Problème 7 : La haine.
Il était sorti, tout gonflé, en larmes de chez lui, mais ce ne fut pas Lea qu'il appela cette fois-ci. Vanitas était son choix, et d'une voix tremblante, sans lui laisser le temps de parler après qu'il ait répondu, lui demanda de le rejoindre d'urgence au Blender. Le brun raccrocha, sans donner de réponse, mais le connaissant, cela voulait dire oui.
Si c'était Vanitas et pas un autre, ce n'était pas sans raison. En effet, ayant la critique facile, un esprit vif et ne s'attachant pas réellement aux gens, il était facile pour ce dernier d'analyser une situation et de donner son avis. Bien sûr, il fallait parfois composer avec des phrases étranges, mais dans l'ensemble, la franchise du noiraud et la froideur de ses mots aidaient. C'était arrivé une fois à Xion, quand son petit ami l'avait quittée. Vanitas avait dit tout simplement ce qu'il pensait, et quelque part, cela avait rassuré la jeune femme, qui au fil de la soirée, avait retrouvé le sourire.
La communication entre le blond et le brun n'avait jamais été facile, d'aussi loin qu'il se souvenait. Pourtant, c'était lui qui venait chercher de l'aide auprès du sinistre Vanitas. Peut-être se fourvoyait-il sur son sujet, peut-être allait-il être déçu de ce qu'il allait dire, peut-être le noiraud allait-il se fiche de sa tête. Peut-être, et pourtant, il monta sur sa bécane et partit en direction du bar. Si Vanitas y était vraiment, il ne fallait pas le faire patienter trop longtemps.
Il était 15h21, quand il gara sa moto. Il avait mis à peine 10 minutes pour venir. Ce n'était pas si loin de chez lui. Il retira son casque, en faisant attention à ne pas s'arracher la boucle d'oreille, mis l'anti-vol et se dirigea lourdement vers l'entrée du bar. Vanitas était là, cigarette à la main, regard perdu dans le vide.
Il s'avança prudemment vers lui, pour ne pas l'effrayer, ne pas le faire fuir. Il n'avait qu'une peur à cette instant, que le noiraud s'en aille. « Salut » fut le seul mot qu'il sut dire. Vanitas voulut répondre, mais en le voyant, écarquilla les yeux. Il lui prit aussitôt la main et le fit rentrer dans le bar. Leur table habituelle les attendait, l'assit sur sa place, et s'installa en face de lui. Tout se passa très vite, trop vite pour Roxas, mais il se laissait faire, sans broncher.
Deux bières commandées, des regards échangés, mais rien ne sortait de sa bouche. Roxas était encore dans une phase de déni, comme s'il se refusait de croire que Sora l'avait ainsi frappé. Il ne l'admettait pas, vraiment pas.
Vanitas rompit le silence, sans gêne, sans honte. Il l'ouvrit pour prononcer ses mots, qui sonnèrent comme un coup de glas dans le cœur de Roxas. « Quitte le. » Que faire ? Que dire ? Que répondre ? Il était perdu, il ne savait pas, il ne savait plus, il finit par pleurer.
- Je ne peux pas, finit-il pas répondre.
La réponse ne plut pas au noiraud, tellement qu'il claqua le poing sur la table.
- Tu ne peux pas, répéta-t-il, Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?
- Je ne peux pas … je ne veux pas décevoir ma famille.
- Ta famille ne veut-elle pas ton bonheur !?
Vanitas ne semblait pas comprendre, comprendre le tourment du blond, comprendre sa position et son problème. Perdre sa famille parce qu'il avait – encore – échoué, cela lui était vraiment inconcevable.
Le brun offrit un long et grave soupir, un soupire qui en disait long. Roxas le savait, il savait comment il fonctionnait à force de passer du temps avec lui. La suite des mots de ce type, le blesserait, le ferait réfléchir, le ferait de nouveau pleurer. Mais n'était-ce pas pour cela, que le blond avait appeler en secours cet ami en particulier ?
Et les mots vinrent, comme s'en doutait Roxas. Des mots tristes, mais tellement réalistes. « Tu le détestes, depuis plus longtemps que tu ne le penses. Pourquoi passes tu autant de temps avec nous, sinon ? Alors que tu as ta petite vie rangée ? Tu ne lui en veux pas, pour le coup porté, pour ses crises de jalousies ? Pour tout ce qu'il te fait subir ? Il est possessif, maladif, con même, ton mec, vraiment ! Je me demande même pourquoi tu l'as épousé. C'est vraiment pour ta famille que tu restes avec ? Ou parce que tu as peur d'être seul ? » Roxas ne lui répondit pas et baissa juste la tête, de honte, de peine. Au final, n'admettait-il pas tout ce que l'autre venait de dire ? Il ne savait pas, il ne savait plus, il n'avait qu'une envie, dormir pour oublier.
Deux bières furent poser devant eux, Demyx leur sourit tendrement et chuchota quelque chose au brun et s'en alla, sans un mot. Roxas observait sa boisson, rosée, ambrée, délicieuse à ses papilles délicates. Il en prit une gorgée, ne parlant toujours pas, il ne voulait plus rien dire, parler lui semblait inutile. Un soupir grave se fit entendre et le bruit d'un briquet rompit le silence. Vanitas fumait. Le blond releva le regard sur lui, le dévisageant d'incompréhension et en attente de son approbation. « Tu peux fumer tu sais. » affirma-t-il doucement en lui tendant une cigarette de son paquet beige. Le jeunot ne se fit pas prier et dans la seconde qui suivit, se l'alluma aussi. La gauloise, 100 % tabac de son doux paquet beige, lui arracha au début les poumons. Forte, inhabituelle pour lui, elle lui fit alors prendre conscience que cela avait le même effet que le bleu à sa joue. C'était inadmissible et inconcevable, ce qu'il venait de se passer entre lui et son amant, mais que faire ? Roxas avait besoin de temps pour réfléchir, de vacances et de calme.
- Vanitas …
- Oui.
- J'ai besoin de-
- Oui.
- Est-ce que je-
- Oui.
- Maintenant ?
- Tu as des affaires ? Non, mais tu dois faire la même taille que moi, alors oui.
- Mer-
- Un mois, je te laisse un mois, pas une seconde de plus, c'est compris ?
- Oui.
Il menait la discussion, sans laisser le blond respirer, il prenait les décisions sans laisser l'être aux yeux bleus décider, il était fort, impressionnant, face à ce Roxas penaud, perdu, triste.
La cigarette écrasée annonça la fin de la soirée, les deux hommes partirent ainsi du bar, direction chez le noiraud, afin de laisser du temps au blond de prendre la bonne décision. Mais quelque part, il le savait, il savait qu'il détestait Sora.
