Mission 8

The Dumbliner

Daud avait passée une nuit complète de repos. Enfin, presque. Corvo avait ronflé comme un diable. Ce n'est qu'au petit matin qu'il a senti les bras de Corvo se serrer autour de sa taille, Daud avait alors ouvert les yeux pour réaliser que non seulement il s'était endormi, mais aussi que Corvo marmonnait son nom dans son sommeil. Mais à part dormir ensemble et s'embrasser, il y avait d'autre chose à faire. Comme le sexe. Ce n'est pas que Daud n'y avait jamais pensé, bien au contraire, il en mourrait d'envie. C'était un homme avec ses désirs et ses pulsions, mais il n'avait jamais vraiment eu le temps de pleinement s'y consacrer, préférant s'entraîner lui ou ses recrues, traquer des hommes pour leur mise à prix. Évidemment, il n'était pas puceau, il y avait eu plusieurs femmes et quelques hommes avec qui il avait partagé sa couche, mais rien de transcendant. Alors coucher avec Corvo, ça allait de soit maintenant qu'il savait se que s'était que d'aimer quelqu'un. Mais, le Protecteur serait-il capable de s'engager pleinement avec lui ? Ça faisait quelques temps qu'il observait, parfois sans s'en rendre compte, les petites habitudes de Corvo ainsi que ses manières et il savait à quel point le garde du corps était investi dans tout se qu'il faisait. Lui aussi. Mais il avait cette espèce d'inquiétude, l'homme qui dormait contre sa poitrine saurait-il se livrer complètement à lui ?

« -Daud, j'aimerais respirer un peu si tu permets.

Le Maître assassin n'avait pas remarqué qu'il serait le Protecteur contre lui.

-Ah, oui, fit Daud en s'écartant un peu.

-Ça va pas ? Demanda Corvo.

-Pourquoi ça n'irait pas, cracha l'assassin malgré lui en se levant ignorant le tiraillement de ses blessures.

Le meurtrier chercha ses effets du regard avant de grincer des dents. Il trouva son épée, son arbalète portative, ses bottes, ses gants et ses charmes d'os sur une table juste à côté du lit. L'homme les enfila.

-Où est mon manteau et ma chemise ? Interrogea Daud en se tournant vers Corvo qui s'était levé.

-Ils ne devraient plus tarder à arriver, j'ai demandé à un couturier de s'en charger.

Le cœur de Daud rata un battement et s'approcha plus près de Corvo.

-Quoi ?

-Les anciens étaient beaucoup trop amochés, je me suis permis d'en commander des nouveaux.

-Et que vais-je mettre en attendant ?

Corvo attrapa sa veste de Protecteur et lui enfila avec attention.

-Tu peux porter ça, minauda le plus jeune.

Les doigts experts de Corvo commençaient à fermer les boutons.

-Je ne suis pas sûr que ça m'aille, soupira Daud.

-Ne t'inquiètes pas, tu es...génial. Rattrapa le Protecteur.

-Les mensonges ne sont pas ton fort, Attano. »

Corvo redressa la tête et tomba sur le regard bleu de l'assassin qui l'étudiait de près. Il ne l'avait pas vu s'approcher si près de lui. Mais il sentait tout de même l'odeur de sueur et d'épice qui se dégageait de lui, cette présence si spécifique au serkonien et son regard le pénétrant jusqu'au plus profond de son être. Même si il était brisé, même si la flamme dans son œil était moins mordante, un prédateur restait un prédateur. Et Corvo se senti piégé par Daud. Il n'était pas menaçant envers lui, il ne lui ferait aucun mal, il le sentait. C'est vrai quelque chose avait changé en lui quand il l'a vu au quartier inondé, quand il a entendu déverser son aversion envers Burrows dans le lecteur d'audiographe, quand il s'est battu contre lui, quand il a épargné alors qu'il gisait devant lui, désarmé et blessé. Ce sentiment ne l'avait jamais quitté, ce vide qu'il semblait constamment ressentir quand il n'était pas face à lui, ce frisson qu'il ressentait en entendant le froissement de l'air quand il se déplaçait, la chaleur qui lui parcourait les membres en voyant ses yeux d'un bleu si clair, le drôle d'effet que lui produisait sa mâchoire qui se contractait sous l'effet de son humeur. Corvo grimaça, repoussant ce sentiment, cette sensation de manque, ce besoin de le voir, de l'entendre, de le posséder. Mais, à quoi bon se retenir ? Il enfoui son nez dans son cou, humant son odeur d'épices et de sueur, goûtant sa peau. Les baisers du Protecteur remontèrent sa jugulaire, trouvèrent les lèvres entre-ouvertes de l'assassin, il papillonna un temps avec, effleurant et savourant leurs douceur. Puis, avec sa langue, il explora les parois de ses joues, de son palais et de sa langue. Mais Daud lui, ne l'entendait pas de cette façon, il fit basculer Corvo sur le lit, le dominant de tout son poids. Sa langue quitta la bouche du Protecteur pour parcourir son lobe d'oreille, descendant sur sa jugulaire avant de lécher ses tétons.

« -Daud...Soupira Corvo. Attends s'il te plaît.

-Non Corvo. Des petits baisers par ci par là ne me suffisent plus. J'en veux plus, gronda Daud en reprenant l'exploration de son torse ignorant toujours sa douleur.

-Non...Daud, je t'en supplie...

L'assassin s'arrêta, sentant le corps raidi de Corvo sous lui, il aimait dominer, il aimait avoir le contrôle, il voulait qu'on se pli à sa volonté. Alors pourquoi il se stoppa ? Il se redressa sur le lit, laissant Corvo s'asseoir à son tour.

-Pourquoi ? C'est à cause de Emily...ou Jessamine ?

-Non, bien sûr que non.

-Alors c'est moi ?!

-Absolument pas. Mon cœur te désire Daud, je te jure, mais...c'est moi...Je...Laisse moi encore un peu de temps. S'il te plaît.

Le visage de Daud se ferma et son regard s'assombrit quelque peu. Il s'écarta du lit observant Corvo lui jeter des œillades désolées. L'assassin soupira, enlevant la veste de Corvo avant de lui rendre.

-Je n'ai pas l'habitude que l'on n'aille pas dans mon sens. Je veux bien attendre, encore un peu. Mais pas trop non plus.

Le Protecteur attrapa son manteau avec un faible sourire.

-Merci Daud.

Quelqu'un frappa à la porte et Corvo parti ouvrir après avoir enfilé sa tenue, laissant la place au couturier qui portait précieusement un paquet.

-Bonjour Lord Attano, on m'a dit à la Tour que l'on pouvait vous trouver ici. Le regard de l'homme se posa sur Daud. Je me doutais que c'était pour vous, Lord Attano ne me l'a pas dit, mais il a longuement insisté sur le rouge. J'espère juste que la coupe vous ira, j'ai fait à partir des mesures de votre ancienne veste et des avis de Lord Attano. »

Le couturier de Drapers Wars tendit humblement son paquet, Daud après un bref regard à Corvo s'en saisit et déplia la nouvelle chemise et veste avant de les enfiler. Le coton de la chemise était de première qualité et lui allait parfaitement. La veste était un peu différente de l'ancienne, elle était plus courte, se terminant aux hanches de l'assassin, un col remontant légèrement sur son cou et une fermeture par devant en biais maintenu avec de belles agrafes, les manches étaient toujours courtes, s'arrêtant avant le coude laissant apparaître la chemise, le tout dans un cuir rouge semblable à l'ancien.

« -Parfait, sourit le couturier. Sur ceux, je vous laisse.

L'homme quitta le dispensaire sans un bruit, retournant chez lui, laissant Corvo et Daud seuls. Le meurtrier s'attacha la ceinture autour de sa taille ainsi que la sangle qui maintenait ses charmes d'os. Corvo l'observait avec beaucoup de fascination.

-Tu devrais fermer la bouche Corvo.

Le Protecteur cligna des yeux et ferma la bouche qu'il ne se souvenait pas avoir ouverte.

-Ça te va très bien, murmura le garde du corps.

-Ce n'est qu'une veste, termina Daud en glissant son épée. »

Daud tentait d'être le plus neutre possible, mais au fond de lui, toutes les petites attentions de Corvo lui procurait un plaisir immense. Le repas de la veille et le soin qu'il avait porté à ses habits étaient une précieuse marque d'attention. Il réalisa qu'il ne l'avait même pas remercié et qu'il gardait constamment son expression fermée. Si il voulait que le garde du corps fasse des efforts sur le sexe, peut-être lui aussi devait-il en faire sur les marques d'attentions, même si se n'était pas dans sa nature d'en faire étalage. Daud sourit chaudement en s'approchant de son amoureux avant de lui coller un petit bisou sur le duvet qui courrait sur les joues du Protecteur.

« -Merci Corvo. Tu as changé ma vie et je resterai avec toi. Quoi qu'il arrive.

-Je t'aime aussi Daud.

Une vague de chaleur envahit les deux hommes.

-Tu sais, pendant que tu te reposais, se moqua Corvo. Le capitaine Curnow et le Grand Superviseur Alvery ont tenté de savoir qui était ce superviseur. Ils ont trouvé sur lui un journal où il explique de long en large combien il t'en veux. J'ai récupéré le livre.

Daud haussa un sourcil et parcouru les pages. « Daud : Rumeurs et témoignages. Depuis maintenant plus d'un an, je vis loin de l'Abbaye[...] j'ai choisi mes victimes avec soin parmi les pires criminels et hérétiques[...] J'ai un but précis : attirer l'attention d'un assassin dénommé Daud afin de pouvoir l'approcher. » Le meurtrier pouffa en lisant le reste de l'ouvrage.

-Il y a un lieu où se retrouvent les tueurs solitaires comme lui pour faire étalage de leur victoires ou échanger des informations. Le Smoke Street Dice Hall au quartier Prétorien.

-Je croyais que c'était un établissement de jeu qui avait fermé suite à l'épidémie de la peste, répliqua Corvo.

-Tu es trop naïf Corvo, se moqua l'assassin.

-Le quartier prétorien, sérieusement Daud ! Il y a des dizaines de gardes qui quadrillaient les lieux il n'y pas si longtemps, répondit le Protecteur vexé.

-Certains sont soudoyés par les hommes de main de Fat, le tenancier du bar.

-Comment peux-tu savoir tout ça ?

-Cela fait presque trente ans que j'arpente les rues, les quartiers et les bâtiments de Dunwall, je connais beaucoup de monde.

-Je suppose que tu veux y aller malgré ton état, soupira Corvo.

-Bien sûr. Ils me parleront plus facilement qu'à toi, même sous ton masque.

Le visage du Protecteur se tordit.

-Je n'ai pas dis que tu ne pouvais pas m'accompagner, j'aurais peut-être besoin d'un garde du corps, sourit gentiment l'assassin.

-Tu es...Commença Corvo. Pas croyable Daud !

L'assassin se moqua et arracha une des pages du journal encore vierge avant croquer rapidement le visage du superviseur qui avait tenté de le tuer.

-Il aura sans doute donné un faux nom, Fat le reconnaîtra peut-être.

-Tu...as vraiment passé un hiver à l'académie ? Demanda Corvo impressionné devant la qualité du dessin de son compagnon.

-Si tu veux vraiment savoir, sourit Daud. Se n'est pas un hiver, mais deux.

-Tu me racontera un jour ? S'enquit Corvo qui sentait que l'assassin ne voulait pas s'étendre.

-Peut-être, fit Daud en relevant la lèvre supérieure. Si j'arrive à découvrir ton secret.

-Je n'ai pas de secret, comparé à certain, siffla Corvo.

-Oh si tu en as un. Comment as-tu fais pour percer ma carapace et m'atteindre là où j'espérai que plus personne ne pourrait avoir accès ?

Les épaules de Corvo s'affaissèrent et un sourire niais se peignit sur ses lèvres.

-Peut-être...que je commence à te connaître et à te comprendre. Et que peut-être tu n'es pas aussi impénétrable que tu semble le croire.

-Mes hommes et Éva trouvent que je suis plus tendre qu'avant. Je dois avouer que se qu'il s'est passé ces derniers temps m'a fait me remettre en question. Mais j'ai toujours leurs soutien et j'ai acquis le tien.

-Tachons de maintenir le cap, sourit Corvo en l'entraînant dehors. »

§§§§§

Corvo portait son masque et suivait le meurtrier dans les rues jusqu'à qu'ils arrive à un petit bâtiment un peu miteux près d'un entrepôt. La Lame de Dunwall frappa trois coups sec en suivant puis un quatrième après une petite seconde d'attente. Un judas s'ouvrit et une paire d'yeux les observa attentivement avant de se refermer. La porte s'ouvrit dans un silence incroyable, Daud poussa par l'ouverture, le félon masqué le suivait de près. Les regards se tournèrent vers l'équipe, attendant de voir pourquoi ils étaient là. Un homme se tenait seul au fond, il comptait des pièces d'une main et griffonnait sur son carnet de l'autre. À côté de lui, un vieux ventilateur essayait de brasser l'air où se mélangeait l'odeur de sueur humaine, de poisson plus très frais, d'alcool bon marché et de tabac exotique. Daud lâcha une petite bourse sur le carnet et le preneur de paris leva enfin le nez de ses comptes, les hommes retournèrent à leurs partie de cartes ou de dés.

« -Ah, la Lame de Dunwall et le Félon masqué, lâcha l'homme. Bien le bonjour Messieurs. Que me vaut cet honneur ?

La Lame de Dunwall lui montra le dessin.

-Que peux-tu me dire sur lui ? Interrogea Daud.

-Berg ! Fit le bookmaker en comptant scrupuleusement les pièces après un bref regard au croquis. Ouais, un sacré numéros ce mec. Il demandait tout se qu'il pouvait sur vous. Je me souviens qu'il traînait souvent avec ce type qui vient pour jouer. Tabby. Ils ont causés plusieurs fois à l'écart.

-Que peux-tu me dire sur cet homme ? Continua l'assassin.

-Pas grand chose, j'en ai peur. Un grand gaillard du genre pas commode qui frappe au lieu de parler, il me doit un sacré paquet d'oseille.

-Merci, répliqua Daud.

-Une dernière chose, je sais que le Dumbliner cherchait un combattant pour ce soir. Si vous, ou le Félon masqué voulez y participer, je peux vous faire passer. Je veux juste un gars qui sache tenir cinq minutes sur le ring avant de sécher son adversaire.

-J'en suis. Lâcha Daud

Fat hocha la tête et ils quittèrent le tripot sous le regard du comptable.

Une fois un peu éloigné, Corvo s'approcha de l'assassin.

-Sérieusement Daud, des combats clandestins ! Je ne pensais pas que tu allais aussi loin.

-Tabby combat là-bas ce soir. Fat n'a pas pu me le dire directement parce qu'un des joueurs nous écoutait.

-Oui, je l'ai vu aussi.

-Si il combat, je vais pouvoir lui poser quelques questions sur Berg.

Corvo était perplexe.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda Daud

-Il y a une chose qui me dérange dans cette histoire, confessa Corvo J'ai comme le sentiment que quelqu'un cherche à éliminer les personnes qui sont marquées par l'Outsider. Il y a ce superviseur Berg, puis le docteur Rasher, les superviseurs envoyés à la poursuite de Éva.

-Cela à toujours été le cas Corvo, soupira le meurtrier.

-L'Outsider m'a confié que nous n'étions plus que six à porter sa marque. Il ne m'aurait pas donné cette information si elle n'avait pas de l'importance, insista le Protecteur.

-Et c'est lui qui a tout fait pour nous mettre en contact...

-En nous envoyant vers Éva, compléta Corvo. Je ne pense pas qu'il ai de coïncidences dans tout ça.

-Les coïncidences ça n'existent pas à Dunwall, murmura Daud.

L'assassin invoqua trois de ses recrues.

-Vladko, Habson, Jenkis. Je veux que vous enquêtiez le plus discrètement possible sur les personnes qui ont pu approcher Rasher, les joueurs du Dice Hall et le vice-superviseur Khulan récemment. Voyez tout se que vous pouvez apprendre, le moindre petit détail est important.

Les assassins saluèrent leurs mentor avant de disparaître.

-Il y a une planque pas loin, nous allons pouvoir nous préparer pour ce soir.

-Tu ne préviens pas Éva ? Demanda Corvo.

-Pas tout de suite.

-Je pensais que tu lui faisais confiance, fit Corvo sceptique.

-C'est le cas. Mais je suis sûr qu'elle en sait bien plus qu'elle ne veut le dire.

-Tu crois qu'elle nous cache quelque chose ?

-Peut-être. Allons-y maintenant. »

Daud montra le chemin à son acolyte, durant le trajet Corvo remarqua l'étrange attitude de Daud. Depuis qu'ils avaient évoqués la sorcière, l'assassin semblait perdu dans une profonde réflexion. C'était comme si le meurtrier se rappelait d'une chose désagréable qui avait un rapport avec la femme. Quoi qu'il en soit, le Protecteur respecta la réflexion de son amant le temps d'arriver à la planque, une fois là-bas, ils partagèrent un repas et quelque anecdotes sans importances. Corvo remarqua alors que l'expression de Daud avait légèrement changé, il était moins sombre et plus détendu que tout à l'heure, au moins il avait repoussé ses pensées au deuxième plan.

L'heure du combat approchait alors les deux hommes se dirigèrent vers l'ancien entrepôt de poisson reconverti en salle de combat avec simplement de la paille au sol pour absorber les divers fluides du corps. Les vestiaires des employés étaient toujours de vestiaires mais les outils avaient disparus, la fosse à déchets servait d'arène pour les combattants, l'ardoises des livraisons était transformée en tableau des scores et des combats, les installation métalliques servaient aux supporters et parieurs invétérés. Pour plus de discrétion, Corvo était rentré après Daud et à visage découvert, il maintenait ses longues mèches en une petite queue de cheval, troquant ses habits de Protecteur par des habits de simple citoyen. Daud lui restait Daud, si bien que tout ceux qui le voyaient murmuraient devant le passage de la Lame de Dunwall. Comme toujours sa renommée le précédait, où qu'il aille. Après avoir fureté dans tout l'entrepôt et écouté divers conversation, Corvo se dirigea vers la fosse pour voir le combat qu'allait se livrer le meurtrier. L'assassin avait retiré sa chemise et son manteau, gardant ses bottes et pantalon. Le garde du corps apprécia la courbe de ses muscles vaillamment sculptés par des années de combats et d'entraînements ainsi que les nombreuses cicatrices qui marquaient son corps. Il était terriblement attirant, la sueur brillant sur ses membres après les étirements et échauffements qu'il avait fait en préparation. Corvo en eu la gorge sèche et cela lui retourna les boyaux. Ce corps si beau était celui de la personne qu'il aimait et cela lui procurait un plaisir fou. Daud a dû sentir le regard insistant de Corvo car il tourna la tête vers lui, esquissant un sourire entendu. Oui, il comprenait à présent se que pouvait ressentir Daud. Il voulait sentir les fibres de ce corps contre le sien. Mais quelque chose attira l'attention de Corvo, l'adversaire de la Lame de Dunwall venait de faire son entrée dans l'arène. Un homme grand et trapu, le visage buriné par le froid tyvien durant des années, Daud porta son regard vers l'homme aux muscles puissants et s'approcha de lui, faisant rouler sa nuque entre ses épaules. Une fois face à face, Daud et Tabby se mirent en position, les spectateurs avaient les yeux braqués sur eux, attendant de voir qui se retrouverait la gueule en sang par terre à implorer grâce et qui serrait le grand gagnant. Les paris étaient tous porté vers Tabby, grand favori des combats, mais Daud avait lui aussi une cote assez haute, le prix de la célébrité sans doute.

Les règles : aucune armes, aucune aide extérieure, tout les coups étaient permis du moment que les combattants n'utilisaient pas d'armes.

Se fut Tabby qui entama le premier avec un puissant coup de poing vers l'estomac de Daud, qui esquiva aisément, suivit d'un crochet de le droite et d'une tentative de coup de pied droit dans les côtes du meurtrier. Les coups n'avaient fait que le frôler mais venaient de donner de précieuses information au serkonien : son adversaire était un droitier qui frappait très fort. Maintenant qu'en était-il de sa défense ? Daud le frappa rapidement dans divers endroits très précis : le foie, l'estomac, les côtes et le visage, le tout en passant outre les amples mouvements que pouvait faire le tyvien. Ce n'étaient pas des coups forts, juste de quoi savoir quels étaient les points faibles de celui qui lui faisait face. Comme tout les buveurs, ce dernier avait une grosse faiblesse au foie, son cou n'avait rien de spécial, son estomac et ses côtes un peu faible. Tabby balança son poing gauche puis droit en réponse aux pichenettes de Daud. L'assassin les dévia aisément du creux de la main, énervant quelque peu le gaillard qui avait reçu un crochet bien lancé par Daud. Se redressant, Tabby tenta de l'affaiblir en le frappant dans le ventre, comme ça le faisait se baisser quelque peu, Daud en profita pour lui donner plusieurs coup de poing dans l'arcade sourcilière. Les mugissements du gaillard se perdaient sous les vivats de la foule en délire devant se combat inattendu. Le visage de Tabby déformé par la colère et le sang, il se jeta sur Daud le frappant dans les sutures qui commençaient à craquer sous l'effet de la tension. Corvo retint son souffle en voyant le sang de l'assassin commencer à perler de sa cicatrice. Daud, se redressa du coin où l'avait éjecté Tabby en titubant quelque peu. Le tyvien fonça vers lui et Daud, qui n'était pas vraiment groggy, esquiva sans mal la charge de Tabby qui fini dans le mur où il se tenait il y a quelques secondes. Il était temps d'en finir, les cinq minutes approchaient et Daud ne tiendrait plus très longtemps. L'assassin attendit que le tyvien se redresse et se tourne vers lui. Daud le provoqua en écartant les bras nonchalamment. Ivre de colère, Tabby se jeta tête baissée sur Daud qui l'accueilli avec un puissant coup de poing dans le foie, le faisant tomber à genou devant lui, l'assassin lui attrapa le menton, lui collant un grand coup dans l'arcade déjà en sang et l'a fini en lui envoyant un coup de pied dans la mâchoire. Le grand favori était au sol en train de pleurer sa mère, la salle plongée dans un silence hébété du résultat inexplicable, Corvo ébahi devant la beauté du spectacle qui s'était déroulé devant ses yeux n'arrivait pas à y croire. Là où Tabby avait préféré la puissance et la rapidité, Daud avait privilégié la précision et l'efficacité. Il était subjugué devant l'ingéniosité et l'adresse de son amoureux. Mais malgré ce beau combat, leur suspect gisait au sol à moitié conscient. Ça allait être compliqué de l'interroger dans l'état dans lequel il était. Un autre homme pas très grand traîna Tabby hors de l'arène, Daud les suivit après avoir récupéré ses affaires alors que Corvo tentait de se faufiler entre les spectateurs qui attendaient avec impatience le prochain combat. Le Protecteur avait enfin réussi à atteindre la sorti quand il trouva Daud devant le cadavre du tyvien en pleine rue.