Hey hey heeey !
Voilà enfin le chapitre 8 ! Ah, je me souviens quand, avant de commencer à poster cette fiction, je me disais que je ferais en sorte de mettre un chapitre par semaine... quelle douce illusion. C'est plutôt un chapitre par mois. Et ça risque pas d'aller en s'arrangeant... mais je vous explique ça dans ma note de fin !
Pour l'instant, place au chapitre ! Bonne lecture ~
CHAPITRE 8 : "The world may disapprove but my world is only you"
Le lendemain matin, quand Tooru ouvrit les yeux, la première chose qu'il vit fut le visage d'Hajime qui dormait à coté de lui. Ses traits étaient détendus, comme s'il était parfaitement calme. Sa bouche entrouverte laissait juste passer le souffle fin de sa respiration, et l'oreiller cachait une partie de son visage.
Il avait l'air en paix.
Le châtain sourit et son cœur se souleva dans sa poitrine sous l'afflux d'émotion qui le submergeait. Il avait toujours du mal à y croire. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas retrouvés si proches l'un de l'autre –une éternité d'après lui. Beaucoup trop longtemps dans tous les cas.
Il écouta. L'appartement semblait silencieux. Il n'entendait ni la télévision, ni les bruits de vaisselle qui s'entrechoque, ni d'éclats de voix. Tout le monde devait encore dormir. Il se demanda quelle heure il pouvait être. Les rideaux du bureau étaient tirés, mais il pouvait tout de même deviner la clarté fade du petit matin au travers. Il ne devait pas être plus de six heures et demie.
Si tôt. Et il était tellement fatigué. Son dernier vrai repos lui semblait remonter à des années. Il voulait profiter de cette quiétude dans laquelle il se retrouvait enfin. Il souhaitait se laisser bercer sur cette eau calme après la tempête qui avait fait rage dans leur vie. Enfin, il pouvait cesser de se cramponner comme un malheureux à un débris pour ne pas se noyer, et il pouvait respirer.
Il voulait en profiter tant que cela pouvait durer –et pourvu que cela dure toujours.
Doucement, il se glissa plus près d'Iwaizumi, jusqu'à se coller contre lui, et il cala son bras autour de sa taille, enfouissant son nez contre son torse, entre ses clavicules. Il en était presque à ronronner de bien-être.
Il sentit son petit ami remuer faiblement et grogner doucement. "Oikawa ? ", marmonna-t-il d'une voix enrouée pleine de sommeil.
"Ce n'est rien Iwa-chan, rendors-toi", sourit le capitaine en déposant un baiser dans son cou, "Tu peux dormir encore."
"Hm. Ok."
Une seconde plus tard, la poitrine du brun se soulevant et s'abaissant sous son souffle lent et régulier lui indiqua qu'il était rapidement retourné au royaume de Morphée. Tooru dessina un sourire plein de tendresse et il ferma les yeux, respirant l'odeur rassurante de son petit ami qui lui avait tellement manqué.
Lorsqu'il rouvrit les yeux pour la seconde fois, il était seul dans le futon et le soleil filtrait au travers des rideaux. Des sons étouffés lui parvenaient derrière la porte close du bureau ; la télévision, de la vaisselle qu'on entrechoque, des éclats de voix et des rires. Cette fois-ci, tout le monde semblait être réveillé.
Il s'assit et fit craquer son dos avant de se lever. Il se rendit directement à la cuisine, et il y trouva sa sœur, son neveu et son petit ami. Takeru et Hajime préparaient le petit déjeuner en discutant joyeusement pendant que Tomoe était assise au bar avec une tasse de café et son téléphone.
Déjà la veille au soir, il avait été ému et cette fois encore, sa gorge se noua d'émotion. Il ne se lassait pas de voir ce tableau tranquille. Avant, cela lui aurait semblé presque insignifiant, il y aurait à peine fait attention. Mais désormais, il voyait ce petit bout de vie quotidienne, paisible et insouciant, comme une chose précieuse.
"Tooru, tu es enfin levé !", commenta Tomoe lorsqu'elle remarqua sa présence. Il hocha la tête sans vraiment l'écouter, trop occupé à capturer le moment. Sa sœur souffla un petit rire. Les deux garçons qui cuisinaient se retournèrent, et Iwaizumi offrit un grand sourire lumineux au châtain. Le cœur de ce dernier se souleva dans sa poitrine. C'était un sourire si vrai, si honnête, si brillant et si chaud. Iwaizumi avait toujours eu le plus beau des sourires.
"C'est prêt !", chantonna Takeru en levant sa poêle du feu. Tomoe se leva de son haut tabouret pour s'approcher de son fils.
"Ok, on va dresser tout ça. Les gars, vous pouvez aller mettre la table ?", demanda-t-elle à l'attention de son frère.
Tooru acquiesça et il sortit avec Hajime pour rejoindre le salon. Le silence était étrangement lourd alors qu'ils sortaient les baguettes et les sets de table tressés. Soudain, l'atmosphère était bizarre et gênante entre eux, et le châtain se demanda pourquoi. Peut-être qu'Iwa-chan était gêné ? De s'imposer ici, ou bien peut-être qu'il regrettait d'être revenu. Peut-être qu'il se rendait compte qu'il aurait dû rester à Kyoto et l'oublier bien sagement ?
Son cœur se serra douloureusement à ces pensées.
"Iwa-", commença-t-il doucement, mais l'autre l'interrompit comme s'il savait ce qu'il allait dire –ce qui n'aurait même pas été étonnant, tant il le connaissait par cœur.
"Oikawa. "
Le capitaine se figea. Son ton était ferme et sérieux, et le regard qu'il lui adressait l'était tout autant. Tooru déglutit et il serra les dents, attendant la suite avec angoisse. Allait-il vraiment lui dire qu'il regrettait ?
"Tout va bien. ", dit-il d'un ton sans appel. "Arrête de t'inquiéter. "
Il s'approcha de lui et lui sourit doucement. Il lui envoya un léger coup de poing dans le torse, "Je sais que j'ai fais le bon choix en revenant vers toi. "
Oikawa rougit et des papillons s'agitèrent dans son ventre. Il ne pu réprimer un sourire soulagé et ravi. Il hocha la tête en signe de compréhension, et cela sembla satisfaire son petit ami. Le brun se pencha vers lui et déposa un baiser sur ses lèvres. Tout se passerait bien, il n'avait pas à s'inquiéter. Pour le moment, il ne voulait pas s'inquiéter.
Tomoe et Takeru apportèrent la nourriture et ils déjeunèrent tous ensemble en discutant. Takeru, tout comme son oncle, était du genre bavard, aussi avec les deux réunis, les conversations étaient toujours animées. Cependant, le plus jeune quitta vite la table une fois son petit déjeuner avalé, entraînant Iwaizumi avec lui, car il voulait lui montrer quelque chose. Oui, le Iwaizumi était un être définitivement adoré de tous les membres de la famille Oikawa.
Après leur départ, le ton se calma et la légèreté s'évanouit sous le poids de sujets beaucoup moins agréables entre les deux dernières personnes restantes.
"Toujours aucune nouvelle des parents d'Hajime-kun ?"
"Non. Tant mieux.", répondit froidement le plus jeune.
"Qu'est-ce que vous allez faire maintenant ?"
"J'sais pas."
"Tu sais qu'il ne pourra pas rester.", annonça posément Tomoe.
"Je sais. ", répondit son frère en baissant les yeux, "S'il te plait, laisse-nous encore deux ou trois jours, le temps de trouver une solution. "
L'aînée se mordit la lèvre, l'air contrariée, "Quelle solution, Tooru ? Vous n'êtes que des adolescents, que voulez-vous faire contre les parents d'Hajime-kun ? "
Le volleyeur releva les yeux, les sourcils froncés et l'air énervé, "Qu'est-ce que tu essayes de me dire Tomoe ? Qu'Iwa-chan et moi on ne peut pas gagner ? "
"Tooru, ce n'est pas un match de volley. Il n'est pas question de gagner ou de perdre. Et si c'était le cas... vous perdriez sûrement. "
L'adolescent se leva, frappant ses poings sur la table et arrachant un sursaut à sa sœur. Il avait une mine déterminée, sombre et dangereuse. "Je croyais que tu étais de notre coté. "
"Je le suis Tooru, je serai toujours de ton coté. Mais sois réaliste. Tu es capable de raisonner comme un adulte, non ? Alors rends-toi compte que vous ne pouvez rien faire. "
"On trouvera un moyen. "
"Et lequel ? Fuir pour toujours ? "
"Oui. Si c'est la seule solution, c'est ce qu'on fera. "
"C'est insensé ! "
"Comme toute cette histoire. "
Le frère et la sœur se défièrent du regard pendant quelques instants, et la détermination qui flambait dans le regard du plus jeune ne faillit pas une seconde. L'aînée finit par capituler. Elle soupira en baissant la tête.
"Très bien. "
"Merci Tomoe. "
Elle hocha la tête. Ses traits étaient plissés par l'inquiétude et l'incertitude. Elle ne savait plus quoi faire pour ouvrir les yeux de son frère. Et d'un autre coté, elle voulait tellement le soutenir. Mais elle savait qu'ils n'avaient aucune chance. Ce combat qu'ils voulaient mener, ils allaient le mener en vain. Le Roi avait beau avoir le meilleur Chevalier à ses cotés, il ne pouvait gagner une bataille perdue d'avance. Tant qu'ils seraient mineurs, ils ne pourraient rien faire.
Takeru et Hajime réapparurent dans le salon et Tooru leur servit un grand sourire, comme si rien ne s'était passé. Il s'approcha de son petit ami pour s'accrocher à son bras.
"Iwa-chan, allons nous promener !"
Le ciel était dégagé aujourd'hui, c'était une belle journée malgré le froid. Les deux volleyeurs venaient de sortir du bus qui les avaient conduits en centre-ville, et progressaient maintenant sur le trottoir d'une rue commerçante. Pendant le trajet pour venir ici, Oikawa n'avait pas cessé de regarder son téléphone et d'envoyer des messages, ce qui avait soulevé la curiosité d'Iwaizumi. Cependant, lorsqu'il avait demandé avec qui le châtain discutait, ce dernier lui avait envoyé un clin d'œil agaçant en répliquant que c'était un secret.
Il n'avait plus ressorti son portable depuis qu'ils étaient sortis du bus. De temps en temps, Hajime lui lançait un coup d'œil, et à chaque fois, il se retrouvait face à un visage lumineux et souriant. Il avait l'air épanoui. Cela faisait plaisir au wing spiker de le voir comme ça. Il se doutait que dernièrement, il avait dû se sentir particulièrement mal, et sans doute qu'il n'avait pas sourit une seule fois. Alors le savoir heureux maintenant lui donnait un sentiment de Légèreté et de bonheur.
Ils entrèrent dans plusieurs boutiques et achetèrent quelques bricoles. Iwaizumi tenait absolument à acheter quelque chose pour Tomoe, pour la remercier de le cacher, et puis il était tombé sur un strap Gozilla que Tooru lui avait acheté, malgré ses objections.
Lorsqu'il ressortirent du magasin, Hajime accrocha la breloque à son téléphone avec un sourire d'excitation qu'il essayait de refréner, sous le regard amusé et attendri de Tooru.
"Où est-ce que tu veux aller maintenant ?", demanda alors le plus âgé en rangeant son téléphone.
Oikawa étira un large sourire, du genre qui cachait quelque chose, "Je meurs de soif, allons prendre quelque chose à boire !"
Iwa pencha la tête sur le coté en haussant un sourcil méfiant, mais il n'objecta cependant pas la proposition. Il ne dirait pas non à une boisson chaude. Ils traversèrent une ou deux rues. Plusieurs fois le brun fit remarquer que n'importe quel café ferait l'affaire, puisqu'ils en dépassèrent plusieurs sur leur chemin, mais son petit ami semblait avoir un endroit en tête.
Ils finirent pas atterrir à l'entrée d'un café qui était loin d'être étranger à l'ace. Il n'était pas très loin de leur lycée, et il avait l'habitude d'y traîner avec l'équipe, avant. Son coeur se serra un peu à ce souvenir et à ce moment-là, comme une tentative de lui remonter le moral, le châtain lui prit la main et lui sourit doucement.
Il lui rendit son sourire et serra sa main dans la sienne; et sans la lâcher, ils entrèrent dans le petit établissement. Il ne fallut à Iwaizumi qu'une seconde pour se figer au milieu de la salle, les yeux comme des soucoupes fixant cette table en particulier.
Cette table à laquelle étaient installées toutes ces silhouettes familières qui se levèrent toutes d'un coup en les voyant entrer.
"Iwaizumi-san !", s'écrièrent ensemble Yahaba et Kindaichi.
"Les gars...", souffla Hajime du bout des lèvres et la voix légèrement tremblante.
"Encore à vous tenir par la main hein", ricana Matsukawa, une main sur la hanche.
"Gay", gloussa Hanamaki à coté de lui avec un rictus amusé.
"Vous pouvez parler tous les deux !", gronda Tooru dont les joues s'étaient légèrement colorées.
Ils étaient tous là, toute l'équipe. Ils s'étaient tous rapidement approchés et massés autour de leur ancien ace qui avait la gorge si nouée qu'il n'arrivait plus à parler. Il ne pensait pas qu'il serait si faible en les revoyant mais honnêtement, il avait juste envie de fondre en larmes et de les serrer tous dans ses bras un par un.
Tout le monde semblait en proie à une grande émotion. Kindaichi avait les larmes aux yeux et Kunimi lui tapotait le dos dans une tentative de le calmer. Il fallait dire aussi qu'Hajime était un peu son idole, et qu'il avait été un peu perdu après son départ. Kyoutani, lui, se tenait un peu en retrait, faignant l'indifférence, mais ses yeux brillaient de bonheur. Pour lui aussi, le départ d'Iwa avait été déstabilisant.
Enfin, son départ avait été difficile pour tous. Et c'était la raison pour laquelle à cet instant, plus rien ne comptait pour personne que la joie de se retrouver.
Face à tous les sourires soulagés qui s'étalaient devant lui, l'ace ne pu qu'étirer un immense sourire à son tour. D'un geste, il attira Hanamaki et Matsukawa dans une accolade. Puis il encercla les épaules de Yuutaro et Akira en glissant doucement au premier de ne pas pleurer -ce à quoi le première année répondit qu'il ne pleurait pas en essuyant ses yeux. Il cogna son poings contre celui de Yahaba et de Watari, et il termina en envoyant un coup de poing ferme mais amical dans l'épaule de Kentaro, toujours un sourire sur les lèvres.
"C'est bon de te revoir", sourit Hanamaki.
"C'est bon d'être de retour", répliqua Iwaizumi.
Et tout le monde rit parce qu'ils étaient tous heureux. Et c'était comme s'ils ne s'étaient jamais quittés. Tooru observait la scène d'un oeil bienveillant. En temps que capitaine de l'équipe, il se souciait beaucoup de ses joueurs, et les voir tous heureux lui faisait plaisir. Et voir Hajime heureux le rendait fou de joie.
Ils retournèrent tous ensemble s'asseoir à leur table et ils discutèrent longtemps. De tout et de rien, mais surtout pas de choses tristes ou déplaisantes. C'était leurs retrouvailles, ils ne voulaient surtout pas les gâcher. Alors ils discutèrent de choses amusantes. Ils parlèrent du volley comme si Hajime jouait toujours avec eux, des cours comme s'il étudiait toujours à la même école, du dernier film qu'ils avaient vu, de la pluie et du beau temps.
"On pourrait faire un match !", proposa soudain Watari.
"Oui, un match!", s'enthousiasma Kindaichi.
"C'est pas une mauvaise idée", les rejoignit Matsukawa, "Qu'est-ce que tu en penses Iwaizumi ?"
Il hocha la tête avec un sourire, "Je suis totalement pour !"
C'était un dimanche, mais comme il arrivait parfois qu'ils aient des entraînements même ce jour-là, ils pouvaient entrer dans le lycée et avaient la clé du gymnase. Et avec la tenue de sport de rechange qu'ils avaient toujours aux vestiaires, ils avaient tout ce qu'il leur fallait pour jouer.
Ils de divisèrent en deux équipes : Oikawa, Hanamaki, Iwaizumi et Kunimi dans la première, Matsukawa, Yahaba, Kyoutani et Kindaichi et Watari dans la seconde.
Le match était serré. Au bout d'un moment, Hanamaki récupéra la balle et il la monta. Elle arriva juste au dessus de Tooru. Il la renvoya en appelant un nom. "Iwa-chan !"
Iwaizumi était là. Il sauta devant le filet et frappa de toutes ses forces le ballon que le passeur lui avait passé. La balle retomba sur le terrain adverse comme un boulet de canon impossible à intercepter, manquant d'un cheveux de frapper Matsukawa en pleine tête.
Le duo d'amis d'enfance échangea un regard euphorique. Les mains du capitaine le picotait. C'était trop bon. Le coach ne lui avait interdit le terrain que la veille, mais il avait l'impression que cela faisait un siècle qu'il n'avait pas été sur le court. Et encore plus longtemps qu'il n'avait pas fait de passe à Iwaizumi.
"Oi, ça va pas vous deux !? Vous avez failli me tuer !", s'exclama Issei, les sourcils froncés.
"Désolé Mattsun !", s'excusa Oikawa avec un clin d'œil.
"C'est les risques du sport", répliqua Hajime avec un air satisfait, les mains sur les hanches.
"Depuis quand tuer son adversaire fait partie des règles ?"
"Depuis toujours il me semble. Tu en penses quoi, Hanamaki ?", demanda l'ace en lançant un regard à son équipier.
"Il me semble que c'est stipulé quelque part...", fit mine de réfléchir l'interpellé avec un rictus.
Il y eut un éclat de rire général, accompagné de quelques remarques acerbes prononcées sans intention de blesser qui que ce soit, et le match reprit. La première équipe gagna. Ils en engagèrent un autre en échangeant quelques joueurs, et l'équipe B l'emporta.
Lorsque leurs estomacs s'étaient manifestés vers treize heures, Yahaba et Oikawa avaient été désignés pour aller acheter à manger, et ils avaient continué à jouer l'après-midi. Cela ne les ennuyait pas de jouer toute la journée. Ils aimaient ça, et encore plus maintenant qu'ils étaient réunis à nouveau.
Dans un battement de cil, la journée avait filée et le ciel commençait à rougir. Ils avaient rangé le matériel, s'étaient changés et s'étaient arrêtés au fast-food. Ils étaient affamés après tous ces efforts. La bonne ambiance était au rendez-vous à la table des volleyeurs, tant et si bien que plusieurs personnes aux tables alentours leur lançait des regards. Ils étaient heureux, et ils le faisaient entendre.
Lorsqu'ils eurent terminé de manger, Matsukawa proposa qu'ils aillent à la salle d'arcade, assurant qu'il avait une revanche à prendre sur Iwaizumi, ce à quoi il avait répliqué qu'il pouvait toujours courir pour le vaincre. L'idée avait eu l'air d'enthousiasmer tout le monde, à l'exception de Tooru qui fit la moue.
Ce n'était pas qu'il n'avait pas envie de passer encore un peu de temps tous ensemble, mais il n'avait pas été seul avec Hajime depuis le matin, et ça lui manquait. Il adorait qu'ils soient tous réunis, mais avec les autres et à fortiori dans des lieux publiques, ils ne pouvaient pas vraiment être plus intimes qu'il léger effleurement de leurs mains.
"Désolé les gars mais on doit rentrer, ma soeur préfère qu'on ne traîne pas trop", prétexta le capitaine avec une mine faussement désolée.
Ils semblèrent déçus, et Oikawa s'en voulu presque de laisser parler son égoïsme de la sorte.
"On pourra se revoir demain après les cours ?", demanda Kindaichi avec espoir.
Iwaizumi étira un sourire, "Carrément ouais ! Faut que je montre à Matsukawa qu'il ne me battra jamais à Street Fighter"
Un sourire agacé se dessina sur le visage d'Issei, "Je te signale que tu ne me bats qu'à la version arcade du jeu. Sur NES, je te défonce."
"Bande de nerds", se moqua Tooru. Tous se tournèrent vers lui avec un regard qui en disait long sur leur pensée à savoir : c'est toi qui dit ça, le type obsédé par les conspirations et les aliens? Le capitaine ne trouva rien à dire pour sa défense.
Ils finirent par sortir du fast-food en se chamaillant gentiment, et ils se séparèrent après avoir promis de se retrouver le lendemain. Ils se l'étaient promis.
Il faisait nuit et plutôt froid, et les deux adolescents marchaient tout près l'un de l'autre, leurs épaules se touchant presque, alors qu'ils prenaient le chemin du retour. Dans le bus, ils se prirent la main et leurs doigts glacés s'entrelacèrent. Ils restèrent plutôt silencieux tout ce semblait perdu dans ses pensées, et Tooru ne voulait pas le déranger. Et puis, ça ne le dérangeait pas vraiment de marcher en silence. C'était un silence calme et confortable.
"On est rentrés !", lança-t-il lorsqu'il passa la porte de l'appartement de sa soeur. Une seconde plus tard, Takeru déboula dans le couloir pour réquisitionner Hajime.
"Iwaizumi-niisan, viens regarder la télé avec moi !", s'exclama-t-il en tirant sur le bras du volleyeur.
"Hors-de-question !", gronda son oncle en attrapant l'autre bras d'Iwa, "Et tu ne devrais pas déjà être couché toi !?"
"Maman a dit que je pouvais regarder un film !", répliqua le jeune garçon en tirant la langue, "C'est un film de Gozilla !"
Les yeux de l'ace changèrent d'éclat pour s'illuminer à l'entente du mot clé et Tooru grimaça en fusillant son neveu des yeux, "Tu triches !"
"Je triche pas !"
"Si tu triches ! Sale tricheur !"
Chacun des deux garçons tirait sur un bras d'Hajime qui était chahuté dans tous les sens. Une veine pulsa sur sa tempe. Il n'était pas une poupée, bordel ! Il tira en arrière pour se libérer de la prise de ses assaillants et envoya une tape derrière la tête de son copain.
"T'as pas honte de te disputer comme ça avec un gamin ? T'as quel âge sérieux !"
"Mais Iwa-cha-"
"Tooru" Ils tournèrent la tête vers Tomoe qui venait de faire irruption dans le hall, un sourire tranquille sur les lèvres, "Tu peux venir m'aider avec la vaisselle ? Pendant ce temps, Hajime-kun pourra regarder un peu la télé avec Takeru"
Le capitaine grommela mais obtempéra malgré tout, et Takeru entraîna Iwaizumi dans le salon avec une exclamation victorieuse. Le châtain, lui, suivit sa soeur dans la cuisine et s'approcha de l'évier pour laver la vaisselle. Il lui avait envoyé un message plus tôt pour la prévenir qu'ils avaient mangé dehors avec l'équipe, et elle ne les avait donc pas attendus.
"Shougo-san n'est pas là ?", demanda-t-il en relevant ses manches.
"Il a dit qu'il travaillerait tard", répondit la jeune femme en s'asseyant au bar, "Mais je crois qu'en vérité, il préfère éviter de trop vous croiser"
Le plus jeune crispa ses mains sur le bol et l'éponge qu'il tenait, et il serra les dents. Dos à sa soeur, il ne pouvait pas voir l'expression de cette dernière. Elle avait le regard levé vers le plafond, fixant un point invisible avec une touche de désinvolture dans les yeux. Elle semblait essayer de cacher ses tracas derrière l'indifférence feinte.
"Tu sais comment il est. Il n'aime pas ne pas contrôler une situation. Et vous, votre situation actuelle le dépasse" Elle soupira de lassitude, "Il voudrait vous aider, tu sais ? Il ne sait juste pas comment s'y prendre. Ça le rend fou de ne rien pouvoir faire pour vous dans l'immédiat."
"Tu es sûre qu'il n'est pas plutôt question du fait qu'un ado en fugue gay se cache sous son toit ?", demanda amèrement le châtain.
Tomoe soupira, "Tu es dur avec lui. Il fait de son mieux, tu sais."
"Hmf, si tu le dis."
Pendant quelques instants, seul le bruit de la vaisselle qui s'entrechoque et les remous de l'eau dans l'évier comblèrent le silence de la pièce, ainsi que la voix étouffée de Takeru qui venait de l'autre pièce alors qu'il commentait le film qu'il regardait avec Hajime. Le silence était lourd et désagréable.
"Alors, vous avez passé une bonne journée ?", finit par demander l'aînée.
"Qu'est-ce que tu as à me dire, Tomoe ?", répliqua Tooru en se tournant vers elle, les sourcils froncés et le regard dur. Sa soeur plissa les yeux. Elle se doutait que son petit frère la percerait rapidement à jour. Elle n'était pas très douée pour mener des conversations détournées.
"Je me fais du souci, Tooru", répondit-elle froidement. "A l'heure qu'il est, les parents d'Hajime-kun doivent avoir tout compris. Si ça se trouve, ils sont même déjà en route pour Miyagi."
"Iwa-chan leur a fait croire qu'il dormait chez un ami"
"Ça nous a peut-être fait gagner une soirée, mais à l'heure qu'il est-"
"Et qu'est-ce que tu proposes !?", s'énerva le plus jeune.
Tomoe tressaillit et son visage s'assombrit, "Cesse de faire l'enfant, Tooru !", gronda-t-elle d'une voix pleine de colère. "Tu n'as pas l'air d'avoir conscience de la situation."
"J'en ai pleinement conscience."
"Non. Tu es totalement aveuglé par le bonheur d'avoir retrouvé Hajime-kun. Mais ce bonheur ne durera pas."
Cette fois, ce sont les yeux du capitaine qui s'assombrirent. Ils étaient noirs de rage, et tout son corps tremblait, remplit de colère refoulée. Il avait l'impression de revivre la conversation qu'ils avaient eu le matin, mais en pire. Comment sa soeur pouvait-elle dire une chose pareille ? Comment pouvait-elle lui dire comme ça que son bonheur était éphémère.
Tomoe se rendit très vite compte qu'elle avait blessé son frère et elle s'en voulu. Elle se mordit l'intérieur de la joue et descendit de son tabouret pour s'approcher de lui.
"Tooru", souffla-t-elle doucement en posant ses mains sur ses épaules. "Je ne souhaite que votre bonheur, tu le sais. Ce que je veux dire, c'est que sans une solution durable au problème, vous ne pourrez pas avoir la paix."
"On a juste besoin d'encore un peu de temps...", murmura l'adolescent, le regard dans le vague.
Tomoe esquissa une moue attristée et elle le serra contre elle, "Ne traînez pas trop ou ce sera trop tard."
Le châtain referma ses poings sur le tissus de son pull et enfouit son visage dans son cou, "Je ne veux pas le perdre encore", dit-il doucement.
"Je sais." Si ça n'avait tenu qu'à elle, elle lui aurait promit que ça n'arriverait pas. Qu'ils seraient ensemble pour toujours et qu'on ne les forcerait plus jamais à se séparer. Mais elle ne pouvait pas faire une telle promesse en sachant tout ce qui les attendait encore.
Elle avait passé toute l'après-midi à se renseigner sur internet, à chercher une procédure juridique, ou n'importe quoi d'autre, qui pourrait aider son frère et Hajime, ou au moins jouer en leur faveur. Elle avait retenu l'émancipation. Mais elle n'était pas sûre qu'un juge accepterait d'émanciper Hajime pour l'unique raison qu'il voulait vivre pleinement son histoire d'amour.
Il semblait qu'ils étaient dans une impasse.
"Dis, tu veux bien coucher Takeru pendant que je termine de laver la vaisselle ?", demanda-t-elle alors doucement.
"Ouais", répondit l'adolescent en faisant un pas en arrière, "C'est à mon tour de passer du temps avec Iwa-chan !"
Tomoe rit et Tooru sourit.
Le capitaine arriva dans le salon comme une furie et se jeta sur le canapé, écrasant au passage Iwaizumi et son neveu, "Allez Takeru, au lit !"
"Tooru, t'es lourd !", grogna le garçon en tentant de pousser son oncle, "Et le film est pas fini !"
"Tomoe a dit que je devais te mettre au lit !", répliqua le châtain en tirant la langue avec un clin d'œil. "Alors sois gentil et- WAAH !"
BAM.
"Aïe !", couina l'adolescent qui venait de se faire jeter sur le sol. Il leva des yeux larmoyants vers Iwaizumi. "Iwa-chan, ça fait mal !"
"T'es lourd, abruti !", rugit le brun.
"Tu es vraiment une personne horrible !", répliqua Oikawa avec un air blessé.
"Ça doit être pour ça qu'on va si bien ensemble !"
... Un ange passa. Tooru et Takeru avaient les yeux exorbités, et lorsqu'il réalisa ce qu'il venait de dire, l'ace rougit et plaqua une main devant sa bouche, "Merde.", marmonna-t-il.
Takeru se leva du canapé et sortit de la pièce. Oikawa, toujours assis sur le sol, avait le visage cramoisi et le regard brillant, figé sur son ami d'enfance. Iwa, lui, ne savait plus où se mettre. Il avait lancé ça sans réfléchir, et c'était trop soudain pour ne pas être embarrassant.
"Ou-oublie ça ! C'est..." Il détourna le regard dans une tentative de cacher sa gêne.
"Iwa-chan...", appela doucement le châtain.
A l'entente du surnom, il se risqua à tourner les yeux, et un instant plus tard, une paire de lèvres capturaient les siennes. Il sentit les mains d'Oikawa appuyer contre ses épaules pour le repousser contre le dossier du canapé, et puis le poids de son corps sur ses jambes.
Lorsque le passeur rompit leur baiser, leurs regards s'accrochèrent et ils échangèrent un sourire, "Tu as raison", souffla-t-il. "Ça doit être pour ça."
Iwaizumi étouffa un léger rire avant de pousser son petit ami sur le coté pour le virer de ses jambes et pouvoir se lever. Evidemment, ça ne plut pas au plus jeune qui grogna et se plaignit qu'il avait 'ruiné l'ambiance'.
"Ferme la un peu", le coupa le brun en lui tendant la main. "Allez, on va au lit. Je suis crevé."
Oikawa maugréa à demi-voix, mais il prit la main qui lui était tendue et suivit l'ace dans le bureau qui leur servait de chambre. Tooru partit se doucher en premier pendant qu'Hajime sortait les futons, puis il alla prendre une douche à son tour.
Lorsqu'il revint dans la pièce, son ami d'enfance était debout face au mur, contemplant la grande photo qui était encadrée et accrochée là.
"Qu'est-ce que tu fais ?", demanda-t-il en s'approchant pour regarder aussi. C'était une photo de Tomoe et Shougo à leur mariage. Hajime se souvenait bien de ce jour parce que c'était Tooru avait été garçon d'honneur, et que -bordel- il l'avait trouvé tellement magnifique dans son costume blanc.
"Iwa-chan, tu te souviens quand on était petits et qu'on avait demandé à Tomoe de nous apprendre à danser ?", demanda-t-il soudain sans quitter la photographie des yeux.
Le brun fronça les sourcils, "Nan, tu voulais qu'elle nous apprenne à danser. Tu disais que c'était parce qu'on ouvrirait le bal à notre mariage alors qu'on devait assurer."
Tooru hocha la tête avec un sourire rêveur, "Oui... Je le pense toujours."
Iwa le regarda bizarrement, mais le capitaine n'y fit pas attention. Il attrapa les poignets de son petit ami et le fit tourner, "Iwa-chan, dansons ensemble !", piailla-t-il avec excitation, un immense sourire sur les lèvres.
"Oi, arrête ! C'est absolument pas l'heure pour ça !"
"Mais je veux danser !", insista le châtain en gonflant les joues. Il plaça une main sur la hanche de son ami d'enfance, comme pour danser une valse.
"Lâche-moi !" Hajime abattit la tranche de sa main au sommet du crâne de l'autre garçon qui grogna d'inconfort, le forçant ainsi à le lâcher et à reculer pour créer une distance de sécurité et ne pas se faire encore frapper.
"Tu es méchant Iwa-chan..."
"C'est pas l'heure de danser, idiot !"
"Mai-"
"On aura plein d'autres occasions pour ça !", l'interrompit Hajime dont les joues commençaient à prendre une jolie pigmentation rosée.
Tooru cilla sans rien dire, l'air presque surpris, avant de sourire largement, "Oui !"
Ils auraient d'autres occasions de danser. Un jour, pensa Iwaizumi, il reverrait Oikawa dans un beau costume blanc, et ils danseraient au son d'une chanson d'amour, dans une grande salle décorée, entourés de tous leurs amis.
Un jour. Un jour...
Pas de preview pour le chapitre 9. sorry.
Et voilà !
Franchement, j'adore Tomoe. J'adore écrire ses interactions avec Tooru. Elle veut protéger son frère, mais le fait qu'elle soit trop réaliste a tendance à l'énerver et à créer des tensions.
Bon, j'espère que ce chapitre vous a plu. Il était plutôt calme et tranquille, et pas du tout prévu à la base. Mais je voulais mettre un chapitre de 'repos' pour nos protagonistes.
Maintenant, les mauvaises nouvelles !
Je ne sais pas quand sortira le prochain chapitre. Vraiment pas. Je l'ai écris de moitié, mais je pense sincèrement à tout effacer pour recommencer. En fait, je suis dans une période très difficile en ce moment, au niveau de mon écriture. Beaucoup de remise en questions, une très grosse perte de confiance en moi. J'ai l'impression que tout ce que j'écris est NUL. Mais genre vraiment nul. J'ai honte de ce que j'écris. J'arrive pas à trouver les mots justes, je trouve que c'est trop moche ou mal tourné, ou trop lourd ou ennuyeux et cliché. ça m'a déjà beaucoup bloquée pour ce chapitre que j'ai fini aux larmes et dans la souffrance. J'espère que ça se ressent pas trop..
Bref, j'arrive pas à écrire en ce moment. Du coup, je me fous une pression énorme qui n'arrange rien. J'ai peur que ça me dégoûte totalement, comme ça l'avait déjà fait pour une fiction que j'écrivais avant (40 chapitres pour abandonner par dégoût...). Bref, je me dégoûte, je me déteste, je déteste ce que j'écris, je déteste de ne réussir à rien.
Du coup, je sais pas. Je suis vraiment désolée, mais je crois que tant que j'aurais pas repris un peu de confiance, vous ne verrez pas la suite. J'espère que les vacances me feront du bien sur ce point et que j'arriverai à pondre quelque chose, mais c'est pas sûr...
Désolée.
En tout cas, merci aux personnes qui laissent des reviews ! ça m'aide beaucoup à ne pas totalement sombrer dans le désespoir. Vous êtes les meilleurs ! o/
Sur ce, bah... à un de ces quatre?
