SAVE YOU

Pov Alice

Je crachais le venin de ma bouche, le vampire que Maria avait mit sur moi me torturait depuis des jours et même si la plupart de mes blessures se refermaient rapidement, j'avais perdu beaucoup de venin et je commençais vraiment à m'affaiblir. Jamais je n'aurais imaginé qu'il était possible de souffrir à ce point en étant immortel, mais malgré cela, je ne pouvais pas regretter. Jasper était à présent loin de cet enfer et c'est tout ce que je voulais.

Je savais qu'au fond, il devait y avoir un résidu de l'humanité qui l'avait jadis habité. Jasper avait été un homme doux et bon, j'étais sur que l'éloigner de Maria suffirait à éveiller son humanité et avec un peu de chance, peut-être pourrait-il être heureux? Bien sur, dans mes fantasmes, il était heureux avec moi, mais j'espérais sincèrement qu'il trouve quelqu'un pour l'aimer, quelqu'un qui lui ferait oublier les ténèbres dans lequel l'avait plongé Maria.

- Alors, Alice, est-ce que tu t'amuse? Me demanda Maria en apparaissant devant moi. Sérieusement, est-ce que le major mérite ce que tu supporte en ce moment même?

- Évidemment, soufflais-je faiblement. Mais c'est quelque chose que tu ne seras jamais en mesure de comprendre, il faut un cœur pour ça

J'étais tellement affaiblis que je sentais à peine la piqure de sa main rentrant en contact avec ma joue. Cette femme était folle, elle était incapable de ressentir quoi que ce soit et j'avais presque pitié pour elle.

- Si pathétique! Grogna-t-elle

- C'est toi qui est pathétique, Maria. Tu n'as pas idée de ce que tu rate...

- Ce que je rate? Répéta-t-elle en souriant sombrement. Tu veux dire la torture?

- Je veux dire l'amour, l'abandon de soi. Je suis prête à tout supporter, il est en sécurité loin de toi et c'est tout ce qui compte!

Elle poussa un rugissement haineux, apparemment, elle n'appréciait pas le fait que j'ai amputé son armée de ses deux meilleurs soldats. Son visage passa brusquement de la colère à l'amusement, puis elle se tourna vers le garde chargé de me torturer et celui-ci hocha la tête à son ordre silencieux.

- On va voir jusqu'où tu peux résister, tu finiras par me dire où ils sont, Alice

- Je ne sais pas où ils sont! Grognais-je. Je suis trop faible pour avoir des visions!

Cela n'était qu'un demi mensonge, je savais où ils étaient, mais je ne parvenais plus à avoir de vision, j'étais beaucoup trop faible pour ça. Je n'avais plus qu'à espérer mourir rapidement en priant pour que celui qui occupait mon cœur depuis tant d'années ne recroise jamais la route de cette sorcière, parce qu'à ce moment là, je ne serais sans doute plus là pour le sauver.

Au moment ou le vampire avança vers moi, je fermais les yeux en attendant bien gentiment ma fin, espérant naïvement que celle-ci ne serait pas trop douloureuse. Mais lorsque j'entendis un bruit de vêtement déchiré, je rouvrais instantanément les yeux pour découvrir le monstre à moitié nu devant moi, Maria m'adressa un clin d'œil visiblement très amusé par mon expression et elle me laissa seule avec le garde qui se léchait les lèvres en prévision.

- Tu vas adoré, salope, me promit-il en souriant

Il écarta mes cuisses sans ménagement, se pencha pour cracher son venin sur moi et la seconde d'après, il me martelait si fort que je crus que j'allais mourir déchiré par ses coups.

Ce fut la pire des tortures, d'autant que celle-ci dura des heures, à un moment, alors que j'avais toujours crus cela impossible, je finis par plonger dans les ténèbres.

Pov Jasper

J'avais couru si vite qu'il m'avait fallut presque deux fois moins de temps pour retourner jusqu'au camp. Bien sur, je savais que je devais d'abord me méfier des sentinelles, dès que j'en fus débarrassé, je fis le tour du terrain afin d'entrer dans le camp par l'arrière, là où je pourrais être le plus discret. Quelque chose n'allait pas, je le sentais. Je sentais une forte souffrance et je savais qu'il s'agissait d'Alice.

Je me cachais discrètement en essayant de ne pas grogner tant j'étais en colère lorsque deux gardes passèrent près de moi.

- Elle n'a toujours pas parlé! Grogna l'un d'eux. Ça fait des jours qu'il l'a torture et elle ne dit rien...

- Je suis sur qu'elle ne tiendra pas très longtemps. Mark n'a pas pour habitude d'être tendre avec ses maitresses, ria l'autre

Je me statufiais. Sachant que Mark était celui qui prenait le plus de plaisir à torturer, le viol faisant partit de ses spécialité lorsqu'il s'agissait d'une femelle. Furieux, je sortais de ma cachette pour sauter sur les deux enfoirés dont je me débarrasser rapidement avant de me mettre à courir sans me soucier de savoir si quelqu'un pouvait me voir. Je devais la trouver de suite, je devais arrêter sa souffrance, mais avant même que je n'arrive jusqu'au lieu où elle était retenu, tout s'arrêta.

La souffrance, la douleur... il n'y avait plus rien. En arrivant près de la fosse, je tombais face à face avec Mark, il regardait au sol, la tête penché sur le côté, visiblement surprit.

- Évanouie? Marmonna-t-il en fronçant les sourcils

Il était tellement prit par ce qu'il regardait qu'il ne remarqua pas de suite ma présence. Je m'avançais alors jusqu'à lui et stoppa net en voyant Alice nu par terre, le venin suintant de diverses blessures, tendit que cette enfoiré de Mark avait la bite à l'air.

Il releva brusquement la tête vers moi et je bondissais sur lui avant de lui laisser la chance d'avertir les autres. Je succombais à mon besoin de le faire souffrir et lui arracha la merde entre ses jambes avant de lui fourrer dans la gorge pour le faire taire. Je me pressais à regret de le démembrer et me tourna vers le corps inerte d'Alice.

Je me baissais en essayant de contrôler mes tremblements de rage et après avoir ôté ma chemise pour recouvrir son corps, je la pris dans mes bras et me mis à courir aussi vite que possible incapable d'accepter l'idée qu'elle puisse être morte.

Lorsque je fus suffisamment loin du camp, je la posais doucement au sol et pris quelques secondes pour tenter de retrouver mon calme et me retenir de retourner au camp pour y mettre le feu. Je ne pouvais pas croire qu'elle avait dû supporter ces tortures, je ne pouvais pas accepter que tout cela soit ma faute.

- Alice? Murmurais-je en priant pour qu'elle soit encore en vie. Alice, tu dois ouvrir les yeux...

Je commençais à réfléchir en me demandant quelle était la ville la plus proche afin de pouvoir la nourrir, mais je me souvins que son régime habituel n'était pas le mien, je la repris alors dans mes bras pour courir jusqu'au bois le plus proche afin de chasser une de ces immondes créatures pour elle.

Après avoir attrapé un cerf, je retournais près d'elle avec l'animal puant dans une main et je me baissais devant son corps qui paraissait endormit. Je dû me faire souffrance pour plonger mes dents dans le cou de l'animal et aspirer son sang afin de le faire couler entre les lèvres d'Alice pour la faire boire. Je réitérais l'opération à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'elle commence à remuer légèrement.

- Alice, tu m'entends?

Elle poussa un doux gémissement, la pauvre était encore gravement blessé et elle avait perdu beaucoup de venin, il lui faudrait certainement des jours pour se remettre de telles blessures. Je ne pus arrêter le léger sourire qui se propagea sur mon visage, j'étais tellement soulagé qu'elle soit en vie.

- Alice? Essayais-je à nouveau

Elle ouvrit lentement les yeux et lorsqu'ils tombèrent sur moi, je ressentis une vague de panique la submerger.

- Qu'est... qu'est-ce que tu fais là? Grogna-t-elle en tentant de se redresser

- C'était à mon tour de te sauver, murmurais-je en lui caressant le visage. Désolé de ne pas être arrivé plus tôt

- Es-tu stupide? Hurla-t-elle brusquement. Pourquoi es-tu revenu? Repars maintenant!

Je soupirais en la prenant à nouveau dans mes bras pour reprendre ma course, je devais la ramener chez elle, mais après cela, j'avais la ferme intention de retourner au camp pour en finir avec cette garce de Maria une bonne fois pour toute.

- Lâche-moi! Ordonna-t-elle. Je perds trop de venin, ils vont nous suivre à la trace, c'est stupide, repars là bas!

- Vu le nombre de fois ou tu m'as sauvé, il est vraiment temps que j'en fasse de même pour toi, rétorquai-je en grognant

- Quoi? Souffla-t-elle à peine audible

- Je sais tout, Alice. Tout

Elle resta silencieuse, la bouche grande ouverte alors que j'avançais en direction du Canada et puis après un long silence, elle poussa un grognement et commença à se débattre.

- Je ne sais pas de quoi tu parle, mais lâche-moi tout de suite!

- Tu sais parfaitement de quoi je parle et je ne te lâcherais pas

- Laisse moi...

Elle s'arrêta brusquement et reporta son regard sur son corps à moitié nu, puis elle poussa un cri strident en prenant conscience de ses tortures qu'elle avait apparemment oublié quelques minutes.

- Alice, ça va aller, tentais-je de la rassurer en la serrant plus étroitement. Plus personne ne te feras de mal, je le jure

Elle ne répondit pas, ses yeux étaient comme perdu dans je ne sais quel néant. Ses émotions étaient toujours marqués par l'horreur et le choc, mais elle ne parlait plus, elle était devenu totalement inerte dans mes bras, une poupée de chiffon sans vie.

Je tentais de la rassurer et de l'aider au mieux avec mon don, mais rien n'y faisait, je ne parvins pas à la sortir de sa léthargie. Je m'arrêtais à plusieurs reprises pour tenter de la nourrir, mais elle refusa tout ce que j'essayais de lui donner.

- S'il te plait, nourris-toi, Alice, la suppliai-je

Elle ne répondit pas, se contentant de fixer un point invisible au dessus de ma tête, apparemment, même me regarder était devenu insupportable, ce que je pouvais comprendre, après tout, j'étais responsable de son état.

- Je suis tellement désolé, soupirais-je. Tout cela est de ma faute

Je mis plus de deux jours à revenir jusqu'à la petite maison. Charlotte poussa un hurlement en voyant l'état de lequel était Alice et se mit brusquement en colère contre elle.

- Tu avais dis que tout se passerait bien! S'écria-t-elle. Tu avais dis que tu irais bien, que tu nous rejoindrais, mais tu n'en a jamais eu l'intention, n'est-ce pas? Quel était ton vrai plan, Alice? Les laisser te tuer?

Je m'immobilisais en ravalant ma hargne contre Charlotte. Avait-elle réellement raison? Alice n'avait-elle aucune intention de s'enfuir?

- Chérie, recule, grommela Peter en entraina Charlotte à l'écart. Elle est sous le choc, elle ne peut pas te répondre et je ne pense pas que hurler de la sorte va vraiment l'aider.

- Je ne serais pas partis si j'avais sus, sanglota sa compagne. Je ne l'aurais jamais laissé derrière moi...

- C'est certainement pour ça qu'elle a voulu nous convaincre qu'elle irait bien, lui répondit-il

Je fermais les yeux un instant avant de tourner la tête vers celle qui m'avait tant de fois sauvé. Je la pris dans mes bras et monta à l'étage pour l'allonger sur son lit.

- Il va falloir que tu te nourrisse, murmurais-je en la serrant doucement contre moi. Je ne me nourrirais pas avant que tu l'es fait

Et avec ça, l'attente commença...