Je rappelle que les paroles en italiques sont ce que Harry lit, l'article de Free Wizard quoi.


- Comment me voyez-vous ?

- Comme je ne le devrai pas monsieur Potter.

Harry n'eut pas le temps de rétorquer, que l'homme avait refermé la porte, le laissant seul avec ses questions. Plus que la réponse du blond c'était la réaction de leurs corps lors de leur contact qui l'avait ébranlé. Pendant plus de quatre jours, le Gryffondor retourna la question dans tous les sens sans oser pourtant essayer de recroiser Lucius. Il était effrayé par cette situation qu'il avait lui même provoqué.

Fin du Flash Back

Harry revint à l'instant présent, un sourire vissé aux lèvres. Non vraiment le début de leur relation n'avait rien d'une histoire de conte de fée. Pas de déclarations amoureuses emplis de mots doux et tendres, pas de regards énamourés, rien de tout ce à quoi l'on peut s'attendre de la première histoire d'amour d'un adolescent. Et pourtant malgré cette absence leur relation était et est toujours bien plus belle et bien plus forte que nombre de relations.

Reprenant sa lecture , le brun rit doucement en lisant les mots qui s'étalaient devant ses yeux.

Lorsqu'un être n'est pas à sa place, lorsqu'on lui refuse le droit d'être ce qu'il est, il va chercher à trouver une personne qui sera le voir tel qu'il est réellement et non tel qu'on voudrait qu'il soit.

Il n'y avait pas à dire, le style de Lucius était vraiment un plaisir pour les yeux. Heureusement que son époux avait insisté pour prendre la plume et retranscrire ses idées, sinon l'article aurait certes été un peu plus vivant mais beaucoup moins correct au niveau du langage.

Lucius a su voir ce que j'étais, ce que je n'étais plus aussi. Ma vie, mes expériences faisaient de moi un jeune homme qui n'avait plus d'adolescent que le terme et pourtant autour de moi personne ne semblait vouloir le comprendre ou plus exactement l'accepter. Ce refus m'affaiblissait, me détruisait et j'ai failli plus d'une fois céder au désespoir.

Ça c'était un peu exagéré, certes le Gryffondor montrait des signes de dépression mais pas au point d'en finir. Néanmoins son époux avait jugé profitable de jouer sur la corde mélo, selon lui ceci ne pourrait qu'être un bon point pour eux. Il fallait que les gens voient non seulement que leur mariage n'était pas vicié mais que en plus, il avait aidé le brun. A mieux aller ou à accomplir sa tâche d'Élu ça c'était au gens de voir ce qu'ils préféraient lire entre les lignes … Lucius n'avait pas été à Serpentard pour rien.

Cette guerre nous a tous fait perdre des êtres chers et je pense qu'il est facile de comprendre le déchirement que j'ai ressenti devant le corps inanimé et défiguré de mon parrain Sirius Black. Il a donné sa vie pour un ami et je savais que pleurer sur lui, hurler, serait ne pas lui faire honneur et ne pas le respecter. C'est pourquoi je suis resté devant lui sans rien dire, malgré que mon coeur hurlait de douleur.

Le Gryffondor arrêta sa lecture et prit le temps de laisser la pointe de souffrance qui s'emparait de son coeur de dissiper. Même si il avait réussi, grâce à son époux, à faire son deuil, il n'en restait pas moins que l'absence de son parrain lui serait toujours douloureuse.

Ce n'était certes pas une chose aisée de comprendre le pourquoi de mon attitude, mais si ils m'avaient demandé je leur aurai expliqué ma conduite. Au lieu de cela on m'a considéré comme un petit garçon incapable de gérer ses sentiments. Un seul homme a compris, un seul homme m'a compris, Lucius Malefoy.

Oh oui, il l'avait compris et lorsque après une réunion de l'Ordre Harry lui avait glissé un rendez-vous dans le salle de classe qui avait servi à leur dernière rencontre il était venu sans poser de questions, pas plus qu'il n'avait demandé d'explication à Harry lorsque celui-ci lui avait demandé de prendre sa dernière parcelle d'innocence. Il s'était exécuté avec tendresse mais sans réelle douceur. Comme première fois il y avait certes plus romantique qu'une table bancale dans une salle de classe poussiéreuse mais ça ne comptait pas, tout ce qui importait c'est que enfin le Gryffondor avait trouvé quelqu'un qui le comprenait, qui ne remettait pas ses choix en question sous prétexte qu'il était jeune. Pour Lucius aussi cette nuit avait était un tournant. Lorsqu'il avait croisé le regard de Harry, il avait compris que tous ses doutes n'avaient pas de raisons d'être, que ce garçon en face de lui n'avait d'adolescent que le nom et quand le Gryffondor lui avait de but en blanc demandé de le faire sien, il avait su au plus profond de lui que c'était tout sauf une impulsion stupide. C'est pourquoi sans parler, mais sans quitter le regard émeraude du brun, il l'avait poussé vers le seul meuble de la pièce, une vieille table à moitié vermoulue, collant leurs corps l'un contre l'autre. Une de ses mains c'était posée sur la hanche du jeune homme, l'autre sur sa nuque et il lui avait offert son vrai premier baiser, ne se formalisant pas de son manque évident d'expérience. Bien au contraire, il prenait son temps, instruisant le Gryffondor, l'amenant à prendre des initiatives et Harry laissait l'homme le guider dans cet apprentissage sensuel, découvrant des sensations jusque là inconnues. L'expérience du blond lui permettait d'être décontracté, en confiance, de ne pas se poser de question. Sans être totalement passif, il pouvait se laisser aller et c'était une première pour lui. Il découvrait qu'il était possible de laisser quelqu'un le diriger sans pour autant être une poupée sans volonté.

Le frisson qui le saisit lorsque l'homme fit disparaître leurs chemises n'avait rien à voir avec de la peur, c'était un frémissement d'anticipation, car le spectacle qu'il avait devant les yeux n'était pas pour lui déplaire. Lucius le laissa à sa découverte visuelle sans chercher à amorcer un nouveau geste, c'était aussi une part importante de le leçon qu'il lui dispensait, le désir, le plaisir fait appel à tous les sens. Le toucher en se caressant, en découvrant tactilement l'autre, l'ouïe en écoutant ses soupirs, ses gémissements pour lui offrir toujours plus de plaisirs, le goût en savourant les lèvres, la peau, le désir de l'autre, l'odorat en s'imprégnant de la fragrance de son partenaire et la vue en découvrant et redécouvrant à chaque fois son corps, la beauté de ses yeux lorsque la jouissance le fauche.

Et Harry vint de lui même réclamer un nouveau baiser, passant ses bras autour du cou de l'homme, frissonnant en découvrant la sensation de leurs peaux nues se touchant, se frôlant, tout son corps semblait être devenu plus sensible à la moindre simulation. Il se sentit presque ridicule à ne pouvoir étouffer un léger gémissement lorsque les mains du blond se mirent en mouvement sur son torse et il blottit son visage dans le cou de l'homme. Tendrement l'homme lui faisait prendre conscience de son corps, du plaisir qu'il pouvait en tirer et le brun se prenait à se demander comment sa hanche pouvait être aussi sensible, la question fut bientôt mise aux oubliettes lorsque son presque amant vint rajouter ses lèvres à ses mains. Le Gryffondor ne put que se rejeter en arrière et laisser l'homme lui prodiguer caresses et baisers. Sans même qu'il s'en aperçoive le brun se retrouva nu comme le jour de sa naissance étrangement il n'en éprouva aucun malaise et même le regard chargé de désir que Lucius posa sur lui ne le fit pas rougir.

Sans pouvoir empêcher ses premiers gestes d'être un peu hésitant, il commença à rendre à l'homme ses attentions, découvrant ses courbes, s'étonnant de la douceur de sa peau, goûtant sa saveur masculine. Il marqua un temps d'arrêt lorsqu'il arriva à la ceinture de l'homme, se demandant si il devait le laisser se déshabiller ou le faire lui même. Un regard vers le visage de Lucius lui fit comprendre que l'homme le laissait libre de décider et cela fit venir un sourire sur les lèvres du Gryffondor. Il ne put cependant soutenir le regard du blond lorsque ses mains légèrement tremblantes firent glisser les derniers vêtements de l'homme et quand Lucius fut nu devant lui, il sentit ses joues s'empourprer légèrement. Une main tendre lui fit relever le regard vers son futur amant et le calme qu'il y lut le rassura, le calma. L'homme le désirait, il en avait eu la preuve sous le nez si l'on peut dire, mais il ne se laissait pourtant pas envahir par celui-ci au point de perdre sa retenue et cela finit de rassurer complètement Harry sur son choix.

La suite étrangement est à la fois claire et pourtant floue dans l'esprit du Gryffondor. Il se souvenait parfaitement du battement effréné de son coeur lorsque l'homme toucha son intimité pour la première fois, de la voix rassurant de Lucius alors qu'il le préparait, de la douleur violente de la pénétration qui lui fit couler des larmes, des attentions du blond pour lui faire accepter cette douleur, du plaisir ensuite qu'il lui fit découvrir sans pour autant que la douleur ne disparaisse jamais. Mais l'homme avait su la faire passer au second plan en lui offrant un plaisir nouveau et intense. Enfin il n'oublierait jamais l'étreinte puissante du blond lorsqu'ils avaient joui. Et c'est à cet instant que Harry avait compris que cet instant entre les bras de l'homme n'était que le prélude de nombre d'autres.

Sortant de ses souvenirs, le brun baissa les yeux sur l'article et continua à lire, souriant, riant parfois devant certaines phrases jusqu'à ce que l'un d'entre elle ne le fasse de nouveau partir dans ses pensées.

Si il doit y avoir quelqu'un à juger comme malhonnête dans notre relation ce n'est pas mon époux, mais moi Harry James Malefoy. Car durant des mois, j'ai eu une attitude peu convenable envers celui qui était mon amant, je me servais de lui sans rien lui offrir en retour. Je crois que je voulais me masquer ce que j'éprouvais pour lui, par peur de le perdre. Jamais il ne me demandait d'exprimer un quelconque attachement envers lui, il se contentait d'être là lorsque j'en avais besoin. Mais c'est aussi la peur qui m'a paradoxalement permis de comprendre que je l'aimais. Un jour, un jeudi je crois, nous avions cours de Potions et lorsque j'ai vu le professeur Dumbledore entrer à la place du professeur Snape mon coeur s'est affolé et j'ai senti mon sang se figer. Vous n'êtes pas sans ignorer qu'il était un espion de l'Ordre et ne pas le voir à sa place dans la salle de Potions me fit craindre le pire pour lui mais aussi pour Lucius et si ils avaient été découverts ? Dès que j'ai pu, je me suis rué dans le bureau du Directeur pour savoir ce qui c'était passé et en y repensant j'ai du avoir l'air ridicule à pratiquement sauter au cou de ce vieux sorcier pour avoir des explications. Surtout qu'il n'y avait pas de quoi s'affoler, le professeur Snape était, et je sais qu'il va m'en vouloir de révéler ceci, terrassé par une otite. Mais cela m'a permis de comprendre que j'aimais Lucius, que je l'aimais plus que tout.

En vérité, il avait pris conscience de ses sentiments lorsque Dumbledore s'était avec son éternel sourire, réjoui que les rapports entre Harry et son professeur de Potions s'améliorent. Car si le Gryffondor était venu s'informer officiellement de l'état de santé de Severus, il n'avait en tête que Lucius. Il avait eu deux jours pour finir d'aplanir tout cela et de remettre toutes ses idées en ordre. Mais lorsqu'il avait pu voir le blond, il s'était simplement blotti contre lui et c'est en pleurant qu'il lui avait bredouillé :

- Je t'aime Lucius.

Des mots banals en apparence mais qui étaient pourtant si forts. L'homme avait resserré son emprise sur le Gryffondor et avait doucement murmuré :

- Je sais amour.

Ce n'était pas une fanfaronnade du blond, il avait compris depuis longtemps ce qui agitait le cœur de son petit lion, mais il avait compris aussi qu'il fallait lui laisser le temps de le comprendre et de l'accepter. Et c'est en lui faisant l'amour qu'il lui avait murmuré tout son amour, toute sa passion.

Doucement le brun replia la journal et se leva. Il était temps de voir l'effet que ce petit article avait eut. Il n'eut pas à aller très loin pour se faire une idée. Dès qu'il mit le pied dans le château, il se fit sauter dessus par une horde d'élèves qui le harcelaient de questions pour savoir si ce qui était écrit dans le journal était vrai. Le Gryffondor répondit poliment aux questions, omettant d'entendre celles trop dérangeantes e au bout d'une demi heure il peut enfin s'extraire de là pour regagner sa chambre où l'attendait une surprise. Une mauvaise surprise sous la forme d'un Dumbledore dont le sourire habituel était quoique un peu crispé toujours bien là. Le brun passa devant le vieil homme en l'ignorant superbement et gagna la salle de bain pour se rafraîchir. Lorsqu'il ressortit le sorcier était toujours là. Bon …. si on jouait au jeu de je ne parlerai pas en premier, il y serait encore dans cent ans et Harry n'avait pas particulièrement envie de voir le vieil homme encore là, lorsque Lucius viendrait le voir. Pas sûr qu'un avada ne se perde pas .

- Que voulez-vous professeur ?

Ben oui si le Directeur était là ce n'était sûrement pas pour admirer la décoration.

- Parler Harry, parler tout simplement

Non sans blague ?

- Je crois que nous nous sommes tout dit monsieur.

- Nous avons parlé sous le coup de l'émotion Harry et elle est mauvaise conseillère, cet article, il sortit le Free Wizard d'une poche de sa robe, en est la preuve.

-Je ne vois pas les choses ainsi. Cet article n'est pas fait sous le coup d'une quelconque émotions, il permet simplement de rétablir la vérité.

- Quelle vérité Harry ? La tienne ou celle de Lucius ? Car cet article est écrit de sa main à n'en pas douter, on y reconnaît bien son style.

Non mais oh ça voulait dire quoi ça ? Qu'il était incapable d'aligner trois mots ? Le Gryffondor commençait à voir rouge et doucement mais sûrement l'énervement gagnait sur sa patience.

- Notre vérité.

- Hum, tu me permettras d'en douter Harry, cet article donne trop le bon rôle à Lucius Malefoy.

- Il lui donne simplement le rôle qu'il a eu, ni plus, ni moins.

Zen ….. inspirer, expirer, inspirer, expirer …..

- Hum … peut être, mais cela semble avoir eu un effet négatif sur les juges.

Juges ?

- En quoi des juges ont à voir avec notre mariage ?

- Oh c'est vrai tu n'es pas au courant vu la précipitation que tu as mis à quitter la Grande Salle mais Lucius vient d'être arrêté.

En entendant les mots du vieil homme, le Gryffondor du faire appel à tout son self contrôle pour ne pas lui sauter dessus et lui faire rendre gorge. Sans se soucier du fait que son élève était à deux doigts de l'étriper, le sorcier se releva et se dirigea vers la porte. Juste avant de quitter la pièce, il se retourna et un sourire victorieux sur les lèvres il asséna un dernier coup au brun.

- Le monde sorcier se soucie du bien être de celui qui l'a sauvé. Il est donc normal que l'homme qui a abusé de lui soit mis en examen pour viol sur mineur, utilisations de sorts de magie noire dans le but de manipuler un esprit, mariage forcé. Je sais que tu dois me haïr pour cela Harry, mais lorsque tout sera fini tu me remercieras.

Un juron s'échappa des lèvres du Gryffondor et le sort qu'il lança sur le vieil homme se heurta sur le bois de la porte qui se refermait. Effondré le jeune homme tomba à genoux tout le corps crispé, un cri au bord des lèvres. Quelques minutes, heures plus tard, il ne saurait le dire, des bras fermes le relevèrent et il s'effondra en pleurs contre le torse de Severus.


Moilààààààà !!!!! Bon j'espère que tout cela vous a plu. Je voulais attendre d'avoir fini de rédiger le prochain chapitre pour poster celui là, mais vu comme je vous avais abandonné en cours, je me suis dit que vous méritiez d'avoir ce chapitre de suite.