Salut à toutes !

Voilà le huitième chapitre. Je suis bien consciente qu'il a tardé à être en ligne, mais bon, que puis-je vous dire pour m'expliquer ? Que je n'avais plus d'inspiration, plus d'envie d'écrire ? Que facebook, Messenger et autre m'ont prit tout le peu de temps libre que je passe derrière mon pc ? C'est sans doute ça oui, mais ce chapitre est bien là, alors lisez le et faite moi part de vos avis :).

Merci à toutes les revieweuses (les anonymes, donnez moi une adresse ou vous répondre si vous le souhaitez), merci à celles qui mettent la fic en favoris ou en alert, merci de votre compréhension pour ma petite note que j'ai oublié avec le temps (honte à moi !) et merci pour vos encouragements !

Le prochain chapitre n'est pas écrit certes, mais j'espère que je serais d'attaque pour vous le poster dans un laps de temps raisonnable (enfin on se comprend).

Sur ce, une bonne lecture.

Briséis Black


Chapitre 8 : La rentrée

Némésis se trouvait dans le dortoir, occupée à recouvrir d'affiches et de photos les murs qui entouraient son lit. Lorsqu'elle me vit entrée, elle interrompit aussitôt ses gestes. Ses yeux vert clair encadraient dans de longs cils noirs graciles me détaillèrent, cherchant sensiblement la faille, le temps que je mettrais pour exploser, mais j'allais bien pour le moment… enfin j'espérais.

« Tu ne dors pas ? demandais-je aussi en allant ouvrir ma grosse valise.

- Non, non, lança-t-elle en enfilant un pyjama aux couleurs des Harpies de Holyhead. Tu t'es réconciliée avec Black et Potter ? »

Je marquais un temps d'arrêt. Je suppose que je devais déjà être reconnaissante à Némésis d'avoir eu le tact de ne pas me pousser dans mes retranchements aussitôt que ce fait c'était révélé à elle.

« Oui, marmonnais-je. Certaines choses rapprochent les gens… »

Un compte rendu détaillé en omettant volontairement certains faits aurait occupé la plus grande partie de la nuit et c'était au-dessus de mes forces. Et puis, Némésis n'était pas quelqu'un de curieux sur ces choses là, elle se contentait d'observer et de comprendre les choses d'elle même.

« Et toi tu es bien rentrée ?

- Oui, oui, ça c'est bien passé, affirma Némésis avec un petit rire. »

Je lui jetais un regard significatif pour qu'elle prolonge.

« J'ai eu une dispute avec Rabastan. Rosier est venu s'interposer en laissant en plan Smith. »

Rabastan…

« Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? demandais-je. »

Némésis ne répondit pas tout de suite. Elle semblait beaucoup trop occupée à s'assurer que son affiche représentant l'équipe de Quidditch des Harpies de Holyhead était bien droite. Enfin, me tournant toujours le dos, elle dit :

« Rabastan voulait savoir où tu étais.

- Pourquoi ? »

Postée derrière le paravent du dortoir, en train d'enlever précautionneusement ma robe de sorcière en rabattant mes cheveux sur mon cou - endroit ou Sirius m'avait déposé un suçon -, j'interrompis mon geste.

« Il voulait aussi savoir quand tu reviendrais ici. »

Némésis se détourna de son affiche et retira un élastique de sa commode, en prenant soin de ne pas me regarder.

« C'est tout ? demandais-je avec calme. »

Elle finit de s'attacher les cheveux en une queue de cheval basse pour répondre.

« Eh bien, dit-elle d'une voix posée, j'imagine que deux ou trois insultes ont passées mes lèvres. Tu sais comme moi combien il m'insupporte.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Eh bien, répéta-t-elle en continuant d'éviter mon regard, il… euh… enfin, il voulait te parler et je lui ai dit que tu étais avec Sirius ! »

Je notais bien le changement du « Black » au « Sirius » ironique et mièvre, et Némésis leva ses yeux clairs vers moi.

« Il a commencé à s'énerver, énuméra-t-elle sur ses doigts, je l'ai insulté, il m'a répondu et Rosier est arrivé. Voilà. »

Je soupirais doucement, de dépit mais ne m'énervais pas. Aurais-je fait pareil si cela avait touché de prés Némésis ou une autre personne à qui je tenais ? Oui.

Cependant…

« Tu n'aurais pas du faire ça, Némésis. Tu sais autant que moi que nos soupçons sur ce que deviendront certains de nos camarades à la sortie de Poudlard ne sont pas infondés… »

Elle ricana devant mon air préoccupé.

« Oui, oui, je sais tout ça. Maintenant, raconte-moi ce qu'il s'est passé avec Mulciber que je puisse comprendre cette souillure ! »

Je finissais d'ôter ma robe de sorcière, la fourrais d'un geste lent dans ma valise proche et mis un pyjama propre que j'avais emporté du manoir. Je me glissais ensuite sur le lit de Némésis et lui fis face.

« Je vais te raconter, oui… »

Et je lui racontais ce qu'il c'était passé le jour du mariage auquel j'avais été forcée de me rendre par mon père, histoire de faire bonne impression auprès de Cassandre avec qui il avait toujours entretenu une bonne entente quand elle était enfant. Je lui expliquais en détail la bagarre à laquelle Landon avait prit part en premier, simplement pour défendre une idéologie qu'il avait sur moi. Réclamer les excuses de Mulciber à mon égard, ah ! Quel cousin au sang-pur j'avais ! Ainsi je lui racontais que bien avant, je m'étais mêlée à des affaires auxquelles Mulciber participait, à moitié défoncé… Je lui racontais comment j'avais été alerté par la voix gémissante d'une fille qui se débâtait légèrement, trop faible pour dire à des gamins à peine pubères et leurs ainés qu'elle n'était pas intéressé par l'un d'eux… Je lui racontais comme ma bague aux armoiries de ma famille avait été oublié sur le lavabo ou j'étais en train de me laver les mains avant que je n'entende la fille… Je lui racontais comment était venu m'aborder Mulciber alors que mon cousin était à mes côtés, essayant d'entamer une conversation plaisante…

Finalement, je m'étais mise à dos l'un des Serpentard de notre année encore plus qu'auparavent en aidant cette inconnue prise aux mains des comparses de Mulciber…

« Qui était-ce finalement, une étrangère ou une élève de Poudlard ?

- Je connais quasiment tout les élèves de sixième et septième année, maisons confondues, fis-je, songeuse. Et cette fille avait l'air d'une étrangère oui… Sans doute est-elle scolarisé à Beauxbâtons, l'école de sorcellerie française vu l'accent français qu'elle avait…

- Bien. Et qu'as-tu pensé de leurs intentions ? »

Je ne me laissais guère le temps de réfléchir, tout était clair pour moi :

« Crois-moi, Némésis, si je te dit qu'ils l'auraient violés, ils l'auraient violés.

- Tous ? demanda-t-elle avec impassibilité.

- Les gamins je n'en sais rien, fis-je, songeuse, mais ceux qui accompagnaient Mulciber oui.

- Et Mulciber ? reprit-elle.

- Il m'a clairement fait entendre que ce qu'il aurait fait ou pas ne me regardais pas. »

L'accusation qui sortit de ma bouche avait des accents haineux et ardent, Némésis ferma les yeux, doucement, lentement, et serra la mâchoire.

« Bien, on ne s'approchera plus de lui alors.

- On verra, lançais-je. Ne compte pas sur moi pour me taire ou faire semblant de rien face à lui.

- C'est bien ce qui m'inquiète, murmura-t-elle d'une voix à peine audible alors que je quittais son lit pour le mien. »

x X x

« NON !

- Callista ! Callista, réveille toi ! »

Une voix dure, inquiète. Je bougeais fébrilement dans mon lit, me débattant avec le drap qui s'était enroulé autour de moi à force de bouger pendant mes élucubrations nocturnes. Je me redressais alors brusquement, le souffle sifflant, les poumons à sec, avec une respiration haletante comme si j'avais plongé pendant plusieurs minutes dans l'eau sans air. J'avais les yeux grands ouverts, regardant droit devant moi, ma poitrine haletante. Une main sur mon épaule me permis un retour vers la raison, j'essayais de respirer plus lentement… Je finis par me calmer et tournais la tête vers Némésis.

« Némésis ? dis-je d'une voix encore sifflante. Qu'est-ce que tu fais ici ?

- Tu m'as réveillée, me répondit-elle, semblant préoccupée par mon état.

- Excuse moi, déclarais-je dans un souffle.

- Tu vas bien ?

- J'ai eu droit à un cauchemar semble-t-il, répondis-je d'une voix lugubre, mais rassure toi, je vais bien. »

Némésis acquiesça lentement, m'observant de ses yeux vert inquisiteurs.

« De quoi as-tu rêvé ? demanda-t-elle. »

Un instant, j'observais ses traits si ressemblant à ceux de sa sœur Amelia Bones qui grandissait dans la sphère du Ministère. Serait-il possible de lui dire que j'avais rêvé de cette nuit fatidique ? Serait-il possible que je lui raconte que ce rêve me ramenait directement dans ce purgatoire qu'était la zone fantôme ? Non, assurément pas. Il y a des choses dans notre monde, des choses qu'il ne faut pas dire, j'avais tiré cette leçon quelques mois plus tôt quand j'avais dû moi-même aidé Landon avec ce même purgatoire. Et avoir fait une petite viré dans les routes fantômes faisait aisément parti des choses à ne pas dire. Ça l'effraierait.

« Je revois des choses déplaisantes, répondis-je pour l'épargner. Mais ça va… Tu devrais aller te recoucher. »

Le cadran de la petite horloge que j'avais emporté m'indiqua qu'il était cinq heures passé.

« Tu es sûre que tout va bien ? Je pourrais rester avec toi. »

Je tiquais. Est-ce que Némésis était vraiment en train de me proposer ça ? Ce n'était vraiment pas dans ses habitudes d'être prévenante. J'avais vraiment dû être comme dans mon rêve, paniquée.

« Je te l'assure Némésis. De toute façon, je n'arriverais pas à me rendormir. »

Ou plutôt, je ne tenterais pas de le faire.

Némésis ne parut pas pour autant rassurer mais elle acquiesça tout de même et reparti dans son lit pour se recoucher. Elle ne mit d'ailleurs pas longtemps pour se rendormir, ou du moins, j'espérais que c'était le cas. Quand à moi, je préférais me lever. J'étais ruisselante de transpiration, mon habit de coton me collait au corps et sortir de mes draps me fit presque chanceler - je fus obligé de rester un moment assise sur le bord de mon lit pour reprendre un semblant de contenance. Je me relevais et me dirigeais alors vers la fenêtre encastré dans le mur de pierre ou je posais mon front moite. Dehors, il faisait nuit noire, et la vue de l'eau du lac m'apparaissait calme. Le contraste avec la température polaire de la vitre me remit les idées en place.

Mes pensées dévièrent vers Sirius.

Peu après, à l'abri derrière les pans de mon baldaquin, je bus une gorgée craintive de la potion que j'avais acheté - le Cedenmornia. Landon me l'avait déjà faite acheté pour lui il y a quelques mois, j'aurais donc du faire comme lui, j'aurais du la consommer dés mon achat.

Ça m'aurait évité de tels troubles nocturnes.

N'ayant crainte de rien d'autres que ces flashbacks dans le passé, j'avalais le reste au goulot.

x X x

Un silence incertain accueillit mon arrivée dans la salle commune. Ma main caressa le bois de la rambarde de l'escalier avant que je n'arrive à la dernière marche, laissant là mon bras retomber.

Je notais d'un coup d'œil circulaire qu'Avery était assis sur l'un des fauteuils de cuir, au centre, faisant face à celui que Mulciber occupait. Mulciber… Une révulsion amère et incontournable me fit légèrement m'attarder sur l'individu ; au souvenir de notre animosité commune je me rappelais qu'elle ne datait pas d'hier. Mon examen poussé accapara d'autant plus l'attention d'Avery, dont la silhouette n'était que raide et rachitique - l'été ne lui avait donc pas profité ? Dans un mouvement qui se voulait neutre, celui-ci accorda de nouveau son attention sur Mulciber alors que je commençais à les dépasser à pas rapide, le visage fermé.

J'avais presque envie d'écouter leurs pensées, rien que pour voir ce qu'ils pensaient, mais…

« Carter, ça fait des siècles que je ne t'ai pas vue ! s'exclama une voix masculine. Où est-ce que tu cours comme ça ? Viens, approche ! »

Mes pas cessèrent.

Kellan West, lequel venait de m'interpeller, exhala une bouffée de fumée et lança avec un plaisir non dissimulé :

« C'était du lourd ce que tu as fait ce soir-là tu sais…

- Aucun tact, constatais-je sans grand sentiment avant de pivoter pour lui faire face. »

Il regarda autour de lui avec satisfaction. Je fis de même d'un regard consciencieux.

La pièce avait toujours le même cachet ancien que j'avais revisité hier soir, avec de grosses poutres foncées au plafond et de bons vieux meubles en harmonie avec son atmosphère froide, voir peu chaleureuse. D'où le coup d'œil approbateur et quelque peu ironique de Kellan West. Joueur de Quidditch depuis mes débuts dans l'équipe en troisième année, il aimait faire savoir ses opinions. Il était assis, très droit, la tête incliné vers ma personne, dans un fauteuil de cuir ancien et vieilli par l'usure du temps. West portait son uniforme d'une façon très décontracté qui laissé apercevoir les principaux traits de sa personnalité débraillée. Il tenait entre ses mains un joint roulée à la main contenant sans aucun doute une herbe ou autre résine néfaste, et, de ses yeux bleu très pâle, il observait avec une aimable bienveillance ma silhouette stoppée dans son élan.

Impassible, je l'observais encore, lui et sa carrure imposante de sportif, cherchant quelque chose à lui dire. Vint alors un fin rictus sur mon visage. J'avais trouvé.

« Tu fumes toujours, constatais-je.

- Bones n'est pas avec toi ?

- Elle finit de s'habiller. »

Son sourire que j'interprétais comme lié à un fantasme n'eut pas lieu d'être. J'enchaînais :

« Si Flint acceptait tes petits vices avant d'entrer en compétition, je ne les tolérerais pas, West. »

De part et d'autre de lui se trouvait d'abord Joyce Marple, l'artiste aux cheveux noirs et courts et aux yeux d'un bizarre vert noisette, et ensuite venait cette parfaite petite fille dont le visage était inconnu à ma mémoire. Après avoir accordé un instant d'attention à ces différentes personnes, je retournais mon regard vers West, avec un sourire que j'espérais tranquille.

« Tu cherches à lui refiler ton vice ? »

Pour toute réponse, West éclata d'un rire bourru.

« Que dis-tu ? Tu parles de la gamine ? »

Son ton affectueux me perturba. Je reportais une fraction de seconde mon attention sur la première année - car ce devait forcement en être une - afin d'étudier ses traits harmonieux et ses manières, elle vira très rapidement au rouge cramoisi sous l'intensité de mon regard. Et, alors que je ne m'y attendais pas, West tira la gamine en tendant simplement la main et la fit assoir sur ses genoux avant de se redresser tant bien que mal - la fille toujours sur ses genoux - et de jeter d'un geste impulsif sa cigarette dans le feu.

« C'est ma sœur, Carter, m'apprit-il comme il passait une main amusée dans la crinière brune de la gamine. »

Un mouvement vers les escaliers des dortoirs masculins m'alerta. Rabastan et les autres n'allaient pas tarder à approcher par là.

« Elle a les mêmes yeux que toi c'est vrai… Écoute, je te vois plus tard, West… »

Joyce Marple et West ne firent pas de commentèrent mais se retournèrent rapidement pour constater l'objet de mon attention.

« Si Némésis me cherche dis lui que je serais dans la grande salle.

- Je le dirais à Bones, accepta-t-il aimablement. »

Je le remerciais automatiquement et reculais pour partir. Cependant, à mi-chemin je me retournais pour me rapprocher de West et lui souffler d'une voix basse et pressée :

« Au fait, tu es titulaire dans l'équipe, tu as donc toujours ta place de batteur. »

Je ne lui laissais pas le temps de répondre que déjà, alors que j'interceptais un regard d'encre aux reflets bleutés, celui d'Evan, je me retirais rapidement de la salle commune, serrant convulsivement la lanière de mon sac de cours.

x X x

Je n'étais pas à l'aise, dans le hall d'entrée de cette école que je connaissais pourtant dans ses moindres recoins, une école que j'avais appris à aimer à ma façon.

À ma droite il y avait le chemin qu'on empruntait pour sortir dans le parc, devant moi, mais légèrement sur ma droite, prenait place les grandes portes de la grande salle, et bousculée par des hordes d'enfants et d'adolescents qui gigotaient, riaient, ou hurlaient suivant leur âge, j'étais sensiblement ailleurs, dans mes pensées, occupée à fuir. Encore.

« Callista ! m'appelait-on encore d'une voix furibonde. Callista ! »

Aussi les observais-je, faisant abstraction de la voix grave aux appartenances nobles m'appelant. Je détaillais le moindre détail de chacun d'entre eux, au risque de passer pour une personne faisant preuve d'impolitesse. Je remontais le col de ma cape, caressant légèrement mon cou, là ou devait se trouvait la preuve de ce baiser que m'avait donné Sirius…

Sirius… Ne pas occulter Sirius de ma mémoire. Pas quand Rabastan me courait après, je le lui devais bien.

Un élève manqua de me heurter alors qu'il courait en sens inverse. J'accélérais le pas dans la masse qui se pressait vers les portes de la grande salle, sondant les silhouettes, toujours. Ils étaient tous vêtus comme moi, à quelques exceptions prés : de cet uniforme, en pantalon ou en jupe de couleur terne, avec une chemise blanche et un blazer noir, des collants transparents ou en couleurs pour le sexe féminin, adaptés au temps du mois de septembre dont résidé quelque peu la chaleur de l'été, et des chaussures différentes selon les goûts de chacun. Et enfin, par-dessus chaque blazers ou capes, nous portions tous l'insigne de nos maison, vert pour Serpentard, bleu pour Serdaigle, jaune pour Pouffsoufle et rouge pour Gryffondor.

Mon regard passa sur une silhouette filiforme que j'avais entraperçu à la répartition. Là venait de passer la petite dernière des Nott accompagnée d'une de ses camarades, un instant elle sembla mettre un nom sur les rumeurs qui devaient courir sur moi chez les sang-purs, et j'optais pour une maitrise de soi comparable à celle que j'avais décidé d'avoir… Ce n'est qu'une gamine, m'exhortais-je, tu ne vas quand même pas prendre ses murmures en compte…

« Callista ! J'ai a te parler ! »

Rabastan venait de sortir de nulle part, pas très loin, face à moi, à quelques mètres de là. Seulement.

Je fermais les yeux, fulminante.

J'avais déjà aperçu l'homme qu'il devenait, il n'était plus l'enfant que j'avais connu à la même époque que Sirius, et malheureusement ça m'avait un temps chagriné, voilà pourquoi j'avais essayé de lui parler de cette idéologie douteuse que les familles de sang-pur diffusait tel un poison à cause de la montée en puissance de cet être abjecte que je désirais voir six pied sous terre.

Ma haine m'emporta doucement alors que je revenais à l'instant présent, regardant mon camarade Serpentard. Car lui ne semblait pas comprendre que désormais un gouffre nous séparait.

Son signe de salut fut raide, et pour lui signaler que je l'avais bien remarqué, je lui fis un signe de tête, bien que l'expression de mon visage fut toujours aussi froide et distante.

Déjà je le vis avancer parmi les quelques élèves qui nous séparaient l'un de l'autre. Maintenant accoudée au mur faisant face à toute l'architecture à l'alantour des grandes portes, je ne fuyais plus.

« Bonjour, Callista.

- Rabastan. »

Mon ton était cynique. Et lui se contenta de m'étudier silencieusement. Que tirerait-il de cet échange ? Oh, je savais bien qu'il avait des vues sur moi depuis l'adolescence, mais je n'y avais jamais donné suite, me contentant de l'ignorer… Je me rends compte maintenant que j'avais Sirius…

« Ton nom a fait le tour des familles de sang-pur.

- Ah…, soupirais-je, narquoise.

- Tu vois de quoi je parles ?

- Oui je vois de quoi tu parles, répondis-je sèchement. Mais dis-moi, mon nom, il a aussi fait le tour des quartiers du Seigneur de Ténèbres ? »

Il me sonda, et j'éclatais d'un rire dément, d'un rire bas.

« Idiote, cracha-t-il. »

Ses yeux ne cessaient de me fixer, beaucoup de choses s'y passait, allant de la colère, de la frustration, du dépit à l'amitié déficiente déjà lointaine. Un coup d'œil sur sa gauche m'apprit qu'en retrait, Evan semblait tendu et nous regardait régler nos comptes. Evan, Evan, Evan… Craignait-il mes sottes d'humeurs maintenant ?

Mon rire mourut alors dans ma gorge.

Calme, je m'avançais dans mes propos :

« Ce que je fais depuis des années et ce que j'ai fais ces dernières semaines était entièrement justifié, Rabastan.

- Tu as choisi ton camp, constata-t-il comme abattu.

- Dois-je craindre quelque chose venant de toi ? »

En une fraction de seconde je m'étais décollée du mur pour parler encore plus lentement :

« Un an, Rabastan, peut-être moins. Si je te demande dans un an de me montrer ton avant bras gauche, qu'y verrais-je ? »

Attentif, il me fixa avec des yeux durs avant de me tirer vers la droite, nous reculant dans un petit couloir plus à l'abri des regards des élèves qui passaient pour rejoindre la grande salle. Je vis Evan froncer des sourcils et partir, disparaissant avec le flot des élèves, dont l'un s'arrêta pour nous fixer. C'était Rogue.

« Tu vois, tu es comme Rogue et toute ta clique malsaine, enchaînais-je alors que celui-ci disparaissait de mon champs de vision réduit. Au début je pensais que toi et Evan… que vous étiez raisonnable… Mais le pire chez toi, c'est que tu n'oses même pas voir les choses en face. Lâche, c'est-ce que tu es, hein ?

- Ne dit pas n'importe quoi.

- Écoute, sifflais-je les bras maintenant croisés, tu es venu pour quoi faire ? Tu crois que j'ai envie de redorer mon image auprès de gens comme toi ? Non, Rabastan, c'est pas si on Serpentard qu'on doit tous être tous dans le même lot. Ce n'est qu'une image.

- N'importe quoi. »

Un instant je lui jetais un coup d'œil furieux.

« Quoi, et maintenant tu recommences ton numéro de rebelle ? »

Je grognais.

« Allez, vide ton sac Lestrange.

- Sors avec moi.

- Non mais, tu déli - »

Et il tenta de m'embrasser, effleurant tout d'abord ses lèvres sur les miennes avant que, la surprise passé, je ne le repousse durement.

Le reste se passa très vite. Trop vite. Pas assez vite pour que nous puissions oublier, mais trop vite pour se retenir avant le geste. J'avais levé la main droite et lui avait assené une gifle magistrale. Le son avait claqué dans tout le couloir, résonnant dans le silence absolu. J'avais trop forcé, rejetant dans cette gifle toute la rancœur accumulée ces derniers jours, ce qui n'était pas peu dire. Lui, il en était resté pantois une seconde, mais il avait vite repris contenance. Il avait touché sa joue brûlante et marquée en souriant, d'un de ces sourires un peu fou qu'ont les gens aux réactions surprenantes, puis, en moins d'une seconde, il s'était retrouvé le visage presque encore collé au mien, mon poignet entre les doigts, et il serrait, serrait… Je gémis, essayant d'étouffer mes rares effusions de douleurs.

« Pourquoi me refuses-tu ?

- Tu me dégoutes. »

J'allais me débattre et lui assener une autre gifle de ma main libre quand il fut propulsé en arrière.

Troublée, je constatais que la personne m'ayant déchargé de ce poids n'était autre que West. Un pli soucieux barrait son front et ses yeux n'étaient que deux perles bleus pâles miroitantes qui se vissaient dans celles de Rabastan avec une accroche indéterminable. La pensée me vint que même si Rabastan avait un an de plus que West, celui ci n'en demeurait pas plus effrayant en cet instant.

« Lâche-là, fit-il simplement. »

Rabastan sembla sortir d'une transe et secoua la tête avant de me lâcher. Un lourd silence tomba entre mon coéquipier et Rabastan. Ils se dévisagèrent. Rabastan afficha d'abord cette expression troublée, puis le dégoût prit place sur son visage d'albâtre. Face à lui, West restait impassible, peut-être simplement légèrement irrité.

« Si tu veux être avec elle, inutile de la brutaliser mec. »

Alors Rabastan s'éloigna sans mot, West le suivit m'adressant un clin d'œil en pressant mon épaule de sa grosse main gauche, et derrière sa grosse stature se batteur Némésis se tenait debout contre un mur brut, dardant son regard sur la silhouette éloignée de Rabastan. Je compris qu'elle avait sûrement accompagnée West jusqu'ici vu qu'il lui adressa un signe de tête amical avant de reprendre sa marche pour nous laisser.

« Tu aurais du m'attendre ce matin, je l'aurais éloignée moi-même. »

La lanière de sa besace, noire unie, demeurait sur son épaule droite tandis que sa jambe gauche était repliée contre le mur. Elle semblait agacée alors qu'elle resplendissait à la lumière des rayons lumineux qui provenaient du bout du couloir. Ses chevilles de biches, croisées, emprisonnaient dans un collant opaque ne bougeaient pas. Enfin, à ses bras tintaient une quantité de bracelets d'argent.

« Tu es mon amie mais je suis capable de me défendre seule.

- Que te voulait-il alors ?

- J'avais des choses à régler avec Rabastan, tout est clair maintenant. »

Et, alors que je soupirais moi aussi, j'observais son visage, profitant de sa réflexion.

Elle avait de fin sourcils, à la couleur de ses cheveux de jais, une bouche fière aux commissures charnues, bien endentée, et des yeux sans âge, en amande, absents entre ses cils épaissis de fard gris. De cette distance que je réduisais peu à peu en essayant de faire abstraction de son agacement grandissant, j'imaginais les quelques rougeurs matinales qui devaient marquer chaque ronde pommette comme toujours chez elle. Ses cheveux étaient lourd, lâchés sur ses frêles épaules, son visage livré à mon regard ne laissait rien transparaître alors que tout dans son agacement m'intriguait.

Némésis… Elle aussi je la connaissais depuis l'enfance.

Alors, immobile, elle sembla se réveiller l'instant où je me rapprochais de la sortie, sachant qu'elle me suivrait.

« Attends Callista ! »

Je me retournais.

« Viens on va déjeuner ailleurs, j'ai pris quelque trucs sur la table, fit-elle en tâtant son sac avec un sourire. »

Je ne sais pas ce qui me faisait dire ça, mais j'avais l'impression qu'elle essayait de retarder l'échéance, celle ou je devrais faire face aux autres. Mais elle au moins ne regardait pas comme ci j'allais exploser d'un moment à l'autre. West aussi d'ailleurs.

« Et nos emplois du temps ?

- Je les ai aussi. »

Elle laissa retomber sa jambe gauche sur le dallage, son pied avançant d'un pas, et dans un élan orgueilleux, elle sonda l'autre fin du couloir, plus sombre, d'un regard qui laissait clairement paraître une détermination sans faille.

« Je t'aime bien Callista, comme une sœur, et je te l'ai dit, j'encaisserais les coups avec toi, pour toi, lâcha-t-elle doucement. »

Mes yeux me piquèrent un instant, dans l'ombre de ce couloir ou nul ne nous entendait et je répondis, lentement :

« D'accord… allons-y alors… »

x X x

Poudlard ne regroupait pas que des élèves dont les parents aux revenus assez complets pouvaient leur permettre un enseignement dans le prestigieux château, car il y avait aussi ceux qui possédaient une bourse, et ceux dont la fortune s'élevait très haut dans la sphère de notre bien aimée société sorcière.

Moi, par exemple, je correspondais au dernier critère.

Par contre, je ne faisais pas partie du moule type d'une un héritière au sang pur. Celui-ci voulait que l'on soit riche, de haute ligné, superficielle et obéissante des traditions. Or, j'étais sang-pur, riche, mais libre et affirmée dans mes idées politique.

Je soupirais, j'étais Callista Carter.

Je tentais de stopper ma respiration haletante. Je cherchais à me calmer, pour que mes jambes daignent me laisser entrer dans le grand couloir du quatrième étage. Je me battais contre moi même pour ne pas repartir en courant.

Némésis n'avait pas le même cours que moi pour la première heure. J'avais Sortilèges, elle Botanique.

Légèrement essoufflée à cause des pas rapides que je faisais depuis la montée des escaliers du hall, je retins assez mal un grognement alors que je passais finalement le détour du couloir, le souffle court. Les autres élèves me dévisagèrent comme la veille, les murmures en moins. Comme si cette histoire allait se tasser…, pensais-je aigrement, alors qu'une grande rousse au regard sec accrochait son regard sur une silhouette à quelques mètres devant moi, en la toisant froidement.

Tiens, Jane Mercer… Celle-là je ne l'avais pas revu depuis la fin de l'année.

La fille de devant manqua de s'embrocher dans ses pieds, et un groupe de fille de cinquième année - au regard stupide - gloussa, et s'activa à rentrer dans une classe. Le mouvement que la fille fit pour chercher sa salle me permis de reconnaître son visage. C'était Delphie. Je retins difficilement un autre grognement alors que, perdue dans les méandres de mes pensées peu amènes face à Mercer qui continuais d'avancer vers elle, je percutais de plein fouet quelqu'un, et me retrouvais mon sac étalé par terre, mes livres sur le sol, l'encre noir essentiel légèrement brisée. Je poussais un juron, et la personne que j'avais percuté se tourna vers moi.

« Désolé Carter. »

Je relevais la tête, de mauvaise humeur et croisais le regard de celui que j'avais percuté. Il était assez grand, les yeux marrons, ses cheveux bruns correctement coiffés. C'était Noah Cadwallader, le capitaine de Pouffsoufle, accompagnée de sa petite amie, Julie Powell qui me regardait de biais, comme si elle n'osait pas se confronter à mon regard. Ca m'étonna, elle toujours si… délurée.

« Je ne mors pas Powell. »

Elle releva la tête et sembla ébranlée que je connaisse son nom de famille. Je soupirais en regardant de nouveau le capitaine des Pouffsoufle et lâchais un « c'est bon, c'est moi qui ne regardais pas devant moi » en récupérant mon sac et mes livres, et j'entendis une voix faussement sympathique rire devant moi.

D'un rapide coup de baguette mes affaires furent de nouveau dans mon sac, l'encre réparé.

« Joli sort, siffla Cadwallader.

- C'est une notion de base de la magie, raillais-je gentiment. »

Je m'avançais en forçant le passage face à Cadwallader qui semblait vouloir entamer la conversation, et tombais en vis-à-vis avec Athenodora Smith, l'acolyte depuis la nuit des temps de Mercer. Smith, c'était aussi celle qui s'était épris d'Evan qui ne lui jetait même pas un coup d'œil habituellement, préférant observer dans l'ombre de tous les courbes de Némésis. Je la détaillais rapidement, belle, brune, aux yeux marrons, et à la carrure menue, elle affichait un sourire hypocrite, et tout le monde s'était arrêté autour d'elles, formant un cercle assez étrange, pour lequel Delphie était le centre. Oui Delphie !

« Tu n'as pas changé Dora, répondait Delphie alors que j'étais encore en retrait, toujours aussi sûre de toi hein ? »

Elles se connaissent, fut ma première pensée. Puis je vis en quelques instants le teint de Smith virer au rouge alors que la voix de Delphie n'avait été qu'un bref murmure. Smith la regarda de haut en bas, et des murmures précipités se déplacèrent autour d'elles. Une sensation de malaise envahit peu à peu l'air et je devinais avec la force de l'habitude que l'altercation n'allait pas en finir là.

« Ah bon ? marmonna Smith avant de marquer un temps d'arrêt et de se pencher légèrement vers sa droite pour murmurer quelque chose à Mercer. »

Leurs familles puaient respectivement l'attachement aux valeurs du Seigneur des Ténèbres ; je me tendis en continuant mon avancée vers Delphie.

« Carter c'est toi ? dit la voix sèche de Mercer. »

Je lui jetais un regard méprisant en portant toute mon attention sur Delphie.

« Tu as cours de Sortilèges, là ? demandais-je.

- Oui… Sortilèges avec le professeur Flitwick, lut-elle sur son emploi du temps en main. »

Je souriais, d'un sourire forcé en m'appliquant pour ne pas jeter un coup d'œil à mes camarades Serpentard et à tout l'attroupement qui commençait à s'amasser d'autant plus par ma simple présence.

Heureusement que je ne partageais plus de dortoir avec ces deux là depuis là première année ou une altercation plus virulente que les autres avait définitivement décidé de nous séparer de dortoir, moi, Némésis, Mercer et Smith.

Je m'adressais à Delphie :

« Viens, allons-y. »

Encore une fois, je commençais à forcer un passage dans la petite foule, Delphie derrière moi. Mais alors que j'avançais sans un regard pour personne, je m'entrechoquais à l'épaule de Mercer qui m'avait repoussé vers l'avant, friande d'une altercation.

« Carter, fit-elle d'une voix froide. »

Je grognais et levais enfin le regard vers mes deux camarades, vissant mon regard sur Mercer en particulier.

« Décale toi, fis-je. On a cours.

- Sinon quoi ? »

Je reculais légèrement, et lâchais un petit rire forcé.

« Alors quoi… tu me provoques Mercy ?

- Les choses changent, siffla-t-elle, mauvaise.

- Et toi Smith tu penses pareil je suppose ? »

Smith était légèrement bancale face à mon regard de tueuse, alors elle se contenta de ne rien dire. Mes principales altercations se passaient toujours avec Mercer, Smith préférant s'attaquer à Némésis pour une raison évidente : Evan.

« Hum, soufflais-je sans entrain. Allez viens Delphie, si je reste encore ici je ne répondrais plus de mes actes… je laissais en suspens ma phrase et poussais d'un coup sec l'épaule de Mercer qui siffla un « oui c'est ça, profite en bien Carter » avant d'emporter avec moi la main de Delphie.

Un ou deux mètres plus loin, je soupirais.

« Elles ne vont pas te lâcher. Alors dis moi : d'où est-ce que tu connais Athenodora Smith ? »

Elle attendit quelques secondes qui furent de trop avant de m'avouer d'une voix altérée :

« On s'est connu enfant.

- Et c'est tout ?

- Non, pas vraiment.

- Qui est-ce pour toi ? demandais-je en poussant la porte de la salle de Sortilèges ou Serdaigle et Serpentard étaient présents.

- Qui est-ce pour moi ? répéta Delphie d'une manière détourné. C'est ma cousine. »

Et dire que j'étais surprise serait un euphémisme.

x X x

Sirius n'était pas présent au cours de Défense contre les forces du Mal de la deuxième période que nous avions en commun. Rabastan si, en l'occurrence.

Mais selon James, Sirius était de passage à l'infirmerie à cause de son dos.

J'étais inquiète. Et si la nuit ou il était venu me chercher dans les bois je n'avais fait qu'aggraver sa blessure au lieu de la soigner ? Et si il avait mal ? J'avais bien tenté de poser d'autres questions à James mais le nouveau prof, Turner, n'avait de cesse de nous fixer alors que la classe commençait à être silencieuse. Je notais aussi que James ne me lançait aucun sous entendu sur Sirius, ce qui me permis de songer que Sirius avait tenu parole : il n'avait rien divulguer à qui que ce soit sur l'étrange tournure que prenait notre relation.

Enfin, nous avions dû prendre place derrière nos tables, sous l'attention de Turner. Il venait de faire la liste des noms, dont celui de Sirius qu'il avait noté comme absent jusqu'à son retour.

« Dans ce cours, commença-t-il avec une voix froide, j'attends de vous une attention inébranlable et une concentration comme jamais vous n'en avez accordé à personne. Je ne veux pas que vous fassiez des efforts, que vous fassiez de votre mieux, ou que vous tentiez d'y arriver. Non, ce que je veux c'est que vous vous surpassiez dans tout ce que vous entreprendrez. Je veux que vous soyez les meilleurs. Dans ce cours vous serez tous en compétition les uns contre les autres. Je ne tolèrerais aucune pleurnicherie. Si l'un de vous ne se sent pas capable de tenir le coup alors qu'il parte immédiatement. Des intéressés ? »

Il s'approcha de la porte et l'ouvrit d'un geste brutal. À côté de moi, Némésis souriait doucereusement.

« Cette année promet d'être douce et chaleureuse, me chuchota-t-elle.

- Attendons la suite, rétorquais-je en faisant un effort pour ne pas me crisper face au regard que ne cessait de me jeter Turner. »

Comme personne ne se levait, Turner toisa la classe d'un regard méprisant et ferma la porte du bout du pied.

Elle claqua fortement à cause d'un courant d'air.

« Je le sens bien ce cours, admit nonchalamment Némésis.

- Regarde-le, articulais-je faiblement. »

Elle eu un rictus moqueur alors que Turner nous offrait son premier sourire. Un sourire froid, glacial. Il avait l'air d'autant plus exigeant et déjanté que ses mouvements étaient nerveux, raides. La plupart des élèves se retenaient de chuchoter entre eux. Je devais avouer que si je n'avais pas l'habitude d'être froide envers certaines personnes, j'aurais été impressionnée également. Némésis, elle, ne cachait pas son intérêt. Elle voulait de la pratique, moi aussi… Après tout, quoi de mieux pour se divertir ?

Un peu plus loin, Lily Evans observait Turner avec un air partagé. Je ne distinguais pas le visage de Rogue, pour y lire l'intérêt amoureux qu'il portait à tout les cours de Défense contre les forces du Mal. Ca m'agaça.

« Bien. Vous n'êtes peut-être pas des cas désespérés alors, cracha Tuner. »

Je revins à lui, et, effectivement, avec une salle rempli de Gryffondor et de Serpentard, personne n'osait montrer un quelconque signe de faiblesse, pas même un regard plongé dans celui du voisin. Rivalité oblige, me confortais-je.

« Je vous préviens immédiatement, je me contrefiche totalement des programmes et autres absurdités inventées par le Ministère. Vous savez tous ce qui se passe au-dehors…

- Non, tu crois ? se moqua doucement Némésis, irritée. »

Un moment, je crus qu'il l'avait entendu, son regard perçant s'arrêtant plus de temps que permis sur elle, avant qu'il ne reprenne :

« Et dans ce genre de situation ce n'est pas un papier qui vous sauvera la vie. En effet, je ne suis pas certain que votre Aspic en poche dans cette matière vous sauvera face au Seigneur des Ténèbres. »

Au fait, ses yeux étaient d'un vert bleu bizarre, voilà d'ou venait l'intensité dérangeante de ses coups d'oeil.

Mes camarades se tendirent et je crus même sentir quelques regards sur ma personne alors que je fixais resolument un point quelconque sur le plafond. Je n'étais pas sûre que Turner ait dit cela par tentative de refroidir l'ambiance, mais en tout cas, c'était bien joué pour moi.

« Par contre, un Avada Kedavra le refroidira un peu plus. »

Silence.

« D'où sors ce malade ? »

J'eus un petit sourire cynique face au commentaire de Némésis qui ne se gêna pas pour soupirer à s'en fendre l'âme. Au moins il était pragmatique, ce prof. Mais bon, si il comptait affaiblir les plus faibles, c'était réussi. Les cours avec lui se prévoyaient d'un haut niveau. Je fronçais tout de même les sourcils : Turner me semblait étrange… et bien trop confiant pour quelqu'un ayant à peine l'air d'avoir dépassé les vingt cinq ans.

« Cependant nous ne verrons pas les Avada Kedavra pour le moment. Il faut que j'aie l'autorisation de Dumbledore. Le Ministère ne veut pas cela. Et comme là-bas ils sont tous sous son joug, c'est inutile, nous n'aurons jamais le droit. Je n'ai pas de programme. J'aviserais en fonction de ce qui se présentera à moi. Ce que je sais, c'est que vous travaillerez à partir de la semaine prochaine sur les duels. »

Les duels.

Parfait.

x X x

Mon attention dissipée, j'étais rongée par l'incertitude.

Sirius ne devait-il pas être présent en cours maintenant ?

L'heure passait lentement jusqu'à ce que Rusard n'arrive.

« Excusez moi professeur Turner, commença-t-il d'une voix faussement respectueuse, mais le directeur Dumbledore souhaite voir Callista Carter tout de suite. »

Turner sembla être accablé par cette intrusion inopiné et pinça les lèvres alors que je restais là, à le fixer avec une posture peu heureuse, attendant.

« Elle ne peut pas y aller après mon cours ? demanda-t-il à Rusard.

- Le directeur a été très clair à ce sujet, professeur. Il veut voir Carter dans l'instant. »

Et Rusard s'éclipsa d'un pas trainant, son message passé.

Turner me fixa, récalcitrant à ce que je quitte son cours.

« Bien. Allez-y Carter.

- Seule ?

- Oui, seule. »

Je hochais la tête. Me levant, je tournais la tête vers James en réalisant qu'il me fixait d'un regard insistant.

« À peine rentrée que je dois me rendre chez Albus, ironisais-je assez bas pour que seul lui m'entende. »

Je passais alors en coup de vent entre les pupitres de Mulciber et Rogue avant de dépasser le regard attentif à mes déplacements de Némésis.

Je refermais la porte de bois qui claqua légèrement, me retrouvant seule dans le couloir aux torches éteintes.

Mon masque tomba. Que me voulait Dumbledore si tôt ?

Était-ce en rapport avec Sirius ?

Mon cœur s'emballa alors qu'une silhouette apparaissait au fond du couloir.

Sirius.

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J'imagine que cette coupure vous agace, que je suis trop sadique, mais je pense qu'elle est nécessaire. Et maintenant, vous savez ce qui me ferais extrêmement plaisir ? Ce serait de recevoir vos avis, chers lecteurs ! Ce serait comme apercevoir enfin un vrai Sirius dans la rue (ou pas hein). À bientôt !