Elles marchaient sur un sentier, côte à côte. Regina semblait quelque peu morose et Emma, contrariée de voir la brune si peu prompte à l'aider.

- « Tu sais que je ne serais pas venue si j'estimais que ce n'était pas grave, se justifia-t-elle.

- Je suis simplement... contrariée d'avoir dû abandonner mon père et Daniel pour jouer les institutrices. Tu me pardonneras d'être égoïste.

- Ouais... »

Regina leva les yeux au ciel, consternée.

- « Tu vas me dire en quoi ta magie est devenue un problème ou nous devons jouer les petits Poucet encore longtemps ?

- Ma magie se déclenche toute seule.

- Cela a sans doute un lien avec tes émotions. Tu étais en colère ? Triste ?

- Non. Je venais de me réveiller. Le toast a flambé dans ma main.

- Je dois être présente pour t'empêcher de jouer les grille-pains ? Charmant.

- Non, se défendit Emma. Ma main a tremblé, elle a disparu pour réapparaître et j'ai été prise de tremblements. J'ai fait exploser une vitre aussi. »

Regina s'arrêta, fronça les sourcils.

- « Comment ça 'disparu' ?

- Disparu, répéta Emma qui ne trouvait de meilleur mot, comme si on l'avait effacée.

- C'est tout ce qui s'est produit ?, demanda Regina, quelque peu inquiète.

- Je crois que j'ai du mal à me souvenir de trucs quand j'étais petite. Ruth m'a posée des questions et c'était flou... Mais je pense que c'est la fatigue. »

Le fait était que la magie d'Emma était instable. Ses pouvoirs disjonctaient. Ceci ne pouvait pas être dû qu'à un manque de contrôle. Daniel accéléra le pas en les voyant. Toutes deux se retournèrent.

- « Il se passe quelque chose ?, demanda prestement Regina en craignant le pire.

- Non, rien, la rassura Daniel. Henry voulait te voir. Il voulait de l'aide pour un devoir qu'il doit rendre demain.

- Il s'y prend toujours au dernier moment..., soupira sa mère.

- Je suis venu parce que tu as oublié la boite pour te joindre. »

Emma fronça les sourcils, ne comprenant pas de suite de quoi il était question. Regina tapota les poches de son manteau puis réalisa l'objet qui lui manquait.

- « Oui, j'ai oublié mon portable. Je serais à la maison dans une heure au plus tard. Dis-lui qu'il n'avait qu'à s'y prendre avant.

- D'accord. »

Quelqu'un d'autre surgit parmi les arbres. Robin se redressa, surpris de les croiser ici.

- « Robin, qu'est-ce que tu fais ?, demanda Regina.

- Je joue avec mon fils. Il est caché quelque part. »

Daniel releva le nom. Il scruta cet homme, que Regina avait choisi après sa mort. Il était bien bâti, il avait un visage charismatique. Daniel lui trouvait déjà l'aura d'un homme respectable.

- « C'est vous, l'amant de Regina ?, le salua Daniel.

- Oui, enchanté de vous connaître. Vous devez être Daniel ? », lui répondit Robin des Bois en lui serrant la main.

Robin ne put s'empêcher de penser que Daniel faisait tristement honneur à ce que Regina avait pu dire de lui. La bonté se lisait sur son visage. Daniel était moins musculeux qu'il ne l'était. On devinait cependant ses épaules solides, à la hauteur de sa force morale.

Regina commença à tremble de tout son corps. Elle était prise de spasmes incontrôlables. Elle les voyait comme à travers un voile. Les couleurs et les visages étaient déformés.

« Regina ? » demandèrent-ils tous trois en chœur.

Mais elle ne répondit pas. Elle était dans un état second. Leurs voix lui parvenaient à travers un étrange bourdonnement. Tout était ici. Son histoire était à un carrefour. Tout était là, devant ses yeux.

Elle reprit ses esprits. Le bourdonnement s'éloigna, sa vue se fit de nouveau claire. Elle avait l'impression d'avoir émergée d'un long rêve. Ses jambes étaient endormies, comme faite de coton. Elle réalisa alors qu'elle était à genou, à même le sol.

« Tu vas bien ?, s'inquiéta Robin. Attends je vais t'aider à te lever. »

Il voulut la prendre dans ses bras mais elle stoppa son geste. Elle s'appuya néanmoins sur lui pour se hisser sur ses jambes.

- « Je vais venir avec toi.

- Non, tu dois retrouver ton fils. Le pauvre doit s'inquiéter de ne pas te voir arriver..., murmura-t-elle faiblement.

- Oui, mais...

- Tu ne peux pas le laisser comme ça. »

Robin renonça mais insista pour lui rendre visite plus tard dans la journée. Regina acquiesça. Daniel et Emma la raccompagnèrent.

- « Tu étais étrange. Tu es sûre que tu vas bien ?, insista Daniel.

- Oui, j'ai simplement eu un étourdissement. Je dois être fatiguée... sûrement à cause de ma cuite d'hier soir. »

Elle un coup d'œil à Emma qui était rongée par l'inquiétude. Cette dernière n'eut pas la force de feindre l'amusement. Les questions se bousculaient dans sa tête. Emma Swan sentait que ceci était bien plus qu'un banal évanouissement. Sa magie instable en était-elle la cause ? Ceci avait-il un lien avec le retour de Daniel ? Regina était-elle en danger ?


Daniel observait la télécommande, intrigué. Il appuya sur les boutons et s'amusait de faire ainsi changer les images qui défilaient sur le téléviseur.

Il sursauta en entendant la sonnette. Il le leva et se dirigea vers la porte en prenant soin de lisser sa chemise.

« Pouvons-nous vous parler ? »

Daniel regarda tour à tour l'homme au regard clair qui le toisait avec dureté ainsi que la femme aux cheveux courts dont la couleur était aussi sombre que les plumes d'un corbeau. Il les laissa entrer, bien qu'il était retissant.

« Qui êtes-vous ? », demanda-t-il.

C'était la première question qui lui traversait l'esprit. L'homme allait se prononcer quand la femme posa une main sur son bras pour le faire taire.

« Je suis Snow-White et voici mon mari. Nous voulions nous parler. »

Daniel réalisa qu'il avait devant lui ses souverains et commença à s'incliner machinalement, conformément au protocole de sa classe quand Snow-White, gênée, lui fit signe de se redresser.

- « Depuis quelques temps, la ville est sujet à des disparitions..., commença-t-elle.

- Ainsi qu'à des apparitions, compléta David.

- Ceci coïncide avec votre... retour » essaya de formuler Snow avec diplomatie.

Elle regarda son époux, ne parvenant à poursuivre. Ce qu'ils s'apprêtaient à faire était horrible. David poursuivit :

- « Votre retour bouleverse l'histoire de tout le monde.

- Êtes-vous en train de me dire que je ne devrais pas être ici ?, demanda Daniel sans animosité.

- Votre retour n'était pas prévu dans l'histoire et vous devez réfléchir aux conséquences et...

- Vous deviez mourir, trancha David. Vous devez mourir. Pour le bien de tout le monde et pour celui de Regina. »

Daniel fixa David quelques secondes, assimilant ses paroles. Le garçon d'écurie se fit plus grave. Il était alors éclatant de la noblesse de son cœur.


Emma avait la tête baissée, osant parfois risquer un œil vers Regina qui faisait les cent pas dans son salon en vociférant des noms toujours plus fleuri à l'intention de ses parents. Elle ne pouvait l'en blâmer. Daniel avait alors eu le temps de se faire aux lourdes paroles des Charmings. Il s'amusait cependant de voir Regina s'énerver ainsi. Si le temps avait passé, elle laissa toujours éclater ses sentiments avec la même virulence. Daniel et Emma étaient assis côte à côte sur le canapé, aux premières loges pour contempler la colère de Regina Mills. Il se pencha doucement vers Emma.

- « Elle est toujours aussi... vivante ?

- Là c'est un échantillon... »

Emma se permit une sourire moqueur fugace, l'effaçant aussitôt de crainte que Regina ne le surprenne. Daniel ne cachait pas son amusement à ces paroles.

« Je peux mourir si c'est ce qui écrit. »

Regina se tut et se tourna vers lui. Elle n'avait été que rarement bouleversée à ce point. Elle ne pouvait pas de nouveau le perdre.

- « Attends, intervient Emma. Tu pourrais renvoyer Daniel après le moment de sa mort. Tu pourrais le retrouver.

- Si je fais ça, attaqua Regina, tu vas mourir et Henry aussi.

- Techniquement, on aura simplement jamais existé..., murmura-t-elle doucement.

- Elle ne peut pas faire ça, contra Daniel. Elle aime son fils.

- Et elle vous aime, vous, lui fit remarquer Emma.

- Ça suffit ! », les arrêta Regina.

Ils se turent aussitôt.

« Je ne peux pas choisir. » souffla-t-elle.

Daniel et Emma échangèrent un regard. La garçon d'écurie se redressa sur le canapé.

- « Es-tu heureuse ?, demanda-t-il d'un air grave.

- Quoi ?, fit-elle.

- Ici. Dans ce monde. Es-tu heureuse ? »

Elle regarda autour d'elle en réfléchissant. Ses souvenirs s'amenuisaient au profit d'autres dont elle doutait de leur véracité... mais les souvenirs qui lui restaient étaient...

- « Sans doute, répondit-elle au bout d'un moment. Mais ça ne veut pas dire que je suis plus heureuse ici que je ne l'aurais été avec toi.

- Je sais, répondit Daniel.

- Je ne veux pas que tu m'abandonnes encore une fois. »

Par le mot que venait d'employer Regina, Emma, mieux que quiconque dans cette pièce, pouvait comprendre la douleur, la détresse et la solitude qu'avait pu infliger la perte de Daniel. Regina réprima des larmes naissantes. Elle était désemparée face à ce dilemme que le destin lui imposait.

Daniel se leva.

« Je vais aller me balader en ville. Je reviendrai plus tard. »

Il prit doucement sa main dans la sienne et se pencha vers elle. Il déposa un discret baiser sur sa joue puis quitta la pièce.

Emma se leva à son tour, nullement pour partir à son tour elle voulait simplement se débarrasser de sa nervosité.

- « Quoi que tu choisisses de faire, je te soutiendrai.

- Tu as conscience de ce que ce choix implique ?, demanda Regina en plongeant ses yeux dans les siens. Si je choisis Daniel, vous allez disparaître.

- C'était pourtant ton but quand je suis arrivée ici, souleva Emma avec une nostalgie ironique.

- Je ne le souhaite plus maintenant. Nous avons traversé tellement d'épreuves... Tu es la mère de mon fils et...une amie. »

Emma cacha sa déception. Elle ne se serait jamais autant impliquée pour une amie... Elle fit abstraction de ses pensées et continua d'écouter Regina.

- « Je ne veux pas vous perdre. Je ne veux pas perdre Henry. Il est ce pour quoi j'ai cessé d'être l'Evil Queen.

- Tu ne pourras pas nous pleurer. Logiquement, tes souvenirs seront remplacés par d'autres. Qu'est-ce que tu souhaites ?

- Être heureuse.

- Tu ne peux pas tout avoir, sourit tristement Emma. Qu'est-ce qui te rendrait heureuse ?

Regina essuya une larme qui coulait sur sa joue. Elle croisa les bras et papillonna des paupières afin de chasser les futures larmes qui perlaient à ses yeux déjà brillants.

Emma posa une main réconfortante sur son bras.

- « J'ai vu que... Robin te rendait heureuse. Tu étais rayonnante auprès de Daniel. Tu es épanouie avec... Henry.

- J'ai peur de faire un choix que je pourrais regretter. Il n'y aura pas de retour en arrière, cette fois, murmura Regina.

- …. Je veux que tu saches que... J'ai été heureuse de te rencontrer... Et..., continua Emma d'une voix moins assurée, je suis heureuse, dans tous les cas, d'avoir pu te rencontrer en ce monde. »

Emma lui offrit un sourire crispé, qui n'avait rien de cette quiétude qu'elle avait voulu lui témoigner.


Regina s'aventurait à la lisière de la forêt de Storybrooke. La pluie récente avait rendue l'air humide et la terre moelleuse. Ses talons s'enfonçaient légèrement dans le sol. Elle songea qu'elle aurait mieux fait de se téléporter directement... Cependant, elle souhaitait s'aérer l'esprit et se donner le loisir de réfléchir en marchant.

Elle reconnut Robin, bien que de dos qui s'amusait à enfoncer un petit chapeau triangulaire sur la tête d'un petit garçon. Quelques tentes fleurissaient parmi les arbres. Les autres joyeux compagnons vaquaient à leurs occupations.

Le petit garçon poussa un cri en apercevant Regina sous ce grand chapeau qui lui barrait la vue. Il accourut vers elle et l'enlaça toute entière, du moins, autant que ses bras pouvaient le lui permettre. Regina baissa la tête vers Roland. Il était plus petit que la dernière fois qu'elle l'avait mais, mais ceci ne devait être qu'une impression. Elle ôta le chapeau de la tête du bambin. Regina ne put retenir sa surprise : ce n'était pas Roland. Il était plus jeune, son visage plus rond. Il sourit et découvrit ses deux dents du bonheur. Il avait les cheveux d'un noir de jais, ébouriffés et parsemés d'épis. Ses yeux bleus rappelaient ceux de Robin.

- « Maman !, s'écria-t-il. Papa a dit que tu étais fâché et...

- Je n'ai pas dit ça, le contredit Robin en approchant. J'ai dit que ta mère avait besoin de temps pour réfléchir. »

Ce qui étonna le plus Regina, c'est qu'en ces termes, ils parlaient d'elle. Elle n'avait pas d'autre fils, à part Henry... Pourtant cet enfant suscitait en elle quelque chose de l'ordre du rêve ou du souvenir...

- « Papa m'a donné son vieux chapeau !, expliqua l'enfant en montrant le chapeau orné d'une petite plume rouge.

- Oui..., répondit distraitement Regina.

- Tu as pu réfléchir ?, demanda Robin en ébouriffant les cheveux du garçon.

- Je... »

Regina laissa sa phrase en suspens. Elle se racla la gorge, attira l'attention de l'enfant et lui demanda s'il pouvait aller jouer un peu plus loin. Ce dernier, bien que surpris, s'exécuta, les bras ballants, laissant la plume de son chapeau lécher le sol. Ses parents le regardèrent s'éloigner.

- « Qui est-ce... ?

- Will Scarlet » répondit Robin avec étonnement.

L'enfant avait entamé un ardu combat d'épée avec Will Scarlet, en effet. Or, Regina connaissait déjà cet habitant du Pays des Merveilles. Elle ignorait cependant le prénom de...

- « Cet enfant, comment s'appelle-t-il ?

- C'est Bobby, fit Robin en se tournant vers elle, sceptique. Comment peux-tu me demander une chose pareille ?

- C'est...notre enfant ?, s'enquit-t-elle encore.

- ...Oui !, répondit-t-il. Qu'est-ce que... »

Regina regarda le bambin frapper de son épée de bois, Will bloquer l'arme entre ses cotes et son bras avant de feindre la mort, sous le regard hilare de l'enfant.

- « Bobby, répéta Regina songeuse...

- Oui, Bobby, appuya Robin toujours aussi stupéfait. Il t'attendait avec impatience... Il n'a pas l'habitude d'être loin de toi.

- J-Je comprends... Où est Roland ?

- Roland ?

- Oui, ton fils.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu racontes ? Je n'ai que Bobby.

- Mais, tu as eu un fils avec Marianne, tenta d'expliquer la brune.

- Marianne ? La femme de Notthingham ? »

Bobby revint alors :

- « Vous avez fini de parler ?

- Oui, mon lapin, dit Regina après avoir échangé un regard avec le père de Bobby.

- Viens alors, Maman ! »

Il lui prit alors la main et l'emmena un peu plus loin. Il lui montra un poney qui se tenait près d'une tente.

- « Petit Jean m'a offert mon premier poney ! On pourra aller se balader ensemble. C'est chouette, hein ?

- Comment il s'appelle ?

- Pégase.

- Pégase ?, répéta Regina.

- Oui, confirma le petit garçon. La maîtresse a raconté une histoire avec un cheval qui vole qui s'appelle comme ça. Et lui, il court tellement vite qu'on dirait qu'il vole pour de vrai. »

En disant cela, il caressa le poney qui laissa son petit maître lui témoigner sa tendresse. Regina pensa à Henry. Tout se mélangeait. Elle voyait Bobby à la place d'Henry. Ses souvenirs étaient vagues, flous.

- « Tu le trouves joli, Maman ?

- Oui, Bobby, il est très beau. Il faut en prendre soin.

- Je te le promets, jura Bobby. Tu sais, en sport, on a fait du badminton. C'était trop bien. On pourra en faire avec Papa ?

- Oui, si tu veux. »

Elle lui sourit. Elle savait rationnellement qu'elle ne le connaissait pas. Pourtant, ses souvenirs témoignaient d'une réalité qu'elle aurait juré pour vraie.

- « Maman, tout à l'heure, on aurait dit que tu me reconnaissais pas...

- Je...

- Tu ne peux pas m'oublier, hein ?

- Non, mon lapin, je ne pourrais jamais t'oublier... »

- Elle lui caressa la joue, émue par les propos de son jeune fils. Il était si rayonnant. Elle l'aimait tant, Bobby...


La forêt de Sherwood s'agitait. Les Joyeux Compagnons préparaient un coup immense à mener contre le Sherif de Notthingham. Ils comptaient voler l'ensemble des impôts avant que ceux-ci ne se retrouvent dans les bourses du roi Jean.

Regina n'était pas particulièrement rassurée à l'idée que Robin ne s'attelle à pareil larcin et ce, d'autant plus que Snow-White prêtait main forte au Shérif et qu'elle était aussi vicieuse que ce dernier.

Elle caressa soucieusement son ventre dont la rondeur semblait avoir atteint son paroxysme. Elle avait chaud et un peu de sueur humidifiait ses mèches de cheveux. Elle sentait son ventre se contracter par moment et bien qu'elle s'en inquiétait,Gertrude lui avait assuré que le bébé n'arriverait pas de sitôt. Elle sentit un liquide chaud couler le long de ses cuisses. Elle appela Gertrude qui vint la rassurer :

- « Le bébé n'arrivera pas maintenant. Robin aura le temps de revenir.

- J'espère..., souffla Regina tendit qu'une nouvelle contraction la submergeait.

- Tout va bien se passer. Le plus dur, c'est le premier », assura Gertrude.

Gertrude était une femme bien en chair dont la poitrine menaçait de sortir du décolleté de sa robe. Elle affectionnait particulièrement Regina et elle était émue de l'aider à donner naissance à son premier enfant. Pour Regina, cette figure de mère-poule avait été un contraste saisissant avec ce que Cora avait pu lui témoigner.

- « Tout va bien se passer... Je vais être Tata !, gloussa-t-elle.

- Il faudra d'abord qu'il sorte..., grogna Regina en se raidissant sous l'effet de la douleur.

- Il est rentré, il faudra bien qu'il sorte...

- Je ne pensais pas à l'accouchement, avoua la future mère.

- Si on y pensait, on serait toutes bonne sœur », ajouta Gertrude dans un rire franc.

Gertrude fit amener une bassine d'eau chaude et du linge propre. Regina s'installa sur le lit. Le travail commença et Regina déplora l'absence de Robin en ce moment si important. Regina ne sut estimer combien de temps mais lorsque la porte s'ouvrit, elle éprouva un immense soulagement à le voir entrer. Robin était souriant. Il accourut au chevet de Regina, l'embrassa fougueusement et pris la main de sa femme entre les siennes.

- « Je n'arrive pas trop tard ?, demanda-t-il.

- N-Non..., haleta cette dernière en réponse.

- Tu arrives pour le meilleur moment. Je vois la tête. Il se présente bien. »

Regina rassembla ses forces et poussa encore. Le bébé, encore relié à sa mère, glissa dans les bras de Gertrude qui l'emmitoufla dans des draps. Il s'égosilla et Regina n'aurait su dire s'il était rouge de sang ou à force de hurler. Gertrude le donna à sa mère. Le bébé pleurait toujours. Gertrude coupa le cordon.

- « C'est un garçon ou une fille ?, demanda Robin.

- C'est un beau garçon, annonça Gertrude. Il va bien. Je vous laisse, je vais nettoyer tout ça. Félicitations, Regina. »

Gertrude déposa un baiser sur le front de Regina avant de sortir avec le linge et la bassine. Robin caressa le front de Regina tout en contemplant son fils. Regina donna son petit doigt à son fils qui pleurait à chaudes larmes. Il en était tout rouge. Elle ne savait si c'était par réflexe ou s'il s'agissait de sa volonté propre mais il sera son doigt avec force. Il se calma, reprit son souffle. Ses yeux étaient clos. Il devait se reposer après tant d'efforts.

« Je suis là, murmura-t-elle doucement. Regina est là. »

Elle se reprit, consciente à présent de ce qu'elle était pour ce bébé.

« Maman est là. »

Et à cet instant, elle se sentit submerger par une vague d'amour. Jamais elle n'aurait cru pouvoir ressentir autant d'amour pour un individu. Ce bébé, c'était son sang, la concrétisation de son amour pour Robin...

- « Comment veux-tu l'appeler ?, demanda Robin.

- Tu n'as pas de prénom en tête ?

- Non... Je préfère te laisser cet honneur, sourit-il.

- Bobby, je veux l'appeler Bobby...

- Dans ce cas, Bobby, bienvenue dans nos vies. » conclut Robin.

Il scella ce baptême d'un baiser sur les lèvres de sa femme. Regina ne pouvait être plus heureuse.


Notes :

Will Scarlet est un personnage de la la légende de Robin des Bois. Il est décrit comme un homme jeune, au sang chaud, qui se bat à l'épée.

Bobby est un dérivé de Bob qui signifie « gloire brillante». Bobby est aussi le lapin du Robin des Bois de Disney, Gertrude est la poule et dame de compagnie de Marianne.