Chapitre 9

-

Une demi-heure plus tard exactement, Harry arrivait devant la porte de la chambre de Draco, un lourd plateau entre les mains.

Là il hésita.

Devait-il frapper pour s'annoncer ou entrer sans façon ?

Il resta indécis un instant puis se décida, il posa son chargement sur le sol et tapa contre le battant.

« Entres !

Il ouvrit la porte, reprit son plateau et pénétra dans la pièce.

Draco, une plume à la main, était assit à son bureau placé près de la grande porte-fenêtre ouverte et le regarda s'avancer.

« Poses ça là ! fit-il en désignant du menton la table ronde en beau bois verni qui se trouvait au milieu de la pièce.

Elle était sur un grand tapis de prix et deux chaises se faisaient face.

Harry obéit puis ne sachant que faire il resta immobile, attendant que le blond lui donne l'ordre de sortir ou autre.

Ce dernier posa sa plume et se leva d'un mouvement souple.

« Assieds-toi là ! dit-il en s'approchant et en tirant l'une des chaises.

Surprit le brun ne dit rien mais obtempéra.

Draco prit place sur l'autre et commença à se servir sur le plateau, sans lui dire d'en faire autant.

« Racontes ! ordonna-t-il.

« Que je raconte quoi ? s'étonna Harry en levant des sourcils perplexes.

« Tout ! répliqua le blond en découpant avec soin une cuisse de poulet……je veux tout savoir de toi, quand et pourquoi tu as atterrit ici, ce que tu y as fait, tes amours……tout……et c'est un ordre.

Ne pouvant refuser Harry se mit à parler, d'abord avec difficulté et à contrecœur, puis Draco l'écoutant attentivement sans l'interrompre, son débit se fit plus aisé.

« Alors tu es d'origine anglaise ! dit le blond à la fin……ma famille aussi, mon père et ma mère se sont expatriés alors qu'ils étaient jeunes mariés.

« Pourquoi ? demanda le brun.

« Des problèmes avec le roi de l'époque ! répondit négligemment Draco en haussant les épaules……mais dis-moi, à part ce Lester combien d'amant as-tu eu ?

Harry le fusilla d'un regard outré, comment osait-il posé une question pareille?

« Aucun autre, qu'est-ce que tu t'imagines ! s'indigna-t-il en oubliant l'espace d'une seconde à qui il s'adressait……je l'aimais et lui seul comptait, pour qui tu me prends ?

Il se tu brusquement inquiet de son éclat, le blond était son maître qu'il le veuille ou pas, il pouvait le faire fouetter ou tuer s'il le désirait et il n'avait pas le droit de lui parler sur ce ton, en le tutoyant en plus.

Mais bizarrement Draco ne s'en offusqua pas et il sourit.

« Je t'autorise à me tutoyer mais uniquement dans cette chambre ! fit-il tranquillement…… et à condition que nous soyons seuls.

Rassuré mais intrigué le brun resta coi, il se demanda pourquoi il était aussi coulant avec lui.

La réponse lui fut donnée rapidement.

« Déshabilles-toi ! lui dit Draco en rivant son regard au sien.

« Pardon ? s'écria Harry sans comprendre.

« J'ai dit déshabilles-toi ! répéta fermement le blond……et allonges-toi sur le lit.

Le brun qui réalisa subitement ce qu'il attendait de lui, se leva d'un bond, furieux et scandalisé.

« Votre père mettait des jeunes femmes de force dans son lit, vous c'est les hommes ? répliqua-t-il d'un ton glacial.

Le visage de Draco se contracta à ces paroles et lui aussi se leva.

« Ne parles pas de mon père ! gronda-t-il, mâchoires serrées……et je ne comptais pas te prendre de force, je n'ai nul besoin d'agir ainsi pour avoir des amants…..

Il se tu et se détourna pour se diriger vers son bureau.

« Il m'avait semblé que tu ne serais pas contre ! reprit-il plus calmement en s'y asseyant……je me suis trompé c'est tout, cela ne se reproduira plus……je n'ai plus besoin de tes services, tu peux aller te coucher.

Étrangement un sentiment de déception s'empara d'Harry, c'était vrai qu'il n'aurait pas dit non, mais pas comme ça, c'était si froid, si impersonnel, Draco voulait l'utiliser c'est tout et cela lui déplaisait, mais en même temps il aurait voulut qu'il fasse preuve d'un peu plus d'insistance.

Sans rien dire il se rendit dans son cagibi et referma derrière lui en soupirant de contrariété.

Il ne savait plus exactement ce qu'il voulait.

-

Ron qui ne parvenait pas à dormir se leva de son lit sur lequel il s'était allongé tout habillé, et sortit par la porte-fenêtre, il ressentait le besoin impératif de voir Blaise auquel il ne cessait de penser.

Il s'avançait sous les arbres en direction de sa maison quand dans la nuit il heurta presque ce dernier qui arrivait en sens inverse.

Immédiatement Ron l'enlaça et se serra contre lui.

« Tu tombes à pic ! lui chuchota-t-il……j'avais envie de te voir.

« Moi aussi ! répondit Blaise avant qu'ils n'échangent un long baiser très tendre.

« Tout s'est bien passé ? lui demanda celui-ci quand ils se furent écartés.

« Oui, à vrai dire on est même beaucoup mieux qu'avant.

« Je vois ça ! s'amusa Blaise qui s'écarta davantage pour le détailler en entier……tu es superbe.

« Merci ! fit Ron qui revint se blottir dans ses bras……mais j'aurais préféré qu'on réussisse.

Il se tu une seconde et le regarda bien droit dans les yeux.

« Tu as dit que tu voulais une autre vie ! reprit-il……et toi tu peux toujours partir, il te suffit de convaincre ton père ou même de partir sans rien lui dire.

« Oui je pourrais ! approuva Blaise.

Brusquement la peur de le perdre fit que Ron le serra contre lui à l'étouffer, il ne pouvait pas supporter cette idée et il venait de se rendre compte qu'il était amoureux du beau noir, absolument et complètement amoureux.

« Ne pars pas Blaise ! gémit-il…….je t'en pries, je t'aime et je ne pourrais pas vivre sans toi, qu'est-ce que je vais devenir si tu n'es plus là.....ne me quitte pas.

« Enfin ! soupira le noir qui s'écarta et prit son visage entre ses mains……même si mon père me jetait dehors je ne partirais pas d'ici, tu n'as pas comprit que je suis prêt à tout pour rester près de toi ?

« Alors c'était pour ça ? s'exclama Ron qui venait enfin de comprendre et se sentit pousser des ailes.

« Oui c'était pour ça ! confirma Blaise……je l'ai fait parce que je t'aime comme un fou, en réalité mon père n'a rien à voir là-dedans.

Le rouquin lui sourit avec tendresse, les yeux noyés d'étoiles.

« Je n'ai jamais été aussi heureux de ma vie et peu importe l'endroit où nous sommes, du moment que tu y es avec moi ce sera le paradis.

Blaise sourit, lui aussi était heureux, béatement heureux.

« Si on allait chez moi ? proposa-t-il……mes parents ne sont pas encore revenus……pour une fois on aura droit à un lit ! termina-t-il dans un clin d'œil coquin.

Ron le prit par la main et la serra.

« Et moi je te promet que ce ne sera pas pour y dormir.

Blaise éclata de rire et ils partirent en courant vers la maison.

Le rouquin ne regagna sa chambre qu'aux premières lueurs de l'aube, là il s'écroula sur son lit, dormant avant même que sa tête ne touche l'oreiller.

-

Le lendemain matin Harry était en train de préparer les vêtements que de son lit Draco lui avait réclamé, quand un bruit de sabot et de cris se fit entendre.

Curieux le brun sortit par la porte-fenêtre et se pencha sur la rambarde.

Un peu plus loin Draco en faisait autant.

En bas un groupe d'hommes armés et à cheval entouraient une dizaine de fuyards qu'ils avaient attrapés.

Ces hommes enchaînés avaient courut auprès des chevaux depuis Bâton-rouge et ils s'étaient écroulés au sol, complètement épuisés.

Parmi eux Harry reconnut les trois jeunes noirs qui avaient voulut s'en prendre à Draco la nuit de l'évasion et il jeta un coup d'œil vers ce dernier, à son expression rigide et à sa lividité il comprit que lui aussi les avait reconnut.

« C'est le shérif de Bâton-rouge qui vous les envoie ! fit l'un des hommes, tête levée vers Draco.......on les a capturés sur les bords du fleuve.

Le brun se dit que décidément le Mississipi était un endroit maudit pour les fuyards.

« Ces trois-là ! dit le blond en les désignant d'un doigt……ramenez-les lui, je veux qu'il les inculpe de meurtre et de pillage.

« Pourquoi ne pas les punir vous-même ? s'étonna l'homme……vous n'avez qu'à les pendre, de toutes façon c'est ce qui les attend.

« Parce que je ne veux pas que leurs sangs et leurs cadavres souillent ma terre, emmenez-les hors de ma vue immédiatement, je ne veux pas qu'ils restent ici une seconde de plus.

Devant son attitude inflexible et son ton sec l'homme n'insista pas, après tout il s'en moquait, le jugement allait être des plus rapides puisqu'on les savait coupables et ce soir même ils se balanceraient au bout d'une corde.

Il salua le blond puis le groupe repartit en emmenant les trois condamnés à mort.

-

A bientôt!