Ce texte a été écrit pour la dix huitième nuit d'écriture du Forum Francophone en réponse au thème « Précision».
Disclamer : L'univers appartient JK Rowling.
Bonne Lecture
OS 9 : Précision Chirurgicale.
« Le plaisir, c'est la seule chose qui oblige les hommes à un peu de précision. »
Jean Anouilh
Il paraît que tout le monde a du talent. Certains pour la peinture, l'écriture ou la Défense Contre les Forces du Mal, d'autres pour la cuisine, le réconfort et les Sortilèges. Certains connaissaient leurs facultés depuis leurs primes jeunesses et d'autres mettaient plus de temps à les découvrir.
Quand elle était jeune, Walburga savait toujours quoi dire dans toutes les situations. Elle avait un don pour estomaquer ses parents qui la regardaient, bouche entrouverte, cherchant comment elle pouvait avoir eu connaissance de telle ou telle information.
Au collège aussi, elle avait pu démontrer ses fantastiques qualités d'oratrices. Elle n'était peut être pas très forte, ses pouvoirs n'étaient pas plus élevés que la moyenne mais elle avait vite su faire de sa répartie la meilleure des lames, combattant avec hargne et ruse sans avoir jamais à dégainer sa baguette.
A l'âge adulte, une fois mariée, Walburga avait craint de ne plus jamais pouvoir exercer cette faculté, qu'elle tombe dans l'oubli, femme au foyer condamnée au silence respectueux devant la puissance de son mari. Mais quelqu'un lui avait sauvé la mise. Et cette personne, c'était Sirius, son fils.
Le petit garçon avait montré très tôt des pulsions de rébellion. Il aimait faire acte de présence, montrer qu'il était là, qu'il entendait, qu'il existait. Alors, avec l'autorisation de son mari, Walburga avait appris à le dresser. Elle savait, avec une précision chirurgicale où frapper pour que cela fasse mal au petit brun, qu'il se calme, qu'il retourne à sa place.
Parfois, une menace suffisait, s'en prendre à son petit frère était la pire des choses que Sirius pouvait imaginer, il voulait le protéger envers et contre tout. Prendre soin de lui. Et puis, il avait désobéi et sa mère, fidèle à sa parole, avait retourné le petit contre son ainé. A force de belles paroles, de mots joliment camouflés, la langue fourbe de Walburga avait dressé Regulus contre son grand frère.
Quelle avait été la satisfaction de cette mère de famille la première fois que le plus jeune s'était opposé à Sirius ? La douleur dans les yeux du garçon qui comprenait que les menaces de sa mère trouvaient toujours un aboutissant, qu'il avait jeté son petit frère dans les griffes d'une femme mauvaise ? Sirius n'était pas si âgé et n'avait, à l'époque, surement pas compris tout ce qui allait découler de cette affaire mais la scène avait influencé toute sa vie.
A son entrée à Poudlard, Walburga avait découvert trois nouvelles armes : Lupin, Potter et Pettigrow. Son garçon semblait avoir développé un sentiment aigu de l'amitié et la moindre référence aux trois garçons le mettait dans un état de nerfs difficilement imaginable. Tout était question de précision : Armer, Viser, Tirer.
Et, quand la cible était touchée... ah ! C'était sans aucun doute le meilleur moment, les joues de son fils rougissant de colère, ses yeux s'armant comme des baguettes en mal d'avada kedavra, ses sourcils venant se rencontrer au-dessus du nez qu'il fronçait d'indignation dans une caricature de la colère.
Walburga bénissait souvent ce talent qui la rendait si effrayante aux yeux de personnes qui faisaient le double de sa taille, de son poids, de sa puissance magique...
Mais les meilleurs moments devaient avoir une fin et elle le comprit le jour où Sirius se retourna contre elle. Le garçon, âgé alors de 16 ans, semblait avoir profiter de sa cinquième année pour grandir, tant physiquement que mentalement. Et, lorsqu'elle eut le malheur de lancer l'une de ses remarques habituelles sur le pouilleux Lupin, tout changea.
Sirius, dans une pulsion colérique phénoménale, la poussa contre le mur et bloqua sa gorge de son avant-bras. A son tour, il la menaça, elle ne devait pas, ne pouvait pas toucher à ses amis. Il appuya fort contre son cou. Pour la première fois, Walburga eut peur de son fils, pour la première fois, il était un sang-pur digne de ce nom.
Puis, après une dernière poussée, il fit volteface et franchit la porte sans un regard en arrière. Il quitta la maison pour ne jamais revenir.
Armer, Viser, Tirer... Walburga croisa le regard de son deuxième fils qui la fixait du haut des escaliers. Son regard se fit perçant. Il lui fallait seulement une nouvelle proie...
J'espère que vous aurez apprécié ce texte, ode à la précision, au point de ne pouvoir le lacher sans me faire part de vos réactions dans un petit commentaire...
A la prochaine !
Lenoska.
