Disclaimer: La série "Les Légendaires" est à Patrick Sobral

Genre: Drama, Violence, Angst

Personnage: Danaël

Note: J'ai l'impression que les sous-entendus sont plus brutaux dans cette partie. Bon les enfants qui lisent, enfin les plus jeunes de mes lecteurs, ça parle d'une « vie » dans une prison. C'est pas rose et c'est assez sombre. Je ne dis rien explicitement, mais les sous-entendus sont présents.

Mêmes avertissements que dans les précédents chapitres (5 et 6)

Ce chapitre est encore assez brutal, mais bien moins que le 5.

Sous-entendus assez durs quand même.


Il n'y avait pas beaucoup de personnes qui disaient le nom de Danaël. Car beaucoup le croyaient mort.

Tout semblait le montrer après tout.

Tout semblait le prouver.

Après tout plus de nouvelles?

Des bandits?

Une disparition et plus aucune explications?

Ils n'osaient juste pas le dire. Ils n'osaient pas prononcer de condoléances...ou dire qu'ils étaient désolés.

« Commandant. Nous sommes presque arrivés. » déclara le nouveau lieutenant, menant sa monture au niveau de celle de son supérieur.

Le roux eut un sec hochement de tête, les yeux rivés sur la carte qu'il avait déroulé entre ses mains. il semblait concentré, plongé uniquement dans son travail.

« Bien. il faut y être et avoir monté le camps avant la nuit. »

Le soldat avait changé. Plus renfermé. Plus distant. Et avec une étrange lueur dans les yeux, qu'ils n'avaient pas avant.

Certains parmis les plus vieux avaient reconnu l'éclat terne qui hantait le regard de leur chef lors de la mort de son père.

Tristesse.

Deuil.

Résignation.

Et Colère.

Colère contre lui-même. Colère contre quelque chose dont il ne connaissait pas l'identité ou la nature.

Colère contre ce qui avait détruit ce qui restait de sa famille et de son passé.


Attrapant le plus jeune des deux enfants qu'il avait tiré des débris, il le passa à son subordonné qui avait déjà hissé le plus vieux sur sa selle, laissant le garçon essuyer le sang qui collait ses cheveux noirs ensemble sur son front.

Ikaël s'assura que son fardeau était bien tenu par l'autre soldat avant de le lâcher, sauf que les petits mains s'accrochèrent à son poignet.

L'enfant avait des yeux bleus foncés remplis de larmes, et des cheveux d'un blond aux reflets roux, presque la couleur du miel. Ces pupilles azur noyés de chagrin (se superposèrent à d'autres, d'un bleu plus clair et...) serrèrent le cœur du roux mais il ne montra rien, faisant doucement mais fermement lâcher l'enfant, et laissant son lieutenant prendre le petit avec lui.

Celui-ci tendit les bras. « Papa! » gémit-il, se tortillant vers la maison en ruines. « PAPA! » Son frère le serra contre lui, lui chuchotant quelque chose.

Sans l'écouter, le soldat le plaça devant son aîné avant de faire reculer sa monture pour l'éloigner du lieu du sinistre.

Ikaël s'essuya le front, regardant autour de lui, tâchant d'oublier ce regard ravagé de peur et de douleur.

Il avait encore beaucoup de travail.

Et de gens à aider.

Avoir arrêter les criminels n'étaient pas assez. Ces bandits avaient provoqué une véritable catastrophes. Les Faucons cherchaient donc des survivants après avoir arrêté les criminels. Ceux-ci avaient saccagé les maisons, certains ayant utilisé des artefacts magiques.

Et ils avaient...

« Je pense qu'on n'a aucun survivant dans cette maison effondrée. » chuchota un de ses hommes en se penchant vers lui. « Est-ce que...

– Vérifions quand même. Je ne veux prendre aucun risque de laisser quelqu'un derrière!

– Bien ».

Les soldats évacuaient les survivants du désastre, les personnes qui n'avaient pas été blessés ou tués par les bandits ayant rasé la ville.

Une bombe magique dans la montagne avait créée une véritable chute de pierre et d'eau depuis les hauteurs. Le grand village avait été noyé dans la boue et les rochers.

Ikaël regarda autour de lui. Beaucoup d'enfants avaient survécu, heureusement. Ils avaient été cachés dans des endroits précis des maisons.

Mis à l'abri après la première attaque. Et les adultes les y avaient laissé pendant des heures par précaution. Décision sage qui les avaient probablement sauvé.

« Il faut croire qu'on a l'habitude des attaques ici. » Il serra le poings « Et des accidents... »

Ikaël hocha la tête, fermant son cœur à toute émotions.

Ils avaient encore beaucoup de travail.


Il retourna au camps, où des guérisseurs s'occupaient des enfants et des survivants, des blessés.

Les soldats du coin, certains couverts de bandages ou avec le bras en écharpe, tentaient de rassurer les petits, de parler avec les adultes en leurs expliquant encore et encore la situation et que tout était résolu.

Ikaël regarda rapidement les enfants, certains étaient seuls, d'autres avaient un frère ou une soeur, voir deux. D'autres étaient entourés de guérisseurs...

L'image du petit blond en larme était comme un coup de poignard dans sa mémoire. Comme ses pleurs et ses cris.

Il lui rappelait un autre blond en larmes. Effondré par la mort de leur père.

Un souvenir qui lui rappelait qu'il avait échoué comme frère aîné.

Depuis que Danaël avait 12 ans. Incapable de réagir et de lui annoncer la nouvelle en douceur. Incapable de l'élever sans créer des conflits avec lui. Incapable de le comprendre.
Et maintenant il l'avait perdu.

Il avait échoué.
Il avait tout raté.
Et rien ne pouvait corriger ça.
Rien.


Il porta un verre à ses lèvres, buvant une gorgée d'alcool. Il ne buvait pas beaucoup mais là ses émotions étaient douloureuses et il avait vraiment besoin de faire une pause.

« Commandant. Nous avons terminé d'évacuer les survivants. Ils ont été envoyés dans un village voisins.
– D'accord.
– Les bandits sont dans la prison de la ville, gardés par un certain nombre des nôtre.
– Très bien. »

Il reposa son verre. Et poussa un profond soupir.

« Commandant...vous allez bien? » osa demander le jeune soldat.

Le roux regarda son subordonné et soupira « Il faut bien que je tienne le coup non? »

Il détourna les yeux pour ne pas voir l »inquiétude et la pitié dans les yeux du jeune homme.

Tout ceux qu'il connaissait étaient morts.

Saryn et son père, Ethmos...

Danaël...

Non il n'est pas mort.
Il n'est PAS mort.


Entrant dans le cimetière de sa petite ville, il retira les feuilles mortes sur la tombe de son père, y déposant quelques fleurs d'un bleu éclatant.
Quelques pas plus loin il fit de même sur la tombe des deux autres personnes qu'il avait perdu.

Saryn.
Une tombe vide.
Elle avait été piqué par un dard de darkellion.
C'est ce que Danaël avait dit dans sa lettre (pourquoi n'était-il pas venu le voir?).
Une mort horrible.

« Je suis désolé »

Et Alghar, la personne qui avait été un pilier pour son cadet et lui quand leur propre père était mort.

Horriblement.

Sans même pouvoir se battre.

Sans même avoir pu comprendre ce qui lui arrivait.

« On dirait que j'ai échoué hein? »

Il serra les poings.

« Je n'ai pas pu protéger ta fille après ta mort. Je n'ai pas pu protéger mon propre frère. »

Il eut un rire étranglé.

« Je suis pathétique non? »


Note: J'ai dis que les parallèles étaient pour faire une pause dans le calvaire de Danaël, j'ai jamais dis que vous ne verriez personne souffrir.

It's a happy life ~