Auteur : Abby and Jes
Titre : Bairim
Couple : Lucius/Charlie
Genre : Romance/Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autres, à JKR*. Geoffroy, Joaquim, Moliva, Johanna, Sven, Carlos, Hulrick, Isaac, Abigail et Yanis sont des personnages inventés par nous. Pas de panique, ce ne sont que des personnages secondaires.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Lucius, et Jes dans celle de Charlie.
Statut : Finie à l'écriture.
Bêta correctrice : Westyversionfrench
Résumé : La vie n'a jamais été simple pour Charlie, encore moins depuis que Lucius Malfoy a été assigné sous sa garde. Mais ce qu'il ne savait pas, c'était que sa vie allait devenir encore plus compliquée. Et elle allait changer, irrémédiablement. Tout comme celle de Lucius.
Périodicité de publication : Un chapitre tous les quinze jours, si on arrive à garder le rythme avec nos cours respectifs -)
Note commune des auteures : Bonjour à toutes et tous (^-^) Nous espérons que vous allez bien. Voici la suite et sachant ce qu'elle contient, nous ne vous retenons pas plus longtemps. Bonne lecture !
Merci à Haley Black, paulin54, holybleu, Imaniis, vio, Malh, honey1607, Paprika Star pour leur review qui nous font toujours énormément plaisir.
Partie II
Bairim
Chapitre 9
POV Charlie
J'avais mal, mais je ne voulais pas bouger, ni même réveiller Lucius. Je le sentais apaisé contre mon dos, ses bras m'entourant. Je ne voulais pas lui gâcher ce moment.
Je pus me souvenir de la rapidité avec laquelle j'avais joui la veille, au moment où il était entré en moi. Je n'avais jamais été aussi précoce. Et je m'en voulais, bien que Lucius n'ait eu de cesse de répéter que ce n'était pas grave. Je sentis d'ailleurs sa main bouger et souris, malgré la pointe de douleur toujours présente :
— Bien dormi ? Murmurai-je.
— Oui, et toi ?
— Aussi, répondis-je avant de me tendre.
La douleur venait d'augmenter. Je gémis et Lucius dut comprendre, car il commença à me masser le bas du dos, tout en murmurant et déposant ses lèvres sur ma peau.
— Respire profondément...
Je hochai la tête et soupirai de soulagement quelques minutes plus tard.
— J'ai envie que ça s'arrête, fis-je en me retournant.
Je l'embrassai et posai ensuite mon front contre le sien.
— J'ai envie de retourner dans la réserve, de pouvoir voler, manger normalement. Ne plus devoir pisser assis.
Lucius rit doucement puis souffla :
— Ça va venir, encore un peu de patience.
— Comment fais-tu ? demandai-je. Moi, je ne le veux que depuis à peine deux jours et je suis déjà impatient. Toi, par contre, tu le veux depuis le départ. Comment fais-tu pour ne pas tourner en rond ?
— Ce n'est pas quelque chose que je peux changer, et ce n'est pas parce que je vais tourner en rond, comme tu dis, qu'il viendra plus vite. Et puis, je suis impatient de le voir, c'est vrai, mais j'aime bien t'avoir comme ça également, d'une certaine façon.
— Comment ? Gros, ronchon, encore plus instable qu'avant, même pas foutu de tenir plus d'une minute avant de jouir quand tu me prends ?
Il rit une fois de plus et déposa ses lèvres contre les miennes, puis répondit :
— Tu n'es pas gros, tu portes notre enfant. Tu n'es pas particulièrement plus ronchon que d'habitude et tu es à peine plus instable, crois-moi. Quant à ce qu'il s'est passé hier soir, je t'ai déjà dit que ce n'était pas dramatique, loin de là. J'aime savoir que je te fais autant d'effet...
— Tu m'aimes à ce point, soufflai-je ému.
Je l'embrassai brutalement, entrechoquant nos dents et reculai, m'excusant avant de revenir plus doucement. Nos langues jouèrent quelques secondes, mais nous entendîmes quelqu'un frapper à la porte. Lucius m'embrassa encore une fois puis se sépara de moi et me recouvrit avant d'enfiler un pantalon. Il alla ensuite ouvrir la porte pour se retrouver face à Draco. Ils se saluèrent puis son fils dit :
— Un Auror est là et il voudrait vous parler. Il attend dans la salle à manger.
Je me levai aussi vite que je pus dès que Draco nous laissa, ayant encore l'impression que mon ventre avait pris du volume. Je m'habillai avec les vêtements que j'avais achetés à Lucius, ceux qui s'adaptaient à la taille et fus rapidement auprès de ce dernier.
— Ne t'inquiète pas, soufflai-je. Quelque soit la raison de sa visite, tu n'iras nul part. Je t'en fais la promesse.
Il me sourit doucement puis ferma la porte et alla enfiler une chemise et ses chaussures.
— Je t'aime. D'accord, dis-je après quelques secondes.
J'avais l'impression négative que je ne pourrais peut-être plus lui dire. Bordel, que foutait un Auror ici ?!
— Je sais, répondit-il en embrassant mon front. On y va ?
— Oui.
Nous prîmes le chemin de la salle à manger et je lançai un regard noir à l'Auror présent.
— Pourquoi êtes-vous là ? aboyai-je presque.
Je pus voir son regard choqué posé sur moi, puis plus précisément sur mon ventre.
— Je suis là pour une visite de contrôle. Mais... qu'est-ce que c'est que ça ? demanda-t-il, son regard ne quittant pas mon ventre des yeux.
Je sentis Lucius se tendre à mes côtés et il lança un regard noir à l'Auror.
— Ça, répondis-je en colère, c'est mon bébé. Et celui de Lucius, ajoutai-je. Avez-vous un problème avec ça ? Parce qu'on peut le régler maintenant !
Lucius passa son bras autour de ma taille et m'intima de me calmer alors que l'Auror répliquait :
— Votre... bébé ?
Il cligna des yeux, perdu, puis sembla se reprendre :
— Ne pensez-vous pas que c'est quelque chose que le Ministère aurait aimé savoir ?
— Pourquoi donc ? Cela ne rentre pas dans leur fonction de savoir si oui ou non, je suis enceint. C'est personnel !
Je fis un pas en avant et la colère bouillonna en moi.
— Le problème n'est pas que vous soyez enceint, si on met de côté le fait que c'est quelque chose d'extrêmement rare et qui doit être signalé au Ministère. C'est le bébé du prisonnier dont vous êtes censé avoir la garde que vous attendez. Ne venez pas nous dire cette fois-ci qu'il n'y aucun conflit d'intérêt.
— Aucun, criai-je. Il travaille au lieu de rester à mes côtés ! Bordel, si vous me chercher, vous allez me trouver, fis-je en me lançant sur lui.
Lucius me retint et Geoffroy débarqua à ce moment là, les cheveux en bataille, balai à la main.
— Du calme ! me dit-il en lançant un regard significatif à Lucius avant de s'avancer vers l'Auror.
Lucius passa l'un de ses bras autour de mes épaules et l'autre autour de ma taille tout en se plaquant contre mon dos.
— Calme-toi Charlie..., murmura-t-il ensuite à mon oreille.
— Pas facile à faire avec un connard pareil. Je vais finir par renier mon pays s'ils continuent à me faire chier !
Il rit doucement et resserra sa prise sur moi, mordillant la peau de mon cou.
— Hum.
Je me laissai aller contre lui. Quand Geoffroy eut fini de parler, il nous invita à tous nous asseoir, ce que je fis rapidement. Lucius prit place à mes côtés et posa sa main sur ma cuisse alors que Geoffroy et l'Auror s'asseyaient face à nous.
— Qu'est-ce que vous foutez là ? demandai-je hargneux.
— Je vous l'ai déjà dit, visite de contrôle, répliqua l'Auror en essayant visiblement de garder son calme. Je suis venu vérifier que tout se passait bien et que les règles quant à la peine de Monsieur Malfoy étaient respectées.
— C'est le cas. Maintenant, partez !
— Monsieur Weasley, sachez que chaque propos que vous tenez et votre comportement sont analysés également. Votre besoin de me mettre à la porte ne joue en la faveur de personne. Quelque chose à cacher ?
— Non, aucunement, c'est juste votre gueule que je ne peux pas piffrer. Je suis de mauvaise humeur depuis ma grossesse. Et je tolère déjà avec assez de mal les personnes que j'aime. Ça aussi, j'aurais dû en référer au Ministère ? Ou mieux, mes moments où j'ai des relations sexuelles avec le prisonnier peut-être ?
— Votre comportement a donc évolué à cause cela ? Vos décisions ont donc pu en être altérées.
— Écoutez, intervint Geoffroy, je vous assure que le prisonnier s'est conduit de façon exemplaire depuis qu'il est de nouveau parmi nous.
L'Auror l'observa puis retourna son attention vers Lucius et moi.
— Lucius reste un prisonnier avant d'être l'homme que j'aime, mentis-je. Il continue ses tâches avant d'avoir du temps pour moi. Même depuis mon état de santé actuel. Et mon jugement à ce propos n'a pas changé. C'est le côté personnel qui l'a été. Et cela ne concerne donc en rien le Ministère. Je vous ai envoyé chaque semaine un rapport détaillé des activités de Lucius. Que vous faut-il de plus ?
— Votre état méritait d'être mentionné. Je vais rapporter ce que vous m'avez dit et ce que j'ai vu au Ministre, il prendra les décisions qui lui semblent justes, fit-il en se levant.
— Ce bébé me concerne avant tout. C'est moi qui le porte et je ne le voulais pas jusqu'à il y a deux jours. Je suis prêt à faire cette déclaration sous Véritasérum.
Je ne voulais pas qu'ils envoient Lucius ailleurs pour ma négligence. Bordel, tout allait bien depuis deux jours !
— L'arrivée de cet enfant va-t-elle avoir une incidence sur le travail qu'effectue Monsieur Malfoy ici ? J'ai aperçus le planning tout à l'heure, dit-il en indiquant le papier accroché au mur. Il m'a semblé plutôt allégé...
Il se tourna vers Geoffroy et ajouta :
— J'aimerais d'ailleurs avoir une copie de ces emplois du temps.
— Allégé, en effet. Mais si vous aviez regardé plus longuement, vous auriez vu que les jours où Lucius faisaient moins de travail était parce qu'il était de garde de nuit. Je ne peux plus me permettre de donner cette tâche aux trois mêmes gardiens. Il est temps de lui faire aussi participer à ce type d'horaire. Il est donc normal de lui laisser du temps en journée pour se reposer afin qu'il fasse bien son travail, répondit Geoffroy.
— Nous étudierons cela en détail et vous ferons parvenir notre compte-rendu.
— Nous vous ferons parvenir des emplois du temps à l'avenir, fis-je en soupirant.
Valait mieux que je me calme. Mais la colère bouillonnait toujours en moi.
— Bien.
Il nous salua très sommairement et partit. Geoffroy m'adressa un regard sévère et le suivit tandis que Lucius se tournait vers moi et se mit à me caresser le cou doucement, un léger sourire aux lèvres.
— J'ai merdé, murmurai-je. Bordel, j'ai complètement merdé !
— Ne t'inquiète pas pour cela.
— Et si jamais tu devais partir d'ici, paniquai-je. Je... je ne pourrais pas...
Je ne pus pas finir ma phrase et fondis en sanglot. Il recula sa chaise et m'attira sur ses genoux, caressant mes cheveux doucement.
— Charlie... je ne vais pas partir, et même si c'était le cas, je t'emmènerai avec moi. Mais interdiction de t'inquiéter pour cela, le stress n'est pas bon pour toi en ce moment.
Je continuai de pleurer et me serrai contre lui, l'imaginant être renvoyé à Azkaban. Je ne saurais pas supporter une fois de plus cet éloignement sans savoir comment il allait, pas maintenant en plus que nous allions avoir un bébé. Lucius embrassa mes cheveux et continua de me réconforter, m'affirmant qu'il n'allait pas partir et que je n'avais rien fait de mal. Draco arriva et mon état dut l'inquiéter car il s'assit près de nous, les larmes aux yeux.
— Que s'est-il passé ? demanda-t-il en nous regardant tour à tour, son père et moi.
— Rien du tout, répliqua Lucius doucement, tout va bien.
— J'ai envoyé ton père direct en prison, fis-je en sanglotant. Je suis un monstre. Un monstre qui ne mérite rien de bon.
Je tentais de me lever pour fuir, mais Lucius me retint contre lui.
— Charlie, rit-il doucement, tu ne m'as pas envoyé en prison. Je suis toujours là, tu te souviens ?! Et tu as été un connard avec cet Auror mais je me suis conduit de manière exemplaire, et tu es enceint, tu as des circonstances atténuantes. Il ne m'a presque pas regardé méchamment, et je suis à peu près certain qu'il me plaignait.
Il embrassa ma joue puis reprit, sous le regard quelque peu amusé de son fils :
— Qui sait ?! Quand ils réaliseront ce que je dois supporter tous les jours avec toi, ils me libéreront peut-être plus tôt.
Cela me fit rire et je cessai rapidement de pleurer, reniflant de manière si peu séduisante. Lucius sécha mes larmes à l'aide de ses pouces et m'embrassa.
— Tu as raison, tu mérites bien une remise de peine pour me supporter.
— Draco ? Prend note veux-tu ? Je veux pouvoir lui rappeler qu'il a dit ça, preuve à l'appui.
— Salaud, soufflai-je en l'embrassant malgré tout.
Nos langues jouèrent un petit moment avant que je ne me souvienne que son fils était là. Je m'écartais donc à contre cœur et repris place sur ma chaise. Geoffroy revint à ce moment là. Il me fit les gros yeux et prit place devant nous avant de froncer les sourcils.
— Je suis étonné de te voir ne mangeant pas de fromage.
Le fait qu'il me le dise m'y fit penser et je me levai pour aller en chercher. Seulement, Draco sembla le comprendre car il me demanda de me rasseoir et y alla lui-même.
— J'aimerais savoir ce qu'il s'est passé avant que je n'arrive, me dit Geoffroy, l'Auror m'a dit qu'il n'avait pas eu l'occasion de dire quoi que ce soit que déjà, tu l'agressais.
— Ouais. Il était là. Et il m'a dit que j'aurais dû informer le Ministère pour le bébé.
— Cela aurait sans doute été préférable en effet, même si cette visite tombait au mauvais moment, c'est certain. Mais Charlie, un peu de diplomatie aurait été appréciée.
— C'est bon, intervint Lucius alors que Draco me ramenait mon fromage, on ne va de toute façon pas pouvoir revenir en arrière, et si on parlait d'autre chose ?
— Pourquoi pas de comment vont se passer les choses ? A l'arrivée du bébé, j'entends, fis-je en commençant à manger. Je n'en sais rien. Et autant profiter que tu sois là, ajoutai-je en regardant Geoffroy.
— Tu ne lui en as pas parlé ? fit ce dernier à Lucius qui se pinça les lèvres.
— Comment ça ?
Je me tournai vers lui, la bouche ouverte.
— Qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ? C'est une mauvaise nouvelle ? Oh bordel, c'est une mauvaise nouvelle ! Je le savais !
Je me voyais déjà perdre mon travail, ma passion. Les larmes remplirent mes yeux une fois de plus, mais je sentis une main se poser sur ma cuisse.
— Charlie, ce n'est pas une mauvaise nouvelle ! J'avais juste déjà demandé cela à Geoffroy qui m'a donc déjà répondu. Tu vois, tu ne sais rien du tout.
Il embrassa ma joue et caressa mes cheveux puis souffla :
— Plus de larmes, s'il te plait.
— Si tu crois que c'est facile, sifflai-je en colère.
— Hey, ne t'énerve pas. Ou alors je retourne chercher l'Auror pour que tu passes tes nerfs dessus.
Je ris, et repris ma cuillère pour continuer de manger.
— Alors, c'est quoi la suite ? demandai-je rapidement.
— Geffroy a proposé d'arranger les plannings de telle façon qu'il y ait toujours l'un de nous avec le bébé.
— Donc, on peut rester ? C'est... Un bébé ça demande beaucoup et je n'ai pas beaucoup d'argent. Enfin, il me reste ce qu'Harry a pu donner, mais... je suppose que ça partira rapidement, entre le lait, les couches et autres.
— Je devrais recevoir une subvention pour pouvoir vous payez un minimum. Et en attendant, cela passera dans le budget du camp. Vous devez savoir que nous avons un budget par an, et je me suis toujours débrouillé pour dépenser le moins possible. J'ai donc de l'argent de côté que je comptais vous verser en prime, la votre passera dans le bébé, cela devrait suffire pour au moins quelques mois.
— Donc, ça ne posera pas de problème. Je... Nous allons pouvoir rester ici, soufflai-je heureux.
— Bien sûr, je te l'avais dit dès le début ça Charlie.
— Oui, mais... j'ai cru que... Laisse tomber.
Alors tout allait reprendre comme avant, mise à part le bébé qui allait pleurer. Je souris et me caressai le ventre. Parce que le bébé ne ferait pas que ça, comme avait dit Ron. J'avais hâte de le ou la voir sourire. Merlin, j'étais sûr que ça allait être le sourire de Lucius. Oh que oui.
— Tu avais cru quoi ? me demanda d'ailleurs ce dernier.
— Je ne sais pas, qu'on allait devoir partir. Que je n'allais plus pouvoir rester au camp, ni faire ce que j'aime. J'ai bien imaginé ma mort lors de la naissance. Ce n'était franchement pas le pire de penser que j'allais devoir tout perdre pour le bébé.
— Et tu ne vas rien perdre, ni la vie, ni ton travail et tes précieux Dragons. Tu vois, tout va pour le mieux.
— Je ne t'aurais pas demandé de quitter la réserve pour cela, ajouta Geoffroy avec un sourire.
— Pourquoi le ferais-tu ? l'interrogeai-je curieux.
— Si tu as un comportement que je jugerais inadmissible, que ce soit à l'intérieur de la réserve ou au camp.
— Baiser sur ton bureau, rentre-t-il dans cette liste ? fis-je amusé.
— Pourquoi cette question ? demanda-t-il, suspicieux, en nous regardant Lucius et moi.
— Juste par curiosité, rien de plus.
— J'espère bien...
— Sinon, les autres, ils en pensent quoi ? Je veux dire, sur le fait de vivre avec un bébé ? Je n'ai pas pensé à leur poser la question.
— Personne n'est venu se plaindre, pour le reste, il faudra leur demander.
— Okay.
Je me rendis compte que j'avais terminé le pot de fromage et me calai contre le dossier de la chaise.
— Bon ben... je vais aller voir ma famille.
Je me levai, en faisant attention et Lucius m'aida rapidement en entourant ma taille. Je souris et murmurai :
— Tu en profites, avoue ?
— Je ne vois pas de quoi tu parles.
Il me prenait pour un con en plus.
— Allez, aide-moi à atteindre la tente, j'ai envie de m'allonger un moment.
— On pourrait aller encore plus vite, souffla-t-il en m'aidant néanmoins à tenir sur mes jambes.
— Comment ? En volant ?
— Plus ou moins, je pourrais te porter. Tu te reposerais et j'en profiterai encore un peu plus...
— Je suis bien trop lourd, fis-je néanmoins touché. Je suis énorme. On dirait un ventre de Dragon avant terme.
— Tu n'as jamais été aussi léger, au contraire.
— Allez, je suis curieux, soufflai-je en l'embrassant. Montre-moi comment tu t'y prendrais pour me faire avancer deux mètres.
Il se baissa et passa l'un de ses bras sous mes genoux et l'autre dans mon dos tout en se relevant. Il fit quelques pas et s'arrêta.
— Et voilà, deux mètres. Je fais les suivants ou tu préfères vraiment marcher ?
J'éclatai de rire et dis, tout en entourant son cou :
— J'ai trop envie de voir leur tête à notre arrivée, continue.
Il rit doucement à son tour et repartit. Nous arrivâmes moins d'une minute plus tard dans la tente de ma famille.
— Bonjour tout le monde, criai-je joyeux.
Les jumeaux rirent et papa leva les yeux au ciel, amusé. Maman nous regarda avec des yeux émerveillés et Bill avança vers nous, un air qui ne valait rien qui vaille :
— Alors Charlie, tu as finalement décidé de combler maman ? Vous auriez pu nous inviter au mariage, cependant.
— Ha ha ha, très drôle.
Je me renfrognai et réalisai soudain que c'était idiot. Nous nous aimions. Le mariage était certes une connerie, mais c'était comme si nous l'étions.
— Nous avons préféré faire ça en petit comité, rentrai-je dans son jeu.
— Bien sûr, continua Bill, et qui vous a marié, dis-moi ?
— Carlos, il en a les pouvoir, répondis-je en gardant mon sérieux. Hein mon amour ? fis-je en tournant la tête vers Lucius.
— Bien sûr, le meilleur mariage de ma vie.
— Tu vois ? dis-je ensuite à Bill. Nous sommes mari et... mari.
J'avais failli dire « mari et femme ».
— Et où sont les alliances ? questionna-t-il, l'air de ne pas y croire le moins du monde.
— Nous avons décidé de ne pas en porter. Question de goût.
— Vous n'êtes pas sérieux, n'est-ce pas ? fit maman, un brin inquiète.
— Si si, soufflai-je.
Je sentis Lucius se tendre et m'en voulus. Ce n'était peut-être pas un sujet pour plaisanter. Maman devint blanche alors que Lucius me reposait et se collait contre mon dos, soufflant ensuite à mon oreille de façon à ce que moi seul entende :
— Si tu continues de la convaincre ainsi, je vais vraiment être obligé de t'épouser.
— Est-ce si grave ? soufflai-je tout bas.
— Grave non, mais irréversible, oui.
— Idiot, je t'aime.
Je me tournai vers lui et l'embrassai.
— Tu devrais me supporter aussi longtemps que tu le désireras.
POV Lucius
J'étais de garde avec Isaac et Hulrick depuis près de deux heures maintenant et les Dragons ne cessaient de s'agiter de plus en plus. Ce qui nous stressait tous les trois. Hulrick et Isaac parce que c'était quelque chose d'inhabituel, surtout ces derniers temps, et moi parce qu'à chaque fois qu'ils faisaient quelque chose d'étrange, cela avait un rapport avec Charlie. Nous refîmes un tour de la réserve et Storme se mit à nous poursuivre dès que nous étions arrivés en vue de la pointe de la Fureur. Nous nous séparâmes et le Dragon décida de poursuivre le blond. Je retins un soupir et repartis avec Isaac pour essayer d'aider Hulrick. Il lança un Stupéfix à Storme mais celui-ci l'évita et devint plus enragé encore. Je vis au loin les jumeaux version Dragon arriver et ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel. Ce n'était définitivement pas une bonne journée. Déjà que le matin même, Charlie avait eu beaucoup de douleurs et qu'il avait été très grognon. Et maintenant les Dragons s'y mettaient aussi. Hulrick nous hurla de retourner à la barrière et c'est ce que nous fîmes le plus rapidement possible. Isaac était juste devant moi et Hulrick quelques mètres derrières, Storme toujours à ses trousses. J'aperçus Émeraude juste derrière et ne pus déterminer s'il semblait en colère ou de bonne humeur. J'accélérais donc et Hulrick me rattrapa finalement. Le portail fut bientôt en vue sauf qu'on avait toujours au moins deux Dragons qui ne semblaient pas vouloir nous lâcher. Nous ne pouvions donc ouvrir le portail avec eux si près de nous. Soit nous faisions demi-tour et nous essayions de les semer une fois de plus, soit... on priait pour qu'ils ne décident pas de nous manger.
Quand nous fûmes à une trentaine de mètres du portail, je regardais en arrière une fois de plus et vis Émeraude attraper par la queue Storme et le retenir. Je me figeai alors que les deux autres gardiens se posaient au sol pour atteindre le portail, soulagés. Je fixai Émeraude étrangement et ce dernier relâcha Storme avant de foncer sur moi. Je me remis en route et me posai juste devant le portail qu'Hulrick maintenait ouvert. Je sortis et il se referma juste derrière moi. Je reprenais mon souffle du mieux possible et regardai à travers la barrière pour voir Émeraude me regarder intensément. Il cracha des flammes qui s'écrasèrent contre la barrière et je reculai instinctivement. Par Merlin, que venait-il de se passer, exactement ?! Je vis qu'Isaac s'apprêtait à dire quelque chose mais Draco cria mon nom et je me retournai pour le voir arriver en courant. Il s'arrêta devant moi et articula difficilement :
— Charlie, il vient de s'évanouir. Infirmerie.
Je lâchai mon balai et courus jusqu'à l'infirmerie, Draco sur les talons. J'arrivai bientôt dans la pièce pour trouver tous les Weasley autour de Charlie qui était allongé sur le lit. Je me précipitai à ses côtés et posai immédiatement la main sur son front pour me rendre compte qu'il était brûlant.
— Geoffroy est parti appeler le médicomage, expliqua Bill, ils ne devraient pas tarder.
A peine eut-il fini sa phrase qu'ils entrèrent justement. Yanis demanda aux Weasley de quitter l'infirmerie et il ne resta bientôt plus que le médicomage, Geoffroy, Charlie et moi. Yanis ausculta alors Charlie que je continuai de caresser ses cheveux trempés par la sueur. Salazar, ce n'était vraiment pas une bonne journée.
— C'est le moment, dit alors Yanis en lançant plusieurs sorts sur la pièce et sur nous.
— Comment ça, c'est le moment ? répliquai-je.
Il ne devait pas arriver avant au moins trois jours supplémentaires. Alors oui, je savais bien que trois jours d'avance n'était rien mais je ne m'étais vraiment pas attendu à cela aujourd'hui.
— Oui, le bébé est sur le point de naître. Soit, je l'aide à sortir, soit il déchirera son environnement, entrainant sa mort et celle de Charlie. Que désirez-vous ?
— Vous vous foutez de ma gueule ? rétorquai-je en me redressant.
S'il avait décidé que faire de l'humour maintenant était une bonne idée, j'allais rapidement lui prouver le contraire. Il secoua la tête et déchira les habits de Charlie alors que je repensais à ses paroles. Le bébé déchirerait son environnement ? Il ne nous avait jamais parlé de cela avant. J'avais promis à Charlie que tout irait bien, il ne pouvait en être autrement. Yanis ouvrit Charlie et l'incision commença immédiatement à saigner, beaucoup saigner. Je retins une nausée en remarquant qu'après quelques secondes, du sang gouttait déjà sur le sol et entendre le médicomage jurer ne me rassura absolument pas.
— Quoi ? demandai-je alors que je sentais Geoffroy poser sa main sur mon épaule.
— Cela ne se passe pas aussi bien que prévu. L'intestin s'est emmêlé à la bulle de magie où a grandi le bébé. Et il a y plus de sang, ajouta-t-il en fronçant les sourcils. Des complications que je n'avais pas prévues.
— Charlie ne peut pas mourir ! soufflai-je immédiatement.
Je pouvais vivre sans ce bébé, pas sans lui. Le médicomage acquiesça vaguement au même moment où on entendit un fort bruit sourd. J'échangeai un regard avec Geoffroy mais aucun de nous ne bougea. Peu importe ce qu'il se passait dehors, Charlie était plus important. Geoffroy me dit qu'il ne bougerait pas non plus et que les autres gardiens et les Weasley pouvaient bien se débrouiller.
Je me penchai sur Charlie et collai mon front contre sa tempe puis fermai les yeux. J'étais peut-être lâche mais je ne voulais pas le voir perdre tout ce sang. Deux autres bruits sourds retentirent et des coups violents furent frappés à la porte. Geoffroy soupira et s'écarta, demandant à travers la porte ce qu'il se passait. Je lui étais reconnaissant de ne pas l'avoir ouverte parce que tout de suite, le médicomage avait plus important faire que s'occuper de la stérilisation de la pièce.
— Allez Charlie, murmurai-je à son oreille. Je t'interdis de mourir, je suis le seul à pouvoir te tuer, tu te souviens ? Et nous devons encore nous marier. Et par Merlin, j'ai besoin de toi pour trouver un prénom à cet enfant, tu m'as dit que tu avais une idée, tu te souviens ?!
Je soupirai en ne recevant aucune réponse. Je jetai un coup d'œil au médicomage qui avait l'air tout aussi concentré mais légèrement moins inquiet. Geoffroy revint à mes côtés et j'allais lui demander ce qu'il se passait quand un son tonitruant me fit poser les mains sur mes oreilles.
Que venait-il de se passer ?
Geoffroy devint aussi blanc qu'un linge et je le vis inspirer et expirer profondément. Yanis demanda à son ami de me donner une grande serviette et je le regardai étrangement. Que lui prenait-il maintenant ? Il me demanda de m'avancer jusqu'à lui et j'embrassai Charlie sur la tempe, lui murmurant que je l'aimais, avant de faire comme demandé. Il me mit immédiatement le bébé dans les bras et je me figeai quelques secondes, mon regard fixé sur ce que je tenais entre les mains.
J'avais oublié à quel point ils étaient petits. Je sentis Geoffroy me tirer en arrière et vis ensuite Yanis s'occuper à nouveau de Charlie. Le médicomage me demanda de surveiller le bébé attentivement et de le prévenir si jamais il devenait bleu. J'acquiesçai vaguement et ne quittai pas l'enfant des yeux. Geoffroy prit un coussin qu'il posa sur la table près du lit et je posai l'enfant dessus, le nettoyant doucement et vérifiant qu'il était toujours aussi rose. Il n'avait toujours pas crié mais je ne m'inquiétais pas trop pour cela, il avait fallu près de trente minutes à Draco pour nous faire entendre sa voix la première fois. J'eus un léger sourire en repensant au fait qu'il s'était ensuite bien rattrapé et je jetai un coup d'œil à Charlie, rassuré de voir qu'il perdait beaucoup moins de sang. Je me retournai ensuite vers le bébé et entendis Yanis demander quelque chose à Geoffroy mais ne m'en préoccupait pas plus que cela.
Je posai la main sur le torse du nouveau-né et fus soulagé en constatant que c'était un garçon. J'avais un fils, et cette fois, avec une personne que j'aimais réellement. Le médicomage fut bientôt à mes côtés et il me repoussa pour s'occuper de l'enfant. J'allais donc aux côtés de Charlie et fus rassuré en sentant son cœur battre sous mes doigts. Je réalisai également qu'il avait un tube dans le bras et que ce dernier était raccordé à une poche de sang. Je posai mes lèvres sur sa tempe que j'embrassai tout en caressant ses cheveux.
— Il va se réveiller quand ? demandai-je à Yanis alors que Geoffroy sortait de la pièce en essayant d'être discret.
Seulement, à peine avait-il ouvert la porte que j'entendis des cris de l'autre côté. Je ne savais pas ce qu'il venait de se passer là-dehors, mais je ne voulais de toute façon pas m'en inquiéter tout de suite.
— C'est dur à dire. Mais c'est plus une question d'heures que de minutes. Il a perdu beaucoup de sang, beaucoup trop vu sa maigreur.
— Vous n'aviez pas parlé de cette possibilité, l'accusai-je en me redressant.
— Car cela ne devait pas en être une. Aucun de mes tests n'avait révélé ce problème. Tout cela devait se dérouler sans complication.
— Vos tests étaient donc soit incomplets, soit mal réalisés.
Certes, il venait de sauver la vie de Charlie, mais il n'aurait même pas dû être en danger en premier lieu.
— Non, je pense juste qu'il y a eu du changement depuis ma dernière visite. A-t-il eu des douleurs au ventre ces derniers jours ? Des crampes d'estomac, une perte d'appétit ?
— Pas plus que d'habitude, non. Ces douleurs ont juste été plus fortes ce matin.
— Nous en saurons plus à son réveil. Le bébé va bien. Je vais lui faire les tests d'usage et le nettoyer. Désirez-vous être présent ?
— Vous avez prévu de changer de pièce ?
Merlin, je ne pouvais pas laisser cet enfant seul avec lui, mais je ne pouvais pas non plus laisser Charlie.
— Non non, me rassura-t-il. Je reste ici, près de vous.
J'embrassai Charlie puis me levai, me plaçant à côté du médicomage qui commença à lancer quelques sortilèges à mon fils dont je ne compris pas particulièrement le sens ou le but. Les résultats durent plaire à Yanis puisque ce dernier sourit puis m'expliqua comment nettoyer le bébé. Il fit couler de l'eau tiède dans une bassine et me tendit un linge que j'utilisai ensuite pour laver mon fils correctement. Il était mon fils, notre fils. Je sentis un sourire étirer mes lèvres tandis que je lavais ses bras et son torse. Il se mit alors à pleurer et je souris plus encore. Je finis de le nettoyer et il se calma de lui-même quand je l'habillai avec les vêtements que nous avions laissés là justement dans ce genre de cas.
— Vous devez faire autre chose ? l'interrogeai-je ensuite alors que j'observai attentivement les yeux bleu-vert de l'enfant.
Ces derniers n'allaient probablement pas rester ainsi et je me demandais quelle serait leur couleur. Je l'analysai aussi discrètement. Les Dragons avaient insufflé leur magie pour qu'il puisse exister mais il ne semblait pas différent d'un autre enfant.
— Non, rien de plus. Il va très bien. La magie « parasite » est grandement présente dans son organisme, mais cela n'occasionne aucun problème médical.
— Et pour Charlie ?
— Son état est stable. Il ne craint plus rien. Quand il se réveillera, il sera un peu nauséeux, mais rien de bien grave.
— Donc, vous pouvez partir ?
— Je suppose. Voulez-vous que je reste ?
— Pas vraiment non. Vous pouvez rester au camp peut-être. Juste au cas où ? Et dire aux autres que tout va bien ?
— Oui, sans problème. Je vous laisse. Mais sachez qu'il faudra nourrir le bébé d'ici moins d'une heure, s'il réclame.
— Il faut le nourrir quand il a faim ? Vraiment ? lui demandai-je, réellement agacé.
Il sembla prêt à répliquer quelque chose mais il préféra sortir et refermer la porte derrière lui. Je pris une chaise que je tirai à côté du lit où Charlie dormait toujours. Je m'assis et observai attentivement l'enfant qui s'endormit. J'allais rapidement devoir apprendre à m'en occuper. Parce que je m'étais à peine occupé de Draco quand il avait cet âge et je ne savais pas vraiment ce qu'il fallait faire exactement. Il fallait le nourrir, mais je n'avais aucune idée de comment faire un biberon même si je me doutais que les Weasley sauraient nous aider avec cela. Je relevai la tête en entendant des coups être frappés à la porte et me levai pour aller ouvrir. Je trouvai tous les Weasley derrière celle-ci ainsi que tous les gardiens sauf Hulrick et Johanna. Je refermai la porte derrière moi pour laisser Charlie se reposer et avisai mon fils un peu plus loin aux côtés d'Harry, aussi blanc qu'un linge. J'allais lui demander ce qu'il avait quand je réalisai que tous les autres faisaient la même tête. Bon, il y avait donc un problème. Molly s'approcha de moi et observa l'enfant, reprenant par la même quelques couleurs.
— Que se passe-t-il ? demandai-je à Geoffroy.
Je me souvins des bruits sourds que nous avions entendus pendant que Charlie se faisait opérer et me demandai si cela avait un quelconque rapport.
— Il se passe que... Ils ont franchis les portes, tous. Ils sont juste là dehors.
— Qui a franchi les portes ?
J'avais bien une idée de qui il pouvait parler, mais vraiment, je voulais me tromper.
— Les Dragons, souffla Isaac mi-émerveillé, mi-apeuré.
— Ah...
Je ne m'étais donc pas trompé. Magnifique.
— Et... nous sommes toujours vivants, donc..., ajoutai-je.
Vu le comportement qu'ils avaient eu l'après-midi même, je doutais qu'ils soient là pour faire la conversation. Sauf que s'ils avaient voulu nous tuer, nous serions déjà morts. Je retins un soupir et soufflai, réalisant que personne ne parlait ni ne faisait quoi que ce soit :
— Que faisons-nous ?
— Je ne sais pas. S'ils avaient voulu nous attaquer, ils l'auraient déjà fait. Je pense qu'ils sont là pour lui, fit-il en regardant le bébé.
— Et que proposes-tu ?
— Je me pense complètement fou, mais leur montrer serait la chose à faire je pense. Enfin, c'est leur magie qui a aidé à sa vie. Ils ne doivent sûrement pas lui vouloir de mal.
J'ouvris la bouche pour répliquer mais la refermai aussitôt. Ils étaient étranges depuis que Charlie attendait notre fils. Et ils l'avaient été plus encore quand ce dernier avait été proche de naître, ainsi que pendant la naissance. L'idée de Geoffroy était complètement folle certes, mais pas totalement dénué de sens.
— Ne serait-ce pas mieux d'attendre que Charlie se réveille ? le questionnai-je alors.
Après tout, il était celui qu'Émeraude avait choisi pour meilleur ami, et les Dragons ne lui feraient sûrement pas de mal. Alors que j'étais loin d'être certain qu'ils réagiraient positivement à ma présence. D'un autre côté, s'il fallait à Charlie des heures pour se réveiller et encore d'autres pour se remettre un tant soit peu, je n'étais pas certain que laisser les Dragons trainer pendant des jours devant le bâtiment soit une bonne idée.
— Si, tu as raison. J'espère que cela ne va pas prendre trop de temps. Si jamais il arrivait quelque chose à n'importe qui, je ne pourrais pas le supporter.
— Bien. L'un de vous sait comment faire un biberon ?
— Bien entendu, répondit Molly.
— Vous nous apprendrez plus tard, si vous pouviez juste en faire un là, ce serait très apprécié.
— J'y vais. Mais... tout est dans la tente, ajouta-t-elle en regardant Geoffroy.
— Et je suppose que vous ne pouvez pas aller dans la tente sans passer devant les Dragons..., soufflai-je en sentant mon fils commencer à s'agiter dans mes bras.
Elle secoua la tête et Carlos se tourna vers elle :
— Dites-moi quoi prendre et où les trouver et je vous ramène ça.
Elle le fit immédiatement et il partit, Geoffroy sur les talons. Je jetai un coup d'œil aux Weasley, surpris de ne toujours pas les avoir entendus babiller. Je regardai Draco et lui souris. Je l'aurais bien pris avec moi dans l'infirmerie et refermé la porte derrière nous mais je n'étais pas certain que cela serait très correct. Sauf que je ne savais pas quoi faire avec les Weasley, et je n'avais pas envie de passer la fin de la journée seul avec eux.
— A-t-il déjà un prénom ? demanda Arthur en s'approchant, le regard brillant.
— Non, répondis-je en resserrant imperceptiblement ma prise sur mon fils.
Molly le remarqua et sourit, avant de s'approcher à son tour.
— N'aie crainte, nous n'allons pas te le prendre. Mais bon sang, qu'il est mignon.
Évidemment qu'il était mignon, que croyaient-ils ? Je fis un léger signe de tête à Draco qui vint se placer à mes côtés pour l'observer.
— Pas trop déçu que ce soit un garçon ? lui demandai-je, un léger sourire aux lèvres.
— Si beaucoup, mais... je ferais avec. Il est trop mignon, n'est-ce pas Harry ?
Ce dernier acquiesça et je me penchai à l'oreille de mon fils pour murmurer, amusé :
— Tu pourras quand même jouer à la poupée si tu es sage, tant que tu ne lui mets pas de robes...
— M'en voilà ravi, rit-il. Et Charlie ? Comment va-t-il ?
— Le médicomage dit qu'il devrait se réveiller dans quelques heures, plus ou moins en forme.
— Et... tu l'as laissé tout seul ? souffla Draco de manière discrète.
— Tu as raison, lui répondis-je.
Je rouvris la porte et ajoutai à l'intention de tous :
— Dites-moi quand le biberon est là, je vous ferais signe quand Charlie se réveillera. Bonne soirée.
Je refermai la porte et me rassis sur la chaise à côté de Charlie. Je glissai une main dans ses cheveux et fus ravi de constater que sa température avait nettement baissé. J'embrassai sa tempe puis observai notre fils qui était toujours endormi. Je ne doutais pas qu'il allait bientôt se manifester mais pour l'instant, ce calme était le bienvenu. Je callai l'enfant contre mon épaule puis fermai les yeux et continuai de caresser les cheveux de Charlie doucement. J'étais vraiment impatient qu'il se réveille.
POV Charlie
J'ouvris les paupières, me sentant tomber. Je me rendis compte qu'en réalité, j'étais allongé. Je papillonnai des yeux et entendis, tout en sentant une main se poser sur mon front :
— Enfin réveillé. Ça va ?
— Oui, ça va.
Je posai les mains sur mon ventre et ne rencontrai que du vide là où aurait dû être le bébé. Je me redressai, le cœur battant rapidement. J'avais aussi l'impression d'en avoir un dans mes tempes.
— Où... je...
Voir que je n'étais plus si gros me donnait envie de crier. Je me sentis vide, perdu. Lucius posa sa main sur ma nuque qu'il caressa doucement tout en soufflant :
— Du calme, tout va bien. Tu n'aurais pas dû te redresser si vite...rallonge-toi.
Je l'écoutais tout en fermant les yeux. J'essayai de me souvenir. J'avais eu mal, au dos, puis au ventre. Déjà depuis quelques jours, j'avais eu mal au ventre, un peu, tout comme une perte d'appétit, mais je n'avais rien dit. Je ne savais même plus pourquoi j'avais agi ainsi.
Et là... je...
Je soupirai et demandai :
— Je l'ai perdu, c'est ça ?
Je sentis les larmes couler et mon corps sangloter, tout en caressant mon ventre, ou le fantôme de mon ventre. Comment tout avait été si vite. Je sentis les lèvres de Lucius sur mes joues, essuyer mes larmes. Il me fit tourner la tête puis souffla, sa bouche contre ma tempe :
— Ouvre les yeux Charlie, regarde comme ton fils est beau.
Je les ouvris rapidement et mon cœur cessa de battre à cette vue.
Mon fils...
Les larmes coulèrent une fois de plus, de soulagement, de joie. Je souris et tendis la main, n'osant toutefois pas le toucher, vu qu'il semblait dormir.
— Depuis quand ?
— Quelques heures, quatre ou cinq je dirais.
— Il va bien ? Je...
Je me tus, le voyant ouvrir les yeux. Ces derniers étaient magnifiques, d'une couleur bleu-vert. Et ni moi, ni Lucius n'avions ces couleurs.
— Oh comme il est beau, soufflai-je encore plus heureux.
J'avais eu peur de le trouver moche, tout sale et fripé. Ou couvert de sang, dans les mauvais rêves. Le bébé posa son regard sur moi et je souris, me sentant idiot, avant que ma tête ne tourne et que je ferme les yeux quelques secondes.
— Tu es certain que tout va bien Charlie ?
— Oui, je... J'ai juste la tête qui tourne. Ça va aller. J'aimerais le tenir, peux-tu m'aider ? demandai-je.
Maman m'avait expliqué qu'une fois qu'elle avait pris les jumeaux dans ses bras, elle avait cessé de s'en vouloir pour tout ce qu'elle avait pu penser en étant enceinte. Certes, elle m'avait prévenue que cela ne serait peut-être pas pareil pour moi, mais j'avais envie d'essayer. Je me sentais toujours autant un monstre, en plus de ma culpabilité d'avoir pensé et voulu qu'il meurt.
— Bien sûr.
Lucius me redressa et me mit l'enfant dans les bras tout en me maintenant assis avant de monter sur le lit et de venir s'asseoir dans mon dos, me laissant ainsi m'appuyer contre lui. Sentir mon enfant, mon fils, dans mes bras, me coupa la respiration une brève seconde. Il était là, vivant, concret, réel. La culpabilité était toujours là, mais une vague de chaleur venait de m'emplir également.
Il était là... juste là. Je pouvais sentir sa chaleur. Je penchai la tête et respirai son odeur.
— Il sent bon, soufflai-je. A-t-il pleuré ? Tout s'est-il bien passé ?
Je le rapprochai de moi, le posant délicatement contre mon torse. Je tremblai un peu, n'ayant pas tenu beaucoup d'enfant dans ma vie et j'avais peur de mal m'y prendre. Lucius dut s'en rendre compte car il me murmura au creux de l'oreille :
— Détends-toi, il ne va pas se casser. Et tout s'est bien passé, il a eu son premier biberon il y a un peu plus de trois heures, et il ne va d'ailleurs sûrement pas tarder à en demander un autre.
— Qui lui a donné ? le questionnai-je.
Bizarrement, je ne voulais pas qu'un autre que Lucius l'ait prit dans ses bras avant moi. C'était idiot, je le savais, mais c'était comme quelque chose que je devais faire avant les autres. Ma famille l'avait-elle vu ? Je fermai les yeux en l'imaginant passer de bras en bras.
— Moi, même si ta mère a préparé le biberon.
Le petit s'agita et commença à pleurer, me faisant mal à la tête. Je le berçai, caressant sa petite tête et il se tut. J'eus l'impression qu'il venait de se blottir contre moi, mais n'osai pas vérifier, de peur de le faire recommencer à pleurer si je bougeai.
— On a un fils, me rendis-je compte. Je... je n'arrive pas à croire que je le tiens contre moi alors qu'il était encore dans mon ventre il y a quelques heures.
— Et pourtant..., souffla Lucius. Il lui faudrait un prénom, cependant. Une idée ?
— Je ne sais pas, répondis-je.
Je n'avais aucune idée de prénom. Mais soudain, je pus me souvenir de mes rêves.
— Bairim ? proposai-je.
L'idée était plus qu'idiote, mais si mes rêvent étaient en fait la réalité, si ces gens avaient existé dans le passé, Bairim devenait une évidence. Le dernier Maître Dragon que j'avais vu en rêves, c'était Bairim III.
— Bairim..., répéta-t-il. Pourquoi ce prénom ?
— J'ai rêvé d'eux. Certains s'appelaient Bairim. Il y en a eu trois. De grandes personnes. Si tu ne veux pas, il n'y a pas de soucis. Mais... maintenant, je me demande si ce n'est pas la magie à l'intérieur de moi qui m'a fait voir tout ces rêves étranges.
— Je n'ai jamais dit que je ne voulais pas, Charlie. Bairim... à dire vrai, j'aime bien.
— C'est vrai, fis-je en me tournant, faisant de ce fait sursauter le petit qui commença à pleurer.
Je tentai de le calmer, mais rien n'y fit. Il commença à pleurer de plus en plus, et de plus en plus fort. J'entendis comme un bruit bizarre venir de dehors et quelqu'un frappa à la porte.
— Entrez, soupira Lucius alors que Geoffroy entrait.
— Charlie, dit-il visiblement soulagé. Tu es réveillé. C'est super.
— Pas maintenant, intervint immédiatement Lucius.
— Pourquoi ? As-tu eu peur que je ne me réveille pas ? Lucius, cela ne s'est-il pas bien passé ? demandai-je en me tournant légèrement vers lui.
Avais-je failli mourir comme dans mes cauchemars ?
— Il y a eu une complication, c'est vrai, mais ce n'est pas pour cela que Geoffroy est si heureux de te voir réveillé. Et je suis sérieux, ajouta ensuite Lucius à l'intention de ce dernier, pas maintenant. Ils ont pu attendre cinq heures, ils peuvent encore attendre un moment.
— Comme tu veux, mais ils sont plus agités depuis leur arrivée.
Je compris et soufflai, un brin en colère :
— Bon sang, ils ne peuvent pas attendre un peu que j'en profite ! Dis à ma famille que s'ils continuent, ils ne le verront pas avant demain matin, est-ce clair ?!
Geoffroy me regarda comme si j'étais fou et Lucius rit doucement avant de dire :
— Il parle des Dragons, pas de ta famille. Même s'il est vrai qu'on peut voir une certaine ressemblance dans le comportement, je te l'accorde.
— Dragon ? Comment ça « il parle des Dragons » ? C'est quoi cette histoire ?!
Le petit hurla soudain et je le pris contre moi, embrassant sa tête avant de me figer. D'où me venaient de tels gestes, par Merlin !
— Geoffroy, un biberon serait très apprécié, merci, lui dit Lucius.
Il soupira et lança un regard sombre à Lucius en retour mais partit néanmoins.
— Les Dragons veulent visiblement rencontrer... Bairim. Ils ont détruit le portail et sont plantés devant le bâtiment depuis qu'il est né.
— Oh...
Alors ça, c'était quelque chose que je n'avais même jamais imaginé, de près ou de loin.
— Ont-ils blessé quelqu'un ? Ma famille est-elle en sécurité ? Et bordel, pourquoi ne me l'as-tu pas dit !
— Personne n'est blessé et je ne te l'ai pas dit parce que cela n'aurait rien changé. Tu ne peux pas tenir assis tout seul, hors de question que tu sortes voir les Dragons, notre fils dans les bras, dans cet état !
— Ah, parce que tu envisages que j'aille voir les Dragons avec notre fils ?
J'étais plus que surpris. Au delà de tout même.
— A moins que tu n'arrives à les renvoyer dans leur réserve par la force de ta volonté, malheureusement oui. Enfin, je viendrai avec toi, bien sûr.
— Encore mieux, soufflai-je ronchon.
Geoffroy revint, avec un biberon, et il me le donna avant de dire, tout en quittant la pièce :
— La prochaine fois, vous vous débrouillez ! Je ne suis pas sa nourrice, merci bien !
Je me pinçai les lèvres, mais me détendis en sentant le bébé bouger. Je tendis par dessus mon épaule le biberon à Lucius qui le prit et déplaçai ensuite mon fils pour le caler contre mon bras, face à moi.
Je pus le regarder un moment, détaillant ses traits.
Je n'arrivai pas encore à dire à qui il ressemblait le plus, mais le peu de cheveux sur son crâne me montrait déjà qu'il n'était pas roux, mais ni blond. C'était un mélange, un peu comme les blonds vénitiens. J'embrassai son front et il tenta d'agripper mon nez ou mon visage, pour ce que j'en savais. Je tendis ensuite de nouveau le bras et Lucius me rendit le biberon.
— Comment dois-je faire ? soufflai-je ne quittant pas mon fils des yeux.
Il était si léger et si fragile, que j'étais aussi tendu que dans la réserve pendant mes gardes.
— Tu lui mets la tétine dans la bouche et tu gardes le biberon le plus droit possible afin qu'elle soit toujours remplie de lait. Cela évite qu'il avale trop d'air.
— Okay, murmurai-je.
Je fis comme il venait de me dire et le petit commença à boire. Il tétait comme un petit gourmand et je revis Ron, tout bébé. Il avait bu aussi vite chaque biberon, comme si c'était le dernier. Et par la suite, il était devenu aussi gourmand en grandissant. Je souris, et caressai la joue du petit avant de me laisser aller un peu contre Lucius.
— Tu y crois toi ? Je veux dire, il est là, bien réel. Il boit son biberon, mais il y a sept mois, il n'était pas là, nous y pensions même pas.
Je le voulais même que depuis encore moins de temps. Ce petit être était bien vivant, contre moi et j'avais voulu qu'il meure.
J'avais été un monstre, un vrai. Pas comme Lucius pendant la guerre. J'étais pire que lui, assurément. Et ça me faisait du mal de m'en rendre compte. Il ne méritait plus cette peine. Mais par ma faute, il allait devoir rester ici encore quelques années. Loin de son fils. Enfin, Draco. Parce que maintenant, il y avait Bairim.
— Coucou Bairim, soufflai-je en retirant le biberon qu'il venait de finir.
Ce dernier me regarda avec ses yeux grands ouverts tandis que Lucius se relevait, il garda néanmoins sa main dans mon dos pour prévenir toute chute de ma part puis dit :
— Tu me le rends ?
— Pourquoi faire ? grognai-je avant de fermer les yeux. Hum, pourquoi ? Je... j'ai fait quelque chose de mal ?
— Bien sûr que non Charlie. Et si vraiment tu veux lui faire faire son rot, cela ne me dérange pas, mais tu risques de vite te fatiguer, c'est tout.
— Son rot ? Ah oui, en effet.
Je lui tendis le bébé, n'ayant pas envie de recevoir du vomi au cas où et je souris piteusement. J'avais réagi comme un con, une fois de plus. Il prit notre fils et posa une serviette sur son épaule avant de le caler contre celle-ci et de tapoter son dos doucement. Je le trouvai sexy là. Oh doux Merlin, mon sexe se dressa à cette vue et je gémis, tout en me léchant les lèvres. Depuis quand n'avions nous pas baisé comme des bêtes ? Dans toutes les positions ?
— Charlie, souffla-t-il en se mordant les lèvres.
— Quoi ? fis-je d'une voix innocente.
Il devait avoir remarqué mon envie.
— C'est ça, fait l'innocent, répliqua-t-il avec un sourire.
— Tu te sens comment ? demandai-je en reprenant mon sérieux.
Il tenait notre fils par Merlin.
— Je me sens comment ? répéta-t-il, visiblement perdu. Ce n'est pas moi qui me suis évanoui il y a quelques heures et ai perdu du sang. Tu n'as pas faim, d'ailleurs ?
— Si.
Je souris et ajoutai :
— J'ai envie d'un bon steak avec des pommes de terre et de la sauce de viande. Tu crois que je peux avoir ça ?
— Je suppose que tu peux toujours demander, même si nous avons plus de fromage blanc qu'autre chose. Et l'accès à la tente de ta famille est compromis, pour le moment.
Je m'assis et posai les pieds au sol. Je sentis mes jambes trembler un peu mais me levai, me tenant au lit. Quand je fus stable, je fis un pas puis deux, sentant le regard de Lucius sur moi. Je souris et dis :
— Tu vois, je peux faire deux mètres sans tomber.
Et cela me rappela un instant un tout autre moment. Si loin maintenant. Nous nous étions dit « je t'aime » peu avant ça.
— Hm hm, marmonna-t-il avec un sourire. Et si je fais ça ?
Il posa son index contre mon épaule et me poussa légèrement. Je ne flanchai pas et souris encore plus avant d'aller près de lui et de caresser la nuque du petit qui tourna la tête.
— Comme son père, soufflai-je heureux.
J'adorais quand Lucius me caressait de cette manière. Je pris ensuite le chemin de la sortie. Quand j'ouvris la porte, je ne vis que du vide et fut surpris. En temps normal, ma famille aurait sûrement fait le pied de grue. Je me dirigeai vers la salle à manger et les vis tous là, hormis Hulrick et Johanna qui étaient manquants.
— Salut, soufflai-je.
— Merlin mon chéri tu es réveillé ! me dit maman avant de se lever et de me serrer contre elle.
Je la laissai faire mais reculai après quelques secondes.
— Oui, je vais bien. Mais j'ai faim. Penses-tu pouvoir me cuisiner un bon bout de viande ?
— Je vais voir ce que vous avez et je te fais ça.
Elle partit en cuisine et Carlos la suivit bientôt après m'avoir adressé un grand sourire.
— Alors ? me demanda Ron. Comment te sens-tu ?
— Bien, même si je me sens vide. Il était là il y a quelques heures et je me réveille le ventre diminué.
— Je comprends. Et où est le petit bout ? Lucius le garde encore rien que pour lui ?
— Non, il lui fait faire son rot. Vous ne l'avez pas vu ? demandai-je.
— On l'a aperçu tout à l'heure, avant qu'il ne nous claque la porte au nez, me dit papa.
— A-t-il vraiment claqué la porte ? fis-je en prenant place.
— Il n'en était vraiment pas loin.
— C'est bien ce qu'il me semblait, murmurai-je. Et les Dragons ? Que s'est-il passé ?
— Ils ont failli nous bouffer quand on était de garde avec Hulrick et Lucius, répondit Isaac. Et quand vous vous êtes retrouvés dans l'infirmerie, ils ont pétés un câble et ont défoncé le portail. On croyait vraiment qu'ils allaient nous bouffer, mais ils se sont contentés de rester devant le bâtiment et d'attendre.
— Comme quand je me suis endormi et réveillé avec eux autour de moi, soufflai-je.
— Comme quoi ? demanda Geoffroy, visiblement mécontent, alors que les autres me regardaient avec les yeux écarquillés.
— Comme rien, tentai-je de répondre.
Bordel, pourquoi avais-je dit ça ?
— Pourquoi n'ai-je pas été mis au courant de cela ? s'agaça-t-il alors que Lucius entrait dans la pièce.
— Mais de quoi tu parles ?
Bordel, s'il savait ça, j'étais viré, ni plus, ni moins. Lucius s'installa à côté de moi, notre fils endormi et je le regardai, souriant. Je chuchotai ensuite :
— Tu penses que je peux le prendre ? Sans le réveiller, s'entend.
— Lucius, l'interpella Geoffroy, savais-tu que Charlie n'avait rien trouvé de mieux à faire que s'endormir dans la réserve ?
Ce dernier haussa les épaules et me mit le bébé dans les bras doucement, et il ne se réveilla heureusement pas.
— Je n'ai pas fait une chose pareille, tentai-je une fois de plus. Et s'il te plait, parle moins fort, tu vas le réveiller.
— Très bien, mais nous en reparlerons. Ne crois pas que je vais oublier cela.
— Tu devrais, marmonnai-je.
Maman revint de la cuisine, une assiette fumante dans les mains, suivie de Carlos et un plateau avec des boissons.
— Oh, reprends-le Lucius.
Ron se racla la gorge et dis :
— Puis-je le tenir, un peu ?
— Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, hésita Lucius.
— Pourquoi ? demandai-je. Il a une fille, il sait comment tenir un bébé. Ne sois pas égoïste, chuchotai-je pour que seul lui entende.
Il se tourna vers Draco et lui demanda :
— Sa fille a déjà eu des bleus ? Un voyage à Sainte Mangouste inexpliqué ?
— Non, sourit Draco. Il s'en occupe très bien. Limite, je me méfierais d'Hermione avant Ron.
Je vis Harry lui filer un coup de coude et Ron se tourna vers lui, fronçant les sourcils.
— D'accord, j'en prends note, souffla Lucius en prenant le petit pour ensuite le tendre à mon frère.
Il le prit délicatement et sourit tout en caressant sa joue. J'aurais cru que le petit ce serait réveillé, mais il n'en fit rien. Maman posa l'assiette devant moi et alla se placer derrière Ron, ses yeux s'embuant de larmes.
— Oh maman, tu ne vas pas tout de même pas pleurer, fis-je en commençant à couper ma viande.
Elle semblait saignante, comme je l'aimais et je me léchai les lèvres d'envie.
— Je suis grand-mère, sourit-elle alors qu'une larme roulait sur sa joue.
— Oui, mais tu l'es déjà deux fois, expliquai-je. Rien de nouveau.
Je mangeai un bout et gémis, avant d'en reprendre un. Bordel, qu'est-ce que ça avait pu me manquer.
— Ce n'est pas pareil, j'avais commencé à me faire à l'idée que tu finirais seul. Je savais parfaitement que Bill et Ron allaient me donner des petits-enfants.
— Pas les jumeaux, ris-je en prenant un bout de pomme de terre.
— Je n'ai pas encore perdu tout espoir en ce qui les concerne.
Les deux concernés hochèrent des épaules et vidèrent leur verre de jus de citrouille.
— Maman, c'est délicieux.
— Je suis ravi que cela te plaise mon chéri. Et ça fait vraiment plaisir de voir que tu as retrouvé tout ton appétit.
Je souris et continuai de manger. Lucius posa sa main sur ma cuisse quand les jumeaux s'approchèrent du bébé, mais ils ne firent aucun mouvement pour le prendre.
— Je ne veux pas jouer les troubles fêtes, mais as-tu trompé Lucius ? demanda Fred.
— Parce que votre fils a les yeux vert-bleu, continua George.
Ce dernier jeta un regard à Harry et Lucius leur lança un regard noir.
— Son troisième géniteur, répondis-je.
— Pardon ? claqua Lucius d'une voix froide.
— Du calme, je parlais de la magie d'Émeraude. La couleur des yeux vient peut-être de là.
— Hm, répondit-il alors que les jumeaux riaient.
— Il n'y a eu que toi, soufflai-je. Enfin presque, si j'oublie ma vie à Poudlard.
Et Joaquim, me souvins-je amèrement.
— J'espère bien.
Le petit se mit à pleurer et je terminai mon assiette avant de tendre les bras. Ron vint me le rendre et je soufflai, tout en calant le bébé contre mon torse :
— Chut, tout va bien et tu as mangé. Pourquoi pleures-tu ?
Seulement, il ne me répondit pas et se mit à pleurer plus fort. Je paniquai et regardai Lucius.
— Qu'a-t-il ?
Une odeur infecte se fit présente et je compris.
— Tiens, il veut son papa, dis-je avec empressement tout en le fourrant dans les bras de Lucius.
Il l'attrapa et me lança un regard noir. Je le vis regarder ma mère quelques secondes, visiblement hésitant, mais il se leva et sortit, non sans me lancer avant de quitter la pièce :
— Je me vengerai !
— Tu n'en feras rien, fis-je. Sinon, grève du sexe !
Je me rendis compte que j'avais dit ça devant tout le monde et baissai les yeux avant d'entendre un bruit étrange. Il se répéta et je me levai pour regarder à la fenêtre. Avant que je ne distingue quoique ce soit, Hulrick et Johanna débarquèrent et dirent en même temps, la voix fatiguée mais aussi apeurée :
— Les Dragons commencent sérieusement à s'agiter. On ne peut pas les laisser là !
— Quand le petit sera propre, j'irai leur montrer. Ils attendent sûrement la présentation.
Je l'espérais du moins. Mais je ne voyais pas l'avantage de créer une vie pour la croquer à peine cette dernière née. Et puis, mes rêves devaient signifier quelques choses. Si j'en croyais ces derniers, il y avait beaucoup plus de Dragon, leur race était donc en train de s'éteindre.
— Tu es sûr que c'est une bonne idée ? demanda maman, visiblement inquiète.
Je hochai la tête, ne voulant pas mentir à voix haute. Je rotai et m'excusai, et Lucius revint quelques minutes plus tard. Je me levai et le rejoignis tout en embrassant la tête du petit.
— Prêt pour la présentation ? soufflai-je en l'embrassant ensuite sur les lèvres.
Il m'adressa un regard significatif, visiblement pas emballé par l'idée le moins du monde. Je pris Bairim de ses bras et le tins contre moi avant de dire :
— Vous devriez rester ici, afin de ne pas les énerver. Lucius et moi allons y aller avec Bairim. D'accord ?
— Vous avez vos baguettes ? nous demanda Geoffroy, incertain.
— Bairim ? fit papa en fronçant les sourcils.
— Oui, c'est le prénom de notre fils. Vous le trouvez comment ?
Puis, je me tournai vers Geoffroy et répondis :
— Lucius aura la sienne. Moi, je sais que je n'en aurais pas besoin.
— D'accord, soupira-t-il.
— Pourquoi Bairim ? nous demanda maman.
— Des rêves que j'ai fait en attendant le bébé.
Elle me sourit doucement et papa demanda :
— Et... ce sera Bairim comment ?
— Nous n'avons pas encore discuté de ça, mais certainement Weasley-Malfoy, ou juste Weasley.
C'était tout de même moi qui l'avais porté, nom de Merlin. Nous n'allions pas l'appeler juste « Malfoy », hors de question.
— Hm, fit Lucius. Weasley sera sûrement très bien, pas besoin de l'handicaper plus que ça.
— Ce ne sera pas un handicap, en tout cas, je ferais tout pour, répliquai-je. Bon, on y va ?
— Je t'attends.
Je soufflai et pris la direction de la porte d'entrée, mais me rendis compte que tout le monde nous avait suivis. Je me retournai alors et souris, tout en serrant le petit contre moi.
— Tout va bien aller, restez tous ici.
Ils soufflèrent mais finirent par acquiescer et Lucius me poussa doucement en avant. Une fois la porte atteinte, je me collai à lui et murmurai :
— Je t'aime.
— Hm.
Il embrassa ma tempe et ouvrit la porte tout en soufflant :
— Allez, plus vite on y va, plus vite on passe à autre chose.
— Tu as raison.
Je le précédai et une fois dehors, je vis que les Dragons étaient tous à moins de deux mètres du bâtiment. Ils s'agitèrent à notre vue, mais aucun n'attaqua. J'avançai, Lucius me suivant de prêt.
— Voici Bairim.
Je leur montrai mon fils, avant de le reprendre contre moi. Le petit tourna la tête vers la gauche et en suivant son regard, je tombai sur Émeraude. Je m'en approchai et il baissa la tête pour n'être qu'à quelques centimètres de nous.
— Bairim, soufflai-je.
Il expira et sembla aimer, vu que nous étions tous deux encore en vie. Puis, ils prirent tous leur envole, avant de tourner autour de nous, en symbiose les uns des autres avant de repartir dans la réserve.
— Va fermer les portes, soufflai-je à Lucius.
Il y alla rapidement et les referma puis les répara et les verrouilla à l'aide de sa baguette, revenant ensuite tranquillement vers nous. Lucius se plaça ensuite devant moi et m'entoura de ses bras, faisant attention à notre fils. Je profitai de ce moment et fermai les yeux.
La vie n'allait plus être pareille, quoique j'en pense.
Et là, tout de suite, je n'en avais plus rien à foutre, tant que Lucius et Bairim restaient à mes côtés.
Nous espérons que ce neuvième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes
Suite Disclaimer : Bairim est personnage créé par nous.
