Ce chapitre est peut-être court, mais j'ai trouvé que ça faisait assez à digérer pour une seule fois. Ah, encore une chose: MERCIIII pour toutes vos reviews et vos lectures, ça me fait toujours immensément plaisir, surtout qu'il s'agit de ma première fic, donc vous ne pouvez pas imaginer comme je suis contente à chaque nouvelle review. Je vous remercie vraiment! Bon, allez, place à la suite croustillante!

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Lorsque Hermione descendit déjeuner le lendemain matin, elle n'était vraiment pas d'humeur pour une longue journée de cours dans la même classe que Draco. Elle n'était même pas d'humeur à sortir de sa chambre, mais il aurait été de mauvais goût de louper une journée de cours pour une petite histoire d'amour propre. Bon, elle s'était faite avoir, dans les grandes largeurs même, mais ça n'était pas une raison pour se laisser abattre, si ? De toute façon, l'attirance qu'elle avait dorénavant pour Malefoy ne pouvait être que passagère. Il lui suffirait d'attendre quelques jours, et elle n'aurait plus en tête des images de son corps dans le plus simple appareil à chaque fois qu'elle le croisait dans un couloir.

Dans un sens, elle se félicitait : elle s'était faite avoir une fois... mais pas deux. Bon, peut-être une fois et demie... Mais il suffisait d'attendre que cette stupide attirance phéromonale disparaisse, et elle se soucierait de Malefoy comme de sa première chaussette. En attendant, elle allait devoir patienter, jusqu'à ce que son cœur cesse de faire des bonds en sa présence ; avec un peu de chance, ça ne durerait pas.

Elle se laissa lourdement tomber sur le banc des Gryffondors, devant la table du petit déjeuner, à côté de Ginny qu'elle avait repérée en entrant. Heureusement, les garçons n'étaient pas encore descendus... C'était qu'elle allait devoir affronter un Ron furibard d'être tombé sur le spectacle d'un Malefoy en serviette de toilette ! Vu sous cet angle, l'absence de ses deux amis de toujours semblait plutôt être une bonne chose. Après avoir échangé avec Ginny les politesses d'usage du matin à sept heures et demie après une courte nuit de sommeil, elle commença à beurrer ses tartines après s'être servi un œuf au plat. Ca n'était pas parce qu'elle n'était pas au mieux de sa forme qu'il fallait se laisser abattre ! Des garçons, il y en avait plein Poudlard, si elle voulait s'y intéresser. Et même si après avoir fréquenté, disons, « intimement » Malefoy, elle avait beaucoup plus de mal à s'intéresser à Ron, qu'importe ! Ron n'était pas le seul garçon de l'école. Et puis, même, Hermione avait seulement dix-sept ans, son cas n'état pas désespéré.

Toute à ses pensées plus ou moins réconfortantes, elle jeta un regard torve à la cruche de jus de citrouille juste devant elle. Ladite cruche était presque vide, et elle se demandait si elle aurait la force physique et mentale de la soulever jusqu'à son verre. Son regard se perdit dans le vide. Elle pouvait même voir la table des Serpentards juste en face. Une grimace tordit son visage. La fatigue annihilait ses réactions, mais pas suffisamment pour qu'elle détourne le regard en voyant Malefoy passer un bras possessif autour de la taille de Pansy Parkinson. Ben tiens, se dit-elle, comme c'est étrange, Malefoy qui tente de prouver qu'il peut séduire n'importe qui... en fricotant avec l'idiote qui le suivait comme un petit toutou depuis des années. En voilà une qui aurait adoré se retrouver à la place d'Hermione, les deux derniers soirs... Mais après tout, Hermione n'en savait rien, peut-être avaient-ils déjà... oh, et puis autant ne pas y penser. Elle avait bien d'autres choses qui la préoccupaient, comme par exemple son prochain devoir de runes.

Saisissant finalement la cruche de jus de citrouille, elle amorça un geste imprécis pour s'en verser un verre lorsqu'elle reçut une grande bourrade dans le dos. Heureusement, la cruche, bien que lourde, était presque vide, et pas une goutte ne se renversa. Hermione se retourna immédiatement, indignée.

Harry et Ron venaient d'arriver. Discrets comme toujours, ils s'assirent à côté d'elle, et Ron commença à manger sans lui adresser un seul regard. Harry haussa un sourcil interrogatif en direction d'Hermione qui elle, haussa les épaules avant de se concentrer à nouveau sur son œuf et son bacon. Si Ron était idiot, ça n'était pas son problème.

- Hermione... C'est vrai ce que m'a raconté Ron hier soir ?

Elle fit semblant de ne pas avoir entendu son ami. Ron, à sa droite, bâfrait allègrement et avec mauvaise humeur ; Harry, à sa gauche, commençait tranquillement son petit-déjeuner, attendant une réponse d'un air incertain. Soudain Hermione eut un doute.

- Dis-moi Harry... Que t'a raconté Ron exactement ?

Harry commença à se gratter la nuque de façon suspecte, le rouge aux joues, puis, les yeux fixés sur une baguette de pain il répondit :

- Il paraît que quand Ron est arrivé vous étiez sur le point de...

La jeune fille rougit violemment mais tenta de garder le contrôle de ses nerfs. Elle répliqua :

- Continue Harry. Vas-y, répète-moi mot pour mot ce que cet idiot t'a raconté !

Elle était néanmoins blessée que Harry la crut capable de cela ; lorsqu'elle se rappela qu'effectivement, c'était ce qui s'était passé. Elle tenta de ne pas piquer du nez de honte dans son assiette. C'était vraiment un des pires moments de sa vie.

- Ron m'a dit... En fait, il ne m'a pas vraiment expliqué. Pas vrai Ron ? Tu m'as juste dit qu'il étaient, enfin, très proches, quoi. Ca m'a étonné, mais, pourquoi est-ce que je n'aurais pas cru Ron ?

Hermione, soulagée, leva les yeux au ciel. Ca n'était que ça ! Donc, Ron n'avait rien dit - enfin, pas de manière explicite, en tout cas.

- Ron s'est emporté, c'est tout ! s'écria-t-elle en flanquant un coup de coude discret au principal intéressé. Pendant qu'on discutait assis sur le canapé, Malefoy est sorti de sa chambre pour aller dans la salle de bains, et il portait seulement une serviette autour de la taille. Il n'avait pas dû nous entendre et s'est cru seul, voilà tout ! conclut-elle en priant pour que ni Harry lors de sa précédente visite ni Ron la veille au soir n'ait remarqué l'acoustique très peu intimiste du lieu.

Harry se laissa aller à sourire.

- Ha, je préfère. Parce que hier, Ron était énervé, on s'est un peu emportés, et... Enfin, bref, ce qui est important c'est qu'on reste toujours aussi éloignés de ce crétin de Malefoy.

Ginny, le couteau en l'air et l'air de rien, lâcha soudain :

- Oh, et puis justement... C'est bon signe, ça signifie qu'au moins, Ronald est jaloux. Non ?

Les oreilles de Ron prirent une teinte écarlate, et il se pencha sur la table pour avoir sa petite sœur dans son champ de vision.

- Toi, tais-toi. Je sais ce que j'ai vu.

- Oui, tu as vu Malefoy en petite tenue, et après ? les coupa Hermione. Je ne vois pas ce que tu aurais pu aller t'imaginer, mais... C'est complètement dingue. Je ne vois même pas comment tu as pu faire pour imaginer une chose pareille ! Malefoy et moi ? Franchement, Ron, parfois je me demande si les retenues successives n'ont pas fini par te griller le cerveau.

Alors que Ron s'apprêtait à lancer une réplique cinglante qu'il pensait certainement inventer sur le moment, Harry tendit le bras, soucieux d'étouffer dans l'œuf la dispute qu'il sentait imminente.

- Super, tout ça c'est très bien, je suis ravi de ne pas avoir à jouer les tampons entre vous, et maintenant qu'on a tiré ça au clair, Hermione, il faut que tu saches que hier soir Ron et moi avons trouvé quelque chose, à propos... Enfin, tu sais de quoi je parle.

Ron repoussa carrément son assiette, ignorant la dernière remarque de Harry. Il pointa un doigt vers Hermione – au moins, ça n'était pas sa baguette.

- Hermione, ne me fais pas passer pour un idiot, tu sais très bien que j'ai tout compris !

Avec un soupir, elle se détourna de lui et planta sa fourchette dans une tranche de bacon, tout en demandant à Harry :

- Je suppose que tu pourras m'en parler plus tard dans la journée, loin des oreilles indiscrètes... Et surtout, quand cet affabulateur se sera calmé !

Elle laissa volontairement son regard traverser à nouveau la cruche de jus de citrouille. Malefoy semblait de plus en plus entreprenant avec Pansy. C'était amusant, puisque Hermione savait pertinemment qu'il savait qu'elle le voyait – et il en rajoutait des tonnes. N'empêche, c'était agaçant, aussi.

Ron, de son côté, n'avait pas l'air prêt à se calmer.

- Hermione ! je l'ai vu, je le sais, il y a quelque chose entre toi et cette andouille ! bon sang, regarde-moi quand je te parle !

- Ronald Weasley, je te jure que je n'ai aucune raison d'avoir une quelconque relation avec Malefoy ; franchement, est-ce que tu y vois une seule bonne raison ?

- Et toi, rétorqua le jeune homme, est-ce que tu peux me donner une bonne – très bonne raison pour laquelle tu n'aurais aucun lien avec Malefoy ?

Harry se recroquevillait presque sur la table, et Ginny arborait un air agacé. Hermione, la bouche entrouverte, à la recherche d'une réplique cinglante, laissa malencontreusement son regard traîner du côté de la table des Serpentards. Et là, elle vit...

Draco Malefoy en train de fourrer sa langue dans la bouche de Pansy Parkinson. C'était tout aussi dégoûtant que ça, un baiser purement... exhibitionniste. Et pourtant, Hermione se sentit bouillir de rage. Mais ça n'était rien par rapport à sa rage un instant plus tard, lorsque Draco eut jeté un coup d'œil par-dessus son épaule dans sa direction, et la regardait à présent d'un air narquois, tout en embrassant Pansy.

Le sang d'Hermione ne fit qu'un tour. Elle agissait rarement sur un coup de tête, mais pourtant, cette fois-là, elle se tourna à nouveau vers Ron et s'écria :

- Tu veux toujours savoir pourquoi il n'y aura jamais rien entre Malefoy et moi ?

Buté, Ron aquiesça. Ce fut alors qu'elle le saisit par son col de chemise et plaqua un baiser passionné sur ses lèvres. D'abord extrêmement surpris, Ron ne perdit pas son temps et répondit presque aussitôt au baiser de son amie, et leur dispute se trouva soudain transformée en un long baiser langoureux. Hermione, les yeux fermés, s'efforçait de ne pas se laisser aller à regarder à la table des Serpentards. Elle savait que Draco n'en loupait probablement pas une miette ; et elle non plus. Ron n'était d'ailleurs pas n'importe quel garçon ; elle avait d'ailleurs longtemps cru qu'elle était amoureuse de lui, jusqu'à l'épisode de l'été précédent, alors qu'elle était en vacances à la plage, quelques mois plus tôt. Ca n'était pas comme si elle s'était jeté sur le premier garçon venu.

Soudain, quelqu'un passa dans l'allée et leur lança :

- Hé ! y'a des endroits, pour ça !

Ron, se reprenant et lâchant Hermione, adressa un geste grossier à celui qui venait de passer, et regarda Hermione. Il était écarlate. Ginny pouffa.

- Ca te suffit comme raison ? demanda Hermione.

Silencieux, il aquiesça.

- Bon, je suppose que je peux finir mon petit-déjeuner, maintenant, termina-t-elle en s'attaquant à ce qui restait de son assiette.

Après quelques coups de fourchette, elle quitta la table tête baissée, espérant qu'on ne remarquerait pas le rouge qui lui était monté aux joues. Tout en montant récupérer son sac dans sa chambre, elle se répéta qu'elle s'était mise dans de beaux draps. Ces derniers jours n'avaient vraiment, vraiment pas été une réussite. Elle se promit de faire attention et, à l'avenir, de toujours réfléchir un moment avant de prendre une décision sur un coup de tête.

Après avoir récupéré son sac de cours et s'être rapidement brossé les dents, elle s'apprêtait à quitter la salle commune lorsque Draco entra. Elle ne fut pas surprise ; en réalité, elle s'y attendait assez. Et elle s'était préparée en conséquences. Lorsque Draco lui lança une remarqua acerbe qu'elle ne prit pas la peine d'écouter, elle sortit de la pièce en claquant la porte, sans lui avoir adressé la parole.

Arrivée en bas des escaliers de la tour, elle s'arrêta quelques instants. Voilà. C'était ce qu'elle aurait dû faire depuis le début. L'ignorer superbement, même si claquer une porte au nez de quelqu'un n'était pas exactement l'idée qu'elle se faisait de la superbe.

Elle s'attendait à être libérée d'un poids, et pourtant, elle ne pouvait se défaire de la désagréable impression qu'une chape de plomb s'était abattue sur elle...

Et surtout, question embêtante, pourquoi son cœur s'était-il mis à battre la chamade dans sa poitrine lorsque la main de Malefoy avait frôlé son épaule pour la rattraper ?

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Rien sur les mangemorts cette fois-ci, mais... la journée de cette pauvre Hermione risque d'être très longue. Entre un Ron amoureux et un Draco jaloux, ça risque d'être difficile!