Ça fait 6 mois ! 6 mois ! Et personne m'a rien dit ? Que sont donc les promesses de lapidation si personne ne vient me balancer les cailloux et les M&M's en pleine truffe ?!
Ma période d'hibernation commence en novembre, jusque là vous pouvez toujours me dire de me bouger le derrière, no problemo.
Soit. Cette fic est bientôt terminée, en quelque sorte. Je nous réserve une petite surprise :)
Bonne lecture.
- Ne te penche pas trop. Si tu tombes cette fois, ce n'est pas un bête bain d'alcool.
Aoki hoche la tête avant d'avancer de nouveau la tête hors de la veste de l'humaine alors que Merli se pelotonne un peu plus à l'intérieur. La nuit commence à être fraîche malgré la masse de personnes qui les entoure.
- Pourquoi il est tout petit ? demande Aoki, penchée par-dessus la poussette.
- Parce que c'est un bébé, répond calmement Lily. Il va grandir plus tard.
- Vous avez dit quelque chose ? fait la femme à leurs côtés, la mère du nourrisson que la fée examine discrètement.
C'était bien lui qu'elle avait entendu pleurer de loin, au grand étonnement de Lily qui n'avait strictement rien remarqué au milieu de la foule. L'ouïe des petites créatures semblait réellement prodigieuse. A moins qu'elles n'utilisent un autre moyen.
Alors Lily avait du jouer des coudes pour se faufiler dans la foule, guidée par Aoki, toujours cachée dans sa veste, pour arriver face à une jeune femme et son bébé en pleurs.
La petite fée démontre un intérêt vif pour l'enfant et Merli garde un œil sur sa petite sœur. Il ne manquerait plus qu'elle se mette à faire des siennes dans un endroit aussi fréquenté.
- Je disais qu'il était adorable, se rattrape Lily en tendant un doigt au bébé.
- Tss, tu parles ! On dirait un singe, commente Merli, trop faiblement pour être entendue de l'extérieur, mais suffisamment pour atteindre Lily.
- Quel âge a-t-il ? continue la blonde comme si de rien n'était.
Le nourrisson serre le doigt tendu tandis que son regard fixe Aoki d'un air surpris.
- Six semaines.
Même à cet âge-là, la petite fée doit l'intriguer. Autant qu'il l'intrigue à elle.
- Ça me donne mal à la tête, déclare Merli. Il envoie de l'énergie partout et n'importe comment.
- J'aime bien, répond Aoki d'un ton distrait.
- Toi aussi tu envoies de l'énergie partout. Tu devrais te calmer. Lily ?
L'interpellée baisse le nez.
- Ton cœur bat très vite d'un coup.
Posée comme elle l'est, Merli ressent les battements de cœur comme les pulsations d'un tambour immense.
- Je meurs de chaud, chuchote l'intéressée.
L'humaine reste quelques instants encore à échanger des banalités pendant qu'Aoki contemple le bébé tout son soûl.
- Tu seras grand, souffle la petite fée bleue, toujours penchée sur la poussette. Encore plus grand que Lily.
Personne n'imaginait qu'un jour le jeune homme qu'il deviendrait dépasserait allègrement les deux mètres de haut.
Lily a l'impression de se promener avec deux enfants. Une surexcitée qui veut faire tous les manèges et toucher à tout, et une bougonne qui refuse de coopérer à la moindre chose.
- Nous cherchions Oniko ! râle Merli.
- Relax, répond la blonde. Au milieu de cette foule, elle ne pourra pas vraiment rester cachée. Quelqu'un la verra bien à un moment si elle est dans le coin. Et puis il commence à faire frais, tu refuses toi-même de sortir de ma veste.
Merli marmonne quelques mots, bras croisés. Sa petite sœur se penche vers l'extérieur, curieuse de tout.
- Merli, appelle-t-elle soudainement.
- Qu'est-ce qu'il y a ?! répond l'aîné avec colère.
Aoki ne réagit pas au ton mordant.
- Lily a un morceau de nuage dans la main.
- Et alors ? Elle a bien un morceau de ciel autour du cou. Qu'est-ce que ça peut bien faire qu'elle ait aussi du nuage ?
- Elle le mange.
Stupéfaction totale. Aoki n'a jamais vu sa sœur ouvrir des yeux aussi ronds. Cette dernière écarte vivement le pan de veste et se retrouve face à une masse rose filandreuse, plantée sur un bâton que Lily tient d'une main. Elle hume cette étrange chose et trouve l'odeur agréable.
L'humaine s'éloigne un peu de la foule, suffisamment pour pouvoir faire sortir les deux sœurs. Elles sont au bord d'un petit ruisseau, séparées du festival par un talus à l'herbe fraîche. Lily s'y assoit avec un soupir de soulagement. Voilà un moment qu'elle est debout.
- Vous pouvez manger. Je pense même que ça devrait beaucoup plaire à Merli, fait-elle en saisissant un morceau à l'aspect cotonneux.
Aoki la regarde l'avaler goulûment avant de tendre le bras en avant à son tour.
- Trop sucré, déclare-t-elle avec une grimace en secouant sa main où reste collé la friandise.
Merli tend la main à son tour, brusquement intéressée. La substance fond sur sa langue, se colle un instant à son palais, puis disparait en ne laissant qu'un effluve sucré. Aoki a raison c'est dégoulinant de sucrerie. Et ce n'en est que plus délicieux.
- Regarde Aoki. Il y a une araignée ici si tu veux manger quelque chose.
Lily désigne l'arachnide qui commence à lui escalader le bras. Aoki s'approche d'un battement d'ailes, observe la bestiole en louchant puis la repousse violemment d'un geste de la main. La bestiole tombée au sol s'enfuit sans demander son reste, perdant deux pattes dans sa fuite éperdue.
- C'est pas une araignée. C'est un longue-pattes. Puis j'ai pas le droit de manger d'araignées cette nuit.
Sa dernière phrase est boudeuse. Lily jette un coup d'œil interrogateur à Merli, en quête d'informations.
- La Tisseuse descend du ciel. On ne peut pas savoir où elle se trouve vraiment, alors dans le doute, elle ne touche pas aux araignées cette nuit.
La jeune femme a un instant de flottement avant d'étouffer un rire.
- Tu veux dire qu'Aoki serait capable d'avaler une déesse, tout rond ?
Merli se contente de hocher la tête avant de piocher à nouveau vers la friandise de l'humaine. Ça paraît tellement logique pour les deux fées que Lily ne pose pas plus de questions. Merli et elle partagent la barbapapa tandis qu'Aoki pourchasse les grillons au sol.
Oniko semble alors bien loin.
Lily en est réduite à lancer des cailloux dans le petit cours d'eau quand les lumières du festival s'éteignent petit à petit. Même le bruit de la foule semble se faire plus lointain. En grimpant le talus, Lily voit que tout le monde a désormais les yeux levés vers le ciel.
- Les lumières ! lance Aoki d'un air ravi.
- Feux d'artifice, complète Lily en s'allongeant sur le dos.
La plus jeune des deux fées s'assoit en tailleur sur son ventre, le nez vers les étoiles. Merli est debout près de sa tête. Le sucre ingéré lui permet de rester à l'extérieur dorénavant. De là où elles sont, elles n'auront aucun soucis pour admirer le spectacle nocturne.
Lily a l'habitude de faire ça couchée à terre. Le ciel étoilé est alors comme une toile sombre, vierge de son état. Et les fleurs de feu explosent alors comme le feraient des tâches d'encre. L'humaine se plaît à penser que l'effet est le même que lorsqu'elle brisait la plume de son stylo sur une feuille blanche quand elle était écolière. Jusqu'à ce que ses parents lui dévoilent l'existence du stylo-bille, beaucoup moins amusant à briser.
Elle sent son cœur battre à cause de l'excitation. Elle est heureuse de partager un tel moment avec les fées. Un sourire se dessine sur son visage alors que le sang bat à ses tempes. Sûr que de là où elle se trouve, Aoki doit le sentir comme un monstre qui gronde sous une toile.
La première fusée part en sifflant et s'élève haut, traversant le champ de vision de Lily qui plisse les yeux en anticipant le flash de couleur.
Il arrive dans un bruit assourdissant. Presque autant que celui que produit soudainement le cœur de Lily. De régulier et excité, son battement est devenu douloureux.
Elle se tord en deux, éjectant Aoki au passage. La seconde fusée part. Nouveau soubresaut brûlant quand elle explose. Lily en a littéralement le souffle coupé et tout ce qui sort de sa bouche est un cri muet.
C'est à peine si elle distingue Aoki dans un brouillard de larmes. Aoki qui est toute affolée.
Merli en revanche, garde son sang-froid et cherche la cause de tout ça à l'aide de sa vision magique. Les relents d'énergie de Lily et celle qui la vide de cette manière, voilà ce qu'elle traque. Elle la trouve enfin, la distingue sous la forme d'un halo pourpre. Dans un arbre, de l'autre côté du ruisseau, se trouvent le kitsune et Oniko. Cette dernière affiche une mine réjouie alors que les feux du ciel illuminent son visage par intermittence.
Noir entre deux fleurs de feu. Et le flash suivant ne montre plus rien.
Lily se cambre assez pour qu'on la croit sur le point de s'arracher du sol, mais elle retombe lourdement, haletante. Près d'elle, face à Merli et sous le regard effrayé d'Aoki, Oniko chevauche son kitsune d'un air désinvolte.
- Il paraît que tu me cherches, humaine.
Son ton est doucereux alors qu'elle se penche vers le visage de Lily. La blonde reprend difficilement son souffle alors que la douleur reflue lentement. Elle déglutit et porte une main à sa poche. Elle en tire l'anneau de plomb qu'elle lève devant ses yeux d'une main tremblante.
- Je veux te rendre ceci…
Sa voix est rauque, sa gorge sèche. Elle ne sait pas ce qu'à fait Oniko, mais elle l'a reçu de plein fouet.
L'Unseelie contemple le bijou un instant avant que son kitsune ne commence à s'éloigner au pas.
- Offre refusée.
- Tu ne peux pas ! s'écrie alors Merli en s'élançant en avant.
Elle retire l'anneau des doigts de Lily encore sonnée, et fait face à l'Unseelie et sa monture surnaturelle.
- Reprend-le !
- J'ai dit non. Maintenant, je souhaiterais profiter du spectacle en paix.
Elle tend un bras en direction de la fée qui est brusquement repoussée par une force invisible. Au même instant, Lily sent une douleur dans sa poitrine et ne peut que se crisper un peu plus.
Le kitsune se met à galoper en direction de la foule sans que personne ne le remarque. Ils sont tous trop occupés à regarder le feu d'artifice qui illumine brièvement le ciel dans des bruits de détonation. Merli se lance à sa poursuite, volant en rase-motte afin de ne pas être vue.
C'est la dernière fois que Lily et Aoki voient Merli avant longtemps.
Lily se croit mourir tant la douleur dans sa poitrine est forte. Une main invisible semble s'être emparée de son cœur et serre, encore et encore, jusqu'à être sur le point de broyer l'organe. C'est à chaque fois court, brutal et intense. Ses tempes sont couvertes de sueur, sa gorge est sèche.
Prise de panique, ses doigts ramenés en crochet creusent des sillons dans la terre et arrachent des mottes d'herbe humide sans que qui ce soit n'intervienne. Elle va mourir ici, elle sera seule et on ne trouvera qu'un cadavre encore chaud. Juste à la fin du feu d'artifice certainement. Ça se sera passé tout près d'eux, mais personne n'aura rien remarqué.
Un éclat bleu près de sa tête la rassure vaguement. Aoki est là. Elle n'est pas seule. La petite fée tourne la tête en tous sens. Vers Lily toujours à terre, vers la foule pour chercher sa sœur du regard, vers l'autre côté du ruisseau comme pour guetter l'arrivée d'un autre problème.
La jeune femme roule sur le côté et pose sa main en coupe près d'Aoki. Cette dernière s'y accroche comme une enfant le ferait à la jambe de sa mère. Sans sa grande sœur, elle est complètement perdue. Mais Lily est là, elle. Et elle ne peut pas laisser Aoki dans un tel état. Alors elle se mord les lèvres jusqu'au sang, pleure pour essayer d'effacer la douleur, tente de tout faire pour qu'Aoki ne sombre pas un peu plus dans l'angoisse.
Le regard de la fée lui confirme que c'est un échec.
Au bout d'un long moment, les spasmes douloureux s'arrêtent, la laissant avec le souffle court.
Les ailes d'Aoki vibrent contre sa paume et la fée tremble carrément.
- Merli…
- On va la chercher.
Lily se lève difficilement. Ses mouvements sont lents, maladroits. Il lui faut un temps fou pour remonter la butte après avoir calé Aoki dans sa veste et elle manque de trébucher à de nombreuses reprises en fendant la foule. Elle bouscule un homme qui l'attrape par le bras.
- Ça va ? demande-t-il.
- Oui, ment-elle. J'ai juste perdu quelque chose.
- Qu'est-ce que c'est ? On peut t'aider.
Déjà, deux autres personnes s'approchent. Certainement des camarades de l'homme à qui elle parle. Son esprit tourne à toute vitesse alors qu'elle cherche un mensonge crédible. Hors de question qu'elle parle de deux fées et d'un kitsune. C'était le meilleur moyen de passer pour une folle. Elle tâtonne l'intérieur de sa veste, à la recherche d'Aoki, et murmure une prière silencieuse pour que cette dernière ne bouge pas. La fée se laisse saisir et est brusquement exposée aux regards des trois hommes.
- Ma sœur a égaré deux de ses figurines. Elles sont dans le même genre que celle-là.
Aoki est agenouillée dans sa paume, docile et abattue, les ailes basses. Les trois hommes la contemplent un instant.
- L'une est bleue aussi, plus sombre. La seconde est rouge et noire.
Quelques secondes passent encore avant qu'un des hommes n'éclate de rire. Il a un geste de la main qui signifie bien qu'il n'en a rien à carrer.
- Elle est saoule les mecs, laissez tomber.
- Pourquoi ? C'est un très beau papillon.
- Un papillon ? Tu débloques, sa main est vide !
- C'est tes mélanges qui te montent aux neurones, intervient le troisième homme. C'est un papillon bleu. Écoute, si on trouve une des figurines de ta sœur, on te cherchera, ça te va ?
Elle hoche lentement la tête, un peu surprise par ce qui vient de se dire face à elle. Dans sa main, c'est bien Aoki qui se tient. Qu'on la prenne pour un papillon est tout sauf normal. Elle remercie rapidement les trois hommes et s'éloigne en cachant de nouveau Aoki. Elle les entend se disputer une seconde quant à savoir si sa main était réellement vide ou si il s'y trouvait un papillon bleu.
- J'y penserai plus tard, murmure-t-elle pour elle-même.
On la regarde étrangement tandis qu'elle appelle Merli à pleine voix sans recevoir de réponse. L'éclat d'un miroir attire son regard et elle se dit que ce n'est pas étonnant qu'on la dévisage. Avec les mèches de ses cheveux collées par la sueur, ses vêtements humides tâchés d'herbe et son air paniqué, elle ne peut qu'attirer l'attention. Elle prend quelques secondes pour mettre un peu d'ordre dans sa chevelure et tenter de se calmer un peu.
Aoki se met à gigoter contre sa poitrine. Lily s'éloigne à nouveau de la foule en passant derrière un stand couvert. Les pieds au milieu des câbles d'alimentation, elle écarte le pan de sa veste.
- Merli est partie, fait Aoki.
- Je la cherche. Et je crois qu'au moins deux autres personnes le font. Peut-être…
Elle en doute fortement mais ça vaut mieux que de se savoir seule.
- Non… Je ne les sens plus.
- Quoi ?
La fée est blottie contre son vêtement, comme si elle cherchait à se fondre en elle.
- Merli n'est plus ici. Elle est partie.
Lily passe le reste de la nuit à chercher. Elle ne revoit pas les trois hommes et se dit que ce n'est pas une mauvaise chose. Les lumières du festival s'éteignent une à une quand l'aube arrive et il n'y pas trace de fées.
Aoki ne dit plus un mot malgré les questions de la blonde et ses piètres tentatives pour lui changer les idées. Elle reste engourdie contre l'humaine, saisie par la fraîcheur de la nuit qui se termine à peine. Elle est partagée entre ses mécanismes biologiques de créature à sang-froid qui lui ordonnent de dormir et son inquiétude pour sa grande sœur. Contre elle, elle sent que Lily est épuisée elle aussi. Mais l'humaine continue de chercher, inlassablement.
- Tu ne sens vraiment rien ? Ni Merli, ni Oniko ?
Aoki ne répond pas. Le vide en elle est bien trop présent. Il prend la place des mots.
Jusqu'à maintenant, elle avait toujours senti la présence et l'énergie de sa sœur. Pour la simple et bonne raison qu'elle avait grandie à ses côtés. Perdre la trace de Merli équivalait à arracher une partie d'elle-même, une partie de ce qui fait qu'Aoki est Aoki.
Lily se laisse tomber à genoux tout à coup. Aoki lève la tête pour lui lancer un regard interrogateur.
- J'ai… les jambes coupées. Je vais me reposer, juste un peu.
Aoki a envie de lui dire qu'elle peut se reposer tout le temps qu'elle veut, Merli est bien trop loin pour qu'elles la rejoignent. Elle reste silencieuse.
Au-dessus d'elle, Lily ferme les yeux pendant de longues secondes et Aoki craint qu'elle ne les ouvre plus. Alors elle se hisse jusqu'à son visage d'un battement d'ailes et tire une des longues mèches de cheveux blonds. Les yeux bleus de l'humaine s'ouvrent lentement.
- J'aurais préféré que ce soit un cauchemar, articule Lily en penchant la tête sur le côté.
Aoki aurait préféré aussi, même si elle n'a aucune idée de ce qu'est un cauchemar. La blonde ramena ses jambes contre sa poitrine.
- J'ai perdu Merli…
La fée va se percher sur son épaule et recueille la perle d'eau salée qui coule de son œil. Lily pleure longtemps. De fatigue, d'angoisse, de honte, d'impuissance. Sa poitrine se serre et elle passe un moment à chercher la source d'une telle douleur, jusqu'à ce qu'elle se rende compte que ce sont ses sanglots qui l'étreignent aussi fortement.
Elle essaie de se relever, titube et fait quelques pas incertains. Il lui faut dormir.
- On va rentrer, annonce-t-elle. Et on ira chercher Merli.
Le trajet s'est déroulé dans un silence de mort, bien différent de ce qu'il était à l'aller. Lily a faillit envoyer la voiture dans le fossé à deux reprises avant de parvenir à destination.
Arrivée dans la chambre, la jeune femme dépose Aoki sur le bureau. La fée ressemble à un petit automate déglingué, ses ailes se lèvent et s'abaissent avec des gestes saccadés, comme des spasmes musculaires.
Le lit lui apparaît comme une alternative bienfaitrice et elle s'y laisse tomber de tout son poids. Aoki la regarde faire en silence. Elle sait que Lily est fatiguée. Elle sait que c'est à cause d'Oniko et Merli qui ont puisé dans son énergie durant le feu d'artifice et que c'est pour ça que l'humaine se tordait en tous sens sur l'herbe humide. Elle a eu peur de la voir s'éteindre.
Finalement, Lily s'endort sous les yeux vides d'Aoki. Cette dernière sait qu'elle va récupérer. Ça lui prendra peut-être un jour ou deux, mais ça ira. Et après ça, elles iront chercher Merli.
Lily le lui a promis.
