Voilà la suite, comme toujours promis chaque lundi ;)) Même s'il fait pas beau ... :,(
Note: La deuxième partie contient quelques dialogues en anglais. C'est pas garanti "grammaire impeccable" hein. J'ai pas de bêta pour la langue de Shakespeare, moi :,(
Bref, donc dialogues que je n'ai pas traduit car ce chapitre est écrit du point de vue de Thomas (non anglophone). Donc, pour jouer le jeu, le lecteur ne doit pas tout comprendre (comme Tommy). Au pire, faites semblant, sinon c'est pas drôle. :p
Après, je vois dans les stats que j'ai des lecteurs dans des pays anglophones et ça ... Bah, ça gâche un peu tout :( xD Au pire, faites genre vous comprenez pas, okay ? Merci, sympa, vous êtes géniaux, je m'en souviendrai lol
A part ça, je vous souhaite toujours une bonne lecture !
A la semaine prochaine ! :D
°°o°° Scène VIII °°o°°
Atlantis, 2013.
Julie babillait depuis plus d'une heure –la bouche pleine, messieurs dames- assise au mess, en compagnie d'une partie de son équipe et de Thomas qui étaient forcés d'écouter le cours d'Histoire –très personnalisé- de la jeune Française qui dispensait son « savoir » auprès du Commandant.
L'officier entendait des discours et des descriptions complètes d'un peu tout et n'importe quoi pourvu que cela concerne, peu ou prou, les avancées terriennes des soixante-dix dernières années rajoutées à des récits de la, ô combien fascinante, galaxie de Pégase …
« … dont sont originaires Teyla Emmagan et Ronon Dex. Respectivement Athos et Satéda. C'est des aliens, en fait, mais ils sont super sympas … M'sieur Dex fout les jetons au premier abord, j'te l'accorde, mais faut pas s'y fier. En plus il est hypra canon … J'te l'avais déjà expliqué, tout ça, j'crois. Okay, j'me répète, en fait … »
Une nouvelle bouchée de ce qui ressemblait à des haricots verts et Coureau reprit son interminable monologue. Et ce manège durait depuis trois jours …
Thomas soupira bruyamment, s'attirant un sourire compatissant d'Andrea Sanchez et un ricanement de Johann Steinbeck –les deux autres membres, scientifiques, étaient retenus aux laboratoires par leur tyran de chef. Il appréciait l'unité de Julie ... Pardon, l'équipe d'exploration interplanétaire du Capitaine Coureau.
Thomas sourit, ils avaient tous été très accueillants, même adorables. Le Commandant pourrait presque déjà se sentir chez lui ... Cependant, hormis Sga-9 et le cercle de dirigeants qu'il avait rencontré, Thomas avait eu quelques appréhensions en ce qui concernait la "Communauté allemande d'Atlantis", comme se plaisait à l'appeler le jeune Johann. Heinrich craignait au départ qu'il ne soit assez mal accueilli par ses compatriotes du nouveau siècle -tout comme le dit Johann à leur rencontre- mais Steinbeck et Coureau l'avaient rassuré, ils n'étaient pas tous comme le Lipsien.
Ce qui le ramena à un autre type de population, plus délicat. Y avait-il des Juifs sur Atlantis ? Thomas voulait faire bonne impression auprès de tous les membres de cette expédition et il ne voudrait pas que ses origines lui portent préjudice -même s'il pensait tristement que ce serait sans doute justifié ... Il ne partageait pas cette idée avec sa compagne, il ne tenait pas à mourir, merci bien.
Il entendit un gloussement venant de son compatriote et le contraste de ce son avec ses pensées moroses le ramena brutalement à la réalité.
Thomas se farcissait les cours de sa bien-aimée Française -qu'il avait pour le moment envie d'étrangler- depuis son arrivée dans la cité et il n'avait pas eu cinq minutes pour découvrir les nouvelles technologies et divers armements extrêmement intéressants que le Colonel Sheppard avait promis de lui montrer.
Tout en se demandant si l'Américain n'avait pas -par chance- quelques corvées à confier à sa subordonnée, il hocha la tête une nouvelle fois, celle-ci posée dans la paume de sa main, l'air très attentif si ce n'était son sourire crispé. On lui avait dit qu'il voyagerait dans le temps et qu'il partirait vivre dans le futur. On lui avait dit qu'il irait refaire sa vie et poursuivre sa carrière dans une autre galaxie. On lui avait dit qu'il en prendrait plein la vue …
Il en prenait surtout plein les oreilles et il ne voyait rien du tout, nom de Dieu !
Il vit les deux autres militaires contemporains de Julie s'excuser et prétexter un entrainement dans la salle de tir … Quelle chance. Il n'en cru pas un mot mais laissa la jeune métisse leur faire un vague signe de la main, les ignorer ensuite totalement, puis reprendre son discours sur …
Scheiβe, j'ai arrêté de l'écouter.
« Hu … »
« Merkel, en fait, je t'explique. Elle a mis en place des mesures, j'y connais rien en économie mais j'vais faire ce que je peux … Si tu veux, au niveau des banques … »
« Excuse-moi. Qui ? »
« Angela Merkel … » Thomas vit qu'il s'était fait totalement grillé en captant le soupir d'exaspération de sa Française. « La chancelière ! »
Froncement de sourcils chez le Commandant.
« La tienne espèce de gland ! »
« Le chancelier est une femme ? »
Il vit Julie croiser les bras sur la table et son dos se raidir. Yep, la position la plus défensive chez le Capitaine. Oups …
« Huhu … Et alors ? Un commentaire à faire, peut-être ? »
« Hu … » Thomas réfléchis plus vite que son ombre et oublia son étonnement.
Nouvelle époque, nouvelle époque, nouvelle époque … Je peux y arriver !
« Absolument pas … Enfin, si ! C'est … exceptionnel. » Deux yeux bleus se plissèrent et il s'empressa de rajouter : « Je veux dire que c'est une avancée sociale très intéressante. Par rapport … à … aux mentalités … générales et … »
Il finit sur un soupir mais le petit sourire attendri sur les lèvres de sa compagne lui indiqua qu'il avait réussi à passer outre ses préjugés … Ce qui lui provoqua certaines appréhensions. Il avait encore des restes de l'éducation de son époque qu'il devrait mettre à la poubelle s'il voulait survivre au vingt-et-unième siècle, ce qui n'était pas le plus facile lorsque l'on approchait la quarantaine.
Et puis, qui sait … Une femme à la tête d'un pays c'était différent mais pas forcément mal, n'est-ce pas ? Il faudrait déjà qu'il connaisse le style de cette Merkel pour qu'il se fasse une idée solide.
« Quelle politique mène-t-elle, exactement ? »
Il vit cette fois Julie faire une légère grimace … La jeune métisse n'était apparemment pas du même bord que la chancelière –il va s'y faire, il va s'y faire-, puis Coureau leva l'index pour l'agiter devant lui.
« Ça n'a absolument aucun rapport ! » Lança-t-elle défensivement ... l'essence même de la mauvaise foi.
Heinrich ne put s'empêcher de sourire devant le féminisme de sa compagne et porta son verre de Coca à ses lèvres pour une gorgée. Il n'avait pas pu en boire du tout pendant la Guerre. Il avait seulement compris que toutes marques américaines étaient interdites, ce qui était totalement rageant quand il y repensait … Parce qu'il adorait ce truc, vraiment.
Pensée qu'il n'avait jamais osé partager à ses supérieurs, il tenait à la vie, merci beaucoup. Il plongea son regard dans le fond de son verre et, sans qu'il ne s'en rendre compte, ses pensées divaguèrent vers sa fille.
Ils avaient confié Nola Sarah à cette Teyla Emmagan, dont Julie lui parlait sans arrêt -la Française admirait visiblement beaucoup l'extraterrestre ... Extraterrestre qui aurait très bien pu être originaire de la Terre, Thomas s'y serait facilement trompé.
La jeune femme avait également un petit garçon, Torren. Adorable, l'avait trouvé Thomas. La Pégasienne avait gracieusement accepté de s'occuper de Nola pour la journée afin de laisser son père travailler à son intégration sur Atlantis. Puis l'Athosienne avait suggéré que son fils pourrait être ravi d'avoir une nouvelle compagne de jeu sur la cité, même si l'enfant était un peu plus âgé que la petite fille.
Heinrich sourit, il récupérait son bout de chou d'ici cinq heures.
Oups, les lèvres de la jeune Française recommençaient à bouger. Il avait une fois de plus cessé de l'écouter.
« … avec la Crise. Mais c'est vrai qu'on va un peu vite. On va reprendre doucement à la fin de la Guerre parce que t'as eu le temps d'en voir qu'une partie. J'te montrerai une série, là-dessus, elle est mortelle ! C'est « Frères d'Armes » (1), elle déchire et en plus t'apprends plein de trucs … Et aussi la fin dans le Pacifique, avec Hiroshima et tout. »
Haussement de sourcil chez Thomas.
« La bombe atomique … »
Et là, Julie s'arrêta d'un seul coup, rendue muette par une force invisible.
« Hu ... »
Le Commandant, qui avait finalement décidé de prêté un peu d'attention à ce que la militaire lui disait, fronça les sourcils, alerté en voyant la lueur de malaise passer dans les yeux bleus de la jeune métisse.
Il n'eut pas le temps d'analyser cette réaction, Coureau se racla la gorge et changea immédiatement d'attitude … et de sujet de conversation.
« Tuuu … re-veux des haricots verts ? » Fit-elle, l'air de rien, en pointant son assiette avec une fourchette.
« Julie … » Appela Thomas. « Qu'est-ce que c'est, cette bombe ? »
« J'sais pas. Pas au courant … T'es sûr tu re-veux pas des haricots ? C'est pas vraiment des haricots en fait. Des légumes négociés, en échange de médocs … avec un peuple très sympa, d'ailleurs. »
Julie hocha la tête pour souligner ses dires. Thomas ne voulait pas la laisser pas s'en tirer aussi facilement, elle en avait trop dit ou pas assez.
Il pressentait quelque chose d'assez moche, à en juger par le comportement de sa compagne. Et s'il était honnête, il devenait plus qu'agacé par l'attitude sur-protectrice de sa Française ...
Il n'était plus un enfant sensible et innocent face aux réalités du monde depuis bien longtemps, nom d'un chien !
« Que s'est-il passé au Japon ? » Relança le Commandant, pressant.
« A la fin des négociations, ils nous ont tous invités à un banquet. Le truc de dingue que c'était ! »
« Julie. »
« Sans blague, si t'avais été là … La pisse de chat qu'on appelle bière sur Terre, à côté de ce qu'ils nous ont servi, mon gars … » Elle secoua la main énergiquement au souvenir de la liqueur que les Alvekiens leur avaient présenté.
« Que s'est-il passé là-bas, Julie ? » S'impatienta Thomas qui commençait à paniquer.
Il sentait bien le malaise et la gêne de la jeune femme qui poursuivait pour couvrir il ne savait quoi.
« Du p'tit lait ! Par contre, dis, tu feras gaffe si je peux t'en avoir … Deux verres et c'est le coma éthylique ! » Exagéra-t-elle pour conclure. « Bon, il y avait un rituel un peu chelou au début, genre pour sceller l'amitié entre nos deux peuples mais à part ça, c'était super cool. »
« Nom d'un chien, Julie ! »
Il lui agrippa fortement le bras, s'attirant un « yelp ! » de surprise. Au lieu d'une expression de stupeur ou d'outrage quant à son geste telle qu'il l'attendait, le visage de la jeune métisse arborait une grimace embarrassée, presque mortifiée ... ou effrayée ?
Julie Coureau n'avait jamais l'air effrayée -elle pouvait l'être, facilement même, mais ne le montrait pas-, surtout pas à cause de Thomas. Il fronça les sourcils, incertain quant à ce qu'il voyait dans les yeux de la militaire. Choqué, également.
Quelles horreurs lui cachait-elle, encore ?
« Captain Coureau ! » Appela-t-on en anglais dans leurs dos.
Avec une frustration plus qu'évidente, il vit très nettement l'intense soulagement baigner les traits de sa compagne.
Sauvée par le gong, comme on dit ici.
Il se retourna pour invectiver leur intrus et s'arrêta net en voyant le Docteur McKay, sachant pertinemment que ses récriminations seraient totalement incomprises du Canadien.
Il n'entendit pas la question de Julie, concentré sur le grand sourire rayonnant que celle-ci arborait, puis décida de prêter une oreille alors que le scientifique ouvrait la bouche, une expression pincée et impatiente sur le visage.
« I need you and Commandant Heinrich in my lab … now. »
Et ce fut tout. Le scientifique n'attendit pas la réponse de la jeune femme et tourna les talons pour rejoindre la porte de sortie aussi vite qu'il était entré –en trombe, cela dit en passant.
« J'adore ce mec. » Entendit-il Julie prononcer derrière lui et il se retourna pour l'interroger du regard, sourcil haussé.
Il ne pensa pas à lui demander pourquoi elle lui disait cela. Quoiqu'il se doutât que la jeune femme était reconnaissante de cette interruption. En ce qui le concernait, il avait un peu de mal avec le Canadien qui était un peu spécial et qui se prenait un peu pour le roi d'Angleterre ... (2)
Il ne formula pas cette pensée devant sa compagne qui semblait admirer le roi en question.
« On doit aller aux laboratoires. » L'informa Coureau.
« C'est ce qu'il a dit ? Je croyais qu'il te réprimandait. »
« Ouais … C'est McKay, ça. T'inquiète, tu vas t'y faire. A part ça, il déboîte. »
« Pourquoi ne t'a-t-il pas contacté par radio ? »
« Je l'ai coupée … » Elle n'expliqua pas davantage et désigna son assiette du doigt.
Il sourit, amusé, il avait déjà expérimenté une Julie Coureau interrompue en plein repas ou arrachée à sa précieuse nourriture par une urgence. Seulement, ce Docteur McKay semblait mordre autant qu'elle … Si ce n'était beaucoup plus. Elle n'aurait peut-être pas dû le forcer à faire cet aller-retour entre son laboratoire et la cafétéria.
Il entendit la jeune femme lui signaler qu'ils devraient quitter le mess pour aller voir ce que leur voulait le scientifique. Idée qu'il trouva ingénieuse. Et puis, il était lui-même intrigué, il se demandait pourquoi sa présence était requise dans les laboratoires de la cité perdue …
Plutôt « retrouvée », maintenant.
Il pouffa bêtement à sa blague ras-des-pâquerettes et s'attira un regard curieux du Capitaine, inquisition qu'il chassa d'un sourire et d'un chaste baiser alors qu'ils entraient dans un couloir …
Il en avait complètement oublié ses interrogations, l'angoisse ressentie pendant le déjeuner et le malaise évident de Julie.
O
« Oh … Sir ? What's up ? » Entendit Thomas venant de Julie en entrant dans le laboratoire.
Il comprit tout de même le premier mot et suivit le regard de la Française pour, effectivement, trouver le Colonel Sheppard près du plan de travail du Docteur McKay. Bureau sur lequel traînaient des papiers, plusieurs tasses de cafés, l'un de ces « ordinateurs portables » dont lui avait parlé Coureau et d'autres objets inconnus –sans doute ces fameux artéfacts extraterrestres que les Atlantes ramenaient de leurs missions.
Il rata la réponse du Colonel alors qu'il faisait courir son regard sur toute la pièce … Yep, un véritable laboratoire, avec toute une équipe de ce que Julie appelait des « Geeks ». Il ne comprenait toujours pas ce terme, cela dit en passant.
« Commandant, come here. » Entendit-il derrière son dos, qu'il avait tourné au bureau.
Il se retourna pour voir McKay claquer des doigts vers lui et Sheppard jauger le scientifique.
« Please. » Rajouta l'Américain, comme pour apprendre la politesse au Canadien. Cela fit sourire Thomas qui avait au moins compris le petit mot plus ou moins universel.
« Yeah, « please ». Whatever. »
Rodney se pencha ensuite sur son bureau pour reprendre il ne savait quoi sur son ordinateur et Heinrich s'approcha sans même savoir que c'était ce qu'on lui avait demandé. Il se pencha ensuite sur Julie qui était avec les deux anglophones.
« Que se passe-t-il, exactement ? »
« J'en sais rien. J'ai demandé mais le Colonel m'a dit que c'était une surprise. »
Un regard surpris et un air perplexe de Thomas provoqua un haussement d'épaule d'ignorance de la jeune femme. Il vit le Capitaine reporter son attention sur Sheppard, sans doute pour un nouvel essai.
« Why can't you just tell me what's that all about ? » Fit Julie un peu trop sèchement pour le Colonel qui plissa les yeux. « Hu, with all due respect, Sir. »
« You'll see, Coureau. Just trust me, okay ? »
« I just think we might be freaking him out with all this Ancient stuff, Sir … » Thomas vit Julie le pointer du doigt et il sut derechef que les deux atlantes parlaient de lui. « I'm freaking out, actually ! »
Julie semblait tendue et Heinrich vit que Sheppard ne lui offrit qu'un sourire énigmatique en réponse. Cette fois, le Capitaine poussa un soupir à fendre un monolithe et John sembla prendre pitié d'elle, rouvrant la bouche pour en sortir une nouvelle flopée de mots que Thomas ne saisissait toujours pas.
« Well, okay … You can at least tell him his blood analysis' results came earlier but only that. You won't know anything more … In fact, we're not sure yet. »
« Oh, bordel de ... Please ! Just tell me already, you dumb ! »
« Coureau. » Réprimanda Sheppard sèchement.
Visiblement la jeune métisse avait été trop loin, à en juger par l'expression sévère du Colonel … Celle-ci poussa un nouveau lourd soupir. Ce petit monde –le pauvre Heinrich complètement perdu inclus- n'avait pas remarqué que Rodney avait déserté la zone pour revenir avec un petit objet rond et turquoise.
Le Commandant soupira lui aussi de frustration, attirant l'attention de Julie. Ah, quand même ! Il l'interrogea du regard et la jeune femme lui répondit. Il commençait à en avoir sérieusement assez … Il se sentait à l'écart alors qu'il savait pertinemment qu'il était le sujet actuel et cela était sur le point de le faire sortir de ses gonds.
« Il ne veut rien me dire … Juste que tes analyses de sangs ont donné quelque chose mais qu'ils ne sont pas sûr alors … alors j'en sais pas plus. Il me fait chier, là ! » Thomas haussa un sourcil, au moins sa compagne était aussi frustrée que lui. « Mais je soupçonne que ça a un rapport avec le gène ATA, sinon on ne serait pas dans le labo et … »
« Do you mind ? » Fit une voix impatiente derrière eux.
Ils se retournèrent pour voir McKay tendre l'objet en forme d'œuf dans la direction d'Heinrich, tapant du pied. Il n'avait pas compris un seul mot qui était sorti de la bouche du Canadien depuis qu'il était entré mais le Commandant captait parfaitement l'attitude de celui-ci et n'appréciait pas beaucoup.
Jaugeant le scientifique à l'air hautain en plissant les yeux, Thomas grogna imperceptiblement. Encore cinq minutes comme cela et l'Allemand allait finir par lui rentrer dedans …
« Touch it. »
« Was ist das ? » Lança Thomas sèchement, réticent et méfiant.
Une lueur d'incompréhension passa dans les yeux du scientifique exclusivement anglophone qui finit par les lever au ciel avant d'agiter l'objet avec impatience.
« Just do it, you moron ! »
Heinrich se pencha sur Julie et chuchota sans quitter Rodney du regard.
« Qu'est-ce qu'il me veut, au juste ? »
« Premièrement, il vient de t'insulter. J'veux pas dire mais « moron », c'est « crétin ». Deuxièmement, je pense qu'ils veulent tester si l'artéfact réagit quand tu le touches … »
Ils ignorèrent le Canadien qui paraissait bouillonner de l'intérieur, ne se gênant pas pour utiliser toutes ses capacités faciales afin de leur faire comprendre qu'ils gaspillaient son précieux temps, et Julie sembla avoir une soudaine illumination.
« Fais-le. Si ça se trouve, t'as le gène … Mais carrément, c'est ça la surprise ! » Termina Coureau, finalement toute excitée.
La jeune métisse trépignait sur place, sautillant sur ses pieds comme une enfant de six ans, et Thomas ne put résister plus longtemps. Il allait devoir s'inquiéter un peu plus sur cette manie qu'il avait de toujours vouloir faire plaisir à la Française et faire tout ce qu'elle lui disait … Ce n'était pas bon du tout. De plus, techniquement, il était le plus gradé …
Okay, dernier raisonnement tout à fait stupide. Le statut n'avait absolument rien à faire dans un couple ... Il secoua la tête, repris ses esprits et attrapa finalement l'item que le chef scientifique lui tendait. Ce dernier poussa un soupir de soulagement qu'il ne chercha absolument pas à cacher.
« Focus. » Entendit-il.
Le Commandant, qui en avait vraiment marre d'essayer de comprendre une langue qu'il ne saisissait pas, cessa d'écouter qui que ce fut. Il laissa tomber définitivement, s'il y avait quelque chose d'important qu'ils voulaient lui dire, ils feraient l'effort d'utiliser le français ou l'allemand et … basta ? Hum, c'était l'expression qu'avait utilisé le Sergent Sanchez pour clore un argument, la veille, en tout cas.
Il poussa un petit soupir d'aise, soulagé, lorsqu'il se rendit compte que son esprit était parvenu à se détacher de son entourage et qu'il n'entendait plus qu'un brouhaha de fond, en arrière-plan … Mmh, détente.
Il entendit une exclamation de surprise, puis quelque chose lui chauffa doucement les paumes. Il fronça les sourcils avant d'ouvrir les yeux pour les baisser et là …
Il écarquilla les yeux et lâcha soudainement le petit objet qui s'était mis à briller entre ses mains et qui retomba sur le bureau avec un bruit mat.
« Hey ! Be careful, that's very delicate ! »
Il aperçut Rodney se précipiter sur l'artéfact qui s'éteignait progressivement.
« T'as le gène ! T'as le gène ! Mon mec a le gène, bande de losers ! » Chantonnait Julie à ses côtés en claquant des mains.
« W-Was ? Was passiert ? » (3)
« J'ai rien pigé de ce tu baves … Mais c'est génial ! »
Sur ce, Julie lui sauta dessus avant qu'il ne puisse réagir pour lui donner le baiser le moins catholique qui puisse exister parmi les démonstrations publiques. Il entendit un « Yeurk » du côté de ce qui semblait être McKay –il n'était pas sûr- et aperçut du coin de l'œil le sourire malicieux de Sheppard.
Aussi vite qu'il avait commencé, avant même qu'il puisse répondre au baiser, ce dernier se termina. Julie s'était écartée et le regardait comme s'il était tombé du ciel, directement du Panthéon. Il en ressentit une certaine fierté même s'il était encore quelque peu à l'ouest. Visiblement, avoir « le gène » était la chose la plus incroyable qu'on puisse obtenir pour le Capitaine Coureau –qui, apparemment, ne l'avait pas.
Il en oublia ce qui l'entourait et envoya un grand sourire à sa compagne avant de se pencher pour re-capturer ses lèvres. Il avait raté la dernière étreinte, après tout. Il poserait ses mille et une questions plus tard.
Cela pouvait attendre quelques heures.
OoO
(1) Titre original "Band of Brothers", série faite par Steven Spielberg et Tom Hanks, en 10 épisodes. Et c'est vrai qu'elle est géniale, en ce qui me concerne … :)
(2) Oui, je sais. Ce n'est pas un bug ... Enfin, si, de la part de Thomas qui en est encore resté à George VI.
(3) « Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? »
