OU L'ON ACCEDE ENFIN A LA CAMERA OBSURA ET AUX MYSTERES QU'ELLE CONTIENT
Comme il l'avait prévu, la pièce était totalement sombre, sans même la présence d'une fenêtre pour l'éclairer.
Severus agita sa baguette pour produire un « Lumos Maxima » qui lui permettrait de se diriger.
« Maître Severus ! couina Dobby soudain très exité, là, il y a deux armoires ! Il suffit de regarder au-dessus de laquelle il y a au moins deux boutons !
- Donne-moi une chaise que je puisse me hisser, et examiner le dessus de ces meubles. »
Severus grimpa sur le tabouret que lui avait apporté l'elfe près du placard de droite.
De nombreux objets étaient entreposés, pêle-mêle, sur le dessus du meuble. De vieux scrutoscopes brisés, des livres, une boite à chapeau contenant un canotier de paille au ruban défraichi. Severus passa sa main le long du mur, sans pouvoir y détecter la présence d'un quelconque bouton ou levier.
Déplaçant le siège, il procéda à un examen identique de la seconde armoire. De nouveaux livres, une baguette brisée laissant apparaître ce qui semblait être un cheveux de vélane, un antique appareil photo à plaques, et une boite en bois contenant des plaques de verre, tel fut l'inventaire que fit Severus du bric-à-brac hétéroclite qu'il trouva.
Mais l'étude de la paroi ne lui permit de déceler aucun bouton.
Découragé, il descendit en sautant du tabouret, sur lequel il s'assit pour réfléchir, regardant sans le voir son reflet dans le miroir accroché entre les deux meubles.
Entendant le miroir ricaner, son attention fut brusquement attirée par la moulure qui faisait le pourtour de la glace. Il s'approcha pour l'examiner, passant ses longs doigts dans les anfractuosités, à la recherche d'un mécanisme susceptible de déclencher l'ouverture d'un passage. Cette exploration s'avéra tout aussi infructueuse.
Dépité, Severus se résigna à quitter la pièce et à regagner ses appartements.
OoOoOoOoOoO
Le reste de la journée du sorcier fut occupée à rechercher de quelle façon pouvait s'ouvrir le passage. Il était maintenant convaincu que l'origine des meurtres se trouvait dans le jardin d'hiver- si bien protégé- et quasiment certain qu'un accès à celui-ci était possible par la « Camera obsura ».
Il se concentra intensément sur ce qu'il avait vu et découvert dans la pièce.
Aucun levier dans la moulure du miroir- de cela, il était certain. D'ailleurs, le message ne précisait –il pas clairement « au-dessus de l'armoire » ?
Malheureusement, l'examen du mur au-dessus des meubles n'avait rien permis de déceler.
Peut-être aurait-il dû être plus attentif aux objets ? Qu'y avait-il, déjà ?
Des livres…non…Le chapeau ? … Il en doutait… L'un des scrutoscopes…. Peut-être pouvait-il dissimuler un bouton…Oui…
Ils devaient s'en assurer, dit-il à Dobby, en lui faisant part de ses réflexions.
La nuit était tombée, et tous les habitants du Manoir s'étaient couchés lorsque les deux compagnons reprirent le chemin de la chambre obscure.
L'accès à celle-ci était toujours libre de toute protection.
Severus se dirigea immédiatement vers les scrutoscopes et les étudia un à un. Aucun des trois objets ne permettait d'ouvrir le passage.
Se passant nerveusement la main dans ses cheveux noirs, Severus poussa un soupir d'agacement. « Je résoudrai cette énigme, foi de Prince de Sang mêlé ! » gronda-t-il en faisant les cent pas dans la pièce, avant de se laisser choir dans un vieux fauteuil défoncé.
Laissant retomber sa tête vers l'arrière, il fixa pensivement les armoires et les objets qui y étaient entreposés.
Brusquement, il sentit son estomac se contracter.
Bien sûr ! Comme il avait été stupide ! C'était pourtant évident, se morigéna-t-il ! La « Camera obscura » n'était pas seulement la pièce dans laquelle il se trouvait !
Bondissant sur ses pieds, il remonta prestement sur le tabouret et atteignit le haut de l'armoire de gauche.
« Là, Dobby, s'exclama-t-il au comble de l'excitation, la « Camera obscura ! »
- C'est là où sont Monsieur et Dobby…
- Non, non ! Regarde, c'est ça ! » annonça triomphalement Severus en désignant l'appareil photo à l'elfe stupéfait.
« Oui ! La « Camera obscura » - chambre noire- c'est comme cela que l'on appelait les appareils photo graphiques au dix-neuvième siècle !
- Oh, Sir Severus est très malin ! Et les boutons, alors ?
- Le second bouton….Mais lequel est-ce ?
Severus réfléchissait à toute allure en retournant l'objet entre ses mains.
« Comme ça, décida-t-il en positionnant l'appareil comme s'il allait lui-même prendre une photo, et pressa le doigt sur le bouton de droite. Un claquement, suivit d'un léger grincement indiquant l'ouverture d'une porte, se firent entendre.
« Maître Severus, s'exclama Dobby, que Monsieur regarde : le miroir ! »
Severus s'approcha de la surface vitrée et constata que celle-ci avait légèrement pivoté, donnant accès à ce qui paraissait être un tunnel s'enfonçant sous terre.
Affirmant sa prise sur sa baguette, Severus s'aventura dans le sombre boyau aux murs suintant d'humidité, suivit de Dobby.
Ils marchèrent une dizaine de minutes dans l'obscurité, avant de voir le sol s'incliner de nouveau, et remonter. Severus s'arrêta. L'étroit couloir se terminait en cul-de-sac devant lui.
Augmentant la puissance de la lumière émise par sa baguette, il examina attentivement les parois ruisselantes, puis le plafond. A demi-dissimulée dans la voûte, une trappe laissait deviner ses contours. Severus posa sa main dessus et la souleva. Elle s'ouvrit sans bruit sous la poussée. « Les charnières ont été huilées récemment, Dobby, regarde, il y a quelques gouttes d'huile au sol », murmura-t-il.
L'elfe, qui avait suivi le sorcier, examina à son tour le sol. « Maître Severus ! Que Monsieur regarde, il y a plusieurs traces de pas ici ! là, on dirait bien les empreintes de Maître Pius !
- Tu as raison, Dobby….
- Et là…Mais cela ne ressemble pas aux traces que Maître Severus n'a pas réussi à identifier ?
- Effectivement… Elles sont beaucoup plus petites et étroites…et les semelles sont lisses ! Pourtant…
- Pourtant ? Sir Severus a trouvé quelque chose ?
- J'ai l'impression… » Severus examinait les empreinte, et mesurait l'écart entre elles. « Oui…on dirait bien que la personne qui a laissé ces traces est la même que celle qui a fait celles dans la boue, dehors.
- Mais les marques dans la boue sont beaucoup plus larges et longues, Monsieur ? Sans compter les striures sous les semelles ! Alors, comment cela se pourrait-il ?
- Je crois avoir ma petite idée sur la question. Maintenant, suis-moi et allons voir si elle se confirme.
- Et Monsieur pense également savoir qui est la personne qui a laissé ces différentes empreintes ?
- Je le pense aussi, oui. »
Severus s'avança dans le jardin d'hiver, entre les plantes et les arbres en pots, qui formaient de hauts murs de végétaux.
OoOoOoOoOoO
Le sable clair de l'allée crissait sous ses bottes. Au bout de quelques mètres, l'allée se divisa en trois voies. Eclairant d'avantage les lieux, Severus constata que chaque chemin se divisait à nouveau.
« Bien, réfléchit-il à haute voix, le Manoir est derrière nous, au sud, si je ne me trompe pas – Pointe au Nord ! » . La baguette d'ébène posée sur la paume ouverte pivota sur elle-même pour indiquer la direction opposée.
« C'est bien cela. Mais quelle direction prendre ?
- Dobby ne sait pas, Monsieur. Peut-être vers la droite-à l'est- puisque Maître Pius a été trouvé de ce côté ?
- Bonne idée. Allons vers l'est.»
Severus bifurqua vers la droite. De nouveau, trois allées se présentèrent à eux. Ils décidèrent d'ignorer celle de droite – qui retournait vers le sud et était un retour sur leurs pas, et optèrent pour l'allée centrale. Au bout de quelques mètres, ils se heurtèrent à un véritable mur végétal. Rebroussant chemin, ils prirent l'allée de gauche – au nord.
Après plusieurs détours, ils débouchèrent sur une nouvelle allée. « Pointe au Nord » murmura Severus. « C'est bien cela, c'est l'allée que nous avons prises au début. Le Manoir est à gauche. Prenons au Nord. »
Le sorcier et son compagnon reprirent leur marche. Un déplacement soudain de la haie les contraignit à rebrousser une nouvelle fois chemin, et à emprunter la voie qui se dirigeait vers l'ouest.
« Bon sang, par les chausses de Salazar ! C'est à l'opposé de l'endroit où l'on a trouvé Pius ! » grommela-t-il en libérant Dobby de l'attaque d'une tentacula vénéneuse particulièrement vindicative. Un peu sonné, l'elfe se tint désormais à proximité du Maître des Potions.
Ils poursuivirent leur route en silence. « Là ! Maître Severus, qu'est-ce-que c'est ? »
Severus s'approcha et s'accroupit auprès de l'objet que lui avait désigné l'elfe.
« C'est bien ce que je pensais… Vois ces bottes en caoutchouc, dit-il en les retournant.
- Ce sont les mêmes semelles que celles qui ont laissées leurs traces dehors, Monsieur, et il y a de la boue dessous ! Mais cela ne nous indique pas qui les portait….
- Je pense le savoir, Dobby. Rappelle-toi les empreintes près de la trappe.
- Petites et étroites ? On aurait dit….celles du Seigneur des Ténèbres ? Mais justement, il a les pieds trop fins pour chausser ces bottes…
- Sauf s'il a gardé ses chaussures dans les bottes !
- Oh ! Oui, Monsieur a probablement raison ! Tout concorderait alors, la taille des pieds, l'espacement des pas… »
Severus et Dobby se dirigeaient maintenant vers l'ouest. Les allées tortueuses et les brusques déplacements des haies les ayant contraints à plusieurs reprises à se réorienter.
« Pointe au Nord » scanda une nouvelle fois Severus. « Ça y est, nous nous dirigeons enfin vers l'est ! ». Il fit un nouveau pas et s'arrêta, sentant sous son pied la présence d'un objet rigide.
Se penchant, il saisit entre ses doigts une fine baguette de coudrier, qu'il reconnut aussitôt. « La baguette de Pius, sourit-il, j'étais sûr qu'il était venu ici. Et je suis pratiquement certain que c'est ici qu'il a été tué.
- Comment Maître Severus peut-il en être sûr ?
- Rappelle-toi. Sous les ongles de Pius, qu'avons-nous trouvé ?
- Du sable blanc ! Comme celui qui couvre les allées de la serre ! Si Maître Pius a été étranglé ici, qu'il est tombé par terre, il a dû griffer le sol avec ses doigts, d'où la présence du sable, conclut Dobby triomphalement.
- Je crois que c'est exactement ce qui s'est passé. » approuva Severus.
Il glissa la baguette dans sa manche avant de reprendre sa progression silencieuse.
Une lueur au loin l'incita à s'arrêter. Il jeta un sort de désillusion sur sa personne et sur Dobby, ainsi qu'un sort de silence, puis éteignit sa baguette.
Devenu invisible aux yeux de tous, ils s'approchèrent de la source de lumière.
OoOoOoOoOoO
Une longue silhouette noire se tenait devant une large table de bois.
Un corps immobile était étendu sur le plateau. L'homme qui se tenait debout, vêtu d'une longue cape dont les plis tombaient jusqu'à terre, dressa son bras et brandit une baguette au-dessus de la forme allongée.
Severus vit s'élever dans les airs un petit carnet de cuir noir, dont la couverture semblait avoir été éventrée. Des gouttes sombres s'écoulaient par la déchirure.
L'homme prononça quelques paroles qui semblèrent à Severus un sifflement horriblement familier.
Lové aux pieds de son maître, le serpent se dressa et se mit à glisser sur l'homme qui poussa un hurlement déchirant.
Soudain, un craquement sonore retentit. Dobby s'était avancé vers la scène, et, sous le coup de l'émotion, avait involontairement brisé les sorts qui le protégeaient.
La silhouette noire se retourna lentement vers l'elfe pétrifié par la stupeur.
Severus, toujours protégé par le sort de désillusion le reconnut.
Tom Elvis Jedusor. Lord Voldemort.
Ainsi qu'il l'avait deviné, c'était bien lui.
« Tiens, un elfe, ricana le mage noir de sa vois sifflante. Que fais-tu là ? »
Dobby, toujours immobile, secoua ses oreilles d'un air terrifié.
Voldemort brandit sa baguette vers lui. « C'est extrêmement ennuyeux que tu m'aies vu ici, fit le sorcier en tournant autour de l'elfe. Que vais-je faire de toi ?
Dobby ne dira rien, bredouilla l'elfe. Dobby n'a rien vu….
«Hmmm…mais je te reconnais, tu es l'elfe qui a réussi à se faire libérer par ruse par Lucius Malfoy….Tu n'as plus de maître. Comment pourrais-je croire à tes promesses ?»
Dobby recula d'un pas. « Rien. Dobby n'a rien vu. »
« Incarcerem ! » hurla Voldemort en liant l'elfe de cordes magiques. « Je crois que tu vas m'être utile...J'ai encore besoin d'êtres vivants pour mes rituels…après tout, un elfe ou un moldu ! Tu me seras d'une grande utilité pour recréer l'horcruxe que ce petit imbécile de Harry Potter a détruit !
- Harry Potter n'est pas un imbécile, cria Dobby.
- Hahaha ! Bien sûr que si ! Parce que, même s'il a pu sauver cette petite péronnelle en plantant un crochet de basilic dans mon journal, en lui causant de graves dommages, ceux-ci ne sont pas irrémédiables…puisque j'ai créé six horcruxes, et que grâce à un rituel ancien, je vais pouvoir régénérer celui qui était dans le carnet !
- Le Seigneur des Ténèbres est un monstre, hurla l'elfe, il pourra faire tout ce qu'il peut, mais il ne sera jamais aussi puissant que Harry Potter !
- Tu crois cela, misérable créature. Regarde, ajouta-t-il avec un rire glacial. Endoloris ! »
Sous la puissance du sort, Dobby se tordit de douleur. Avec un rire dément, Voldemort s'apprêtait à renouveler la torture, lorsqu'un éclair rouge surgit d'une allée en direction du plafond de la serre.
Sous l'effet d'un « Confringo » informulé, que Severus avait jeté, l'immense verrière se brisa et s'effondra, faisant pleuvoir une multitude d'éclats de verre.
Poussant un cri de rage, Voldemort transplana avec Nagini, tandis que Severus, se saisissait du moldu inanimé et de Dobby avant de disparaître à son tour.
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Avec un choc sourd, le sorcier et ses compagnons s'affalèrent dans la couche neigeuse qui recouvrait le square devant le quartier général de l'Ordre.
Alors que Dobby reprenait ses esprits, Severus examina rapidement le corps de l'homme qu'il avait emporté. Avec soulagement, il constata que, bien qu'il fut inconscient, il ne paraissait pas gravement blessé.
Du bout des doigts, il palpa le vêtement, et ne fut pas surpris d'y découvrir un objet dur, plat et de forme rectangulaire.
Severus ouvrit le veston et, glissant la main sur le cœur qui battait faiblement, en ôta le petit carnet de cuir qu'il montra à l'elfe. « Oui, Maître Severus, c'est bien le carnet que Maître Lucius avait jeté dans le chaudron de Miss Weasley !
- Bien, au moins, cet horcruxe-là n'est plus en sa possession.
- Quel soulagement ! Qu'est-ce que Maître Severus va faire de ce moldu, maintenant ? »
- Severus observa la victime. « Un sort d'oubliette devrait suffire…
- Mais, Monsieur, il va mourir de froid, s'il reste ici !
- Mfff , grogna Severus, puisque tu y tiens, je vais ajouter une petit sortilège de réchauffement…
- Merci Monsieur ! Maître Severus est vraiment très bon ! Dobby comprend pourquoi Celle-Dont…Miss Hermione tient tellement à Monsieur »
Le sorcier haussa les yeux au ciel, mais s'autorisa un léger sourire , tout en jetant les sorts appropriés sur la silhouette allongée.
Puis, accompagné de Dobby, il se dirigea vers le 12 square Grimmaurd, où ils entrèrent après s'être annoncés.
Severus pénétra dans la cuisine où se tenait l'Ordre du Phénix au grand complet.
« Et bien, Severus, commença Albus Dumbledore, as-tu pu éclaircir quelque peu les faits qui se sont produits dans le Wiltshire ? Le Daily Prophet a mentionné la mort de Pius Thickness – non pas que ce soit une perte irréparable- mais y avait-il un lien avec les faits qui t'ont amené là-bas ? »
Severus sortit de sa poche le carnet et le posa au centre de la table. Des exclamations fusèrent de toutes parts. « Le journal de Jedusor ! » s'exclama Harry.
« Mais que fait-il en ta possession ? » interrogea le Directeur de Poudlard stupéfait.
Severus échangea un regard et un sourire avec Hermione avant de commencer son récit.
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FIN
L'histoire ayant été inspirée par "Le Nom de la Rose", le casting est le suivant:
- Severus Snape est Guillaume de Baskerville
- Dobby est Adso de Melk
- Lucius Malfoy est Abbon
- Tom Elvis Jedusor alias Lord Voldemort est Jorge de Burgos
- Bellatrix Lestrange est Ubertin de Casale
- l'elfe Althie est Alinardo de Grottaferrata
- Goyle (père) est Salvatore
- Pius Thickeness est Venantius
Le carnet est le livre maudit (la Poétique d'Aristote)
Le jardin d'hiver est la bibliothèque
La confusion que Severus fait entre la chambre noire (pièce) et la Camera obscura (appareil photo), est un clin d'oeil à celle que fait Guillaume de Baskerville sur le terme idolum qui signifie à la fois idole et miroir.
Une review?
