Kostyum ne geroy

Auteur : Angelscythe

Genre : Sombre, un peu drama, humour (j'espère…) shonen-ai, romance

Couple : Stucky !

Disclaimers : Les personnages appartiennent à euh… Jack Kirby, Joe Simon et peut-être Stan Lee… j'ai bon ?

Note : L'idée de base de cette fic m'a été donnée par mon oiseau des îles alias Sailor Sweety !

Note 2 : Les passages en italique/noir sont ceux où Jacques parle français (histoire de ne pas toujours me répéter)

Note 3 : Merci au Mongol pour ses corrections !


PARTIE I

CHAPITRE IX : Près du froid de l'hiver

Trois semaines plus tard

De l'agitation, un coup dans son lit de camp et des gémissements réveillèrent brusquement Steve. Encore.

Si souvent.

Il se leva de son lit, alluma la lampe à huile et s'agenouilla devant le lit de Bucky avant de souffler son nom. Comme il gémissait toujours, il le secoua doucement, éloignant sa main dès que le geste était fait.

Une lame virevolta dans l'air, une respiration ahanante flotta à ses oreilles mais il ne dit rien. Il avait pourtant à craindre. Bucky était très doué avec un couteau. Avec à peu près tout ce qu'il désirait utiliser à vrai dire.

- Bucky… C'est moi. Steve.

- Steve.

- Encore ces cauchemars ?

Steve approcha ses doigts de son ami qui sourit et opina légèrement, acceptant le contact, non sans le suivre des yeux.

- Ils ont augmenté depuis trois semaines. Depuis…

Bucky secoua la tête puis serra sa main sur celle de Steve pour qu'elle reste contre sa joue.

- Tu n'en parles jamais. … Tu évites de parler d'HYDRA, et je ne devrais même pas la mentionner, tu ne veux jamais…

- Non. Dit Bucky en resserrant sa main. Je sais que je n'en parle jamais, que je passe mon temps à m'énerver contre toi. Je suis sur les nerfs mais pas incapable. Tu veux que je me repose. Mon Dieu, Steve, je me reposerai quand on sera à Brooklyn.

Steve le poussa doucement pour se glisser dans le lit d'appoint à son côté. Bucky se recula, tombant presque de son côté. Mais il se resserra contre Steve parce qu'il avait besoin de sa chaleur.

- Dans notre appartement. Sourit le blondinet. Comme tu le voulais.

- Toi aussi.

- Oui.

Il sourit légèrement.

- Bucky… Je ne t'en veux pas. Tes réactions sont normales. C'est normal que tu sois énervé. Je n'aime pas que l'on se dispute et je ne dis pas que « parce que c'est pour toi, j'en raffole », je dis seulement que je peux supporter tout ça tant que tu m'aimes.

- Alors ça va, je peux te faire passer encore plus de sales quarts d'heure.

Le super soldat rit doucement puis se pencha vers lui. Bien sûr, il le laissa combler la distance, il le laissa coller leurs lèvres ensembles et guider le baiser. Il se contenta de le resserrer. Deux mois que c'était comme ça… Deux mois qu'il subissait les cauchemars, les colères, les paniques de Bucky. Mais il était là pour lui. Et c'était tout ce qui comptait.

Il n'avait pas menti. Il pouvait tout endurer parce qu'il chassait ses cauchemars, parce que c'était contre lui qu'il s'énervait, parce qu'il le rassurait. Bien sûr, le sommeil manquait, il avait des fois envie de l'étrangler ou de lui rappeler que tout n'était pas de sa faute à lui et qu'il devait arrêter de le blâmer, il voulait juste fuir lorsqu'il paniquait ou se dénigrait, les jours où ça n'allait vraiment pas. Ce n'étaient que des envies, de maigres soucis.

Peut-être que ça s'effacerait lorsqu'ils seraient chez eux.

- Je te fais subir beaucoup de choses. Tu ne devrais pas rester.

- Je n'en ai pas envie. Puis… Je t'ai supporté plus de dix-sept ans ! Tu crois que je ne peux pas continuer ?

Bucky rit.

- Non. Je sais pertinemment que tu peux continuer et je le veux.

Il appuya son front contre le sien.

- J'aimerais que tu saches… que peu importe ce que je te dirais, je t'aimerai toujours. Je t'aime depuis toujours.

Steve ne répondit pas immédiatement. Bien sûr que Bucky l'aimait et il n'en doutait pas une seule seconde. Ce en quoi il doutait, par contre, c'était en la force de sa haine pour Captain America.

Est-ce que c'était lui qui était une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hyde ou était-ce son compagnon ?

Peu importe.

- Comment tu te sens ?

- Un peu mieux. Répondit Bucky.

- Tu veux parler de quelque chose ? De… ça ou de n'importe quoi.

- N'importe quoi, c'est bien. Pourquoi pas…

Ils avaient parlé de tellement de choses ces nuits. Le passé, les envies de futur, encore le futur mais aussi le présent. Des fois, c'était juste entendre la voix de l'autre. Se répéter de vieux contes, se faire la lecture. Steve avait déjà remarqué que sa voix ou ses yeux seulement suffisaient à Bucky pour se calmer. Mais lui aussi, il aimait l'entendre parler. Ça faisait simplement du bien.

- Qu'est-ce que tu aimerais manger demain ?

Steve rit et posa un baiser sur son font.

- Plus cette infâme tambouille.

- Je suis presque sûr qu'on devra en manger. Répondit Bucky.

- Je regrette terriblement d'être venu ici rien que pour ça.

- Rien d'autre ?

- Je tue plus que je ne le pensais… Mais ça ne me gêne pas. Pas autant que je le redoutais. Se rectifia-t-il.

- Je ne suis pas le seul qui ai le droit de pleurer dans les bras de l'autre. Rappela le Sergent en lui caressant la joue. Je m'en doutais, que ça t'affecterait, reconnut-il, mais tu ne m'en parlais pas.

Steve ferma les yeux, pressant un peu plus son front contre le sien.

- Eh bien… C'est juste pénible. Prendre des vies et devoir faire semblant que ça ne m'affecte pas. Je n'aime pas la violence. Mais pour que le Monde soit meilleur, il faut passer par là. Je n'aime vraiment pas ça. Je ne sais rien d'autre.

- Moi aussi. Mais on est obligé. Je me bats quotidiennement pour être sûr que tu ne meures pas… Alors ça vaut la peine.

- Je pense pareillement. Répondit Steve.

Il frotta légèrement son front contre le sien ce qui tira un léger rire à Bucky. Puis les discussions s'enchaînèrent, virevoltèrent et ce jusqu'à ce que la fatigue les frappe et les oblige à simplement s'endormir.

La journée qui suivrait serait pénible.

µµµ

- Capitaine !

Le rideau de la tente fut brusquement poussé. Steve sauta littéralement hors du lit d'appoint de Bucky et s'effondra sur le sol gelé. Il leva la main vers Nick qui se tenait à l'entrée, déjà vêtu.

- Tu es fort matinal. Félicita le blondinet.

- Et vous…

- Tu peux me dire que je ne le suis pas. Rit Steve. Pas trop en retard ? S'assura-t-il toutefois.

- Non. Mais le train que nous attendons devrait passer à douze cents.

- Et nous devons encore franchir la montagne. Releva Rogers.

Il se passa la main sur le front, toujours assis sur le sol gelé. Bucky s'était redressé sur le coude et le regardait, amusé.

- Il faut qu'on se prépare. Tout le monde est déjà prêt ? S'enquit le supérieur.

- Oui. On n'attendait plus que vous.

Nick sourit avant de fermer la tenture. Bucky se pinça les lèvres pour retenir un rire. Il se pencha sur Steve qui voulut l'embrasser mais rencontra sa main.

- Hum… Grogna le blondinet. Oui, la mission a commencé. Pas de baiser avant qu'elle ne soit finie.

- Ça te motivera à la réussir. Se moqua Bucky en se levant.

Il lui tendit la main en souriant. Captain America se hâta de la lui saisir, maximisant les contacts autant qu'il pouvait.

- Toi aussi. Titilla-t-il en retour. Tu te sens bien ? Questionna-t-il à voix basse lorsqu'il fut debout.

- Oui, ça va. Merci de t'en soucier.

Bucky lissa son pantalon et remit ses cheveux en arrière, les arrangeant comme il pouvait avant de retirer deux paires de chaussettes qu'il fourra dans la poche intérieure de sa veste qu'il enfila. Il vérifia ensuite son armement. Couteau, revolvers, mitraillette, parfait… S'ils réussissaient cette mission, ils pouvaient bien abréger tout cela en un temps record. Rentrer, se reposer… Oui, il ne l'avouerait pas mais ça lui ferait vraiment du bien de s'arrêter un peu.

Il se tourna vers Steve qui enfilait sa tenue. Il ajusta son casque et tira la fermeture éclair du costume. Comme Bucky avant, il vérifia qu'il avait des revolvers, qu'il n'oubliait pas son bouclier et… maudit un peu Howard Stark pour le coup. Bien sûr cette tenue était résistante, le protégeait des explosions, des lames et des tirs mais là, il avait un peu froid. Mais trop d'orgueil pour l'avouer. Ou… trop l'envie d'impressionner son amoureux. Il n'y avait pourtant plus vraiment besoin. Il avait vu que c'était un bon soldat, un Capitaine qui méritait ce titre même s'il l'avait à la base obtenu en tant que singe-danseur.

- Prêt ?

- Prêt. Répondit le brun.

Steve rabattit les lits d'appoint, les enfourna dans un sac et ce pendant que Bucky s'occupait de remballer la tente. Ils avaient à peine refermé le paquetage que le blondinet le jeta sur son épaule par-dessus son bouclier. La montagne était toute verglacée mais si on se penchait un peu, qu'on se déplaçait de quelques mètres à peine, on voyait un chemin de fer.

- Messieurs, en formation. Ordonna le Capitaine. Nick à l'avant pour ouvrir la voie, suivi de Dum Dum Dugan pour parer toute attaque, Gabe et Jim occupez-vous de la radio à vous deux. Montey, Frenchie, sur les côtés pour surveiller des attaques. Bucky et moi-même nous occuperont de l'arrière.

- Oui, Capitaine. Résonna la voix de sept hommes.

Ils commencèrent immédiatement leur ascension. Falsworth et Jacques vérifiaient les côtés mais aussi que leurs amis n'avaient pas besoin d'aide. Que ce soit pour tenir l'énorme machine ou pour prendre des appuis. Chacun avait des gants, des piolets ou même des crampons à ses chaussures mais c'était pénible de gravir cet enchevêtrement sans fin de rochers…

Presque sans fin.

Ils finirent tout de même par arriver en haut et ils auraient parfaitement pu contempler ce paysage idyllique si les rails, le sens du travail et le stress ne leur avaient pas rappelé leur mission.

Alors ils avancèrent, descendant les talus avec encore plus de prudence. Dès qu'ils trouvèrent une esplanade suffisante, ils s'arrêtèrent, stabilisèrent la radio et cherchèrent une fréquence optimale. James s'avança pour vérifier les environs. Rien pour l'instant. Juste le grésillement insupportable de la radio qui cherchait la fréquence tellement désirée.

Dum Dum s'avança et arma le grappin. Il avait une chance. On lui faisait confiance. Il tira. La ficelle fila vivement dans l'air froid. Ils n'entendirent pas la paroi être touchée mais le câble, déjà attaché de l'autre côté, se tendit.

- Bravo. Félicita Steve. Nous devons savoir qui viendra. Combien pourront y aller ?

- Seulement deux ou trois. Répondit Nick.

Le blondinet jeta un coup d'œil à son amant.

- Moi j'en suis. Lança Jacques.

- Pareil. Dit Gabe en levant la main, l'autre tournant toujours la radio.

- Moi aussi. Enchaîna Jim.

- J… Commença Bucky.

- On dirait que tout le monde veut en être. Rit Dum Dum.

- Nick et moi n'avons pas répondu. S'amusa James.

- Pierre, papier, ciseaux ? Plaisanta Steve.

- On a bien le temps. Certifia Morita.

Ils rirent, appréciant cette détente qui leur était gracieusement accordée. Peu de détente avant une mission bien compliquée. Si cruciale.

Steve regarda les parties jusqu'à ce que Bucky et Gabe soient tirés au sort. Il échangea un coup d'œil avec son compagnon qui lui sourit. Le Hasard et le Destin étaient visiblement de leur côté. Captain America n'avait pas plus confiance en quelqu'un d'autre que lui…

Alors ils attendirent. Chacun ayant de quoi glisser le long du câble. Le Sergent eut un petit rire amusé.

Ça lui rappelait le Grand Huit de Coney Island