Merci à tous ceux qui lisent cette fic !!! Bisous à ceux qui me laissent de messages. En espérant que ce chapitre vous plaise autant que les précédents !!
Bonne lecture !
Chapitre 9
Sam venait de refaire le bandage qui maintenait son épaule bien droite. Il avait passé une bonne partie de l'après-midi à essayer de se rafistoler. Finalement, son poignet n'avait pas été réduit en miettes comme la douleur le laissait présager. Malgré tout, il avait perdu un peu de mobilité au niveau de sa main car c'était toujours gonflé et une teinte verdâtre ornait son bras comme un second bracelet. Il appliqua donc une bande pour le consolider. Respirant difficilement à cause de ses côtes cassées, il était plongé dans ses pensées : vraiment son frère le décevait. Leur conversation téléphonique avait été plus que frustrante. Il admettait sa responsabilité puisqu'il lui avait caché une bonne partie de ce qui s'était passé. Mais le « Dean d'Avant » s'en serait aperçu tout de suite, et il l'aurait cuisiné jusqu'à ce qu'il avoue. Ensuite, il serait monté dans sa caisse et se serait pointé le plus rapidement possible. Sam ne savait pas comment définir ce qu'il ressentait. C'était un mélange de culpabilité et de colère avec une pointe de frustration. Il sentait que son frère s'éloignait de jour en jour et que rien de ce qu'il pourrait dire ou faire n'arrangerait les choses. Même s'il était dans l'incapacité de lui dire, son aîné lui manquait terriblement. Avant, ils n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. La complicité qui les liait autrefois avait-elle disparu à jamais ? Si seulement Dean voulait bien faire un effort et enlever ses œillères … Quel crétin, ce frangin !
Il sortit de la salle de bain en ruminant. Il écarquilla ses yeux de surprise lorsqu'il découvrit son visiteur, droit comme un « i », planté derrière la porte.
- Cas ? Mais t'es con d'apparaître comme ça ! Qu'est-ce que tu fous là ?
- Sam, il faut que je te parle.
- Où est Dean ? S'inquiéta soudainement le jeune Winchester.
L'ange regarda sa montre avant de répondre.
- Il devrait arriver dans un peu moins d'une heure.
- Pourquoi tu n'es pas avec lui ?
- Il refuse de me parler et j'ai besoin de son aide. Sam, il faut que tu le raisonnes.
- Démerde-toi tout seul ! Je refuse de me mêler de vos histoires.
- Je ne peux pas.
- Pourquoi ?
L'ange hésita un instant avant de répondre d'une manière pratiquement inaudible :
- Parce qu'il a dit que si j'apparaissais devant lui, il m'arracherait les plumes une à une comme un vulgaire poulet et qu'il me les ferait bouffer.
Sam éclata d'un rire franc et sonore. Ses côtes le faisaient souffrir mais ça lui était égal. Castiel venait d'évoquer la menace sur un ton inexpressif, le plus calmement du monde et pourtant ses yeux trahissaient un profond malaise.
- Ca n'a rien de drôle, remarqua l'ange.
- Ah, si, si ! Crois-moi, c'est très drôle ! Qu'est ce que tu as bien pu lui faire pour qu'il t'en veuille à ce point ? T'as éraflé son bébé avec une de tes ailes ? Tu t'es téléporté sur son sandwich ?
Castiel le regarda à la fois déconcerté par les deux dernières questions et indécis sur la réponse qu'il devait apporter à la première. Il se décida finalement à révéler la vérité :
- Il a appris que c'était moi qui t'avais libéré de la panic-room où il t'avait enfermé.
L'immense sourire et l'air goguenard qui étaient affichés sur le visage de Sam disparurent en une fraction de seconde.
***
C'est au milieu d'un silence gênant que Dean fit irruption dans la chambre d'hôtel, à peine trente minutes plus tard. Son regard se posa d'abord sur Sam, assis devant la petite table où il avait ouvert son ordinateur portable, et qui releva rapidement la tête en direction de son aîné. A l'autre bout de la pièce, il aperçut Castiel, planté devant la porte de la salle de bains. Il redirigea son attention vers son petit frère et lui demanda :
- Qu'est-ce qu'il fout là le futur déplumé ?
Alors que le cadet des Winchester ne put réprimer un sourire en entendant la remarque de son frère, l'ange les regarda, apparemment ennuyé. Il tenta de se justifier :
- C'était les ordres. Je n'avais pas le choix … Je me rends compte maintenant que c'était une erreur.
Dean lui aurait bien répondu qu'il valait mieux tard que jamais mais il remarqua les traces de coups sur le visage de son frère. Il ne résista pas à le questionner :
- T'as décidé de te lancer dans le lifting ? C'est quoi ce ravalement de façade ?
Sam détourna le regard et reporta son attention sur l'écran de son ordinateur. Il dut sentir les yeux de Dean fixés sur lui car il tenta de faire diversion :
- Ca t'intéresse de savoir ce que j'ai trouvé ou t'as vu de la lumière et t'as décidé de venir me prendre la tête ?
D'un point de vue extérieur, l'aîné encaissa la réflexion sans broncher, mais à l'intérieur, il bouillonnait : Ils avait été séparés un peu plus de vingt-quatre heures, son visage ressemblait à celui de schtroumph grognon et il n'avait pas le droit de s'inquiéter pour lui !?! Il remarqua également le bandage autour de son poignet droit au moment où son petit frère essayait de le dissimuler en tirant discrètement sur sa manche. Dean se doutait bien que le corps devait également présenter quelques séquelles. Il voulait, plus que tout, savoir ce qui s'était passé. Ensuite, il irait castagner les enfoirés qui avait fait ça à son frangin. Il aperçut le regard en coin que Sam lui lança furtivement et la pression retomba d'un seul coup : S'il ne voulait pas lui raconter, c'était son droit. C'était frustrant, voire extrêmement gonflant mais, légitime. En plus, la journée avait été longue, il était fatigué et il n'avait pas du tout envie de se disputer avec lui alors qu'ils venaient à peine de se retrouver. Il tira donc sur la chaise et s'installa près de la petite table :
- Vas-y, raconte ! Qu'est-ce que t'as trouvé ?
***
- Sam, la combustion spontanée n'existe pas. C'est un mythe.
Les Winchester se tournèrent vers Castiel dans un même élan. Ils avaient totalement oublié sa présence.
- Tout comme le Père-Noël et ces p'tits êtres ailés qui sont censés nous protéger, répondit Sam toujours sur la défensive.
- J'aimerais vous aider.
- Non merci, répondirent les Winchester en cœur, sur un ton sans équivoque.
L'ange les dévisagea un moment puis s'éclipsa dans un bruissement d'ailes. Sam en profita pour faire part de ses théories à son aîné.
- D'accord, l'interrompit Dean. Demain on ira voir cette gamine, là. Celle dont les parents sont morts cramés dans un accident de bagnole. Je crois que c'est eux le point de départ.
Sam le regarda avec de grands yeux ronds. Dean n'allait quand même pas lui dire ce qu'il avait à faire alors que, dès le départ, il avait préféré se barrer avec le déplumé et le laisser en plan avec cette chasse !
- Quoi ? Lui demanda son aîné en voyant sa moue révoltée.
- Je te rappelle que c'est ma chasse. Si tu veux m'accompagner demain, pas de problème. Mais ne me dis pas ce que j'ai à faire.
- C'est quoi ton problème ? S'énerva l'aîné tout en fronçant les sourcils.
- J'peux te retourner la question. Cette chasse ne t'intéressait même pas au départ !
- Je n'ai jamais dit ça ! Mais moi, je me tiens à mes engagements ! Sans compter que je suis là, maintenant !
Sam étouffa un petit rire sans joie et décréta :
- Ah ouais ? Je croyais que tes engagements, c'était de retrouver Dieu. Tu m'excuseras mais je l'vois pas là.
- On a libéré Anna.
- Génial ! Mais je te rappelle que c'est pas pour elle que tu m'as lâché ici. Alors pourquoi t'es revenu ? Parce que Cas t'a trahi ? Tu ne peux pas tourner le dos aux gens juste parce qu'ils t'ont déçu, Dean !
Voyant que son aîné ne réagissait pas, il l'avertit :
- J'vais faire un tour. J'ai besoin de prendre l'air.
Sur ces mots, il empoigna sa veste et quitta la chambre, énervé. Une fois à l'extérieur, il s'arrêta net. Il regarda la voiture de location puis leva les yeux vers le ciel. La pluie s'était légèrement calmée et il avait une grande envie d'évacuer son stress. Il n'en pouvait plus. Il en avait marre : Dean continuait de lui donner des ordres et en plus, il agissait comme s'il était un étranger, au mieux un collègue de boulot … mais pas un frère. Il ne le reconnaissait plus. Il lui en voulait terriblement et en même temps, il savait au plus profond de lui même, que l'attitude de son aîné était la conséquence directe de ses actes.
Sam ferma les yeux quelques secondes et serra les mâchoires. Il aurait tellement voulu que l'année écoulée n'ait jamais eu lieu. Il souhaitait pouvoir tout effacer. Malheureusement la réalité était tout autre et même s'il faisait des efforts pour gagner sa rédemption, il sentait que la distance qui le séparait de son frère prenait une ampleur inexorable. Ca lui faisait mal et il ne pouvait rien y faire. Il décida donc de faire le tour de pâté de maisons à pieds et s'engagea doucement dans la petite rue piétonne sur sa droite.
***
Sur le parking de l'hôtel, un peu en retrait, le pick-up sombre abritait les deux hommes dont les yeux étaient braqués sur le jeune Winchester.
- Cette fois c'est la bonne, affirma le conducteur. Toi tu prends le volant et tu fais le tour en bagnole et moi je m'occupe de lui avant qu'il atteigne la route principale.
- Attends Reggie. Je continue de penser qu'on devrait l'abattre.
- Non. Je veux qu'il souffre.
- Tu penses que c'est une bonne idée ? J'te rappelle que son frangin est de retour et tu as dit toi-même que …
- Justement. C'est peut-être la dernière occase de l'avoir sans être emmerdé par son frangin. C'est maintenant ou jamais.
- Mais la dernière fois, on n'a même pas réussi à …
- La dernière fois, tu as déconné !
- Attends, moi je suis là pour t'aider. Je te rappelle que je ne suis pas un chasseur comme toi.
- Et ça se voit ! Mais ne t'inquiète pas : cette fois-ci, j'ai pris ce qu'il faut. Il n'aura même pas le temps de réagir.
Il se pencha sur le côté pour ouvrir la boîte à gants et en sortit un taser qu'il plaça juste devant les yeux de Mike. Il lui expliqua :
- Ce petit bijou a une portée de dix mètres, une double visée laser et il peut être utilisé dans les environnements difficiles. Ce qui est franchement bonard quand on voit le temps de merde dans ce bled. En plus, tu peux régler l'ampérage selon l'effet voulu. Comme j'veux pas qu'il crève tout de suite, j'ai pas mis au max. Mais j'me suis arrangé pour qu'il sente bien la décharge et que ça le paralyse direct. Du coup, non seulement je ne peux pas le rater mais en plus je ne prends aucun risque. On va bien se marrer !
Voyant que Sam était à mi-chemin de la rue piétonne, il ouvrit sa portière et libéra la place conducteur pour laisser Mike s'y installer. Il lança un regard plein de sens à son ami et partit en ajoutant :
- Que la fête commence !
