Chapitre IX
Castle fixait une goutte d'eau sur la vitre, la ville n'était plus qu'une ombre, les lampadaires n'éclairaient plus que par à coup la banquette du taxi. L'écrivain était plongé dans ses pensées. Lorsque que le chauffeur le sortit de son moment d'absence, il paya et ouvrit la portière. Il referma son manteau et emmitoufla la tête dans son écharpe. Il tentait d'échapper aux gouttelettes d'eau qui se frayaient un chemin jusqu'à sa nuque.
Au loft, malgré la confession d'Alexis qui laissa Kate dans une dualité flagrante, la soirée se passa à merveille. La discussion ne connut aucun silence gênant. Le tableau qu'elles offraient assises l'une en face de l'autre dégageait une authenticité profonde, ce que ne rata pas l'écrivain en entrant dans l'appartement. Il marqua un temps de pause sur le pas de la porte. La femme qui hantait ses rêves les plus coquins se trouvait dans son salon et discutait comme si cela était commun avec sa fille.
- Kate ? Je vous croyais à un rendez-vous.
- En effet, Castle j'avais bien rendez-vous...
- Avec Alexis ? Mais pourquoi ? C'est grave ? Demanda-t-il inquiet.
- Juste une discussion de femme à femme ! Rétorqua-t-elle.
- Femme à… femme ?
- Oui, Castle, de femme à femme.
- Euh… c'était quoi le sujet de la conversation ?!
- Ah… Castle… Vous voulez toujours tout savoir ! Il faut garder une part de mystère !
- Alexis ! T'as toujours été prudente ?! Demanda en déglutissant bruyamment.
- Euh… Oui, j'ai bu un coca mais de toute façon, je ne vais pas prendre la voiture, je vais juste aller me coucher ! Déclara-t-elle en rigolant.
Castle se figea instantanément. La jeune femme était plutôt fière de son petit effet, et sourit devant le teint blafard de son père. Kate tenta de retenir ses rires en mettant son poing devant sa bouche, cependant, elle n'aurait manqué ce moment pour rien au monde. Les chiens ne font pas des chats et la jeune femme était aussi adroite que son père pour déstabiliser son interlocuteur.
- Quoi ?! Mais non pas ça ! Enfin, une discussion femme à femme, une part de mystère… T'as très bien compris où je voulais en venir !
- Ah ça ! Une discussion entre femmes ne tourne pas uniquement autour du sexe, papa !
- Pas uniquement ?! Ca veut dire un peu quand même ?! Demanda-t-il en s'écroulant sur le canapé.
- Alexis, arrêtes de torturer ton père ! Castle, nous n'avons pas parlé de sexe mais si ça avait été le cas, vous ne l'auriez pas su. Donc, ça ne sert à rien de vous torturer l'esprit !
Castle était surpris mais heureux. Les deux femmes les plus importantes à ses yeux, en y ajoutant sa mère bien évidemment, avait l'air de s'apprécier. Rien n'aurait pu le ravir davantage et cette pensée lui dessina un sourire sur les lèvres lui donnant l'air benêt. Kate embrassa Alexis, prit sa veste, salua Castle et quitta le loft en disant :
- A demain Castle, et Lex, on refait ça quand tu veux et n'hésite pas !
- Promis, merci Kate, répondit la jeune femme en souriant.
Kate referma la porte laissant père et fille, l'un en face de l'autre, l'un dans l'incompréhension totale et l'autre heureuse de sa soirée.
Au poste, le lendemain matin
En repensant à cette soirée avec Alexis, Beckett mâchouillait nerveusement le bout de son stylo. Kate ne voulait s'immiscer dans la relation fusionnelle qui existait entre le père et sa fille. Néanmoins, une question la tracassait, arriverait-elle à appliquer son propre conseil ? Elle devait avoir confiance en elle-même et en Rick aussi, elle devait juste sauter dans l'inconnu. Castle l'aimait alors pourquoi n'osait-elle pas lâcher prise ? Avait-elle peur qu'il l'attende encore ou pire qu'il se soit déjà lassé ?
Mais insciemment, elle attendait le coup de téléphone qui allait annoncer la mort d'une troisième personne.
Lorsque tout d'un coup, elle se retrouva face à un café fumant. Elle lui sourit pour toute réponse et il ajouta un « Always » à peine audible pour qu'elle soit la seule à l'entendre. Elle sentit son cœur éclater dans sa poitrine, la tension des deux jours précédents semblait s'être évaporer. Kate ne supportait plus ce silence qui s'était installé entre eux. Elle l'aimait et elle souhaitait l'avoir près d'elle dans les bons comme dans les mauvais moments et cette enquête était pire qu'un mauvais moment. C'était un cauchemar éveillé et elle espérait sentir la force de ses bras la réconforter, elle espérait sentir son souffle court dans son cou, elle l'espérait lui, simplement.
Il s'assit sur sa chaise la fixa intensément, elle dégageait un charme fou. Certes, elle lui volerait dans les plumes lorsqu'elle s'en rendrait compte mais tant pis, le jeu en valait la chandelle, il était attiré tel un aimant. Il s'en voulait de s'être comporter de cette manière durant les jours passés, mais c'était plus fort que lui. Il attendait désespérément qu'elle lui dise qu'elle voulait être celle avec qui il devrait passer cette nuit torride qu'avait prévu Meredith. Alors aujourd'hui, il s'en donnait à cœur joie pour contempler cette femme dont il était fou.
Beckett n'était pas dupe, elle le voyait très bien mais cela lui plaisait. Elle appréciait ce regard doux et attentionné posé sur elle, un regard profond et sincère dans lequel elle pouvait se perdre. Un regard bleu océan dans lequel on tombe sans toucher terre, celui qui l'envoûtait depuis pratiquement quatre ans. Elle ne voulait, sans doute, pas gâcher la beauté de ce moment.
Néanmoins, dans son bureau, Gates ne vivait pas réellement le même moment paisible. Une troisième victime venait d'être découverte sur Lexington Avenue. Elle voulait à tout prix résoudre cette enquête au plus vite car dehors la presse commençait à trouver l'affaire très intéressante pour les gros titres et puis Beckett semblait ne pas avoir dormie depuis des semaines.
Lorsqu'elle sortit pour annoncer la nouvelle cela eut le mérite de ramener définitivement le duo atypique à la dure réalité.
Ils passèrent une porte d'entrée rouge poussée par Jones et tombèrent dans un duplex typiquement newyorkais. Le salon était une grande pièce ouverte sur une cuisine américaine, un escalier en bois massif trônait en plein milieu. Les murs de briques apportaient un côté chaleureux et réconfortant. Les yeux de Castle se perdirent dans la bibliothèque gigantesque. Il ne put s'empêcher que chercher ses livres et eut ce petit sourire de satisfaction lorsqu'il les trouva. Beckett le regarda toucher le dos des livres du bout des doigts, il semblait avoir quitté la surface de la Terre pour quelques secondes. Son côté enfantin avait disparu laissant place à un homme dévoué à sa passion.
Lanie toussota légèrement, elle préférait tellement les voir ainsi que dans le froid glacial qui les hantait ces derniers temps, mais l'important restait la scène de crime. Et pour les deux jeunes femmes, cette scène avait un air de déjà vu. La chaise était disposée en face de la porte d'entrée de manière à ne pas la rater. En même temps, comment voulez-vous rater une femme torturée et à moitié dénudée dans une pièce ?
Une femme d'environ 40 ans était assise sur une chaise, dont le buste était vêtu uniquement d'un soutien gorge en dentelle noire. Ainsi, il était impossible d'ignorer la plaie béante laissée par la lame d'un couteau d'où un filet de sang s'échapper encore. Le sang s'était rependu sur le sol et s'infiltrait dans les rainures du parquet lui donnant une légère teinte carmin. Elle avait la tête tombante sur la poitrine, ses cheveux recouvraient partiellement son visage dissimulant son nez meurtri et sa pommette bleuie. Ses avant-bras étaient parsemés des ecchymoses. Beckett eut l'impression de se présenter aux portes de l'Enfer tant les cris de souffrance de cette femme semblaient encore résonner dans la pièce. Elle avait tenté de lutter mais son agresseur fut plus fort… Le doute n'existait plus, c'était bien lui ! Insatiable et introuvable…
- Bonjour Kate
- Salut Lanie, tu peux m'apprendre quelque chose de nouveau ?
- Non, pour l'instant rien n'a changé. Un coup de couteau toujours placé au même endroit sans aucune hésitation au vu des bords de la plaie qui sont lises. Il savait exactement ce qu'il faisait…
- Elle s'appelle Veronica Harris, 40 ans divorcée depuis moins de quatre ans. Elle vivait ici avec sa fille. Les voisins la décrivent comme une femme discrète sans histoire, indiqua Esposito.
- Harris ? Pourquoi ce nom… Commença Castle en revenant de la bibliothèque.
- … me dit quelque chose ? Termina Kate.
Lanie coupa le silence qui s'était peu à peu installé.
- Vous êtes vraiment trop mignons, vous savez…
- Lanie ! S'indigna le lieutenant en lui jetant un regard noir ce qui fit rire la légiste.
- C'est un nom plutôt commun à New York, ajouta le latino.
- Ouais peut-être… Quel âge a sa fille ? Demanda Castle.
- A peine une dizaine d'année… Répondit Ryan.
- Pour ma part, j'en saurais peut-être plus après l'autopsie. Pour l'heure de la mort, je dirais une à deux heures, mais je vous le confirmerais.
- Merci Lanie.
- Honey, j'ai dit que rien n'avait changé. Et c'est le cas… il y a encore une lettre pour toi…
« Bonjour Katie,
A ton avis, quelle chose te perturbe le plus dans la vie, le souvenir de ta mère ou bien les disputes avec Castle ? J'hésite encore… Au moins, l'une des deux personnes a su que tu l'aimais, la seconde ne le saura peut-être jamais… Comment peut-il s'accrocher avec tant d'envie depuis tant d'années ? Je suis persuadé qu'il décrocherait la lune pour un seul de tes sourires ! Mais visiblement, toutes les personnes ont leurs limites et pour toi c'est aimer, n'est ce pas ?
Central Park n'est jamais aussi agréable qu'en cette saison, non ? Mais si, souviens toi Katie, assise sur un banc au bord du lac sous un chêne en bonne compagnie, la tête sur une épaule compatissante, un sourire sans égal… Ah, le calme avant la tempête… Au fait, cette écharpe rouge te va à ravir, dommage que tu ne la portes pas plus souvent.
Pour ce qui est de mon cadeau, j'ai hésité longuement, ce n'est pas que la liste est longue mais disons que j'ai du choix. Et puis, finalement, elle s'est imposée à moi comme une évidence. Si tu ne la reconnais pas tout de suite, ce n'est pas très grave, je ne t'en tiendrais pas rigueur. Tu te rendras compte bien assez tôt que cette femme aussi a croisé ta route, il y a quelques années déjà…
Comme quoi toutes les récompenses de l'académie ou les éloges de tes supérieurs ne représentent absolument rien. Lorsque l'affaire devient trop complexe, il n'y a plus personne. Je suis très flatté que même l'écrivain n'ait rien à rajouter !
Tu as enfin trouvé un adversaire à ta taille ou plutôt… un adversaire plus fort que toi, Katie.
A très bientôt, j'espère… »
Beckett était partagée entre la colère ou le désespoir, mais finalement ce sont les larmes qui arrivèrent à la bordure de ses yeux. Comment osait-il la surnommer Katie ? Comment avait-il pu remarquer son écharpe ? Ou pour la parenthèse avec Castle dans Central Park ? Comment savait-il pour les distinctions à l'académie ?
Elle suffoquait, elle se sentait prise au piège. Il était proche… Très proche… Trop proche ! Elle le croisait peut-être tous les jours, dans son immeuble, chez Rémy's, dans la rue… Ca pouvait être n'importe qui…
Castle se sentait impuissant, incapable d'aider sa muse, sa partenaire, son amie, sa meilleure amie, celle qu'il aimait… Il la regardait s'effondrer sans pouvoir intervenir. Il fit un pas de plus, étendit son bras et de son pouce il chassa une larme qui avait passé la barrière des yeux de la femme en face de lui. Rick la regardait avec l'amour inconditionnel qu'il éprouvait pour elle. Il aurait voulu trouver les mots qui l'auraient sortie de cette torpeur mais, il n'en avait aucun. Ils semblaient tous trop faibles. A ce moment là, il n'y avait plus qu'elle et lui… Et la rage envers cet homme.
Kate se sentait enfin prête à lâcher prise et à se fondre dans ses bras. Elle voulait entendre les battements de son cœur qui sauraient, sans aucun doute, l'apaiser ou bien sentir sa musculature sous sa chemise imprégnée de son parfum. Mais elle n'en eut pas la force en réalisant qu'ils étaient encore dans l'appartement de Veronica Harris…
- Embrasses moi idiot ! Mets moi au pied du mur !
A l'étage de la criminelle
Toute l'équipe était réunie dans la salle de réunion. Gates se trouvait au bout de la table, Esposito était à la limite de percer le plancher à force de tourner en rond, Ryan et Tory cherchaient des informations sur la victime en pianotant sur l'ordinateur. Kate et Castle étaient assis l'un en face de l'autre, elle pouvait encore sentir la douceur de son pouce sur sa joue et de son côté, il voulait juste être là pour elle.
Castle était toujours persuadé qu'il connaissait ce nom… Veronica Harris… Harris…
- A partir de maintenant, je reprends officiellement la direction de cette enquête, affirma Gates avec autorité.
- Non Sir ! Avec tout votre respect, il s'en prend à mes proches ! Vous ne pouvez pas me mettre à l'écart de MON enquête !
- Vous venez de le dire vous même. Vous êtes trop proche, lieutenant ! Vous pouvez rester sur l'affaire mais je dirige les opérations. Ryan, des informations supplémentaires sur cette femme ?
- Oui ! S'exclama l'irlandais. Veronica Harris comme Yann et Veronica Harris dans l'affaire où une baby-sitter tue son amie parce qu'elle couche avec le père de la petite dont elle s'occupe. Vous vous souvenez ? C'était il y a…
- Quatre ans, le coupa Castle. C'était notre deuxième enquête… Je venais de terminer ma première et dernière séance de paperasse. Mon cadavre ne pourra pas se retourner contre la ville si j'en venais à me prendre une balle… Et vous voyez, je suis encore là, quatre ans après ! Ajouta-t-il heureux.
- Je ne suis pas sûre que cela me réjouisse, M. Castle ! Déclara Gates.
- Elle a obtenu le divorce et la garde de leur fille. Yann Harris a tout perdu dans le divorce, il vit dans un petit appartement du Queens, annonça Esposito.
- Selon un des voisins, il est passé chez son ex-femme ce matin. Il y a eu des cris et puis plus rien… Rajouta Ryan.
- Il connaissait le Lieutenant Beckett. Il lui reproche peut-être le naufrage de son mariage, cela pourrait expliquer les lettres. Tory trouvez moi les images de vidéos surveillances de l'immeuble. Esposito et Ryan allez le chercher, il a intérêt à avoir un alibi en béton ! Déclara Gates.
Beckett n'avait toujours pas sorti un mot. Elle relisait chaque ligne de cette lettre. Cette fois, ce n'était plus uniquement personnel, il s'attaquait à ses enquêtes. Il jouait avec elle comme un chat s'amuse avec un souris sur le point de rendre l'âme. Plus les meurtres passaient, plus les lettres étaient fortes. Elle se sentait comme dans une piscine où l'on n'a pas pied et que vos jambes commencent à se raidir, que le souffle commence à vous manquer et que vous hésitez entre lutter encore ou vous laissez sombrer.
Elle voulait trouver l'ordure qui se jouait d'elle. Les familles des victimes et en particulier cette petite fille ne devaient pas rester dans l'ignorance. Elle était suffisamment bien placée pour dire que ne pas savoir vous détruit à petit feu…
Gates la regardait depuis quelques minutes. Elle jeta un coup d'œil vers Castle qui l'observait avec la même impuissance que celle qu'elle ressentait à ce moment là. Ce n'est pas parce qu'elle venait des affaires internes qu'elle n'aimait pas les flics. Elle tenait à chacun de ses lieutenants. Elle savait très bien que Kate ne rentrerait pas chez elle, ce soir, sans avoir trouver le moindre indice. Elle lui ressemblait dans le fond, une femme forte, indépendante et sûre de ses convictions. Mais avec les années, le Capitaine avait fini par se rendre compte que certaines affaires peuvent vous dévorer de l'intérieur. Il y a quelques années elle en avait fait les frais et dans ses cauchemars les plus sombres, c'était cette enquête qui revenait. Alors elle s'excusa et sortit pour passer un coup de fil.
Salle d'interrogatoire n°2
- M. Harris, je suis le lieutenant Beckett et voici M. Castle.
- Je sais exactement qui vous êtes, vous avez réduis mon mariage en poussière ! Cracha-t-il en la regardant droit dans les yeux.
- Si je me souviens bien, vous êtes très bien débrouillé tout seul ! Rétorqua l'écrivain.
- Oh arrêtez, vous allez me faire pleurer ! Vous n'avez jamais eu envie de plaire de nouveau ? L'envie de savoir si le pouvoir de séduction que vous aviez à 20 ans existait toujours ?
- La crise de la quarantaine ? Il fallait vous acheter une nouvelle voiture ou changer de boulot, pas se taper la baby-sitter…
- Je peux savoir ce que vous me voulez encore ?!
- Votre femme a été assassinée ce matin…
- Et donc c'est forcément, l'ex-mari dépressif qui l'a tuée ?! Rétorqua-t-il comme si cette nouvelle ne l'atteignait pas.
- Je n'aurais jamais pensé qu'il avouerait si vite, annonça Castle. Vous n'êtes même pas ébranlé ?
- Bien-sur que si je suis anéanti mais on était divorcés et elle me déplumait alors désolé de ne pas pleurer à chaudes larmes. Mais je n'aurai jamais pu tuer Veronica !
- Un témoin oculaire vous a vu entrer dans son appartement ce matin et apparemment le ton est monté.
- Oui, je suis passé ce matin mais je voulais juste lui reparler de la pension alimentaire. Elle m'avais déjà tout pris et là je ne pouvais continuer comme ça. Elle n'a pas voulu comprendre et je me suis emporté mais elle était toujours en vie quand je suis parti.
- Emporté ? Demanda Beckett
- Juste des cris rien de plus ! Je ne l'ai pas tué !
Même si Harris avait tout du suspect idéal, un mobile sans alibi, l'écrivain restait sceptique.
Ryan fit interruption dans la pièce et d'un geste de la main, il demanda à Beckett et Castle de sortir.
- C'est quoi votre problème pendant les interrogatoires en ce moment ?!
- Mon problème ?
- Oui votre problème ! D'abord avec Josh et puis maintenant avec Yann Harris ! Il fait ce qu'il veut pour oublier son âge !
- Mais… Je… Enfin… C'est que… Vous…
- Euh… pardon mais… S'immisça Ryan dans la conversation.
- QUOI ?! Cria d'une seule voix le duo en se tournant vers l'irlandais qui n'en menait pas large.
- Euh… Ce n'est pas Harris. Quand il sort de l'appartement, on peut la voir dans l'encadrement de la porte. Mais 1min30 après son départ, on peut voir un postier frapper à la porte. Au départ, elle ne veut pas le faire entrer mais il la pousse à l'intérieur et il ressort une demi-heure plus tard.
- 1m30… Yann Harris a très bien pu le croiser dans les escaliers. Il n'y a pas de caméras dans la boutique de costumes ?
- Elles sont juste dissuasives… Répondit Ryan dépité.
La jeune femme poussa à peine la porte de la salle d'interrogatoire que l'ex-mari s'insurgea.
- Je ne l'ai pas tuée ! Je veux un avocat !
- Nous savons qu'elle était encore en vie à votre départ. Mais M. Harris, vous souvenez vous avoir croisé un homme dans les escaliers en quittant votre ex-femme ce matin ?
- Euh… J'ai croisé l'étudiante d'en face… et le facteur mais sinon non personne…
- Vous pourriez me décrire le postier ?
- Je ne l'ai pas vraiment regardé, mais il dégageait une odeur bizarre, une odeur de bois et de renfermé. On aurait pu croire qu'il sortait d'un vieux chalet.
- Merci, l'officier Jones va vous raccompagner jusqu'à la sortie.
Beckett et Castle se retrouvaient de nouveau devant le tableau blanc. Les portraits souriants des futures victimes témoignaient d'un instant paisible de leurs existences, ce qui contrastait avec les scènes violentes et macabres que furent leurs derniers moments. Sous chaque photo se trouvait un nom, un lieu, une date et une heure approximative, une profession... Voilà aujourd'hui, ce qui restait de ces trois personnes, juste des mots lancés sur un tableau dans un commissariat de New York. La colonne des suspects ne comprenait que la photo d'une silhouette en noir et blanc marquée d'un point d'interrogation. Dessous se trouvait deux clichés, l'un devant chez les Moore l'autre devant chez Veronica Harris, une empreinte partielle, et une odeur de bois…
