Salut les loulous. Hé, vous avez vu, j'ai été plus rapide, cette fois ! All hail me ! Merci à tous pour vos reviews et vos encouragements ! Mon but serait de terminer cette fic avant le 15 décembre, date de l'avant-première de Sherlock à Londres, mais vu qu'il ne reste que 28 jours (oui oui, je compte les jours), soit quatre semaines pile, soit un cycle menstruel, soit encore trois dimanches sans compter celui-ci, soit quatre ciné-days, bref, vous avez compris l'idée, je doute d'y parvenir. Tant pis, cette fic deviendra obsolète avant la fin de sa publication, mais ça m'apprendra à me mettre en hiatus si longtemps. (Et dire que quand je l'ai commencée, la saison 3 me paraissait aussi lointaine que la Lune, diantre).
Sur ce, bonne lecture !
Everything about IOU – Chapitre 9
Stories of IOU and me
xXxXx
Le crâne avait retrouvé sa place sur la cheminée. Le violon était sur la table du salon, à côté de l'ordinateur portable, et d'une montagne de papiers en tout genre, qui formaient un capharnaüm abominable – mais c'était le capharnaüm de Sherlock. Il aurait pu s'y repérer les yeux fermés et les mains attachées dans le dos. La table de cuisine – toujours la vieille même marque de sabre sur le bois – était encombrée de fioles, de becs Bunsen, et d'autres choses moins catholiques. Le désordre avait si bien retrouvé sa place au 221B Baker Street qu'on aurait dit que personne n'y avait jamais touché.
La seule différence, maintenant, c'était qu'il n'y avait plus de colocataire pour s'en plaindre ou pour pâlir devant une tête coupée posée dans le frigo. Et si ça pouvait sembler une mince affaire, en réalité, c'était préoccupant. Sherlock avait sans cesse l'impression qu'il lui manquait quelque chose, qu'il y avait un vide dans l'appartement – une sensation étrange, jamais expérimentée auparavant, puisqu'il n'avait jamais vécu de colocation avant de rencontrer John. Ça n'aurait peut-être pas été la même chose s'il avait emménagé dans un tout nouvel appartement, mais ici, les souvenirs affluaient, et John faisait partie de presque chacun d'entre eux.
Ce n'était pas faute d'avoir essayé de parler avec lui, mais son… ex-assistant refusait toute tentative de communication, qu'elle vienne de lui ou de son intermédiaire cybernétique IOU. Sherlock commençait à comprendre ce qu'Irene Adler avait dû ressentir quand il avait ignoré tous les messages qu'elle lui envoyait. Dieu que c'était frustrant !
Pour avoir des nouvelles de son blogueur, maintenant, il devait se résoudre à passer par des tiers, ce qu'il détestait – les informations obtenues par ce moyen n'étaient jamais fiables. Mrs Hudson, en bonne commère, constituait 70% de son apport en nouvelles ; le reste venait de son réseau de sans-abris, qui n'hésitaient pas à le filer de temps en temps, moyennant finances, mais qui ne lui apprenaient au final rien d'important.
Non, Sherlock Holmes n'était pas un stalker. Il était juste curieux de savoir si son ami allait bien.
Mais visiblement, il était inutile qu'il se fasse du souci, parce que John Watson allait très bien sans lui – comme il put le constater un matin, en descendant chez Mrs Hudson pour boire le thé. Son œil rapide ne mit pas plus d'une demi-seconde à remarquer le faire-part de papier coûteux couleur crème au liseré d'or qui s'était glissé sous une pile de prospectus posés sur la table, ainsi que la fin du nom inscrit dessus, à moitié masqué par l'une des publicités.
…atson
Vivement, sans songer une seule seconde à respecter l'intimité du courrier de Mrs Hudson, il tira sur l'enveloppe, et lut à haute voix :
- Mary Morstan et John Watson ont le plaisir de vous convier à leur mariage, qui se tiendra le…
- Sherlock ! Vous lisez mon courrier, maintenant ? s'indigna Mrs Hudson, qui préparait le thé.
Sherlock ne répondit pas. Il fixait le faire-part, silencieusement, l'air d'avoir oublié que le monde continuait à tourner autour de lui. Il lui suffit de le relire une deuxième fois pour en connaître le contenu par cœur. Les mariés, la date, l'église. Et l'invitation, qui n'était pas à son nom.
John allait se marier.
Et il n'avait pas reçu d'invitation.
Depuis combien de temps n'avait-il pas vérifié sa boîte aux lettres ? Au moins deux jours. Peut-être que le faire-part était arrivé dans la matinée ?
- Sherlock ! répéta Mrs Hudson, scandalisée.
- Mrs Hudson, quand est-ce que vous avez reçu ce faire-part ?
- Oh, c'était donc ça que vous regardiez ? Doux Jésus, vous auriez pu me le dire avant. Eh bien… Il y a une semaine environ, je dirais ? Oui, peut-être mercredi dernier, c'était le jour où le postier a sonné à la porte parce qu'il venait livrer votre colis avec le nouveau microscope, et…
- Une semaine, murmura Sherlock rapidement. Pourquoi vous ne m'en avez pas parlé ?
- Mais enfin, Sherlock, vous avez passé toute la semaine à ne pas décolérer à cause de la presse qui a écrit un article à propos de votre retour et de ce journaliste qui voulait vous interviewer... Je n'ai pas eu l'occasion de vous le dire, et ensuite, j'ai oublié…
Ah, oui. Il fallait dire que l'affaire l'avait mis dans une colère noire. Ces foutus journalistes !
Tout avait commencé quand, quelques semaines plus tôt, alors qu'il se dirigeait vers Barts, quelqu'un l'avait abordé en s'exclamant :
- Sherlock Holmes ! Vous êtes Sherlock Holmes !
À ce moment précis, Sherlock s'était dit qu'il aurait peut-être dû prendre plus de précautions, mais il avait cru être en sécurité, trois ans après sa prétendue mort… Comble de malheur, l'homme était journaliste, du genre fouineur, et en enquêtant auprès de la police, auprès de Molly, auprès de tous ceux qui étaient susceptibles de savoir quelque chose, il avait réussi à reconstituer le fil de l'histoire de façon étonnamment nette, et l'avait publié dans le journal. Même Mycroft n'avait pas pu le faire taire. (Enfin. Sherlock le soupçonnait de n'avoir pas vraiment essayé – Mycroft lui disait depuis longtemps qu'il était plus que temps qu'il fasse son retour.)
Quoi qu'il en soit, sa couverture avait sauté alors qu'il en avait encore besoin, et c'était très, très contrariant.
Pour ne rien arranger, Lestrade s'était précipité au 221B dans la journée, et s'était décroché la mâchoire en le découvrant en chair et en os, en train d'arpenter la salle de séjour d'un air agité. Il avait fallu fournir des explications, encore, et Sherlock détestait ça.
Bref, ça n'avait pas été la journée la plus agréable de sa vie. Et maintenant, cerise sur le gâteau, après une semaine abominable, il découvrait un faire-part pour le mariage de John sur la table de Mrs Hudson…
- Vous n'avez pas reçu le vôtre ?
Elle avait le talent de taper là où ça faisait mal.
- Non…
- Retard de la poste, probablement, mon chou, ne vous en faites pas !
- Retard de la poste ? Mais les deux invitations seraient arrivées simultanément, puisqu'il s'agit de la même adresse. Ou à une journée de différence. Peu probable. Non, c'est autre chose. Je ne suis pas invité.
- Pardon ? s'exclama la logeuse. Allons bon, qu'est-ce que vous me chantez encore ? Vous, pas invité au mariage de John ? Quelle idée, Sherlock ! Vous…
Une idée sembla germer dans la tête de la vieille dame, tandis que Sherlock continuait à regarder le faire-part d'un air piteux – pour autant que Sherlock Holmes puisse avoir l'air piteux.
- Maintenant que j'y pense, continua-t-elle, je ne l'ai pas vu récemment… Je parle avec lui grâce aux messages par téléphone, mais il ne vient pas… Sherlock, mon petit, vous êtes en froid, tous les deux ?
- Si votre définition du terme "en froid" signifie refuser tout rapprochement et toute tentative de communication quelle qu'elle soit, Mrs Hudson, alors je pense en effet que John est en froid avec moi.
- Ah ! Je me disais bien que c'était bizarre de vous voir si distants, tous les deux, ça changeait de d'habitude, mais j'ai cru que c'était parce qu'il s'était trouvé une gentille petite amie et qu'il avait autre chose à faire…
- …
- En même temps, vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous. Trois ans ! Et pas un mot ! Quand je pense à toute la peine que vous nous avez causée !
- Je sais, Mrs Hudson, vous me l'avez répété cinquante fois depuis que je suis revenu, vous serez bien aimable de vous renouveler.
- C'est parce que ça n'a pas l'air d'être encore très bien imprimé dans votre tête ! Est-ce que vous vous êtes excusé, au moins ?
Est-ce qu'il s'était excusé ? Peut-être pas. Il avait donné des explications – pas celles que John attendait, visiblement – mais, s'excuser… Non. Il ne l'avait pas fait.
Mrs Hudson n'eut aucun mal à lire dans son silence.
- Il aurait peut-être fallu commencer par là, Sherlock, si vous vouliez que votre retour se passe dans de bonnes conditions. Le pauvre garçon vous a été fidèle depuis le jour où vous vous êtes rencontrés, et même après que vous vous soyez fait passer pour mort. Vous l'auriez entendu essayer de laver votre nom auprès de tout le monde ! Il ne méritait pas d'être laissé de côté pendant trois ans. Il méritait de la sincérité, Sherlock, de la confiance. Si j'en crois ce qu'il m'a dit, vous ne lui avez même pas avoué clairement que vous étiez de retour, c'est lui qui l'a plus ou moins deviné. Et vous ne lui avez même pas présenté des excuses. Vous ne croyez pas que vous devriez lui montrer un peu plus de respect ?
« Et je ne dis pas ça seulement pour lui, moi aussi, je… Vous vous rendez compte de ce par quoi vous nous avez fait passer ? Personnellement, je n'ai trop rien dit parce que j'étais heureuse de vous savoir en vie, mais finalement, je suis bien contente qu'il ne vous ait pas encore pardonné, parce que de temps en temps, vous avez vraiment besoin de savoir ce que ça fait quand on prend trop longtemps les gens pour des idiots !
Ce fut à bout de souffle que Mrs Hudson termina sa tirade – elle avait commencé calmement, avant de s'emballer de plus en plus, comme si le feu de sa propre colère s'alimentait à la mention de celle de John. Sherlock, lui, plissa les yeux, agacé – bon sang, pourquoi ne comprenaient-ils pas que c'était nécessaire ? C'était bien beau de critiquer, alors que s'ils étaient encore en vie, c'était à lui qu'ils le devaient !
Mais ça, Mrs Hudson l'ignorait, et Sherlock n'était pas particulièrement pressé qu'elle l'apprenne. Après tout, si ça n'avait pas été parce qu'ils le connaissaient, ce danger dont Sherlock les avait sauvés n'aurait même pas existé. Mrs Hudson, Lestrade et John n'auraient jamais été la cible d'un sniper. Si ça n'avait pas été pour lui, John ne se serait jamais retrouvé bardé d'explosifs cachés sous un manteau à fourrure dans une piscine, ou avec un pistolet sur la tête, dans la résidence d'Irene Adler.
Alors oui, soit, il les avait sauvés, mais c'était à cause de lui, à la base, qu'ils s'étaient tous retrouvés dans le pétrin. Bon, lui, et aussi à cause d'un psychopathe qui s'était un peu trop pris de passion pour lui. On ne pouvait pas tout lui mettre sur le dos, non plus.
Quoi qu'il en soit, la colère de John, qu'il peinait à comprendre, lui parut d'un seul coup légèrement plus légitime. Il n'avait pas envisagé la chose sous leur angle, persuadé qu'il était que c'était pour leur bien. Il n'avait pas réalisé qu'il comptait assez aux yeux de certains pour sa mort puisse signifier quelque chose. Il n'était pas habitué.
Bon, d'accord. Il fallait qu'il s'excuse, il avait compris le message.
God. Ça allait être dur. Sherlock Holmes était doué en beaucoup de choses, mais les excuses n'en faisaient malheureusement pas partie.
xXxXx
IOU : Tu veux savoir pourquoi j'ai sauté du toit ?
J.W. : Non.
IOU : Je peux t'expliquer les raisons en détails, du début à la fin.
J.W. : Non.
IOU : Et aussi la raison de mon absence pendant trois ans.
J.W. : Non.
IOU : Je suis désolé de te l'avoir caché. Tu méritais de savoir. Plus que n'importe qui.
J.W. : Arrête de te fatiguer, Sherlock. Ça ne m'intéresse plus.
xXxXx
Bon. Visiblement, c'était loin d'être une affaire gagnée. Lorsque son portable avait vibré, Sherlock s'était fait un peu d'espoir – une réponse de John, c'était quelque chose qu'il n'attendait plus… - mais qui s'était vite écrasé au sol en découvrant la teneur du message.
C'était impossible. Impossible d'avoir une conservation avec lui. Qu'est-ce qu'il fallait qu'il lui dise, bon sang ? Il s'était excusé, par sms d'accord, mais il le fallait bien, puisque John ne lui laissait pas le choix, en refusant de le voir. Est-ce qu'il fallait qu'il écrive qu'il se prosternait à ses pieds en signe de repentir, qu'il avait besoin de lui, que son colocataire lui manquait, qu'il n'était qu'une ombre sans lui, qu'il était la personne qu'il aimait le plus au monde ?
Ugh. Plutôt mourir. Il avait vaguement compris, pendant cette petite querelle, et aussi pendant les trois ans qui avaient précédé, que John était probablement la personne qui lui était la plus chère, mais c'était déjà tellement dur d'admettre qu'une telle personne existait, alors de là à le dire au concerné… Anderson avait le temps de devenir intelligent avant.
Bon. Il était en train de perdre, et dans les grandes largeurs. John ne le laisserait pas s'expliquer, il ne voudrait rien savoir qui viendrait de lui. Et il détestait cette idée, mais sur ce coup-là, il n'allait pas pouvoir s'en sortir sans demander de l'aide à quelqu'un, sans déléguer.
Il aurait bien pu demander à Molly, mais il rejeta vite fait l'idée – elle ne connaissait pas les détails. Elle l'avait juste aidé à préparer sa mort, elle n'avait rien demandé en retour ; et d'ailleurs, maintenant que les mots de Mrs Hudson commençaient à pénétrer dans son esprit, il le réalisait – encore une dont il avait abusé de la gentillesse, et qui méritait peut-être plus de respect que ce qu'il ne lui en avait montré…
Bon, enfin, tant pis. Elle survivrait.
Non, il fallait quelqu'un qui soit au courant de tout, absolument tout, et qui le connaissait suffisamment pour que l'humiliation de la défaite ait un goût moins amer. Il n'avait qu'une seule personne en tête – qui de mieux qualifié pour cette tâche qu'un homme qui avait changé ses couches quand il était petit ?
Cher frère. Besoin de ton aide. Rappelle-moi dès que possible. S.H.
xXxXx
- Ne dites rien, commença John sans préambule, alors qu'il s'installait en face de Mycroft, à la table du café très privé où celui-ci l'avait convoqué. C'est Sherlock qui vous l'a demandé. Vous avez accepté parce que vous aviez une dette envers lui, qui datait de quand vous avez vendu ses informations personnelles à Moriarty. Il a vu qu'il n'arriverait à rien en essayant de parler avec moi et il s'est adressé à vous pour l'aider.
Mycroft se contenta de sourire, l'air vaguement amusé, avant de répondre :
- Sherlock a déteint sur vous, mon cher John. Vous commencez à tout vouloir déduire. Prenez garde, on commence par là et on termine comme mon frère…
- … À se jeter du haut d'un toit et rester vivant, et garder le secret envers ses amis pendant trois ans. Dieu m'en garde.
Un autre sourire de Mycroft, qui avait l'air ravi de retrouver le cynisme de John – et qui, somme toute, semblait d'excellente humeur ; peut-être parce que ça lui plaisait de voir Sherlock Holmes admettre sa défaite.
- Avant tout, merci d'être venu, ajouta-t-il. Je n'étais pas sûr que vous vous déplaceriez simplement parce que je vous l'avais demandé.
- Je vous avoue avoir été surpris. En général, quand vous voulez me parler, vous ne vous gênez pas pour me kidnapper. Donner rendez-vous, comme quelqu'un de normal ? Ça ne vous ressemble pas trop.
- J'ai pensé que c'était plus… adapté à notre situation. Je ne voulais pas que vous veniez sans vraiment l'avoir décidé.
- Pour être tout à fait honnête, j'ai vraiment hésité. Je sais que vous êtes là pour jouer l'ambassadeur de Sherlock, et ça ne me plaît pas. En ce qui me concerne, mon amitié avec lui est terminée.
- Et je ne suis pas là pour y changer quoi que ce soit, ni pour influencer votre jugement. Je suis juste venu pour vous raconter ce qui s'est passé. Ce que vous déciderez de faire après ne me concerne pas le moins du monde… Même si, d'un point de vue personnel, je regrette votre querelle avec Sherlock. Vous étiez, je pense, d'une bonne influence pour lui.
- Personne n'a d'influence sur Sherlock Holmes.
- Inexact. Peu de gens en ont, John, mais vous, si. C'est un don précieux, et c'est fort dommage qu'il soit gaspillé, mais, comme je viens de vous le dire, ce n'est pas de mon ressort.
Mycroft se tut quand le serveur posa deux cafés sur la table devant eux, et John commença à se demander si c'était réellement une bonne idée d'être venu. Mais, s'il voulait être tout à fait sincère avec lui-même, il crevait de curiosité. Quand Sherlock lui avait envoyé ces messages, seule la fierté l'avait empêché de répondre que oui, il voulait savoir, enfin. Il avait tapé dix fois : "Oui. Pas trop tôt. Je veux tout entendre.", et l'avait effacé dix fois, avant de le remplacer par un "Non." sèchement envoyé. Dieu que ça lui en avait coûté ! Il fallait vraiment que sa rancune à l'égard de Sherlock soit puissante.
Alors quand Mycroft s'en était mêlé, et qu'il lui avait donné rendez-vous, John n'avait pas dit non. Déjà parce qu'il était las de lutter, et ensuite parce que Mycroft aurait trouvé le moyen d'arriver à ses fins, de toute façon – on parlait d'un homme qui avait fait sonner toutes les cabines téléphoniques sur son passage pour l'avertir qu'il allait l'enlever, la première fois qu'ils s'étaient rencontrés.
- Alors allez-y. Je vous écoute, Mycroft, racontez-moi toute l'histoire. Je suis impatient de savoir pour quelles raisons Sherlock a simulé sa mort.
- Vous m'en voulez toujours, n'est-ce pas ? demanda Mycroft, de façon plutôt inattendue.
- Pardon ?
- Pour avoir vendu les détails de sa vie privée à Moriarty. Vous ne m'aimez pas, John.
- C'est vrai. Quel rapport ?
- Je serais curieux de connaître votre réaction si je vous disais que tout était fait exprès, sur injonction de Sherlock.
C'était une entrée en matière à laquelle John ne s'attendait pas – il ouvrit de grands yeux.
- Que… Les informations vendues à Moriarty ? Vous… C'était… fait exprès ?
Mais… C'était ce qui avait précipité la chute de Sherlock, pourtant ! Alors comment…
- Quand vous vous êtes introduit dans la base militaire de Baskerville, j'en ai été informé, bien évidemment, et Sherlock m'a ensuite appelé pour me demander un passe-droit pour 24 heures. À ce moment-là, nous détenions Moriarty en cellule, ce dont j'ai jugé bon de lui faire part au téléphone. Moriarty voulait des informations sur Sherlock. Personne ne savait pourquoi, pas même Sherlock, mais ça ne devait certainement pas être pour écrire son autobiographie : Sherlock m'a donc suggéré de lui livrer de faux détails sur l'histoire de sa vie.
- Mais… Le mensonge… Enveloppé de vérité…
- Eh bien, en réalité c'était un mensonge enveloppé de mensonges… qui avaient des accents de vérité. Personne n'aurait pu dire la différence, à part Sherlock et moi… Et vous, John.
- Mais pourquoi… ne rien m'avoir dit…? Je n'aurais pas… Oh, fuck, à chaque fois c'est pareil. Je suis toujours ce type en qui on n'a aucune confiance.
- Ça faisait partie du plan de Sherlock… pour marcher dans celui de Moriarty. Vous étiez son blogueur attitré, lu par énormément de gens, et vous n'auriez pas hésité à démontrer à tout le monde que c'était faux, si vous en aviez eu les preuves. Or, Sherlock avait compris quel était le but de Moriarty, et il avait pensé à la façon de le contrecarrer – mais pour que ça marche, John, vous ne deviez pas interférer. Alors j'ai essayé de vous distraire. Vous êtes venu me voir à mon bureau, et je vous ai parlé de ces assassins, et ça a vous a suffisamment perturbé pour que vous n'envisagiez pas de fouiller dans la vie de Sherlock pour voir si les informations données étaient vraies.
- Alors… J'étais encore une fois manipulé…
- Pour les besoins du plan, oui.
- Oui. Évidemment.
Pour toutes les fois, dans le futur, où John se demanderait si sa colère était fondée, il lui suffirait de repenser à cette conversation. Il bouillait intérieurement.
- John, ajouta Mycroft, j'ai conscience que ça ne doit pas vous plaire, mais n'oubliez pas la finalité première de toute cette mise en scène : se débarrasser de Moriarty.
- Bien sûr. Et manipuler un ami faisait partie du processus.
- Si ça pouvait le mettre en sécurité par la suite…
- En sécurité ? Ce n'était pas moi qui étais visé. C'était Sherlock.
- Je suis obligé de vous détromper sur ce point, John. Et j'en arrive à la raison, la principale raison pour laquelle Sherlock n'avait pas d'autre choix que de sauter de ce toit : vous.
- Pardon ?
- Bon, pas seulement vous, en vérité. Vous, Mrs Hudson et l'inspecteur Lestrade.
- Que… Comment ça ?
Le serveur s'approcha alors de leur table pour prendre la tasse vide de Mycroft, et John s'aperçut qu'il n'avait pas touché à son café. Il porta la tasse à ses lèvres et but une gorgée de liquide tiédi, et la reposa pour l'oublier complètement une nouvelle fois, toute sa concentration sur la discussion.
Mycroft resta silencieux le temps que le serveur s'en aille, puis, d'une voix encore plus confidentielle, qui obligea John à se pencher vers lui pour tout saisir, il reprit :
- Moriarty était un homme intelligent, il faut bien le reconnaître. Mais il avait cette manie de toujours vouloir provoquer Sherlock, et quand on veut qu'un plan contre Sherlock fonctionne, le mieux, c'est encore de ne rien lui dire du tout. Moriarty voulait probablement faire son intéressant devant Sherlock, pour autant qu'un terme aussi puéril puisse s'appliquer à un être aussi dangereux – mais c'était son erreur. Sherlock a compris rapidement quel était le but de Moriarty : en le faisant se suicider, les accusations d'imposture prenaient subitement un accent plus réel.
«Mais on ne pousse pas un Sherlock Holmes au suicide rien qu'en le lui demandant. Sherlock a donc réfléchi à la façon dont Moriarty pourrait s'y prendre, et la solution paraissait simple : il allait s'attaquer aux personnes que Sherlock aimait le plus. Pas moi ; il était évident pour tout le monde qu'on s'entendait comme chien et chat, malgré nos liens familiaux, et surtout, aux yeux de Moriarty, je lui avais vendu des informations personnelles sur mon propre frère. Il y avait peu de chances que je sois compté dans la liste des cibles.
Mycroft racontait l'histoire comme si c'était un conte d'enfant, quelque chose de banal, et John frissonna – il parlait quand même de la possibilité d'être tué, là. Jusque là, John n'avait jamais pleinement réalisé à quel point c'était dangereux de fréquenter un être tel que Sherlock Holmes.
Pas que le danger l'aurait fait reculer, personnellement. Sherlock l'avait prévenu dès le premier soir. Could be dangerous. SH.
Il était venu quand même.
- Alors, qui d'autre aurait-il pu viser ? La solution était évidente. Qui ignorait l'indéfectible amitié, et l'extrême loyauté que vous portiez à Sherlock Holmes ? Personne, grâce à votre blog. Et aussi grâce à la célébrité dont Sherlock avait commencé à se couvrir. Ce n'était plus juste Sherlock Holmes, c'était Sherlock Holmes et John Watson. John, vous étiez en première ligne. Vous étiez le moyen le plus facile d'atteindre Sherlock Holmes – Moriarty ne pouvait pas ne pas y penser.
- … Moi ? répondit John, incrédule. Je… Atteindre Sherlock Holmes ?
- Ne faites pas l'idiot, John, soupira Mycroft.
Son air exaspéré rappela à John que c'était bien un Holmes qui se tenait devant lui ; c'était du Sherlock dans l'expression, là. Ces deux-là avaient peut-être plus de choses en commun qu'ils ne voulaient bien l'admettre (surtout du côté de Sherlock).
Enfin. Ce n'était plus ses affaires.
- Tout le monde ici – sauf peut-être vous – savait à quel point Sherlock tenait à vous. Sinon, il vous aurait vite forcé à quitter l'appartement. Mais non. Vous étiez la seule personne à pouvoir lui tenir tête, et pourtant, la seule personne qu'il tolérait à ses côtés. Non, plus : qu'il réclamait à ses côtés. Et vous étiez une cible facile, John. Un sniper, et c'était fini. À travers vous, Moriarty pouvait faire de Sherlock absolument tout ce qu'il voulait.
- Alors… Moriarty aussi s'est servi de moi…
- Dans un but sensiblement différent du nôtre, mais oui.
Du nôtre. Amusant comme il faisait front commun avec Sherlock Holmes. Finalement, cette histoire de rivalité fraternelle, de querelle familiale, c'était bien du chiqué – John l'avait toujours un peu soupçonné. Leur relation était trop étrange.
- Il n'y avait pas que vous. Mrs Hudson, votre logeuse. Amie de Sherlock, dans une moindre mesure ; quelqu'un à qui il tenait en tout cas. Ce qui n'a pas échappé à Moriarty. Et enfin Greg Lestrade, visé lui aussi. Sherlock savait comment ça se passerait ; il y aurait trois tueurs à gages qui seraient engagés pour vous tuer s'il ne donnait pas la preuve visuelle qu'il était mort à la place. Ce qu'il ignorait, c'était la configuration de la scène, le contexte : mais il pouvait manipuler Moriarty pour créer son propre contexte.
- Et Molly ?
- Pardon ?
- Molly Hooper. La légiste de Barts. Pourquoi Moriarty ne l'a pas considérée comme une cible ? Il était pourtant plus proche d'elle que de Lestrade.
- Ah, ça… Une heureuse coïncidence, dirais-je, due à l'impolitesse de Sherlock.
- Son impolitesse ?
- Oui. Il ne s'est jamais montré très agréable avec elle, la rabrouant sans cesse, n'est-ce pas ? Apparemment, Moriarty, qui aurait assisté à une interaction entre eux une fois, en aurait conclu que Molly n'avait aucune espèce d'importance aux yeux de Sherlock. C'est du moins la théorie de Sherlock, qu'il m'a répétée.
Une petite minute… Cette interaction… John écarquilla les yeux.
- Vous voulez dire… La fois où Moriarty a rendu visite à Sherlock au laboratoire ?
- Je ne connais pas les détails.
Mais John, oui, puisqu'il était là ! Moriarty était entré dans la pièce, suivant de peu Molly, et Sherlock s'était montré odieux comme à son habitude, ignorant Molly alors que personne (et probablement pas Moriarty non plus) n'ignorait qu'elle en pinçait pour lui ; puis elle lui avait présenté Jim, qu'il avait taxé de gay presque aussitôt, sèchement, avant de retourner à son travail. De manière générale, il s'était montré absolument abject envers elle…
Et c'était ce qui lui avait valu de ne pas être choisie par Moriarty comme une cible.
John ne croyait pas se dire ça un jour, mais parfois, la grossièreté de Sherlock pouvait se révéler drôlement utile.
- Quoi qu'il en soit, reprit Mycroft sérieusement, trois cibles pour atteindre Sherlock, c'était plus que suffisant pour le pousser à se suicider. Il fallait donc que Sherlock trouve un moyen de se montrer plus intelligent que Moriarty. Il s'est arrangé avec Molly Hooper pour mettre en scène sa mort, et a attiré Moriarty sur le lieu qu'il avait choisi. Il a joué jusqu'au bout l'homme qui n'avait pas compris quel était le but de Moriarty, afin qu'il n'ait pas de soupçons. La solution de mise en scène de la mort était censée être celle du dernier recours ; il aurait préféré trouver un autre moyen, utiliser l'existence de Moriarty pour faire disparaître les menaces de mort qui planaient sur vos têtes. Trois snipers. Que seule la mort de Sherlock avait le pouvoir d'arrêter. Ce que Sherlock n'avait pas prévu, c'était que Moriarty se suiciderait, sur ce toit.
- S… Se suiciderait ?
- Une balle dans la tête. Rapide, presque sans hésitation. Pour enlever à Sherlock tout moyen d'échapper à la chute. Moriarty mort, il devait sauter, afin que les trois snipers ne s'en prennent pas à vous trois.
Dieu, à présent, il réalisait… Sherlock avait sauté pour eux. Sauté pour qu'ils puissent vivre un jour de plus, délivrés des snipers de Moriarty. Et il avait compris toute la situation à temps pour mettre en scène sa mort – pour faire en sorte qu'ils puissent tous vivre, ensemble.
Et s'il n'y avait pas eu de solution de rechange, aurait-il sauté ?
John ne voulait pas le savoir. Il aurait préféré se faire tirer une balle dans la tête de la part du sniper, si ça avait pu sauver Sherlock de la mort. Le voir sauter une fois sans savoir qu'il en était responsable avait déjà été assez douloureux comme ça ; s'il avait su que c'était à cause de lui, ou du moins pour lui, que Sherlock sautait du toit… Oui, clairement, il aurait préféré mourir à sa place.
Alors Sherlock avait sauté pour de faux. Les souvenirs de John étaient toujours confus, mais il croyait ce que lui avait raconté Sherlock – pas le choix ; puisque Sherlock avait sauté et qu'il était malgré tout encore en vie, c'était qu'il avait probablement raconté la vérité…
D'accord. Il avait fait ça pour les sauver. Et John lui en était reconnaissant. Mais…
- Pourquoi trois ans ?
Ça, il ne comprenait toujours pas. C'était trop long. Surtout après une telle mise en scène pour qu'ils puissent tous rester vivant, quel était l'intérêt, s'ils étaient séparés ?
Quel était l'intérêt de vivre s'il était séparé de Sherlock Holmes ?
John n'arrivait pas à croire qu'il était en train de penser une telle chose. Il secoua la tête, comme pour se libérer de l'étrange pensée, et fixa Mycroft.
- Le temps de mettre ses affaires en ordre, répondit celui-ci simplement. De s'assurer que vous étiez en sécurité, que Moriarty ne reviendrait pas, que rien ne troublerait votre quiétude pendant un temps. En réalité, je pense que ça ne lui a pas pris tant de temps que ça, mais… Peut-être a-t-il eu peur de revenir, je l'ignore. Peut-être avait-il d'autres projets. Il ne m'a rien dit d'autre. Vous devriez le lui demander.
- Je ne veux pas le savoir, répondit John rapidement.
Oui, effectivement, les révélations de Mycroft amenaient une nouvelle lumière sur tout ça. Oui, effectivement, Sherlock avait fait ça pour lui, et pour Mrs Hudson, et pour Lestrade. Tout avait été pensé pour les protéger, et John lui en était vraiment reconnaissant…
Sauf que voilà, il continuait à penser que ça n'aurait rien coûté qu'il fasse partie du complot. Même si c'était pour le sauver, on ne faisait pas croire à son meilleur ami qu'on était mort pendant trois ans ! C'était ridicule ! Ces trois ans, c'était toute la confiance que Sherlock ne lui portait pas. Et c'était ça qu'il ne digérait pas.
Mycroft sembla remarquer son petit tourment intérieur, mais n'en dit pas un mot ; à la place, il reprit :
- Votre curiosité est assouvie, docteur ?
- Je suis venu parce que vous me l'aviez demandé.
- Allons, John, vous ne me ferez pas croire que vous n'aviez pas envie de connaître le fin mot de l'histoire. Vous étiez juste trop têtu pour l'apprendre la bouche de Sherlock. Mais il serait peut-être bon que vous en discutiez face à face, l'un et l'autre. Combien de fois vous êtes-vous revus depuis qu'il est revenu ?
- … Une fois, admit John de mauvaise grâce.
Peu avant Noël. Leurs retrouvailles. Et cette fois-là, il était parti en furie du café, et depuis, il ne l'avait plus revu. Ça commençait à faire un certain temps, depuis ce jour neigeux, et John s'émerveillait presque de voir à quel point il était capable de garder sa rancune longtemps. Ça ne lui ressemblait pas.
D'un autre côté, Sherlock ne s'était pas excusé – et c'était une étape importante, nécessaire dans l'esprit de John. Oui bon, d'accord, il s'était excusé par sms, mais ça ne comptait pas. Par sms ! C'était ridicule.
À sa décharge, tu refuses de le voir, objecta très rationnellement une petite voix pleine de sagesse dans la tête de John. Oui. Effectivement. Mais Sherlock savait où il habitait (ça, il n'en doutait pas). S'il était venu lui faire une petite visite, il ne l'aurait pas jeté dehors ou laissé à la porte. Mais Sherlock n'avait jamais eu l'air de s'en soucier suffisamment pour se montrer : fin de l'histoire.
- Qu'est-ce qu'il vous a promis, en échange de votre coopération à mon sujet ? demanda John, curieux.
- Vous semblez vraiment avoir une mauvaise opinion des relations que j'ai avec mon frère, remarqua Mycroft doucement. Il ne vous viendrait pas à l'idée que je puisse l'aider par amour fraternel, tout simplement ?
- Non.
Mycroft eut un sourire.
- Perspicace. J'ai requis son aide pour une affaire qui touche le gouvernement britannique. Vous me voyez navré de ne pas pouvoir vous en dire plus. Quoi qu'il en soit, John, je vous ai dit tout ce que je savais. Pour le reste, vous devriez voir avec Sherlock lui-même.
- Je doute que vous m'ayez dit tout ce que vous savez, Mycroft, mais je vous remercie tout de même d'avoir éclairé ma lanterne.
Ils se serrèrent la main rapidement, avec un peu de méfiance – être le grand frère du colocataire de l'un ou le meilleur ami du frère de l'autre n'aidait pas forcément à établir une relation de confiance – puis Mycroft ajouta :
- Vous savez comment me joindre si vous avez besoin de mon aide. Merci d'être venu.
- Merci à vous, répondit poliment John.
Après un dernier signe de tête, Mycroft sortit du café sans se retourner – une voiture noire l'attendait dehors, comme d'habitude – et John se rassit, pensif.
Sherlock avait fait tout ça pour eux… Pour leur sécurité…
Mais quand même ! Trois ans !
Mais… pour eux…
Bon. Trop d'informations pour le moment. Il fallait qu'il y réfléchisse à tête reposée… Il déciderait de quoi faire plus tard, une fois qu'il aurait repensé à tout ça au calme.
Il rajouta rapidement un pourboire à l'addition que Mycroft avait payée pour eux, et rentra chez lui d'un pas décidé.
xXxXx
M.H : C'est fait.
S.H : Alors ?
M.H : Je lui ai raconté, mais il n'a pas l'air vraiment disposé à te pardonner.
S.H : Je vois.
S.H : Merci d'avoir essayé.
M.H : Tu devrais essayer de t'excuser.
S.H : Je me suis excusé.
M.H : Oui, mais pas dans une vraie discussion. On n'efface pas trois ans d'absence avec un "désolé" dans un message, Sherlock. Va le voir et dis-le lui en face, c'est mon conseil.
S.H : J'y réfléchirai. Merci.
M.H : À ton service.
xXxXx
Et voilà, mes loulous.
Je suis gentille aujourd'hui (ou pas), je vais vous foutre une petite preview du chapitre suivant :
Chapitre 10 - Killing IOU sotfly
À 19h48, il revit son jugement. S'il y avait une chose que Sherlock détestait, c'était de ne pas recevoir de réponse à un message important. Il envisagea l'idée d'envoyer une relance, mais son téléphone se mit à sonner dans sa main au même moment, et il sursauta.
Ce n'était pas John.
- Lestrade ?
- Sherlock. Laisse tomber ce que tu es en train de faire et viens tout de suite.
Pour sa défense, Sherlock était dans un certain état de nervosité, en manque de cigarette et en surdose de caféine – ce fut peut-être pour cette raison qu'il ne détecta pas tout de suite la tension dans la voix de son interlocuteur.
- Je suis occupé. Si c'est à propos de la scène de crime d'aujourd'hui, je…
- Non, coupa Lestrade. C'est autre chose. Viens tout de suite. Hôpital St Mary's.
Cette fois-ci, c'était impossible de la manquer, et Sherlock se raidit.
- Qu'est-ce que…
- John, répondit simplement Lestrade.
- J'arrive, coupa Sherlock.
Il était 19h52, et il revit son jugement. S'il y avait une chose qu'il détestait, c'était de recevoir un appel inquiet de la police à propos de son plus cher ami.
.oOo.
Et voilà mes agneaux !
Au prochain chapitre !
