Et voilà le 8ème chapitre ! \(°w°)/

Il sera relativement court celui-là. Les évènements du précédent chapitre ont dû vous choquer un peu par leur soudaineté… Mais Fairy Tail ne va pas tarder à arriver ! *°u°*

Bonne lecture !

Je tenais à préciser que Fairy Tail et tous ses mages ne m'appartiennent pas (merci à toi, ô grand Hiro Mashima), et que cette fiction est réalisée par pur plaisir en y insérant quelques OCs

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Chapitre VIII : Mea Culpa

Zephyr courrait. Ce n'était même plus pour semer le Raijuu dont elle était la cible - et qui l'avait certainement perdue de vue à en juger l'absence d'éclairs au-dessus d'elle - mais pour fuir la macabre scène qui se tenait derrière elle. Elle avait quitté la voie ferrée pour s'enfoncer dans le bois le plus proche et se réfugier de l'être qui la cherchait depuis les nuages, luttant sous la pluie qui tombait désormais à torrent. Tout était devenu flou, ses sens faussés par une palette d'émotions qui lui étaient étrangères. Elle n'entendait plus rien, ne voyait plus rien, ne sentait presque pas le sol qu'elle foulait à chaque pas. Elle était seulement incapable d'assimiler l'évidente réalité.

Lysandre était mort.

A cause d'elle. A cause de sa faiblesse et de sa lâcheté. Elle avait causé la perte de l'être qu'elle aimait le plus au monde. La jeune fille refusait d'y croire. Son absence même lui paraissait impossible. Elle reniait ces souvenirs où elle voyait le sang de son frère voler dans l'air, percuté par le train. Pourtant la réalité la rattrapa quand elle vit sur ses vêtements de minuscules éclaboussures vermeilles : il n'était plus là. La dernière fois qu'elle avait été aussi seule, c'était dans sa cellule à Septentrion. Mais après toutes ces années aux côtés du jeune homme, elle avait oublié cette sensation d'être isolée, de ne pas avoir l'impression d'exister. Ses sentiments n'avaient jamais été aussi tourmentés, ils étaient si forts qu'ils lui montaient tous en même temps à la tête et elle-même ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait. Elle n'avait jamais perdu un être cher, et Lys ne lui avait pas appris ce qu'était le deuil. Pour elle c'était la fin. Le pilier vital à son existence s'était écroulé, comme si une faille immense venait de fissurer son cœur, une fosse impossible à combler par où son âme s'écoulait, blessée elle aussi.

Elle se sentait plus morte qu'autre chose.

Elle ne devait pas se retourner, elle devait seulement aller droit devant elle. Car chaque pas l'éloignait un peu plus de ces fichus rails.

Son absence de lucidité ne l'aida pas. Elle dérapa sur une pierre et dégringola le long d'une pente, lui valant de nombreux bleus et déchirant ses vêtements, avant de lourdement retomber sur le dos. Zephyr ne se releva pas, haletante, épuisée et incapable de comprendre où elle était. Mais cela lui était égal : elle ne pouvait pas être plus perdue que dans son esprit. Ses oreilles lui sifflaient et elle sentait à peine la fraicheur mordante de la pluie qui lui fouettait le visage. Rien ne pouvait surpasser la douleur qui entravait son cœur et lui donnait l'impression d'étouffer. Son regard se fixa sur le ciel, où Lysandre vivait désormais.

« Lys… »

Il était mort pour la protéger. Seulement voilà : Zephyr n'avait jamais eu aucune estime d'elle-même. Elle ne s'était jamais vue autrement qu'un être contre nature, un paria, n'ayant aucun droit dans ce monde qui n'était pas le sien et dont la nature l'avait rejetée et renié, elle qui avait vu le jour artificiellement. Le garçon s'était pourtant de nombreuse fois entêté à vouloir lui prouver le contraire. C'était bien la seule chose qu'il n'avait jamais réussi à lui apprendre : qu'elle avait sa place elle aussi à Earthland. Mais pour elle, malgré sa joie de vivre, malgré ses regards émerveillés, elle n'était rien.

Et Lys avait donc donné sa vie pour rien.

Lentement, elle se sentit sombrer dans ses souvenirs, ignorant le froid qui s'emparait de son corps et l'engourdissait. Elle ferma les yeux, songea à la voix et au visage de celui qui l'avait pris sous son aile pendant toutes ses années. Celui que plus jamais elle ne reverrait.

Son esprit divagua, se perdant quelque part dans sa mémoire…

Les deux jeunes vagabonds s'étaient empressés de sauter du train dès que le contrôleur les avait repérés dans le wagon où étaient stockées les marchandises. Heureusement, il avait plu dans la matinée et les rails humides avaient forcé le chauffeur à ralentir sa vitesse. Ils roulèrent dans l'herbe sans se faire trop de bleus, haletants et épuisés par la course poursuite qui venait d'avoir lieux dans les compartiments. Quand ils se redressèrent et se regardèrent, ils explosèrent aussitôt de rire. Ils riaient de leur bêtise, comme les enfants qu'ils étaient. Mais c'était le sentiment de se rebeller contre les lois qui leur plaisait. Lysandre aimait ça, et Zephyr aussi. Elle vénérait cette impression de se sentir rebelle, d'être libre et de ne pas se sentir enchainée à des gens ou à des lois.

- On ne peut pas dire qu'il va nous regretter, celui-là ! dit-elle, les yeux clos tellement rire lui faisait mal au ventre.

- Ne t'en fait pas ! Je suis sûre qu'il va pleurer ton joli sourire ! s'exclama le vert, toujours hilare et âgé maintenant d'environ 18 ans.

Sa remarque la fit un peu plus ricaner, mais elle buta sur un mot.

- Pleurer ? Qu'est-ce que c'est ? demanda la petite démone, commençant tout juste à calmer les fous rires nerveux qui manquaient d'éclater à nouveaux.

Le jeune garçon pointa de sa main les environs de son cœur, puis dit d'un ton plus calme :

- Lorsque quelqu'un est triste, il pleure. De ses larmes s'écoulent sa tristesse, sa souffrance, pour les oublier… afin que son cœur ne soit pas rongé par de mauvais sentiments et qu'il reste pur.

Impressionnée par cette nouvelle découverte, Zephyr ouvrit de grands yeux ronds et demanda innocemment.

- Et comment il faut faire ? Je ne t'ai jamais vu pleurer, Lys !

Il rigola doucement et lui lança un sourire éclatant, rayonnant. Elle aimait tellement voir cette expression sur son visage… C'était chaud et rassurant, comme le soleil. Non, lui, il était son propre soleil. Il lui ébouriffa affectueusement les cheveux avant de répliquer.

- C'est normal, on en a pas besoin de pleurer, nous ! On est pas triste tous les deux, alors je n'ai pas besoin de te l'apprendre !

Ainsi, Zephyr n'avait jamais pleuré. Elle ignorait comment faire pour extérioriser sa tristesse par le biais de ces gouttes précieuses qu'étaient les larmes. Elle voulait se débarrasser de sa peine qui semblait la détruire de l'intérieur. Elle voulait purifier son cœur, comme il le lui avait dit. Mais elle n'y arrivait pas. Pourtant, elle ressentait le besoin d'essuyer la pluie qui dévalait ses joues...

Doucement, le monde devint noir autour d'elle, perdant pied avec la réalité. Elle s'évanouit dans l'herbe, bercée par le froid de la pluie et de la solitude.