9) Légendes d'un Sanctuaire

Après son repos du début d'après-midi, du haut de son temple, la jeune Déesse Athéna debout sur sa terrasse privée, admirait son rocher sacré dont l'étendue descendait vers le chemin des Pèlerins. Elle s'appuya sur l'une des balustrades d'où elle aimait le soir, contempler les étoiles. A cet instant, la nuit résidait dans d'autres contrées et attendant son retour, elle fut contrainte d'écouter les explications terriblement ennuyeuses d'Aiolos sur les travaux et la rénovation des édifices. En s'annonçant, une Saintia la sauva de cet interminable exposé. Elle lui fit une brève génuflexion :
– Votre Majesté, les chevaliers d'Or du Poissons et du Verseau demandent audience à votre Majesté.
Visiblement ravie de cette nouvelle, Athéna lui demanda :
– Veuillez les faire entrer.

La Saintia se courba de nouveau et fit place à un hoplite qui à son tour s'avança, claironnant l'arrivée des deux monseigneurs d'Or. Aphrodite et Camus s'inclinèrent devant leur Déesse.
– Votre Majesté nous espérons ne pas faire irruption à un moment inopportun ?
– Pas le moins du monde, Aphrodite. Notre conversation avec le Grand Pope prenait justement fin.
Elle tendit sa main vers Aiolos qui lui effleura les phalanges des lèvres.
– Je vous laisse en bonne compagnie et vous souhaite une excellente journée, Déesse Athéna.
– Pareillement mon cher Aiolos.
Il s'inclina, un hoplite lui ouvrit une double porte et il disparut dans une enfilade de galeries qui l'emmenait vers ses quartiers.
– Athéna, voulez-vous qu'on fasse seller votre cheval ?
– Non merci, Camus. J'ai besoin de me détendre et préfère marcher.
Aphrodite lui offrit son bras pour qu'elle puisse y déposer ses doigts et ils s'en allèrent aux côtés de Verseau.

Sortis du cadre calcaire des douze maisons sacrées, ils gravissaient le côté Sud-est de la colline sur les pavés en granit d'une chaussée serpentant le long d'une rivière où quelques nymphes se baignaient. Etsuivant le tracé d'une avenue, ils contournaient une étendue boisée au profil moyenâgeux, toujours réservée à la chasse ainsi qu'un verger d'oliviers et de citronniers et d'un parc dans lequel allées et chemins se croisaient sous les regards mi-clos de statues faites de marbre de héros mythiques.

La promenade bien qu'agréable, fut malgré tout quelque peu pénible car ces deux chevaliers jouèrent un peu trop au servant, lui proposant leurs quatre bras pour qu'elle ne se salisse, pour qu'elle ne se fatigue, pour qu'elle ne se fasse aucun mal comme si malencontreusement sa naissance lui donnait une quelconque infirmité. Y pensant en son for intérieur, cette déficience chez elle ne fut ni mentale ni physique mais plutôt divine. Elle respectait volontiers l'ensemble des règles établies formant le protocole de sa cour ou de leur ordre, des coutumes somme toute forts appréciables, spécialement pour une jeune fille en compagnie de gentilshommes, cependant elle ne goûtait guère aux pompeuses déférences à son égard. Une simple courtoisie aurait grandement suffi mais ce fut mal connaître Aphrodite et Camus.

Elle revint avec ces courageux garçons, triomphant de durs combats et savait que leur renaissance les conduiraient à d'autres mais elle ne voulut céder son enthousiasme et secrètement, sous les caresses de la douceur printanière, elle aurait aimé qu'il soit là à ses côtés, lui qui se reposait au Japon mais il était vivant. Oui, Seiya était vivant et elle aurait aimé le chanter à tue-tête en tourbillonnant parmi les papillons, dansant en harmonie avec ses pas qui traversaient une charmille.

Au dernier des topiaires en forme d'arc d'un jardin incliné au bord d'une falaise, ils arrivèrent aux premières marches d'un escalier taillé dans le muscle du sol pierreux. Ils étaient recouverts de galets neigeux, plats et lisses entre lesquels des pâquerettes blanches qu'on trouvait à foison, les escortaient sans plus tarder vers l'entrée de la roseraie appartenant aux chevaliers des Poissons depuis que le Sanctuaire naquit des profondeurs de la terre des hommes.
– Quelles sont-elles, Aphrodite ?
– Ce sont des pâquerettes de la famille des Astéracées, des marguerites dans le langage familier. Celles-ci, bien que très jolies, sont dites communes ou plus poétiquement, des champs.
– Les filles les dépouillent de leurs pétales espérant connaître les sentiments de l'élu de leur cœur.
– Ah le cœur, n'est-il pas un océan ?
– Certes.
– Camus, la fleur leur parle donc ?
– Absolument pas. Elles l'égrènent en répétant « il m'aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… » ou dans certains malheureux cas, « pas du tout ».
– Mais que font-elles si cet oracle végétal leur apprend ce désamour ?
– Elles recommencent… inlassablement !
Elle se mit à rire joyeusement et s'arrêta. Ils firent de même.
– Voyez-vous chevaliers, voilà pourquoi nous combattons le mal. Voilà pourquoi je tiens tant à cette planète, où pourriez-vous trouver autant de légèreté dans le sentiment amoureux ?

A leur tour, ils lui répondirent par un sourire. Et pas à pas, devant eux défilèrent les premières roses d'un rouge cardinal. Elle les regardait avec curiosité.
– N'ayez crainte, toutes les roses au pouvoir maléfique se trouvent à des endroits stratégiques, loin de celles que nous aurons le plaisir d'admirer aujourd'hui.
– La roseraie a-t-elle connu beaucoup de dégâts depuis la guerre du Sanctuaire et celui de notre départ ?
– Je suis heureux de pouvoir vous affirmer que malgré le chaos que nous avons connu, les rosiers ont survécu.
– C'est souvent le cas, poursuivit philosophiquement Camus. L'homme pourrait disparaître de la surface terrestre en un instant, fit-il en claquant des doigts et presque aussitôt, les plantes reprendraient possession de leur territoire d'autant.
– Et, nous ne voulons en arriver là, n'est-ce pas Camus ?
– Assurément, votre Majesté.

Aphrodite enchaîna :
– Nous avons toutefois dû nettoyer leur sol, leurs pieds. Nous avons également mutilé toutes les parties malades et coupé ce qui fut cassé.
Beaucoup d'arbustes avaient eux poussé en toute liberté et deux d'entre eux, enserraient de lierres un grillage rouillé qu'Aphrodite poussa tandis qu'un bref rayonnement illuminait les yeux de l'adolescente.
– On dirait une illustration d'un conte humain se trouvant dans la grande bibliothèque : « La Belle et la Bête ».
Elle se mit à rire et ils la regardèrent.
– Chevalier des Poissons, je promets de ne pas te voler de fleurs. Dit-elle avec entrain.
– Nous emmenons la Belle mais promettons de ne pas y rencontrer de bête.
– Mais Camus, elle n'en était pas une à la fin.
– Effectivement, il était bon prince.
Et dans un esprit ludique, il poursuivit avec un :
– En fin de compte, il nous faudrait être téméraires et prendre la peine de fouiller les mares de votre royaume afin d'espérer d'y trouver une grenouille qui sous le tendre baiser d'une princesse, se métamorphosera en un prince charmant.
– Et Camus, s'y connait en batraciens !
– Ah bon, tu les aimes, Camus ?
– Aphrodite plaisantait indirectement sur mes origines non batraciennes, je vous rassure mais bien françaises. Lui répondit-il.
Elle lui lança un regard questionneur.
– Nous mangeons escargots et grenouilles.
Athéna et Aphrodite firent la grimace puis devant le rictus contracté de Camus, ils éclatèrent d'un interminable fou rire qui se fit entendre d'oiseaux qui prirent leur envol, car dérangés par ces intrus trop bruyants.
– Voyons, veuillez cesser de ricaner ! Ce sont des mets gastronomiques tout à fait appétissants !

Revenu au calme, ils aperçurent au bout d'un couloir galbé de plates-bandes aromatiques, un chalet.
Leurs pieds foulèrent le plancher d'un porche au toit duquel fut harponné une chaîne au bout de laquelle un fauteuil marron tressé s'y balançait.
– Votre Majesté, fit Aphrodite, mon humble atelier est à votre disposition. Il s'inclina et enchaîna avec un : sois de nouveau le bienvenu chez moi, Camus.
Il le remercièrent et entrèrent à l'intérieur.

La cabane fut essentiellement bâtie de bois madrier, en double rainure et languette, conservant ainsi une parfaite étanchéité et sans plâtre, restant au naturel comme son propriétaire le souhaitait. L'odeur de la cire voguait encore dans l'air car ce jour n'était pas comme les autres, le chevalier des Poissons recevait du beau monde et lequel, en la Déesse même ! Ce fut la toute première visite « divine » pour la roseraie. Il prit donc la peine quelques heures auparavant, de faire briller son pavillon.

Y passant leurs têtes, les invités découvrirent du côté droit, une cuisine carrée plutôt étroite et équipée d'éléments fabriqués eux en sapin massif huilé sauf l'évier qui semblait être en faïence, assez profond et à côté duquel, un petit réchaud bleu et blanc donnait une allure campisme à la pièce. Au dessus du plan de travail, il y avait quatre armoires à double portes et sous la surface plane à usage de ce qui s'avérait être culinaire par l'exposition de quelques articles de vaisselle, il y avait cinq tiroirs et sous ces derniers, des tabourets comblaient l'espace dépourvu de meubles.

Face à eux, un tout petit salon habillait le centre de la cabane. Un canapé à trois places sur lequel un tissus coulis de framboises fleuri de boutons d'or et d'oiseaux du paradis brodés etplumé de feuillages verts et orange vaguementbleuté, s'accoudait au pan du mur lecture. Une simple table basse l'accompagnait ainsi qu'un fauteuil bergère en lin violacé dont la structure en bois fut vraisemblablement rabotée.

A leur gauche, l'atelier proprement dit leur apparaissait. Il était plus aéré, plus lumineux, doté d'une fenêtre à trois battants côté nord et côté sud, une serre le bonifiait. La structure était clairement ferreuse de l'ère victorienne et non métallique de ces dernières décennies. Au cœur de cette petite fabrique de roses, une longue table rectangulaire envahissait de ses largueurs la plus grande partie de la pièce et fut mariée à différents styles de buffets, comme celui d'un garde-manger aux portes grillagées renfermant de ce qui était visible à l'œil nu, plusieurs flacons aux liquides colorés. Il fut associé à un autre teinté de gris sur lequel Aphrodite peignait des aromates où il conservait dans des sachets papiers les graines de diverses plantes. Quant à celles de ses rosiers, elles étaient répertoriées dans un comptoir à multiples rangements.

Aphrodite leva ensuite le voile sur les objets éparpillés sur la table.
– Si vous le permettez votre Majesté et toi Camus, je vais vous montrer comment je joue à l'apprenti sorcier en créant une nouvelle variété de rose. Avant tout, je protège mes vêtements à l'aide d'un tablier et mes mains d'une paire de gants.
Tous debout autour de la table, fin prêt, il leur expliqua.
– Devant nous se trouve un pot dans lequel un pied sain d'une rose mère a été planté ainsi qu'une boîte en plastique dans laquelle se trouve les étamines de la rose père que j'ai récolté avant qu'ils n'arrivent à maturité. Ces derniers nous donnerons par exemple la forme de la nouvelle fleur que j'espère dentelée. Avecdes brucelles, je prélève ce pollen et le dépose sur les stigmates, le cœur de la rose mère qui nous donnera de robustes graines. Je vais replacer cette rose « fécondée » sur un tréteau « maternité » de ma serre... A tout de suite.
Il partit et revint quelques minutes plus tard avec un plante quasiment dénudée.
– Avant notre départ, j'avais déjà performé cette même opération d'accouplement sur différents rosiers. Sur celui que je tiens en main, il ne reste plus que ce qui peut vous paraître être des baies, toutefois elles n'en sont pas, ce sont des cynorhodons. J'en coupe une en deux et à l'intérieur de ce berceau, nous découvrons ma future œuvre en ces semences.
Il leur montra.
– Je les extrais délicatement à l'aide de la pointe d'un couteau en faisant attention à ne pas les scarifier, dès qu'ils sont sur la lame de mon ustensile, je les place dans un ramequin pour ne pas les perdre. Je vais maintenant préparer un autre pot qui doit être facile à drainer et au fond duquel je place à mon habitude, des petits graviers pour aider cet important drainage. Le mélange de terre est deux doigts de terreau composté par nos soins, pour un de sable que nous récoltons près de la rivière du Sanctuaire avec mes aides.
Il posa quelques graines sur la mixture biologique.
– Les voilà couchées. Si vous pouviez me suivre à nouveau dans la serre…
Ils le suivirent.

Aphrodite ouvrit grand les bras devant une énorme jardinière surélevée dont la surface cultivable était à portée de main.
– C'est ici que nous sommes à l'orée de nouvelles variétés ! Cette création inédite restera au chaud pour être choyée en espérant y voir germer et puis pousser une rose que j'ai décidé d'appeler Helena en souvenir de l'amour d'un ami.
Sans en dire plus sur l'Asgardienne, il se pencha sur cette étrange plantation de « grès » d'où sortirent de leurs métissages d'engrais, des tiges dont certaines arboraient déjà des feuilles et d'autres pas. Aphrodite lançait des regards rapides à droite et puis à gauche.
– Ah, la voici !
Il leur présenta fièrement une autre aux pétales d'un blanc éclatant voguant sur un dégradé mauve s'écoulant vers un cœur jauni.
– Déesse Athéna, me feriez-vous l'immense honneur d'accorder à cette fleur votre nom ? Je l'ai crée en pensant à vous. Le jaune représente l'or de vos bijoux, le blanc celui de votre robe et le mauve, votre couleur préférée, si je ne m'abuse ?
– C'est vrai, je l'aime beaucoup tout comme le violet par ailleurs. Je t'accorde de la baptiser non pas de mon titre parce que tout le monde connaît Athéna et personne ne la connaît réellement. La trahison connue m'ont fait quitté notre domaine. Aphrodite s'empourpra de honte. J'ai vécu comme une humaine que je me sens être. Je suis une adolescente dont le prénom est Saori.
– Me permettriez-vous de la nommer Saori ?
– Avec plaisir Aphrodite.
Heureux, il se mit à rêvasser.
– Je vais la multiplier pour aménager un massif proche de vos appartements.
– Je t'en remercie.

Il s'inclina et puis pivota sur lui-même pour en choisir une seconde.
– Celle-ci est une « fleur de soufre »* que j'ai crée pour Camus. Elle s'appelle Natalia.
Les pétales du centre de la corolle étaient toujours serrés les un sur les autres, formant un bouton encerclé de quatre faiblement entrebâillés sur six autres totalement épanouies. Le chevalier des Verseau la contemplait rêveur et Athéna l'observait pensive.
– Natalia, c'était ton amoureuse… n'est-ce pas Camus ?
Il ne répondit pas mais hocha la tête.
– Son prénom apparaît dans les archives privées des chevaliers d'Or sous le nom de famille d'Aleksandrova comme étant la demi-sœur de Hyôga du Cygne et la mère d'une petite fille que vous aviez décidé d'appeler Léda puisque tu étais Camus, le compagnon intime de cette jeune fille et le père de l'enfant.
Tête baissée, il souffla.
– C'est exact votre Majesté mais n'étant plus, je préférais ne pas m'attarder à leur souvenir en ces lieux.
– Regarde-moi, Camus.
Il se redressa et la fixa, elle lui prit les mains.
– Je comprends parfaitement ta détresse.
Il rougit, elle le lâcha. Il fut un moment inquiet, n'ayant nullement l'envie de s'éterniser sur des éclaircissements de ce qu'était sa vie privée avec Natalia devant Aphrodite et les jeunes années d'une Déesse, tous deux à l'écoute. Elle brisa le silence :
– Il n'y a pas de quoi rougir. Homme et femme sont des créatures faibles, ne maîtrisant que rarement leur instinct et notre Sanctuaire n'est pas une prison.

Il dut admettre que pour une jeunette inexpérimentée dans l'art des sentiments, elle s'exprimait nettement mieux que certaines personnes de son âge. Ou bien, divinité âgée d'un temps mythologique et pourvue d'un cœur battant au même rythme que celui de ses sujets, les rumeurs circulant sur son attachement particulier au jeune Pégase se révéleraient somme toute vraies ?

Elle le rappela sur terre.
– Comment pourrait-on combattre le mal pour et au nom de l'humanité si nous ne la comprenons pas ? Et j'estime que seuls ceux qui la vivent, la comprennent. Si nos chevaliers n'étaient purement que des boucliers à la protection de leurs semblables pourquoi m'attarder à la chair ? Pourquoi ne pas choisir la machine, qui ne soufrerait pas et gagnerait batailles sans aucun doute ?

Elle fit quelques pas, jetant furtivement un œil sur les cultures en continuant de leur parler :
– Simplement parce qu'elle n'aurait aucune conscience. Elle côtoierait les hommes sans rien en connaître, les tuerait certes aisément en leur donnant une fin mais laquelle ? Atroce comme s'ils n'eurent jamais existés, sans se préoccuper de qui ils furent, des mères, des femmes, des enfants, des familles, tous laissés à l'abandon dans la souffrance. Elle ferait couler le sang sans aucune morale, sans dignité, ressemblant cruellement à ceux qu'elle aurait été bêtement programmée à éliminer. Je sais parfaitement quel serait votre discours : « Atroce ? Toute mort est atroce en temps de guerre et la guerre c'est la guerre, Déesse Athéna. » mais, ce mot « bêtement », je ne le veux en aucun cas, attaché à notre cause.

Elle s'était légèrement énervée en prononçant ces derniers mots et se calma en se dirigeant vers un carillon accroché au plafond avec lequel elle se mit à jouer.
– Lorsque vous regardez sous les jupes des filles et d'inspiration leur faites un enfant, ce dernier doit être immédiatement mentionné en votre nom au Grand Pope avec ceux de votre progéniture et ceux de sa mère. Cette descendance est spéciale, appartenant également à notre ordre.
– Une descendance Spéciale ? Répéta Camus.
– Apparemment. Mû croit que vous pourriez tous être les potentiels pères d'enfants surdoués. Le problème, c'est que nous ne savons pas quelle serait l'aptitude qu'ils pourraient développer dès un jeune âge. Nous ne savons pas quelle serait la compétence que leurs gênes auraient ponctionnés à ceux de leurs géniteurs. Le résultat serait une habileté que leurs corps en construction dans celui de leurs mères fortifieraient…
– Surhumain… Surdoué, dites vous ? L'interrompit Aphrodite.
– Pourquoi pas ? Fit Camus. Je rejoins totalement notre frère d'arme dans son étude. Nous avons reçu un entrainement quasi inhumain pour l'âge… inhumain ou surhumain et forcément et à l'exception de quelques personnes comme Kanon, ont survécus ceux et celles qui actuellement portent armure au combat.
– Si je te comprends bien, Camus, je pourrais concevoir avec une fille le prochain Superman ou la prochaine Wonder Woman, c'est ça ?
Athéna et le chevalier du Verseau le regardèrent déconcertés.
– Aphrodite ! S'exclama la Déesse. J'adhère totalement aux théories de Mû et notamment celle sur votre postérité sanguine.
– Et puis, surhumain ne veut pas dire extra-terrestre, n'est-ce pas. Lui répondit Camus. Le cosmos que nous générons est imprimé en nous génétiquement. Et que se passe t-il biologiquement lorsque nous traversons une aura cosmique ? Tout ça m'intéresse, il me faudra absolument parler à Mû.

Athéna s'était éclipsée pour se retrouver près du sofa, d'où elle leur posa une question qu'ils n'entendirent pas, cependant la rejoignirent.
– Puis-je vous offrir un rafraîchissement ?
– Je ne dis pas non et moi, pourrais-je t'être d'aucune assistance ?

Reconnaissant, le chevalier des Poissons lui fit un signe de la tête en l'invitant à la tâche. Encadrée d'un mobilier tantôt bas, tantôt suspendu, sur une planche elle tranchait des rondelles de citrons tandis qu'Aphrodite préparait des sandwiches de pain complet. Les croûtes furent éliminées d'un trait et il beurra des tranches de mie sur lesquelles il étala une mince épaisseur de saumon fumé qu'il orna de quelques gouttelettes de confiture de concombre qu'elle coupa aussitôt en triangles.
Après le découpage de cette collation boulangère, aux anges d'être enfin considérée « normale », elle se mit à garnir artistiquement les trois étages d'un serveur déjà paré de tartelettes aux fromages que le chevalier des Poissons cuisina au petit matin.
– Qu'est-ce Aphrodite ?
– Ce sont des tuiles en forme d'une rose appelée la Nymphe. Vivante, elle est rose clair et assez « froufrou ».
– « Froufrou » ?
– Oui, dans l'habillement ce terme décrit un ornement à volants et ou à dentelles. Chez la Nymphe, les pétales forment une écharpe à volants.

– Sont-elles mangeables, ces tuiles « froufrou » ?
Il sourit.
– Ah nous y voilà, la gourmandise féminine ! Certes, celles-ci sans aucun doute le sont puisqu'elles se composent uniquement de Parmesan. J'ai avant tout dessiné plusieurs patrons de cette fleur puis râpé le fromage en fines lamelles et ensuite, j'ai camouflé certains traits crayonnés avec le râpage. Après cela, ces modèles furent enfournés pour quelques minutes et honnêtement, je ne pourrais vous dire exactement le temps à la seconde près. De toute façon, autant rester proche du four parce que leur cuisson est fulgurante. Sortis, ils refroidirent pendant quelques instants et aussitôt qu'ils le furent, à l'aide d'une spatule, je les ai décollés en douceur de leurs feuilles et voilà ! Fit-il en les lui présentant.
– Puis-je en sacrifier un sur le champ ?
– Bien sûr.
Elle mordit sur l'une de ces broderies. Le chevalier des Poissons patientait.
– Votre verdict ?
– Croustillant à souhait. Un régal !
– Je suis comblé, merci. Pour tout vous dire, j'ai emprunté le livre des recettes de la nona à Deathmask. Mais surtout n'en dites rien, j'en prendrais encore pour mon grade !

Le Verseau était occupé à la composition de rubans, faits de délicatesses et ne conversait pas.
– Et toi Camus, qu'as-tu préparé ?
– J'ai pensé au péché mignon que sont les sucreries pour les demoiselles et j'ai confectionné des macarons au beurre salé, à la violette et à la rose. En les alternant, je crée une guirlande pigmentée de différents goûts que j'embellis actuellement d'une pensée comestible. Regardez comme elles se pavanent sur chacune de leurs coques.
En ce bas monde, sa vie ordinaire sembla illuminer son visage en enveloppant d'un regard gourmand les gâteaux du Verseau. Elle l'applaudissait et les deux garçons se réjouissaient de leur succès.
– Nous avons une autre surprise pour vous, Majesté.
– Une autre ? Vous me gâtez bien de trop.
– C'est exceptionnel de vous recevoir sur le domaine « Rosaceae »… Nous allons goûter sur l'herbe, juste pour vous.
– Sur l'herbe ? Quelle charmante attention !

Entre l'atelier et le coin canapé, il y avait une porte qu'Aphrodite ouvrit, laissant les rayons du soleil les accueillir à l'extérieur. D'un coup Athéna se transforma en Saori, poussa un cri d'exclamation.
– Que c'est beau ! Je peux marcher nu-pieds ?
Au milieu des parterres de roses grimpantes en spirales à l'anglaise, les deux chevaliers avaient construit une tente bohème. Une corde fut tirée entre deux troncs d'aubépines sur laquelle pendaient comme s'ils séchaient, des capes, des tuniques, des foulards et des draps tout nuancés, soit dans des tons blancs cassé soit pourpres. Les tissus furent étirés vers le sol grâce aux ficelles qui faufilaient dans leurs bords cousus. Ils purent ainsi les enrouler à des crochets piqués dans l'herbe. Par la suite, ils camouflèrent la pelouse d'un tapis et des coussins dispersés et parés d'étoffes du Maghreb les attendirent.

En pleine forme et sans chaussures, Saori dans la simplicité d'un très beau chiton d'un blanc crémeux discrètement transparent et plissé dans un style hellénique, s'amusait à déjouer la friponnerie du vent qui essaya de s'y prendre dedans en frôlant les graminées qui lui chatouillaient les doigts de pieds.
Elle se plia et sur ses genoux, rampa sous cet ouvrage patchwork les protégeant de la castagne du soleil où ils prirent place sur des sièges d'un idéal libre avec leurs plateaux garnis de quatre-heures qui masquèrent des souches sciées, polies et nettoyées d'arbres. Aphrodite choisit une porcelaine d'un fond ciel, peint de figures de paons pour cette visite.
– Prendrez-vous une tasse de thé votre Majesté ?
– Volontiers.
– Un nuage de lait ?
– Sans façon mais, le citron par contre, me plaît.
Il le lui servit et avec une pince en argent, il leur proposa de déguster leur collation.

Pendant qu'il comblait leurs assiettes vides de confort, elle lui posa à nouveau la question qu'il n'eut discerné auparavant :
– Aphrodite, qui sont les deux personnages peint en portrait et cloués près de l'étagère à livres ?
– Ce sont Albafica, chevalier des Poissons du dix-huitième siècle et Agasha, l'une de ces connaissances. Ils sont tous deux une passion pour moi.
– Etaient-ils amoureux ?
– Disons que la guerre sainte est arrivée… Albafica, d'après ce qu'écrit Shion dans ses mémoires, ne se laissa jamais aimer par qui que ce soit de peur d'être touché et de blesser ainsi quelqu'un car son sang devint progressivement toxique lors de rituels qui lui était lié. Une cérémonie de sang s'imprégnant graduellement du poison. Mais ce que je peux vous dire, c'est qu'il vécut et il aima, de cela j'en suis certain. Il aima notre village qui jadis fut bien plus peuplé qu'il ne l'est aujourd'hui.
Le chevalier du Verseau fut à l'ouvrage en proposant un deuxième service.
– Merci Camus, ces tartelettes sont incroyablement onctueuses, Aphrodite. Fit-elle
– C'est grâce à leur béchamel.
– Et donc, nous étions à Agasha. Lui fit-elle remarquer dans un engouement pour son récit sentimental.
– En effet, il l'affectionnait particulièrement elle qui l'admirait. Il est à croire qu'elle le portait alors déjà dans son cœur. Oui, je pense, amoureuse.
Il finissait une bouchée et revint à son histoire.
– Le temps gomme la différence d'âge entre amants puisqu'il y en avait bien une mais tristement, il n'en eut l'occasion, car bientôt les combats ragèrent et il tomba le premier. Sinistrement devant elle qui fut présente lorsque la mort l'emporta.
– C'est tragique. Dit-elle le regard noyé dans son thé.
– Le romantisme a quelque chose de triste en soi. L'amour que racontent les poètes n'existe que chez eux. L'amour est un sentiment au dentier tranchant, il déchire.
– Ils sont enterrés ici, n'est-ce pas ?
– C'est bien cela Camus. Mort, ce fut Shion qui enterra Albafica. Dans les carnets testamentaires se trouvant dans les archives du Sanctuaire on peut lire la dernière volonté de mon prédécesseur. Obsédé par ce poison qu'il transportait en lui, il implora la hiérarchie de lui offrir comme dernière demeure cette roseraie. Ce fut fait. Toujours d'après Shion, il fut préparé par notre instance religieuse toutefois, n'eut pas de cérémonie car la situation du Canvas fut telle qu'il n'y avait pas de temps à perdre dans l'amertume de la perte humaine, fusse-t-elle l'une des nôtres.
Il but une gorgée.
– Malgré cela, Shion et Agasha furent eux bien présents à ses obsèques. Le Bélier nota qu'elle déposa sur son torse une rose et un baiser sur ses lèvres, ce fut la dernière fois que ses yeux se posèrent sur lui.
Athéna sirotait son thé en l'écoutant attentivement.
– Les conflits s'estompèrent et l'eau continua à couler sous les ponts. Quant à Agasha, le choix de quitter ou de rester sur le sol sacré lui fut proposé. Sans grande surprise, elle demeura parmi les fidèles de votre Majesté. Elle aurait pu devenir une biologiste hors pair mais préféra étudier et travailler ici. Les fioles multicolores que vous avez aperçues sont de ses épreuves. Si aujourd'hui je peux vous toucher sans vous contaminer, c'est un peu grâce à elle. Elle développa des poisons et des anti-poisons dont les propriétés sont toujours mis en analyse par la section pharmaceutique du Graad. Cette jeune fille était tout bonnement incroyable et tout ça en souvenir de cet amour qui au final, n'en fut jamais un, de souvenir car il fut bien vivant en elle tout au long de sa vie et je me risquerais à dire, pour l'éternité.
La gorge sèche, il prit un verre d'eau, y pressa l'une de ces rondelles de citrons, l'agrume tomba, il le mélangea au liquide et le but.
– Au fil du temps, Shion et Agasha devinrent amis proches. Il assigna un artiste pour les représenter sur deux panneaux en bois, peints à l'huile qu'il lui dévoila lors de l'un de ses anniversaires. Elle en fit donation à la roseraie, c'est pour cela qu'ils sont temporairement en ma possession.
Tout la désolation que la défunte ressentit en perdant son chevalier l'envahit soudainement :
– Désespoir… chuchota-t-elle.
– Ou espoir pour d'autres.
Elle releva la tête qu'Aphrodite ne quitta pas de toute la conversation, se rendant compte que les pensées de la jeune divinité s'envolaient vers l'Empire du Soleil Levant où se remettait de ses blessures le célébrissime Seiya.
– Certains pensent retrouver ceux qu'ils aiment au jardin d'Eden. Personnellement, je ne sais quoi en penser, mais Agasha y croyait si bien que la promesse de l'enterrer auprès d'Albafica lui fut assuré par Shion qui un jour fut appelé en catastrophe parce qu'à force de manipuler des poisons, elle le paya de sa vie.
– Puis-je vous tenter avec l'une de mes mignardises ?
– Avec joie, Camus.
Ils croquèrent les coques moelleuses des macarons et se délectaient de la garniture pommade parfumée qui les dressaient et n'oublièrent pas les pensées.
– Qu'en dites-vous ? Leur demanda Camus.
– Un peu poivré mais très doux au palais. C'est une excellente trouvaille, je t'en remercie.

Au loin, le sifflement d'une bouilloire les avertit d'un remous prêt à être submergé d'autres infusions. Le Verseau se leva en s'excusant et partit vers la cuisine de la cabane.
– Avant de partir, pourrions-nous visiter leur tombe ?
– Si vous le désirez. J'écris un roman les concernant « Le chevalier et la jeune fille aux fleurs. ». J'aime imaginer Albafica l'attendant dans la mort. Sa cape claque au vent venant, il est au-dessus des escaliers de la roseraie, il observe l'horizon. Le trépas dans ses oripeaux du mal, lui souffle l'arrivée de sa bien-aimée et lorsqu'il l'aperçoit, il lui tend le bras qu'il n'osa lui tendre de sa vie. Enfin sous sa protection, il l'attire à lui pour qu'ils puissent sans attendre s'affoler de leurs lèvres.
– Oh très romanesque, je serais heureuse de le lire.
– Je n'en suis qu'aux premières pages mais si vous le souhaitez, je peux lorsque qu'il plaira à votre Majesté, venir lui en conter le développement.
Camus fut de retour avec une théière chaude.
– Une autre tasse ?
– Oui, merci.
-Saviez-vous que Camus s'intéresse lui à une autre légende ?
– Laquelle ?
– La mienne se porte sur la relation sentimentale entre Degel, chevalier du Verseau de l'ère d'Albafica et de Dame Séraphina. Il perdit la vie à ses côtés. Toutes les années que j'ai passé disons partiellement en Sibérie, ne m'ont rien appris de plus que les documents servant de sources historiques à notre chevalerie. J'aimerais retrouver leurs traces.
Il grignota une petite pâtisserie.
– Mon rêve aurait été de leur dédier une sépulture ou tout au plus, une statue. J'ai dévoré tous les bouquins du Blue-Graad, leur chevalerie fut aussi courageuse que l'est la nôtre. Je suis tombé sur le compte-rendu rédigé par Unity, le frère de Séraphina qui nous rapporte bien leur mort. Elle l'était déjà mais il resta à ses côtés jusqu'à la fin.
– Parfois sous un clair de lune Camus et moi, racontons aux muses de la colline ces légendaires amours aux intentions pures. Elles en sont friandes.
– Je parie... Fit-elle au sourire espiègle.
– Personnellement, j'ai un faible pour le « Fin'amor ». Lui avoua Camus.
– Est-ce l'une de vos histoires ?
– Pas du tout. C'est l'amour courtois. Un lyrisme, une passion poétiquement racontée par des troubadours, parfois accompagnés de ménestrels. Il peut être considéré comme étant un code entre hommes et femmes de qualité dans lequel la femme est la conquête aussi bien spirituelle que charnelle. Si vous le souhaitez, je peux vous faire transmettre des écrits sur Aliénor d'Aquitaine et sa cour.
– J'en serais enchantée.

Le temps passa et sortant de leur tente d'artiste, leurs paupières tremblotaient en retrouvant la lumière. Il faisait bon et déjà des insectes planaient autour d'eux. Ils inspectèrent l'une des prairies florissantes de rosiers, Aphrodite tailla cinquante roses rouges et de retour au chalet, Saori en fit deux bouquets qu'elle noua à l'aide d'un même ruban.
– Prête, votre Majesté ?
– Oui.

Derrière une haie ondulée se trouvaient les statues d'un homme mystérieux assis sur un rocher sculpté encerclant de ses muscles une dame qu'il embrassait.
– Nous avons essayé de les représenter tant bien que mal. Je les trouve plutôt réussis.
Elle les contempla, contournant les traits de leurs visages de ses doigts.
– Qu'ils sont agréables à regarder et si doux au toucher.
Ils s'aimaient à l'aube d'un tunnel de charmes dont les racines s'étaient entremêlées à des rosiers pastel. Réfugiés sous cette ravissante galerie, les deux chevaliers et leur Déesse tâchaient de leurs ombres l'herbe en marchant et dès qu'ils furent hors de cette cavité, des halos scintillants flottaient dans l'air au-dessus de deux tombes émergeant côte à côte de la terre parmi une sélection de buissons aux essences intenses, atteignant un peu plus d'un mètre sur lesquelles des fleurs bicolores étaient réunies en grappes.
– Les voici, Déesse.
Elle s'agenouilla devant cet étrange mausolée et déposa près de chacune des stèles ses compositions florales qui restèrent attachés l'une à l'autre par la soie pendant librement entre les deux pierres tombales.
– Nous te remercions Albafica, d'avoir protégé valeureusement notre village et notre civilisation. Nous ne t'oublions pas Agasha et te remercions également pour ton amour donné aux nôtres, plus particulièrement au chevalier des Poissons et espérons qu'ensemble dans l'au-delà, vous ayez trouvé la sérénité qui ne vous fut pas accordée ici-bas.

Elle rassembla les jupons de sa robe et se mit debout. Ils restèrent un instant silencieux. Les paroles revinrent peu à peu.
– Merci Athéna. Fit Aphrodite. J'aurais tellement aimé en faire autant pour Helena.
– Helena ?
– Le chevalier du Cancer en tomba amoureux à Asgard. Malheureusement pour elle, elle n'a pas survécu à la guerre.
Saori resta immobile.
– Asgard fut précipité dans un univers ténébreux que vous avez combattu. Rappelez-vous de l'ondée de pétales de mon sang déversée sur vous… Eh bien, elle à réveillé les civils victimes partis trop tôt lors de ce conflit. Ces âmes pures ont retrouvé la vie… Asgard ayant souffert par deux fois des affrontements associés à notre ordre… J'ai cru… C'est une faveur à Hilda.
Il l'avait à peine écoutée, le mot « vivant » fut ce qui l'intéressa.
– Tous vivants, dites-vous ?
Elle hocha la tête.
– Me permettez-vous d'en toucher un mot à Deathmask ? Le connaissant, il voudra en avoir le cœur net.
Elle hocha encore la tête.
– Soit, à ta guise Aphrodite, qu'il prenne ses responsabilités. Elles seront pour lui une leçon.

Elle leur fit une révérence.
– Je vous remercie pour cette après-midi enchanteresse. Croyez-moi, je me souviendrais longtemps de cette éphémère fugue avec une profonde amitié.
Ils furent surpris même de son caractère, souvent décrit en petite fille riche. Ils la trouvèrent élégante, instruite et polie, ayant le sens du devoir mais aussi un brin d'humour, non négligeable en ces temps maudits.

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Quelques heures plus tard, elle se relaxait dans son bain, rêvant à Albafica et Agasha, Degel et Séraphina et à l'important Seiya. Camus lui, épluchait centimètre par centimètre les contours de son temple, choisissant où il pourrait bien planter sa rose, tandis qu'Aphrodite cherchait son ami.
Il le rencontra sur le chemin du gymnase. Essoufflé, le Cancer ironisait sur la chevelure en désordre du Poissons.
– Tu as couru ? Serais-tu en retard chez le coiffeur ?
– Cesse et sache que je n'ai que faire de tes moqueries. J'ai une nouvelle pour toi. Elle est vivante.
– Qui ?
– Helena.
Deathmask fronça les sourcils en regardant Aphrodite au travers de ses cils.

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*Fleur de soufre, est l'une des déclinaisons de la couleur jaune. Elle est très douce.