Merci beaucoup pour vos reviews, je suis à la fois désolée de vous rendre triste, mais en même temps ravie de voir que j'arrive à vous donner des émotions par mes écris :) Merci !


Ils étaient restés enlacés pendant de longues minutes au centre du bureau de l'Inspecteur Brakenreid. Leurs amis étaient restés avec eux quelques instants, et finalement, ils avaient quitté le bureau un à un, en silence sans même que Julia ou William ne le remarque. Plus rien ne comptait autour d'eux. Il n'y avait plus le bruit des machines à écrire sur le plateau central, les discussions animées des agents de police, ni même les malfrats qui protestaient, il n'y avait plus rien, seul la respiration saccadé de l'autre à ses côtés. Le monde continuait sa course, mais pour Julia et William le monde s'était arrêté. Il demeuraient silencieux, enlacés, pleurant silencieusement. Julia ne se débattait plus depuis longtemps, elle serrait de toutes ses forces sont époux, il pouvait sentir ses larmes tièdes dans le creux de son cou, son souffle qu'elle retenait parfois sous son oreille, et son cœur battre à tout rompre contre le sien. Il avait une main placé dans le dos de son épouse pour la réconforter et l'autre derrière sa tête, pour sentir sa présence, pour qu'elle ne s'éloigne pas de lui, pour se réconforter lui aussi. Et finalement, doucement, Julia glissa hors de son étreinte juste assez pour qu'il puisse croiser son regard. Elle avait les yeux gonflés, rouges, les marques des larmes sur ses joues, son regard était si triste, sa peau si pâle. William glissa sa main de l'oreille de Julia sur sa joue pour essuyer du bout des doigts les larmes qui s'y trouvaient encore et il effleura tendrement ses lèvres.

-Tu devrais rentrer, Julia, murmura-t-il.

-Je ne pourrai pas, pas...sans toi, je ne veux pas retourner à l'hôtel et voir la chambre remplie des affaires de Roland, je n'y arriverai pas, pas toute seule.

-Je suis en plein milieu d'une enquête et...

Julia se mordit les lèvres, se retenant de pleurer en quittant son regard. Son travail était décidément plus important que tout le reste. Elle acquiesça simplement à contre cœur, puis, doucement, William lui prit la main. Il se pencha vers elle pour déposer un tendre baiser dans ses cheveux. Ils fermèrent les yeux au même moment, restant proches quelques secondes avant que William ne s'éloigne et n'entraîne Julia derrière lui. Ils arrivèrent sur le plateau central. Il ne se passa qu'une seconde avant que celui ne se fige, avant que chaque policier ne se tourne vers eux. Julia croisa le regard de quelque uns, mais aussitôt, elle baissa les yeux, incapable de regarder en face ces personnes dont elle voyait la tristesse et la pitié dans le regard.

-Monsieur, murmura William en approchant de son supérieur qui se trouvait avec son épouse, je souhaiterai...je sais que nous sommes au beau milieu d'une enquête et...

-Rentrez chez vous, coupa doucement Brakenreid, on se chargera de cette enquête sans vous.

-Merci, acquiesça William avant de se tourner vers Julia dont il croisa le regard d'incompréhension, je ne vais pas te laisser seule Julia, murmura William en caressant tendrement la joue de son épouse, tu as besoin de moi et j'ai besoin de toi. Tu es plus importante que tout le reste sur cette Terre.

Elle tenta de lui sourire et il en fit autant avant de l'attirer avec lui vers la sortie. Julia passa la première, n'accordant de regard ni à gauche, ni à droite, la tête haute et les lèvres pincées. Pourtant, en passant devant le landau qui avait accueillit Roland ces dernières semaines, William marqua une pause. Il ne pu s'empêcher de prendre le lapin qui s'y trouvait et que le petit garçon ne quittait que rarement depuis que Julia lui avait offert. Sans trop savoir pourquoi, William le glissa dans sa poche, rejoignant Julia sur le parvis du poste de police afin de prendre un fiacre et de rentrer chez eux.


Ils avaient fait le trajet dans le silence le plus total, se tenant simplement la main, n'échangeant aucun regard, aucune geste, tous les deux perdus dans leurs pensées respectives. Ils étaient montés à l'étage, ils avaient ouvert la porte de leur suite, ils étaient entrés et ils s'étaient arrêtés au centre de la pièce. Julia avait sentit la main de William se poser dans son dos. Elle ferma les yeux à ce contact mais lorsqu'elle les ouvrit à nouveau, elle courra rapidement vers la salle de bains. William fronça les sourcils, ce ne fut que lorsqu'il l'entendit vomir qu'il comprit à quel point le retour à l'hôtel était douloureux,à quel point son corps lui-même refusait ce qu'il se passait. Il regarda la pièce autour de lui, il devait ranger les affaires de Roland, faire de l'ordre, enlever de la vue de Julia la douloureuse réalité. Mais à cet instant, William était paralysé, il ne pouvait plus bouger, réfléchir, respirer. Il se passa quelques instants où il écouta encore Julia tousser, puis, il se dirigea vers la salle de bain.

-Julia? Est-ce que tu vas bien? Tu...

Mais il ne put en dire davantage, car lorsqu'il voulut entrer dans la pièce la porte se ferma brusquement. Il entendit la clé tourner et il posa la main sur le bois sombre.

-Julia, murmura William, je t'en prie, laisse-moi...

-Vas-t-en, coupa la voix tremblante de Julia de l'autre côté, j'ai besoin de quelques...instants.

-Très bien, soupira William à contre cœur avant de quitter la porte pour entendre Julia pleurer à nouveau de l'autre côté.

Il avança dans la pièce tel un automate, il ramassa les jouets et les vêtements de Roland, il démonta le lit, demanda des cartons à la réception dans lesquels il mis les affaires du bébé, il pensa à tout, jusqu'au moment où l'heure du repas arriva, lorsque le garçon d'étage laissa le chariot sur lequel se trouvaient trois repas. Lorsque William vit l'assiette de purée de légumes destinée à son fils, il s'écroula sur le sol. Il posa sa tête contre le mur et il pleura. Il ne voulait plus retenir les larmes, les sanglots, il ne voulait plus faire cela en silence, il avait trop mal, beaucoup trop mal. Alors il se laissa aller. Il sentit une boule de tissu dans la poche de son pantalon. Il sortit le petit lapin et il le porta à son visage. William pria, de tout son cœur. Il pria pour que cet enfant soit heureux, pour qu'il ait une belle vie, il pria pour que son épouse puisse se remettre de cette épreuve, il pria pour être assez fort de la surmonter, il pria pour demander à Dieu d'avoir une nouvelle chance, il pria pour lui demander pourquoi il était si cruel avec lui. Et quand il n'avait plus de force pour le faire, lorsqu'il comprit qu'il n'y avait que le silence pour répondre à ses questions, il s'arrêta, simplement. Il entendit la porte de la salle de bain s'ouvrir mais il n'ouvrit pas les yeux, il n'en avait pas la force. Julia le regarda, le cœur brisé, cet homme qu'elle aimait tant, son héro, l'homme de sa vie, adossé à ce mur de la chambre, les yeux fermés, la tête contre le mur, les marques de larmes sur ses joues, serrant entre ses mains la peluche de Roland. Elle se demanda comment elle avait pu croire qu'il ne souffrait pas tout autant qu'elle. Comment avait-elle pu croire une seule seconde qu'elle était la seule à souffrir? Julia avança vers William doucement. Elle se mise à genoux devant lui. Doucement, elle posa ses mains sur les siennes. William ouvrit les yeux et il plongea son regard dans le sien. Elle approcha un peu plus pour s'asseoir sur ses genoux, une jambe de chaque côté de corps. Elle le surplomba et sans un mot, elle essuya les traces de larmes sur ses joues. Il ferma les yeux et elle se pencha sur lui pour embrasser chaque larme, elle embrassa son front, son nez, ses lèvres avant d'approfondir son baiser. Julia se tendit un peu plus, encerclant le visage de William entre ses bras, caressant son cuir chevelu, jouant avec force avec sa langue. Elle sentit les mains de William se poser dans le creux de ses reins et il l'attira contre lui pour savourer ce baiser si fort et si intense. Lorsqu'ils se séparèrent pour reprendre leur souffle, ils posèrent leur front l'un contre l'autre.

-Pardonne-moi, murmura William.

-Tu as fait ce qu'il fallait William, répondit Julia en caressant sa joue, tu as fait ce qui est juste.

Il acquiesça en reniflant et Julia l'embrassa une fois encore. Puis, ils restèrent ainsi enlacés, de longues minutes, serrés l'un contre l'autre avant qu'ils ne décident de se lever. En silence, ils approchèrent du lit, en silence, ils se déshabillèrent l'un l'autre, doucement, regardant chaque geste, retenant leur souffle lorsque les doigts de l'autre effleuraient leur peau. Une fois nus tous les deux, ils prirent place dans le lit, ils se serrèrent l'un contre l'autre, entrelaçant leurs jambes, aussi près que possible l'un de l'autre, échouant leur souffle dans la nuque de l'autre, si proches qu'ils respiraient à l'unisson, si proches qu'ils sentaient le cœur de l'autre battre. Ils s'endormirent ainsi, après avoir passé de longues minutes le regard plongé dans celui de l'autre, en silence, alors que leurs regards exprimaient tout ce qu'ils ressentaient, la peine, l'amour,le réconfort, tout ce qu'ils n'arrivaient pas à dire avec les mots mais tout ce que les yeux pouvaient exprimer, tout ce dont ils avaient besoin à cet instant.


à suivre...