Yo ! Euhm, j'ai pas grand-chose à dire sur ce verre enfin en quoi a bien pu se transformer Néo, ahah. Je crois que j'ai vu la bonne réponse une fois dans une review, mais je ne suis plus sûre. Pour info, je voulais un animal qu'on puisse trouver à la Nouvelle-Orléans, mais pas une grenouille qui aurait fait trop cliché (puis sérieusement, Néo en grenouille ?). Bref.

A part ça, mon Nano n'avance pas aussi bien que je l'aurais voulu, mais je suis encore dans les temps, donc on va dire que c'est acceptable. Je pense reprendre une publication normale (un chapitre par semaine) vers début août, mais je peux rien promettre.

Ahem, assez parlé. Bonne lecture!


9- Manipulations

Dépêche-toi. Cours. Te retourne pas. Dépêche-toi de courir ! Ils vont...

Il ne savait pas où il allait, ni si ce chemin avait une fin, mais il s'en fichait. Ce qui comptait ? Semer ce qui le poursuivait. Il préférait encore mourir d'épuisement que de se laisser attraper. Mais l'autre était rapide et, plus important encore, l'autre était plusieurs. Il ne savait pas combien d'entre lui le poursuivaient et ne voulait pas le savoir.

Bordel, il n'y voyait rien ! Perdu dans les Ténèbres. Dans le fond, l'autre avait déjà gagné, puisque son élément les cernaient de toutes parts. Mais Sora continua de courir, jusqu'à-

« Tu ne peux pas nous échapper. »

Il connaissait cette voix, il connaissait cet homme qui venait de se matérialiser devant lui, avec ses yeux jaunes et son sourire malsain. Il l'avait déjà affronté, l'avait déjà vaincu, pourtant ! Pourtant...

Pourtant, Xemnas était bien vivant et plus puissant que jamais, et il n'était pas seul.

« Un effort inutile. »

L'autre homme, Sora ne le connaissait pas. Balafre à la joue, longs cheveux noirs, et encore ces yeux... Au moins n'affichait-t-il pas le même air malsain que les autres.

Cerné. Il entendait plusieurs d'entre lui se rapprocher dans son dos, tous différents et pourtant si semblables, plus que des coquilles vides de leur ancienne vie, à la merci d'un seul esprit. Une abomination.

Xemnas secoua la tête, mais ce fut l'autre réceptacle qui parla, comme s'ils lisaient dans ses pensées.

« Une cohésion dont tu feras bientôt parti. »

Et Sora hurla. Il aurait voulu leur dire que non, qu'il les vaincrait avant, qu'il ne serait jamais comme eux, mais il hurla.

Il n'eut pas conscience de passer du rêve à la quiétude de sa chambre de la Contrée du Départ. Pendant quelques secondes, il se demanda où se trouvaient Xehanort et où il se trouvait, lui, avant que son esprit ne parvienne à fonctionner de manière cohérente à nouveau. Le cœur toujours battant, la sueur perlant au front, il s'aperçut qu'il tremblait de la tête aux pieds.

Un rêve, tenta-t-il de se rassurer. Rien qu'un rêve.

Mais il commençait à en douter. Il ne connaissait pas le visage de ce second réceptacle aperçu aux côtés de Xemnas. Se pourrait-il qu'il l'ait inventé ?

Un bruit sourd le fit sursauter. Il s'immobilisa, en état d'alerte, avant qu'une voix hésitante ne se fasse entendre.

« Sora ? Eh, ça va ? »

Il s'aperçut alors de la lumière qui filtrait sous la porte. Mince alors, il avait vraiment dû crier sans s'en rendre compte...

Il se mordit la lèvre, honteux, et se leva pour aller ouvrir à un Lea aux traits endormis, bien qu'une lueur d'inquiétude habite ses yeux verts. Celui-ci le regarda un moment, avant de déclarer avec son tact habituel :

« Ouah mon vieux, t'as une sale tête... Euh, bref, je t'ai entendu crier. Tout va bien ? »

Sora fit de son mieux pour afficher un sourire embarrassé et se passa une main dans les cheveux.

« J'ai fais un cauchemar, rien de grave. Mince alors, je t'ai réveillé ! Désoléééé...

-Ouais, t'abuses, voyons, de réagir à quelque chose de complètement indépendant de ta volonté, dis donc, plaisanta Lea. Non, plus sérieusement, c'est pas grave, t'inquiètes.

-Ok. Désolé quand même. »

Moment de silence. Alors que Sora s'apprêtait à mettre fin à l'échange, Lea se passa une main derrière la nuque d'un air nerveux.

« Si tu veux en parler, je suis là, hein... déclara-t-il. Enfin, tu vois. »

Le plus jeune eut un frisson malgré lui. En parler aux autres ? Non, pas la peine de les affoler avec ses problèmes. Puis il était suffisamment résistant pour faire face à quelques cauchemars, pas vrai ? Il avait eu affaire à pire...

« Vraiment, c'était stupide ! insista-t-il. Je vois même pas comment j'ai pu avoir peur de ça.

-Comme tu voudras, fit Lea en bâillant. Bonne nuit alors.

-Bonne nuit. Et encore pardon. »


Accroupie derrière un buisson, Xion priait pour ne pas se faire repérer.

Xaldin était allé retrouver Maléfique et Pat un peu plus loin dans les bois. On pouvait encore entendre la musique de la fête au loin, étouffée par les bruits de la nature.

« Où est Facilier ? quémanda la sorcière.

-Il est encore aux prises avec son problème d'âme.

-Depuis le temps qu'il est revenu dans son enveloppe charnelle ! pesta-t-elle. Je ne l'ai pas ramené à la vie pour qu'il me fasse attendre de la sorte...

-Calmez-vous, dit le Simili. Il en a bientôt fini, selon ses dires.

-Bien. C'est déjà cela. Une fois qu'il en aura terminé, il pourra nous aider à assouvir ce monde. Ces pauvres bougres n'ont même pas de défenseurs, ce sera facile. »

Pat semblait cependant s'inquiéter de quelque chose.

« Euh ouais mais euh, c'est bien beau mais, que fait-on du roi Mickey et de ces autres Porteurs de Clés ? S'ils font comme la dernière fois...

-Oh, réfléchis un peu, imbécile ! Nous ferons le ménage ici avant même qu'ils ne se rendent compte de ce qui se passe. Et cette fois, sans laisser de prisonniers. »

Elle paraissait tout à fait enchantée de ce plan. Xion frissonna.

Alors, ils ne se trouvaient pas là pour elle et Néo. En revanche, ils souhaitaient s'emparer de ce monde... Que faire ? La marionnette ne supporterait pas de laisser les habitants là à leur sort, mais elle ne pouvait pas y faire grand-chose... Libérer des prisonniers en toute discrétion, c'était une chose. Se frotter directement à la sorcière malfaisante et ses laquais, en revanche...

« Pour quoi faire ? »

Maléfique se tourna vers Xaldin, l'air hautement offensée.

« Je te demande pardon ? répliqua-t-elle en fronçant les sourcils.

-A quoi sert de prendre le contrôle d'un monde si vous n'avez plus de sujets à diriger ? »

Le visage de la sorcière se détendit, puis elle éclata de rire à gorge déployée.

« Ah, je ne veux pas régner sur ce monde ! expliqua-t-elle alors. C'est un message que j'envoie aux Porteurs. Ils possèdent une chose que je convoite et qui me sera bien plus utile que ce monde boueux. Mais chaque chose en son temps...

-Les Porteurs ne sont pas le seul problème, insista à nouveau le Simili. Que faîtes-vous de Xehanort ?

-Au diable ce malotru ! Qu'il cause tous les soucis qu'il veuille au Kingdom Hearts, ça m'est égal. »

Mais Xaldin n'en démordit pas.

« Nous avons déjà parlé de ça. S'il ressort victorieux contre les Porteurs, il deviendra notre ennemi à tous les coups.

-Et tu voudrais que je m'allie à lui ! renifla la sorcière. Je t'ai déjà dit que ce n'était pas une possibilité. J'ai déjà joué à son jeu et cela ne m'a apporté que des ennuis. De toute façon, d'ici à ce qu'il triomphe des Porteurs, j'aurais déjà quelques mondes à ma disposition. Qu'il tente de s'en prendre à moi et il courra à sa perte.

-Et l'autre scientifique ? fit remarquer Pat. Vous savez, là, celui qui a un bras en moins... On en fait quoi ? »

Maléfique balaya la menace d'un revers de main.

« Lui ? Il finira par se tuer tout seul, s'il continue. Je n'ai pas encore peur d'un enfant et de son chien de garde. »

Il eut un silence, où on n'entendait plus que le chant des grenouilles et des criquets.

« Bien, poursuivit soudainement Maléfique. Nous nous emparerons de ce monde lorsque Facilier sera prêt. »

Ils échangèrent encore quelques paroles avant de s'éloigner, s'enfonçant davantage dans la végétation.

Tant d'informations... Xion resta encore un moment immobile, à la fois par peur que Maléfique et ses acolytes ne reviennent, que parce qu'elle réfléchissait à tout ce qu'elle venait d'entendre.

Détruire un monde rien que pour impressionner le camp adverse, rien que ça ! Et si la sorcière possédait un tel pouvoir, alors il était clair que deux clones en fuite ne pourraient pas l'arrêter. Cependant, ils ne pouvaient pas rester là à rien faire !

Et Néo qui disparaissait à un moment pareil ! Décidément, il avait le chic pour ça... Il fallait absolument que la marionnette le retrouve. Et après... Après, ils aviseraient.

Une fois qu'elle fut certaine que personne ne réapparaîtrait, elle sortit de sa cachette et retourna à la résidence où se déroulait la fête, scrutant la foule à la recherche d'une chevelure argentée, mais aucune trace de son compagnon de route.

Non, il ne l'aurait quand même pas laissé là, toute seule... La marionnette se sentit soudainement désarticulée. Elle alla demander à Tiana si elle ne l'avait pas vu, mais cette dernière répondit par la négative.

En désespoir de cause, elle décida de fouiller les alentours de la résidence, pensant qu'il avait peut-être juste voulu prendre l'air... Après tout, il ne se sentait pas très à l'aise...

Elle fit le tour de l'immense maison, se retrouvant sur le côté de celle-ci, et regarda de tous côtés. Personne. Se sentant soudain las, elle se laissa tomber contre un mur. Ce ne fut que là qu'elle aperçut, sous la haie bien taillée, une grosse tortue blanche. La marionnette lui adressa un sourire épuisé. C'était la première fois qu'elle en voyait une de cette couleur.

« Et toi, tu n'aurais pas vu quelqu'un passer par là ? soupira-t-elle. Enfin, même si c'était le cas, tu ne pourrais pas me le dire...

-Mais qu'est-ce que tu racontes ? » répondit la tortue.

Xion se redressa sur ses pieds d'un bond. Voilà qu'elle avait des hallucinations, maintenant... Elle se passa une main sur le visage, fatiguée.

« Il faut vraiment que je retrouve Néo très vite...

-Mais je suis ici ! »

Elle fixa à nouveau la tortue avec des yeux ronds.

« Non, pitié, dis-moi que tu ne parles pas vraiment... Tu n'es pas vraiment une tortue qui parle. En fait, ne dis rien, du coup. C'est mieux.

-Arrête un peu ton cinéma, répliqua la tortue avec l'air le plus blasé du monde. C'est moi, je te dis ! »

L'animal continuait de fixer Xion de ses yeux turquoises. La compréhension se fit peu à peu dans son esprit et la confusion laissa place à ce sentiment que l'on éprouvait en sentant les ennuis arriver.

« Oh non... gémit-elle à nouveau en se mettant à la hauteur du reptile. Non... Néo, c'est vraiment toi ?

-Puisque je te le dit.

-Oh non... répéta Xion. Mais comment... ? Oh la la, dans quoi est-ce que tu t'es encore fourré ?

-Eh, c'est pas de ma faute ! »

A ce moment, ils entendirent des éclats de rire tout près de là. La marionnette grimaça. Si on la voyait parler à une tortue, quelque chose lui disait que cette histoire finirait mal. Surtout si ladite tortue lui répondait.

« Allons plus loin, chuchota-t-elle. Tu vas m'expliquer ce qu'il s'est passé. »

Ils s'avancèrent dans la végétation, jusqu'à atteindre les marais où ils avaient passé l'après-midi, puis Xion se réaccroupit en face de Néo.

« C'est Maléfique qui t'as fait ça ? questionna-t-elle.

-Maléfique ? Qu'est-ce qu'elle vient faire là-dedans, elle ?

-Je t'expliquerais après. D'abord, raconte-moi comment tu t'es retrouvé... Euh, comme ça. »

Néo lui narra alors sa rencontre avec le charlatan qu'ils avaient croisés plus tôt. Celui-ci se révéla être un sorcier, qui avait proposé un marché à Néo et avait fini par le transformer en tortue.

« Il avait juste dit que je pourrais plus refaire de pacte comme celui-ci ! se plaignit-t-il. Il m'a menti.

-Non, en fait.

-Comment ça, non ? s'offusqua Néo.

-Techniquement, expliqua Xion, tu ne peux plus vraiment passer de pactes ou relever un quelconque défi sous cette forme. Comme il n'a rien précisé, c'est toi qui es en tort.

-Mais il m'a dupé ! »

S'il avait encore eu son apparence humaine, elle l'aurait frappé – quoique du coup elle n'aurait plus de raison de la faire, mais passons.

« C'est entièrement ta faute ! insista Xion. Comment as-tu pu être assez stupide pour lui faire confiance ? Et puis d'abord, qu'est-ce qu'il t'a promis d'assez important pour que tu prennes un tel risque ?

-C'est pas tes affaires ! »

La jeune fille se prit la tête entre les mains. Comme s'ils avaient besoin de ça maintenant...

C'est alors qu'un détail refit surface dans sa mémoire.

« Comment as-tu dit que le sorcier s'appelait, déjà ?

-Facilier, je crois. Quelle importance ?

-Oh, non...

-Rah mais quoi encore ? » soupira Néo, agacé.

Xion lui expliqua alors la conversation qu'elle venait de surprendre entre Maléfique et ses acolytes concernant la destruction de la Nouvelle-Orléans, ainsi que la mention de Facilier.

« Par contre, je ne vois pas pourquoi il s'en est pris à toi... termina-t-elle. A quoi est-ce que ça l'avance, de te transformer en tortue ?

-J'en sais rien, t'as qu'à lui demander, répliqua ladite tortue avec mauvaise foi.

-Eh, ça suffit ! Ce n'est pas moi qui ai eu la brillante idée de faire un pacte avec un sorcier des Ténèbres !

-Les Ténèbres n'ont rien à voir avec ça. C'est un enfoiré, c'est tout. »

Xion poussa un soupir triste. Elle se sentait vidée de son énergie, après une telle journée.

« Bon... Maléfique a dit qu'ils n'attaqueront pas tout de suite. On devrait se reposer un peu, non ? On trouvera une solution à ton problème demain. »

Néo ne répondit pas, l'air contrarié – oui, une tortue pouvait avoir l'air contrarié, au grand étonnement de Xion – et aussi un peu inquiet. Ils s'avancèrent encore un peu à travers les marais, puis la marionnette se laissa tomber contre un arbre. Ils dormiraient en plein air cette nuit encore. Aucune auberge ne voudrait laisser une grosse tortue terrestre s'installer dans une chambre, de toute évidence.

Malgré tout ce qu'il venait de leur arriver, Xion esquissa un sourire en voyant Néo se recroqueviller à l'intérieur de sa carapace avec des gestes précautionneux. Celui-ci leva les yeux vers elle à ce moment-là et poussa un soupir exaspéré.

« Pourquoi tu te moques de moi, encore ?

-Je ne me moquepas de toi, fit Xion en secouant la tête. Je me dis juste que c'est drôle... Maintenant que je sais que c'est toi, j'arrive à te reconnaître même sous cette forme.

-Super, tu ne risques pas de me confondre avec une autre tortue albinos alors, bougonna le garçon. Me voilà rassuré...

-Tu ne resteras pas longtemps sous cette forme. »

Il ne répondit rien. Xion éprouva alors un peu de peine pour lui. Même s'il l'avait un peu cherché, ce devait être angoissant de ne pas savoir s'il allait redevenir humain ou non.

« Je te le promets, insista-t-elle. Ca va s'arranger, on retrouvera ce Facilier et on l'obligera à inverser son sortilège. C'est forcément possible. »

La tortue cligna des paupières avant de rentrer la tête dans sa carapace. La jeune fille commençait à croire qu'il ne répondrait toujours pas lorsqu'elle l'entendit marmonner un vague « merci ».


Revenu à l'intérieur de son repère, le Docteur Facilier jubilait. Ca avait été si facile ! Il en serait presque déçu.

Presque, car il allait bientôt retrouver ses pleins pouvoirs ! Ou en tout cas, il redeviendrait vivant. Il ne serait plus un demi-fantôme errant dans le monde des humains.

La fée Maléfique avait arraché son âme du monde des morts, mais celle-ci était endommagée, déchirée de toute part – mutilation due à la fois à sa pratique du vaudou et à ce « sauvetage » qui comportait des risques. Pour la réparer, il lui suffisait de s'emparer d'une âme suffisamment puissante et de s'en servir pour recoudre la sienne. Bien sûr, l'âme qui aurait servi à un tel travail serait dévastée au-delà du réparable...

Et voilà qu'il venait de conclure le pacte qui lui permettrait sous peu d'obtenir l'âme de ce jeune garçon imprudent ! Oh, si ses pouvoirs avaient été à leur summum, il l'aurait obtenu plus facilement, mais là... Il devait passer par la métamorphose, ce qui retardait le processus, mais qu'importe ! Vingt quatre heures après le pacte, l'âme de cette imbécile quitterait son corps et reviendrait à Facilier. Alors seulement, il pourrait reconstruire sa puissance en tant que Maître des Ombres ! Ah, il en jubilait d'avance...

En parlant d'âme, il sentit la présence de deux d'entre elles devant sa porte avant d'entendre frapper à celle-ci. Justement, il les attendait.

Il traîna son enveloppe charnelle affaiblie jusqu'à l'entrée et ouvrit aux deux scientifiques venus d'un autre monde. Le plus jeune – et le chef – hocha la tête en guise de salutations, semblant s'ennuyer profondément. Facilier les invita à entrer.

« Alors ? fit Ienzo sans introduction, observant les divers objets agrémentants le repaire de Facilier. Avez-vous réfléchi à ma proposition ? »

La maître des ombres s'inclina, lui adressant un sourire cupide sous ses cils.

« Oh, mais c'est vous qui deviez réfléchir à la mienne, si je ne m'abuse... répondit le sorcier vaudou sur un ton doucereux. Je vous ai dit que je vous apprendraià manier le pouvoir que vous convoitez, si vous me faisiez une offre suffisamment intéressante. Voyez-vous, j'ai déjà un employeur qui me prometdes choses vraiment incroyables. »

Le Docteur Facilier se redressa et jeta un œil à ses deux invités – le plus vieux, Even, ne disait presque jamais rien devant lui et le fixait toujours avec une expression de mépris proche du dégoût qui amusait grandement Facilier.

Maléfique lui avait pratiquement promis la lune. Après l'avoir ramené à la vie, elle lui avait demandé de la rejoindre dans son plan de conquête des mondes. Il pourrait absorber toutes les âmes qu'il voulait et accroître sa puissance... Sauf qu'il serait condamné à obéir au doigt et à l'oeil de la fée malfaisante – déjà qu'il était obligé de suivre les exigences des Esprits et de les nourrir, sous peine qu'ils se nourrissent de lui... De l'autre côté, ce jeune scientifique arrogant semblait bien plus simple à berner.

« Tout d'abord, puis-je vous demander ce qui vous pousse à apprendre l'art occulte du vaudou ?

-Non, répondit Ienzo. Vous n'avez pas besoin de poser des questions pour m'apprendre à manipuler les âmes.

-Je vois, je vois... Et donc, quelle serait ma récompense ?

-Un échange de bon procédé, déclara Ienzo en faisant les cents pas dans la petite pièce remplie de masques et d'objets occultes. Vous m'apprenez ce que vous savez, et en échange je vous donnerez un peu du pouvoir que je possède.

-C'est-à-dire ?

-Celui du Kingdom Hearts. »


Ce soir-là, Arlène fut surprise de trouver Lumaria dans la bibliothèque de la Citadelle. En général, il ne faisait pas grand-chose d'autre que de rester dans sa salle du trône et de faire les cent pas en préparant ses petits plans mystérieux.

« Salut patron ! lui lança la jeune femme. Qu'est-ce que tu lis ?

-Hm ? Oh, bonjour Arlène. Et est-ce que ça t'intéresse vraiment ?

-Non, réalisa celle-ci en haussant les épaules. C'est juste que c'est... rare, de te voir ici.

-Ca, c'est parce que tu n'y es jamais en même temps que moi, voilà tout » déclara Lumaria avec son charme habituel.

Il commençait à l'écoeurer sérieusement, avec ses manières. Mais, plus que cela, Arlène se méfiait profondément de lui, depuis le tout début.

Elle avait ses raisons de le suivre. Cependant, plus le temps passait, plus elle doutait qu'elle obtienne ce qu'elle souhaitait. Et ses motivations demeuraient si obscures... Il se servait d'elle et de Roxas comme de simples pions, sans leur expliquer le pourquoi du comment.

Par exemple, ce mystérieux objet qu'ils cherchaient, depuis le départ de Xion et Néo... Arlène ne savait toujours pas à quoi il servirait, au juste. Elle en avait plus qu'assez d'être tenue dans le secret. Moins elle en savait, et plus Lumaria était susceptible de la trahir, comme il l'avait fait avec les deux clones. Ce n'était pas bon du tout. En plus, Roxas ne semblait pas se soucier de tout ceci. Il exécutait les ordres sans poser de questions, en bon chien de garde, et passait le reste de son temps libre à la salle d'entraînement ou à Preuve d'Existence, devant la tombe du numéro VIII.

« Toujours si poli, Lumaria ! sourit-elle en s'asseyant en face de lui. Et si gracieux. Ca me fait me demander si tu n'étais pas un prince ou quelque chose du genre, hm ? Un duc, peut-être ? »

L'homme aux cheveux roses ne releva pas les yeux de son livre, mais esquissa un sourire amusé.

« Un assassin, en fait. »

Arlène ouvrit des yeux ronds. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il lui réponde, bien qu'elle l'ait espéré.

« Ah, vraiment ? s'enquit-elle, avide d'en savoir plus.

-Vraiment. »

Et il ne dit rien d'autre. La jeune femme, profitant que l'autre ne la regardait pas, fit la moue. N'empêche, cela allait déjà bien au delà de ses attentes. Elle avait appris quelque chose sur son mystérieux patron, bien que ça ne l'aide toujours pas à comprendre grand-chose...

Au bout d'un moment de silence, ce dernier parla :

« Raconte-moi plutôt ton exploration d'aujourd'hui, Arlène.

-Comme d'habitude, maugréa-t-elle. Agrabah, rien trouvé.

-Et la Caverne aux Merveilles, alors ? Tu y as été, au moins ?

-Mais oui ! Il y a des tas de trésors, des statues, des vieux trucs, mais rien qui ressemble à ce que tu as demandé !

-Vérifie bien, c'est peut-être enfoui sous une pile d'or ou l'autre...

-Mais à quoi ça sert ? » s'exclama alors Arlène.

Elle savait qu'elle n'aurait pas dû, mais elle n'était pas habituée à se faire diriger. Elle avait été capitaine d'un navire, bon sang ! Et même elle ne cachait pas d'informations si cruciales à ses matelots, en son temps.

Pour le coup, Lumaria leva ses yeux bleus pénétrants vers elle. La jeune femme se sentit soudainement mal à l'aise, mais ne cilla pas.

« Tu le sauras en temps voulu, mais c'est en grande partie grâce à cela que je vais pouvoir t'aider. Que je vais pouvoir tous nous aider. »