Résumé : Bien ! Lancement de la troisième phase de l'opération marions-le… (Il y en aura cinq en tout pour répondre à vos interrogations, je les avais fixés depuis le début...) Ou quand les jumeaux et Charlie s'allient pour la bonne cause, à savoir, venir en aide au pauvre cœur esseulé du plus grand héros du monde sorcier de tous les temps… Bonne lecture à tous…bisous, lilywen...

Opération : Marions-le

Chapitre 9 : Opération : et si Harry était hétéro ?

Le jour déclinait rapidement au cœur de cet hiver particulièrement rigoureux et les lumières artificielles de la ville remplaçaient progressivement celle du soleil. Il faisait décidément très froid, le vent glacial sifflait en violente bourrasque et pour couronner le tout, la neige commençait à tourbillonner, une fine pellicule recouvrait d'ores et déjà sa cape sombre dont il remonta machinalement le col pour se protéger davantage. Par Merlin et Circée… Il avait pourtant lu ce matin même dans la Gazette des Sorciers, alors qu'il avalait un copieux petit-déjeuner préparé avec tendresse par sa petite-fille, la douce et patiente Andemonia, qu'une tempête hivernale était annoncée sur le sud de l'Angleterre et la région de Londres… Alors quelle folie l'avait décidé à venir malgré tout en ce lieu de perdition ? Par Godric, Rowena, Salazar… Fichtre ! Mais quel pouvait bien être le prénom du quatrième fondateur de Poudlard ? Une femme… Oui… Ca, il aurait pu le parier. Il en était certain… Quoique… A bien y réfléchir… Peut-être, n'était-il pas si sûr que cela, en fait… En tout cas, pas au point de risquer de perdre un de ses si précieux et rares galions, chèrement et difficilement acquis au cours de sa longue vie... Ni même une petite mornille d'ailleurs, et non, il n'était pas avare et près de son argent, il était juste… Bref… Rien à faire… Vraiment rien à faire… Il ne parvenait pas à s'en souvenir… Olga, peut-être… Oui… Non… Non finalement, pas Olga… Mais, c'était certainement quelque chose comme ça… Décidément, sa mémoire lui jouait bien des tours, mais quoi de plus normal, compte tenu de son âge très respectable…

Le très vieil homme secoua la tête car, en cet instant, ses souvenirs défaillants n'étaient vraiment pas son problème le plus sérieux, pas plus d'ailleurs que les conditions météorologiques absolument désastreuses ; il y avait en fait, bien plus inquiétant, pour ne pas dire, terrifiant… Et la source de tous ses tourments se trouvait seulement à quelques mètres de lui, derrière cette vitrine, derrière cette devanture, unique rempart fragile et illusoire… Le courage, qualité primordiale de toutes personnes issues de sa maison à Poudlard, lui faisait bien cruellement défaut pour la première fois de son existence et il n'était pourtant pas un couard, il avait tout de même connu trois guerres, deux révoltes de géants et une insurrection des elfes de maison, organisée et fomentée, il y a seulement deux ans, d'après ce qu'il avait cru comprendre par une jeune demoiselle travaillant au ministère, Grover… Oui, enfin, peut-être pas, mais certainement quelque chose comme ça… Bref, malgré ses nombreuses expériences passées, tout ceci n'était rien comparé à cette catastrophe, ce cataclysme… Par tous les plus puissants sorciers et sorcières n'ayant jamais hésité, pourquoi avait-il cédé aux caprices et aux idées saugrenues de son petit William ? Bien sûr, son arrière, arrière, arrière petit-fils l'avait suriné sans cesse durant toutes les vacances de fin d'année pour qu'il lui achète pour son douzième anniversaire la 'boîte à flemme', troisième génération des frères… Seasel… Weasel… Non pas exactement… Weasley… Voilà, c'est ça ! Seulement, lorsqu'il avait accepté, le vieil homme ne s'était pas douté un seul instant de ce qu'il l'attendrait alors dans cette boutique diabolique et désormais, il suspectait sérieusement que quelque mage noir terrible, descendant spirituel de celui dont on ne devait pas prononcer le nom, avait entrepris de conquérir le monde grâce à ce lieu absolument démoniaque…

Archibald Grinwitch fixait donc depuis déjà de très, très longues minutes la vitrine du magasin de farces et attrapes, complètement interloqué, choqué, simplement incapable de franchir le seuil. Il faut avouer qu'à l'âge vénéré de cent soixante-dix huit printemps, ce qui même dans le monde des sorciers était tout bonnement prodigieux, le pauvre vieil Archibald n'en croyait pas ces pauvres oreilles… A cela, pauvres moldus, je vous imagine quelque peu circonspects, mais, il convient tout de même de préciser que notre brave arrière, arrière, arrière grand-père n'entendait pratiquement plus rien depuis maintenant presque trois décennies. Lorsqu'une personne voulait lui adresser la parole, sa petite Andemonia lui venait inlassablement à l'aide, répétant à moult reprises les propos qui lui étaient destinés et ce à quelques centimètres de lui pour qu'il les comprenne convenablement... Et là, il entendait parfaitement tous les hurlements et les vociférations, provenant de l'arrière boutique des frères Weasley. Les passants, comme lui, des clients tardifs qui déambulaient encore dans la célèbre allée londonienne et souhaitaient regagner au plus vite leurs agréables demeures en cette froide soirée de février, se figeaient d'angoisse à quelques pas du vieil homme. Archibald secoua la tête, résigné. Après tout, il n'y avait pas d'urgence, l'anniversaire de William était dans deux semaines, il pourrait toujours repasser dans quelque jours, il allait d'abord se renseigner de toute urgence sur ce lieu, sur ces jeunes propriétaires et sur cette fameuse 'boîte à flemme' que désirait tant son petit William, il était de plus en plus persuadé que ce magasin qui avait pourtant pignon sur le célèbre chemin de traverse n'était en fait qu'une succursale d'une de ces boutiques adeptes de magie noire de l'allée des Embrumes. Mieux valait donc revenir une autre fois et ne pas tenter trop Dame Chance qui veillait consciencieusement sur lui depuis bien longtemps maintenant… Il avait peut-être cent soixante-dix huit printemps mais il tenait à vivre encore quelques temps et préférait éviter de succomber à une mort douloureuse en franchissant le seuil de cette boutique des plus douteuses. Dos vouté, Monsieur Grinwitch s'éloigna bien péniblement en direction du Chaudron Baveur mais je suis sûre que vous, téméraires moldus, intrépides et curieux, inconscients des risques encourus, ne craignaient pas d'affronter le courroux d'une certaine petite brune ébouriffée, travaillant pour le ministère, dont la voix, aussi douce et mélodieuse que les cris de jeunes plants de mandragores, parvenait distinctement jusqu'à la librairie de Fleury et Bott…

« NON ! NON ! NON ET NON ! JE REFUSE ! CE N'EST PAS A VOUS TROIS DE DECIDER DE LA SUITE DES OPERATIONS ! CERTAINEMENT PAS !

- Et pourquoi cela, ô, très chère belle-sœur ?

- NE JOUE PAS A CE JEU-LA AVEC MOI, FRED WEASLEY ! NE ME PARLE PAS AVEC CE PETIT TON HYPOCRITE ET DOUCEREUX, JE NE SUIS PAS DUPE UNE SEULE SECONDE DE VOS PETITES MANIGANCES ! JE SUIS CERTAINE QUE VOUS AVIEZ ABSOLUMENT TOUT PREVU TOUS LES TROIS AVANT MEME LA REUNION DE CE SOIR !

- C'est, en effet, tout à fait possible.

- ET C'EST SIMPLEMENT HORS DE QUESTION !

- Et pourquoi donc, chère Hermione à la voix douce et mélodieuse ? Ronny d'amour et toi avez encore d'autres brillantes propositions à nous soumettre, peut-être ?

- Parfaitement, Fred !

- Quel dommage que vous deviez attendre maintenant votre tour pour nous en faire part, n'est-ce pas, frérot ?

- Entièrement d'accord avec toi, Fred. Après cette tentative ô combien enthousiasmante visant à pousser notre petit gryffi préféré dans les bras de Charlie, idée de Ronny d'amour qui s'est avérée des plus concluantes, tu en conviendras tout de même, Hermione, et l'opération encore plus fascinante pour le caser avec l'honorable Maître en Etude des Moldus de Poudlard, le bien nommé Seamus Finnigan, je crains qu'effectivement, une petite pause soit désormais nécessaire pour notre si adorable beau brun d'où notre projet en deux phases… De toute façon, vous l'avez complètement traumatisé, je ne l'ai jamais vu aussi défait que samedi dernier, après le match de Quidditch, alors que les Rouges et Ors ont d'ores et déjà remporté la coupe des quatre maisons ! Il aurait dû hurler de joie d'avoir battu Snape et pourtant, tu reconnaîtras qu'il était loin d'avoir l'air heureux et épanoui. Mon seul regret est que j'aurais toujours pu faire rire Lee ce soir avec votre 'nouvelle' proposition de…

- Eh ! Tu aurais pu le dire avant que tu avais un petit rendez-vous avec ton Lee, frérot…

- Ce n'est pas UN rendez-vous, Fred ! Et ce n'est pas MON Lee !

- Pas encore mais juste une petite précision… Tu le retrouves ce soir ?

- Oui.

- Pour un diner ? Restaurant ?

- Oui.

- Tous les deux ? Rien que tous les deux ?

- Oui.

- Donc c'est UN rendez-vous, frérot !

- Fred, Georges, on pourrait recentrer le débat, là.

- Pardon, Charlie… Bref, admets-le Hermione, pour une fois, tu t'es trompée ! Alors laisse-faire les vrais professionnels !

- Tu parles de vous, là ? Votre idée est tout simplement tordue et CE N'EST VRAIMENT PAS UNE BONNE IDEE !

- Charlie, Frérot et moi, présenter une idée tordue, tu nous flattes trop…

- Sérieusement, vous ne pouvez pas faire ça, Harry risque de franchement mal le prendre…

- Non, pas du tout, bien au contraire. En fait, on s'est tous rendu compte samedi dernier qu'il n'est pas très en forme ces derniers temps, même toi, tu ne peux pas le nier ; alors pourquoi ne pas profiter de la Saint-Valentin… Reconnais que ce sera, pour lui une bonne occasion de rire, il sera plus détendu et forcément plus réceptif dans tous les sens du terme pour la seconde partie de notre plan… Et puis, ça ne pourra guère être pire que vos deux propositions, quoi qu'il advienne.

- Ca ne s'est pas si mal passé que vous le dites…

- Quelle mauvaise foi, Hermione ! C'était pathétique ! Non, plus encore, c'était carrément catastrophique !

- Et c'est moi que tu accuses d'être de mauvaise foi ! Tu ne manques pas de toupet, en tout cas, Charlie Weasley ! CATASTROPHIQUE ! Tu ne penses pas que tu exagères très légèrement, là?

- Que j'exagère ! Mais, bien sûr, c'est une telle évidence. Harry a seulement passé toute la journée et une grande partie de la soirée à essayer de se noyer dans une bonne centaine de verres de whisky-pur-feu, alors, oui, je pense que sur ce coup-là, tu t'es très, très légèrement fourvoyée en proposant Seam comme futur petit ami d'Harry, je crois que Ron a eu une idée plus brillante en me proposant, c'est dire ! Même Seamus t'a affirmé après le départ de 'Ry pour Poudlard qu'il n'y avait AB-SO-LU-MENT aucune chance qu'il se passe quoi que ce soit entre eux, tu pourrais au moins le croire, lui !

- Vous ne pouvez pas nier qu'ils s'entendent très bien, qu'ils sont de plus en plus complices…

- Oui, comme Harry peut l'être avec Ron, rien de plus… Je doute franchement que notre petit brun adoré envisagerait de s'envoyer en l'air avec ton mari, et ne fais pas cette tête, Ron ! Il a au moins fait l'effort d'essayer deux minutes avant de déprimer tout seul dans son coin, de nous rembarrer dès qu'on s'approchait de lui et bien sûr, il a cuvé…

- De toute manière, notre tentative était vouée à l'échec et ça n'avait strictement rien à voir avec Seamus ou qui que ce soit d'autres, il est revenu absolument furieux du château, je ne sais pas, triste et écœuré aussi. Je suppose que Snape s'est montré plus odieux avec lui qu'à son habitude et va savoir pourquoi, Harry qui normalement se contrefout de ce qu'on peut bien penser de lui, est au contraire très sensible aux commentaires et aux opinions de Severus Snape depuis notre septième année.

- Inutile d'essayer de changer de sujet pour arriver à tes fins, Hermione, toujours est-il que tu t'es trompée, alors maintenant, c'est aux jumeaux et à moi de mettre en place la suite des opérations.

- C'est tout simplement hors de question, vous ne connaissez pas Harry comme Ron ou moi depuis plus de dix ans.

- Et c'est censé nous impressionner, je présume ?

- Ah mais bien sûr, Môssieur Charlie Weasley sait forcément mieux que nous ce qu'il convient à Harry !

- Parfaitement ! Dois-je te rappeler qu'on est ami depuis déjà un certain temps et qu'il se confie beaucoup à moi… Même si ça te déplaît !

- N'importe quoi ! Ce serait plus exact de dire que c'est uniquement parce que tu n'as pas digéré le fait qu'on ait essayé de te caser avec lui en tout premier, tu as toujours été opposé à notre opération, maintenant tu en profites en tentant de nous le faire chèrement payer, au risque de faire échouer tout notre projet et tu as en plus réussi à embobiner les jumeaux !

- HE ! PERSONNE NE NOUS MANIPULE, GRANGER !

- BIEN DIT, FREROT !

- De toute manière, ce que tu viens de dire est inexact… J'ai toujours dit que j'étais contre le fait d'être un des candidats potentiels pour Harry, je n'ai jamais dit que j'étais contre le fait d'aider un peu 'Ry à y voir plus clair dans sa vie sentimentale… Tu notes la petite nuance, Hermione ?

- Ca ne change rien au fait que vous devriez ne pas perdre de vue que cette idée est celle de Ron et moi. Pas des jumeaux et toi ! Ce n'est donc pas à vous de décider de la suite des opérations.

- Oh que si et ça s'appelle la démocratie : trois contre deux… Tu perds, nous gagnons désormais. C'est à nous de faire désormais des propositions.

- Et oui, chère et douce belle-sœur, Charlie a raison, tu as perdu cette fois ! Admets-le… C'est tout ! »

Pour la mille six cent trente et unième fois depuis le début de cette réunion dans l'arrière boutique des frères Weasley, adresse devenue incontournable pour tous les étudiants farceurs et indisciplinés de Poudlard, Madame Hermione Granger-Weasley soupira profondément, sentant poindre un terrible mal de tête, Ron semblait résigné et lui adressa un petit sourire contrit. Elle savait qu'elle n'aurait pas gain de cause, cette fois-ci… Dépitée, la jeune femme se retourna vers les trois frères qui s'étaient ligués habilement contre elle, pesant le pour et le contre, elle reprit :

« Résumons, pour poursuivre l'opération 'Marions-le', vous avez donc décidé d'un plan en deux étapes : tout d'abord, demain : la Saint- Valentin, ce serait, d'après vous, un moyen de changer les idées d'Harry et de le faire rire, c'est bien cela, Fred ?

- Oui, à peu près et puis après tout, il ne faut rien négliger et il vaut mieux vérifier qu'il n'a pas retrouvé le chemin de l'hétérosexualité après avoir couché avec toute la population gay de Grande-Bretagne ou presque… Peut-être, est-il écœuré par tous ces mâles sublimes, finalement ?

- Comme si c'était dans le domaine du possible…

- Et bien, on ne sait jamais… Même si je reconnais que c'est hautement improbable que notre gentil petit survivant s'intéresse dorénavant aux femmes. D'ailleurs à ce sujet, je trouve assez ironique que les deux spécimens gays ici présents n'ait jamais testé à l'horizontal notre fougueux beau brun alors que la quasi totalité de l'Angleterre a connu cet honneur !

- Fred, dois-je te rappeler que je le considère comme un petit frère d'où l'échec complet de votre petite entreprise…

- Certes, mais… »

Pendant un instant, Fred marqua une pause, dévisageant son frère jumeau qui avait curieusement fui son regard et rougit furieusement :

« Dites-moi, Georges Alius Weasley, n'y aurait-il pas quelque chose que tu ne nous aurais jamais dit ? Quelque petite information que tu souhaiterais confesser…

- Euh…

- TU AS COUCHE AVEC HARRY JAMES POTTER ET TU NE NOUS L'A JAMAIS DIT, FAUX FRERE !

- Ben, je pensais qu'il y avait prescription depuis le temps et ça ne s'est passé qu'une seule fois, en plus.

- FINIS DE PLAISANTER, GEORGES ALIUS WEASLEY ! OU ? QUAND ? ET SURTOUT, C'ETAIT COMMENT ?

- Euh… Ici même, il y a plus de deux ans, peu après sa victoire contre Voldy… Il… Je ne sais pas ce qu'il avait, tu étais parti faire des achats dans l'allée des embrumes, il est arrivé complètement abasourdi, paumé. Il avait visiblement pleuré, il voulait parler et finalement, il s'est pour ainsi dire, 'jeté' sur moi.

- Et tu as fait preuve d'une grande force de caractère pour le repousser, bien sûr…

- Ben… Tu m'excuseras mais je ne suis pas assez cinglé pour envoyer balader le plus beau mec de ce pays.

- Là, au moins, je sais pourquoi tu es mon jumeau.

- Fred, tu voudrais être sérieux, juste une seconde !

- Eh, Charlie ! Je suis, on ne peut plus sérieux, et il me semble que Frérot n'a pas encore répondu à ma troisième question, c'était comment de s'envoyer en l'air avec notre petite merveille ?

- Ben… C'était… C'était…

- A ce point-là ?

- Disons simplement qu'il mérite largement tous les commentaires élogieux que vous avez pu entendre et même plus encore… »

Georges fit alors un clin d'œil entendu à son jumeau qui éclata de rire avant de reprendre en hoquetant :

« Et… Et… Ton Lee… Il est au courant de… Enfin que tu as fait des choses intéressantes avec notre petit survivant ?

- NON ! Tu veux ma mort, jaloux comme il l'est…

- Tu t'es trahi, frérot… Alors, vous officialisez quand ?»

Tandis que Georges se renfrognait encore davantage, Fred, fier de sa petite manœuvre, jubilait littéralement et Hermione, profondément exaspérée, préféra interrompre son beau-frère immédiatement :

« Bien, si on pouvait poursuivre sérieusement, j'aimerais vraiment ne pas passer le reste de la nuit ici, il est très tard, je suis fatiguée et la journée de demain risque d'être longue, sans compter que Lee attend Georges, il me semble ! Admettons que j'accepte la première partie de votre plan avec 'l'opération : et si Harry était hétéro', même si aucun d'entre nous ne semble avoir le moindre doute sur les disons 'préférences' de 'Ry… Cette mascarade ayant pour unique but de l'amuser avant la rencontre de samedi et le lancement de la seconde phase de votre petite machination, l'opération visant à le caser avec un ex… Mais, c'est bien là que le bât blesse : le rendez-vous romantique par excellence avec BLAISE ZABINI, le même Blaise qui drague et semble très intéressé par Charlie, le Blaise avec qui il a été plus ou moins pendant un bon mois et qui lui donnait des envies de meurtre ? Vous êtes malades ou quoi ?

- Non, Hermione… Sérieusement, nous avons établi lors des deux précédentes tentatives le fait qu'Harry a besoin d'une personne qui a fait partie de la famille de l'Ordre, qui a connu toute la période de la guerre à ses côtés, qui ne le considérera donc pas comme un héros mais comme son égal, quelqu'un qui d'une façon ou d'une autre est ou reste proche de Poudlard mais il faut aussi tenir compte des conquêtes qu'il nous a présentées par le passé…

- Tu peux préciser ta pensée, Charlie ?

- Bien, en fait, les hommes qui ont un tant soit peu intéressé notre survivant, répondaient toujours aux mêmes critères et si nous voulons trouver LA personne parfaite pour lui, nous devons impérativement en tenir compte, sinon l'opération est vouée à l'échec. Toutes les conquêtes qui ont passé plus qu'une simple soirée avec Harry, étaient des personnes lointaines, mystérieuses, presque sombres et avaient TOUJOURS un point commun, c'était généralement des Serpentards !

- Tu plaisantes, mon meilleur ami ne pourrait pas… Un Serpentard !

- Sois lucide, Ron, il est resté un long moment avec Blaise Zabini, presque un record pour lui, il y a aussi eu le cousin de Pansy, Andrew Parkinson, pur Serpentard également et puis même si nous n'avons jamais eu aucune confirmation, nous avons tous plus ou moins suspecté qu'il entretenait une relation secrète avec quelqu'un lors de sa septième année et soyons honnête, nous avons tous, à un moment ou un autre, pensé à ce cher Drago Malefoy…

- Mon meilleur ami et La Fouine… Je refuse d'y croire, un point, c'est tout ! Vous vous trompiez à l'époque, je vous l'ai dit et je le confirme, je suis persuadé qu'Harry ne pourrait pas… Enfin… C'EST LA FOUINE, LE FILLEUL DE SNAPE, BORDEL !

- Remets-toi, Ron… Toujours est-il que pour toutes ses raisons, nous avons pensé que… »

En cette veille de Saint Valentin, la neige recouvrait maintenant complètement les toits des maisons londoniennes et les empreintes des pas des sorciers qui se précipitaient tout au long du chemin de traverse, désespérant de trouver enfin le cadeau parfait à offrir à leur dulcinée, se devinaient et se mélangeaient dans la poudreuse blanche devenue rapidement boueuse et grise en raison des nombreux allers-retours… Provenant de la célèbre boutique de 'farces et attrapes des frères Weasley', la discussion enfiévrée qui avait effrayé les plus téméraires, se poursuivit ainsi une bonne partie de la soirée au grand désarroi d'une jolie petite brunette aux cheveux ébouriffés... mais aussi d'un jeune homme aux dreadlocks qui ruminait dans un sublime restaurant situé dans la partie sorcière d'Edimbourg, attendant un certain rouquin à une table avec bougies, petite ambiance feutrée, musique romantique à souhait, un petit objet en or dans un écrin caché dans les replis de sa robe sombre, et suspecta son pas-encore-officiel-petit-ami-fiancé-et-bien-davantage de lui avoir posé un lapin et il le lui ferait payer ce retard… A sa façon, bien entendu…

Le lendemain, bien loin de là, au cœur de la lande écossaise, dans la plus célèbre école de sorcellerie, un homme de haute taille, au regard sombre et pénétrant, taciturne aux yeux de la plupart de ses connaissances, maudissait déjà cette journée particulièrement écœurante qui s'annonçait encore plus longue qu'il ne l'avait craint… atrocement plus longue…

En effet, cela faisait désormais trois jours, dix-huit heures, vingt-cinq minutes et onze… Douze… Treize secondes que son cauchemar, le fils de son pire ennemi, le filleul du cabot le torturait véritablement… Severus Snape, grand maître en Potions de Poudlard, maître es Légilimancie, docteur es Occlumancie, détenteur de l'ordre de Merlin première classe pour son rôle inestimable d'espion auprès du Seigneur des Ténèbres, était en cet instant sur le point de commettre l'abjecte humiliation à ses yeux. Déjà, il en était réduit à supporter l'eau fraîche fouettant contre sa peau brûlante et si sensible à cause de ce gamin, cet infernal petit morveux, ce brun diabolique dissimulé sous un adorable visage angélique, l'élu, sa Majesté, vainqueur du plus grand mage noir de tous les temps, adulé de tous, la huitième merveille du monde comme il se plaisait à l'appeler souvent, Harry Potter, le seul et unique, son éternelle punition sur cette terre… Non, il devait tenir bon, il n'était pas un de ces stupides adolescents aux hormones en ébullition, il ne s'abaisserait pas à… IL NE SE SOULAGERAIT PAS COMME UN ELEVE DE SIXIEME ANNEE ! MERLIN ! Trois jours, dix-huit heures, vingt-six minutes et trente-cinq secondes et il n'en pouvait plus, Potter voulait sa perte définitive, il tourna rageusement le robinet… De l'eau glaciale, absolument glaciale…

Il s'était donc passé trois jours et un peu moins d'une vingtaine d'heures depuis la rencontre de Quidditch qui avait opposé sa maison à celle de son cauchemar, trois jours et un peu moins d'une vingtaine d'heures depuis sa dispute avec le jeune enseignant en Défense contre les Forces du mal dans le hall d'entrée de l'école et ils ne s'étaient pratiquement pas parlé depuis lors, à peine un bonjour dédaigneusement asséné au moment du petit-déjeuner à la table des professeurs. Il avait bien sûr retrouvé Harry, dès le lendemain du match de Quidditch, assis face à lui dans la grande salle comme depuis ces six derniers mois. Cependant, le survivant lui avait paru vraiment très fatigué, sans doute que la fête pour célébrer la victoire des Gryffondors au chemin de Traverse s'était terminée très tard dans la nuit. Au vu du regard émeraude quelque peu vaporeux et perdu, nul doute qu'Harry avait dû franchement abuser du whisky-pur-feu au cours de cette célébration.

Ce matin-là, Severus avait vainement essayé de faire abstraction du douloureux pincement au cœur qu'il avait ressenti quand il avait vu le sourire étincelant qu'avait adressé Seamus au survivant à son arrivée, sans compter sur toutes les conversations à peine murmurées entre les deux anciens camarades de chambrée, tous leurs fous rires, cette complicité retrouvée entre les deux jeunes enseignants lui avait donné des envies de meurtre. Bien sûr, il n'avait pu se résoudre à avadakédavriser la précieuse petite émeraude du monde sorcier : d'abord parce qu'il doutait malgré les nombreuses distinctions qu'il avait obtenues à la fin de la seconde guerre que la communauté lui pardonne son léger emportement s'il s'en prenait à sa majesté Potter, mais surtout parce que malgré toutes ses tentatives pour repousser cette évidence, il aimait définitivement ce foutu gamin. Severus dut recourir à toutes ses compétences en occlumancie pour conserver son apparence austère et imperturbable et écouter patiemment les élucubrations de Trelawney alors qu'il ne voulait qu'une chose, enlever sur le champ le jeune homme pour le calfeutrer à tout jamais dans ses appartements, il avait tenu bon pendant plus de deux ans malgré tous les articles de presse scandaleux qu'il avait pu lire ; seulement, c'était terriblement plus difficile lorsque le brun se tenait devant lui, à quelques mètres, de le voir minauder, rougir adorablement… C'était une torture pire que le doloris de le voir sourire tendrement à un autre homme que lui. Le maître des potions s'était finalement confiné dans ses appartements le reste de la journée.

Il n'était réapparu que le lendemain et cette semaine de cours s'annonçait pour lui encore plus éreintante, encore plus désespérante, encore plus frustrante… Résigné, le ténébreux espion avait ainsi regagné sa salle des Potions. Au repas de midi, la rumeur qui avait circulé dans la grande salle aussi vite qu'un vif d'or disparaît dans un match de Quidditch, était des plus effrayantes… Severus Snape s'était apparemment montré encore plus dur et exigeant, encore plus sarcastique et terrifiant que lors de la semaine précédente, chose au demeurant assez difficilement concevable et pourtant, le nombre de points retirés au cours de la matinée avait atteint des records inimaginables. Même les élèves les plus chevronnés dans l'art si délicat, enseigné par le directeur des Verts et Argents appréhendaient le moment d'entrer dans la salle des Potions, au moins autant que d'assister à un cours de soins aux créatures magiques avec Hagrid qui aurait eu pour thème les scrouts à pétard dans leur habitat naturel ; les rares téméraires qui s'étaient risqués à ne pas tenir compte des avertissements et avaient fait fi des rumeurs effroyables, l'avaient bien amèrement regretté. Dès le mardi, plus aucun élève n'avait osé lever les yeux de son chaudron de peur de mourir dans d'atroces souffrances et tous priaient fébrilement pour que l'attitude du Maître des Potions s'adoucisse quelque peu avant qu'un drame ne survienne, deux élèves de première année de Pousouffle s'étaient d'ores et déjà évanouis et avaient été conduit auprès de Pompom seulement parce que le sale bâtard graisseux avait prononcé leur nom sur un ton plus que menaçant. Severus demeurait donc l'enseignant le plus craint et respecté de Poudlard, il était toujours le seul à pouvoir espérer un silence monacal d'un simple regard mais tout ceci n'était pour lui qu'une bien maigre consolation car l'ancien espion ne pensait plus qu'à ses yeux trop verts, brillants de malice et de luxure qui le défiaient ouvertement à chaque nouveau repas dans la grande salle. Nul doute que le petit brun cherchait à le rendre cinglé et il allait probablement y parvenir d'ici peu. Cela ne faisait que trois jours, dix-huit heures, vingt-neuf minutes et quarante-cinq secondes… Pourquoi était-il devenu si dépendant de ce charmant petit corps si souple et imaginatif et de son envie insatiable entre des draps ? Par Salazar, l'eau glaciale ne semblait pas pouvoir calmer son envie de cette peau aux odeurs douces de vanille, de cette bouche pulpeuse, de ce… Harry était sa damnation et ce mercredi matin, pendant le petit déjeuner, le gosse avait dépassé les limites, le torturant de la plus délicieuse des manières.

Bien sûr, il avait appréhendé cette journée plus que tout autre et pour cause... Depuis son réveil, le Maître des Potions avait un très mauvais pressentiment, il craignait qu'aujourd'hui ne soit pour lui le paroxysme de cette torture sournoise, sadique et perfide, il avait vu juste. A cela, plusieurs explications : d'abord, la date, après deux jours d'effervescence, Poudlard s'apprêtait à célébrer ce mercredi la traditionnelle fête des amours, une coutume moldue qui s'était également développée dans le monde des sorciers. La Saint Valentin… Autrement dit, une école remplie d'adolescents aux hormones déchaînées, une suite de visions toutes plus cauchemardesques les unes que les autres, de stupides gamines rougissant comme des vierges effarouchées, ce qu'elles étaient probablement d'ailleurs, des morveux pervers, des trucs roses partout et des chocolats… Ecœurant… Severus aurait pu rendre l'âme devant toutes ses mièvreries, cette petite peste de gryffondor de Rose Anevert qui battait des cils devant cet abruti de Graysmith était déjà en soit une épreuve très douloureuse mais tout cela n'était rien… Rien comparé à cette torture que lui avait infligée le petit brun. Là, c'était bien au delà de ce qu'il pouvait supporter, lui, l'espion parfait avait craqué sous la pression, il s'était trouvé contraint de regagner de toute urgence ses appartements, il s'était précipité sous sa douche, espérant apaisé son corps en manque depuis seulement trois malheureux jours, il avait pourtant l'impression que cela faisait des siècles et un seul nom résumait cette situation désastreuse. Toujours et encore. Harry Potter…

Au petit-déjeuner, Harry s'était donc simplement installé comme à son habitude à la table des professeurs face à lui. Son cauchemar lui avait fait un petit clin d'œil qui ne présageait vraiment rien de bon, il savait comment fonctionnait le cerveau du survivant et ce dernier avait eu un regard carnassier… dont il était la proie désignée. Le foutu gryffi voulait jouer. Le petit brun avait commencé par la dégustation de son yaourt, à cela rien de bien inquiétant dirait un témoin inattentif… Grave erreur de débutant. La petite cuillère passait et repassait sensuellement entre les lèvres pulpeuses, laissant parfois paraître une petite langue rose, léchant langoureusement la substance blanche… Très mauvaise image mentale… Très mauvaise association d'idées… Ce spectacle était à la limite de l'indécence. Bien évidemment, ce n'était que le premier round, sa majesté avait décidé de le rendre cinglé et sexuellement frustré. Le séduisant survivant avait alors saisi un pot de confiture de fraise et avait trempé sans vergogne son index dans le mets délicieux avant de porter la préparation sucrée à sa bouche, non content de faire glisser son doigt d'avant en arrière dans un effet de succion des plus déstabilisants, les joues du gamin avaient pris une délicate teinte rose et Severus était certain de l'avoir entendu gémir, un miaulement, un son absolument... Un feulement, proche à se méprendre du bruit que faisait le petit brun lorsqu'il le faisait sien et frappait durement sa prostate. Il avait perdu. Il avait beau être particulièrement talentueux dans l'art de la dissimulation de ses émotions, l'espion s'était levé dans un tourbillon de robe noire caractéristique, il avait bien sûr entendu les ricanements du survivant et s'était sauvé pour retrouver la paix de ses appartements. L'eau froide n'y faisait rien, il revoyait ses lèvres contre cette cuillère, le doigt fin et recouvert de confiture allait et venir dans cette bouche dont il connaissait les talents indéniables. Ecœuré, le ténébreux brun referma l'arrivée d'eau et fit lentement glisser sa main droite contre son torse, descendant inexorablement vers son érection trop douloureuse… Abjecte humiliation ! Comme un de ses morveux, le Maître des Potions entamait un cinq contre un… Il était maudit ! Ce gamin était sa malédiction, un démon sous des allures angéliques…

Pendant que Severus Snape se voyait contraint de se soulager et maudissait tous les Potter, et en particulier un qui était aussi bien capable de faire de sa vie un véritable enfer comme un paradis de sexe et de luxure, le petit brun aux cheveux en bataille souriait gaiement dans la grande salle où il savourait avec gourmandise un excellent muffin. Sa Saint-Valentin serait torride cette année, il ne laisserait pas une seule chance à son Sev ! Après tout, cela faisait déjà trois jours et un peu moins d'une vingtaine d'heures sans sexe débridé et c'était vraiment le maximum qu'il pouvait tolérer depuis qu'il était revenu dans la vie du maître des Potions au début de l'année scolaire. Tout à ses rêveries de confiture de fraise, ce dernier releva la tête lorsque Seamus l'interpela en chuchotant pour que les autres enseignants ne puissent pas prendre part à leur conversation :

« 'Ry, tu savais que Snape est gay ? »

Le survivant manqua de s'étouffer littéralement et recracha une partie du muffin qu'il dégustait à l'instant, Seam le regarda en souriant, c'était bien la première fois qu'il parvenait à déstabiliser le jeune et beau survivant :

« Donc, tu le savais.

- Bordel, Seam…

- Je m'en doutais, j'aurais même pu le parier, en fait…

- Parier quoi ? Tu délires complètement cette fois, je t'assure.

- Tu es franchement machiavélique, 'Ry, mais tu mens très mal, tu as parfaitement vu le regard qu'il t'a lancé à l'instant quand tu faisais joujou avec la confiture et puis, il s'est sauvé… Précipitamment…

- Je n'ai jamais…

- Quoi ? Titiller un homme gay ? Ben, voyons… Franchement, c'était à la limite de l'indécence…

- Ce n'est pas…

- Oh que si, c'est exactement ce que je crois. L'ennui, c'est que tu t'attaques à Snape et il n'est définitivement pas le genre d'homme que l'on taquine sans s'en mordre les doigts.

- Je n'ai rien fait, je ne vais donc pas m'en mordre les doigts, Seam…

- Certainement, tu préfères les lécher d'une façon absolument sensuelle et terriblement érotique… Tu sais qu'il y a des jeunes âmes influençables dans cette pièce.

- Tu parles de toi, là ?

- Non, des élèves, entre autres... Alors, dis-moi ton petit manège, c'était pour te venger de son comportement au match de Quidditch, histoire d'humilier un peu le stoïque maître des Potions ?

- Me venger de son comportement ?

- On ne peut pas dire qu'il se soit adressé à toi très cordialement lors du match de samedi.

- On parle de Severus Snape, Seam. Quand est-ce que tu l'as vu discuter aimablement avec quelqu'un ?

- Il me semble que tu as toujours été le premier à prendre sa défense, tu as toujours soutenu qu'il se comportait différemment avec toi, depuis vos entraînements communs en septième année, qu'il n'était absolument pas comme le sale bâtard graisseux que l'on connaissait pendant les cours. Je me souviens encore de la tête de Ron quand tu avais dit ça, j'ai cru qu'il allait mourir prématurément et puis, c'est grâce à ton intervention qu'il a été reconnu pour ses actes en faveur du Phénix. Depuis que tu es professeur, j'ai pu me rendre compte à de nombreuses reprises qu'à part Drago Malefoy, il n'y a qu'avec toi qu'il semble entretenir une relation un tant soit peu aimable. Jusqu'à la semaine dernière, j'aurai même affirmé qu'il était plutôt plus agréable à vivre depuis ton arrivée… Notre survivant aurait-il changé d'avis sur le Maître des Potions depuis le match ?

- Non, pas du tout.

- Bien, je suppose que tu sais ce à quoi tu t'exposes en t'attaquant au directeur des Serpentards… OH mais attends-là, je viens de penser à quelque chose… »

Le pouls du survivant s'était considérablement accéléré, il avait peut-être exagéré en faisant des avances aussi directes à l'espion devant Seamus. Il aurait dû être plus discret mais il adorait tellement voir ces yeux noirs et pénétrants le déshabiller, il adorait voir Sev perdre son sang-froid et le désirer tellement intensément. Son ami savait qu'il y avait un homme dont il était amoureux depuis très longtemps et s'il avait fait le rapprochement entre eux deux, alors… Un grand sourire aux lèvres, le jeune professeur aux cheveux clairs poursuivit sans prêter plus d'attention que cela à l'air catastrophé d'Harry.

« Tu avais parlé de me caser avec un serpentard, ne me dis pas que…

- HEIN ? NON MAIS T'ES MALADE ! SEVERUS EST A…

- Quoi ? Il est quoi, Harry ? »

Le brun s'était arrêté juste à temps avant d'hurler à son ami que Severus était à lui et uniquement à lui, pour toujours. PERSONNE NE DEVAIT APPROCHER SON SEVERUS, LE SIEN, SON SEV, RIEN QU'A LUI. Essayant de comprendre et déchiffrer l'attitude de son ami, Seamus regardait maintenant attentivement le séduisant brun qui se sentit brusquement rougir.

« 'Ry, ça va ?

- Oui… Oui… Je voulais dire, Snape est… Enfin, ne dis pas n'importe quoi. Je t'ai parlé de te trouver un serpentard avec qui tu pourrais construire une vraie relation, mais jamais, jamais… Bordel, Seam, tu es effrayant…

- Hé, je plaisantais, tu es sûr que tout va bien…

- Oui, oui, évidemment.

- Bien… Pour changer de sujet, tu as eu des nouvelles de Charlie ?

- Non, pas encore. Aux dernières informations, il a vu les jumeaux, il y a deux jours, je crois, il a apparemment organisé avec eux un projet pour contrecarrer les idées de Mione et il devait le présenter hier soir au magasin. Toujours est-il que normalement, le prochain prétendant au trône doit être intronisé, aujourd'hui, pour la Saint Valentin, mais pour l'instant, il refuse de me dire de qui il s'agit. Quoi qu'il se passe, il doit m'envoyer un hibou pour m'informer des décisions prises et j'ose espérer que notre couple adoré aura compris au cours de la dernière soirée que tu n'étais pas l'homme de ma vie, pas plus que 'Lie. C'est le principal, non ?

- C'est une certitude. Il faut dire que je ne t'avais jamais vu comme ça et visiblement, eux non plus ! Tu as vraiment un peu trop abusé du whisky-pur-feu au cours de cette soirée !

- C'est bon, je crois que j'ai été suffisamment mal en point le lendemain, pas la peine de me faire une leçon de morale… »

Le jeune et séduisant enseignant en défense contre les forces du mal n'eut pas le temps de poursuivre ses invectives, un magnifique hibou aux couleurs sombres et aux yeux d'ambre plongeait dans leur direction et tendit au jeune brun sa patte où était accrochée une missive. Fébrilement, Harry détacha le parchemin et offrit au bel oiseau majestueux un morceau de pain que l'animal avala goulûment avant de s'envoler aussitôt par les hautes fenêtres de Poudlard. Après un hochement de tête entendu entre les deux jeunes hommes, ils se levèrent simultanément et s'engouffrèrent derrière la tapisserie évoquant la fondation mythique de l'école, se précipitant dans le sombre passage de Divet Milordis. Le petit brun s'adossa contre le mur froid, déroula le parchemin et commença silencieusement la lecture de la lettre :

« Bonjour mon cher petit survivant,

Alors comme promis voici les toutes dernières nouvelles concernant l'opération 'marions notre petit brun préféré', toi, en l'occurrence... J'espère que tu t'es finalement remis de la soirée de samedi et que tu n'as pas été trop malade le lendemain… D'après ce que Seamus m'a dit, tu avais juste l'air un peu plus fatigué que d'habitude, mais rien de bien inquiétant compte tenu de la victoire de notre maison et de la façon mémorable dont tu l'as arrosée ! En tout cas, je ne savais pas que tu étais capable de boire autant au cours d'une seule soirée. Comme quoi, tu resteras toujours une énigme fascinante pour nous tous, pauvres sorciers et pour moi, en particulier. En fait, tu es bien plus résistant que je ne l'aurais cru de prime abord et je devine que ce n'est pas la première fois que tu lèves ainsi ton verre car il y a fort à parier que beaucoup d'entre nous se seraient écroulés lamentablement pour moins que ça ! Je me demandais juste avec qui tu t'étais entraîné pour tenir aussi bien la distance…

Pour en revenir à notre petite entreprise, avant la mise au point d'hier soir avec Ron et Hermione, j'ai eu une première réunion avec les jumeaux au tout début de la semaine, j'ai eu bien des difficultés à convaincre Fred, Georges était d'emblée d'accord avec ma proposition de te caser avec ton ex si séduisant… Ce qui me fait d'ailleurs penser à un détail plus qu'intéressant que tu t'étais bien gardé de me dévoiler jusqu'à présent. Apparemment, Georges et toi avez été très imaginatifs dans l'arrière-boutique du magasin, je suppose que tu vois à quoi je fais allusion, bien sûr… D'après lui, c'est toi qui t'es littéralement jeté sur lui… Mais, j'attendrais confirmation de ta bouche car tu peux être certain que nous aurons l'occasion d'en reparler plus tard, tu n'y couperas pas, sois-en certain. Avoue que c'est énorme comme révélation mon brun adoré qui s'est envoyé en l'air avec mon petit frère ! Tu restes décidément plein de surprises, je n'arrive pas à croire qu'au cours des deux dernières années, tu n'es jamais mentionné ce petit incident de parcours une seule fois !

Toujours est-il que, contrairement à Georges, Fred, au premier abord, n'était pas très partisan du choix 'Blaise Zabini' et j'ai dû ruser quelque peu… Tu aurais été fier de moi, mon côté serpentard refoulé t'aurait impressionné, sans nul doute, j'ai donc négocié fermement et… Finalement obtenu ce que nous voulions, toi et moi, il faudra seulement que tu patientes encore trois jours…. Je sais, inutile de râler, c'est le mieux que j'ai pu obtenir, mais je devais manipuler et les jumeaux et le couple Granger-Weasley, ce qui reconnaît-le, n'est vraiment pas une mince affaire. La suite de notre opération se fera donc en deux temps… Aujourd'hui, la fête de la Saint-Valentin sera une journée, disons, un peu spéciale, censée te distraire car de l'avis de tous, tu n'étais pas très en forme samedi dernier, pour ne pas dire quelque peu irritable. Je préfère te taire le nom de la personne qui te sera présentée, c'est Fred qui l'a proposée et je ne doute pas que tu auras une charmante explication avec lui dès que tu auras réalisé de quoi il retourne, j'ai essayé de l'éviter mais… Bref, disons que c'était donnant - donnant… Quoi qu'il se passe, GARDE BIEN A L'ESPRIT QUE C'EST VRAIMENT UNE PLAISANTERIE, destinée à amuser le grand héros du monde sorcier ! Je n'ai vraiment pas eu d'autre choix que de défendre cette idée devant Ron et Hermione pour être certain que Blaise serait ton rendez-vous samedi prochain…

J'en ai discuté cette nuit avec notre beau métis et on a d'ores et déjà tout prévu, je ne doute pas une seule seconde que ton amant mystérieux sera vert de jalousie… Tu peux nous faire confiance, il va souffrir et ne pourra que s'inquiéter de te voir t'envoler avec Blaise pour cette destination tellement romantique. Je dois reconnaître que si je ne connaissais pas les dessous de toute cette histoire, nous aurions également tous les deux une discussion peu aimable à ce propos. Cette petite manigance aura eu au moins un mérite, Blaise est vraiment sérieux avec moi car même s'il a accepté de nous aider, il m'a bien fait comprendre que tu faisais vraiment partie de son passé, il tient beaucoup à toi, c'est certain, mais plutôt comme un frangin qu'on veut aider et protéger, un peu comme moi en fait. Heureusement qu'il me l'a avoué car je pense que sans cette précision de Monsieur Zabini, je serai tout autant angoissé et jaloux que ton amoureux caché.

Pour aujourd'hui, tu dois normalement surveiller les élèves lors de la sortie de pré-au-lard, je tiens cette info de Seamus. Tu devras donc impérativement te rendre au café de Madame Pieddodu… On sera tous là, avec ta petite surprise, bien entendu… J'espère que tu ne me tiendras pas rigueur de la petite incartade de la Saint-Valentin…

A tout à l'heure, ton complice préféré, Charlie. »

Harry se redressa quelque peu et tendit machinalement le parchemin à Seamus qui lui faisait face. Le jeune aux cheveux clairs s'en empara prestement et commença la lecture de la lettre sans plus attendre. Le survivant quant à lui, soupira profondément. Il ne parvenait pas à savoir s'il devait se réjouir d'avoir obtenu un rendez-vous très romantique avec Blaise dans trois jours, rencontre qui devrait très sérieusement titiller la jalousie du Maître des Potions et peut-être le forcer à enfin se déclarer ou se morfondre en pensant à ce qui l'attendait aujourd'hui au petit café de madame Pieddodu, une idée de Fred… UNE IDEE DE FRED OLIUS WEASLEY…. Pourquoi lui ? Doux Merlin et puis… Pour le distraire et le faire rire, en plus… Qu'est-ce qu'avait bien pu imaginer le rouquin ? C'était inquiétant, non… TERRIFIANT, en fait. Au vu de l'inquiétude à peine dissimulée de Charlie dans sa lettre, il avait objectivement de quoi se faire du souci ! Il avait beau y réfléchir… Il ne voyait pas qui… Mais que ce soit clair, si Fred lui proposait de finir sa vie avec Crabbe ou Goyle, il le lui ferait payer chèrement, foi de Potter. Perdu dans ses pensées, le petit brun releva la tête quand il entendit l'éclat de rire de Seamus :

« Quoi ?

- Non, sérieusement, déjà apprendre que tu as… Bref, Georges et toi, c'est déjà ENORME ! Mais de savoir que ton prochain rendez-vous est une idée de Fred, là, je te plaindrais presque, tu sais…

- Très heureux de voir que mon malheur te distrait à ce point, Seam, espèce de traître !

- Oh, c'est bon, pas la peine de te vexer. Je n'y suis pour rien et de toute manière, il ne nous reste plus très longtemps avant le départ pour Pré-au-lard.

- Oui, tu as raison. Bien, écoute, hier soir, Minerva m'a donné la liste des équipes de surveillance pour la journée, Severus devra supporter cette vieille folle de Trelawney, Mac Go sera avec Filius, Hagrid avec Vector et tu es avec moi, on se retrouve donc aux grilles à 10 heures. Je vais me préparer mais avant, je dois aussi en informer Severus, je devais le lui apprendre ce matin au petit-déjeuner, mais…

- Il est parti trop précipitamment, je me demande bien pourquoi ?

- Sans commentaire, Seam.

- Mais bien sûr… On se rejoint donc à l'entrée dans deux heures… »

Harry fit un signe de tête à son ami, reprit la lettre de Charlie qu'il glissa dans les pans de sa robe de sorcier avant de s'engager plus avant dans le passage de Divet Milordis… Le temps lui était compté, un certain brun ténébreux, au regard sombre et pénétrant devait l'attendre depuis une bonne demi-heure et devait pester contre lui… et il avait très envie de… Il avait envie de baisers à la confiture de fraise, il avait envie de Severus à la confiture de fraise, il avait envie de Sev… Cela faisait trois jours… Trois jours, dix-huit heures, cinquante-six minutes et trente-sept secondes…

A suivre…