Bien le bonsoir/bonjour ! Voici le dixième chapitre de l'aventure de la petite troupe. Je suis désolée de le poster à une heure aussi tardive mais diverses raisons m'ont fait prendre du retard dans son écriture (je devrais néanmoins pouvoir prendre un peu d'avance pendant les vacances scolaires). Sur ce, bonne lecture!
Le témoin arrive…
Contrairement au Zora malade que nous avions vu précédemment, il était bien plus proche des portes de la mort, si on n'en jugeait son corps prêt à se briser comme une brindille à la moindre secousse, partiellement affaibli par son âge mais surtout par le poison qui rongeait ses forces. Il n'avait donc personne en meilleure santé ? Les autres hommes aquatiques semblaient tout aussi inquiets que moi à son sujet. Celui qui l'avait amené jusqu'à l'aidait à tenir debout. Nous lui proposâmes de s'asseoir, il refusa poliment puis, sans plus s'attarder sur les banalités, entama sa longue explication :
« Nous nous remettions peu à peu de l'ère des ombres, le passage venait tout juste d'être terminé et nous avions ramené les travailleurs au lac Hylia. Il y avait tous types de personnes, des hommes, des femmes, des Gorons, des Hyliens et même quelques humains venus tout droit du village de Toal ! »
Il était vrai que Moï et Jaga étaient partis quelques mois là-bas pour y travailler, plus pour le plaisir de voir de nouveaux paysages que par besoin d'argent.
« Mais surtout des Hyliens, pas un seul Zora, il est vrai que nous sommes bien mieux dans notre village ! Pourquoi en bouger alors que ces zones ne contiennent pas notre élément favori : l'eau. »
Je peux confirmer que sur terre ils ne sont pas très à l'aise, leur pieds palmés ne les aident vraiment pas. Ils se déplacent milles fois mieux dans cet élément vital qu'est l'eau. Il se rendit vite compte que l'on s'impatientait, entre ceux dont les yeux divaguaient ailleurs et ceux qui tapaient du pied, palmés ou non, sans oublier ceux qui soufflaient de manière très explicite, tout autant de signes qui lui intimaient d'en venir au fait.
« Excusez, je divague. Donc, après que les travaux soient terminés et tout le monde parti, un homme s'est présenté à nous comme un voyageur Hylien. Nous n'avions aucune preuve étant donné qu'il était couvert de la tête aux pieds, impossible de voir ne serait-ce qu'un seul morceau de sa peau. Rien de plus suspect, nous lui avons demandé de retirer tout cet accoutrement, ce à quoi il a répondu qu'il ne pouvait pas à cause de sa grande sensibilité de la lumière. Nous l'avons bêtement crû. Il nous a demandé de garder un objet, expliquant qu'il ne pourrait pas endurer les changements de température et qu'il le reprendrait à son retour. Il nous a donc confié un vase en terre cuite fermé par un couvercle en bois, son explication était crédible du fait que le gel aurait brisé l'objet. Nous l'avons ensuite amené à l'accès menant au Massif des Pics Blancs.
-Je ne vois toujours pas comment il a causé tout ce désastre.
-Nous y arrivons. Le soir même, le vase se brisa, nous n'avions pas pensé à consulter son contenu, une erreur bête je l'avoue, il a répandu une fumée toxique, celle qui nous a empoisonnée.
-Comment avez-vous pu tous tomber malade, vous n'étiez pas tous au même endroit, non ?
-C'était le soir, nous l'avions ramené jusqu'au village, il a éclaté pendant la nuit. Seule une petite partie des nôtres qui profitaient de la nuit pour pêcher des poissons qui ne pointent le bout de leur tête qu'à cette heure ont été épargnés. Et comme vous pouvez le voir, l'esprit n'est pas en mesure de nous aider, étant donné qu'il n'est même plus là. S'en est suivit la dégradation du lac… »
Il était presque irréel qu'autant de choses se soient passées en si peu de temps. La longue paix qui régnait entre les peuples d'Hyrule avait établie entre ces derniers une confiance qui n'avait que très peu été bousculée, si on ne prend pas en compte l'hostilité des Gorons pendant l'ère des ombres. Tous les éléments étaient là, sauf… La description physique du coupable. Sans ça nous n'irions pas très loin. Je n'avais pas envie de perdre plus de temps, je décidais donc de devancer la princesse :
« Nous vous remercions de toutes ces informations mais nous ne savons toujours pas à quoi ressemble votre empoisonneur.
-Bien sûr ! Mais quelle tête en l'air je fais ! Laissez-moi rassembler mes souvenirs… »
Il commençait vraiment à me fatiguer. Les nerfs de la princesse commençaient eux aussi à lâcher : un sourcil se soulevait rapidement par moment, à un autre c'était le coin de sa bouche, ses ongles s'enfonçaient dans sa main, autant de choses qui trahissaient sa fatigue et son énervement. Je ne parle pas des autres…
« Comme je le disais, impossible de voir un seul morceau de peau, il porte une longue tunique bleu nuit, toujours sa capuche au bout pointu sur la tête, les manches descendent si bas qu'elles lui cachent les mains, ces mêmes mains sont habillées de gants en cuir. Pour ce qui est du visage, un masque le cache, blanc et rieur pour la partie droite, de la même couleur que les vêtements et triste pour l'autre partie, comme si on avait fusionné les deux masques si représentatifs du théâtre. Aucune fente pour le nez, celle de la bouche ne laisse rien voir derrière, mais celles des yeux…
-Celle des yeux ?
-Des yeux rouge vifs, ils dégageaient une lueur…
-Et vous lui avez confiance ? »
C'était Aria qui venait de prononcer ces mots, énervée par si peu de prudence, enfin je suppose.
« Nous ne jugeons pas quelqu'un sur son physique, jeune fille.
-Je veux bien mais quand même c'était plus que douteux comme déguisement ! »
Je n'osais pas vraiment m'exprimer sur le sujet mais la jeune brune n'avait pas tort, je posais une main sur son épaule avant de lui murmurer :
« Aria s'il-te-plait, même si ça t'énerve évite de trop les contredire, nous venons tout juste de nous sortir d'une situation délicate et autant te dire qu'il serait facile d'y replonger. »
Elle se retira en soupirant, mais continuait de répéter tout ce que le Zora disais avec un air imbécile, elle se comportait vraiment comme une enfant sur le coup, elle qui avait jusque-là fait preuve d'une grande maturité pour son jeune âge. Je chuchotais :
« Arrêtes, c'est encore plus stupide que leur manque de prudence. »
Comme elle ne m'écoutait pas, j'ajoutais à peine plus fort :
« Tu es encore plus ridicule que lui, tu t'infantilise toute seule, pauvre petite créature. »
J'avais touché un point sensible, c'était vers moi qu'elle avait tourné ses yeux furibonds avant de me décocher un efficace coup de coude dans les côtes, je fis mine de n'avoir rien senti, mais intérieurement je me tordais de douleur. Si elle était si susceptible ça promettait… Au moins les deux ne rentreraient pas en conflit tant que je tiendrais son attention. Mais est ce que j'allais réussir à l'occuper le temps que l'autre finisse ? Nous avions toutes les informations nécessaires, pourquoi continuait-il à parler de détails futiles de son existence alors que leur temps était compté, mais surtout, pourquoi ne le faisait-il pas taire ?
Je ne sais pas combien au bout de temps cela arriva, mais cela me parut bien long, un Zora décida de mettre un terme au supplice en conseillant au moulin à parole de remonter au village pour qu'il ne se fatigue pas plus, ce qu'il approuva. Nous regardions son malheureux corps disparaître avec un certain soulagement dans la brume. Zelda prit la parole :
« Nous avons à présent toutes les informations nécessaires, nous allons nous concerter pour décider d'une stratégie efficace pour retrouver le criminel, si vous n'y voyez pas d'inconvénients.
-Très bien, nous allons repartir aider les nôtres. »
Ils nous saluèrent poliment avant de partir en direction de la cascade, leur corps bleu se confondant à leur tour dans l'environnement blanc. La princesse et ses protecteurs partirent eux aussi en direction du campement tout fraîchement installé je suppose, sans nous dire un mot, à moi et ma coéquipière.
«Link, je sais que tu as fait comme si de rien n'était, mais je sais que ma force ne laisse personne insensible.
-Pas la peine d'en rajouter, j'ai déjà essuyé assez de coup et de moqueries pour aujourd'hui.
-J'en ai raté ? Tu me racontes ?
-Pas question.
-Tu avoue que tu en as vécu d'autres ! »
Je lui tournai le dos l'air boudeur.
« Et c'est moi que tu traites d'enfant ! »
Nous fûmes interrompu par un rire qui lui ne semblait pas s'interrompre, je me retournai, toutes ces brimades n'étaient pas suffisantes, il fallait qu'il y ait un autre spectateur !
« C'est qu'elle a du cran la petite ! »
Le capitaine barbu était revenu, je me demande bien pour qu'elle raison. Il avait parlé entre deux fous rires, alimentant de plus belle la sadique fierté d'Aria. Je n'arrivais pas à l'imaginer de mauvaise humeur celui-là… Je fatiguais vraiment, entre mon manque de sommeil, toute la route parcourue, mes nerfs qui devaient survivre face aux brimades incessantes de la petite Aria, je ne sais pas ce qui me retient de la laisser ici d'ailleurs. Et Epona, ma pauvre Epona ! Complètement laissée de côté ! Abandonnée sur le ponton ! Il fallait vite que j'en fasse part à Zelda, elle pourrait sûrement m'aider. Si nous ne pouvions la guérir tout de suite, il fallait au moins qu'on la mette dans un endroit plus confortable et où les risques d'infections seraient moins présents, le bois pourri n'étant pas la meilleure solution, loin de là. Comme pour répondre à mon inquiétude, le capitaine ajouta :
« Bon, assez rit, son altesse vous demande.
-Ma monture n'est pas loin d'ici, mais elle est blessée, je refuse de la laisser ici.
-Eh bien je vous aiderai à l'amener, si elle peut au moins marcher, mais ne perdons pas plus de temps où c'est moi qui en serai tenu responsable. »
Je hochais la tête avant de lui faire signe de me suivre, ou plutôt de suivre Aria, elle était plus utile que n'importe quelle boussole pour se repérer là-dedans, ce qui était bien étrange étant donné du fait qu'elle n'était venue qu'une seule fois ici. Qu'importe, pour l'instant notre but était de retrouver Epona pour la mettre entre de bonnes mains et la soigner du mieux que nous le pouvions. Mes vêtements absorbaient parfaitement l'humidité mais mes cottes de mailles, elles, la laissaient perler et entrer, ce qui mouillait encore plus mes vêtements, si bien qu'ils étaient plus une gêne qu'autres chose. Mais ce n'était pas grand-chose comparé au barbu, son armure parfaitement imperméable laissait ce former sur elle plein de petites gouttelettes qui coulaient autant à l'intérieur qu'à l'extérieur, j'imaginais bien avec quelle facilité l'eau mouillait le moindre tissus dans le but de le glacer jusqu'aux os. On pouvait ajouter à cela le bruit et la désagréable sensation que procurait l'eau au fond des chaussures dans lequel baignaient nos pieds. Mais ma jeune compagne devait être la plus à plaindre, elle marchait à même le sol, qui alternait entre boue épaisse et fond d'eau dans lesquels s'empêtraient ses lourdes chaînes. Je lui proposai de la porter, elle refusa prétextant qu'elle se sentait plus à l'aise pour se repérer sur le sol. La vérité est qu'elle ne voulait pas d'échec, et le fait de se laisser porter serait pour elle un abandon. Je ne lis pas dans ses pensées, certes, mais je pense suffisamment la connaître pour le deviner. Nous ne parlions pas, ce qui semblait gêner le capitaine qui lançait une ou deux phrases de temps en temps pour combler le vide. Je répondais brièvement, Aria, elle, était bien trop concentrée pour y faire attention. Quelques mètres plus tard…
Enfin ! Ma chère ! Ma magnifique… Epona ! J'entrevoyais enfin sa silhouette et celle du bâtiment se dessiner dans la blancheur de l'air, accélérai inconsciemment le pas, dépassait les deux autres, et finissait même par courir.
« He bin en voilà un bien heureux !
-Je n'ai jamais vu un tel attachement à un cheval.
-Ce doit être une bien brave bête. »
Ils prenaient leur temps en discutant sur mon affection sans limite pour ma jument tandis que je rejoignais cette dernière et m'adressais à elle:
« Je suis désolé de t'avoir laissée si longtemps seule, tu te sens capable de te relever ? Le chemin n'est pas très long rassure toi. »
Elle bougea la tête pour m'affirmer que oui, elle avait encore de l'énergie à revendre. Je demandais alors aux deux autres de se presser un peu :
« Dépêchez-vous ! »
Une fois que nous fûmes tous sur le ponton, chacun saisit une partie de ma jument pour la remettre sur ses quatre sabots. N'importe qui aurait pu penser qu'Aria n'y arriverait pas, que moi-même peinerai à la tâche et que le capitaine serait celui qui s'en sortirait le mieux. Que nenni ! La jeune brune fut celle qui le fit le plus facilement ! Tout laissait penser que le capitaine possédait une grande force, sa place dans la hiérarchie, son air toujours rieur et sûr de lui, son corps large d'ossature, son imposante armure qui ne lui donnait pourtant aucun mal à se déplacer. Que des artifices ! Son visage crispé montrait bien son effort, bon, il est vrai que la lourde tenue devait déjà lui prendre nombre de son énergie, mais je parie que même sans il aurait éprouvé plus de mal que moi et ma compagne. Il faillit même se prendre les pieds dans son casque qu'il avait posé sur le sol. Moi, je me trouvai au milieu du classement, j'éprouvai certes quelques difficultés, mais c'était toujours plus facile que de déplacer les énormes blocs dans les temples pour en résoudre les énigmes. Epona fut remise sur ses pattes, elle montrait quelques faiblesses pour ce qui concernait sa blessure mais pouvait quand même avancer.
« Ne faisons pas plus attendre la princesse, nous pressa-t-il.
-Vous sauriez nous guider d'ici ?
-Heu… Je crains que non. »
Je tournais la tête vers Aria qui comprit aussitôt.
«D'accord, d'accord, suivez-moi. »
Ce fut bien plus long, bien sûr parce que le chemin l'était plus, mais aussi parce qu'Epona ne pouvait aller à la même vitesse que nous.
Le campement était installé sur une rive, à l'écart des flaques et de la boue, certains soldats étaient encore en train d'essayer d'installer leurs tentes. Au milieu de tout ce chantier se dressait une bien plus spacieuse que ses sœurs, devant était plantés les étendards que portaient précédemment deux soldats. Ils étaient tellement préoccupés par les sardines récitantes qu'ils n'arrivaient pas à planter qu'ils ne nous avaient pas vus arriver.
« C'est dans cette grande tente que son altesse vous attends, laissez-moi votre monture je m'en occuperai. C'est là que nous routes se séparent, pour l'instant. »
Il nous salua poliment, avant de partir d'un pas tranquille avec ma jument, son sourire toujours gravé sur son visage. J'ignorais si je pouvais lui faire entièrement confiance, qu'importe, Zelda veillerait à ce qu'elle fut bien traitée par ses hommes. Aria regardais l'homme partir avec ma monture d'un œil inquiet, j'essayai de la rassurer :
« Ne t'inquiète, la princesse ne le laisserai pas lui faire le moindre mal.
-Elle n'a pas des yeux partout.
-Mais des soldats dévoués, si.
-J'espère que tu ne te trompe pas… »
Je l'invitai à me suivre dans la tente, elle se ressaisi pour cacher son inquiétude, se redressant de tout son long pour, malgré son état, avoir un minimum de tenue devant celle qui nous avais appelée.
Nous nous rendîmes alors devant la grande installation de toile, les grands rideaux qui devaient habituellement isoler l'intérieur une fois fermés étaient ouverts et le pan de toile refermant le tout relevé, on avait planté un bâton sur lequel on avait accroché ce dernier. Elle était bien plus majestueuse que le reste des petites tentes triangulaires dans lesquelles allaient dormir les plus modestes. Je tirai un peu mes vêtements pour les défroisser, essorait mon bonnet encore gorgé d'eau et le replaçai correctement sur ma tête. Zelda nous attendait, placée de l'autre côté d'une large table en bois sur laquelle quelques papiers ainsi qu'une plume encore inutilisée étaient dispersés, face à l'entrée. Je me demandais d'ailleurs bien comment ils avaient pu apporter autant de matériel, sûrement avaient-ils reçus un convoi entre temps.
A peine avait je posé un pied sur le tapis qu'elle déclarait calmement:
« Link, Aria, j'ai une mission à vous confier.»
J'espère que vous avez appréciez ce chapitre un peu plus long que le précédent, je sais que ça commence à faire beaucoup de chapitres dans Lac Hylia mais dans le prochain ils verront un peu plus d'Hyrule. N'hésitez pas à laisser une review si vous l'avez apprécier, ça fait toujours chaud au cœur (même si y a des trucs négatifs, après tout le but d'une critique est d'évoquer les bons et mauvais points ^^).
Prochain chapitre dans deux semaines comme d'habitude !
