Chapitre 9 : " L'une des fonctions principales d'un ami consiste à subir, sous une forme plus douce et symbolique. "

Rachel et Brooke venaient d'arriver à l'appartement de cette dernière. Alors qu'elle s'apprêtait à l'amener aux urgences, Brooke avait fini par reprendre connaissance et l'avait suppliée de ne pas l'y emmener, sans ça, ils allaient obligatoirement être obligés de contacter les autorités, elle était encore mineure. Après une longue hésitation et surtout après s'être assurée que son amie se sentait vraiment mieux, Rachel avait fini par céder, encore une fois - non pas par envie, loin de là, mais elle ne voulait pas que Brooke ait plus de problème qu'elle n'en avait déjà - et elle l'avait aidé tant bien que mal à monter les trois étages qui les séparaient de son appartement.

Une fois entrée, elle avait déposé Brooke sur le sofa et était partie prendre un gant de toilette qu'elle avait imprégné d'eau froide et qu'elle passait à présent soigneusement sur le visage de sa meilleure amie espérant ainsi que celle-ci recouvre complètement ses esprits. En accompagnant ces gestes la rousse tentait de rassurer Brooke sur le retour brutal de sa famille dans sa vie et essayait tant bien que mal de la convaincre d'aller parler à son frère, celui qui lui manquait tant mais celle-ci, incapable de tenir une conversation, tenait des propos incohérents et était aussi pâle qu'un mort. Des sueurs froides dévalaient le long de ses joues tandis que des nausées la faisait se sentir au plus mal. Aussi loin qu'elle puisse se souvenir, jamais elle n'avait été aussi mal en point.

Préoccupée par son état, Rachel continua de la bercer en lui frottant avec délicatesse le visage. Il ne fallait pas être devin pour savoir quelle était la cause de son mal bien plus prononcé aujourd'hui que les autres jours, aussi, même si la rousse rêvait de refaire le portrait de cet enfoiré de Nathan Davis, elle savait aussi que seul une discussion entre les deux Davis parviendrait à apaiser les maux de la jeune femme. Mais elle savait aussi que Brooke était bien trop bornée pour l'admettre et encore plus pour faire le premier pas, ce qui semblait être une caractéristique propre aux Davis puisque Nathan était pareil.

- Rachel : Chérie, il faut que tu ailles lui parler.. Je sais qu'il te manque et je suis sûre que tu lui manques aussi, même s'il refuse encore de l'admettre pour le moment.. C'est la colère qui a parlé, ce qui prouve bien qu'il tient encore à toi et que ça le touche, parce que tu sais ce qu'on dit, le contraire de l'amour, ce n'est pas la haine, mais bien l'indifférence. Ton frère est juste bien trop têtu et en colère pour le moment pour l'admettre, c'est tout. Mais ça viendra, je te le promet, mais pour ça, tu dois absolument aller lui parler..

La brune se mit à pleurer et posa sa tête sur les genoux de sa meilleure amie qui lui tamponnait toujours le visage avec le gant frais. Elle aurait tellement aimé que ces paroles soient vraies, mais les mots et le regard assassin de son frère se rappelaient douloureusement à elle et elle savait que c'était faux. Elle ne lui manquait pas, il aurait préféré la savoir morte. D'une voix faible et brisée elle lui répondit.

- Brooke : Je ne peux pas et puis il a dit que j'étais morte pour lui, ce ne sont pas des paroles en l'air.. Il le pensait vraiment, Rachel, je l'ai vu dans ses yeux ..

Ces derniers mots restèrent bloqués dans sa gorge et elle sanglota de plus belle. Elle avait compris qu'elle ne représentait plus rien pour son frère mais de le dire à voix haute faisait encore plus mal. C'était comme si cela rendait les choses plus réelles.

- Brooke : Il me déteste .. Mon frère me déteste, et c'est entièrement de ma faute. Je suis un monstre. Le pire monstre que la terre ait portée ..

Rachel, bouleversée, se sentit dépassée par la douleur de son amie. Elle ne savait plus quoi lui dire pour la réconforter, et surtout elle ne voulait pas lui mentir. Son frère ne la détestait certes pas, mais il était tellement en colère contre elle, lui, le monde entier, que ce serait extrêmement dur et long avant qu'il ne lui pardonne, avant qu'il n'accepte même l'idée de lui parler en réalité. Et pourtant elle savait que si Brooke lui disait toute la vérité, les choses seraient totalement différentes, mais celle-ci refusait et elle ne pouvait pas aller à l'encontre de cela. Ce n'était pas le genre de chose qui s'avouait facilement et elle comprenait les réticences de sa meilleure amie à en parler, cependant, elle savait aussi que c'était bien la seule solution pour arranger les choses entre les deux frère et soeur. En attendant il était absolument hors de question qu'elle la laisse penser que tout était de sa faute. C'était entièrement faux et elle le lui répèterais des millions de fois s'il le fallait pour qu'elle le comprenne.

Elle se redressa et tourna son visage vers le sien pour y ancrer ses yeux déterminés qui n'acceptaient aucune réponse.

- Rachel : Il est hors de question que je te laisse dire une chose pareille, tu m'entends ? C'est n'importe quoi Brooke et totalement idiot ! C'est la dernière fois que je t'entends dire une chose pareille sans ça, je serais obligée de te botter ton petit cul de mannequin et ça risque de ne pas te faire du bien, crois moi.

Malgré la situation, Brooke ne put empêcher un - très - léger sourire de prendre possession de ses lèvres. C'était aussi une des choses qui faisait qu'elle l'aimait et que c'était la seule personne qu'elle avait accepté dans sa vie ces dernières années. Elle arrivait à la faire sourire même dans les pires situations.

- Rachel : Je sais déjà ce que tu vas me répondre mais je pense que si tu lui racontais pourquoi tu es partie il comprendrait mieux et pourrait sûrement te pardonner, B.

Le visage de la brune se tordit de douleur et ses yeux, affolées, s'écarquillèrent devant la proposition. Ce n'était pas une option envisageable de lui raconter la vérité. Elle préférait encore qu'il la déteste.

- Brooke : Non. Je ne lui dirai pas et tu ne lui diras pas non plus.

Elle était catégorique sur cela. Ce n'était pas une question de pitié, mais de honte. Elle avait honte d'elle, de ce qu'elle avait vécue et de ce qu'elle avait fait et elle savait qu'elle ne pourrait pas assumer le regard déçu de son frère. De plus, elle savait pertinemment qu'il s'en voudrait aussi à lui-même de n'avoir rien vu, rien compris, et cela était pire que n'importe quelles souffrances qu'elle avait du endurer. Elle ne voulait pas qu'il se sente coupable pour elle, alors qu'il ne l'était décemment pas.

Convaincue elle-même par ses propres propos, elle se redressa pour finir assise à ses côtés, le crane posée sur le rebord supérieure du canapé et ferma les yeux, prête à s'endormir et d'une voix faible, elle lui chuchota.

- Brooke : J'aimerai rester seule cette après-midi, s'il te plaît. J'ai besoin de me reposer..

Interdite, la rousse se redressa, crispée. Avait-elle bien entendue ? C'était la meilleure ! Après ce qu'elles venaient de vivre il n'y a pas moins de deux heures, elle ne pouvait résolument pas la laisser toute seule.

- Rachel : Il est absolument hors de question que je te laisse toute seule ! Surtout pas après tout ce qu'il vient de se passer, tu me prends pour qui ?

Calmement Brooke ouvrit les yeux et les planta dans ceux flamboyant de colère contenue de son amie.

- Brooke : Pour ma meilleure amie. Et en tant que telle, je te demande d'aller au lycée, comme une lycéenne normale, de t'asseoir sur une chaise et d'écouter pendant des heures des cours à mourir d'ennui, puis d'aller draguer le premier garçon qui te fera craquer, parce que je ne veux pas être un poids pour toi. Je ne veux surtout pas que tu aies encore des problèmes par ma faute, alors s'il te plait, je t'en pris, va-y. Pour moi.

Brooke savait qu'elle avait trouvé les mots justes et qu'elle avait su toucher la corde sensible de son amie. Elle la déchargeait de toute responsabilité et de toute manière, elle ne ferait rien de stupide en son absence, elle ne voulait simplement pas causer plus de tords à sa meilleure amie qu'elle ne l'avait déjà fait pour une première journée au sein d'un nouvel établissement. Elle lui demandait plutôt une faveur en réalité et en croisant le regard de son amie, elle sut qu'elle avait visé juste.

La rousse la fixa un instant, hésitante, mais décida néanmoins de suivre son conseil. Elle semblait avoir repris des couleurs et avoir retrouvé ses esprits. Elle n'était pas passé très loin cette fois-ci et elle espérait sincèrement qu'elle se soit fait suffisamment peur pour ne plus recommencer de sitôt. Vaincue, la rousse soupira lourdement et finit par capituler.

- Rachel : Très bien.

Elle déposa un baiser sur sa joue puis se leva, attrapa son sac à ses pieds et les clefs de sa voiture posée sur la petite table basse devant elles et lui lança un dernier regard. Un regard d'avertissement.

- Rachel : Mais je te préviens, tu n'as plutôt pas intérêt de faire de conneries ! Et je repasse ce soir pour vérifier que tout va bien, compris ?

- Brooke : Oui, maman.

Rachel leva les yeux au ciel, amusée, et Brooke sourit, doucement, puis la rousse quitta l'appartement et partit en direction du lycée pour être une adolescente comme toutes les autres.


Brooke, de son côté, était toujours assise sur son sofa dans son petit appartement lugubre. Elle souriait doucement en repensant qu'aujourd'hui elle et Rachel avaient passés un grand cap dans leur amitié. Grâce à tous ces évènements, elle avait compris que Rachel serait toujours là pour elle et avait pris conscience qu'elle la considérait vraiment comment sa meilleure amie. Et c'était important pour elle de se rendre compte qu'elle était aimée au moins par une personne.

Ce n'était pas qu'avant elle ne la considérait pas comme telle, simplement qu'elle se refusait d'avouer que la rousse occupait une grande place dans son cœur de peur de souffrir et de s'attacher à une personne qui tôt ou tard l'abandonnerait - encore une fois. Aujourd'hui ce temps était révolu, elle ne comptait plus cacher ce qu'elle avait sur le cœur et était déterminée à prouver à Rachel qu'elle aussi serait toujours présente pour elle quoi qu'il advienne. Les copines d'abord telle était leur devise, et même ci les prochains jours s'avéraient difficiles, elle ne lâcherait pas prise. Elle ne baisserait plus les bras. Pour elle, mais aussi pour Rachel. Elle n'était plus seule désormais.


Au lycée Tree Hill, après l'altercation entre Nathan et Rachel, les quatre amis étaient tous repartis en cours normalement sauf Nathan qui avait préféré partir au Rivercourt faire quelques paniers. Depuis que Brooke s'était enfuie il y a deux ans, il n'y avait que le basket qui pouvait le calmer. Courir jusqu'à l'épuisement avec son ballon rond à la main et marquer le plus de panier possible l'aidait à oublier ses problèmes, le temps de quelques heures, et c'était un répit dont il ne pouvait plus se passer. Il était pratiquement treize heures et Nathan n'avait aucune envie de rejoindre ses amis pour manger comme il le leur avait pourtant promis. Il se doutait bien que ceci les inquiéterait, mais il n'avait aucune envie de leur faire face à eux et à leur regard interrogateur. Ils avaient certes compris qu'il lui fallait un peu de temps avant qu'il ne parvienne à leur raconter toute la vérité sur son passé, mais ils ne pouvaient néanmoins pas s'empêcher de le scruter, prêt à le voir exploser à la moindre contrariété.

Une personne qui avait cependant bien appris à bien le connaître durant ces deux dernières années savait très bien qu'il n'allait pas venir et c'était pour cela qu'elle avait décidé d'aller le rejoindre avec deux sandwichs et des boissons. La jolie blonde se gara non loin du terrain, puis descendit de sa voiture et le rejoignit, le sachet en papier à la main.

Bien qu'il eut entendu le bruit de la voiture, le brun ne détourna pas la tête de son panier de basket, déterminé et têtu. Cette personne qui n'était autre que ça meilleure amie, Peyton, ne se déroba pas et s'installa dans les gradins avec un demi-sourire.

- Peyton : Je savais bien que je te trouverais ici.

Ce dernier daigna néanmoins lui adresser un regard et la vue de sa meilleure amie le radoucit un instant. Elle semblait si fragile avec sa silhouette maigrichonne qu'il avait envie de la protéger et pourtant il savait bien qu'il n'en était rien et qu'elle était l'une des personnes les plus fortes qu'il connaissait. Dans un sens, elle lui faisait penser à sa soeur.

Il lui offrit un léger sourire et secoua la tête puis reporta son attention sur le panneau de basket qui le narguait au loin.

- Nathan : Tu me connais décidément trop bien.

- Peyton : C'est à ça que serve les meilleurs amis, n'est-ce pas ?

Il sentit un boule se former dans sa gorge, l'empêchant ainsi de parler, et il serra les poings de frustration. Oui, bien évidement que c'était le rôle d'un meilleur ami de bien connaître l'autre, de prévoir ses réactions et de savoir l'apaiser, sauf qu'à une époque, c'était sa soeur qui tenait ce rôle. Il avait toujours été un petit garçon impulsif et bagarreur, probablement dans le but d'attirer en vain l'attention de son père, il ne savait pas trop, et seule Brooke arrivait à le calmer dans ces moments-là. Il n'y avait qu'elle qui le connaissait si bien, et ça lui faisait peur de se rendre compte que Peyton arrivait peu à peu à avoir le même rôle qu'elle dans sa vie et dans son coeur, qu'elle arrivait à .. la remplacer. Il avait peur d'arriver à totalement l'oublier d'une certaine manière. Et pourtant, elle l'avait abandonner alors il n'aurait pas du se sentir coupable, ressentir ce sentiment de trahison envers celle qui restait sa soeur uniquement par les liens du sang.

De rage il lança le ballon si fort que celui-ci rebondit contre le panneau de bois, l'envoyant valser de l'autre côté du terrain. Il devait arrêter de sentir fautif, il ne l'était pas.

Peyton vint le rejoindre au milieu du terrain, après avoir récupéré la balle et marqua un panier, sans le moindre effort. Encore une des choses qu'ils partageaient tous les deux - sa passion - et qu'il aurait pourtant du partager avec sa soeur.

Elle récupéra le ballon sous la panier qu'elle cala sous son bras puis s'installa sur la table de pique-nique non loin de là. Nathan vint la rejoindre sans toutefois la regarder. Pour une rare fois, il ne savait pas quoi lui dire et il savait pourtant qu'il était en tord. Il y eût un long silence. Non pas un de ces silences pesants, mais plutôt un de ces silences dans lesquels ils se comprenaient. Leurs regards ancrés vers l'horizon, Peyton entreprit de parler la première.

- Peyton : Je ne la remplacerai jamais, tu sais. Ce n'est pas mon intention.

- Nathan : Je sais.

Il y eut de nouveau un silence durant lequel la blondinette lui prit la main, l'encourageant à poursuivre. Bien sûr qu'il le savait et le problème ne venait pas d'elle, mais de lui.

- Nathan : Elle m'a abandonné et je lui en veux à mort d'avoir fait ça, et pourtant je n'arrive pas à m'empêcher de penser que je la trahi. Cette complicité qu'on a tous les deux me fait penser à Brooke et moi et bien que je lui en veuille terriblement je n'arrive pas à m'empêcher de penser ça. C'est idiot, n'est-ce pas ?

Elle secoua la tête de négation. Elle comprenait très bien ce qu'il voulait dire, et avant même qu'il n'ouvre la bouche, elle avait compris l'origine du problème. Seulement, elle était sa meilleure amie, pas sa soeur, et en aucun cas elle ne voulait de ce rôle qui n'était pas le sien. Elle se promit de faire tout ce qui était en son pouvoir pour l'aider à arranger les choses.

- Peyton : Non, bien sûr que non. Parce que bien que tu lui en veuilles et que tu dises que pour toi elle n'existe plus, elle ne reste ni plus ni moins ta sœur et tu continueras de l'aimer malgré tout.

Il baissa la tête, honteux. Il se sentait vraiment embarrassé de lui avoir menti et qu'elle se sente obligée de réfuter des accusations qu'il lançait plutôt à son encontre qu'à elle. Il savait très bien qu'elle n'était pas le genre de personne à vouloir prendre la place d'une autre, bien au contraire, elle brillait de générosité, mais dans sa tête, il avait l'impression qu'elle prenait peu à peu ce rôle. C'était absurde, il devait fou.

- Nathan : Je me sens un peu bête de ne pas t'avoir dit en deux ans les véritables raisons de mon arrivée à Tree Hill. Je regrette vraiment, Pey.

Elle hocha la tête, consciente qu'il culpabilisait vraiment puis de son autre main prit son menton entre ses doigts qu'elle tourna vers elle. Il avait les larmes aux yeux et semblait si fragile. Avec tendresse, elle lui essuya du bout des doigts les quelques larmes qui avaient réussies à s'échapper et lui fit un petit sourire triste.

- Peyton : Je sais. C'est peut-être le moment de tout me raconter, tu ne crois pas ?

Il acquiesça un peu confus. Il s'y attendait, évidement, mais en réalité il ne savait pas trop quoi lui dire ne sachant pas lui même où se trouvait toute la logique de cette histoire.

- Nathan : On a toujours été très proche elle et moi, sûrement dû au fait qu'on avait à peine un an et demi d'écart. On était tout le temps fourrés ensemble et j'aurais vraiment fait n'importe quoi pour elle. Depuis tout petit on était inséparable. J'avais l'impression qu'elle était fragile et vulnérable et que c'était mon devoir de grand frère de devoir la protéger. Tous les soirs elle me rejoignait dans mon lit, elle se mettait dans mes bras et on se racontait notre journée bien qu'on l'ait passé ensemble pour les trois-quart. Parfois on s'endormait comme ça. Et dès qu'elle avait un problème, elle savait qu'elle pouvait compter sur moi, à chaque instant, n'importe où, n'importe quand. Elle était ma priorité.

Il inspira profondément, sentant que bientôt les sanglots l'empêcheraient de terminer son récit. C'était tellement douloureux de parler d'elle au passé. De parler d'elle tout court, en réalité. Des larmes roulaient sur ses joues, seules témoins de l'immense peine qu'il ressentait encore aujourd'hui.

- Nathan : Et puis un soir je suis rentré chez moi après mon entrainement de basket, mes parents étaient dans la cuisine et ils m'ont demandés de venir les voir. J'ai vu tout mon monde s'écrouler quand ils m'ont dit qu'elle était partie. J'ai attendu des jours entiers prostré devant le téléphone espérant un appel mais rien, elle n'a jamais appelé. Quand j'ai enfin compris qu'elle était vraiment partie, j'ai commencé à aller mal et à faire des conneries. Je pensais que ça m'aiderait à oublier ne serait-ce qu'un peu toute cette peine qui me rongeait, mais ça n'a jamais marché. J'ai commencé à boire et à fumer toutes sortes de choses et mes parents étaient totalement impuissants. Ils venaient de perdre leur fille et sous leurs yeux, ils me perdaient moi aussi. Alors un jour ils en ont eu marre, ils ne supportaient plus de me voir dépérir sous leurs yeux sans rien faire et ils ne supportaient plus le regard que les autres portaient sur nous, toutes ces messes basses à notre passage. On a déménagés, atterris à Tree Hill et je me suis repris en main en me faisant la promesse de lui faire payer tout le mal qu'elle m'avait fait si un jour je la revoyais.

C'était un homme blessé qui parlait et elle l'avait bien compris. Elle le connaissait si bien aujourd'hui qu'elle savait qu'il était tout bonnement incapable de faire du mal à sa soeur, encore plus sans s'en faire à lui même. Elle avait rapidement compris l'ampleur du lien fusionnel qui existait entre les deux Davis et elle savait que si Nathan mettait autant de hargne dans ses mots, ceux-ci étaient à la hauteur de l'amour qu'il pouvait lui porter.

- Peyton : Mais maintenant qu'elle est là, tu ne crois pas que tu devrais essayer de parler avec elle, de lui demander pourquoi elle est partie ?

Catégorique, il secoua vivement la tête et soupira longuement de dépit en s'affalant un peu plus.

- Nathan : Je ne suis pas prêt. Quand elle est partie, j'ai eu tellement mal, j'aurais jamais imaginé qu'on puisse avoir si mal dans une vie et tout ce que j'espérais au fond de moi, c'était juste de pouvoir revoir au moins une fois son sourire et la serrer dans mes bras. Mais avec le temps, j'ai changé. Aujourd'hui je ne suis pas prêt à lui pardonner tout le mal qu'elle a fait quelle qu'en soit ses raisons. Elle aurait dû m'en parler ou en parler à quelqu'un d'autre en qui elle avait confiance, pas s'enfuir comme une voleuse. La Brooke Davis que je connaissais n'était pas comme ça.

La blonde comprit qu'elle devait changer de sujet, Nathan était encore bien trop en colère et sous pression pour accepter l'éventualité d'une possible réconciliation. Le temps ferait son affaire, pour le moment, elle devait juste être là pour lui, comme elle l'était depuis ces deux dernières années. Elle lâcha sa main et posa son bras sur son épaule pour l'attirer à elle, puis elle le serra contre elle sans qu'il n'oppose de résistance. Il se laissa faire, comme un enfant désespéré et enfonça son visage dans ses bouclettes blondes.

- Peyton : Je suis là si tu as besoin de moi, d'accord ? Je le serai toujours. Je t'aime Nate et je suis sûre que ça va s'arranger, même si ça doit prendre du temps.

Nathan à bout de force et de nerfs finit par craquer et fondre en larmes dans les bras de sa meilleure amie, laissant enfin sa carapace se fissurer. Elle lui caressa tendrement les cheveux et ils restèrent là enlacés pendant de longues heures, l'âme en peine.


Au lycée, Lucas et Haley ne se retrouvaient à présent que tous les deux. Cela ne les dérangeaient pas outre mesure, ils se connaissaient depuis le berceau et se considéraient pratiquement comme des membres de la même famille. De plus, ils savaient tous les deux qu'avec Peyton, Nathan était entre de bonnes mains et qu'il ne ferait pas de bêtises. Ils avaient confiance en eux.

Ils étaient à présent assis à une table de pique-nique situé dans la vaste cours du lycée Tree Hill et discutaient tout en mangeant. En réalité, ils se chamaillaient plutôt comme des gamins en se racontant leur vacances qu'ils avaient de toute façon pratiquement passés ensemble.

Lucas s'esclaffa devant le regard gêné et les joues rosies de son amie. Elle piocha une fritte dans son assiette et la lui lança au visage mais il l'intercepta sans aucune difficulté avant de la mettre dans sa bouche - ses réflexes de basketteurs probablement.

- Lucas : Hales, mais comment tu as pu faire un truc pareil ?

Embarrassée mais néanmoins quelque peu amusée, elle esquissa un léger sourire puis secoua la tête. Lucas adorait la taquiner à propos d'un évènement qui c'était produit durant l'été lorsqu'elle travaillait en tant que serveuse au café de sa mère.

- Haley : Je n'ai pas fait attention, j'étais pressée et je ne regardais pas où j'allais. C'était la pleine saison et il y avait énormément de monde..

Théâtralement Lucas mis une main sur son coeur et solennellement fit une petit révérence.

- Lucas : Et là c'est le drame.

Elle rougit d'autant plus et se cacha les joues à l'aide de ses mains, morte de honte.

- Haley : Je te jure, j'ai eu tellement honte que si j'avais eu des supers pouvoirs je me serrais sûrement téléportée en Alaska. Les pingouins, eux au moins ils en auraient rien eu à faire et ils se seraient pas moqués de moi comme mon traitre de meilleur ami.

Le blond s'esclaffa d'autant plus devant sa mine boudeuse. Il tenta de se calmer plusieurs fois, mais son rire repartait de plus belle à chaque fois qu'il repensait à la scène.

- Lucas : En même temps, moi aussi j'aurais eu honte si je m'étais emporté contre quelque un sur qui je viens de renverser son café en l'accusant de ne pas avoir regardé où il marchait alors qu'il était assis tranquillement à sa table. Surtout si cette personne n'est autre que Mr Turner, notre proviseur adoré.

Piteusement, elle baissa la tête en tentant de cacher ses joues brulantes avec ses cheveux. Rien que de repenser à ce moment de honte intense lui filait la chair de poule, elle avait l'impression de retourner trois semaines en arrière et de le revivre.

- Haley : Je ne savais pas que c'était lui, il était de dos quand je l'ai insulté. Et puis, je n'étais pas de bonne humeur ce jour là, de toute façon. Ce sont des choses qui arrive !

Elle se mordit la lèvre, comme une enfant prise en faute, et Lucas ricana. Elle avait beau avoir toutes les excuses du monde, dans un café, le client est roi. En effet, de temps en temps, elle travaillait au Karen's café pour rendre service à la mère de Lucas et se faire un peu d'argent de poche, et elle se souvenait parfaitement de ce jour là. Une espèce de pimbêche blonde n'avait eu de cesse de la faire tourner en bourrique, se plaignant tantôt que son plat était trop froid, puis trop chaud, pas assez salé, trop poivré. Elle avait eu envie de le lui faire avalez par les oreilles tant elle était énervée. Le café était plein et la deuxième serveuse était en congé ce jour-là, et lorsqu'elle s'était dépêchée d'aller servir une table avec un plateau rempli de café, un homme qui ramassait sa mallette à ses pieds s'était relevé au même moment, se prenant de plein fouet les cafés chauds sur son costume et sa chemise blanche. Les nerfs avaient lâchés et le pauvre homme en avait pris plein la tête. Elle avait juste oublié de lever la tête pour le regarder et se rendre compte qu'il s'agissait en réalité de son principal.

- Lucas : La petite intello qui insulte le proviseur, mais où va le monde, on aura tout vu ! Je pense qu'il a du être surpris, tu devais sûrement être son élève préférée en plus, c'est dommage.

Elle eut envie de lui arracher son sourire moqueur mais se contenta de bouder, sachant qu'avec ses bons réflexes, elle ne pourrait même pas l'atteindre.

- Haley : Arrête de te moquer, idiot. J'ai rendez-vous dans son bureau en fin d'après-midi pour réaliser le planning des tutorats et j'hésite encore entre ne pas y aller ou bien ne pas y aller. Après tout ce que je lui ai dis, je crois que je n'oserais plus croiser son regard pour les cents années à venir, au moins !

Oui elle était son élève préférée, du moins jusqu'à l'incident. A présent, elle redoutait même de le rencontrer au détour d'un couloir. Fichue malchance, pourquoi fallait-il qu'elle soit si maladroite ?

" Le dictionnaire définit le chagrin comme une intense souffrance mentale ou une détresse due à une peine ou une perte, une douleur aigüe, un douloureux regret. "


Salut tout le monde !

Je suis sincèrement désolée (ça commence à devenir une habitude, je sais.). En réalité, j'ai été énormément occupé ces derniers temps et j'ai tout simplement complètement oublié mes histoires.. J'espère arrivé à retrouver un 'certain' rythme de publication, même si cette dernière année a été assez catastrophique en soit .. Disons, sans rentrer dans les détails, que j'ai eu une histoire de coeur assez difficile à gérer et qui m'a coupé toute motivation à mettre sérieusement à l'écriture.. J'espère cependant en être suffisamment assez guérie maintenant pour me remettre en selle et finir mes deux histoires !

Sinon, j'espère que le chapitre vous a plu ! J'ai surtout essayé de mettre bien en avant les différentes amitiés de cette fiction, en espérant qu'elles vous plaisent ! Il y a bien évidement l'indétrônable Haley/Lucas, mais aussi du Nathan/Peyton, j'espère que vous apprécierez d'ailleurs cette dernière parce que même si elle est pour le moment la petite-amie de Lucas, ça ne durera pas et que dans cette fiction, ma Peyton est adorable :)

Ah et un nouveau personnage fera son apparition dans le prochain chapitre et deviendra un personnage récurent qui se liera d'amitié avec une ou plusieurs personnes ;) Pronostics ?

* à Jlana : Merci à toi de m'avoir rappelé l'existence de mes fictions ! Sincèrement, sans ta review, je ne pense pas que j'aurais pensé à venir poster ce chapitre qui a quelques jours près allait être supprimé par FF. Donc vraiment, merci. Concernant la vérité sur l'histoire de Brooke, il faudra encore attendre quelques chapitres, mais même si tu es pratiquement sûr de te tromper, dis-moi toujours les quelques idées que tu as en tête, on ne sait jamais ;) Ravie que ma fiction te plaise en tout cas et je ferais au mieux pour que la suite ne se fasse pas trop attendre !

Kiss, S.