont arrivées aussi. Mikomi et toi… Tu seras heureuse, petite Sakura chan, dit la sorcière en frôlant le visage de la jeune fille, et ça compte beaucoup pour moi.
- Et toi, Yuko ? Demanda Kanashimi en secouant ses fins cheveux, les larmes lui piquant les yeux. Quand donc auras-tu le droit d'être heureuse ? »
La sorcière ne répondit pas immédiatement, glissant un regard à l'autre bout du jardin, sur la silhouette blonde et longiligne de Bekko. Tellement proche. Tellement loin…
« Tu ressens cette tristesse et cette révolte qui grimpent dans ton cœur ? Demanda-t-elle à Kanashimi. Tu ne dois pas te laisser écraser par cette force mais au contraire la retourner à ton avantage. Utilise cette puissance en l'unissant à tes pouvoirs, déploie tout autour de toi cette énergie comme un bouclier… Allez ! »
Kanashimi eu un mouvement de la tête déterminé, puis suivit les instructions, invoquant tout haut :
« J'en appelle au pouvoir du sceau… Moi, Sakura, Kanashimi, du monde de Firiel ! »
Fermant les yeux, les mains jointes sur son cœur, il commença à émaner de Kanashimi une intense lumière, qu'elle déploya en cercle à ses pieds, formant un étincelant sceau de protection tracé de runes mystérieuses.
« Yuko, insista Kanashimi pendant cet effort… Qu'est-elle devenue, la petite fille que j'ai serré dans mes bras ?
- Continues ainsi, dit Yuko sans quitter son rôle d'instructeur. Je vois… Comme tous les descendants de ta famille, tu maîtrises la magie de la lune… »
Elle voulait rester parfaitement maîtresse d'elle-même et de la situation, mais son masque d'indifférence se fissurait, se craquelait… Un instant, son regard s'égara sur le liquide de son verre de saké, ouvrant une œillère indiscrète à travers les dimensions et le temps…
L'image d'une petite fille aux longs cheveux noirs apparut, serrant comme des peluches dans ses bras un petit loup noir et un petit tigre blanc, l'un faisant tout pour s'échapper, et l'autre ronronnant comme un gros chat…
Et la petite fille riait aux éclats…
« … C'était avant… » murmura Yuko, le regard triste.
Non, elle ne devait pas se laisser aller à la nostalgie et la tristesse. Il leur restait trop peu de temps pour cela…
« … Sakura chan ! dit-elle à Kanashimi. Je vais te montrer comment gagner des secondes en déployant ton sceau, sans avoir besoin de prononcer une incantation ! »
2 eme clé
« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut , dit Bekko au jeune chasseur, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour accomplir les miracles d'une seule chose. Et comme toutes choses ont été et sont venues d'un , par la médiation d'un, ainsi toutes choses nées de cette chose unique, par adaptation. Le soleil en est le père, la lune en est la mère, le vent l'a porté dans son ventre, la terre est sa nourrice et son réceptacle. Le père est tout, sa force est entière si elle est convertie en terre. Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie. Il monte de la terre et descend du ciel, et il reçoit la force des choses supérieures et inférieures. Par ce moyen toute l'obscurité s'éloignera de toi. C'est la force de toute chose solide. Ainsi le monde a été créé… Tu comprends ce que je t'explique, Akatsuki ? »
Un grand courant d'air sembla souffler entre les oreilles de Chika.
« Heu… NON. »
Vlan ! Bekko lui flanqua un brutal coup de rame sur le crâne.
« Mais, heu ! geignit Chika en serrant les dents.
- Ce sont les préceptes du processus de transformation de l'âme humaine en conscience cosmique, crétin !
- Mais j'ai pas de conscience ! J'ai même pas d'intelligence ! répliqua l'adolescent.
- C'est vrai, dit froidement Shito dans son dos, en sirotant sa tasse de thé, le chinois s'étant incrusté à l'entraînement. Une conscience cosmique ?... A la rigueur, une conscience comique, et encore je suis trop généreux…
- Ton soutien inconditionnel me réchauffe le cœur, grinça Chika à son égard.
- Toutes ces paroles ne peuvent pas avoir d'effet sur Chika kun, intervint Michiru à la rescousse de son chéri. Parce que c'est un garçon toujours dans l'action !
- … Avant la réflexion… Insista Shito d'un sourire narquois.
- Oui, dit Chika tendrement à sa Michiru… Enfin, NON ! hurla-t-il à Shito. Je veux dire, le grand blabla, c'est pas pour moi. Moi ce que j'aime c'est bouger ! J'agis et après j'improvise selon la situation…
- On ne peut pas improviser face au sorcier dragon, coupa sèchement Bekko.
- Parce que tu crois que j'aurais le temps de philosopher sur le concombre universel ?
- … Conscience… Chuchota Michiru.
- CONS- CIENCE … Bekko, mon rôle, c'est de me fritter contre le sorcier pour l'immobiliser jusqu'à ce que la troisième clé sépare son âme de son corps, non ? Alors dis moi simplement comment lui péter la tronche !
- Je… Ne suis pas qualifié pour ça… Frémit Bekko avec un lugubre souvenir…
- Menteur ! Tu vas pas me faire croire que toute ta vie tu as compté sur un boulier derrière ton bureau ? rugit Chika. Il y a 27 ans, tu étais à ma place ! Tu as combattu mano à mano ce sorcier ! Tu l'as maîtrisé pour qu'il puisse être vaincu ! »
A ces mots de Chika, Shito s'était redressé, comprenant où il voulait en venir.
« … C'était il y a 27 ans… Chuchota Bekko, mal à l'aise.
- Mr Bekko, dit doucement Michiru, comprenant aussi… Vous êtes assez puissant pour avoir vaincu en combat singulier un sorcier doté de pouvoirs divins… Est-ce que ça veut dire que…
- Non, non, non ! coupa encore Bekko. Je n'étais qu'un gamin presque ordinaire… Avec des dons de chasseur de zombie… Et de passeur d'âmes…
- Il faut être mort une fois pour être chasseur… Fit remarquer Chika.
- Est-ce que j'ai l'air d'un cadavre ? soupira Bekko, agacé.
- Vous avez pris du galon. C'est que vous avez racheté le prix de votre vie pour redevenir humain… Conclue finement Shito.
- Mr Bekko… Vous êtes déjà mort une fois ? Insista Michiru de sa voix si compatissante et avec son regard le plus kawaï…
- Qu'est-ce que ça peut faire ? s'agita le passeur, rouge flamme. Je suis bien vivant, maintenant !
- D'après ce que j'ai compris, tu as été choisis pour être une clé quand tu avais 8 ans, dit Chika en arrivant au but. Ça ne peut signifier qu'une chose… »
Michiru frémit, glacée…
« Mr Bekko… Vous êtes mort et avez dû racheter le prix de votre vie… Alors que vous n'étiez… Qu'un enfant ? »
Le passeur se mit à trembler…
Il retira ses lunettes et ses cheveux volèrent en une pluie d'or sur ses épaules…
« ça SUFFIT ! » s'écria-t-il d'un ton si violent et aride, flamboyant de colère, lui qui était si calme et posé d'habitude, que tout le monde sursauta et se figea dans ses gestes, estomaqué, aux quatre coins de la boutique…
« … Bekko… » murmura Yuko, désolée, à l'autre bout du jardin…
« Hé… Sourit Kanashimi d'un air entendu. Il est beaucoup plus sexy quand il s'énerve, le passeur d'âmes… »
C'était vrai… Ainsi furieux, il irradiait littéralement d'une aura de mystère envoûtant et de danger… Une aura dorée l'enveloppant… Il semblait même rajeunir de 10 ans sous la colère, transcendant sa beauté blonde et éthérée…
« Waow, souffla Watanuki, cloué…
- Regardes ailleurs, grogna Domeki.
- Ah, le petit Bekko se rebelle… » sourit Clow d'un air… Non, décidément, Clow avait toujours l'air pervers, quoi qu'il dise.
« C'est de la baston que tu veux ? Gronda Bekko à l'égard de Chika, en le menaçant de sa rame. Je suis ton gars, dégaine ton arme !
- Eh bien voilàààà… Sourit Chika d'un air satisfait en faisant apparaître son katana. Tu vois quand tu veux, t'es beaucoup plus fun ! » s'écria-t-il en bondissant à l'attaque.
La seconde d'après, les deux blonds échangeaient coup sur coup, à un rythme effréné, comme des fous furieux, bondissant et rebondissant partout comme des boules de flipper…
« En fait, c'est exactement là où CHika kun voulait en venir depuis le début, murmura Michiru, le cœur serré…
- Que veux-tu dire ? Demanda Shito.
- Chika savait que ce n'est qu'en poussant Mr Bekko dans ses retranchements, en le mettant vraiment en colère, qu'il se battrait pour de bon.
- Il veut progresser… A la manière forte ?
- Ce n'est qu'en arrivant à battre Mr Bekko qu'il sera assez fort pour vaincre le sorcier dragon… Et peu lui importe les coups à endurer pour cela… » dit Michiru d'un air triste… Mais elle comprenait parfaitement cette décision de Chika.
« Il a plus de logique que je ne pensais, cette tête de cactus », dit Shito d'un demi sourire, alors que son coéquipier et leur patron se battaient férocement, comme deux fauves déchaînés…
« … Il n'y a vraiment que ce souvenir pour mettre Bekko dans cet état, murmura Yuko avec tristesse… Le souvenir de sa mort… »
Clow ferma lentement les yeux.
Il n'avait jamais osé le dire, mais parfois ce souvenir le hantait aussi, comme un cauchemar…
Même s'il avait à son tour vaincu le meurtrier de cet enfant innocent…
Il n'oublierait ni ne pardonnerait jamais l'état dans lequel il avait trouvé Bekko, à leur rencontre…
Et peu importe si depuis Bekko avait racheté le prix de sa vie, et l'avait continué, devenant adulte à son tour…
4eme clé
« Hey, Clow ! Quelque chose ne va pas ? » demanda Watanuki.
Le sorcier posa son regard sur le jeune homme, un regard un peu perdu, comme s'il l'avait tiré de sa rêverie.
« Tout… Tout va bien… » sourit faiblement Clow.
Et tout à coup, Clow n'avait plus un air pervers, présomptueux ou mystérieux, Clow était… Simplement humain…
« La larme du médium… Tes pouvoirs de clé sont liés à tes sentiments, dit le Prince sorcier au lycéen en reprenant son rôle de professeur. Ne te laisse jamais déstabiliser par les évènements, quoi qu'il puisse arriver…
- Yuko kasa m'a déjà expliqué tout ça, fit remarquer Watanuki. Dit, Clow, je te trouves un peu palot… Tu couverais pas une maladie, des fois ? »
Le Prince sorcier tressaillit, avant de demander avec un sourire poli mais crispé :
« Depuis quand tu te soucies de ma santé, Watanuki ?
- Ben, dans une de tes vies antérieures, t'es bien de la même famille que moi, non ? Et puis si tu as un mauvais rhume, tu ne pourras rien m'apprendre et je serais pas sortit de l'auberge face au sorcier dragon ! »
Le jeune medium tapa dans ses mains :
« … Je sais ! Je connais un super remède à base de plantes ! Je vais aller te préparer ça, Clow… Shizuka, surveilles le pendant que je suis à la cuisine, qu'il n'aille pas embêter Yuko !
- Oy ! » répondit Domeki à son chéri.
Watanuki virevolta d'un pas léger jusqu'à l'intérieur de la boutique, les petites Maru et Moro pendues à ses basques.
Domeki reporta alors son regard analytique sur le Prince Clow, le sondant de manière redoutable :
« … A quel point Kimihiro a-t-il vu juste ? Demanda Domeki à Clow.
- Quelle importance ? Sourit le Prince sorcier , les yeux mi clos, en haussant les épaules.
- Vous avez parlé à Ming Yun de ce que vous souhaitiez pour votre prochaine vie… »
Le visage de Clow s'assombrit.
« … Je n'ai pas beaucoup de temps, dit-il enfin. J'aimerais juste profiter de ce qu'il reste pour réparer au moins quelques erreurs que j'ai commises dans ma vie précédente. Si je me réincarne encore, je ne pourrais pas revenir avant un moment. »
Domeki ne répondit rien, mais son regard était assez éloquent.
« Je sais, dit Clow avec un triste sourire. Je reviens juste au moment où Yuko et Bekko ont enfin surmonté ma mort, et c'est pour mourir encore… Tout ça pour me donner bonne conscience. Je sais bien que je suis égoïste. Ton grand-père me le disait souvent…
- Je n'ai pas à vous juger. J'espère juste que les personnes que j'aime n'auront pas à souffrir de vos agissements. Je ne veux pas qu'il arrive malheur à Kimi. Aussi, quel que soit le temps qu'il vous reste, enseignez lui tout ce qu'il doit savoir pour affronter Shiroï.
- Je n'ai rien à lui apprendre. Dans cette vie, il est bien plus puissant que moi. Et il est bien plus puissant que je ne l'étais à son âge dans ma vie précédente… De nous deux, c'est plutôt lui qui aurait des choses à m'apprendre. Face à Shiroï, la seule chose dont il aura besoin… C'est la force de ton amour à ses côtés. Ta confiance. Si Yuko n'a pas réussit la dernière fois… C'est que je ne croyais pas assez en elle, que j'étais lâche et infidèle… Elle ne pouvait pas avoir confiance en elle, et elle n'avait pas confiance en moi… »
Domeki cligna des yeux.
« Vous comptez le dire à Yuko le temps qu'il vous reste ?
- Non, je suis toujours lâche. Et trop fier. Tu comptes le dire à Watanuki ? »
Domeki eu un demi sourire.
« Non. Il le sait déjà. Il va revenir avec un service à thé. Il vous dira que c'est une tisane contre le rhume, mais en réalité il aura créé un remède pour tenter de soigner le mal qui vous ronge…
- … Q … Quoi ? »
Clow ferma les yeux, se concentrant sur la cuisine de la boutique. Il vit Watanuki non pas en train de manier de la tisane, mais des plantes sacrées, tout en prononçant des incantations de guérison. Watanuki se figea dans ses gestes en devinant la présence de Clow, puis s'agita nerveusement, bouilloire à la main :
« Hé ! Ne m'espionne pas, vieux pervers ! »
Clow rouvrit les yeux avec un sourire ironique mais ému.
« Tu as tout juste, dit-il à Domeki. Tu le connais vraiment bien…
- ça clignote dans ses yeux quand il veut sauver la veuve et l'orphelin, soupira l'archer.
- Décidément, Watanuki ne me ressemble pas. Il est beaucoup trop gentil… Sourit Clow. Toi, par contre … Tu as bien la sagesse d'Haruka… Watanuki, si seulement j'avais plus de temps… »
Le jeune médium revenait déjà de la cuisine, sourire aux lèvres et service à thé sur un plateau…
« … Watanuki… J'aimerais bien voir quel genre d'homme tu deviendras… » murmura Clow.
3 eme et 5 eme clés
Au pays de Nihon du futur, les autres clés s'entraînaient également sans relâche à l'approche du jour de la grande bataille. Personne ne pouvait prédire quand précisément allait se produire l'ultime affrontement contre Shiroï et Hageshi, mais la tension était palpable, emplissant l'air d'une fragrance électrique, et ce ne sont pas les températures glaciales de l'hiver japonais qui allaient atténuer cette funeste impression. La Princesse Fu passait toutes ses journées en compagnie d'Eungyo. Noa et elle n'étaient pas avares en conseils et les répétaient sans lassitude à leurs « jeunes élèves ».
La Princesse Fu était une élève studieuse et appliquée, la « première de la classe ». Elle prenait en compte toutes les remarques qui lui étaient faites et les appliquaient immédiatement. On remarquait, surtout, cette indubitable ressemblance avec Sakura qui lui collait à la peau. Cette même douceur dans les gestes, cette même « docilité », cette même abnégation jusqu'au sacrifice… La Princesse Fu était prête à tout pour son peuple, tout comme Sakura l'était pour ses amis. Et lorsqu'une timide maladresse s'emparait d'elle en présence de Ferio, impossible là encore de ne pas penser à son illustre aïeule…
C'était difficile pour les Shaolan de rester en sa présence. Pour Mokona, Fye et Kurogane aussi, d'ailleurs. C'était comme se repasser un film qu'on a aimé mais dont l'actrice principale a disparue. Ça fait tellement mal qu'on n'arrive pas à la regarder jusqu'au bout…
Fye Shinigami n'avait pas ce problème, ni son Kuro ten'shi d'ailleurs. Dans leur monde, Sakura était une humaine parmi des milliards d'autres et ils n'avaient jamais rencontré le double de Fu. Tout deux étant de surcroît un couple et de parfaits gentleman, ils pouvaient passer des journées entières en compagnie de Fu et Eungyo sans s'attirer les foudres de Ferio et Noa. Ça jacassait même un peu trop entre les filles et Fye shinigami, au grand désespoir de son Kuro ten'shi qui en avait plein les oreilles… Fye shinigami avait aussi un sérieux problème de concentration. Malgré son magnifique visage d'angelot, il était quand même âgé de plus de 10 000 ans. Il n'avait plus rien à apprendre dans son domaine, et beaucoup de mal à intégrer de nouvelles choses concernant son pouvoir de clé. Ses séances d'entraînement étaient un calvaire. Sin Kuro ten'shi , Ferio et Noa en étaient réduits à le poursuivre dans tout le palais de Nihon pour le traîner jusqu'au dojô. Le shinigami s'enfuyait bras en l'air et en miaulant sur tous les tons, comme si on cherchait à attenter à sa vertu… Cela semait une sacré pagaille sur son passage, et ses cris résonnaient partout en un vacarme assourdissant, au point que plus d'une fois on entendit y répondre la grosse voix de Kuro ninja, qui tentait de son côté de maîtriser au calme ses pouvoirs du dragon…
« C'est pas bientôt finit, ce boucan ? rugit-il, sa tête hirsute surgissant de la pièce où il s'était enfermé avec son vampire…
- C'est encore le shinigami qui se moque de nous… Soupira Ferio d'un air fatigué.
- Alors bâillonnez le, cet animal !
- On ne peut pas, il a besoin de sa voix pour s'entraîner…
- Alors ligotez le !
- Dis donc toi, tu ne serais pas un peu le Uke dans le couple ? » ricana Fye Shinigami en passant devant la porte de Kuro ninja.
Celui-ci manqua de faire une attaque cardiaque sous l'impact de la vanne. Son vampire ne vint même pas à son secours tellement il était écroulé de rire. Quand au Shinigami, une fois ses ailes déployées, personne ne parvint jamais à le rattraper…
6eme et 7eme clés
Kuro et Fye connurent un véritable drame parental lorsque les deux Shaolan décidèrent de concert de partir au plus vite à la recherche du Dieu dragon. Même si les deux « gamins » seraient accompagnés d'une solide escorte, le ninja et le vampire ne pourraient se joindre à eux puisque accaparés par leur entraînement de clés. Kuro se rendait vraiment malade de cette situation, Fye tentait de dissimuler ses sentiments sous de faux sourires qui ne trompaient plus personne depuis longtemps…
Finalement, un compromis fut trouvé grâce à la famille Pancake. Mokona accompagnerait aussi les deux Shaolan, tandis que ses bébés resteraient avec Kuro et Fye. Si le combat contre le Dieu dragon tournait très mal, la Mokomax team rapatrierait tout le monde au palais, et si ça tournait encore plus mal, à la boutique à vœux, où se trouvait Mokona noir…
A peine venait-elle de les retrouver que Mokona blanc devait une fois de plus se séparer de ses bébés . Pour elle aussi, c'était une vraie déchirure, même en gardant un lien mental permanent avec eux. Mais elle s'obligea à être forte et sécher ses larmes car c'est aussi pour l'avenir de ses bébés qu'elle accompagnerait les garçons.
Le jour du départ…
Les garçons ne préférèrent pas s'attarder en longs discours.
Shaolan clone s'inclina poliment à la japonaise en murmurant, sourcils froncés :
« A bientôt… »
L'autre Shaolan fit honneur à Eungyo qui était venue leur dire au revoir, en levant en l'air un poing de la victoire :
« Tout ira bien, Mamie !
- Bien sûr mon petit ! Finit tes assiettes et laves toi les dents ! » rit-elle en levant aussi son poing de la victoire.
Kuro ne réussit pas à dire un mot, la gorge nouée, alors il leva aussi le poing (encore plus haut, encore plus loin… Heu non, c'est pas Amel Bent !), histoire de flanquer une bonne tape paternelle sur la tête de chacun des Shaolan.
« AÏEUH ! » répliquèrent-ils.
Il avait oublié que c'était son poing de métal…
« Soyez sages et ne faites pas trop de bêtises ! » rit Fye en passant sa main dans les cheveux des deux garçons, constatant l'amplitude des bosses laissées par son prédécesseur…
« … Et surtout… Soyez prudents… » ajouta Fye d'un air plus sérieux, et les deux garçons approuvèrent en hochant la tête de leur air le plus volontaire.
« Maman revient vite… Le plus vite possible… » répéta Mokona en embrassant 1000 fois ses bébés, avant de faire une attaque ventouse à Fye, Kuro et Eungyo. Quand ils eurent aussi leur compte de bisous, elle bondit jusque sur l'épaule d'un Shaolan, puis sur la tête de l'autre, et tous trois s'éloignèrent à cheval avec leur escorte dans le soleil couchant, comme dans un western…
Les autres restèrent un moment figés, en silence, en regardant leurs ombres disparaître à l'horizon…
« … Tout va bien se passer… Tout va bien se passer… » répétait tout bas Eungyo, les bras chargés de bébés Mokona qui se retenaient de pleurer… Elle aussi, d'ailleurs. Noa arriva pour la soutenir, récupérant une partie des bébés peluches.
« Venez voir, dit-il, la Princesse Fu a des jouets pour vous…
- Wiiiiz ! s'écrièrent les bébés en chœur.
- Ah… Moka… Fais attention à tes frères et sœurs, dit Fye. Eungyo, s'ils sont intenables appelles nous à la rescousse !
- Tout ira bien… » répéta-t-elle avec un faible sourire, comme une prière.
Kuro était toujours statufié et silencieux en fixant l'horizon…
« Kuro chan… » dit tendrement Fye en glissant sa main dans la sienne.
« … Viens, mon Kuro chan… Lui murmura doucement son vampire à l'oreille. On ne peut rien faire pour les enfants pour l'instant…
- … Tu sais combien la route est dangereuse jusqu'aux montagnes ? Demanda enfin le ninja d'une voix blanche.
- Ils sont TRES forts et bien accompagnés…
- … Et les nuits sont atroces en altitude…
- Ils ont surmonté bien pire épreuve que ça…
- … Et si la communication avec Mokona ne marche plus ?
- Elle a une super boucle d'oreille, maintenant…
- Mais elle est toute ronde, et toute molle, elle va se faire bouffer tout cru… Il paraît que les prédateurs adorent la viande de Mokona…
- Il paraît qu'on a vu une vache voler dans l'espace…
- Fye ! Ne plaisante pas ! Tu te rends compte que c'est le Dieu Dragon que les gosses vont affronter ? Le Dieu Dragon§ Tu sais qu'on est sensés s'y mettre à sept pour battre son fils ? Alors lui qui est encore plus balaise, qu'est-ce qu'il va faire à nos enfants ?
- Kuro Choupi… Fondit Fye, attendrit… Tu as dis « nos enfants »…
- Eh bien tu veux entendre un truc encore plus énorme ?... J'ai peur… Murmura Kuro, un voile dans la voix.
- Ooooh… Mon Kuro marshmallow… »
Fye l'embrassa de tout son amour pour le rassurer et le réconforter.
« … C'est normal que tu aies peur… Moi aussi, j'ai peur pour eux… Mais ce n'est pas ainsi que nous les aiderons. On doit avoir confiance en eux, et les soutenir de toutes nos forces. Où qu'ils soient, j'en suis sûr, ils nous entendront. Et ils nous reviendront très vite, après avoir réussit leur mission. J'en suis sûr. Quand j'ai cru t'avoir perdu, j'ai tellement pleuré et en même temps, j'espérais avec l'espoir des fous que tu reviendrais… Et tu es revenu… Alors faisons aussi notre maximum de notre côté pour que tout finisse bien.
- Mais le Dieu Dragon…
- Honey Chan, je sais que c'est le Dieu le plus puissant de ton pays, mais je te le promets : s'il touche à un cheveu des enfants, je lui arrache ses écailles une par une à la pince à épiler…
- Tu… Quoi ? se récria Kuro, les yeux ronds.
- Tu crois que c'est comme le crocodile ? Qu'on peut en faire des bottes ou un sac à main ?
- Pourquoi tu voudrais d'un sac à main ? Et je te rappelle que moi aussi j'ai du sang du Dieu Dragon !
- RRRR … Ronronna Fye en dévoilant ses crocs. Pour un reptile, t'as plutôt le sang chaud, mon Kuro croco…
- Serait-ce une métaphore signifiant que c'est l'heure du dîner ?
La seule réponse de Fye fut une tendre morsure dans la chair de son bien aimé…
Aussi cruelle soit-elle, cette légende des sept clés contre le sorcier dragon avait apporté au moins une chose de bien et d'inédit dans leur relation…
Fye enseignant la magie à Kurogane, c'était une grande première !
La magie… Ce mot qui était resté tabou pendant tellement de temps, ce mot réceptacle de tous les secrets, toutes les souffrances endurées par Fye…
Tout au long de leur voyage à travers les dimensions, Fye avait put observer Kurogane s'entraîner des milliers de fois au Katana… Et quand il n'avait pas de Katana, il s'entraînait avec tout ce qui lui tombait sous la main : un bâton de Kendo, une branche un balais brosse, Mokona …
Mais Fye n'avait jamais pu prononcer un mot sur le long apprentissage de la magie, un apprentissage qui dure des années…
Kuro n'avait pas des années pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs du dieu dragon. A peine quelques jours…. S'ils avaient de la chance, quelques semaines tout au plus…
Sans oublier un élément que le ninja n'avouerait jamais mais que Fye ressentait car il le connaîssait jusque dans son âme : Kuro avait peur. Il était aussi perdu et déstabilisé qu'un enfant devant une situation totalement insensée pour lui, qu'il ne maîtrisait pas… Kuro est un homme aux pieds bien ancrés dans la terre, il y puise sa force, comme un arbre au tronc solide, mais ses branches s'élèvent vers le ciel, cet ailleurs qu'il redoute mais qui l'attire inéluctablement… Il ne voulait pas quitter Nihon mais s'était retrouvé embarqué dans un voyage inter dimensionnel… Sa soif de force s'était muée en parcours initiatique… Et Fye, dont la seule vue lui avait donné des envies contradictoires à leur rencontre, il en était tombé éperdument amoureux…
Kurogane…Les astres ne mentent pas… Né en septembre du signe de la vierge…
Signe de la terre, la terre noble et fertile de Suwa…
Sous un ciel pluvieux, ouvert sur l'infini…
C'était déjà un pas en avant de lui apprendre cela.
« La terre est l'élément qui domine en toi. La terre et l'eau qui coule en elle, source de vie. Ce sont tes éléments mère, ta sécurité. Si jamais ta magie t'échappait, recherche leur contact et tes pouvoirs seraient immédiatement apaisés…
- Et toi, Fye… C'est l'air, ton élément mère ?
- Tu as deviné ? Sourit-il.
- Je n'ai aucun mérite. C'était assez évident…
- La terre et l'eau… Est-ce que ça voudrait dire… Que votre dieu Dragon n'est pas du genre à cracher du feu ?
- Oui, d'après la légende, ce serait un dragon d'eau… Ah, avec leurs flammes, ils vont rigoler, les petits… Dire que Sakura savait parler avec l'eau… Ouais enfin, dans mon village y'avait une vieille qui savait parler aux plantes, mais on s'est vite rendu compte que c'est parce qu'elle les fumait…
- Kuroooo… Tu vois, tu te braques encore. L'ironie pour combattre ton appréhension à utiliser la magie…
- C'est pas… Un réflexe… Pour moi. C'est comme si je te disais d'aller soulever une hache de 50 kilos et me couper des baobabs…
- J'irais plutôt me faire un thé pendant que je t'admirerais couper du bois à ma place tellement tu es beau en plein effort… Et musclé … Et serviable…
- La magie, c'est la hache, et Shiroï, le baobab…
- Dans ce cas là, tu n'as que deux solutions, mon Kuro. Ou bien tu penses trop en ninja, et tu oublies immédiatement tout ce que tu as appris pour pouvoir penser en magicien, ou bien tu adaptes ta pensée pour pouvoir utiliser la magie, mais en restant un ninja.
- Option B, bébé…
- Dans ce cas là, c'est exactement comme pour ton nouveau bras, dit le vampire en effleurant la prothèse de son amant. Si tu penses « Katana » il se transformera en katana. Il en est de même pour la magie. Elle sera ce que tu lui dis d'être. Elle sera ce que tu ressens. Tant que TU décides, elle sera ce que TU veux. A aucun moment elle ne doit être celle qui mène la danse. Tu es le meneur.
- Je suis le meneur…
- Bien, dit Fye avec un sourire matouesque, il n'y a qu'un moyen d'exercer la magie, c'est de la mettre en pratique ! Allez, mon grand, attaque moi !
- Mais… Non ! s'étrangla Kuro. Je commence à peine ! Et si je te blessais ?
- Primero : Je ne suis pas en sucre, Secundo : C'est toi le meneur. Il ne m'arrivera rien si c'est toi qui guide ta magie, et il ne m'arrivera rien parce que j'ai confiance en toi, et que TU as confiance en toi, OK ? »
Est-ce que Kuro était vraiment en mesure de contester Fye ?
Quoi qu'il lui demande, ses désirs seraient toujours sa volonté…
Plus que sa peur de ne pas maîtriser la magie, Kuro avait surtout peur de blesser Fye et tous ceux qui lui étaient précieux en ne la maîtrisant pas…
Il devait donc envisager la magie comme le moyen de protéger ses êtres chers, et non celui de les blesser…
Si tu penses Katana, elle sera Katana…
A partir de cet instant, Kuro fut l'élève le plus assidu et appliqué qui se puisse imaginer. Et comme il était naturellement doué, il fit des progrès remarquables en très peu de temps…
Kuro ne serait jamais magicien. Il est et resterait à jamais ninja. Mais avec ce que Fye lui enseignait, il arriverait à s'en sortir avec de la magie entre les mains…
Les journées d'entraînement passaient trop vite. Il faut dire que les arrière grands-parents de Kuro leur faisaient aussi des cours magistraux sur le statut de clé, et Noa était un prof particulièrement pointilleux. Même en passant tout leur temps ensemble, il n'en restait que trop peu à Kuro et Fye pour leur amour. A la fin de la journée, ils étaient tellement harassés par l'entraînement qu'ils avaient tout juste la force de se traîner jusqu'à leur lit pour s'y endormir aussitôt, tendrement enlacés. Même si c'était des bulles de bonheur en comparaison des souffrances qu'ils avaient endurées durant leur séparation forcée, ils avaient besoin de plus, tellement plus…
Aussi, lorsqu'un matin, Fye s'éveilla en mode pilote automatique, accomplissant les mêmes gestes que la veille en pensant à la longue journée de travail qui les attendait, son œil de vampire s'arrondit de surprise lorsqu'il se sentit soulevé de terre par Kurogane, qui le jeta en travers de son épaule…
« Mais… Kuro Pon ? rit Fye tendrement, surprit de cette initiative mais tout autant séduit…
- Ce matin je t'enlève, on fait le mur et on sèche les cours ! déclara solennellement Kurogane en ouvrant tout grand la fenêtre d'une main, l'autre posée sur Fye en équilibre sur son épaule.
- Yuuuu ! J'adore cette perspective, sourit Fye d'un air gourmand, mais on va s'enfuir comme des cambrioleurs ?
- C'est plus discret… »
Et ni une, ni deux, tel le chevalier s'échappant avec sa gente dame de la tour, Kurogane kidnappa Fye en passant par les toits du palais de Nihon, qu'il connaissait par cœur (il avait un casier judiciaire de forfaits de jeunesse plutôt long à son actif, Tomoyo et Soma pourraient en témoigner), bondissant avec légèreté, mais pour la discrétion c'était raté, tout le monde les avait repérés…
« Hé ! Où comptez-vous vous esquiver ainsi ? s'écria Noa, et il dégaina son katana, fendant une poutre sur laquelle les amoureux avaient pris appuis.
- On part en lune de miel ! rit Fye, toujours porté par Kurogane, qui avait déjà dépassé l'obstacle pour bondir sur un autre…
- ça ne se passera pas comme ça ! rugit Eungyo en se lançant à leur poursuite, les mitraillant à coups de cailloux qu'elle ramassait sur sa route…
- Mais… Mamie ! s'étrangla Kuro en évitant les projectiles et protégeant Fye tout à la fois…
- Reviens apprendre tes leçons, garnement ! »
Comme elle n'arrivait pas à les rattraper, elle fit signe à Ferio, et le jeune homme lança toute une série d'étoiles de ninja que les amants en fuite évitèrent de justesse. L'une d'elle se planta même dans un minuscule espace entre les jambes de Kurogane.
« Héééé ! Ne touchez pas à mon bandit manchot ! s'égosilla Fye.
- Tu me compares… A une machine à sous ? s'étrangla Kurogane.
- Chaque fois que j'appuie sur le levier je touche le jackpot !
- Sur le… Levier ?... Oh, Fye ! » rougit Kuro comme un gyrophare.
« BAOM ! »
Il y eu une violente explosion qui fit voler en éclats une partie d'un toit, mais les amants s'étaient déjà réfugiés sur un autre.
Dans les volutes de fumée, ils virent voler dans le ciel Kuro ten'shi, des sphères de magie dans les mains :
« Nul n'échappe au jugement céleste… Dit-il d'une voix lugubre.
- Non mais t'es avec nous ou contre nous ? s'étrangla son double ninja.
- Désolé les gars mais si Eungyo et Noa s'acharnent sur vous, c'est moi qui pourrait être tranquille avec mon Fye … Alors le choix est vite fait…
- Ah, traître ! Et ça se dit ange gardien ! »
Ils échappèrent encore à plusieurs explosions, puis c'est Fye shinigami qui leur donna la course, sa faux à la main :
« Alleeeez… Revenez… Dit-il d'une voix mielleuse… Et j'épargnerais vos âmes !
- Ils sont fous… Ils sont tous fous ! »
Kuro et Fye parvinrent quand même à échapper à leur foule de poursuivants, atterrissant au sol… Pile devant la Princesse Fu.
« … Comme tout ceci est romantique ! s'exclama celle-ci d'un éblouissant sourire made in Sakura chan, avec fleurs et pastilles de lumière shojo virevoltant autour d'elle…
- Romantique… Répétèrent les KuroxFye d'une seule voix, avec un sourire beaucoup plus forcé, venant d'échapper dix fois à la mort et la castration.
- Ne le dites pas aux autres mais je suis de votre côté ! »
Et elle tira sur des rênes, faisant s'avancer vers eux un magnifique cheval au pelage luisant et noir.
« Princesse Fu, soyez bénie, vous êtes une sainte ! » eu à peine le temps de la remercier Fye que Kuro l'embarquait déjà sur sa monture.
« Merci ! » lança le ninja avec reconnaissance à la Princesse avant de déguerpir au triple galop…
« Kuro chan ! rit Fye tendrement, cheveux au vent, en s'agrippant à son ninja, je voulais te dire… »
Il n'eu pas le temps de finir sa phrase… Une distorsion dimensionnelle se produisit dans l'air, juste au-dessus d'eux, et les dix bébés Mokona leurs tombèrent en pluie sur la tête !
« Mais ! bouda Kuro, alors que Margarita était déjà en train de picoler pile entre les oreilles du cheval, c'était sensé être une fugue en amoureux !
- Eh bien ce sera une sortie familiale ! ricana Moka.
- Y'a à manger pour 12 ! » rit Massimo de son accent sicilien en faisant surgir de sa bouche un énorme panier pique-nique.
Et alors que tous les bébés s'installaient en profitant de la ballade, sur leurs têtes, leurs épaules et le cheval, Kuro soupira avec un demi sourire :
« Après tout… Ils l'ont bien mérité… » dit-il alors que Marmotte ronflait, après s'être cachée dans le col de son costume…
Kuro effleura la main de Fye agrippée à sa taille :
« Qu'est-ce que tu voulais me dire, Suki ? »
Le blond eu un doux sourire en enfouissant son visage contre le dos protecteur de son amant :
« … Merci d'être revenu, mon amour… »
Ils arrivèrent très vite au but de leur escapade.
« Regardes, dit Kurogane en aidant Fye à descendre de cheval, nous y sommes… Eoshima… »
Le blond eu le souffle coupé par la magnificence du paysage balayé par les vents. Les dix bébés Mokona s'échappèrent en riant, se dispersant sur la plaine verdoyant à l'infini, en direction du bleu des lagons et du blanc des glaciers…
« Ce blanc… Murmura Kuro… Et ce bleu…Quand je t'ai rencontré, tu m'as fait penser à Eoshima…
- Je le prends comme un compliment ! » rit Fye tendrement, qui portait justement une magnifique tenue blanche en donnant la main au ninja.
Les bébés riaient aussi, courant partout parmi les fleurs…
« D'après la princesse Fu, c'est ici que nous avons construit notre maison… Elle a disparue après nous car nous voulions conserver ce paysage intact… Expliqua Kuro.
- Notre maison… » murmura Fye, songeur.
Il se mit à tournoyer, faisant de grands gestes.
« Alors là ce sera l'entrée… Et ici, une grande terrasse en bois, à la japonaise…
- Tu oublies la cave pour le saké…
- Ivrogne ! … Là, il y aura une grande pièce où on pourra recevoir du monde…
- De plein pied ou en étages ?
- Ah… Je ne sais pas… Il faudra prévoir plusieurs chambres…
- La notre…
- La chambre d'amis… Hum… Les chambres d'amis…
- Les chambres des enfants…
- Une pour chaque enfant !
- Attends… En plus des ShaoxSaku et des Mokonas… On est partit pour adopter au moins quatre autres enfants, non ?
- Minimum ! … C'est plus une maison, c'est un hôtel !
- On n'a qu'à ouvrir un ryokan…
- Kuro !
- Y'a des sources chaudes pas loin…
- Je ne te vois pas du tout tenir un ryokan… Sauf si tu viens me servir le saké dans mon bain, seulement revêtu de quelques gouttes de parfum…
- D'accord… Alors, on n'a qu'à improviser… C'est ce que font certains oiseaux. Ils bâtissent leur nid, puis l'agrandissent année après année à chaque naissance…
- Bingo, mon Kuro Zozio ! »
Fye se jeta en riant dans les bras de son ninja, et ils tournèrent sur eux-mêmes avant de se laisser chuter au sol. Le ciel était du bleu le plus parfait qui se puisse imaginer…
« J'espère que tout va bien pour les garçons, dans la montagne … Murmura Fye, soudain plus inquiet…
- Ils vont bien… Regarde comme les petites boules de poils s'amusent… Ils ne le feraient pas s'ils sentaient que ça ne va pas du côté de Mokona…
- … Tout arrivera pour de vrai, Kuro chan ?... Notre retour à Nihon… Notre Nihon… La maison à Eoshima… Les enfants… Dis moi qu'on survivra à cette bataille… Et toutes celles d'après… Pour réaliser nos rêves…
- Suki… »
Il attira le corps fin et léger de son blond vers le sien, l'enlaçant et l'embrassant de tout son amour…
« Je ne trahirais pas une seule des promesses que je t'ai faite… Nous sommes déjà unis par le cœur, par le sang, liés jusque dans nos âmes, dit-il en embrassant le fil noir qu'il avait noué au doigt blanc de son amant… Mais j'ai juré de t'épouser à Noël. Et s'il faut pour cela vaincre un sorcier dragon, le roi des shinigamis, un gros barbu ou un dieu en personne, traverser les dimensions et le temps dans tous les sens et défier encore mille fois la mort, je t'épouserais…
- Même si je te prépare de délicieux desserts avec 100 grammes de sucre ? Minauda Fye.
- Même si ta cuisine est infâme.
- Et la tienne, alors ? Espèce de mangeur de poisson cru !
- D'accord… Evitons le sucre et le poisson au banquet…
- Hyyyyu ! Un mariage sans saumon fumé et sans pièce montée ! » rit Fye en se lovant plus étroitement encore contre Kurogane.
Leur baiser suivant fut encore plus délicieusement brûlant et intense… Les parfums de la nature les cernaient, éveillant leurs sens… Ils sentirent leurs pouls s'accélérer en cognant au même tempo et leurs chairs se raidir plus que la décence ne l'approuve…
« … J'ai envie de toi… » souffla Kurogane d'une voix chaude, rauque, et suavement excitante à l'oreille d'un Fye totalement liquéfié de désir entre ses bras…
« Ouh… Jackpot ! » annonça le blond d'un sourire exquisément gourmand lorsque sa main baladeuse rencontra l'objet de sa tentation…
Le brun fit un effort surhumain pour tempérer ses ardeurs :
« Malheureusement… Il y a certaines activités ludiques que des grands-parents ne peuvent en aucun cas exercer en présence de leurs petits-enfants… » dit-il en désignant les bébés Mokona qui jouaient tous ensemble à bonne distance d'eux, mais qu'il fallait tout de même protéger de leur impudeur…
« ça ira… Sourit Fye… J'arriverais à t'attendre jusqu'à ce soir… Tout va bien… Tant que tu es là… »
Et en attendant ce délicieux rendez-vous, ils restèrent là, étendus enlacés dans leurs projets d'avenir, et parvenant quand même à défier la vigilance de leur escorte pour é changer discrètement quelques brûlantes caresses qui avaient le parfum enivrant du plaisir, et le goût savoureux du rêve éveillé…
Chapitre 47 : Vous reprendrez bien du dessert ?
Pays du Japon Moderne
Alors que l'entraînement des clés atteignait son niveau ultime, Watanuki fut rattrapé par une autre de ses prérogatives :
« C'est demain, dit-il… LE CONCOURS DE CUISINE !
- Quoiiii ? s'étrangla Kanashimi, outrée, tu comptes nous laisser en plan avec le love triangle de vieux coincés pour aller jouer les petits chefs ?
- Mais je n'ai pas le choix ! geignit Watanuki. Les bourses d'étude des élèves pauvres du lycée dépendent de ma victoire !
- Ce sont des VIES qui dépendent de notre victoire contre le sorcier dragon ! Et c'est toi qui sera notre bouclier durant cette bataille ! » rugit la petite magicienne en menaçant de frapper le malheureux Watanuki à coups de bottes cloutées taille 39.
Domeki arrêta son geste, le regard noir.
« Il ne s'agit que d'une journée, et je resterais auprès de lui. Nous ferons le plus vite possible pour revenir à la boutique.
- C'est trop facile de vous esquiver ! Vous ne comprenez pas que chaque seconde de perdue nous sera fatale contre Shiroï ?... Chika, Michiru, dites leur ! »
Les yeux de Chika s'étaient arrondis, remplis d'étoiles, un sourire gourmand et radieux s'étalant sur son visage :
« Un concours… De cuisine ?... ça veut dire qu'il y aura de la bouffe gratuite ?... Dites, je peux me taper l'incruste ?
- Oh oui, renchérit sa Michiru, en mode kawaï puissance 10, levant des bras enthousiastes en l'air tandis que des guimauves roses virevoltaient tout autour d'elle sur une chanson de An Cafe, allons encourager notre ami Watanuki (et profiter charitablement d'un repas totalement gratuit !)
- … Pourquoi j'ai demandé l'appuis du couple de gnangnans pique-assiettes ? » soupira Kanashimi en se frappant le front. En désespoir de cause, elle se tourna vers Yuko :
« Je t'en pries … Fais quelque chose pour les convaincre…
- En temps normal, j'accepterais, mais nous ne sommes pas les seules personnes envers qui Watanuki a des responsabilités. Et puis, après un entraînement aussi acharné, une journée de repos ne vous serais pas négligeable…
- Je ne me reposerais qu'une fois morte et enterrée ! » hurla férocement Kanashimi, ulcérée, avant de courir chercher Clow pour qu'il poursuive son entraînement, vu qu'il était l'ancienne première clé…
« Pou…. Pourquoi a-t-elle réagit aussi violemment ? Murmura Michiru en tombant des nues.
- Il faut la comprendre, dit Bekko en se joignant au groupe. (Shito, lui, n'était pas venu car il avait un rencard…) Quelqu'un a anéantit son monde et massacré toute sa famille… Cette fois, elle ne veut pas perdre face à un autre ennemi tout aussi potentiellement dangereux…
- … Sakura chan… Murmura Yuko, le regard triste…
- On va lui prouver qu'on ne la laissera pas tomber ! dit Chika de son air le plus volontaire, en dégainant son katana. Watanuki, tu viens t'entraîner avec moi ?
- Entendu, sourit le médium.
- Et puis si on s'entraîne deux fois plus aujourd'hui, on pourra glander demain !
- Dis donc, t'es fort en maths, toi… »
Entre rires et vannes, les deux garçons activèrent leurs pouvoirs de clé au milieu du jardin de la boutique, et se mirent à batailler à toute vitesse…
« … J'ai… Du mal à les suivre tellement ils sont rapides… S'étonna Michiru, qui avait pourtant une vue largement supérieure à la moyenne…
- C'est parce qu'il y a une bonne connivence entre eux, dit Yuko. Les troisième et quatrième clés sont en général d'excellents équipiers… »
Elle rougit en échangeant avec Bekko un regard lourd de sens.
« Des confrères, hein ? Demanda le passeur, un peu ironique.
- Hum… Mokonaaaa ! s'esquivant la sorcière en appelant la boule de poils, tu pourrais m'apporter une bouteille de saké ? »
Bekko s'éloigna aussi, avec un soupir à fendre l'âme…
« Hum, on dirait qu'il n'est pas encore prêt à lui donner… » murmura Michiru, songeuse…
Elle remarqua que près d'elle, Domeki regardait avec des yeux inquiets l'entraînement de Watanuki…
« … Domeki kun ? Demanda gentiment Michiru. Il y a quelque chose qui…
- Il fait tellement d'efforts… Mais je deviens fou à l'idée que je ne pourrais pas être à ses côtés lorsqu'il va affronter ce sorcier…
- Oui, moi aussi j'aimerais tellement faire plus pour mon Chika » soupira Michiru, désolée…
Mais Domeki ne répondit rien, et la jeune fille frémit avec un bien oppressant et douloureux pressentiment…
…
« BIENVENUE AU GRAND CONCOURS CULLINAIRE INTER LYCEE ! »
Toute l'école Juji était en ébullition à l'occasion de cet évènement. L'ensemble du bâtiment et de ses terrains avaient été décorés à cette occasion, de nombreux stands avaient été dressés, et une foule de gens, élèves comme personnes extérieures à l'établissement, s'y croisaient en discutant… Cela ressemblait beaucoup à la journée « portes ouvertes »…
« Tu stresses ? » demanda Domeki en aidant Watanuki à nouer son tablier aux couleurs de l'école pour le concours, le couple s'étant isolé dans la salle des travaux ménagers avant la compétition.
« Au pire, je pourrais toujours leur faire un milk-shake ! » tenta de rire le medium, tellement nerveux qu'il en tremblait comme une feuille.
« Tu n'as pas à t'inquiéter, tu es le meilleur cuisinier au monde !
- A ton goût… Pas celui du jury… Marmonna Watanuki, maussade.
- On fait un pari ? »
Watanuki ouvrit des yeux ronds. C'était bien la première fois qu'il entendait Domeki prononcer ce genre de phrase… Il était si sérieux… Les jeux de hasard, trop peu pour lui…
« Quel serait l'enjeu … De ce pari ? » demanda Watanuki, de plus en plus nerveux.
Domeki lui prit délicatement la main, embrassant ses doigts avec une sensualité qui ne pouvait qu'accentuer encore plus l'électricité statique dans la pièce…
«Si tu gagnes le concours… Tu pourras me demander absolument TOUT CE QUE TU VEUX…
- Ke… WAAAA ? » hulula Watanuki, rouge flamme et sur le point de partir en panique puissance 50, initiative interrompue par Domeki, qui le retint solidement entre ses bras. Même en partageant avec lui une sexualité passionnée, même après toutes leurs étreintes enivrantes d'extase, Watanuki avait toujours les sens qui lui tournaient telle une jeune fille en fleur lorsqu'ils avaient ces conversations chaudes comme la braise…
« … Tu ne veux pas ? Chuchota Domeki en parcourant le cou diaphane du medium de baisers brûlants…
- Oh si, je veux, je veux… Souffla Watanuki en glissant une main impudique sous la chemise blanche de son amant… Vraiment TOUT ?
- Est-ce que je t'ai déjà refusé quelque chose ? Demanda l'archer en lui mordillant l'oreille…
- Mmmm… Je crois que je vais vraiment avoir du mal à me concentrer sur la cuisine si c'est toi qui me dévore des yeux depuis le public… » avoua Watanuki en embrassant le torse de Domeki à travers sa fine chemise qu'il déboutonnait…
Il sentit soudain Domeki devenir moins chaud… Plus sérieux, entre ses bras.
« Je… Je ne pourrais pas rester pour te regarder, pendant la compétition… Dit-il, la voix soudain plus nouée.
- Shizu…
- Il y a quelque chose que je dois faire. C'est important. Pour nous deux… Mais je suis prêt à tout pour me faire pardonner mon absence…
- Idiot ! rit Watanuki, ses mains glissant en une caresse depuis le torse jusqu'à la chevelure de Domeki. Je comprends, tu sais… C'est encore le club d'athlétisme qui te cherches des ennuis ? Ne t'inquiètes pas… C'est peut-être mieux ainsi. Je serais sûrement moins fébrile et gaffeur si tu n'es pas là pour détourner mon attention ! »
Une lueur étrange passa dans le regard de Domeki.
« Kimi… Tu as eu des visions ou des prédictions, récemment ?
- Oh, non ! Pas depuis toutes ces journées d'entraînement, je dirais… J'ai l'impression que mon pouvoir de clé se nourrit de tous les autres… Je n'ai pas de flashs car mon don est fatigué…
- Ne te surmènes pas trop… Demanda Domeki en lui frôlant tendrement la joue.
- ça ira ! Je dois juste remporter ce concours, et après je serais libre de te demander tout ce que je veux … » répondit malicieusement Watanuki, son dernier mot se perdant dans un baiser à perdre haleine…
… La seconde d'après, le couple se recevait un saut d'eau glacée en pleine poire !
« Voilà de quoi calmer vos humeurs ! s'écria Loreena, écumante d'une colère flamboyante sur le pas de la porte, tandis que ses larbins portaient ses affaires de cuisine. Wata chouchou ! C'est pas le moment de jouer au docteur ! La compétition démarre dans cinq minutes !
- Mais on ne jouait pas… Répliqua Domeki d'un demi sourire ironique.
- L'accès aux stands du concours est exclusivement réservé aux candidats ! » rugit Loreena, sa chevelure rousse brûlant des mêmes reflets que les flammes de ses yeux, et elle saisit Watanuki par le col, l'arrachant avec une force de tigresse aux mains de Domeki pour le traîner jusqu'au lieu de la compétition…
Watanuki ne put même pas dire un dernier mot à Domeki que la rouquine incendiaire le trimballait déjà partout dans l'école sous les yeux de tout le monde… On aurait dit la fameuse image où l'homme des cavernes se promène en tenant sa femme par les cheveux, sauf que là, pour la circonstance, la femme, c'était Watanuki…
Le malheureux medium ravala sa fierté outragée en arrivant devant le stand où il allait devoir cuisiner, devant s'assurer avant la compétition du bon fonctionnement de tous les ustensiles…
« Qu'est-ce qu'y a mon Wata chouchou, tu boudes ? demanda Loreena alors qu'il ne la regardait même pas.
- On ne se fait pas aimer de quelqu'un par la force » dit le Président du comité des élèves en arrivant à son tour, rappelant ainsi qu'il était le troisième membre de l'équipe pour le concours.
« Tu… Portes toujours un brassard noir après tout ce temps ? se récria Watanuki, sidéré…
- Je ne suis pas le seul… » répondit le garçon en désignant le public. La majorité des élèves venus encourager l'équipe Juji, qu'ils soient filles ou garçons, arboraient tous des brassards noirs, certains même avec des photos de Watanuki et Domeki…
« Ils haïssent vraiment tous notre couple », pensa Watanuki en sentant son cœur se serrer douloureusement. Loreena l'avait arraché à Domeki trop brutalement, et tout à coup il se sentait… Etrangement inquiet… Angoissé, même… De ne pas le voir, même de loin…
Soudain, au milieu du noir des uniformes scolaires qui dominaient la salle, Watanuki remarqua une chevelure claire, presque lumineuse.
« Oh ! Mais c'est l'adorable petite Kohane chan !... Je vois ! Elle est venue avec Himawari ! » ajouta-t-il en apercevant les boucles brunes, sur lesquelles contrastaient le plumage de Tampopo…
Les deux filles firent au loin un mignon signe de la main à Watanuki, qui leur rendit un sourire adorable…
« … GRRRR … » fulmina Loreena entre ses dents.
Watanuki ne releva pas son attitude, car il ne voulait causer de tort ni à Kohane et Himawari, ni à Loreena…
Elle était déjà suffisamment malheureuse comme ça…
« Hum ?... Michiru chan et Chika Kun devaient venir, aussi… » murmura Watanuki en parcourant la salle du regard…
Il finit enfin par remarquer le couple de chasseurs de zombie…
Pendant que Michiru hypnotisait les gens en leur décernant son sourire le plus « trognon- kawaï- qu'elle est tellement chou que tu en as des étoiles dans les yeux », Chika en profitait pour vider toutes les assiettes qui croisaient leur route en enfournant leur contenu dans un sac. Et le pire, c'est qu'on entendait clairement le couple faire ses comptes à chaque aliment qui rejoignait le sac :
« Oh ! Une brochette de Teriyaki !
- 75 yens de gagnés ! »
Loreena et ses larbins ouvrirent des yeux ronds, comme tous ceux qui les regardaient, d'ailleurs.
« C'est qui ces… Aspirateurs ?
- Je ne sais pas, je ne les connais pas… » mentit ouvertement Watanuki, vert de honte…
Un élève de terminale arriva, fagoté comme un présentateur télé et micro oreillette sur la tête.
« Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs ! Bienvenue au grand concours inter lycée de la cuisine ! La compétition se déroulera en trois manches. Lors de la première, les 25 équipes de 3 personnes devront réaliser une entrée en un temps limité. Le jury décidera alors des 10 équipes retenues pour l'étape suivante. Cette fois ci elles s'affronteront, toujours en un temps limité sur un plat principal. Le jury désignera alors les deux équipes finalistes qui s'affronteront lors de la grande finale en réalisant un dessert. Petite précision : pour chaque recette, les équipes auront pour obligation d'utiliser seulement 4 ingrédients. Ni plus, ni moins ! Le sel et le poivre ne comptent pas comme ingrédients et peuvent être utilisés a volonté ! Hormis le sel et le poivre, aucune des équipes ne possède les mêmes aliments qu'une autre dans le panier surprise qui lui est proposé ! »
Ces changements de règlement de dernière minute semèrent la panique parmi les participants, un murmure balayant la salle comme une vague.
« On peut oublier le gâteau en forme de dragon, dit le président du comité des élèves. On n'aura jamais le temps ni les ingrédients !
- Wata chouchou, sort nous de là ou les carottes sont cuites ! se liquéfia Loreena…
- Je suppose que je n'ai pas le choix », soupira le jeune spirite…
Il chercha encore du regard Domeki dans la salle, sans évidemment le trouver. Mais Himawari et Kohane étaient là pour l'encourager :
« Allez Watanukiiii ! »
Michiru et Chika se joignirent bientôt à eux.
« Watanuki kuuuun !
- C'est aussi votre ami ?
- Oui ! »
Les trois filles sympathisèrent aussitôt, ce qui arrangea bien les affaires de Chika, maintenant elles étaient trois à hypnotiser le monde, entre Michiru Kawaï, Kohane l'innocence qui réveille ton sister complex et Himawari le fantasme aux gros seins…. Et pendant ce temps là, Chika continuait de vider les assiettes dans le sac !
« Vraiment, je me demande pourquoi Michiru m'a dit une fois que je ressemblais à Chika… » soupira Watanuki, atrocement gêné…
Mais il n'avait pas le temps de se lamenter, une sonnerie stridente annonça le début de la compétition ! Loreena joignit les mains en une prière lorsqu'il ouvrit le panier d'ingrédients fournit par les organisateurs du concours, et devant sa maigreur comparé à celui d'autres équipes, le président du comité des élèves poussa un cri :
« On va forcément perdre avec ça !
- Quatre par plats, ils ont dit ?... Murmura Watanuki sans l'écouter, fouillant dans le panier.
- Mon dieu ! frémit Loreena, il y en a qui ont déjà commencé, et on a… Moins de 10 minutes ! »
Watanuki retira du panier des pointes d'asperges en conserve, du beurre, de la farine et du lait…
« On va faire un velouté d'asperges…
- Un velouté ?... Mais bien sûr ! » dirent les deux autres, incrédules.
Et pourtant… Le magicien des fourneaux exerça aussitôt son art sous leurs yeux éblouis. Après avoir égoutté les asperges et les avoir découpées en tronçons, il fit fondre 2 cuillères à soupe de beurre à feux doux dans une cocotte, avant d'y ajouter 2 cuillères à soupe de farine en tournant pendant une minute, puis retira l'ensemble du feu . Il y incorpora 600 ml de lait, progressivement, en filet régulier, avant de remettre le tout sur le feu et le porter à ébullition sans cesser de tourner. Il y ajouta les pointes d'asperges et les fit réchauffer à peine 2 minutes à feu doux. Puis il retira encore la cocotte du feu . Laissa l'ensemble refroidir légèrement, puis transféra la soupe dans un mixer et la mélangea jusqu'à l'obtention d'une préparation lisse et crémeuse. Il la mélangea encore avant de la répartir dans des bols avec un art inouï de la présentation, soupoudra le tout d'un peu de sel et de poivre…
« Ah ! ça y est, le jury arrive !
- C'est prêt… » sourit Watanuki, même pas inquiet.
En effet, à peine les quatre membres du jury (des critiques culinaires réputés) avaient-ils goûté à son velouté, qu'un sourire ravit incendia leurs visages austères :
« C'est excellent !
- C'est délicieux !
- C'est exquis !
- C'est… Tout à fait remarquable ! »
Vlan ! Voilà Watanuki badgé pour l'étape suivante comme un champion dans l'arène Pokemon…
Tout à coup , les tribunes de spectateurs semblèrent se réveiller en sa faveur :
« Watanuki ! Watanuki ! »
Kohane, Himawari et Michiru, sous les regards furibonds de Loreena, profitèrent de la pause entre les étapes pour venir parler à leur champion et lui couvrir les joues de bisous.
« Bravo Watanuki ! s'exclama Michiru.
- Je suis tellement fière de toi… Sourit Himawari, les yeux mi clos…
- Nous sommes toutes avec toi et nous t'encourageons très fort… » dit Kohane en lui prenant doucement la main.
« Ah, je suis le plus chanceux du monde d'avoir trois supportrices aussi mignonnes ! » miaula Watanuki, sur un petit nuage de bonheur, qui s'assombrit aussitôt…
« … Domeki ne pouvait pas venir … » ajouta-t-il tristement.
Michiru se retourna dans la direction de Chika, échangeant avec lui un regard qui en disait long, et bien mieux que des mots. Le garçon eu un clin d'œil complice et un geste de la main signifiant :
« Je vais le trouver, ce briscard ! », et partit aussitôt à la recherche de Domeki.
Si c'était Michiru qui le lui demandait, Chika était capable de trouver n'importe quoi. Même une trading figurine de Lea Betty infirmière de 1974 parce que Shito était triste à mourir d'avoir cassé celle de sa collection.
… Et sous la pluie, en hiver, à trois heures du matin !
Un peu réconforté par le soutien de ses trois supportrices de choc, Watanuki du retourner aux fourneaux car la compétition allait bientôt reprendre…
« Y'a un truc qui shlingue dans le panier à provisions… Dit le président du comité des élèves.
- Eh bien , trouves ce que c'est… Grinça Loreena.
- Ah ! Mais quelle horreur ! s'exclama le président en retirant un truc tout carré et mou. C'est quoi cette infection ?
- Inculte ! s'écria Loreena en lui frappant le crâne avec. C'est du fromage ! Du reblochon de Savoie en tranches ! ça a du coûter une fortune de le faire venir de France, et c'est délicieux !
- Il faut le faire maintenant sinon il va imprégner les autres aliments, dit Watanuki.
- En plat principal ? C'est du suicide ! hurla le président.
- La ferme ! dit Loreena. Trouves plutôt là-dedans des ingrédients pour aller avec !
- Mais y'a rien !
- Et ça ? feula la rouquine. C'est des filets de saumon !
- Je l'ai vu mais ça n'ira pas, regarde y'a aussi des tranches de jambon et des feuilles de sauge ! Non mais franchement qu'est-ce que tu veux faire avec des feuilles de sauge ?
- Broutes les, comme t'es déjà un âne, on ne verra pas la différence !
- Combien de temps avons-nous cette fois pour le plat ? Demanda Watanuki en interrompant la dispute de ses deux boulets… Heu… Assistants…
- 15 minutes ! répondit Loreena.
- Bien. Alors nous ferons des rouleaux de saumon au fromage !
- Néééé ? » hululèrent les deux loustics.
Et revoilà Watanuki en pleine action, accélérant même la cadence car désirant au plus vite en finir avec le concours. Après avoir salés et poivrés les filets de saumon, il découpa les tranches de fromage de façon à ce qu'elles les recouvrent parfaitement, ajouta 2 feuilles de sauge et enveloppa le tout dans 2 tranches de jambon cru. Puis il fit chauffer une poêle rainurée et y fit cuire les filets 5 minutes à feu moyen. Il les retourna délicatement à l'aide d'une spatule, puis poursuivit la cuisson 5 minutes. Il n'y avait plus qu'à dresser les rouleaux sur des assiettes chaudes, et Watanuki eu largement le temps pour la présentation, le sel et le poivre, avant le passage du jury.
Toute l'école Juji était suspendue aux mots que le jury allait prononcer :
« C'est succulent !
- C'est fabuleux !
- C'est savoureux !
- C'est… Tout à fait remarquable ! » dit le quatrième comme une rediffusion.
Et vlan ! Voilà Watanuki expédié en finale !
Explosion de joie dans les tribunes, tout le monde y croit et est chaud comme dans un stade !
« Allez, Watanuki, alleeeez !
- Olaaaa ! »
Watanuki, gêné au point qu'il voudrait se cacher sous la table, se force pourtant à faire bonne figure, même si son sourire triste ne cache rien de ses états d'âmes…
Chika revient, seul…
« J'ai vraiment cherché partout… Mais je ne l'ai pas trouvé ! dit-il, arrivant complètement essoufflé, sur les genoux…
- Reposes toi un peu ici, j'y vais… Dit Michiru en ébouriffant tendrement les pics de sa chevelure…
- Je peux t'accompagner ? Demande Kohane à la petite médium. Shizuka et moi, nous sommes très proches… Je sais où il a pu aller…
- D'accord ! sourit Michiru.
- Moi je reste pour encourager Watanuki kun ! » dit Himawari.
Watanuki voit bien qu'il se trame quelque chose (et quelque part aussi, son cœur le ressent…). Mais il est bien trop loin pour parler à ses amis… Il faut qu'il aille au plus vite et en termine avec ce concours…
« Combien de temps pour le dessert ? Demande-t-il.
- 10 minutes, répond Loreena.
- Qu'est-ce qu'il reste dans le panier ?
- Des bananes, du miel et du chocolat amer râpé.
- Il nous reste du beurre ?
- Oui.
- Je ne vais pas vous surprendre, mais ce sera bananes au miel et au chocolat ! »
Jamais dessert n'a été plus vite réalisé ! Après avoir pelées et soupées en deux les bananes dans le sens de la longueur, Watanuki fit fondre 4 cuillères à soupe de beurre dans une poêle, et y fit dorer les bananes 5 minutes à feu assez doux en les retournant régulièrement. Puis il les transféra sur des assiettes, nappa chaque banane d'une cuillère à soupe de miel, et les soupoudra de chocolat râpé…
Pendant que Watanuki était en train de cuisiner, Kohane et Michiru étaient parties à la recherche de Domeki. Les deux filles inspectèrent le moindre recoin de l'école, à commencer bien sûr par l'aire de tir à l'arc, où l'archer aurait put se trouver…
« Il n'est vraiment nulle part… Murmura Michiru, désolée.
- Ce n'est pas normal, dit Kohane. Shizuka est toujours auprès de Kimihiro. Bien sûr, des fois, il est obligé e le laisser seul, mais il ne l'aurait jamais fait alors qu'il dispute un concours aussi important… Surtout pas pour une banale réunion du club d'athlétisme !
- Tu as raison… C'est vraiment inquiétant… »
Tout à coup, des éclats de voix leur parvinrent depuis l'un des coins les plus isolés du terrain de sport.
« Alors, tu as fais ce que je t'ai demandé ? Demanda une voix inconnue.
- Jamais je ne te laisserais toucher celui que j'aime et les gens qui me sont précieux ! »
Kohane s'était figée sur la deuxième voix, calme et déterminée.
« C'est Shizuka ! s'exclama-t-elle en se précipitant de ce côté.
- Ah !... Attends ! » s'affola Michiru en lui donnant la course.
La voix venimeuse… Celle qu'elle redoutait d'avoir reconnu, reprit la parole :
« Tu veux les protéger, hein ? Tu sais pourtant que si tu ne largue pas ton joli cuisinier comme je te l'ai demandé, celle que je ferais souffrir, c'est… »
Kohane s'arrêta brusquement, la petite médium cogna contre elle, et les deux filles s'étalèrent au milieu du tableau !
C'est-à-dire en surgissant comme un cheveu sur la soupe dans une conversation où Domeki (qui vira blanc efferalgan en les apercevant) était menacé par Axel, lui-même accompagné d'une cohorte de gardes du corps hirsutes…
« Tiens donc, mon adorable fiancée ! s'exclama Axel en souriant à Michiru. Je suis ravi que tu viennes nous honorer de ta grâce et ta présence à l'instant où je pensais justement à toi !
- Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle d'un ton indifférent en essuyant ses lunettes, et Axel fut comme foudroyé par l'impact de la vanne.
Kohane courut se réfugier auprès de Domeki et Michiru se posta près d'eux.
« Que faites-vous là ? Demanda l'archer aux deux filles, la voix tendue.
- On est venues te chercher, dit Kohane.
- Watanuki kun est à deux doigts de faire un bad trip, compléta Michiru, il lui faut sa dose de Shizuka sinon y'a pas que les bananes qui vont flamber…
- Kimi… » murmura Domeki, touché et désolé…
Axel eu un rire hautain.
« Alors c'est ça, ta garde rapprochée, Domeki ? Une binoclarde planche à pains et une fillette en robe défraîchie ? »
L'archer eu un regard redoutable, s'interposant dans un geste pour protéger les deux filles.
« Retournez au concours. Vite ! leur glissa-t-il en parlant d'une voix étrangement rapide, comme nouée d'angoisse.
- Viens avec nous ! insista Kohane en se raccrochant à lui.
- Domeki a d'autres projets… N'est-ce pas, Domeki ? » grinça Axel.
Michiru réfléchit à ce que Kanashimi ferait en pareille circonstance.
Option 1 : Elle lui foncerait dans le lard. Heu, non, mauvaise idée quand on ne sait pas se battre.
Option 2 : Elle lui ferait savoir sa manière de penser en des termes bien châtiés.
Mais comme Michiru ne pouvait pas, pensait-elle, prononcer des gros mots en présence d'une enfant de 12 ans dont il fallait préserver l'innocence, elle pointa du doigt Axel d'un air de justicière, et lui balança la première phrase qui lui passait par la tête :
« Hey, toi ! … Si t'as pas d'amis, prends un curly ! »
Axel s'écrasa au sol sous l'absurdité de la phrase…
« Qu'est-ce que des curlys viennent faire au milieu d'une scène angoissante ? hulula-t-il.
- Ah… Mais… De voir toute cette bouffe au concours, ça m'a donné trop faim… Dit Michiru en se tenant l'estomac, qui gargouillait…
- Michiru, je te l'ai pourtant dit, si tu deviens ma femme, tu ne manqueras plus jamais de rien !
- Mais t'es plus bouché qu'un charcutier ! Pour la millième fois, celui que j'épouserais, c'est CHIKA !
- Ah ! J'en ai assez ! » rugit Axel en se tenant la tête. Et, se tournant vers ses gardes :
« Vous tous ! Emparez vous de la fille à lunettes ! Mais ne l'abîmez pas, ce soir qu'elle le veuille ou non, elle sera mon épouse !
- Et les autres ?
- Peu importe ! »
Une fois de plus, Domeki s'interposa, cette fois prêt pour la bagarre pure et dure. Hors de question de les laisser s'approcher de Michiru et Kohane ! Et on ne tarda pas à entendre le bruit significatif d'os brisés…
Malheureusement, cette fois Axel était venu avec des gorilles en surnombre et toute une montagne d'adversaires chuta sur la tête de Domeki !
Kohane poussa un cri en voyant l'éclat d'une lame pointer dans sa direction.
« NON ! »
Michiru s'était interposée, et se reçut le coup à sa place, la lame lacérant en travers le frêle dos de la jeune fille en déchirant sa robe.
« Michiru ! » s'écria Kohane lorsque la petite médium, en sang, échoua à ses pieds.
« Qu'avez-vous fait, imbéciles ? » hurla Axel à ses sbires.
Domeki se battit comme un beau diable pour venir au secours des filles, sans y parvenir, maintenu par ses adversaires, trop nombreux…
« Kohane ! Préviens les autres, vite ! » s'écria Domeki.
Cette fois l'adolescente obéit, consciente du danger. Un des molosses d'Axel voulut l'arrêter, mais il se reçut en pleine poire la chaussure de Michiru, qui contre toute attente, s'était relevée, un air tout à fait différent et féroce sur le visage :
« DEGAGES, DECHET ! » hurla-t-elle à la manière de Chika.
Puis elle prit la main de Kohane, et se mit à courir à une vitesse qu'elle ne se serait pas soupçonnée elle-même, d'autant plus qu'elle était gravement blessée. Courant à sa suite, Kohane vit avec effroi la tache ensanglantée grandir et s'étendre à chaque seconde dans le dos de Michiru, jusqu'à lui couler tout le long de la colonne vertébrale…
Alors que ses gardes s'apprêtaient à courir derrière les filles, Axel les interrompit du geste.
« Laissez tomber ! Dans dix secondes tout le monde sera au courant ! Partons… Je me contenterais de m'amuser avec toi, mon tout beau ! » dit-il en caressant le visage de Domeki, vaincu et immobilisé au sol, et enrageant, enrageant tellement de ne pas avoir su défendre les filles…
Celles-ci déboulèrent en catastrophe dans la salle du concours, où était réunit tout le monde, pile au moment où le nom du gagnant allait être annoncé.
« Chika ! hurla Michiru d'une voix déchirante avant de s'effondrer dans ses bras.
- Vite ! hurla Kohane comme une hystérique à la foule médusée, appelez une ambulance, elle est blessée ! »
Le sang de Watanuki se glaça, et en trois bonds, il quitta la scène où étaient réunis les finalistes pour rejoindre ses amis…
« Mais… Wata chouchou ! » hulula Loreena, courroucée.
« Qui a fait ça ? hurla Chika d'un ton fauve en découvrant la blessure de Michiru.
- Axel… Il est revenu… Murmura celle-ci d'une voix qui faiblissait.
- Ce type… Et tous ses gardes… Tenta d'expliquer Kohane, tremblante… A côté du terrain de sport… Shizuka est encore là-bas ! »
Le cœur de Watanuki fit un soubresaut et il se rua par la porte grande ouverte.
« Non ! Kimihiro ! hurla Kohane. N'y vas pas seul ! »
Mais il était déjà loin…
Michiru prit fermement la main de Chika.
« Vas-y… Vas aider Watanuki… Domeki est en danger…
- Mais…
- Je t'en supplies, Chika kun… »
Chika serra les dents, déchiré à l'idée de l'abandonner là, blessée atrocement, mais non, il ne pouvait rien, vraiment rien lui refuser…
« Je reviens tout de suite, je te promets… Dit-il en l'embrassant protectivement. Je t'aime…
- Je t'aime… »
Et Chika se précipita à la poursuite de Watanuki, le blond bouillonnant d'une rage d'une telle violence que si Axel et ses sbires lui tombaient entre les mains, même Horatio Caine et ses ray ban ne pourraient pas reconstituer leurs cadavres !
« J'ai appelé les secours, dit Himawari en se joignant à Kohane pour soutenir Michiru…
- Mais est-ce qu'elle tiendra jusque là ? » frémit la petite blonde en voyant la peau de Michiru devenir toujours plus blême à chaque seconde…
Quand Watanuki arriva jusqu'au terrain de sport, ce fut pour voir les voitures d'Axel et son escorte démarrer en trombe dans la rue à côté. Il entr'apperçut le visage de Domeki, criblé de coups et à demi inconscient, à travers une vitre…
« Non, non, non, non ! » hurla Watanuki, fou de douleur et de désespoir, en se mettant à courir comme un dément derrière les véhicules, match perdu d'avance, il le savait, mais jamais, non jamais il n'abandonnerait Domeki…
Les voitures prenaient toujours plus de vitesse, et lui courait toujours, et avec tous les passants se retournant sur son passage, quitte à s'exploser les jambes et les poumons, pleurant tout à la fois, ne sentant même plus la douleur dans ses membres blessés, hurlant encore et encore :
« Shizuka… Shizukaaaa ! »
Il sursauta au son d'un klaxon, près de lui.
« Une paire de jambes n'a jamais battu un moteur Maserati ! » lança Chika au volant d'une voiture qu'il avait volé… Heu… « Emprunté »… On saurait plus tard que c'était celle du proviseur de l'école Juji…
« Depuis quand tu sais conduire ? S'étrangla Watanuki, essoufflé.
- J'ai jamais dis que je savais conduire ! » préféra préciser le blond en prévision de la suite.
Une terrible course poursuite s'engagea alors dans les rues d'habitude si paisibles des quartiers bourgeois de Tokyo. Feux rouges grillés, passages piétons négligés, panneaux explosés, rien n'était épargné pour gagner chaque centimètre de plus sur les ravisseurs de Domeki…
« Plus vite, Chika ! On les rattrape !
- On va se retrouver bientôt avec les keufs sur le dos…
- On s'en fout ! Ils ne peuvent pas te retirer le permis que tu n'as pas ! »
Et au moment où, enfin, ils allaient rattraper leur cible… Une autre voiture déboula sans crier gare, leur faisant une queue de poisson ! La belle Maserati du proviseur s'envola du goudron pour aller se planter droit dans une fontaine à incendie, qui se mit à jaillir de grand jets sous l'impact.
Etourdis mais indemnes, Chika et Watanuki s'extirpèrent du véhicule…
Watanuki tomba à genoux au sol, se tordant avec la folie du désespoir :
« Non ! Non ! NON ! Shizuka ! sanglota-t-il, avec une douleur rauque.
- Du calme, on va trouver un plan B ! dit Chika en… Lui flanquant un brutal coup de pied dans les fesses pour qu'il se relève !
- Maiiiis ! » hurla Watanuki, outré mais soudain remotivé.
C'est alors que de la voiture qui leur avait fait une queue de poisson… Surgit une flamboyante chevelure rousse… Loreena, fulminant de colère !
« Wata chouchou ! s'égosilla-t-elle d'une voix suraiguë, sous le regard et les oreilles des pauvres passants apeurés, comment as-tu osé ME quitter au moment de MON triomphe ?
- Tu… Tu nous as arrêtés exprès ? s'exclama Chika, ébahi, car pour réussir un coup pareil, il fallait être un sacré as du volant !
- Je ne tolérerais pas que Wata chouchou me plaque sans explication valable ! »
Watanuki poussa un cri inhumain avant de frapper d'un violent coup le capot de la voiture du proviseur, qui s'enfonça dans un gros « DONG ! » sous l'impact, et tout le monde eu le sifflet coupé par cette démonstration de force inattendue de la part d'une crevette comme Watanuki… Il rassembla ensuite les quelques grammes de calme et de lucidité qu'il conservait encore pour dire à la rouquine de son ton le plus diplomate :
« Loreena… Je comprend que ce concours soit si important pour toi et beaucoup de personnes… Mais tu viens de nous arrêter alors qu'on était à un cheveu de rattraper le type ignoble qui a blessé mon amie Michiru et enlevé la personne qui compte le plus pour moi… SHIZUKA ! »
Il ajouta, fou furieux de stress, d'angoisse et de colère :
« Et ce salopard infect d'Axel va lui faire des choses horribles ! Qu'est-ce que je peux faire ?... Qu'est-ce que je peux faire ? … Ah, je sais, la larme du médium…
- Tu es trop crevé, lui chuchota Chika pour le tempérer devant des humains « ordinaires », et elle ne s'activera jamais si tu es dans un tel état mental…
- Je vois, murmura soudain Loreena, d'un ton étrangement calme… Domeki… Tu l'aimes VRAIMENT, n'est-ce pas ?
- Mais bien sûr que je l'aime ! hurla Watanuki, en larmes, et avec une sincérité plus émouvante que jamais. Je l'aime, je l'aime, je suis fou de lui !
- Donc, c'est bien vrai que l'amour rend con. »
Watanuki poussa une plainte animale, et Chika fit un signe de la main :
« Hé, Ho, retournes pas le poignard dans la plaie, là… »
Loreena secoua la tête.
« Cet Axel Gillingham, je me suis renseignée sur lui depuis qu'il a fait foiré un de mes plans géniaux pour conquérir Wata chouchou. Vous ne l'auriez jamais rattrapé par la route. Il vit dans une vraie forteresse, gardée comme une prison. Si vous voulez sauver Domeki, il n'y a qu'un seul moyen envisageable…
- Co… Comment ? » s'écrièrent en chœur les deux garçons, ébahis de cette déclaration.
Loreena pointa un index en l'air avec un sourire malicieux.
Chika et Watanuki, stupéfaits, virent des hélicoptères de la police fendre le ciel !
« Loreena ! Ton honneur sera lavé ! jura un vieux type dans un mégaphone, depuis le ciel.
- Merci Tonton !
- Néééé ? n'en finirent pas de s'étonner les malheureux Watanuki et Chika.
- Mais oui, mais oui. Le frère de ma mère. Il est préfet de police ,oh, oh, oh, oh ! »
Et là-dessus, elle prit la pose dans l'air dégagé par les appareils, levant un bras vengeur :
« C'est ça d'être 100 fois plus riche que son ennemi ! Axel Gillingham, tu as osé interrompre le concours de cuisine au moment où j'allais pouvoir embrasser Wata chouchou à l'annonce de notre victoire ! Pour cela… Et parce que tu as osé t'attaquer à une fille… Et parce que tu as osé toucher à l'homme dont mon Wata chouchou est amoureux… Tu subiras la colère divine de la déesse Loreena ! »
Le tout suivit d'un rire strident tandis que la légion d'hélicoptères fonçait droit sur la demeure Gillingham…
« Woaw, tu te rends compte que tu aurais pu épouser ça ? demanda Chika, les yeux ronds.
- Je préfère ne pas imaginer… » frémit Watanuki, complètement glacé.
C'est alors que l'un des hélicoptères se posa à la hauteur de Loreena.
« Allez ! dit-elle en faisant coulisser la porte, Wata chouchou ! C'est toi qui doit sauver Domeki !
- Merci, Loreena ! dit Watanuki, sincère et radieux en se précipitant vers l'appareil.
- Pourquoi tu l'aides alors qu'il aime quelqu'un d'autre ? S'étonna Chika.
- Je m'en fiche qu'il soit gay ! Il peut bien aimer un mec, s'en foutre complètement de moi, je l'aimerais quand même ! Moi, tout ce que je veux, c'est qu'il soit heureux… Et je ne laisserais personne le blesser, ni toucher à son bonheur ! »
Elle referma la porte de l'hélicoptère sur ces paroles.
« … Et ouais ! ça me fait au moins un point commun avec ce veinard de Domeki ! »
Au-delà
Assise sur une balançoire, depuis laquelle elle observait la terre, Ming Yun se mit à fredonner une comptine de son enfance :
« Tournes, et tournes en rond… »
…
Boutique de la sorcière des dimensions
Yuko laissa échapper son énième bouteille de saké, qui se brisa au sol parmi les cadavres des autres qu'elle avait vidées…
« Yuko, que t'arriva-t-il ? S'inquiéta Mokona noir.
- Il s'est passé quelque chose de grave… Dit-elle d'une voix pâteuse en se tenant le front, recevant la vision douloureuse de Domeki enlevé et roué de coups, et Michiru grièvement blessée et inconsciente, se vidant de son sang dans l'ambulance qui l'emmenait…
- Yuko, je dois te parler, dit Bekko, l'air sérieux, en entrant dans la pièce…
- Plus tard… C'est pas le moment…
- Si, ça l'est. »
D »'un geste décidé, il retira délicatement la boite à musique de sa veste, puis s'agenouilla avec respect devant la sorcière, restée debout , bien que vacillante et à moitié saoule.
« Tu vas… Tu vas… ? » s'étrangla Yuko, un mal de crâne horrible lui battant les tempes.
Combien de fois s'était-elle imaginé cet instant ? Des milliers… Toujours de manière adorablement romantique… Et là … Bekko avait choisit un instant absolument dramatique, ignorant ce qui était arrivé à leurs protégés, et pire que tout, un moment où Yuko était complètement bourrée, et nauséeuse au bord du vomissement !
« Yuko, commença Bekko d'une voix terriblement romantique (comme dans ses rêves), insolemment sexy dans son costume de passeur, les cheveux libres et sans lunettes, je t'aime, et je te prie de bien vouloir répondre à mon amour en acceptant de recevoir ce présent qui a une âme… »
Alors il baissa la tête, attendant la réponse de Yuko…
…
« Tourne en rond, le cœur des gens… »
…
Pays de Nihon du futur, montagnes, face Nord
Le blizzard était d'une rare violence, et la brume envahissait tout. Les garçons tentaient de se repérer grâce à la lumière de la gemme de Mokona, en mode lampe de poche, mais c'était peine perdue…
« Où sont les autres ? Demanda Shaolan clone en voyant qu'il n'y avait plus que son double et la petite mascotte pour rester à ses côtés.
- Ils ont dit que c'était de la folie de poursuivre dans cette direction… Ils sont Tous repartis pour le palais…
- Et toi tu restes ?
- Tu sais que je n'abandonnerais jamais… Toi non plus d'ailleurs !
- C'est juste ! » reconnu Shaolan clone avec presque… Oui, il l'aurait juré, un demi sourire…
Mokona se pelotonna étroitement à l'intérieur de la veste du vrai Shaolan en grelottant.
« Wiiiiz ! Mister Freeze, le glaçon friandise !
- Elle a raison. Trouvons un abri pour la nuit sinon on va geler sur plac… »
Il se courba soudain avec douleur, se tenant la tête dans un cri.
« Shaolan ! s'écria le clone en se jetant près de lui.
- C'est… Watanuki… Murmura l'autre, faiblement. Il a des problèmes… Son cœur… Il a tellement mal… J'ai peur pour lui…
- Je sais que tu l'aiderais volontiers, mais là, nous aussi on a des problèmes, dit le clone en l'aidant à se relever… Le brouillard s'épaissit… Si on trouve un abri, on aura une chance de…
- De cocu, tu peux le dire, ricana Mokona…
- On ferait bien de s'encorder », dit Shaolan en dégainant de quoi arrimer solidement son clone à lui… Il interrompit son geste.
« Dis, ton katana, là… Il lance bien des flammes, non ?
- Oui… Et alors ? Demanda le clone.
- Réfléchis. »
Il jeta un coup d'œil aux alentours, cernées de brume…
« Oups » fit Shaolan clone.
…
« Et si un jour ta tête ne tourne plus pour moi… »
…
Pays de Nihon du futur, montagnes, face sud
De leur côté, Shiroï et Hageshi continuaient eux aussi leur lente progression. Ce côté de la montagne était nettement éclairé par le soleil et beaucoup plus praticable, même au crépuscule…
Mais Shiroï semblait s'affaiblir à chaque pas…
A chaque seconde que la vie d'Umi faiblissait dans l'œuf magique…
« Je t'en pries… Tiens le coup… » implora Hageshi en enlaçant son aimé.
« J'y arriverais… Je te promets que j'irais jusqu'au bout… » répondit le sorcier en l'embrassant amoureusement….
Tout à coup, une onde angoissante fendit l'air, puis toute une série de volutes de fumée noire envahissant l'espace.
Une rupture dimensionnelle, déchirant tout dans une lacération lugubre, et une gigantesque épée apparut sous leurs yeux, suivie d'un corps lourd et imposant…
« Toi… Souffla Shiroï, en pensant reconnaître l'un de ses anciens adversaires.
- Je n'aurais même pas à me salir les mains. Ton désir fou de vivre va bientôt te crever ! » rit « Fei Wan Reed » d'un air ignoble en désignant l'œuf magique autour duquel l'ombre de la mort s'intensifiait comme une tragédie inéluctable…
« … Alors le monde cessera de tourner avec moi… »
