Hellooooo ! Première surprise : hé non, je ne vous oublie pas ! Deuxième surprise : un nouveau chapitre. Ouiiiiii ! Bon, je ne cesse de la répéter, mais le temps me manque cruellement pour écrire... Rassurez-vous, le chapitre suivant est déjà entamé ! J'espère le poster avant la fin de l'année, ça serait top hein ? Je trouve aussi !
Bref, que se passe-t-il dans ce chapitre ? De petites révélations, des rapprochements et bientôt les choses vont se mettre à bouger pour de bon (littéralement, il est temps pour eux de retourner à Poudlard, vous ne croyez pas ?) !
Je vous attends pour vos remarques et commentaires ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et même ce que vous voudriez lire dans les prochains chapitres. Qui sait, ça m'inspirera peut-être !
Bonne lecture !
Chapitre 9 – Cet éclat de rire
- « J'ai encore gagné ! », s'exclama Fred.
Drago fronça légèrement le nez, n'aimant pas se faire battre, mais très vite son mécontentement s'effaça au profit d'un sourire carnassier qui ne signifiait qu'une chose : il allait prendre sa revanche.
Cela faisait une petite heure qu'il jouait avec Fred, n'ayant rien d'autre à faire. Pour une fois, il n'était pas d'humeur à lire et s'est dit que ce serait l'occasion de se « mêler à la populace ». Autant dire qu'il n'avait vraiment rien d'autre à faire. Lyra et Ginny aidait Mme Weasley à cuisiner, apparemment ils attendaient un peu plus de monde ce soir. Non qu'on le lui ait dit, mais il avait remarqué les messes-basses que se faisaient Arthur et Molly, ainsi que l'air soucieux de la matriarche, surtout maintenant alors qu'elle pétrissait la pâte pour la tourte.
Ronald étai littéralement affalé sur sa chaise, la bouche légèrement entrouverte, à fixer le plafond avec un air profondément vide plaqué sur son visage. Il a vraiment l'air d'un débile profond. Quelle tarte cette Belette. Cependant, il ne s'attarda pas plus longtemps sur la face ingrate du rouquin, la partie infernale ayant repris. A mesure que les jours passaient, il appréciait de plus en plus les jumeaux Weasley. Sans doute était-ce dû au fait qu'ils parvenaient à passer au-dessus de l'image que Drago avait donné de lui-même ces dernières années, ou alors simplement parce qu'ils étaient drôles.
La manche était déjà bien entamée et, cette fois-ci, Drago la dominait totalement. Cependant, il ne sait pourquoi, son œil fut attiré un millième de seconde vers Potter qui lisait un livre sur les sorts de défense (sans doute qu'Hermione lui avait prêté). Ce cours laps de temps suffit à ce qu'il perde le fil de la partie, laissant l'avantage à Fred qui saisit l'occasion et la remporta. Encore.
Drago poussa un bref cri de rage, en colère contre lui-même de s'être ainsi laissé distraire par le Binoclard. A la limite, ça aurait l'équipe de Quidditch de Grande-Bretagne. Les filles de Beauxbâtons. Mais pas Potter, merde quoi.
- « T'en as marre de perdre, Boucle d'or ? »
Drago pointa son menton d'un air de défi et s'empara des cartes qu'il redistribua avec brutalité après les avoir brassé. Durant la mise en place, il ne put s'empêcher de jeter à nouveau un coup d'œil du côté de Potter, se demandant ce qui avait bien pu attirer son attention. D'un coup, tout se fit clair et il comprit enfin ce qui clochait. Il regarda devant lui, prêt à reprendre la partie et surprit le regard de Fred : un mélange d'interrogation et de… malice ? Quoi ? A quoi est-ce qu'il pensait ce rouqu…
MERDE ! Il n'est quand même pas en train de penser que… non ? Moi ? Un crush sur Potter ? IL-N'EST-PAS-EN-TRAIN-DE-PENSER-ÇA-PITIÉ-TUEZ-MOI ! s'affola mentalement Drago. Bon. Calme-toi, Drac'. Tu perds la boule.
Pour se redonner contenance et dissiper de (très très très) éventuels malentendus, il lança son regard le plus froid à Fred en prenant son air aristocratique. Cela eut l'effet escompté (du moins, il l'espéra) car Fred reprit son attitude de compétiteur et la partie démarra immédiatement.
Finalement, bien que Drago ait remporté cette partie d'une victoire écrasante, il n'en savoura pas entièrement la joie. Mine de rien, il alla se servir un verre d'eau et prit son temps pour le savourer, ne cessant d'observer Potter. Pour se donner contenance, parce que Lyra commençait à lui jeter des regards interrogateurs, il se saisit de la Gazette. Mais ses yeux passaient automatiquement sur les mots sans réellement s'y arrêter. Il passait jusqu'à cinq fois sur la même phrase sans la comprendre tant son cerveau était en ébullition.
Après un temps qui parut infini à Drago, Harry se leva enfin. Pour ne pas paraitre trop suspect, le blond fit mine de lire encore un article avant de s'étirer tel un chat et de se lever en émettant un soupir de fatigue. En réalité, personne ne faisait réellement attention à lui. Ronald s'était finalement endormi sur sa chaise, la tête pendouillant mollement en arrière et un filet de bave coulait allégrement le long de son menton.
L'air de rien, Drago sortit nonchalamment de la pièce. Encore un peu, et il le faisait presque en sifflotant et les mains plongés dans le fond de ses poches, mais il a eu la présence d'esprit d'éviter ce comportement trop voyant. Décidemment, il devait reconnaitre qu'il n'était pas un as de la filature. Une fois dans le couloir, il s'engouffra dans les escaliers, montant les marches deux par deux. Arrivé sur le palier de l'entrée, il fit plus attention pour ne pas éveiller le portrait effrayant de l'ancienne maitresse des lieux. Lui-même ne se reconnaissait pas : depuis quand s'amusait-il à courir après Potter ? Franchement, ça ne tournait plus rond dans sa tête. Il était temps qu'il regagne Poudlard !
Finalement, il arriva, un peu essoufflé, devant la porte de la chambre qu'il partageait avec les deux autres garçons, légèrement entrouverte. Il posa doucement la paume de sa main sur le bois et poussa sans faire de bruit.
Le grand Harry Potter était assis sur le bord de son matelas, à moitié recroquevillé, les mains pressées sur son front. Sa mâchoire était tellement contractée qu'on pouvait s'étonner que ses dents n'éclataient pas sous la pression. Ses lunettes étaient posées à ses pieds, à moitié repliées, comme enlevées dans la précipitation.
Drago se glissa dans la pièce et referma la porte, en s'assurant bien que le cliquetis de la serrure retentisse, afin qu'Harry remarque sa présence. La réaction fut immédiate : il sursauta et s'empara de ses lunettes en sautant sur ses pieds, comme frappé par la foudre.
- « Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ? », aboya-t-il avec agressivité. Cependant, malgré son attitude revêche, il ne parvenait pas à cacher la douleur qui devait être forte.
Le blond s'adossa nonchalamment contre le chambranle et croisa les bras sans se départir de son calme. Il analysait la situation de façon critique, ses yeux scrutant les tics nerveux qui déformaient les traits du Gryffondor, dus à la cicatrice.
- « Calme-toi, Potter. Je ne vais pas cafter aux autres. »
Cependant, Harry ne desserrait pas les poings et ne se rasseyait pas. Drago soupira en relâchant ses bras. Avec soin, il défie les boutons de la manche de sa chemise à l'aide de sa main droite. Il replia ensuite sa manche avec soin et exhiba alors son avant-bras gauche. Sa peau était très clair, presque blanche, et sur celle-ci, le signe distinctif des mangemorts contrastait affreusement tant il était noir.
- « Je comprends ce que tu ressens. Je ne sais pas ce qu'il se passe, mais il est nerveux. Il… Il ne cesse de faire appel à ses disciples et… enfin, tu vois. »
- « Ça te fait mal ? »
- « Pas tout le temps… Mais depuis là-tantôt, ça n'arrête pas de brûler… », répondit Drago.
La réponse sembla rassuré Harry qui se laissa retomber sur son matelas. D'un coup, il sembla pensif et, automatiquement, son poing droit se mit à masser son front pour apaiser la douleur.
- « Il est en colère », dit-il platement. Ce n'était pas une question. Harry le savait, il l'avait senti. Drago hocha de la tête en réajustant sa chemise qu'il venait de reboutonner.
- « A n'en pas douter. Mais j'ai l'impression qu'il était aussi… excité. Comme si quelque chose se passait comme il le voulait. Je ne sais pas comment l'expliquer… »
- « Je comprends ce que tu veux dire », finit Harry.
Drago attendit que le brun se remette à parler, mais il resta plongé dans ses pensées. Il attendit patiemment que celui-ci ait remis de l'ordre dans ses idées. Soudain, les sourcils du Binoclard se froncèrent et il posa son regard d'émeraude sur le blond :
- « Mais au fait… Pourquoi tu m'as suivi comme ça ? Si ça tombe, j'allais juste euh… aux toilettes ! T'allais me suivre jusqu'aux toilettes, Malefoy ? »
- « Woaw, on se calme Potty ! Et puis c'est quoi cette idée ?! J'allais pas te suivre aux chiottes… », dit-il avec une moue dégoutée imprimée sur le visage.
- « Mais alors qu'est-ce qui… »
- « Bon, on se calme tout de suite, avant que tu ne te fasses des films : t'avais une sale tête de constipé et tu fronçais le nez comme si t'étais dans un champ d'étrons. Avec ça, c'était pas difficile de deviner… Pas de ma faute si tes potes sont bêtes comme des prunes », expliqua-t-il.
- « Hm… Je préfère ça », marmonna Harry, le regard fuyant, en appuyant encore sur sa cicatrice.
- « Parle pour toi », répliqua le blond.
Tout à coup, Harry se leva et se mit à arpenter la chambre, tel un lion en cage. Déjà fort lassé après deux va-et-vient, Drago se coucha dans son lit en observant le brun du coin de l'œil en essayant de ne pas avoir la nausée. Il leva les yeux au ciel quand, en plus, il se mit à livrer de fond de sa pensée…
- « Voldemort (Drago frissonna et fronça le nez) est en colère, mais cela semble passager. J'ai plutôt eu l'impression qu'il était surexcité, comme s'il venait de recevoir une grande nouvelle. Peut-être qu'un de ses plans se déroule comme il l'avait espéré, mais que quelque chose ou quelqu'un a représenté un obstacle, même temporaire, le contrariant alors. » Son pas était de plus en plus rapide, il n'arrêtait pas de se passer la main dans les cheveux, les ébouriffant sans arrêt. Néanmoins, son débit de parole ne cessait pas : « Mais comment savoir quoi… ? Rhaaa ! Il faut agir ! On ne peut pas rester ici, les bras ballants, à attendre que quelque chose se passe, que quelqu'un meurt, qu'il y ait de nouveaux dégâts ! Mais comment faire ? Il faut en parler aux membres de l'Ordre, mais en faisant cela, ils risquent de nous empêcher d'agir… Alors, il faudrait envisager… »
- « Houlà ! Stop ! », l'interrompit Drago en levant bien haut ses deux bras. « A quoi tu joues, Potty ? Tu crois que tu vas sauver la planète à toi tout seul ? On va surtout refiler ça bien sagement à l'Ordre et ils se démerderont avec. Voilà tout. »
- « Quoi ?! Impossible ! Nous devons agir ! C'est notre devoir, notre responsabilité ! »
Drago ouvrit grand les yeux. Il secoua la tête de droite à gauche, abasourdi. Il eut un petit rire nerveux avant de répondre avec froideur à Harry :
- « Notre devoir ? Notre responsabilité ? Potter… mais t'es complètement à l'ouest. Tu ne peux rien faire, t'es qu'un gamin ! Tu crois que c'est avec Weasmoche et Dent-de-Lapin que tu vas pouvoir faire tomber Tu-Sais-Qui ? Laisse tomber, descends de ton balais. Moi, je vais te dire ce qu'on va faire : on va dire ce qu'on sait à l'Ordre, retourner à Poudlard et fermer notre gueule. Ça ira pour toi ou c'est trop dur de ne pas jouer les héros ? »
Harry s'arrêta à quelques centimètres de Drago, le regard enflammé. Ses dents grinçaient et il serrait ses poings de manière sporadique. Quoi encore ?
- « Je te demande pardon ? Moi, au moins, j'essaie de faire quelque chose ! Je ne me contente pas de rester bien au chaud et en sécurité dans le manoir familial, à me goinfrer avec l'argent de mes parents ! J'ai des personnes qui comptent sur moi, je dois les protéger et tout faire pour anéantir Voldemort ! »
Drago se releva d'un coup avec force et força Harry à reculer de plusieurs pas. Il l'accola doucement au mur et posa une main à côté de son visage. Ses yeux étaient glacials, envoyant des éclairs. Son visage était impassible et hautain. Il laissa la menace planer quelques secondes dans la pièce avant de s'adresser à lui il se mit à parler d'une voix froide et profonde, à glacer le sang. Chaque phrase était aussi incisive et coupante qu'un coup de poignard qu'on enfoncerait successivement dans la chair tendre :
- « Tu crois que je ne comprends rien à ta pauvre et misérable existence, Potter ? Mes parents sont quasi retenus en otage. Ma petite sœur risque de se faire tuer à tout moment si son existence est révélée. Je suis moi-même une sorte d'espion, infiltré dans les deux camps. Alors oui, je me comporte comme un enfoiré, mais si je crève, c'est ma famille qui y passe aussi. Alors tes petits malheurs d'adolescent en pleine rébellion, je m'en passe. »
Il ferma sa main et l'écrasa avec rage contre le mur. Ensuite, il recula sans cesser de fixer Harry. Il fit demi-tour et sortit de la pièce en faisant claquer la porte. Le brun s'en voulait de ses paroles. Quelque fois, il oubliait qu'il n'était pas le seul à souffrir, qu'il n'était pas le seul à avoir dû faire des sacrifices pour les autres… Il soupira bruyamment. Il décida de rester seul encore quelques instants, juste le temps que sa cicatrice cesse de le brûler.
Durant ce temps, Drago s'était retrouvé dans le couloir, mais il n'avait pas eu envie de redescendre avec les autres. Du coup, il avait monté les escaliers quatre à quatre et s'était engouffré dans la première pièce de l'étage dont la porte était entrouverte. Fou de rage, il laissa claquer ses poings contre un oreiller qui trainait mollement sur un des lits de la chambre dans laquelle il s'était introduit.
Sans cesser de taper, il marmonnait dans sa barbe et maudissait Potter, Voldemort, son père, le chat, bref tout être sur lequel sa colère pouvait s'abattre ! Finalement, fatigué et légèrement lassé, il se laissa tomber à genoux sur le parquet qui grinça. Avec ses mains, il s'empara du pauvre oreiller, plus piteux que jamais, et enfonça son visage dedans. Puis, d'un coup, il cria. A plusieurs reprises.
Au bout de plusieurs minutes, ses cris avaient cessé, mais il avait gardé sa tête plongé dans les plumes. Il était las, il était en colère, il était triste… Rha, quelle année pourrie !
- « Euh… Malefoy ? », résonna soudain une voix. Drago releva la tête, comme saisi d'un électrochoc. Merde.
- « Est-ce que tu veux bien relâcher mon oreiller ? Enfin, si tu en as vraiment besoin je te le donne, mais bon… »
Il se redressa complètement, raide comme un piquet. Il épousseta les manches de sa chemise tout en se raclant la gorge. Il profita de ce bref moment pour faire un état des lieux rapide et se rendit enfin compte de son erreur : il était dans la chambre des filles. D'où la présence d'une Hermione perplexe devant lui. Merde…
- « Ce… ce n'est pas ce que tu euh… ce que tu crois. Je… J'allais juste euh… », bégaya-t-il vainement. Mais qu'est-ce qu'il avait ? Il n'avait rien fait de mal ou de creepy. Et depuis quand devait-il se justifier ? A une née-moldue qui plus est !
- « Ce n'est rien, Drago. (L'interpellé leva un sourcil sceptique et ses lèvres s'entrouvrirent, prêt à répliquer). Tu ne vas pas t'offusquer que j'ai osé prononcer ton prénom après que je t'ai vu renifler mon oreiller, quand même ? », dit-elle avec un air de défi.
- « Quoi ?! Mais non ! Je ne faisais pas ça, tu as mal compris, je… », recommença à se défendre Drago, mais un petit rire le fit s'arrêter.
Hermione secouait la tête en ne se retenant même plus de rire discrètement. Elle regarda alors le Serpentard et lui fit un clin d'œil. Elle s'assit ensuite sur le sol et s'adossa à la barre d'un des autres lits.
- « Je te taquine, Drago. Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien aux autres, on dira que c'est notre petit secret… Et tes penchants pervers pour mes oreillers resteront entre nous. »
Le blond n'avait même plus la force de se défendre et il se contenta de lever les yeux au ciel en se laissant tomber à son tour au sol, l'oreiller tombant à côté de lui, comme pour le narguer. Il fit une moue vers celui-ci et fut, l'espace d'un court instant, tenté de le taper comme pour lui faire comprendre la honte qu'il venait de subir à cause de lui, mais se ravisa en se rappelant que… ce n'était qu'un oreiller. Hermione continuait de le regarder, un grand sourire plaqué sur le visage.
- « Hum… Et sinon ? Que me vaut l'honneur de ta visite en ces lieux ? Tu n'es pas venu ici que pour mon oreiller j'espère ? », fit-elle, l'air faussement choqué.
- « Jalouse, Granger ? », attaqua-t-il en arquant un sourcil dans sa direction.
- « Complétement. »
Drago fut littéralement pris au dépourvu par sa remarque fulgurante. Elle avait répondu avec aplomb, le défiant de ses yeux noisette. Il ne s'attendait pas à cette réaction… Au contraire, il pensait que la jeune fille se mettrait à rougir, qu'elle détournerait les yeux, voire qu'elle se cacherait le visage à l'aide de sa touffe de cheveux. Or là, c'était lui le plus gêné des deux ! Non, mais dans quel monde vit-on ! Mince… Qui aurait cru que je serai pris à mon propre jeu ? C'est qu'elle est douée, cette née-moldue…
Constatant l'embarras du blond, Hermione mit fin à sa gêne en reprenant la parole. Cependant, elle savoura encore quelques secondes sa victoire et se promit de ne jamais oublier ce moment où elle, Hermione Granger, sorcière née de parents moldus, avait cloué le bec à Drago Malefoy.
- « Plus sérieusement, qui essayais-tu de fuir comme ça ? »
Drago se rendit compte de ce qu'elle faisait. Un instant – un instant seulement ! – il fut tenté de montrer sa reconnaissance de ne pas insister sur sa gêne, mais au lieu de cela, il redressa le menton et reprit son air de dédain envers Hermione. Cependant, à bien le regarder, on remarquait tout de suite que son attitude n'avait rien d'agressive ou de mesquine.
- « Juste Potter qui me gonfle. »
- « C'est bien, tu l'appelles par son nom maintenant ! »
- « Ne te fais pas d'illusions, Granger », répondit-il, mais un petit sourire amusé naquit sur ses lèvres, tout comme chez la brune. « Et sinon hm… Toi, qu'est-ce que tu… enfin, pourquoi es-tu montée ? »
Drago était un peu gêné d'un coup, il s'était rendu compte qu'il parlait avec Hermione sans animosité, de tout et de rien, sans personne d'autre dans les environs pour les interrompre ou les espionner. Il ne comprenait pas trop pourquoi, mais cette soudaine proximité avec la Gryffondor l'effrayait et, en même temps, il avait envie de titiller les limites, de jouer avec, de voir jusqu'où il pouvait pousser cet entretien sans que la lionne ne sorte les griffes… Oui, c'était ça : l'inconnu. Il voulait tester cet inconnu et voir jusqu'où il était capable d'aller avec Hermione. Bien sûr, la connaissant, il se doutait qu'elle se refermerait rapidement comme une huitre et éluderait. Enfin, ça l'amusera le temps que ça durera.
- « Oh, j'avais envie d'être un peu seule un instant… »
- « Tu veux que je te laisse ? » Et voilà, la lionne prend la fuite. Levez le camp, la partie est gagnée !
- « Non, toi tu ne me déranges pas », répondit-elle cependant avec franchise, les yeux grand ouvert.
… Quoi ? Tiens donc. Voilà que les choses deviennent intéressantes… Drago ne s'était pas attendu à ce que la jeune fille lui soit si agréable… Enfin, non, il voulait dire avenante.
- « Drago… Je peux te demander quelque chose ? »
- « Oui », répondit-il, curieux.
- « Est-ce que tu détestes réellement les moldus ? Et les nés-moldus ? », demanda-t-elle en regardant le plafond, les mains enserrant ses jambes repliées contre elle.
- « Qu'est-ce que tu veux dire ? »
- « Ne sois pas si méfiant… Je ne vais pas te sauter dessus, tu sais. Non, je veux juste… comprendre. Quand je te vois avec Lyra… Puis avec moi… Les discours que tu tiens sur ceux qui n'ont pas de pouvoirs… Enfin, je me demande. »
Il laissa planer un silence entre eux, le temps de trouver les mots justes. Décidemment, elle ne faisait que le surprendre : à nouveau, c'est elle qui menait la danse. D'une certaine façon, c'est elle qui avait l'avantage sur lui encore une fois. Après un long soupir, Drago répondit finalement :
- « Non… Non, je ne vous hais pas. Mais c'est plus facile de le faire. »
- « Pourquoi ? », interrogea-t-elle encore comme une enfant. Il eut presque envie de sourire en entendant sa question pleine d'innocence.
- « Parce que c'est ce qu'on m'a demandé de faire et que… c'est juste plus facile. Je n'ai pas à choisir avec qui je suis ami, qui je ne dois pas aimer, comment me comporter : tout se fait naturellement, tout vient à moi sans que je ne demande quoi que ce soit. Ça doit être difficile à comprendre pour une personne comme toi, mais c'est comme ça chez moi. »
« Une personne comme toi », il ne l'avait pas dit avec méchanceté, mais au contraire avec honnêteté. Etrangement, il espérait réellement qu'Hermione l'ait compris. Il la vit hocher la tête et, perdue dans ses pensées, elle regardait maintenant Drago.
- « Je crois comprendre… Même si c'est complétement tordu ! Et puis quoi encore, on va te dire qui épouser ? », ricanna-t-elle.
- « Oui. »
La réponse était brute, sèche, sans fioritures. Elle mit immédiatement fin au sourire d'Hermione.
- « C'est vrai… ? Et tu sais déjà… ? », relança-t-elle, hésitante. Elle savait Drago dans un bon jour pour parler avec elle, mais elle ne voulait pas abuser de sa chance.
- « Oui. Astoria Greengrass, elle est plus jeune que nous à Poudlard. »
Le silence s'installa de nouveau entre eux. D'un côté, Drago méditait à cet avenir de plus en plus incertain (il ne savait même pas s'il serait encore en vie en juin). De l'autre, Hermione méditait sur ces révélations. Elle s'était bien rendu compte que le fonctionnement des vieilles familles sorcières avait quelque chose d'archaïque, mais elle ne s'était pas attendue à ce que cela aille aussi loin. Le temps s'étendit ainsi, mais aucun des deux ne se sentit oppressé par celui-ci ou à la recherche fébrile d'un sujet quelconque. Soudain, Hermione émit un son étouffé, la main sous le menton dans une attitude pensive presque comique tant elle était exagérée.
- « Finalement, t'es pas vraiment un enfoiré salopard mangeur de veracrasses, peroxydé et pleurnichard. T'es pas un mauvais bougre, quoi », s'exclama-t-elle comme si elle énonçait une vérité universelle.
Drago leva un sourcil surpris et fit de son mieux pour avoir l'air dédaigneux et hautain devant la mine réjouie et joueuse de la Gryffondor.
- « Mais que de qualités, j'en deviendrais presque prétentieux ! »
Ce fut la phrase de trop, Hermione s'esclaffa en rejetant sa tête en arrière, ses cheveux volant autour d'elle à cause du mouvement. Drago lui-même ne peut retenir son sérieux et se fendit d'un sourire.
- « Je vais arrêter de te faire des compliments alors, ta tête est déjà assez grosse ! », ria-t-elle encore. Le blond se sentit attendris face à cette mine enfantine d'Hermione : jamais encore il ne l'avait vu partir d'un tel fou rire. Jamais avec lui tout du moins, encore moins grâce à lui.
- « Et pour ta gouverne, cette couleur est tout ce qu'il y a de plus naturel. Chaque Malefoy digne de ce nom se voit l'honneur de posséder une toison d'or sur sa tête. »
- « Une toison d'or sur sa tête… », répéta Hermione avec malice. Elle avait essayé de prendre un air sarcastique, mais ses yeux pétillant et son sourire la trahissaient.
Elle s'essuya le coin des yeux avec sa manche retroussée, de petits éclats de rire s'échappant encore d'entre ses lèvres. Soudain, Drago se rendit compte de son comportement : il était là à contempler Hermione, la fille qu'il s'était pourtant efforcé de détester durant toutes ces années. Il l'observait et s'attendrissait devant son sourire, ses joues légèrement rosées et ses yeux brillant à cause de ses rires. Il la trouvait presque… Non ! Non, rien-de-rien-de-rien-du-tout ! Non, mais Drac', t'es complètement fou ma parole ! C'est cette lionne qui t'a retourné le cerveau… A force de fréquenter ces foutus Gryffondors, t'es devenu une lavette comme eux. Mon pauvre vieux… Il secoua sa tête de gauche à droite rapidement pour être sûr que toutes pensées impures s'en échappent et ne s'y accrochent plus.
- « J'ai vraiment beaucoup aimé parler avec toi, en tout cas. Merci, Drago. »
- « Euh… De… De rien, Hermione… » Ce dernier mot s'était échappé dans un souffle, à peine plus perceptible qu'un coup de vent qui vous effleure la peau en été. Il ne sut pas si la concernée l'avait entendu, ayant immédiatement détourné son regard du sien. Il se racla ostensiblement la gorge et se leva d'un bond.
- « Bon euh… Je vais y aller. Je… A tantôt », finit-il par dire avant de sortir promptement de la pièce.
Hermione le suivit des yeux. Après son départ, elle ne bougea pas directement. Elle ne cessait de fixer la porte qu'il avait mal fermée et qui restait entrebâillée. Puis, insidieusement, le coin de ses lèvres s'étira de manière à peine perceptible et elle murmura vers la porte :
- « Oui, à tantôt. »
