Bonjour !
Je rappelle que ce neuvième chapitre n'est que traduit par moi, mais ne m'appartient pas, il est à Daughter of Thranduil, et que les personnages de LOTR n'appartiennent à aucune de nous deux, mais à Tolkien. Sauf bien sûr ceux qui sont inventés. Et je ne gagne pas d'argent sur cette fic.
Bonne lecture à tous =)
Chapitre 9 : Compréhension
Fermant les yeux tristement, Thranduil étreignit fermement Alassë et commença à la bercer gentiment. Elle continuait à sangloter, tout son corps frémissant tandis qu'elle cachait son visage ; incapable de regarder les autres, effrayée de la haine qu'elle était sûre qu'elle verrait.
- Alassë, fit doucement Elrond, en s'agenouillant à côté de Thranduil.
L'enfant tressaillit à l'entente de son nom et continua à cacher son visage dans l'épaule de Thranduil.
- Regarde-moi, fillette, demanda Elrond avec douceur, et Alassë obéit à contrecœur, des larmes ruisselants sur son visage.
Elle ne lâcha pas Thranduil.
- Rien de tout cela n'était ta faute, lui fit Elrond, en tendant la main pour essuyer délicatement ses larmes. Rien de tout cela. C'était la décision de ta Nana, ma petite. Tu n'aurais rien pu y faire de quelque que manière que ce soit. Crois-moi, ce n'était pas faute.
- Aucune mère ne ferait jamais passer sa propre vie avant celle de son enfant, murmura Thranduil, en pressant un baiser sur ses courts cheveux blonds. Ta Nana a fait ce que n'importe quel autre parent de la Terre du Milieu aurait fait. Dans une situation de danger de mort, je donnerai ma vie pour sauver Legolas, comme Elrond et Celeborn donneraient les leurs pour sauver les jumeaux ou Haldir.
- Evidemment, fit Celeborn, qui essuyait les yeux rouges d'Haldir. Alassë, comment pourrais-tu être responsable de tout cela ? As-tu dit à ta Nana de ne pas prendre les herbes ?
Alassë secoua la tête, cachant son visage contre le torse de Thranduil.
- Pouvais-tu l'empêcher de refuser de les prendre ? Ou lui demander de changer d'avis ? - L'enfant secoua la tête à nouveau. - Alors, comment peux-tu croire que c'est de ta faute, penneth ? Tu n'avais même pas encore eu ta première respiration à ce moment-là. Tu n'aurais rien pu faire pour changer la façon dont ça s'est passé !
- Alors pourquoi me détestent-ils ? sanglota l'enfant, son expression si douloureusement confuse que Glorfindel ne voulait rien de plus que partir en coup de vent, trouver ses frères, et leur donner à chacun une raclée qu'ils n'oublieraient jamais !
- Ton père ne te déteste pas, mon enfant. Tu as dû le voir, lui fit doucement Celeborn. Et ni ton jumeau.
- Je ne pense pas que tes frères t'aient vraiment détesté non plus, expliqua Thranduil, en la tournant sur ses genoux pour qu'elle le regarde dans les yeux. Petite, tu dois comprendre que la peine… la peine peut faire faire aux gens des choses auxquelles ils ne penseraient même pas dans d'autres circonstances. Elle peut rendre cruel et froid. Crois-moi, tithen-pen, je le sais.
Elrond cligna des yeux, surpris, en réalisant les souvenirs auxquels Thranduil faisait allusion, tandis que Celeborn considérait son jeune parent avec un mélange de fierté et de sympathie dans les yeux.
- Il y a de nombreuses, très nombreuses années, des centaines d'elfes ont été impliqués dans une grande bataille contre les ténèbres, expliqua Thranduil, alors qu'Alassë était suspendue à ses lèvres. Et le seigneur Elrond et moi nous y sommes battus, bien que nous étions très jeunes à l'époque. Je me suis juré de combattre aux côtés de mon Ada ; pour m'assurer que rien ne lui arriverait, et donc je l'ai suivi quand il a mené les premières attaques. Mais je ne pouvais pas le garder dans ma vue à chaque instant et, comme nous étions submergés par les orcs, je l'ai perdu. Dans la brume de sang et de cris, je ne pouvais me concentrer que pour rester en vie. Quand la bataille s'est terminée, j'ai retrouvé mon Ada allongé près d'un groupe de mes amis. Les serviteurs des ténèbres l'avaient tué, comme ils en avaient tué tant d'autres.
Entendant la douleur dans la voix de son père, Legolas se blottit contre son bras et plaça sa petite main dans celle de son Ada. Thranduil regarda les yeux bleus de son fils et lui adressa un sourire affectueux, tandis qu'il serrait sa petite main et continuait.
- Alors que j'étais agenouillé près de lui, j'ai laissé mon cœur être envahi par le chagrin et je me suis détesté. Comment avais-je pu être assez bête pour l'avoir laissé sortir de ma vue, alors que j'avais juré de le protéger ? Je l'avais laissé mourir. J'avais échoué. J'avais abandonné mon Ada. Comment avais-je pu être si faible ?
- Je me suis simplement assis-là, en pleurant, dans un état de stupeur, laissant la rage et la peine remplir mon cœur. Je ne sais pas combien de temps je serai resté là si Elrond ne m'avait pas trouvé. Quand il l'a fait, il est venu derrière moi et m'a serré dans ses bras, en me disant combien il était désolé pour ce qui s'était passé. Il m'expliqué comment le reste de la bataille s'était conclue ; qui d'autre était mort, mais je n'ai pas écouté un seul mot.
- Je me suis arraché à son étreinte et je l'ai regardé avec une fureur que je n'avais jamais connue avant. Ma culpabilité destructrice avait soudain trouvé une nouvelle cible en Elrond. Je lui ai dit que c'était sa faute, qu'il n'avait pas répondu à nos appels à l'aide assez tôt, qu'il m'avait pris mon Ada, que je le haïssais. Je l'ai accusé de toutes sortes de choses terribles ; lui crier dessus étant un moyen de me débarrasser de la peine qui me faisait si profondément mal. J'aurai pu continuer comme ça pendant des heures, dans la fureur où j'étais, jusqu'à ce que je croise ses yeux et que j'y vois les larmes qui avaient coulé. Ses informations ont soudain résonnées en moi. Il avait perdu Ereinion Gil-Galad, qui avait compté pour lui autant que mon Ada pour moi. La brusque prise de conscience et la douleur dans ses yeux m'ont secoué jusqu'au fond de moi et m'ont fait revenir à la raison.
- C'était mon meilleur ami ; un elfe que j'avais longtemps aimé comme un frère. Et je l'avais blessé si vindicativement, simplement parce que j'étais en deuil. J'ai compris que ma douleur avait dirigé mon cœur et ma bouche pendant un moment et, avant que je le réalise, je suis tombé à genoux en pleurant et en demandant son pardon encore et encore.
- Et bien sûr, je l'ai pardonné, fit Elrond, continuant le récit. Parce que je savais qu'il n'avait pas voulu dire ces mots. Il était blessé. Thranduil ne me détestait pas, il avait juste du mal à faire face avec sa douleur. Je ne crois pas que tes frères t'aient vraiment détestée, ma petite. Je pense qu'ils étaient aussi accablés de douleur et qu'ils n'ont trouvé qu'une seule manière de l'exprimer ; en te faisant du mal. Est-ce que ça t'aide à comprendre, chérie ? Je sais que c'est difficile pour toi. Mais ils ne te blessaient pas parce que tu es responsable de la mort de ta Nana. Ils te faisaient du mal d'une façon impardonnable parce que leur peine mal placée a rendu leurs cœurs cruels et amers. Tu comprends ce que nous essayons de te dire ?
Confuse, Alassë put à peine faire un signe de tête. Elle comprenait. Ca ne rendait toutefois pas plus facile le fait de penser à son passé ; une conversation ne pouvait chasser des années de peur et de douleur, mais soudain, elle se dit que tout n'était peut-être pas entièrement de sa faute.
- Alassë, Thranduil a-t-il été un mauvais fils pour avoir quitté son Ada des yeux, alors qu'il se battait ? demanda doucement Celeborn. - Elle secoua la tête. - Donc es-tu une mauvaise enfant parce que tu as été tenu pour responsable de quelque chose que tu n'as pas fait ?
Elle hésita, puis agita la tête avec incertitude.
- Non, fillette, tu ne l'es pas.
Thranduil la serra contre lui un instant, tandis qu'il croisait les yeux d'Elrond. Le seigneur d'Imladris sourit légèrement. Il faudrait plus que cela pour qu'Alassë oublie la culpabilité dont elle s'était injustement chargée, mais au moins, c'était un début, grâce au partage des souvenirs de Thranduil, de l'horrible bataille de la Dernière Alliance.
- Je ne pense pas que tu sois méchante, fit subitement Legolas, en touchant sa main.
Thranduil regarda son fils et sourit, ébouriffant ses cheveux. Il savait que d'être acceptée par les enfants de son âge l'aiderait beaucoup, et tous savaient qu'ils pouvaient compter sur la compassion des jeunes elfes dans la pièce.
- Evidemment qu'elle ne l'est pas, fit Elladan, qui était encore très pâle. Je pense que tes frères ont été ignobles et cruels. C'est eux qui devraient être punis !
Alassë se remit à pleurer, mais cette fois, c'étaient des larmes de soulagement mêlées à de la confusion. Elle avait pensé qu'ils la traiteraient d'assassin, de saleté, de monstre. Mais ils ne l'avaient pas fait. Ils disaient qu'elle n'était pas mauvaise. Et savoir que son Ada ne l'avait pas voulue morte était un baume pour son cœur brisé.
- Tant de larmes dans ces yeux innocents, murmura douloureusement Elrond, en la prenant des genoux de Thranduil et en l'asseyant sur les siens.
Il était toujours affligé de voir l'enfant tressaillir à l'entente de son nom à chaque fois qu'on s'adressait à elle en l'utilisant. Mais maintenant que sa mémoire était revenue, il avait une question très importante à lui poser.
- Petite, avant que nous regardions dans ce miroir, je t'ai proposé de vivre ici, à Fondcombe, et de grandir comme ma fille. Ce que nous avons vu ne change ça en aucune façon, puisque tu es complètement irréprochable. Cependant, maintenant que tu peux te rappeler qui tu es et d'où tu viens, je dois te donner le choix, nous pouvons t'aider à retrouver ta famille si tu veux retourner avec eux…
- Non ! S'il vous plaît ! Ne me renvoyez pas là-bas ! supplia désespérément Alassë, le soulagement qu'elle avait montré un instant remplacé par sa vieille terreur.
Alors qu'elle pensait vouloir revoir Ada et Feredir, rien sur terre ne la ferait retourner près d'Alyan ou de n'importe lequel de ses frères ; pas après ce qu'ils lui avaient fait endurer. Elle ne voulait pas risquer de retomber entre les griffes de Faelurinc. Elle frissonna en se souvenant de ce qu'il avait menacé de faire si jamais elle essayait de s'enfuir. Et son père pensait qu'elle était morte de toute façon…
- S'il vous plaît, ne me renvoyez pas… implora-t-elle, en pleurant et en regardant Elrond avec de grands yeux.
- Calme-toi, chérie ; je n'avais aucune intention de te renvoyer, sauf si ça avait vraiment été ta volonté. Je préfère que tu restes ici, où tu es en sécurité. Est-ce ce que tu veux ?
Alassë hocha la tête et Elrond sourit.
- Bien, parce que le reste de ma famille aimerait aussi, lui fit-il, en lissant ses cheveux blonds. Nous avons toujours voulu un autre enfant. Et tu mérites tant d'amour.
Alassë l'entoura de ses bras, appuyée contre son torse ; incapable de croire que ce doux et gentil seigneur elfe puisse encore vouloir devenir son Ada, même après tout ce qu'ils avaient vu dans le miroir. Et… elle aurait une sœur. Et deux frères…
A cette pensée, son sang se glaça. Mis à part Feredir, qui était son jumeau et donc particulier, son expérience avec les frères avait été très mauvaise. Elle se tourna timidement et croisa le regard gris clair d'Elladan.
- Ils n'étaient pas de vrais frères, ma petite, fit-il simplement, ayant étonnamment compris ses pensées. Les frères sont censées s'occuper de leurs sœurs, pas les blesser. Elrohir et moi allons te montrer ce que signifie avoir des frères.
Elrond ne pouvait s'empêcher de sourire, heureux et fier du discours de son fils aîné. Il savait qu'après quelques semaines passées avec les jumeaux, Legolas et Haldir, transformeraient la fillette sur ses genoux en une jeune elfe complètement différente - l'enfant qu'elle aurait toujours dû être.
Soudain, un faible grognement résonna dans la pièce. Elrohir rougit honteusement et mit ses mains sur son ventre. Les autres rirent simplement.
- Je pense que tous nos estomacs répondront bientôt au tien, ion-nin, s'esclaffa affectueusement Elrond. La matinée est bien avancée à présent, et personne n'a encore mangé. Les enfants, vous pouvez descendre, si vous voulez. Je suppose que Celebrian et Arwen seront déjà là. Nous vous rejoindrons dans un instant, avec Alassë.
Tandis que Legolas, Haldir et les jumeaux passaient la porte, Elrond remarqua une fois de plus que la petite fille avait eu un mouvement de recul en entendant son propre nom. C'était comme un témoignage de la profondeur des cicatrices émotionnelles de sa jeune âme.
- Pourquoi détestes-tu autant entendre ton nom ? demanda-t-il, tout en vérifiant que les attelles sur sa cheville étaient toujours bien en place.
- C'est un nom stupide ! éclata Alassë, en tremblant. Ils n'auraient pas dû m'appeler joie, parce que dès que je suis arrivée, j'ai provoqué la tristesse de toute ma famille. J'ai rendu tout le monde malheureux, quand ils me voyaient, ils se souvenaient de la mort de Nana. Je déteste ce nom ! Alyan a eu raison de le maudire ! J'ai fait trop de peine avec mon nom !
Une fois de plus, ils étaient au point crucial du problème. L'enfant portait encore tellement de culpabilité inutile. Et elle ne se remettrait jamais si elle continuait d'être replongée dans ses souvenirs douloureux à chaque fois que quelqu'un dirait son nom.
- Je pense que peut-être, fit Mithrandir, s'exprimant pour la première fois depuis qu'ils avaient regardé dans le miroir. Qu'il serait sage de donner un autre nom à cette petite elfe. Ca pourrait l'aider à guérir plus vite et sans doute aussi à s'adapter plus facilement à sa nouvelle vie ; elle ne sera pas replongée dans son passé aussi souvent qu'elle le serait à l'entente du nom qu'elle déteste.
- Préférerais-tu que nous t'appelions par un autre nom ? demanda doucement Celeborn, en regardant l'expression malheureuse de l'enfant.
- Appelez-moi n'importe comment ! Juste, s'il vous plaît, pas par ce nom ! Je ne veux plus être Alassë ! supplia-t-elle, et les quatre seigneurs elfes échangèrent un regard entendu avec le magicien.
Le moment était venu d'enlever la culpabilité de la petite elfe et de lui offrir la vie qui aurait dû être la sienne depuis sa naissance. Maintenant, ils devaient simplement trouver un nom qui lui conviendrait.
Vous aimez toujours ? Qu'en avez-vous pensé ? De l'adoption finalement définitive d'Alassë ?
A bientôt et merci pour vos reviews =)
