Auteur : Kristen Hudson

Titre original : Slave Child

Traductrice : Dyneen

Disclamer : Les personnages de Harry Potter appartiennent à J.K. Rowling. Les autres intervenants de l'histoire sont à Kristen Hudson.

Genre : Relation père/enfant SR/HP

Rating : T


L'Enfant esclave

Chapitre 9


Poppy le regarda fixement, stupéfaite de sa réaction. « Severus ? Que se passe-t-il ? »

Severus secoua lentement sa tête une nouvelle fois, comme si cette simple action pouvait changer les choses. Mais c'était réel. Il savait au fond de lui que c'était vrai. Au tréfonds de son esprit, il pouvait vaguement se rappeler la confusion de Potter face à sa fureur et la façon dont il avait nié la chose quand Severus l'avait accusé d'avoir lu son journal. Mais Severus avait été trop fâché pour noter cela ou même l'écouter.

Si seulement il l'avait fait.

La culpabilité et les remords lui obstruaient la gorge et l'empêchaient de parler normalement, mais il parvint finalement à dire d'une voix rauque. « J'ai pensé qu'il avait lu mon journal pendant mon absence. C'est la raison pour laquelle il nettoyait mon laboratoire. »

« C'est la raison de tout ceci ? » haleta Poppy, semblant horrifiée. « Mais Harry ne vous a pas dit ce qui s'était passé ? »

« Je… ne lui ai pas donné une chance de s'expliquer, » admit Severus, sa voix à peine plus forte qu'un chuchotement à présent. Il avait du mal à regarder Poppy dans les yeux. « J'étais trop furieux. »

Les lèvres de Poppy se pincèrent, ce qu'elle faisait quand elle était très bouleversée, mais tout ce qu'elle dit fut, « Je suis beaucoup trop fatiguée pour discuter rationnellement de ceci pour le moment. Mais Severus, vous allez devoir vous mettre à genoux et prier pour que le garçon vous pardonne. »

Elle sortit de son bureau, le laissant seul avec sa culpabilité.

Après quelques minutes, Severus la suivit de nouveau dans l'infirmerie. Poppy se tenait près de la cheminée, parlant tranquillement avec un petit elfe de maison qui portait l'assortiment le plus étrange de vêtement que Severus n'avait jamais vu. L'elfe inclina vivement la tête, en sautant presque sur place d'excitation, avant de se dépêcher de s'asseoir sur un lit, près des formes endormies d'Albus et de Potter.

Avant de partir, Poppy se rapprocha de nouveau des lits pour vérifier ses patients une fois de plus, faisant d'abord une pause au chevet d'Albus avant de se déplacer vers Potter. Elle passa sa baguette magique au-dessus de lui, puis caressa doucement de ses doigts les cheveux noirs et posa sa main sur son front pendant quelques secondes avant de se diriger vers un autre lit et de s'y allonger, s'endormant pratiquement au moment même où sa tête toucha l'oreiller.

Severus jeta avec convoitise un coup d'œil sur un autre lit vide, mais au lieu d'y aller, il se rapprocha du garçon. Potter était encore pâle et il y avait des cernes foncés sous ses yeux fermés. Severus déglutit difficilement et se demanda ce qu'il allait bien pouvoir faire quand le garçon reprendrait connaissance.

Il devrait s'excuser, naturellement. Il redoutait cela… Faire des excuses n'était pas quelque chose qu'il faisait facilement, mais il le devait. Cela ne changerait rien. Potter le détesterait… plus que jamais. Mais malgré ça, Severus savait qu'il devrait s'excuser. En fait, il devrait même faire plus. Poppy avait raison. Il devrait se mettre à genoux et prier Potter de lui pardonner. Il avait mal jugé l'enfant. C'était son erreur, mais Potter était le seul qui en souffrait.

Alors qu'il se rappelait comment Potter avait bravement supporté la terrible douleur pendant des heures, Severus ressentit l'inexplicable besoin de caresser les cheveux de l'enfant, comme Poppy l'avait fait et de lui assurer que tout irait bien.

Puis il se renfrogna. Que lui arrivait-il ? Potter était toujours un sale petit gosse arrogant. N'est-ce pas ? Pour la première fois, un léger doute se glissa dans l'esprit de Severus. Il essaya de le repousser au loin. Bien sûr que Potter était gâté et vaniteux. Severus avait observé le garçon pendant des années. Il savait que Potter était insupportable. Les actions de Severus au cours des cinq dernières années avaient été basées sur ce fait incontestable. Il ne pouvait pas commencer à douter de lui maintenant.

Mais…

Il avait méjugé le garçon au sujet du journal. Il ne pouvait nier cela. Il avait également eu tort au sujet des parents Moldus de Potter et sur la façon dont ils le traitaient. Était-ce possible, juste possible, qu'il ait pu se tromper sur d'autres choses concernant le garçon ?

Severus jeta un coup d'œil à Albus, qui était toujours paisiblement allongé sur son lit, en ignorant que le monde de Severus basculait de son axe. Son mentor avait essayé, maintes et maintes fois, de le convaincre que Harry Potter n'était en rien comme son père James, que le garçon était vraiment gentil et généreux mais également humble et modeste.

Severus pouvait faire abstraction des paroles d'Albus en considérant celles-ci comme un favoritisme flagrant de la part du vieux sorcier pour son toutou Gryffondor et, en fait, il avait fait cela pendant des années, mais Poppy appréciait également Potter et l'avait toujours loyalement défendu contre les accusations de Severus.

Ainsi que Minerva McGonagall et en dépit du fait qu'elle se trouvait à la tête de la Maison Gryffondor, Severus devait admettre qu'elle était toujours scrupuleusement juste envers les étudiants, même avec ses Serpentards. Elle appréciait James Potter et ses copains, mais néanmoins elle n'avait pas fermé les yeux sur leurs fautes et les avait sévèrement punis quand elle avait réalisé qu'ils avaient menacé Severus.

Même Norie et Zan aimaient Potter et ils le connaissaient seulement depuis une semaine, alors qu'ils avaient connu Severus pendant des années. Au début, il en avait été ennuyé, se sentant presque comme si Norie et Zan l'avaient trahi en devenant affectueux avec le garçon, mais maintenant tout cela lui donnait à réfléchir.

Toutes les personnes qu'il aimait et respectait lui avaient dit qu'il se trompait au sujet de Harry Potter. Pourrait-il être possible qu'elles aient eu raison et qu'il ait tort ? Pourrait-il avoir permis à ses propres préjugés de l'aveugler sur la réelle personnalité du garçon ?

« Maître Professeur, monsieur ? Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ? » Une petite voix interrompit ses pensées.

Severus jeta un coup d'œil à l'elfe. Il commença à dire « non », mais finalement quelque chose l'incita à demander, « Tu estimes beaucoup Harry Potter, n'est-ce pas ? »

L'elfe inclina la tête. « Oh, oui, monsieur ! Harry Potter est un très grand sorcier. »

« Pourquoi ? Pourquoi l'estimes-tu ? » Il s'attendait à ce que l'elfe dise des bêtises sur la pseudo-renommée de Potter, sur la façon dont il avait défait le Seigneur des Ténèbres il y a quatorze ans.

Au lieu de cela l'elfe dit, « Harry Potter a toujours été aimable avec Dobby, monsieur. Il a toujours traité Dobby avec respect, même lorsque Dobby était juste un pauvre esclave au service des Malefoys. Harry Potter a toujours écouté Dobby, même s'il n'a pas suivi son conseil. Mais il a toujours écouté et traité Dobby comme son égal. »

« Merci. » Severus soupira et décida qu'il était simplement trop fatigué pour considérer la situation de manière plus approfondie pour le moment. Il était sur le point de s'endormir debout. Il se dirigea vers un lit, mais avant de se coucher, il se tourna de nouveau vers l'elfe.

« Tu surveilles Potter et Albus, n'est-ce pas ? »

« Oui, Maître Professeur et je dois réveiller Madame Pomfresh s'ils ont besoin d'elle. »

« Réveille-moi aussi, » ordonna Severus. Puis il s'effondra pratiquement sur le lit avant de s'endormir.


Madame Pomfresh avait raison.

Il se sentait bien mieux. Sa poitrine était contusionnée et endolorie, mais il n'avait plus mal lorsqu'il respirait. Harry soupira de soulagement et ouvrit ses yeux. Il faisait encore jour. Il lui semblait que le soleil était en train de se coucher quand il avait finalement pu se laisser porter par le sommeil, donc on était probablement le lendemain… à moins qu'il ne soit resté inconscient pendant plusieurs jours, ce qui était absolument possible.

Se déplaçant lentement et avec précaution, au cas où la douleur apparaîtrait de nouveau, Harry se sentit mieux une fois assis. Il était toujours à l'infirmerie de Poudlard. Sa chemise rayée rouge et blanche et son jean avaient disparu, remplacés par un léger pyjama vert. Ses lunettes étaient posées sur une table près de son lit. Harry les posa sur son nez et regarda autour de lui.

Dumbledore se trouvait sur un lit voisin au sien, habillé d'une robe et il dormait visiblement. Sa main droite et son bras étaient solidement bandés, du bout de ses doigts jusqu'au coude.

Harry le regarda fixement pendant un moment, se demandant ce qu'il s'était passé. Il ne pouvait rien imaginer pouvant blesser Dumbledore, mais il semblait que quelque chose l'avait fait. Mais il allait sûrement mieux. Il le devait.

Détournant enfin son regard du directeur, Harry tourna la tête et eut l'impression de geler sur place. Rogue se reposait sur un autre lit voisin. Comme toujours, il portait sa robe noire. Ses yeux étaient fermés et lui-aussi semblait dormir. Mais vous ne pouviez jamais être sûr avec Rogue.

Harry se mordit la lèvre inférieure et expira brutalement devant la soudaine souffrance. Ses poumons lui renvoyèrent un douloureux élancement et Harry ferma les yeux pendant quelques secondes avant de prendre lentement une autre inspiration. Là… c'était mieux. Il devait juste respirer doucement.

Il se lécha la lèvre, se rendant compte qu'elle était gonflée et sensible. Ah, oui, il l'avait mordu pendant des heures hier… ou quelque soit le jour que ça avait été. Il avait à peine noté cette douleur à ce moment-là, ses poumons lui faisant tellement plus mal.

Harry ouvrit de nouveau ses yeux pour dévisager Rogue. Il devrait détester l'homme. Il devrait être terrifié. Il était toujours l'esclave de Rogue et Rogue pouvait lui faire tout ce qu'il voulait. N'est-ce pas ce que l'homme avait dit quand il avait hurlé sur Harry pour avoir regardé dans son journal ? Ne lui avait-il pas dit qu'il pouvait battre Harry ou le priver de nourriture ou faire tout ce qu'il voulait ? Et finalement tout ceci s'était produit.

Harry ressentait du ressentiment et de la crainte, tout au fond de lui, mais la plupart du temps il se sentait juste apathique. Il espérait que ça durerait, parce que se sentir insensible était mieux que la façon dont il se sentait depuis la mort de Sirius.

Sirius.

À la pensée de son parrain, une terrible vague de chagrin balaya son indolence au loin. Harry voulait revenir en arrière. Il ne voulait plus rien sentir de nouveau. Se sentir si peiné. Ca pourrait être sa plus grande force d'après ce que Dumbledore lui avait dit. Mais Dumbledore ne devait pas vivre avec une aussi écrasante douleur que lui.

Oui, l'insensibilité était mieux, beaucoup mieux. C'était presque aussi bien que d'être endormi. Harry souhaitait juste pouvoir dormir pour toujours sans devoir une nouvelle fois devoir faire face à Rogue, ou à Voldemort ou aux Mangemorts. En fait, il souhaitait juste pouvoir mourir. Ce serait encore mieux que de dormir parce qu'ainsi il pourrait de nouveau être avec Sirius. Et avec sa maman et son papa.

Il se demandait comment ce serait… De pouvoir rencontrer ses parents, de pouvoir leur parler et les voir, pas simplement en photo mais en vrai ? Si seulement il pouvait être avec eux et avec Sirius ! Ils l'aimaient. Ils l'aimaient assez pour accepter de mourir pour lui.

Harry voulait tant être avec eux que ses yeux se remplirent de larmes rien que d'y penser. Il voulait pouvoir les serrer contre lui et leur dire qu'il les aimait. Il voulait qu'ils le serrent en retour dans leurs bras en lui disant qu'ils l'aimaient aussi. Il ne serait jamais un regrettable fardeau pour ses parents et Sirius. Ils le voudraient. Ils ne feraient jamais rien pour le blesser. Il serait en sécurité et aimé… si seulement il pouvait être avec eux.

Mais il ne pouvait pas. Il ne pouvait pas mourir maintenant. Selon cette horrible prophétie, Harry était la seule personne qui pouvait défaire Voldemort. Il ne pouvait pas abandonner et laisser la victoire à Voldemort. Qu'arriverait-il à Ron et à Hermione s'il le faisait ? Qu'arriverait-il au reste des Weasleys, à Neville et à Luna et Ginny ? Qu'arriverait-il à tous les courageux membres de l'Ordre qui luttaient si durement contre le mal ? Ou à toutes les personnes innocentes que Voldemort blesserait et tuerait s'il prenait le pouvoir ?

Non, Harry ne pouvait pas mourir maintenant. Il devait battre Voldemort.

Une pensée subite le frappa avec la force d'un éclair. Il ne pouvait pas mourir maintenant… mais après, une fois que Voldemort aura disparu, il le pourrait. Après il pourrait aller rejoindre sa maman et son papa, et Sirius… et il serait libre.

Il rêvait toujours de la merveilleuse possibilité d'être avec sa vraie famille, en étant libre de toute douleur et crainte, en étant libre de Rogue, quand une Madame Pomfresh énergique sortit de son bureau, en lévitant plusieurs fioles de potion derrière elle. Elle vit immédiatement qu'il était réveillé et se rapprocha rapidement de lui.

« Harry, mon chéri, comment te sens-tu ? »

Elle devait s'être vraiment inquiétée. Elle l'appelait habituellement 'Mr. Potter' comme tout le personnel, excepté de temps à autre quand il était vraiment blessé ou qu'elle se sentait très inquiète pour lui.

Harry essaya de lui sourire. « Bien, je pense. » Sa voix était un peu rauque.

« As-tu mal quand tu respires ? » Elle posa les fioles de potion sur la table près du lit et fit un geste de sa baguette magique, vérifiant rapidement son état.

« Pas vraiment. » Devant son regard vif, Harry expliqua, « Je suis un peu endolori, mais ce n'est pas vraiment douloureux. Pas comme avant. »

Madame Pomfresh finit de lancer ses charmes de diagnostic et se détendit. « Tu sembles être en bonne voie de guérison. Ce sont de très bonnes nouvelles. Je pense que tu vas aller beaucoup mieux. »

Bien, c'était une bonne chose. Il devait être en pleine forme pour défaire Voldemort.

« Madame Pomfresh, pouvez-vous me dire quel jour nous sommes ? » demanda Harry.

« C'est hier que tu as été si mal. Tu t'es endormi en soirée et tu as dormi toute la nuit et une partie de la journée d'aujourd'hui. Nous sommes en début d'après-midi. Je ne pensai pas que tu te réveillerais si tôt et j'ai donc fait passé une potion nutritive dans ton organisme il y a peu, juste après mon réveil. » Elle s'assit sur le lit et lui prit la main.

« Harry, Severus m'a expliqué ce qu'il s'était passé et nous nous sommes rendus compte que c'est parce que j'ai bougé son journal qu'il t'ait arrivé tout ceci. Je me sens responsable et je suis vraiment désolée que tu ais été blessé. »

Harry secoua sa tête. « Ce n'était pas de votre faute. »

Ils regardèrent tous deux Rogue, qui dormait toujours sur un lit voisin. Madame Pomfresh parla lentement, en hésitant. « Harry, le comportement de Severus est inexcusable. Je ne te blâmerai pas si tu ne peux réussir à lui pardonner. Mais je sais qu'il n'avait pas l'intention de te faire souffrir ainsi. Il était vraiment secoué, je ne l'avais jamais vu comme ça, surtout quand il s'est rendu compte que tu étais innocent. »

Elle fit une pause, comme si elle attendait la réaction de Harry, mais Harry ne savait pas quoi dire. Peut-être que Rogue ne voulait pas qu'il soit blessé, mais il n'avait donné aucune chance à Harry de s'expliquer. Il n'avait jamais donné à Harry une chance pour quoique ce soit. Jamais.

Harry ne répondit rien et Madame Pomfresh lui tapota la main. « Tu as tout à fait le droit d'être en colère et amer. Severus te doit des excuses. Mais je voulais que tu saches qu'il ne voulait pas que tu sois autant blessé, ou même blessé tout court. » Elle soupira. « Il est temps de boire tes potions, mon chéri. »

Harry prit les potions et quelques minutes après, il dormait de nouveau.


Severus se réveilla à l'heure du dîner. Il était étonné d'avoir dormi aussi longtemps… toute une nuit et toute une journée… mais il avait été complètement épuisé. Poppy admit qu'elle avait aussi fait une sieste, l'après-midi après les soins de Potter. Ils s'assirent dans son bureau, en laissant la porte ouverte pour qu'ils puissent garder un œil sur leurs patients tout en mangeant du hachis parmentier et une salade.

« Il s'est donc réveillé ? » Severus savait que Potter l'avait fait, mais pour une quelconque raison il continuait d'essayer de faire parler Poppy au sujet du garçon, sans paraître trop intéressé à son sujet.

Elle hocha la tête. « Oui, brièvement. Il semblait aller mieux. Il risque d'être sujet aux froids et aux infections respiratoires après ceci, donc il devra faire attention de ne pas prendre froid, particulièrement quand l'hiver arrive. Mais avec un peu d'attention, nous devrions pouvoir l'empêcher de tomber sérieusement malade. Vous devriez garder un stock de Pimentine et de Potion contre la Fièvre à portée de la main, Severus, pour que vous puissiez le soigner dès les premiers signes d'une maladie. »

Il inclina la tête. « Je le ferai. »

Pendant quelques instants, ils restèrent silencieux. Puis Severus demanda, « Comment va Albus ? »

« Assez bien, je pense. Il se réveillera probablement demain. »

Severus baissa la tête. Il voulait qu'Albus se réveille et que tout aille bien, mais il redoutait le moment de lui dire ce qu'il s'était passé avec Potter. Poppy l'avait déjà sévèrement réprimandé et il était incertain de la façon dont Albus réagirait. Severus se demandait ce qui serait le pire, qu'Albus soit fâché (ce qui se produisait seulement qu'en de rares occasions, mais Albus était une image effrayante à voir quand il était vraiment fâché) ou qu'Albus soit déçu. Il pensait qu'il préférerait presque faire face à sa colère plutôt que son vieil ami le regarde fixement avec dans les yeux de lourds er douloureux reproches.

« Quand pensez-vous que Potter va se réveiller de nouveau ? » demanda-t-il après un autre moment de silence.

« J'espère qu'il dormira toute la nuit. Il a besoin du repos. » Poppy soupira, un peu tristement. « Je ne sais pas s'il le fera, cependant. Harry est un dormeur léger. Je pense qu'il a fréquemment des cauchemars assez terribles la nuit. Ron Weasley l'a laissé entendre avant. Il est venu à mon bureau plusieurs fois l'année dernière, pour obtenir de la Potion de Sommeil sans Rêve pour Harry. Il a dit que Harry ne viendrait pas de lui-même, mais qu'il ne dormait que difficilement la nuit depuis le Tournoi des Trois Sorciers. »

« C'est compréhensible, » répondit calmement Severus. Il hésita, puis osa, « Je pensais que Potter arrivait plutôt bien à gérer la pression. »

Poppy considéra cette remarque quelques secondes. « Par certains côtés, oui. Harry est fort et courageux et je pense que ses amis l'aident beaucoup. Mais je pense également qu'il garde beaucoup de choses enfouies au fond de lui. Je m'inquiète pour lui parfois. Il y a une limite à ce qu'une personne peut supporter, Severus et Harry est encore un enfant. Tout ceci est injuste. »

Elle lança à Severus un regard en biais, en se rendant compte que durant toute la soirée il avait trouvé les moyens de maintenir leur conversation centrée sur Harry. Si elle ne le connaissait pas mieux, elle penserait qu'il tentait de mieux connaître le garçon. Etait-ce possible ? Et bien si c'était le cas, elle ferait tout ce qu'elle pourrait pour aider Severus à voir le véritable Harry. Avec un ton délibérément désinvolte, elle commença à partager ses souvenirs de Harry avec lui.

A SUIVRE

Petit mot de la traductrice :

Et voilà le chapitre 9 ! Et un Severus qui tente plus au moins subtilement de glaner des infos sur son jeune invité.

A bientôt

Bye