Titre : L'Ange Gardien

Disclaimer : Le monde d'Harry Potter et ses personnages appartiennent à J.K.R., je ne fait que m'amuser avec. Seule l'intrigue est à moi.

Spoiler : Je prends en compte les six premiers tomes.

Notes :

- N'hésiter pas à me laisser des conseils ou remarques du moment que c'est constructif.

- Cette fiction comporte une histoire d'amour entre deux garçons, qui ne sera cependant pas la finalité de l'histoire : juste une composante.

Bonne lecture !


Chapitre 8 : Le digne héritier des Potter


Suite à l'explication qu'Harry et Eric avait eu, le plus âgé avait finalement avoué qu'il se passait actuellement quelque chose de grave et potentiellement dangereux au sein même de Poudlard. Eric avait eu peur qu'Harry refuse de rester à l'écart, s'il lui avouait, mais le garçon ne chercha pas vraiment à savoir, son ange gardien lui ayant dit que les professeurs Rogue et Dumbledore étaient tous deux au courant, et que les choses se passeraient bien mieux s'il n'intervenait pas.

Eric avait seulement ajouté qu'il vaudrait mieux désormais qu'Harry veille à ne pas rester seul en dehors de la salle commune, mis à part les samedis matin. Après tout, même si ce n'était pas son but premier, Quirrell avait cherché à le tuer lors de son premier match de Quidditch, et il pourrait très bien vouloir tenter quelque chose si le Survivant lui passait à portée de main.

Bien sûr, il était inutile de préciser au jeune écolier de ne laisser personne se rendre compte qu'il sortait tôt le samedi, ni de l'endroit où il se rendait.

Une routine s'était donc installée. Harry continuait paisiblement sa vie sans se soucier de rien d'autre que ses études et ses amis. Oui, sesamis, parce que Ron et Blaise l'était maintenant devenue, malgré quelques chamailleries, et malgré le fait que Blaise évitait de se trouver en présence des Gryffondors, grimaçant chaque fois qu'Harry partait les rejoindre. Pas vraiment le grand amour entre eux en somme !

Le jeune sorcier sortait toujours très tôt les samedis, mais personne ne s'en était rendu compte. Blaise ne se levait jamais avant 9h ce jour là et retrouvait donc Harry dans la Grande Salle, et les autres Serpentards ignoraient sa présence et donc n'avait rien remarqué. Quand à Ron et Hermione, ils n'avaient aucune raison de douter du fait qu'Harry venait directement dans la Grande Salle après s'être levé. Qu'aurait-il bien pu avoir à faire si tôt un samedi matin en dehors de son dortoir de toute façon ! Et les escapades hebdomadaires du Serpentard devinrent mêmes d'une facilité enfantine après Noël.

Harry avait préféré rester à Poudlard pour les vacances en compagnie de Ron et de ses frères, plutôt que de retourner chez les Dursley. Tant qu'il pouvait éviter leur présence, autant en profiter !

A part les frères Weasley et lui, il ne restait qu'un ou deux autres élèves dans l'école. Le garçon passa donc pas mal de temps avec la famille de rouquins, bien qu'il se sente assez mal à l'aise au milieu des quatre garçons si… conviviaux ? Ils étaient une famille, une fratrie, et Harry n'avait jamais eu l'occasion de se trouver dans une telle ambiance dans sa famille. C'était donc assez déroutant pour lui de les côtoyer.

Le garçon avait tout de même passé le meilleur noël de sa vie, ce qui traduisait bien le degré de bonheur qu'il trouvait chez les Dursley ! Il avait pu flemmarder, s'amuser, et se reposer sans souci, l'esprit serein. Il avait rit, notamment quand les jumeaux Weasley avait enchanté des boules de neige pour qu'elles suivent le professeur Quirrell partout en visant son turban. Il avait participé à plusieurs bataille de neige, et jouer aux échecs avec Ron. Ses premières vraies vacances, en fait.

Et il avait eu des cadeaux. De vraiscadeaux. Habituellement, les Dursley le laissaient assister à l'ouverture de la montagne de cadeaux de son cousin, lui donnant à la fin un cintre ou une paire de chaussettes, même pas emballé évidemment. C'était la première fois qu'il participait réellement aux fêtes de Noël.

Il avait reçu une grosse boite de Chocogrenouilles de la part de Ron, un livre d'Enchantement de la part de Blaise, ainsi que L'Histoire de Poudlardde la part d'Hermione. La jeune fille lui avait en effet beaucoup parlé de ce livre très utile selon elle, et Harry avait promit qu'il l'emprunterait à la bibliothèque quand il le pourrait. Mais il n'avait toujours pas eu l'occasion, parce que le nombre de livres à emprunter était limité à cinq à la fois, et que le jeune garçon en prenait toujours un maximum pour Eric, en plus de ceux dont il avait besoin pour ses devoirs.

Il reçu aussi une pièce de cinquante pence de la part des Dursley, un pull fait main de la part de Mme Weasley, à laquelle son fils avait apparemment dit qu'Harry n'attendait aucun cadeau, ainsi qu'une cape fait dans un étrange tissu… Le paquet de ce dernier cadeau était accompagné d'une carte non signée, et dont il ne pouvait trouver l'origine, n'ayant jamais vu cette écriture.

Ton père m'a laissé ceci avant de mourir. Il est temps que tu en hérites.

Fais-en bon usage.

Très joyeux Noël.

Harry s'était tourné vers Eric, intrigué, et n'avait pu s'empêcher de sourire à la vue de son ami souriant béatement.

- Essaye là ! avait-il demandé, sans cesser de sourire.

Harry avait alors compris tout le sens du message de la carte. Il avait maintenant une cape d'invisibilité ! Et elle avait autrefois appartenue à son père ! Harry ne possédait rien ayant appartenu à ses parents, et ne les avait en fait jamais vu, même en photo. Il savait seulement à quoi il ressemblait grâce à Eric. Le message disait Fais-en bon usage… Il allait suivre cette consigne à la lettre !

Après réflexion, les deux Potter avaient décidé de garder l'existence de la cape d'invisibilité secrète, même de leurs amis. D'après Eric, c'était le professeur Dumbledore qui la leur avait rendue, et il était malheureusement capable de voir à travers. Les deux garçons ne voulaient pas que Ron, Hermione et Blaise croient que la cape était un moyen infaillible de ne pas être vu, parce qu'ils savaient que ce n'était pas le cas, et Harry ne pourrait pas leur dire qui le lui avait dit. Autant éviter d'attirer l'attention.

Depuis Noël, donc, Harry avait encore plus de facilité à rejoindre la Salle sur Demande les samedi matin sans que personne ne le voie. Il devait seulement s'assurer de ne pas faire de bruit, de ne rentrer dans personne – ce qui était vraiment simple un samedi matin avant 9h – et à ne pas croiser le professeur Dumbledore.

Ce dernier point semblait assez énerver Eric. Bien sûr, depuis novembre, Harry était parvenu à ne croiser personne dans les couloirs, avec ou sans la cape. Mais le fait de ne pas pouvoir prévoir les aller et venus du directeur – ou de qui que se soit d'autre – agaçait profondément le protecteur. Il s'était tellement habitué à avoir la Carte des Maraudeurs, qu'il se sentait maintenant vulnérable sans elle. Il faudrait qu'il en parle à Harry, et qu'il trouve un moyen de la récupérer.

Mais là où Eric était un peu nerveux et paranoïaque, Harry, lui, rayonnait. Il avait l'impression que sa vie était pratiquement parfaite. Pratiquement, parce que la tension entre Blaise et les Gryffondors lui pesait quand même un peu.

Le Serpentard ne voulait rien avoir à faire avec Ron et Hermione. Pour le premier, Harry pensait que c'était parce ce qu'il était bruyant, dissipé, et ne réfléchissait pratiquement jamais par lui-même, préférant se conformer à l'opinion de sa famille. Pour la seconde, Blaise avait plusieurs fois grogné qu'elle n'était pas fréquentable. Il n'avait pas osé dire les mots exact devant Harry, mais le jeune sorcier avait parfaitement compris que son ami croyait dur comme fer aux idéaux des Sang-Pur conservateur selon lesquels Hermione n'aurait pas dû être admise à Poudlard. Tout comme sa propre mère à son époque d'ailleurs.

La jeune fille semblait pourtant ne pas s'offusquer de l'aversion visible que lui portait Blaise. Et lorsqu'Harry lui avait finalement demandé pourquoi, elle avait répondu que ce n'était pas vraiment de la faute du Serpentard s'il avait été élevé avec des valeurs discriminatoires. Il était normal pour les enfants de croire tout se que leur parent disait, et se n'est que pendant l'adolescence qu'ils commençaient, en principe, à réfléchir par eux-mêmes.

- Dans ce cas, il faut qu'on arrive à lui prouver que ce ne sont que des inepties le plus tôt possible…, avait murmuré Harry pour lui-même.

Hermione, ravie de cette idée, avait immédiatement proposé plusieurs solutions, et ils avaient ensuite mit une stratégie au point, sans en avertir Ron. Parce qu'évidemment, le rouquin semblait, lui, ravit de ne fréquenter qu'un seul Serpentard…

Harry s'appliqua pendant environ deux semaines à chercher une faille chez Blaise, quelque chose qui lui permettrait de forcer une rencontre entre lui et Hermione. Parce que les deux conspirateurs étaient persuadés qu'il suffirait de quelques discutions pour que le Serpentard admette, au moins pour lui-même, qu'Hermione était autant une sorcière que n'importe quel Sang-pur.

Ils avaient décidé de commencer en douceur, pour l'amener à comprendre petit à petit qu'il pouvait y avoir des gens intelligent et des idiots autant parmi les Nés-de-moldus que les Sang-pur. Ensuite, il lui prouverait aussi que les moldus valaient autant que les Sorciers, qu'ils étaient différents, mais sûrement pas inférieurs.

L'occasion se présenta finalement début mars, alors que les deux garçons essayaient de terminer leur devoir d'Histoire de la Magie, dans leur salle commune. Le garçon avait en effet décidé de travailler en alternant entre les Gryffondors et Blaise comme co-équipier. Cela lui permettait de voir les choses de différents points de vue, et donc, de rendre des devoirs plus complets.

Seulement voilà, cette fois, même en regroupant les maigres notes qu'ils avaient réussis chacun à prendre dans les cours du professeur Binns – le seul fantôme professeur à Poudlard, et certainement le plus ennuyeux professeur de tous les temps – avec leurs livres d'Histoire de la Magie, ils n'y arrivaient pas.

Il leur aurait fallu écrire trois parchemins expliquant l'importance d'un surnom pour les Gobelins, ainsi que les raisons qui pouvaient pousser ce peuple à en donner un à l'un des leurs. Apparemment, il s'agissait pour eux d'un véritable honneur, même lorsque le surnom était hautement péjoratif, mais ils n'avaient pas pu trouver beaucoup d'autres informations. Alors remplir trois parchemins !

Ils rechignaient tous deux à faire des recherches à la bibliothèque, sachant qu'ils avaient un devoir de Potion à rendre pour lundi – soit dans deux jours – durant le cour précédant l'Histoire de la Magie, où ils devraient rendre le devoir sur les surnoms des Gobelins. Ils risqueraient d'y passer leur soirée et toute la journée du dimanche sans pour autant obtenir suffisamment d'informations. Surtout qu'ils ne pouvaient pas se permettre de rendre un mauvais devoir au professeur Rogue.

Et ils ne pouvaient pas demandé d'aide aux autres Serpentards. Tout d'abords, parce qu'Harry était toujours en « quarantaine », ensuite, parce qu'aucun d'entre eux n'arrivait à suivre les cours soporifique du professeur Binns plus qu'eux.

En fait, la majorité des étudiants de Poudlard bâclait tout simplement cette matière. Les rares élèves à rendre des devoirs acceptables y passaient tellement de temps qu'ils refusaient ensuite de partager ce qu'ils avaient trouvé avec les « fainéants qui avaient préféré s'amuser pendant que eux s'arrachaient les yeux sur des livres plein de poussière à la bibliothèque ».

- Bon, ben il va falloir se contenter de ça, finit par se résigner Blaise, en contemplant avec dégout son travail bâclé. Avec un peu de chance, on aura peut-être quand même un D (désolant) …

- Certainement pas ! Le contredit Harry. Il est hors de question que je n'arrive pas à avoir au moins un A (acceptable) simplement parce qu'il n'y à pas assez d'informations dans nos livres…

- … et qu'on arrive jamais à rester attentif durant tous le cour… rappela ironiquement Blaise.

Harry le foudroya du regard, avant de reprendre.

- Je sais où trouver les informations qu'il nous manque. Je suis sûr qu'on peut arriver à finir tous nos devoirs ce soir ET à rendre de bons devoirs à Rogue et à Binns…

Blaise ouvrit de grands yeux outragés, mécontent d'avoir eu à chercher si longtemps inutilement

- Pourquoi tu ne l'as pas dit plus tôt ? S'exclama-t-il alors. Ça fait deux heures qu'on travaille pratiquement pour rien !

- Et bien… fit semblant d'hésiter Harry. Parce que je voulais éviter d'en arriver là. Ça ne va pas te plaire, et elle va me tuer pour ne pas avoir écouté Binns correctement…

Il fallu environ une demi-heure à Harry pour convaincre Blaise de venir avec lui à la bibliothèque demander ses notes de cours à Hermione, mais il y arriva quand même !

Blaise aurait voulu qu'il y aille seul et ramène les notes de la Gryffondor dans leur salle commune, mais Harry avait argué que son amie en avait peut-être aussi besoin, et qu'ils pourraient finir leur devoir tous les trois en même temps. Cela leur permettrait en plus de rendre un travail plus complet, et leur ferait sans doute encore gagner du temps. C'est ce dernier argument qui eu finalement raison de la résistance de Blaise.

Evidemment, lorsqu'ils arrivèrent à la bibliothèque, Hermione avait déjà terminé son devoir d'Histoire de la Magie et en était à celui de Potion, mais, comprenant les intentions de son ami, elle accepta sans trop rechigner de les aider. Bien sûr, elle les sermonna un peu pour leur manque de concentration en cours, mais laissa vite tomber quand Harry lui rappela qu'elle était sans doute la seule élève de tout Poudlard à réussir l'exploit de rester concentrer tout le long de chaque cours de Binns. Ce genre de flatterie fonctionnait toujours sur la miss je-sais-tout !

En rentrant le soir dans leur salle commune, Blaise dû bien avouer qu'effectivement, ils avaient été bien plus efficaces avec l'aide d'Hermione que seul. Non pas que la jeune fille soit plus intelligente qu'eux, mais mettre en commun les idées et le travail de trois personnes permettait tout de même d'avancer mieux et plus vite.

A partir de ce jour là, Blaise accepta de temps en temps, et de plus en plus souvent de venir aux séances de travail en commun qui réunissait Ron, Hermione et Harry depuis novembre.

Oh, bien sûr, il n'acceptait de côtoyer les deux Gryffondors que pour les devoirs, et se plaignait régulièrement auprès d'Harry de la présence de Ron, mais il semblait apprécier travailler de cette manière, et n'avait plus rien dit contre Hermione.

Peu après les vacances de Pâques, les quatre apprentis sorciers en pleine révision eurent la surprise de croiser Hagrid dans la bibliothèque. L'immense homme tentait inutilement de se faire discret, tandis qu'il consultait un livre, et sursauta lorsqu'Harry, surprit, prononça son nom à voix haute.

- Ah, Harry, salua-t-il, soulagé de constater qu'il s'agissait d'un élève et non d'un professeur, et tout en cachant le livre dans son dos. Comment vas-tu depuis la rentrée ?

Hagrid n'ayant plus vraiment cherché la compagnie d'Harry depuis sa Répartition, le garçon devint encore plus suspicieux.

- Euh… bien… répondit-il tout de même. Mais que faites vous à la bibliothèque Hagrid ?

- Je suis simplement venu jeter un coup d'œil, dit-il d'une voix qui paraissait peu naturelle. Et vous, qu'est-ce que vous faites tous les quatre ensemble ? Ce n'est pas courant de voir des Gryffondors et des Serpentards si proches sans s'insulter…

Harry haussa les épaules, agacé, avant de répondre :

- On travaillait seulement à nos devoirs. On s'aide entre amis

Ils furent soudain interrompus par une exclamation de Ron.

- Oh ! Vous vous intéressez aux Dragons ? dit-il en observant la section dans laquelle ils avaient croisé Hagrid. Mon frère Charlie est Dresseur de Dragon en Roumanie, et il dit toujours que ce sont vraiment des créatures fascinantes…

Hagrid avait blêmit dès les premiers mots de Ron et balbutia rapidement :

- Charlie Weasley ?… Oui, oui, un bon garçon… Toujours très bien avec les animaux…

Harry et Hermione se regardèrent, alarmé. Il était de notoriété publique que le Garde-chasse de Poudlard adorait les créatures dangereuses… Rien, donc, d'étonnant à ce qu'il lise des livres sur les Dragons… Alors pourquoi Hagrid était il si mal à l'aise et avait l'air si coupable ?

- Euh… Hagrid… commença suspicieusement Hermione. Pourquoi est-ce que vous…

- Vous viendriez bien prendre le thé chez moi cette après midi les enfants ? La coupa-t-il alors, affolé.

Après un échange de regard avec ses amis, Harry accepta. Hagrid avait visiblement un problème pour être dans cet état… Ou risquait bien d'en avoir un gros d'ici peu… Surtout s'il y avait un rapport avec les Dragons…

Après le départ d'Hagrid, les quatre enfants ne furent plus capables de continuer leurs révisions, pas même Hermione qui leur rabâchait pourtant depuis une semaine qu'ils auraient déjà dû commencer à préparer leurs examens de fin d'année depuis un mois. Ils voulaient tous savoir ce qui se passait.

Ils convinrent donc de se retrouver à 16h00 dans le hall du château pour aller tous ensemble chez Hagrid. Et pour une fois, ni Ron, ni Blaise ne râlèrent l'un contre l'autre, au grand ravissement des deux autres !

Durant le laps de temps qui leur restait, Harry essaya par tous les moyens de tirer les vers du nez à Eric dès qu'ils étaient seuls, sans pouvoir y parvenir.

- Tu n'as pas besoin de savoir ça à l'avance, répondait-il obstinément. Tu te débrouilleras très bien tout seul, et s'il y à vraiment un problème, je te préviendrais.

Harry savait très bien que son protecteur avait raison. Il ne serait pas bon qu'il sache toujours tout à l'avance… Mais c'était tout de même rageant de ne pas obtenir de réponse quand il aurait pu.

Quelques heures plus tard, les quatre jeunes sorciers se dirigeaient avec plus ou moins d'entrain vers la petite maison de bois en bordure de la forêt interdite, où vivait Hagrid.

- Merlin, si ma mère apprend que j'ai mis un pied dans cette… cabane, elle va me tuer grommela Blaise, en arrivant en vue de ladite « cabane »

- On ne te retient pas, répondit Ron, avec espoir.

Hermione les coupa cependant, avant qu'une énième dispute n'éclate.

- Ça suffit ! On a tous envi de savoir se que fait Hagrid, alors on va tous aller chez lui, dit-elle d'un ton sans réplique.

En arrivant, ils furent très étonnés de voir que les rideaux étaient tous tirés. Harry frappa quand même, déclenchant des aboiements sonores.

- Ça suffit, Crokdur ! résonna la voix d'Hagrid. Va-t-en de là.

Le Garde-chasse les fit entrer, non sans surveiller les alentours de sa maison, puis referma très vite la porte. A l'intérieur, la chaleur était étouffante, et pourtant, un feu ronflait dans la cheminée. Feu au milieu duquel reposait un énorme œuf noir…

Un rapide coup d'œil confirma à Harry que les trois autres l'avaient aussi remarqué. Il ne fallait pas être devin pour comprendre la raison d'être de ce feu alors qu'Hagrid venait de consulter des livres sur les Dragons… Ils avaient donc tous eu le même reflexe.

- Oh Merlin, gémit Ron, dîtes moi que ce n'est pas vrai ! Hagrid, l'élevage de Dragons est interdit depuis 1709 ! Vous allez avoir de gros ennuis…

Pendant que Ron se lamentait, Hagrid les avait tous installé autour de la table en ignorant ostensiblement le reproche, et leur servait du thé et des biscuits fait maison.

- J'peux quand même pas l'abandonner dans la nature ! marmonna Hagrid. Et puis, j'ai toujours rêvé d'avoir un dragon ! D'après le livre que j'ai emprunté à la bibliothèque, c'est un Norvégien à crête. Une espèce rare. Et tout est très bien expliqué pour s'en occuper, dans le livre… continua-t-il joyeusement.

Durant les deux heures qui suivirent, les quatre enfants tentèrent en vain de lui faire comprendre les dangers d'élever un dragon dans une petite maison en bois, en plein milieu d'une école, alors qu'une convention l'interdisait depuis près de trois siècles.

Hagrid ne voulait rien entendre, et après leur avoir expliqué en long et en large la façon dont il fallait s'occuper d'un bébé dragon d'après son livre, pour leur prouver qu'il savait se qu'il faisait, il essaya de détourner la conversation par tous les moyen. C'est ainsi qu'il se retrouva à expliquer son manque flagrant d'enthousiasme pour la répartition du fils des Potter.

- Tu sais Harry, je suis désolé de ne pas avoir pris de tes nouvelles plus tôt, s'excusa-t-il pour commencer. Mais j'ai été très surpris que tu ailles à Serpentard…

Hagrid avait l'air presque prêt à pleurer en continuant.

- Et après, j'ai finit par me dire que c'était stupide de m'éloigner de toi pour une histoire de Maison, alors qu'on avait passé une si bonne journée sur le Chemin de Traverse… Et après tout, ta mère se fichait bien de tout ça, elle aussi. Elle ne s'est jamais laissé influencer par cette guerre d'enfants. Et elle aurait été très fière de toi si elle avait été là pour voir que tu as des amis dans les deux Maisons. Alors, elle aurait fait entendre raison à ton père, c'est certain. Et il aurait finit par être content, lui aussi ! C'est qu'elle savait comment le mener par le bout du nez, son mari. Il finissait presque toujours par se ranger à son avis.

Hagrid hocha la tête avec conviction avant de poursuivre.

- Seulement, le temps que je me fasse à l'idée que toi tu sois à Serpentard, il s'était déjà passé beaucoup de temps… Alors j'savais pas si tu voudrais encore me parler…

Harry avait écouté les excuses décousues d'Hagrid avec émotions. Non pas parce qu'il lui avait manqué – après tout, il ne l'avait côtoyé qu'une journée – mais même s'il essayait de ne pas y penser, l'idée que ses parents auraient été déçus le taraudait et le blessait plus qu'il ne voulait bien se l'avouer.

Apprendre que sa mère aurait été, au contraire, fière de son comportement, sans se soucier qu'il soit dans la maison ennemie à celle qui avait été la sienne, le réconforta énormément. C'est donc tout naturellement qu'il pardonna au Garde-chasse.

- Je comprends, Hagrid. La plupart des gens m'en ont voulu, ou m'en veulent encore, alors n'en parlons plus, affirma-t-il en essayant de ne pas avoir l'air trop ému. Revenons-en plutôt à nos dragons !

- Son dragon, corrigea Blaise. Il est hors de question que je sois impliqué dans ses ennuis.

Sa remarque fit pourtant sourire Hagrid, car elle n'avait pas été dite vraiment méchamment. C'est seulement que Blaise avait ses propres intérêts à cœur…

- Ne t'inquiète pas, Blaise, dit-il avec bonne humeur, je suis sûr que tout ira bien.

Harry avait bien réfléchit, et il ne restait plus qu'une solution pour éviter la catastrophe.

- Hagrid, commençât-il, déterminé, vous ne devez pas garder ce dragon. Nous n'avons aucun doute sur le fait que vous vous en occuperiez bien, mais cela ne vous rapporterais que des ennuis… à vous, et à Dumbledore…

Le garçon avait bien compris que le Garde-chasse vénérait pratiquement le directeur. Il était certain qu'il ne voudrait pas lui apporter de problèmes.

- Le dragon sera évidemment petit au début, c'est un bébé, continua-t-il. Mais il va grandir, et s'il ne l'a pas faite brûler entièrement d'ici là, il arrivera forcément un moment où il ne rentrera plus dans votre maison. Et vous ferez quoi alors ? Vous ne pouvez pas le relâcher dans la forêt interdite. Non seulement cela mettrait en danger certaine créature qui y vivent, mais en plus le ministère s'en rendrait vite compte… Et comme c'est le professeur Dumbledore qui est responsable de ce qui se passe ici, c'est lui qui aura des ennuis. Et imaginez une seconde qu'un élève soit blessé… Le directeur pourrait très bien perdre son poste…

Il comprit tout de suite, au regard effrayé que lui lança l'homme, qu'il avait fait mouche. Hagrid voulait tellement élever un dragon qu'il se fichait bien de se qui pourrait lui arriver si quelqu'un s'en rendait compte. Et il n'avait de toute façon peut-être même pas pensé que le ministère pouvait s'en mêler. Par contre, faire perdre son poste à l'homme qu'il admirait et respectait le plus…

- Il a raison, approuva immédiatement Hermione, en hochant la tête avec vigueur.

- Oui, c'est sûr, continua Ron. On pourrait peut être demandé à mon frère Charlie s'il à une idée pour s'en déb… euh l'emmener quelque part où tout le monde sera en sécurité ?

Hagrid commença à approuver tristement, déçu de ne pas pouvoir s'occuper lui-même du futur bébé dragon, avant d'être interrompu par Blaise.

- Non mais tu es dingue ! Les lettres peuvent très bien être perdues où intercepté ! Et si ça arrive, on sera aussi en plein dans les ennuis, s'énerva-t-il.

- Et qu'est-ce que tu propose alors, monsieur je-ne-veux-surtout-pas-me-mouiller ? demanda agressivement Ron.

Cette fois, c'est Harry qui fit avorter le début de dispute.

- C'est simple, affirma-t-il. Il faut confier cette tache à un adulte que aura les moyens de régler cette histoire rapidement et sans fuite, et qui acceptera facilement d'aider Hagrid.

Le jeune sorcier se tourna alors bien en face de l'immense homme.

- Il faut que vous alliez tout expliquer au professeur Dumbledore, Hagrid.

Il enchaina rapidement, voyant que l'autre voulait refuser.

- Il vous aidera, c'est sûr. D'autant que l'œuf n'a pas éclot. Il comprendra que vous avez seulement cherché à bien faire en ne laissant pas dans la nature, mais que vous ne savez pas quoi faire pour ne pas causer d'ennuis. Je ne pense pas qu'il vous en tiendra rigueur…

Il ne leur fallu heureusement plus trop de temps pour le convaincre, et ils s'en allèrent finalement à l'heure du diner en direction de la Grande Salle, avec la promesse d'Hagrid qu'il irait voir le directeur le soir même. Ils en étaient profondément soulagés.

Avant qu'il ne sorte, le Garde-chasse avait tout de même ajouté à l'attention d'Harry :

- Tu es vraiment un bon garçon, James et Lili auraient aussi essayé de m'aider, tu sais. Et maintenant je me rends compte que même si tu es à Serpentard, tu leur ressemble vraiment beaucoup à tes parents… Et pas seulement physiquement…

Ce soir là, au diner, Harry eu beaucoup de mal à retenir le sourire béat qui voulait sans cesse prendre place sur son visage…