Les paroles de William intriguaient Julia au plus au point.
« William, je ne comprends pas » Pour toute réponse, il se leva et lui tendit la main qu'elle prit sans hésitation. Alors qu'elle allait ajouter quelque chose, William posa son index sur ses lèvres.
« laisse moi te surprendre » Devant son sourire mystérieux Julia choisit de laisser William la conduire là où il lui plairait. De toute façon elle était prête à le suivre au bout du monde s'il en avait décidé ainsi.
Ils prirent une calèche et arrivèrent dans un endroit que Julia ne reconnaissait pas. William fit stopper la calèche et ils descendirent tous les deux pour s'arrêter devant une petite maisonnette.
« William où sommes nous ? »
« Bienvenue chez moi Julia » Julia ouvrit grand la bouche. Aucun mot ne sortait. Elle était bien trop déboussolée. Devant ce manque de réaction, William lui prit la main et l'entraina à l'intérieur.
« Ce n'est pas grand chose, mais au moins j'ai mon indépendance » Julia regarda tout autour d'elle. Tout dans cet endroit lui rappelait l'homme qu'elle aimait tant. Il y'avait ici et là des livres empilés un peu partout et au fond de la pièce une table qui abritait sûrement une future invention de William.
« C'est magnifique » Julia était tout simplement émerveillée. William l'a prit délicatement dans ses bras et murmura au creux de son oreille « tu n'es pas difficile à contenter mon amour »
Julia le regarda et elle comprit qu'elle devait partir très vite. Elle arrivait de moins en moins à se contrôler quand William était aussi près d'elle et elle savait que cette fois il n'y aurait rien pour les interrompre. Elle devait penser à William et à tout ce qu'il avait sacrifié pour elle.
William avait vu la lueur de panique dans les yeux de Julia
« Julia, quelque chose ne va pas ? »
« Non, ne t'inquiète pas tout va bien » Puis elle baissa le regard et dit rapidement « il doit se faire tard, je devrais rentrer » Lorsque Julia releva les yeux pour le regarder elle lut de la peine dans ses yeux. Ne supportant pas d'être la cause de son malêtre, elle lui caressa tendrement la joue « William, si je ne pars pas maintenant, Dieu sait ce qu'il pourrait arriver »
Alors c'était donc cela. « Julia, pourquoi refuses tu de me laisser te montrer à quel point je t'aime ? »
Julia avait les larmes aux yeux. Pourquoi tout était tellement difficile entre eux ? Pourquoi le sort s'acharnait il sur eux ? « William, tu as déjà tant sacrifié pour moi. Je ne veux pas que tu sacrifies la chose la plus importante pour toi : ta vertu. Imagine les répercussions si cela venait à s'apprendre. Tu mérites tellement plus que cela »
William ne supportait plus de voir la femme qu'il aimait aussi triste. Il fit la seule chose qui lui parut censer à cet instant même. Il prit son visage délicatement entre ses mains et attira sa bouche contre la sienne. William mit tout son amour dans ce baiser en espérant qu'elle puisse comprendre à quel point leur amour était plus important que tout.
Par manque d'air, William rompit le baiser sans pour autant se détacher de Julia.
« Tu es la chose la plus importante pour moi. Et je te l'ai dit, je ne peux pas croire que notre amour soit mauvais. Peu importe ce que les gens diront sur moi du moment que je t'ai toi. Nul ne peut savoir de quoi demain sera fait. Je ne veux plus gâcher un seul instant mon amour »
William vit dans le regarde de Julia qu'elle venait de capituler.
« Je n'ai plus la force de résister. Tout cela me fait souffrir au plus au point. Je t'aime tellement »
A ces mots William souleva Julia dans les airs. Ils rirent tous les deux, savourant ce moment. Puis pour la deuxième fois de la soirée, William lui tendit la main et la conduisit à l'étage, dans sa chambre.
Julia devait l'avouer, elle était un peu intimidée. Ce soir elle allait se donner corps et âme à la personne qui comptait le plus pour elle. Elle avait peur de le décevoir, peur que ses attentes soient trop grandes et qu'au final il soit simplement déçu. Elle avait peur aussi de ne pas lui plaire physiquement. William était constamment entourée de femmes aussi belles les unes que les autres.
Soudainement une pensée horrible lui vint à l'esprit. Pour la première fois William allait voir les cicatrices que lui avait laissé son terrible avortement. Julia sentit alors tout son courage l'abandonner. Elle devait fuir au plus vite, elle ne pouvait pas laisser William regarder son corps meurtri. Elle ne voulait surtout pas lire la déception dans son regard. Non, elle ne le supporterait pas.
William qui était alors occupé à déboutonner la robe de Julia tout en laissant de brulants baisers dans son cou, sentit Julia se raidir et comprit immédiatement que quelque chose n'allait pas.
Julia se retourna pour faire lui faire face et dit d'un seul souffle « Et si je ne te plais pas ? »
A ces mots, William éclata de rire. Il ne pouvait s'en empêcher. Mais lorsqu'il comprit que Julia ne plaisantait pas et qu'elle avait ce regard tellement triste, William reprit ses esprits. Comment pouvait elle dire ça ? Combien de fois s'était il répété, tout en la regardant à la dérobé, qu'elle était certainement la plus belle création de Dieu ?
« Julia, je ne trouve même pas les mots pour te dire à quel point tu es belle. Tout chez toi n'est que perfection » Julia rougit à ces paroles mais ne se laissa pas démonter « Tu te trompes William. Je ne suis pas aussi parfaite que tu le crois » Inconsciemment Julia avait posé les mains à l'endroit où se situaient ses cicatrices. William suivit des yeux le mouvement de ses mains et comprit aussitôt.
Il prit alors délicatement ses mains dans les siennes, puis les lâcha, pour poser une de ses mains à l'endroit même où celle de Julia se trouvait il y'a quelques secondes.
Julia leva aussitôt le regard vers William.
« A mes yeux, tu es parfaite. Ce n'est pas une simple cicatrice qui pourra changer ça. Mais si tu ne me trouves pas assez convainquant, je sais comment y remédier.
Tout au long de cette nuit, il lui prouva, plusieurs fois, à quel point il aimait. Les mots n'étaient plus nécessaires entre eux. Seuls leur souffle, leurs mains et leurs corps se mêlaient et parlaient un langage bien à eux.
Lorsque William se réveilla le lendemain matin, il pensa que nulle sensation n'était plus délicieuse que celle de sentir le corps nu de Julia blotti contre le sien. Il ne pouvait s'empêcher de remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. Oui, pensa t'il, Julia était bien son chef d'oeuvre.
Durant cette nuit, William avait pris son temps pour découvrir tous les trésors que cachaient son corps. Devant les gestes tendres et tellement passionnés de William, Julia avait oublié toute timidité et embarras et s'était donnée corps et âme à l'amour de sa vie. Jamais elle n'avait offert autant à un homme et jamais un homme ne lui avait autant offert.
Quant à William, il n'arrivait pas à redescendre de son nuage. Il savait que Julia était une femme passionnée mais il n'avait pas imaginé à quel point.
Le corps de Julia n'avait plus aucun secret pour lui. Il l'avait exploré maintes fois, s'attardant dans des endroits extrêmement sensibles. William savait qu'il avait visait juste lorsqu'il entendait Julia murmurer son prénom.
William regarda l'heure et comprit que s'ils ne se levaient pas maintenant, ils seraient tous les deux en retard au travail.
William entreprit donc de réveiller Julia. Il posa de délicats baisers sur son visage pendant que ses mains se baladèrent sur son corps. Julia se réveilla avec un soupir de contentement. Lorsqu'elle sentit les lèvres de William frôler les siennes, elle prit son visage entre ses mains et l'embrassa passionnément. Une chose était certaine, il serait tous les deux en retard ce matin.
Convenablement rassasiés l'un de l'autre, William et Julia s'étaient habillés à la hâte, ne prenant même pas le temps de déjeuner. William avait voulu aider Julia à boutonner sa robe, ce qui s'était terminé par une autre séance de baisers passionnés. Ils éclatèrent de rire devant leur comportement et Julia écarta William afin de finir de s'habiller.
Lorsqu'ils arrivèrent au bas de l'escalier, William prit Julia dans ses bras et lui murmura « Merci pour ce moment magique, tu ne pouvais pas faire de moi un homme plus comblé. Je t'aime tellement que j'ai peur de devoir passer ne serait ce qu'une seule seconde sans toi. Comment est ce que je vais survivre toute la journée après cette nuit ? »
Julia l'embrassa tendrement « Tu n'auras qu'à penser aux autres nuits qui nous attendent »
William comprit qu'ils devaient sortir rapidement s'ils ne voulaient pas manquer une journée de travail. Bien que cette idée ne lui déplut pas du tout.
Mais ce rêve éveillé prit fin lorsqu'une fois encore, William trouva une lettre anonyme au pas de sa porte. « Quel comportement scandaleux détective. J'espère que vous avez bien profité de cette nuit car c'était la dernière pour votre bien-aimée ».
William maintenant en était persuadé. Gillies les observait et les suivait. Peut être les observait-il à ce moment même ? William comprit qu'il ne restait qu'une seule chose à faire s'il voulait protéger Julia de ce malade. Ils devaient fuir loin, très loin.
