Attention … Langage et certaines scènes. M'enfin, nous sommes dans GoT aussi Uwu


Chapitre 9

Les jours passaient tranquillement et au fil du temps, les liens se resserraient. Qu'importe ce qu'il pouvait bien se passer en dehors de ses grandes collines, du moment qu'ils pouvaient vivre en Paix et loin du danger.

Le petit Septuaire tant convoité prenait lentement forme en amont du village et sous les ordres de Septon Ray. L'homme travaillait sans relâche avec ses hommes, motivé à faire de cet endroit un vrai havre de Paix et de prospérité.

Il y croyait dur comme fer qu'il pouvait faire quelque chose de bien en ce monde de brute, sous les yeux admiratifs d'Emerys tandis que Sandor pensait qu'il était idiot d'y croire. Non mais, sérieusement ! Qui pouvait penser que le monde deviendrait meilleur juste en s'imaginant que les Dieux existaient et qu'ils feraient une sorte de clémence aux hommes bons ?

Si cela s'avérait vrai comme la plupart le prétendait, les Dieux n'auraient pas infligés autant de douleur à Emerys. Elle était pure, innocente et douce mais pourtant elle avait terriblement souffert aux mains d'hommes corrompus par la violence. Où étaient la pitié et la clémence là-dedans ?

Ce fut pour cette raison en particulier que Sandor Clegane refusait de croire aux Dieux et à ce que racontait cet imbécile croyant de Septon Ray. Bien qu'il apprécie l'homme, il le trouvait stupide et naïf de croire à ce genre de chose. Même pour lui d'ailleurs ! Grièvement blesser au visage alors qu'il n'avait rien fait de mal et voulait simplement s'amuser avec un petit jouet.

Si les Dieux existaient, rien de tout cela ne serait jamais arriver.

«Tu dors Sandor ?»

Le Limier grommela quelque chose d'inaudible dans son sommeil mais n'ouvrit pas pour autant les yeux. Il savait qu'Emerys voulait l'embêter juste en entendant le petit air narquois dans sa voix, alors il fit mine de rester endormi et se retint de souffler d'agacement.

«Sandor …» Continua la voix féminine à côté de lui.

Comme chaque matin, ils étaient tous les deux allongés dans leur grand lit. Sandor sur le dos comme à son habitude et la jeune femme penchée au-dessus de lui avec son coude replié et sa joue dans sa main, un petit sourire aux lèvres. Elle regardait son mari dormir même si elle savait parfaitement qu'il ne dormait pas vraiment, il faisait semblant.

Elle renifla d'amusement lorsqu'elle vit qu'il masquait un petit sourire tout en contrôlant sa respiration. Elle leva son autre main puis glissa pensivement un doigt sur sa large poitrine en faisant des petits cercles invisibles sur son pectoral. Le muscle sous son doigt se tendit à son toucher, ce qui entraîna un rire un peu plus fort que le précédent.

«Qu'est-ce que tu me veux…» Demanda d'une voix graveleuse Sandor en reprenant ses aises dans les draps, les mains jointes sur son ventre. Il n'ouvrait toujours pas les yeux mais ses oreilles écoutaient attentivement la respiration irrégulière de la femme à ses côtés.

Emerys pinça les lèvres tout en continuant de tracer son doigt sur la poitrine de Sandor, commençant à réfléchir à ce qu'elle pourrait lui répondre. Elle leva quelques secondes les yeux au plafond puis attrapa une mèche de ses cheveux platine entre ses doigts en la faisant tournoyer pensivement, la lèvre inférieure coincée entre ses dents.

«Que veux-tu faire aujourd'hui ?» Lui demanda-t-elle soudainement, le prenant un peu de court par sa question tout à fait banale. Il ouvrit un œil puis loucha sur elle en la regardant comme si elle avait dit la chose la plus débile du monde.

«Dormir.» Dit-il en refermant l'œil et en recalant sa tête sur l'oreiller douillet avec un soupir lasse.

«Mais encore ?» Chantonna Emerys en jouant avec sa mèche de cheveux, frottant son genou contre la hanche du Limier.

«Etriper une ou deux personnes et peut-être couper plus de bois.» Répondit-il tout naturellement en fixant le plafond.

Il sentit la femme se coller plus fermement à lui puis se pencher un peu plus près de son visage avec ce même petit sourire taquin que tout à l'heure. Elle jouait avec lui, mais il n'allait pas la laisser gagner aussi facilement ! Donc il l'ignora puis continua de regarder fixement le plafond comme s'il réfléchissait aux futures activités de sa journée.

«Quoi d'autre ? Qu'aimerais-tu ?» Susurra-t-elle à son oreille en le regardant intensément. Il voulait rire mais il se retint de toutes ses forces pour sembler désintéressé.

Sandor tourna la tête vers elle puis regarda droit dans ses yeux noirs, respirant calmement alors qu'il réfléchissait à une réponse intelligente. Il se souvint de la fois où la jeune Arya lui avait demandé ce qu'il ferait s'il se retrouvait face à son frère, et alors qu'elle attendait une incroyable réponse de sa part, il lui avait sorti une connerie.

Ce fut vraiment drôle, même s'il ne l'admettrait jamais à voix haute. Le visage de l'enfant ainsi que celui d'Emerys avait été la meilleure des récompenses !

«Que tu la ferme pour que je puisse me rendormir.» Conclut-il en souriant lorsque le visage de sa femme se décomposa littéralement. C'était méchant, certes, mais Sandor Clegane n'avait jamais prétendu être quelqu'un de gentil. Il aimait parler aussi rudement surtout lorsque la situation devenait aussi drôle que maintenant.

Emerys soupira exagérément puis retira sa main loin du Limier en faisant une petite moue, clairement agacée par sa réponse crue. Elle se repositionna sur le dos puis jeta ses bras sur les couvertures en regardant le plafond, ennuyée à présent. Elle savait qu'il jouait avec ses nerfs rien que par le petit regard victorieux qui arborait son visage décontracte, mais quand même !

Finalement, le silence s'installa sur la paire, mais qui fut rapidement rompu par la voix bourrue du Limier.

«Mais avant ça, j'aimerais baiser ma femme.» S'écria-t-il soudainement en basculant son corps au-dessus de la femme à côté de lui tout en l'encerclant amoureusement avec ses bras. Il plongea sa tête entre son cou et sa clavicule alors que ses mains parcouraient déjà ses hanches puis ses côtes sous sa robe.

Emerys entoura ses bras autour du cou de Sandor alors que l'homme embrassait sa peau et la chatouillait avec sa barbe, les yeux toujours fixés pensivement sur le plafond au-dessus d'elle d'un air réfléchis. Elle avait toujours ce qu'elle voulait avec lui, mais elle n'était pas encore satisfaite de son petit jeu …

«Brienne …» Murmura-t-elle dans son oreille, souriant grandement lorsque le corps de l'homme se raidit tout à coup.

Il sortit sa tête de son cou puis la regarda d'un air choqué voir même écœuré, la bouche tordue dans une grimace profonde. Il plissa les yeux à elle puis grogna quelque chose d'incompréhensible dans sa barbe en resserrant sa prise sur le tissue de sa robe comme pour se retenir d'être en colère. Emerys leva un sourcil mesquin à lui en attendant qu'il ne lui dise quelque chose, les bras toujours suspendus autour de son cou.

«Pourquoi tu parles de cette pucelle de Tarth ?!» Accusa-t-il en serrant ses mains autour des hanches de la femme, le dégoût clairement perceptible sur son visage. Vraiment ? A ce moment précis ?!

«Tu gémissais son nom lorsque tu dormais … Je voulais juste savoir qui était cette femme qui te donnait autant de plaisir.» Dit-elle innocemment en haussant les épaules. Elle ne savait pas de qui il s'agissait ni si Sandor avait eu des relations avec elle mais d'après son expression, elle devina que ce n'était pas du tout une bonne expérience.

«Je n'ai pas rêvé d'elle ! Je préfère crever plutôt que d'avoir des relations sexuelles avec cette femme ! Je ne sais même pas si c'est une femme d'ailleurs …» Il frissonna lorsqu'il se souvint de la putain de Tarth et de leur rencontre.

En réalité, Sandor craignait cette femme. Déjà parce qu'elle était aussi grande que lui mais aussi parce qu'elle l'avait vraiment mal mené durant un duel, chose extrêmement rare voir inexistante. La honte pour lui. Heureusement qu'elle ne l'avait pas mis hors état de nuire, sinon il serait mort d'embarras … Ou pire ! Certes, il avait fait un rêve avec Brienne tout à l'heure mais ce n'était pas agréable du tout !

Dans son rêve qui ressemblait plutôt à un cauchemar, il revivait la scène de combat lorsqu'il protégeait Arya Stark mais au lieu que la gamine n'intervienne, il continua de se battre contre Tarth jusqu'à ce qu'elle n'en vienne à bout. Contrairement à la réalité, elle réussit à le balancer par-dessus le ravin et dans les rochers où il se brisa le fémur.

La douleur était très réelle, même dans son rêve.

Emerys se mit à rire à son expression désemparée alors elle se pencha pour lui embrasser tendrement la joue, vraiment amusée par son état horrifié. Elle ignorait ce qu'avait fait cette femme pour lui dans le passé mais apparemment elle l'avait marquée au fer rouge ! Maintenant, elle espérait qu'un jour elle puisse rencontrer cette fameuse Brienne de Tarth.

Sandor sortit de sa transe puis secoua vigoureusement la tête pour effacer son esprit, revenant au présent et à la belle femme sous lui qui lui souriait d'un air invitant. Il était tellement bien avec elle … Pour rien au monde il ne changerait d'avis. Autant de chance ne devrait pas lui être donnée et pourtant elle était là, bien à lui, et il avait tout ce dont il avait toujours voulu.

Sans rien ajouté, il reprit ce qu'il avait entreprit avec elle en oubliant toute la conversation qu'ils venaient d'avoir. Emerys ferma les yeux lorsqu'il glissa le bas de sa robe au-dessus de ses hanches et qu'il aventura ses mains sur sa peau douce jusqu'à l'intérieure de ses cuisses.

Un petit gémissement s'échappa de sa gorge alors qu'un nouveau sourire malicieux se dessina sur ses lèvres lorsqu'elle sentit sa virilité palpitante contre sa cuisse. Elle tira sur sa chemise lâche pour le rapprocher d'avantage d'elle puis déglutit lorsqu'il mordilla la peau à son cou, sa barbe lui piquant cette zone particulièrement sensible.

«Brienne de Tarth …» Ronronna-t-elle une nouvelle fois à l'oreille de Sandor et la réaction du Limier fut extrêmement drôle !

«Emerys ! Arrête ça, bordel à queue ! Tu commences sérieusement à m'emmerder.» S'alarma-t-il en laissant sortir un énorme soupir agacé de sa bouche. Il se redressa sur ses coudes pour regarder sa femme dans les yeux et lui crier d'arrêter mais elle secouait déjà la tête entre ses rires.

«D'accord d'accord. J'arrête, pardon !» Se précipita-t-elle de dire en le tirant contre son corps pour l'embrasser mais l'homme, suffisamment lasser, préféra s'éloigner car de toute manière, l'envie lui avait été brutalement coupée.

Sandor grommela dans sa barbe puis se rhabilla en tournant le dos à Emerys, boudant tranquillement car elle se moquait délibérément de lui. Il réagissait comme un petit enfant en bas âge lorsqu'il ne recevait pas ce qu'il voulait et cela entraîna un autre fou rire à la femme qui n'arrivait plus à se retenir, les joues rougies.

Il lui jeta un regard noir puis se leva et sortit de la chambre en continuant de grogner, déçu qu'il n'a pas eu ce qu'il voulait et que sa femme se moque de lui avec Brienne putain de Tarth ! Maudite femme qui lui coupait net l'envie rien qu'en ayant son visage en tête ! Il fallait qu'il coupe du bois ou qu'il coupe quelqu'un en deux mais en tout cas, il devait extérioriser sa frustration d'une façon ou d'une autre.

Emerys replongea dans les oreillers lorsque le Limier partit en étalant ses bras et ses jambes sur le lit car maintenant, elle avait toute la place rien que pour elle. Elle sourit grandement en roulant dans les couvertures puis ferma les yeux pour un petit somme bien mérité.

On ne jouait pas avec elle à ce genre de petit jeu !

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Les hommes s'activaient pour construire le Septuaire. Ils étaient répartis en plusieurs groupes et Septon Ray donnait les instructions à chacun d'eux. Un groupe s'occupait de la mise en place de la charpente tandis qu'un autre cherchait des troncs d'arbres préalablement coupés.

Ray sourit lorsque les hommes rapportèrent les troncs à plusieurs parce que le poids était bien trop lourd à porter pour un seul homme. Ils se mettaient à quatre pour soulever le tronc et traînaient difficilement les pieds jusqu'à la petite colline.

Mais pas tout le monde.

Un grand homme n'avait pas besoin d'une paire de mains en plus, il portait le tronc à lui tout seul. Bien qu'il eut quelques petites difficultés à porter à cause de sa jambe endommagée, il tenait le coup jusqu'en haut de la pente où les autres hommes reprenaient leurs souffles. Il jeta le tronc coupé à ses pieds puis reprit sa respiration en se redressant fièrement.

Sandor regardait pensivement le Septuaire qui prenait forme devant lui, les bras le long du corps et un sourire rêveur aux lèvres. Sa jambe lui faisait à nouveau mal et l'empêchait de marcher correctement mais pour le moment, il reprenait son souffle et admirait le dur labeur.

Ce n'était qu'une petite construction en bois pour le moment mais une fois terminé, ce Septuaire sera vraiment magnifique. Il vit Septon Ray lui faire un signe de tête approbateur puis il se détourna pour encourager ses hommes en leur tendant les outils nécessaires au travail.

Le Limier prenait de grandes inspirations dans sa poitrine alors que son sourire devint sincère en pensant à tout ce qu'il avait vécu pour en arriver là. Etait-ce même possible d'être plus heureux ? Il n'en avait pas la certitude, mais il savait pour sûr qu'il ne voudrait en rien changer.

Sandor s'éloigna tranquillement puis récupéra une hache pour couper du bois nécessaire aux finitions du Septuaire. Il était un peu en retrait, appréciant la solitude et le bruit de la lame qui tranchait facilement le bois. Il frappa de toutes ses forces en tapant toujours au même endroit jusqu'à ce qu'il n'entende l'approche d'une personne derrière lui. Il ne prit pas la peine de regarder la personne car il savait déjà de qui il s'agissait et il n'avait pas la moindre envie de lui parler pour l'instant. Alors il poursuivit son travail comme si de rien était, grognant à chaque frappe sur le tronc.

«De toute mon existence, je n'ai jamais vu un homme manier une hache comme ça ! Combien d'hommes a-t-il fallut pour te mettre à bas ?» Demanda Ray en regardant le Limier se défouler sur le tronc d'arbre.

«Rien qu'un.» Répondit Sandor en marquant un temps de pause sans regarder en arrière.

«Wow. Ça devait être une sacrée bestiasse !» S'écria le Septon, invraisemblablement impressionné qu'un seul homme avait pu mettre à genoux le Limier.

«C'était mon frère.» Grogna le Chien en retapant de plus belle sur le tronc d'arbre, une grimace sur son visage et la haine frappant son cœur sans relâche. Il martelait de toutes ses forces en s'imaginant qu'il battait à nouveau Gregor la Montagne au lieu d'un ridicule tronc.

«Ha ! Je pensais que c'était une femme, vois-tu ?» Rigola Ray en posant ses mains sur ses hanches et en se redressant, les yeux dans le dos de l'ancien mercenaire. Il le vit s'énerver avec sa hache en l'entendant maudire à chaque frappe, il était apparemment de très mauvais poil.

«Dur journée, hein ?» Dit-il avec un léger sourire amusé, louchant face au soleil de plomb.

«Ouais, on peut dire ça.» S'agaça Sandor en passant le dos de sa main sur son front en sueur. Septon Ray se mit à rire alors qu'il s'imaginait ce qui avait pu mettre l'homme dans cet état d'esprit aussi fébrile.

Depuis qu'il le connaissait, il savait que beaucoup de chose pouvait le mettre facilement en colère mais son petit doigt lui disait que cette colère venait essentiellement d'Emerys … Ce qui était plutôt drôle, à vrai dire. Il se détourna lentement du Limier tout en continuant de rire, l'homme derrière lui frappant plus fort sur son tronc pour défouler sa colère inutile.

La cloche sonna l'heure du repas pour tout le monde puis les hommes s'éloignèrent rapidement de la construction en riant entre eux et en se félicitant pour le travail acharné. Septon Ray tapota l'épaule d'un des jeunes garçons puis marcha vers les stands de nourriture dans le village où les femmes préparaient les repas. Il les salua toutes poliment en récupérant un bol de blé et de faisan tendu pour lui ainsi que deux verres d'eau.

Alors qu'il partait des stands, il aperçut Emerys rire joyeusement avec un groupe de femme dont l'une d'elle il reconnut être Farah. Il sourit à lui-même puis traversa les villageois assis sur des buches, le sol et des pierres en guise d'assise pour manger, la plupart regroupé et parlant vivement sur des sujets aléatoires.

Il n'y avait qu'un seul homme qui ne mangeait jamais avec d'autres personnes et ce fut Sandor Clegane.

Toujours en retrait des groupes, ne voulant jamais se mélanger à moins qu'il n'y fût forcé. Ce n'était pas vraiment de sa faute, étant donné que les villageois avaient peur de lui. Le Septon se rapprocha calmement du Limier dos à lui et lorsqu'il arriva à ses côtés, il lui tendit poliment le verre d'eau.

Sandor le dévisagea un instant puis prit le verre sans rien dire, avalant la nourriture contenue dans sa bouche tout en levant les yeux sur le paysage magnifique qui se dressait à lui. Septon Ray jeta quelques petits coups d'œil derrière lui aux hommes, femmes et enfants qui les observaient de loin.

«Je crois que nos membres ont un peu peur de toi.» Déclara-t-il en fixant le Limier.

«J'ai l'habitude.» Répondit celui-ci, prenant une gorgée de son eau bien mérité. La bière lui manquait, surtout aujourd'hui. Même un verre ou deux de vin lui aurait fait un bien fou.

«Quand Emerys t'a amené ici, je te croyais mort, plus d'une fois. A la puanteur que tu dégageait et aux insectes qui te tournaient autour …» Ray contourna Sandor pour aller s'assoir sur un rocher à sa droite, les coudes posés sur ses genoux.

«Sans parler de ton fémur qui sortait, juste là !» Il se pencha en avant et enfonça son doigt là ou l'os avait transpercé la peau autrefois. Sandor bougea inconfortablement sa jambe loin du doigt de Ray puis baissa à nouveau les yeux sur son bol de nourriture, donnant un petit coup d'œil désagréable au Septon lorsqu'il se mit à rire de sa situation.

«Quand tu avais tes hallucinations, puis cette terrible fièvre. Je pensais que j'allais me chier dessus et plus d'une fois d'ailleurs ! Heureusement que je n'étais pas seul à m'occuper de toi.» Ray croisa les mains puis étendit paresseusement ses jambes devant lui. Il reprit dans cette même voix pleines d'assurances.

«Je pensais que t'allait mourir une bonne douzaine de fois mais non, tu as survécu ! Qu'est-ce qui t'a permis de t'accrocher ?» Questionna le Septon en regardant fixement le visage brûlé de l'homme silencieux à côté de lui.

Finalement, Sandor leva la tête de son repas puis plissa les yeux en mâchant grossièrement sur son morceau de faisan. Il se mit à réfléchir sur quoi lui répondre sans passer pour un faible ou un sentimental. Il soupira longuement puis rabaissa les yeux sur sa nourriture en ramassant un peu plus de blé entre ses doigts.

«La haine.» Conclut-il, sentant le regard pesant du Septon à côté de lui. Merde, il savait qu'il mentait ! Ou du moins qu'il cachait les autres véritables raisons.

«Non, il y a une raison pour que tu sois là. Emerys m'a tout dit tu sais, elle m'a tout raconté sur ce que tu as fait pour elle. Il n'y a pas de honte à aimer quelqu'un ni même l'avouer. Elle a beaucoup de chance de t'avoir, comme toi tu as de la chance d'avoir quelqu'un comme elle. Tu as beau jouer les durs à cuire, mais jamais tu ne feras le poids contre tes propres sentiments.» Ray plissa les yeux au Limier, jouant avec ses doigts sur ses genoux.

«Ouais, peut-être qu'il y a une raison. Je me bat bien et je ne suis pas facile à tuer.» Se défendit Sandor en prenant une autre boucher de son repas, faisant mine de ne pas avoir entendu le reste même s'il était réellement touché.

«Non, il y a une vraie raison.» Coupa Ray en hochant pensivement la tête «les Dieux n'en n'ont pas fini avec toi.»

Le Limier s'arrêta de manger pour regarder curieusement l'homme se lever de son rocher, arborant un petit sourire aux lèvres et les yeux dans le ciel grisonnant. Sandor ricana légèrement puis soupira bruyamment en secouant rapidement la tête dans la négation, trouvant toute cette conversation inutile.

«J'ai déjà entendu cette chanson, par des gens qui pries d'autres Dieux que les vôtres.» Commenta-t-il en levant les sourcils lorsque le Septon se retourna vers lui.

«Peut-être qu'ils avaient raisons. J'en connais peu sur les Dieux après tout. Mais j'ai vu des choses qui me laisse croire qu'ils existent et veilles sur chacun de nous.» Ray balança pensivement ses bras le long de son corps.

«Alors c'est que tu t'es trompé de vocation.» Se moqua Sandor en finissant son verre d'eau, souriant lorsque le Septon se mit légèrement à rire.

«Oh, il y a beaucoup de pieux fils de putains qui se tapent de connaître la parole de Dieu ou des Dieux ! Moi non, d'ailleurs je ne connais pas tous les noms des Dieux par cœur. Peut-être les Sept sont-ils les vrais Dieux, à moins que ce ne soit les Anciens Dieux ou bien le Maître de la Lumière ! Ou peut-être que c'est les même putains de Dieux ? Je ne sais pas du tout … Ce qui importe, j'en suis persuadé, est un esprit plus grand que nous.» Il s'arrêta de parler pour regarder Clegane fixement, les sourcils levés.

«Quoi que ça puisse être, il a un dessin pour Sandor Clegane et j'en mettrais ma main au feu qu'Emerys est là pour une raison particulière et que votre rencontre n'est pas dût au hasard !» Il haussa les sourcils lorsque le Chien leva promptement les yeux vers lui.

«Tu ne sais rien de mon passé Septon Ray, tu ne sais pas ce que j'ai fait.» Renchérit-il d'une voix basse, les yeux plissés à l'homme qui pensait tout savoir.

«J'ai entendu des histoires, de terribles choses.» Ray déglutit sans cligner des yeux, soutenant son regard dans celui du Chien toujours assis.

«Si tes Dieux existent, pourquoi ils m'ont pas punis ?» Demanda soudainement Sandor, curieux de connaître la réponse qu'il allait lui offrir. Le Septon prit une profonde inspiration puis s'approcha de lui.

«Ils t'ont punis. D'une façon ou d'une autre.» Lui confia-t-il, un semblant de tristesse passant ses traits du visage marqué par le temps. D'une dernière tape amicale sur l'épaule, Ray s'éloigna de Sandor Clegane pour le laisser à ses sombres pensées.

Le vent se mit à souffler sur le Limier pensif assis sur son rocher, face à l'incroyable vue. Les dernières paroles de ce vieux fou résonnaient encore et encore dans sa tête. Etait-il en train d'insinuer que les Dieux punissaient en utilisant d'autres personnes ? Il n'en était pas sûr, mais ses mots le frappait plus qu'il n'y laissait paraître en le laissant songeur. Il rejoua la conversation qu'il venait d'avoir dans sa tête ainsi que les passages comportant Emerys.

Ce qu'il avait dit … Les mystères derrière ses phrases et la façon qu'il parlait de sa femme, le Septon savait quelque chose qu'il ne savait pas et il était déterminé à savoir de quoi il s'agissait.

Sandor poussa un soupir puis serra la mâchoire en finissant son repas seul comme tout à l'heure. Le cœur plus lourd qu'auparavant.

A suivre …


Bien étrange. Quels genres de découvertes fera-t-il ?