Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Titre : Une erreur qui changera tout
Couple de cette fiction : Harry James Potter / Draco Lucius Malfoy
Rated : M
Type : Cette fiction est un slash (relation entre hommes d'ordre sexuel)
Situation : Cette fiction débute au 6ème tome.
Disclaimer : Il est évident que les personnages ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de J.K Rowling, je les lui emprunte juste pour m'amuser un peu.
PS : Oubliez l'épisode Cho Chang. Sirius Black est bel et bien mort, cette fiction commence à la sixième année d'Harry Potter et Severus Rogue sera nommé ici Severus Snape.
Béta correctrice : Vivi64
Note auteure : J'ai honte, un an sans update, mais bon, voici un autre chapitre. Cette fic n'est pas abandonnée, ni en pause, même si les chapitres sont longs à venir. J'espère que ce chapitre vous plaira, surtout que je suis en pleine dépression, donc je pense avoir réussi à écrire comme avant, sans en être sûre. Je vous laisse en vous souhaitant bonne lecture. Merci à tous pour vos reviews/mises en alerte. ^^
Ps : Merci Gloucky et pour répondre à ta question/compliment, c'est en projet... et déjà quelques ébauches, mais je tiens à finir d'abord ici mes histoires et me lancer pleinement ensuite ailleurs :-)
Note Vivi : Et moi je prends toujours autant de plaisir à corriger ^^ Bonne lecture
Chapitre 8
« Le temps passa et après l'effet de la potion, le silence envahit mes murs. Je ne sentis pas non plus la chaleur si habituelle dans mon dos, ni cette main sur mon ventre. Je me retournai et vis le vide.
Une grimace prit place sur mes lèvres, parce que même si je voulais me persuader du contraire, j'étais seul. Et je devais le rester pour garder mon enfant en vie.
Seul Potter pouvait me tenir compagnie et je devrais peut-être éviter de le mettre à la porte la prochaine fois.
Sentant le sommeil enfin venir, je fermai les yeux et me blottis contre l'oreiller de ce maudit Potter. »
POV Draco (Le lendemain - jeudi 09 octobre1996)
J'eus du mal à ouvrir les yeux, me sentant fatigué alors que j'avais dormi comme un loir. Je me levai quand même du lit, me souvenant qu'aujourd'hui j'avais pour mission d'insulter chaque Gryffondor à ma portée, mettant de côté le mensonge que j'avais dit à mes amis. Cette idée toute bête me donna une poussée d'énergie et tout en touchant une petite seconde mon ventre en guise de bonjour à mon fils, je filai à la salle de bains afin de me laver.
Une fois prêt, habillé, coiffé et mon sac de cours à l'épaule, je sortis de la chambre et rejoignis la salle commune. J'y vis plusieurs élèves, attendant que tout le monde soit là pour aller à la Grande Salle. Je pus voir Blaise me détailler et m'adresser un signe de tête que je lui rendis.
Il était un de mes amis, mais une partie de moi avait peur de ce qu'il ferait, s'il connaissait ma situation. Me dénoncerait-il à mes parents afin de remonter dans l'estime de sa mère, chose importante pour lui malgré que cette dernière le considère comme un meuble. Et son regard braqué sur moi dans les mauvais moments me faisait le prendre pour un ennemi, malgré tout.
Nous parcourions désormais les couloirs des cachots, et je devais dire que j'avais soudain une faim de loup. J'étais déjà démoralisé en pensant devoir me restreindre, sachant que j'allais être épié et analysé par un certain Serpentard. Une fois dans le Hall, nous aperçûmes une partie des rouge et or, précédée par le fameux trio d'or. Je ris, de manière à ce que ma voix soit froide et hautaine.
- Mais qui voilà ?! Une Sang-de-Bourbe, un Traître à son Sang et un Nid de Corneille. Tes parents ne t'ont définitivement pas appris à te coiffer, Potter.
Son nom était sorti de ma bouche comme une insulte et je vis dans ses yeux qu'il était blessé par mes paroles. Moi, j'étais fier d'y être arrivé sans perdre la face. J'avais quand même pleuré dans ses bras la veille.
- Et toi Malfoy, répondit Ron, tes parents ne t'ont pas appris à fermer ta grande gueule !
Sans attendre, il prit Granger par le bras, ainsi qu'Harry encore hébété pour les enjoindre à m'ignorer, ainsi que les autres Serpentard qui avaient aussi insulté les Gryffondor. Je fus déstabilisé, étant habitué à ce que le roux m'insulte jusqu'à la dernière minute.
Je suivis ensuite mon groupe d'amis jusqu'à notre table. Je m'y servis une tasse de thé et pris deux croissants, me disant que cela était assez banal pour ne pas donner plus de matière à réfléchir à Blaise. Je mangeai lentement, croyant ainsi rassasier ma faim jusqu'au repas de midi. Je me fis une petite note mentale de penser à aller voir l'infirmière en fin de journée, afin d'avoir d'autres potions.
Je n'avais jeté aucun regard à la table des rouge et or, et pris finalement comme tout le monde le chemin pour aller en cours. La matinée passa lentement, la fatigue étant revenue rapidement. Je devais faire un effort surhumain pour garder mon attention sur ce que disaient les professeurs. J'étais content de ne pas être distrait par Potter, car je pouvais sentir son regard. Il était juste derrière et sans attendre, je me retournai. Je lui lançai un regard noir mais ses yeux fixés sur le professeur m'apprirent qu'il ne me regardait même pas. J'en fus vexé au possible et lui écrasai le pied. Il gémit, et me lança un regard noir. Je lui souris, faisant l'innocent.
A la fin du cours, je rangeai mes affaires et sortis de la salle, sans plus un coup d'œil pour Potter. Je tombai sur une main tendue dans ma direction, tenue par un jeune Poufsouffle.
- C'est… c'est pour toi, enfin vous… euh…
Il me balança la missive quasiment au visage et se mit à courir à toute jambe. Je souris, heureux de faire encore peur aux jeunes élèves et pris le parchemin tombé à terre. Il était encore scellé et n'avait donc pas pu être lu. Je me mis à l'écart et lu le message. Il venait de Pomfresh me demandant de venir immédiatement à l'infirmerie, où un repas m'attendait.
J'en fus heureux, du fait que je n'aurais pas à me retenir de manger trois fois plus que ce que je me serais permis d'avaler et pris la direction non pas de la Grande Salle mais de l'infirmerie. Une fois sur place, je vis l'infirmière occupée en train de ranger l'étagère de potions. Je me raclai la gorge et elle se retourna.
- Ah, Draco mon garçon, suis-moi.
Elle marcha vers le fond de la pièce et tapota le mur. Je me demandai ce qu'elle pouvait bien faire mais je me tus, voyant une porte apparaître. Je rejoignis donc cette femme et entrai à sa suite dans la pièce.
- J'ai pensé que nous serions mieux ici, je n'utilise cette pièce qu'en de très rares cas.
Elle m'invita ensuite à prendre place sur le lit, ce que je fis aussi. Elle n'attendit pas pour me lancer tout une tripotée de sorts. Cette fois, par contre, je pus apercevoir un parchemin volant à ses côtés.
- Comment te sens-tu ?
- Un peu fatigué, mais ça va, répondis-je.
- Hum…
Elle cessa et parcourut le parchemin des yeux.
- Écoute Draco, je dois aller analyser cela, je vais te faire apporter ton repas. Je reviens dans quelques minutes.
Elle sortit et un elfe apparut, un plateau bien chargé dans les mains. Il déposa le tout sur une table au fond, que je n'avais pas vue, et disparut. Je me levai et pris place. Il y avait de la viande, des légumes, de la purée, du pain et même un dessert. J'en salivai et sans attendre, me servis généreusement.
Le temps se suspendit et ce fut le plateau vide qui me choqua et me fit revenir au présent.
Avais-je tout mangé ?
Je regardais soudain mon ventre, comme si agir de la sorte allait changer quoi que ce soit. J'étais un vrai ogre et si je ne cessais pas bientôt rapidement, j'allais devenir obèse, pire que Vincent ou Grégory. J'eus soudain encore plus peur de devenir moche, sachant que j'allais forcément grossir avec un bébé en train de grandir en moi. Je repoussai l'assiette, la fusillant du regard et repris place sur le lit.
Je me fis aussi la réflexion que l'infirmière prenait bien son temps pour revenir me voir et j'eus soudain peur. Son visage en entrant ne me rassura pas, même si une fraction de seconde plus tard, elle inondait la confiance et la bonne humeur.
- Je vois que tu as fini.
Elle prit place sur la chaise qu'elle appela d'un geste de sa baguette. Je m'enfonçai dans les draps, si c'était possible.
- J'ai plusieurs choses à te dire Draco et cela n'est pas facile.
Là, elle eut toute mon attention, alors que mes mains se posaient sur mon ventre, par dessus mes vêtements.
- Tu as dû remarquer que tu étais plus fatigué et cela va aller en s'empirant, j'ai vérifié les courbes.
- A quoi est-ce dû ?
Je me traitais d'idiot, cela devait forcément venir du bébé.
- Du bébé. Il se nourrit de ton énergie… et…
- Et ? Soufflai-je.
- Ta magie diminue aussi. Et cela m'a inquiétée plus qu'autre chose.
- Comment peut-il se nourrir de ma magie ?
Je savais depuis un certain âge, éducation des Malfoy oblige, que chaque sorcier avait un noyau de magie dès la naissance et que cela était une source qui ne pouvait qu'augmenter. Une fois qu'elle diminuait, cela n'inaugurait rien de bon pour le sorcier. Une maladie en était souvent la cause.
- Je ne sais pas, avoua-t-elle. J'ai contacté une de mes connaissances en Mongolie afin d'avoir plus de détails.
Je clignais des yeux, ne comprenant pas pourquoi… enfin, il devait bien y avoir un autre moyen plus proche pour ce genre de question, Sainte-Mangouste étant le premier auquel je pensais.
- Merlin Draco, je ne sais même pas comment te l'annoncer, murmura-t-elle en se pinçant le nez. Les résultats aux examens que je t'ai fait passer dernièrement sont arrivés. Et cela ne te plaira pas.
Elle sortit une potion de sa poche et me la tendit.
- C'est une potion calmante, bois-là s'il te plait avant toute chose.
Sans même penser dire quoi que ce soit, je la vidai d'un trait, me sentant déjà assez anxieux comme ça.
- Bon, comme tu le sais maintenant, le bébé se nourrit de ton énergie, ce qui en soit ne pose pas tant que ça de problème. Le souci vient du fait qu'il se nourrit aussi de ta magie. Pas grand-chose pour l'instant, mais assez pour m'alerter. Et cela me… me fait plus peur sachant le reste.
- Le reste, dis-je la voix cassée par tout ce stress.
- Les résultats sont irréfutables, Draco. Le fait que tu sois tombé enceint est enfin connu, tu es une créature magique.
Je secouai la tête, maigre geste pour tenter de me convaincre ne pas avoir entendu ce qu'elle venait de dire. Je sentis mes mains trembler, faisant en même temps s'écrouler mon monde.
- Calme-toi, dit-elle inquiète.
Elle me lança un sort et me força à m'allonger.
- Je ne sais pas encore laquelle, continua-t-elle semblant croire que plus vite elle me dirait tout, plus vite je me calmerais.
Comprenait-elle l'ampleur de ce qu'elle me disait ?
- Les résultats m'indiquent malheureusement une créature qui n'est pas courante.
- Courante ? Soulignai-je.
- Écoute mon garçon, cela signifie que tu n'es pas une créature que nous avons l'habitude de côtoyer.
Je fermais les yeux, tentant de me calmer et de prendre réalité de ses paroles. Cela voulait sûrement dire que je n'étais pas un Veela, ni un Séraphin. Les loups-garous étaient aussi à effacer.
- Suis-je un Elfe ? Demandai-je.
Cela était encore une créature magique assez noble. Mais elle secoua la tête.
- Draco, quand je te dis qu'elle n'est pas courante, c'est que nous n'avons plus eu de cas depuis des centaines d'années, voire même plus.
- Oh…
- C'est pour cela que j'ai contacté une connaissance en Mongolie. Cet homme s'y connait sur les anciennes créatures magiques et pourrait sûrement reconnaître l'identité avec les résultats envoyés, en gardant ton anonymat. Je n'en sais pas plus et devrait même peut-être quitter Poudlard pour aller sur place.
Je ne savais pas quoi dire face à tout ça, c'était trop gros, trop impossible. Tout le monde savait que les Malfoy étaient des Sang Pur. Je tentai soudain de me remémorer l'arbre généalogique des Malfoy, mais me rendis compte que s'il y avait eu véritablement un Traître à son Sang, il ne figurerait pas sur l'arbre. Je soupirai donc et tournai le dos à Pomfresh, vain espoir pour annuler et retirer toutes les horreurs qu'elle venait de m'apprendre. Elle dut comprendre mon geste, car j'entendis la porte se refermer.
Je ne savais même pas ce qui était le pire. Que je perde de la magie, si importante à mon bien-être, ou le fait d'être un monstre, sans même savoir lequel.
Mes parents étaient-ils au courant ? Et Severus, qu'en penserait-il si un jour il l'apprenait ? Je serais sûrement la honte de sa maison et assurément la honte des Malfoy.
Je somnolais, ne pouvant pas véritablement dormir avec tant de choses en tête, tout en sentant monter en moi petit à petit ce sentiment de colère.
Pourquoi tout m'arrivait ?
Le bébé ne suffisait pas à foutre ma vie en l'air, il fallait aussi qu'on m'enlève ma dignité, mon humanité ?
Me relevant en colère, je déboulai dans l'infirmerie, par chance vide, et fonçai vers le bureau. Pomfresh se leva de sa chaise mais je fus plus rapide, et tapai du poing sur le bois massif de son bureau, me faisant ainsi mal à la main :
- Je ne vous crois pas ! Vous mentez espèce de sale petite peste. Vous me mentez depuis le début ! C'est vos foutues potions qui me volent ma magie, et c'est…
Je me stoppai net dans ma tirade, voyant la surprise s'inscrire sur ses traits face à mes accusations. Mais ce qui me troubla le plus était cette pitié au fond de ses yeux.
- J'aimerais que tout soit vrai Draco, que je sois responsable de tout ça, rendant les choses plus faciles et le plus important, moins dangereuses. Mais le fait est…
Elle lança un sort de silence dans la pièce et continua :
- Le fait est que tu es enceint, Merlin sait pourquoi et comment c'est possible. Sans oublier ta magie qui a diminué suffisamment pour m'alerter. Et pire que tout pour toi, que tu sois une créature magique. Je suis navrée pour tout, mais cela est la vérité. Souhaites-tu que je fasse appeler quelqu'un ? Tes parents ? Severus ?
- NON !
POV Harry
Malgré le fait que Draco ait agi comme avant envers moi, cela ne m'enleva pas mon appétit. J'avais l'impression que ce dernier était revenu depuis que je savais avoir un bébé, un fils.
Je souris, bêtement, tout en portant la fourchette à ma bouche et pus voir le regard intrigué de ma meilleure amie. Elle sourit à son tour et regarda Ron manger comme à son habitude, se foutant royalement des bonnes manières. Mais qui pouvait le juger ? Il avait faim, il mangeait, point final.
Et puis, j'avais été surpris qu'il nous sépare suite à l'altercation avec les Serpentard, mais il nous avait soufflé une fois hors de vue qu'il l'avait fait pour que je puisse respecter ma promesse faite au directeur. Hermione avait regardé Ron les yeux plein d'étoiles et d'amour. Quand l'un ou l'autre ferait le premier pas ?
- Je n'ai pas envie d'avoir cours cette après-midi, bougonna mon ami.
- Ron, arrête de faire l'enfant.
Hermione se leva, énervée contre Ron, et ajouta en nous pointant du doigt :
- Je vais à la bibliothèque, j'espère pour vous que vous irez en cours !
Nous rîmes et finîmes de manger. Ayant tous deux peur du courroux d'Hermione, nous marchâmes, la mort dans l'âme, vers le prochain cours. Je fus surpris de ne pas voir Draco et me demandai s'il avait été aussi absent pendant le repas, n'ayant pas une seule fois regardé sa table.
Mais je n'eus pas le temps de me poser plus de questions, le cours commençant.
Je soufflai, les cours étant enfin finis. Draco n'était pas venu au cours commun et je commençais à m'inquiéter. Je me hâtai, tout en restant avec mes amis, de me rendre à la tour, pouvant une fois là-bas regarder où il était. S'il était à l'infirmerie, nul doute que je quitterais la salle commune pour l'y rejoindre au plus vite, mais si je le voyais dans sa chambre, je me forcerais à ne pas le rejoindre trop vite, afin que mes amis ne doutent pas de moi.
- Harry, es-tu pressé ? Entendis-je Hermione.
Je ralentis mon pas et la regardai, innocemment.
- Non, pourquoi une telle question ? Demandai-je.
- Pour rien, tu marches juste assez vite, expliqua-t-elle une pile de livres dans les mains.
Fallait-il que je l'aide ? Je n'eus pas à faire un geste que Ron le fit à ma place et demanda :
- Pourquoi n'as-tu pas lancé de sort de lévitation ?
- Je ne sais pas au juste, sourit-elle contrite à ne pas y avoir pensé elle-même.
Nous ne dîmes plus rien, moi m'obligeant à garder leur allure. Une fois enfin dans la salle commune, je dis :
- J'arrive, je vais me rafraichir.
- Comme tu veux, souffla Ron en prenant la direction des fauteuils vides devant la cheminée après avoir déposé les livres sur une des tables.
Hermione alla vers cette dernière et y prit place, commençant déjà à travailler.
Une fois dans le dortoir, qui était vide, j'allai droit vers la malle et en sortis la carte. Voyant Draco dans sa chambre, bougeant, l'inquiétude partit et, rassuré et me promettant de ne pas oublier le chocolat, je rangeai la carte et passai par la salle de bains afin de me rafraichir un peu le visage, histoire ne recevoir aucune question.
Je rejoignis ensuite mes amis et passai la soirée avec eux. Cela me fit du bien, même si Ginny, une fois arrivée, me lança des regards qui m'auraient tué sur place. Je culpabilisais, mais en même temps, ressentant ces choses pour Draco que je devais taire, je n'arrivais pas à m'en vouloir autant.
Une petite heure plus tard, elle vint vers moi et me demanda si on pouvait parler. Je ne pus qu'accepter, réalisant soudain que nous étions encore ensemble, n'ayant ni l'un ni l'autre rompu officiellement. Je déglutis, me rendant compte que je ne voulais plus rien faire avec elle. Elle m'emmena dans une salle vide et croisa les bras.
- Tu te rends bien compte que tu agis en salaud depuis ce jour-là ? M'ignorant et ne venant même pas t'excuser.
J'ouvris et refermai la bouche, vu que c'était la stricte vérité.
- Je pense que nous n'avons plus rien à nous dire Harry, tout est fini.
Elle allait partir et se ravisa.
- Qu'ai-je fait de mal ? Demanda-t-elle tout à coup, une colère visible dans les yeux.
- Je ne sais pas, je pense que c'était une erreur de nous mettre ensemble, je ne suis pas…
Je cherchai ce que je pouvais donner comme excuse, quand une en particulier me parut bonne.
- Dumbledore m'a annoncé une mauvaise nouvelle et… et je me suis rendu compte que je préférais rester seul, pour le moment.
Elle parut le croire et sortit, sans plus un regard envers moi. Je soupirai alors de soulagement, ne voulant vraiment plus la toucher ou même l'embrasser. Je devais accepter l'évidence que seuls les garçons m'attiraient.
Je quittai moi aussi la pièce et retournai dans la salle commune où Hermione m'accapara pour que je fasse mes devoirs.
OoOoOoOoO
Je marchais en direction des cuisines, devant y prendre de quoi me faire pardonner par Draco. J'avais encore en mémoire sa gifle, mais aussi son pied écrasant le mien en cours.
Avant, je lui aurais lancé un sort ou des injures, mais maintenant, depuis le bébé et tout le reste, je ne pouvais pas m'y résoudre. Je souris, sous ma cape, le couvre feu étant passé.
Penser à Draco faisait monter en moi une sorte… de sentiment positif, autre que sexuel. Je l'appréciais et j'espérais qu'il en faisait autant. Étrangement, le fait qu'il me haïsse me ferait du mal… Était-ce parce qu'il attendait notre enfant ?
Notre…
Même ça, je l'acceptais comme si c'était normal, normal qu'un garçon attende mon enfant, un Serpentard, un Malfoy… Le Malfoy. Draco…
Me sentant rougir à cette simple pensée, je pressai le pas et bientôt chatouillai la poire afin d'accéder aux cuisines. J'y demandai du chocolat en tablette, ne voulant pas m'affubler de chocolat fondant, même si le souvenir de Draco mangeant ses fruits fit monter en moi la température.
Secouant la tête et prenant ce que l'elfe me tendait, je pris finalement le chemin de la chambre de Draco. Une fois devant, je prononçai le mot de passe. Je ne m'étais pas attendu à voir un tel ravage.
La chambre était sens dessus dessous, les meubles à moitié détruits, les habits éparpillés. Un vrai bordel en somme. Et Draco au milieu de tout ça, le regard rempli de colère, les traits tirés… de colère.
Je pouvais affirmer au regard qu'il me lançait, comme s'il m'avait attendu tout ce temps, qu'il était bel et bien en colère.
- Euh… salut, murmurai-je ayant subitement envie de fuir.
Je ne m'étais pas attendu à ce que mon rire de la veille le mette dans cet état.
Il rugit comme un animal et fonça sur moi. J'en tombai à la renverse, me faisant mal au crâne. Je reçus un coup de poing en plein ventre et ensuite, une paire de mains m'étrangla.
Que lui arrivait-il ?
J'espérais qu'il me lâche, mais m'apercevant qu'il serrait vraiment, je nous fis basculer et inversai nos positions. J'étais à présent sur lui, mais ses mains étaient toujours agrippées à mon cou, me faisant souffrir. Je fus donc forcé de lui donner un coup au visage, et réalisai que je lui avais sûrement cassé le nez.
Il daigna me lâcher et toucha son visage, rouge de colère.
- Comment as-tu osé ? Demanda-t-il.
Hein ?
Il m'agressait, comme ça, sans une bonne raison et c'était…
Je soufflai et me levai, tout en m'éloignant de lui. Je devais à tout prix garder ma colère, pour le bébé.
- C'est de ta faute Potter ! Rien de tout cela ne serait arrivé sans toi. Tu m'entends !?
Je reçus une gifle retentissante et ma joue fut douloureuse, au point que les larmes me montèrent aux yeux.
- Mais qu'est-ce qui te prends, m'emportai-je en le repoussant violemment, manquant de le faire tomber.
- Tu te prends pour qui ? Continuai-je. Je ne suis pas une chose, je suis humain ! Tu n'as pas à te comporter de la sorte avec moi, juste pour un foutu rire.
- Tu ne comprends pas Potter, tomba-t-il soudain à genoux, pleurant à chaudes larmes.
Je restai interdit, face à ce brusque changement d'émotion, une fois de plus. Cela allait me rendre fou, complètement. Je me mis à genoux.
- Je t'ai pris du chocolat, plaidai-je en lui montrant.
Il me regarda une seconde, pleurant toujours, avant de fondre encore plus en larmes, tout en se griffant le visage. Je pris tout de suite ses mains dans les miennes et il me repoussa, au point que j'en tombai à la renverse une fois de plus. Ma tête cogna à nouveau le sol dur et froid et je gémis.
- Je suis un foutu monstre, un monstre Potter. Tu as fait de moi un monstre… un monstre…
Je me relevai et vis son visage baigné de larmes.
Il n'était pas un monstre, non. Ses yeux si magnifiques maintenant, même emplis de larmes, leur profondeur et la sincérité ne faisaient pas de lui un monstre. Sans pouvoir me retenir, je posai mes lèvres contre les siennes, et reculai ensuite, surpris par mon geste.
Il cessa de respirer une fraction de seconde et je murmurai, sans savoir quoi dire d'autre :
- Tu ne seras jamais un monstre…
- Tu m'as embrassé ?
Je rougis et ne sus pas si je devais être content qu'il ne pleure ni ne me frappe. Oui, je l'avais embrassé mais le faire et répondre à la question était trop différent et compliqué.
- Peu importe, dit-il en se levant. Cela ne change rien.
Je l'entendis renifler. Il fila à la salle de bains, me laissant là. Je me relevai et sans attendre, décidai de remette tout en ordre. Je lançai sortilège sur sortilège afin de remettre tout à sa place, mais aussi de réparer ce qui avait été cassé, ou plutôt détruit.
Je m'assis ensuite au bord du lit, ne sachant pas comment me comporter maintenant que je l'avais embrassé. Je me laissai tomber en arrière, posant la main sur mes lèvres. Je l'avais fait… j'avais osé le faire serait même plus exact. Je rougis à l'idée de faire autre chose…
Toutes les choses que j'avais rêvées, souhaitées, imaginées. Toutes ces choses que j'avais eues envie de faire à Draco ou qu'il me fasse.
Je stoppai mes pensées et me morigénai. A trop y penser, je risquais de réagir, et c'était la dernière chose que je voulais en ces lieux. Bander pour Draco dans ma douche était une chose, bander pour lui ici dans sa chambre… était trop…
Je fus interrompu par la porte de la salle de bains s'ouvrant. Je me relevai et vis Draco, habillé d'un pyjama.
- Si tu veux te laver, la salle de bains est libre.
Je pus voir ses yeux rougis et pensai qu'il avait dû pleurer de nouveau sous la douche. Je me levai, et tout en allant prendre mon pyjama laissé ici la veille, filai dans la pièce. Je m'y lavai en vitesse et retournai ensuite affronter le Serpentard.
Je fus surpris de le retrouver endormi, serrant l'oreiller que j'utilisais quand je dormais ici. Je souris face à cette vue et me rendis compte qu'en plus il n'y avait aucun battement de cœur, signifiant qu'il n'avait pas mis l'onguent avant de sombrer.
Attendri, je marchai jusqu'au lit, tout en lançant un sort afin d'éteindre les bougies flottantes. Je n'en laissai qu'une ou deux, et me glissai ensuite sous les draps. Je dus pousser Draco afin de pouvoir être plus ou moins bien placé et me mis ensuite à le regarder, là, dormant.
Je ne pus empêcher ma main d'aller caresser ses cheveux, à défaut de son ventre hors de portée. Je ne m'étais donc pas attendu à ses yeux s'ouvrant sur moi.
Je retirai la main prestement, et éloignai mon corps du sien le plus possible, sans toutefois me faire tomber du lit.
- Je ne suis plus rien Potter…
- Que veux-tu dire par là ? Demandai-je content qu'il ne parle pas de ma caresse, ni du baiser.
- Sais-tu pourquoi je suis tombé enceint ?
Je secouai la tête négativement.
- Parce que je suis une foutue créature magique.
Il aurait pu le dire avec haine, mépris… colère, mais il n'avait prononcé ces mots qu'avec peine et tristesse.
- Tu veux dire que…
Je devais avouer que je ne m'y étais pas attendu à celle-là. Draco, une créature magique.
- Je suis un monstre… le bébé sera un monstre.
Il essuya ses yeux, sûrement prêt à pleurer.
- Tu es quoi ?
Je devais avouer que j'étais curieux.
- Je ne sais pas, Pomfresh non plus, elle doit chercher.
Je me mis à le regarder, tentant de trouver par moi-même, alors que je savais cela impossible. Puis ses mots me revinrent.
- Cela ne fait pas de toi un monstre. Tu n'es pas différent d'avant, le rassurai-je.
- Vas-tu encore m'embrasser pour me le faire comprendre ?
Tout ce que je pus répondre, fut le silence. Draco serra les dents et je m'attendis presque à recevoir sa colère une fois de plus.
- Tu vois, tu ne prends même plus la peine de répondre. Dégage !
- Pardon ?
- Je t'ai dit de dégager Potter, je ne veux pas de toi ici.
Il me poussa hors du lit, et c'en fut trop. Me redressant, le dos et le postérieur endoloris, je le menaçai de ma baguette, la rage au bord des lèvres.
- J'en ai marre de faire les frais de ta putain de colère Malfoy ! Je t'ai embrassé oui, et je m'en excuse. Pourquoi je l'ai fait, parce que j'en avais envie, alors ta gueule et va te faire foutre !
Sans plus attendre, je sortis de la pièce tout en claquant la porte. La rage avait pris possession de mon corps et ma main tremblait comme une folle autour de ma baguette. Je me sentais apaisé et en même temps excédé par ses agissements.
Qu'il découvre être une créature magique n'était pas la fin du monde… En même temps, pour un garçon prônant le Sang Pur, cela devait être une malédiction.
Saleté de Malfoy et saloperie de merde de sautes d'humeur.
Puis je me calmai aussi vite que c'était monté et m'aperçus que j'étais dans un couloir des cachots, vide de tout Serpentard Merlin merci, en pyjama, sans ma cape.
Je prononçai à nouveau le mot de passe et entrai.
POV Draco
Je cessai tout mouvement, surpris qu'il soit revenu.
- Oh… euh…
Le voir balbutier me fit rougir de honte. M'avait-il entendu murmurer son prénom, par dessus le marché ?
Ses yeux fuyants ne me rassurèrent pas, alors qu'il ne voyait rien en soi, les draps me couvrant malgré tout. Et Salazar, pourquoi restait-il alors qu'il avait remarqué mon occupation ?
Sans rien dire, il fila à la salle de bains en claquant la porte. Je me demandai ce qu'il pouvait bien faire quand des gémissements atteignirent mes oreilles.
Il… Non…
Il se masturbait… là, dans ma salle de bains ?
Sans attendre, je repris mon activité, mon sexe n'ayant pas débandé malgré son irruption. Je fermai de nouveau les yeux, oubliant tout et m'en foutant royalement qu'il entre à nouveau. Sa colère m'avait excité, alors qu'il revienne me crier dessus était le cadet de mes soucis. Et puis, il devait être aussi excité que moi, au vu des cris qu'il poussait.
Je ne fus pas long à venir, l'entendant gémir comme ce jour-là, celui qui avait été dans ma tête au moment où j'avais eu envie de me soulager.
Je reprenais à présent mon souffle, fatigué… énormément. J'eus quand même la force de me lancer un sort de nettoyage. Et maintenant, j'attendais, gêné tout de même. Il m'avait pris en flagrant délit de masturbation. Mais bon, il devait être aussi gêné que moi, et ne souhaitait sûrement pas sortir de la salle de bains, endroit d'où avaient cessé les gémissements.
J'entendis soudain la porte s'ouvrir et ensuite, je sentis une présence près de moi. Je tournai la tête et le vis, les joues rouges comme sa maison. J'eux envie de rire et même me moquer, mais je n'étais pas mieux que lui.
- Bonne nuit.
Il se tourna, me montrant son dos et là, j'eus vraiment envie de crier. Ce petit con osait me parler comme ça dans ma chambre, mais étant trop fatigué, ma colère ne s'extériorisa pas et je tournai moi-même le dos à ce foutu Gryffondor. Le sommeil fut rapide et j'eus soudain un manque, celui de sa main sur mon ventre.
OoOoOoOoO
Deux jours s'étaient écoulés depuis l'incident et ni moi ni Potter n'en n'avions parlé, ni du fait que j'étais… une créature magique. Je n'avais pas non plus expliqué à Potter que le bébé se nourrissait de mon énergie et plus grave ou inquiétant, de ma magie.
Je préférais le garder pour moi… j'avais le pressentiment que cela n'allait pas arranger les choses. Potter pourrait vouloir me suivre toute la journée avec une potion énergisante ou quelque chose comme ça.
Et puis, j'avais plus important sur les bras, hormis le fait que je sois un Traître à mon Sang. Et puis m'occuper uniquement de ça m'aidait à mettre de côté l'horreur de ma nature.
Mon désir pour Potter, ce binoclard qui hantait mes fantasmes.
Nous étions samedi et bien que je fusse dans la salle commune, devant le feu de cheminée à écouter mes amis, ou plutôt faire semblant d'écouter mes amis, je pensais à ce soir, quand Potter viendrait.
- Tu es d'accord avec moi Draco ?
- Hum… oui Pansy.
- Traître, dit Théodore avant de sortir de la salle commune.
Je secouai la tête et regardai Pansy, qui jubilait d'avoir eu mon appui pour je ne savais quoi.
- Bon c'n'est pas tout ça, mais une Serdaigle m'attend pour aller à Pré-au-Lard, annonça Blaise avant de partir lui aussi.
Ne voulant pas être seul avec Pansy, je me levai expliquant que j'avais des devoirs à finir. Je me rendis donc à ma chambre et trouvai Potter en pleine lecture.
- Prends tes aises, dis-je en retirant ma cape.
- Merci, marmonna-t-il.
- C'était sarcastique Potter. Il faut que tu cesses de venir ici comme si c'était ta chambre.
- Oh, désolé. Je ne savais pas que ça te dérangeait.
Il posa son livre et expliqua :
- Hermione a trouvé bizarre que je m'entraine chaque soir et que la journée où je n'avais pas cours, je puisse me reposer. Je lui ai donc annoncé que je devais y aller, et ne pouvais venir qu'ici.
- Très bien, mais évite de me déranger.
Je m'assis au bureau et terminai les devoirs que je devais vraiment finir avant lundi. Je lus les chapitres que nous avions vus en classe et commençai ensuite la dissertation, tentant de répondre mentalement à chaque question essentielle. Le temps passa, trop vite à mon goût, mon dos devenant douloureux. Je cessai tout, une fois le point final posé. Je soupirai et rejetai la tête en arrière.
- Draco ?
Je pivotai la chaise et vis que Potter me regardait.
- Quoi ? Aboyai-je presque.
- Rien, affirma-t-il se levant.
Il prit sa cape avant de quitter la chambre et j'en fus presque soulagé. Je profitai d'être seul pour m'installer sur le canapé, afin de me reposer un peu. Ce fut un souffle sur mon visage qui me réveilla. J'ouvris les yeux pour m'apercevoir que le visage de Potter était à quelques millimètres du mien. Sans rien dire, il posa sa bouche sur la mienne, et se recula ensuite.
Voyant sûrement que je ne le giflais pas, trop surpris que j'étais, il recommença, restant plus longtemps. Mais il se recula aussi, gardant toujours son regard dans le mien.
- Encore ?
Sa question me désarçonna et ne sachant quoi répondre, je ne répondis justement rien. Sa bouche toucha une troisième fois la mienne, mais je sentis cette fois sa langue. J'aurais voulu reculer, proférer des insultes, mais j'ouvris seulement les lèvres afin de lier nos langues dans un baiser un peu moins chaste.
Je me rendis compte que comme la première fois, même si je n'avais pas une goutte d'alcool dans le sang, je pouvais dire que Potter embrassait fichtrement bien.
Il recula au bout d'interminables minutes, sûrement pour respirer. Il était rouge et ses lèvres l'étaient également. Ses cheveux étaient encore plus désordonnés, mais je me rendis compte que mes doigts y étaient emmêlés.
- Merlin…
Ca n'avait été qu'un simple murmure, avant que le vide ne se fasse. Je me redressai et vis juste à temps Potter prendre possession de la salle de bains.
Il n'allait quand même pas fuir à chaque baiser ? Comment aller plus…
Je stoppai mes pensées, choqué moi-même. Je venais de me rendre compte qu'en plus de fantasmer sur Potter et moi couchant ensemble, je le voulais aussi. Je m'assis sur le canapé et me pris la tête entre les mains.
Ca ne pouvait qu'être le bébé qui m'envoyait des émotions, des désirs. J'entendis soudain des pleurs et la culpabilité grandit en moi, pour je ne savais même pas quoi.
Je n'avais rien fait… cette fois-ci.
Je me levai et partis frapper contre la porte de la salle de bains.
- Potter, ouvre-moi.
Il n'en fit rien et idiot, j'essayai au moins d'ouvrir. Comme je venais de le penser, elle n'était pas fermée à clé. Je vis Potter, assis sur la planche des toilettes, en pleurs.
- Laisse-moi Malfoy, s'il te plait.
- Pourquoi ? C'était juste un baiser, tentai-je.
- Ce n'était pas que ça…
Je restais interdit face à ses mots si vrais en fin de compte.
- Veux-tu que je parte ? Demanda-t-il après un temps indéterminé.
Je secouai la tête et pris le chemin de la chambre. Je me rendis au lit, retirai mon pull ainsi que ma chemise, mon pantalon, restant en boxer. Je me glissai ensuite sous les draps et soufflai :
- Potter, viens.
POV Harry (Même jour - samedi 11 octobre 1996)
Que devais-je faire ? Qu'est-ce que ça voulait dire ?
L'embrasser parce que qu'il n'avait pas arrêté de le demander dans son sommeil était une chose, mais le rejoindre sous les draps en fin d'après-midi, en était une autre.
Mais une petite voix en moi, comme celle qui avait failli lâcher un « prends-moi Draco » à la fin du baiser, me dit d'y aller. Ce que je fis, enlevant moi aussi mes habits, ne restant qu'en sous-vêtement.
Une fois sous les draps, je restai silencieux.
- Pourquoi m'as-tu embrassé ? Demanda-t-il calmement.
- Parce que tu l'as demandé, répondis-je.
Il se tourna, se plaçant sur le côté et j'en fis de même.
- Je ne t'ai rien demandé Potter.
- Si, dans ton sommeil.
- Oh…
- Désolé, je n'aurais pas dû, murmurai-je conscient que c'était dans son sommeil et pas en réalité qu'il en avait fait la demande.
- Et la première fois ? Enfin, l'autre jour.
- Suis-je obligé de répondre, soufflai-je regardant par-dessus son épaule.
- Je ne dormais pas… alors pourquoi ?
Je sentis les larmes couler, je n'avais que trop longtemps refouler ces envies.
- Parce que j'en avais envie Draco.
- Est-ce à cause de moi ?
- Comment ça ? Le questionnai-je ne comprenant pas sa question.
- As-tu envie d'embrasser les garçons à cause moi, le jour de la rentrée.
Je ne répondis pas, trop honteux. Je n'arrivais toujours pas à digérer le fait que je veuille faire ces choses-là avec un garçon. Mais l'expérience avec Ginny et mes rêves m'avaient convaincu.
Je sentis tout à coup une bouche contre la mienne et sans réfléchir, j'entrouvris les lèvres. Le baiser était différent, plus agressif que sur le canapé mais pas violent. Plus masculin qu'avec Ginny en tout cas et meilleurs même que ceux de la rentrée.
Bien vite, le manque d'air se fit sentir et je dus reculer afin de respirer un minimum.
Je vis Draco, les yeux ancrés aux miens, un léger sourire aux lèvres.
- Je te propose un marché. J'ai des besoins que je ne peux plus combler avec les filles au vu de mon ventre déjà un peu arrondi, et toi… eh bien, si j'ai bien vu, tu préfères les garçons et je te vois mal aller en draguer un. Qu'en dis-tu ?
Il avait parlé d'une traite, démontrant qu'il avait peur de ma réponse. J'eus la sensation d'avoir le dessus sur lui, même si en somme, c'était lui qui l'avait. Je réfléchis quelques secondes à sa proposition tentante.
- Et pour le bébé ?
- Comment ça « pour le bébé » ? Demanda-t-il, ne s'étant pas attendu à cette question.
- Si on… on fait des choses ensemble et que ça doit s'arrêter, comment vont se passer les choses entre nous pour le bébé ?
- Rien ne changera, si on doit s'arrêter, on en reviendra à une entente cordiale.
- N'es-tu pas dégoûté de faire ça avec moi ? Demandai-je.
- On l'a déjà fait… vu que je suis enceint. Rien de nouveau donc et je dois t'avouer que mes hormones avec le bébé commencent à devenir gênantes.
- Est-ce que tu seras… hum…
Je me tus, rougissant soudain. Mais je pouvais me rappeler la douleur de la première fois et je voulais bien faire des choses avec lui, mais pas aussi douloureuse. Mais comment lui dire ? Je me trouvais déjà nul de le penser, j'étais un garçon après tout et je me faisais l'effet d'une fille.
- On peut juste se contenter de baisers et de masturbation, si tu veux…
Cela me rassura et sans attendre plus longtemps, je fondis sur sa bouche. Je sentis ses lèvres me laisser le passage alors qu'il me rapprochait de lui.
Avais-je pris la bonne décision ?
Mon cœur battant la chamade me disait oui, mais pour combien de temps ?
Le reste ne fut plus que gémissements et soupirs. Je me rendis aussi compte que toucher son sexe ne me répugnait pas et me demandais même ce que lui ressentait à me toucher à cet endroit. Les hormones le travaillaient-elles à ce point, au point de toucher un autre garçon ?
Mais comme il l'avait dit plutôt, nous avions fait bien pire.
J'étais à présent sur le dos, la main sur le cœur, tentant de reprendre une respiration normale… si c'était possible après le plaisir que je venais de ressentir. Un plaisir sans alcool. Sans oublier que ce n'était pas ma main qui m'avait fait ressentir ça, mais la sienne, si douce, si chaude.
- Si tu veux l'entendre, tu vas devoir le faire toi-même, je suis exténué, entendis-je d'une voix ensommeillée.
Je tournai la tête et le vis là, les joues rouges, le torse couvert de sueur. Il avait les yeux fermés et semblait même déjà partir dans les limbes du sommeil. Comprenant ce qu'il avait voulu me dire, je choisis de lancer avant tout un sort de fraicheur sur chacun de nous, afin de nettoyer le… enfin, vous savez.
Je sortis ensuite du lit, encore groggy. Je me dirigeai vers la petite caisse posée dans un coin et pris une fiole d'onguent. Je regardai ensuite la porte de la salle de bains et décidai d'aller vider ma vessie. J'étais aussi un peu fatigué et une petite sieste n'était pas de trop. Une fois les mains lavées, je fermai la porte et marchai jusqu'au lit, où Draco dormait à poings fermés. J'appliquai l'onguent sur son ventre si chaud. J'en profitais pour le caresser là où reposait mon fils…
Je fermai les yeux, m'imaginant avec un petit garçon, jouant au ballon ou essayant de voler. Il était mignon, nul doute, avec Draco comme père, il ne pouvait qu'être beau.
Je revins au présent et décidai de m'allonger près du blond, tout en gardant la main sur son ventre. Le sommeil ne fut pas long à venir. Ce fut des coups qui me réveillèrent. Je fus long à émerger, malgré les cris. Puis je reconnus la voix et ce qu'elle criait. C'était Draco qui me suppliait de ne pas lui enlever son fils, qu'il n'était pas un monstre, qu'il pouvait garder son enfant. Sans attendre, je caressai ses cheveux, tentant de le réveiller. Il écarquilla soudain les yeux, se redressant la peur inscrite sur le visage. Il regarda la pièce, comme s'il voulait se faire comprendre qu'il était dans sa chambre à Poudlard et non dans son cauchemar. Il s'aperçut ensuite de ma présence à ses côtés et me regarda…
- Tu ne ferais jamais ça, n'est-ce pas ?!
- Quoi que tu sois, jamais je ne te prendrai l'enfant, le rassurai-je.
Il rit, d'un rire empli de doute et de peur avant de rétorquer :
- Même si j'étais un Loup-garou, tu me laisserais ton fils ? Cesse de mentir Potter !
Il repoussa ma main et allait sûrement dire autre chose, mais je le coupai :
- Un des meilleurs amis de mon père était un loup-garou et jamais il ne lui a fait de mal. Remus Lupin est un homme en qui j'ai toute confiance et je suis certain que tu ne feras jamais de mal au bébé.
Et j'en étais sûr. Draco avait déjà trop d'amour pour cet enfant pas encore né, certainement plus que moi, même si je l'aimais déjà.
- Dans mon rêve, tu me l'enlevais en prétextant que je n'étais plus qu'un monstre, souffla-t-il.
- Ca n'arrivera pas. Si quelqu'un doit avoir peur qu'on lui prenne son enfant, c'est moi. Qui me dit que tu ne fuiras pas pour le donner au camp adverse, une fois la guerre déclarée.
- Parce que là, je serais vraiment un monstre, répondit-il la voix posée.
- Alors, cela veut dire que tu n'en es pas un en ce moment, le rassurai-je une fois de plus.
- Tu as sûrement raison, même si j'ai encore du mal avec ça. Potter ?
- Hum quoi ? Demandai-je m'étant réinstallé.
- J'ai soif, t'as pas envie d'aller me chercher du jus de citrouille, ou encore mieux, du jus de pomme. Avec aussi un croissant ou deux, et un peu de purée…
Sans râler, et souhaitant qu'il n'allonge pas la liste, je me levai à la hâte, m'habillant sommairement, enfilai la cape puis sortis de la chambre.
Malfoy… enfin, Draco était de retour et étrangement, ça me rassura. Après ce que nous venions de faire, sobre, rien n'avait changé.
Voilà,le chapitre 8 est publié. Il fait 22 pages et 7.315 mots.
Il s'est fait attendre, pardon.
Merci une fois de plus à tous ceux qui continuent de me suivre malgré l'attente.
Et j'espère que ce chapitre vous a plu. Pour la nature de Draco ne cherchez pas, c'est une créature inventée par moi *-* J'ai trop hâte de vous la faire connaitre, avec les conséquences.
A très bientôt et n'hésitez pas à me laisser une review avec votre avis, ça fait toujours plaisir. Si tout va bien, un autre chapitre arrivera vers avril.
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 8 publié le 23 janvier 2013
