JOUR 9 (bis)
- Ainsi tu es revenue pour lui.
Benvolio considère Rosalie qui attend comme lui au parloir l'arrivée de Roméo. Grâce aux relations des Montaigu ses deux amis ont pu obtenir un entretien. La jolie noire refuse obstinément de lui accorder un regard. Benvolio perd patience. Il n'en peut plus des faux semblants. Il tape du poing sur la table. Rosalie sursaute et pose enfin les yeux sur lui.
- D'abord tu quittes la ville sans me le dire et maintenant tu reviens pour Roméo. Tu l'aimes ?
Rosalie sait qu'elle doit mentir. Mais elle sait que sa réponse peut briser Benvolio. Il a déjà perdu son meilleur ami Mercutio et maintenant le second est en prison. Il ne lui a jamais dit ce qu'il ressentait pour elle mais Rosalie le devine, parce qu'elle épreuve la même chose. Mais elle ne peut pas le lui dire, sinon Lady Montaigu la renverra aussitôt près de ses parents, sans l'argent promis.
- Peut-être bien.
Benvelio devient livide. Il repousse sa chaise contre le mur d'un coup de pied rageur. Un gardien intervient et il escorte le jeune homme hors de la pièce. Roméo fait son entrée au même moment :
- Qu'est ce qui se passe ? demande t-il en s'installant en face de Rosalie.
Il nage dans sa tenue de prisonnier orange. Il a l'air hagard, ses cheveux blonds tombent devant ses yeux bleus. Rosalie lui dégage une mèche.
- Il a du mal à supporter la pression.
Le cœur de Rosalie se serre. Elle s'efforce de sourire et de porter son attention sur Roméo.
- Comment tu vas ?
- Tu as des nouvelles de Juliette ?
Rosalie secoue négativement la tête.
- Toujours en cure.
- C'est un mensonge !
- Roméo...
- Ses parents veulent nous tenir éloignés !
- Tu devrais te focaliser sur ton procès ! Tu risques la peine de mort !
Roméo pose ses mains sur son crâne. Sa tête va exploser. La présence rassurante de Rosalie l'apaise. Quand Juliette n'est que passion, son amie est elle, l'incarnation de la raison.
- Qu'est ce que tu me conseilles ?
- D'être un prisonnier modèle tant que tu es là. Quand tu sortiras tu retrouveras Juliette. Mais pour sortir tu dois l'oublier un peu... En tout cas faire semblant.
