Ma grande crainte pour cette fic (enfin ce chapitre particulièrement), c'est de tomber dans le vulgaire. Je sais bien qu'il y a plus cru que mes écrits, mais bon... :). Alors voilà, j'espère que ça ira :)
Je m'excuse d'avance d'avoir coupé le chapitre à un tel moment :)
Tentation
Première victoire pour Tetsu : il obtint finalement de le faire venir chez lui pour la soirée. Certaines petites blessures de Hideto saignaient encore et son oeil avait grand besoin d'une poche de glace. Tetsu sauta sur le prétexte et il réussit à l'amener chez lui. Après, le convaincre d'y rester au moins le temps que le 'domicile' de Hideto soit de nouveau un lieu sûr, ce n'était pas encore gagné... En le faisant entrer dans l'appartement, Tetsu eut une sensation bizarre. C'était comme si désormais, il ne pouvait plus rien lui cacher. Un appartement, ça n'en a pas l'air, mais ça reflète bien des choses. Un mode de vie, des centres d'intérêt, une façon d'être... Et la perspicacité qui était celle de Hideto aurait tôt fait de le déchiffrer entièrement. C'était comme si Tetsu lui fournissait plus d'armes qu'il n'en avait déjà. Polimment, il dit :
Voilà... Fais comme chez toi.
Réfléchis deux secondes à ce que tu viens de dire... fit Hideto en souriant.
Euh... commença Tetsu en songeant à ce qu'était un « chez soi » pour Hideto. Ouais, c'était pas la bonne formule.
En effet. C'est exactement comme je me l'imaginais, murmura Hideto en regardant autour de lui.
Parce que tu as imaginé ce qu'était mon appartement ?
Euh... Vas te faire voir ! Lança-t-il en notant qu'il marquait un point.
Héhé... Bon alors, pourquoi ça ne t'étonne pas ?
C'est parfaitement rangé, plein de CD et puis plutôt... coloré. J'imagine.
Tu imagines ? Souligna Tetsu sans comprendre.
Peu importe. Ca te ressemble assez, si ce n'est que... Tu es un peu plus joyeux et... désorganisé que ça.
Tu n'as pas vu ma chambre.
Tetsu l'y conduisit, se demandant s'il ne tendait pas le baton pour se faire battre. Enfin, il ne fallait rien y voir de tendancieux, pas vrai ? C'était juste pour lui démontrer que si le salon, pièce plus susceptible de recevoir de la visite, était irréprochable... La chambre était déjà dans un style un peu plus brouillon. Les CD et les papiers traînaient ça et là, le lit n'était pas fait et sa basse était posée dessus. Hideto jetta un coup d'oeil circulaire à la pièce et se réjouit :
Ah... Là on y est. Ca, c'est déjà plus toi.
Tu vois, tu pourrais rester ici, retenta le bassiste. Le temps que ta chambre soit de nouveau habitable bien sûr.
On n'en avait pas déjà parlé ?
Le réponse ne me satisfait pas.
Je peux ? Éluda Hideto en prenant la basse.
Vas-y.
Elle est chouette...
Oui mais... Attention, hein.
Ah, sujet sensible, nota-t-il, amusé.
Alors ?
Alors quoi ?
Ta réponse ?
Tu es fils unique non ?
Non j'ai deux soeurs, mais quel est le rapport ? Fit Tetsu, perplexe.
Je ne sais pas. Tu fais un peu celui qui n'a pas l'habitude qu'on lui dise non...
C'est pas le cas.
Ah bon ?
C'est pas le cas parce que c'est rare que je demande quelque chose.
Je t'en prie... fit Hideto, levant les yeux au ciel en signe d'incrédulité. Alors que tu m'assomes de questions depuis qu'on se connait ?
C'est une première.
Je suis un petit chanceux, je le disais bien... fit-il ironiquement.
Hideto posa la basse sur un coffre contre le mut, délicatement comme il sentait que Tetsu aurait pu lui arracher les yeux s'il était trop brutal... Ce dernier le fit asseoir sur le lit et alla chercher des cotons, du désinfectant et de quoi, sinon le soigner, au moins cacher la misère un peu... Hideto était plus douillet que l'on pouvait le croire. Il trésaillit à plusieurs reprises, grogna à d'autres... Alors Tetsu opéra rapidement. Lorsqu'il eût terminé, il posa ça et là quelques pansements, dont un sur l'épaule de Hideto...
Il n'avait pourtant rien bu, et rien dans la discussion ambiante ne l'avait orienté, pas comme la semaine passée... D'ailleurs, Hideto avait passé la soirée sans la moindre remarque provocante... Donc l'initiative partit de Tetsu et de lui seul. Il observa longuement son 'ami' et ce fut là qu'il conclut qu'il était mal barré... même avec cette tête amochée, cela n'y changeait rien. Hideto restait attirant. Cette attirance était moins due à sa beauté qu'à ce qu'il dégageait. Ce charisme, cette allure... Cela tenait à autre chose. Avec une certaine vivacité, Tetsu s'empara de son bras pour que Hideto le regarde, et il se pencha dans le but de l'embrasser. Mais l'autre l'arrêta, surpris :
Qu'est-ce que tu fous ?!
Désolé, je...
Si tu as changé d'avis, alors ok, fit nonchalament Hideto. Mais je n'embrasse pas là.
Pourquoi ?
Si on te le demande, tu diras que t'en sais rien.
Ca t'arrive d'être aimable ?
Avec toi, trop souvent.
Qu'est-ce que ça doit être avec les autres... fit Tetsu, passant ainsi à côté de l'autre sens possible de ces mots.
Alors ?
Ne me tentes pas, se ressaisit le jeune homme.
Etant donnée ta générosité, je peux te faire un prix.
Arrêtes.
Ca fait combien de temps que tu n'as pas touché quelqu'un ? A ton âge, c'est un peu triste.
Ce disant, Hideto sembla reprendre les choses là où elles étaient restées. Comme l'autre fois, il écarta délicatement les cheveux de Tetsu, dégageant ainsi son cou pour y promener doucement ses lèvres. Tetsu n'était pas différent des autres, il l'avait déjà pensé. Et là, il en avait la preuve. Il était effectivement plus coriace, ou peut-être qu'il se leurrait trop, mais il était de ceux qui ne pensent pas qu'avec leur tête, alors. Une fois qu'il l'eût rangé dans cette catégorie, Hideto se sentit mieux. Pas d'attentes -il n'en avait pas, d'ailleurs- ni rien, puisqu'il était parti pour travailler, finalement. Il fallait juste y aller plus en douceur qu'avec certains, c'était comme cela que Tetsu marchait. Ses caresses et marques d'attention délicates portèrent leurs fruits, puisque le jeune homme céda complètement. Il tenta bien de l'embrasser de nouveau, mais la réaction fut la même. Alors il trouva le moyen d'embrasser autre chose : ses épaules, son menton, son cou... N'importe quoi. C'était juste un fait : Tetsu avait envie de lui depuis la première fois ou presque. La solitude lui pesait -Hideto avait raison, cela faisait un bail qu'il n'avait pas été avec quelqu'un-, tout cela fit contrepoids dans la balance de ses bonnes résolutions.
Et ben voilà ! S'exclama Hideto en s'allongeant pour le laisser faire, satisfait.
Je suis en train de faire une connerie, se lamenta Tetsu tout en le dévorant des yeux.
Mais non. Tu es juste normal. Parfaitement ordinaire.
Ca te déçoit ? Crut-il percevoir.
C'est pas comme si j'espèrais autre chose...
Je...
Chut. Détends-toi.
Merde...
Là, on rentrait dans le domaine du professionnel ici présent. La règle d'or dans ce métier, c'était avant tout : le client est roi. Découvrir ce qu'il veut et le satisfaire, c'était la base. En l'occurence, Hideto comprit que son nouvel ami était un de ceux qui avaient ce besoin viscéral d'être aimé et qui vivent la solitude plutôt mal. En tant qu'homme qui plus est, il avait des besoins, rien de criminel à cela. Donc ce serait rapide. Et il comprit bien également que si cela s'éternisait, le cerveau de Tetsu se remettrait en marche et il stopperait tout, comme l'autre fois. Et il tenait absolument à le faire céder. Donc, il sortit un préservatif de sa poche et le tendit à Tetsu, qui le prit avec une grande lueur d'hésitation dans les yeux, le bons sens semblant revenir au pas de course. Aux grands maux, les grands remèdes... Hideto se passa de son accord pour commencer à défaire sa ceinture et il murmura juste :
Tu sais, tu n'as pas à hésiter. C'est du tout cuit. Tu n'as même pas à être spécialement gentil ou à me séduire, puisque je suis là pour ça. Profites-en.
Cela enlevait bien des aspects que Tetsu affectionnait dans ce genre de rapports. Ni tendresse, ni préliminaires, rien de tout ça. Comme Hideto l'avait dit, au fond. Pendant qu'il réfléchissait, Hideto baissa son pantalon et se retourna sur le ventre, certain que cette fois, Tetsu était allé trop loin pour se reprendre. Et il eût raison. Tetsu le prit presque aussitôt, et ce fut la dernière fois que son cerveau fonctionna. Par contre, il se produisit une chose tout à fait inattendue pour Hideto. Au début, il s'apprêtait presque à prendre son mal en patience, à comme toujours, souhaiter que ça soit déjà fini et à penser à la douche qu'il prendrait pour tenter d'effacer ça. Il y pensait vraiment. Et puis... Et puis Tetsu fit courir ses mains sur son dos et s'allongea presque sur lui, donnant ainsi une proximité inattendue.
Malgré son empressement facilement déchiffrable, ses vas-et-viens furent d'une lenteur démesurée. Il réagissait à chaque gémissement que Hideto laissait échapper malgré lui et répondait à ses attentes. Presque... Presque les rôles étaient-ils inversés. Hideto n'avait pas souvent eu affaire à quelqu'un qui se souciait même un minimum de lui. Il était celui qui donnait du plaisir et qu'il en reçoive ou pas, son partenaire s'en fichait, il n'était pas là pour ça après tout. Mais là... Là, Tetsu ajoutait des caresses, une attention certaine, une longueur dans l'acte... Hideto fut complètement paralysé. Il ne simulait rien, d'ailleurs malgré ses efforts, il n'arrivait pas à contrôler les cris qui s'échappèrent fréquemment de sa bouche.
Tetsu...
C'était la première fois qu'il gémissait le nom de quelqu'un comme ça. Il écarquilla les yeux, comme s'il se demandait si tout cela provenait vraiment de lui. Si vraiment, cette chaleur qui l'envahissait était sienne ? C'était... bon. Ce n'était pas prévu, ça ! C'était censé être un moment de plus, comme il y en a eu et comme il y en aura encore. Quels que soient les désirs du client, tous ces moments se confondaient dans le même moule de débauche et d'absence d'une quelconque sensation, pour lui. Pas là. Il voulait s'en empêcher, se persuader que c'était juste normal voire détestable, comme souvent. Il voulait réagir. Mais lutter contre une réaction physique semble être une chose difficile voire impossible. Il trouvait cela bon et il ne pouvait rien y faire.
Tetsu s'agrippa à ses hanches et entama des coups de rein plus rapides, l'empressement et l'envie prenant finalement le pas sur son désir de ne pas traiter Hideto n'importe comment. Mais il avait réussi. De ce qu'il voyait et entendait, il avait réussi. Ainsi, avoir cédé n'était plus aussi terrible. Il n'avait pas couché avec lui. Ils avaient fait autre chose, c'était clair. Quelque chose qu'il ne dirait pas à voix haute, car il savait que Hideto fuirait de toutes ses forces, sinon. Après un ultime coup de rein, il se libéra presque ne même temps que lui. Il ne se retira qu'un instant après. Et puisqu'il n'avait pas le droit à autre chose, c'est sur l'épaule qu'il embrassa Hideto. Il aurait voulu le serrer dans ses bras ou encore caresser sa peau, mais il n'osa pas.
Hideto resta un moment la tête dans les draps, sans bouger. Il avait le coeur qui battait la chamade et qu irefusait de se calmer. Sa tête était complètement vide. Mais son corps tout entier était brûlant. Il avait l'impression que si on le touchait encore, il en aurait mal, tellement ça le brûlait de partout... Il se sentait comme chargé d'électricité. C'était quoi, au juste ? Quoi que ça puisse être, c'était nouveau. Et il n'était pas certain d'aimer ça. Il se redressa et murmura :
Je peux... emprunter ta douche ?
Euh... Oui.
Merci.
Hideto trouva la salle de bain en un clin d'oeil et il s'y cloîtra. L'armoire étant ouverte, il se saisit d'un gant de toilette presque obnubilé par cette idée. Et le rituel recommença. De l'eau, chaude et à forte pression, beaucoup de savon et des frictions généreuses. Une fois. Deux. Trois. Trente minutes, peut-être. Cela dura au moins ça. Il semblait comme paniqué, à se frotter encore et encore, passant sur ses blessures en oubliant qu'il avait mal... Mais pour la première fois, la raison de ces gestes répétés n'était pas celle qu'il avait toujours eu. Ce n'était pas parce qu'il se sentait sale et qu'il voulait que l'odeur de l'autre disparaîsse pour ne jamais revenir. Ce n'était pas parce que son simple reflet le dégoûtait tellement qu'il se croyait recouvert d'une crasse indélébile... C'était parce que son corps frémissait encore, lui rappellant parfaitement ce plaisir qu'on lui avait donné. Et qu'il en savait pas du tout comment accueillir, puisque de toute façon, il ne l'aurait plus jamais. Douche glacée maintenant, pour se remettre les idées en place. Il entendit Tetsu frapper à la porte timidement et demander si tout allait bien. Il ne voulut pas répondre. Il devenait urgent de partir, quitter cet endroit et surtout ce type.
Putain...
Il sortit en vitesse, se sécha à la hâte et remit ses vêtements, qu'il avait pris soin de ramasser en quittant le lit. Il retourna dans la chambre à la vitesse de l'éclair pour y prendre sa veste, et il repartit tête baissée. Tetsu le rattrapa alors qu'il ouvrait la porte d'entrée :
Tu fais quoi ?
J'y vais.
Mais attends...
Maintenant on ne peut pas cohabiter, tu vois ? Je te donne deux minutes pour te mordre les doigts d'avoir fait ça. Et moi je ne peux pas... Pas avec quelqu'un avec qui j'ai... Bref, je me casse.
Tu le savais ?! Comprit Tetsu. Tu savais que je ne résiterai pas !Tu l'as fait exprès ! Tu savais qu'après ça, les choses seraient différentes et que maintenant je n'oserai plus te proposer d'habiter ici...
Le petit jeu a assez duré, fit durement Hideto. Tu comprends maintenant qui je suis ? J'ai couché avec toi, et je ne ressens rien, fit-il en prenant soin de regarder le sol, toujours. Aussi vrai que je suis devant toi. Et tu n'accepteras jamais ça, pas vrai ? Ca te blessera de me voir continuer ma vie comme avant et te prouver que ça n'a aucune importance. Tu n'es pas le genre de gars qui peut accepter des parties de jambes en l'air sans s'impliquer.
C'est tout ce que tu as trouvé pour me dégoûter ? Murmura Tetsu, effectivement blessé.
Et ça marche. Salut.
