« Tu es prêt calice Harry ? »

« Tu peux m'appeler Harry tout simplement si tu le veux. »

« Alors appelle moi juste Aurora. »

Je ne la connaissais pas encore mais déjà, je décidai que je l'apprécierais. Peut-être la douceur de son regard qui me rappelait ma Mione. D'un petit geste, elle m'invita à sortir de ma chambre. Je ne pensais même plus à l'interdiction de Severus tant elle me fascinait. On pouvait voir toute sa gentillesse dans sa façon de parler, de bouger.

« Alors Harry, depuis combien de temps es-tu le calice de Severus ? »

« Oh je crois que ça fait quelques semaines mais on a fermé le lien il y a deux, trois heures. »

Aurora stoppa net sa marche, me regardant comme si j'étais un extra-terrestre. Qu'est-ce que j'avais encore dit qu'il ne fallait pas ? Pourtant, j'avais eu cette impression que je pouvais me confier à elle, parler librement de ce qui concernait les vampires. Avais-je encore commis une boulette ?

« Et il ne t'a pas forcé à fermer le lien ? Il doit vraiment t'aimer ! » fit-elle, songeuse.

« Ouah, je t'arrête tout de suite ! On ne s'aime pas du tout, on se supporte à la limite. Mais s'aimer … c'est comme si tu m'annonçais que j'allais prendre mon pied avec Malfoy. »

« Mal… ?? Qui ? »

« Oh ... Rien, laisse tomber. Retiens juste qu'on ne s'aime pas. »

« Tu ... es très étrange, Harry. » rigola-t-elle.

Durant de longues minutes, nous conversâmes sur ce nouveau monde. Aurora m'en apprit plus sur les diverses coutumes, notamment du fait que ce soir, une grande soirée se préparait en l'honneur de l'anniversaire de Kale. Ce vampire m'intriguait beaucoup, peut-être parce qu'il semblait « terrifier » Severus. Rien que pour ça, je me demandais si je n'allais pas l'embrasser. De nombreuses personnes saluaient Aurora, me regardant bizarrement, comme si je détonnais avec l'environnement.

« Ne le prends pas mal Harry, mais tu es la première personne à être si proche de moi. Entre Kale qui me fait des scènes de jalousie à n'en plus finir et les calices qui s'intéressent à moi uniquement pour le prestige que ça leur apporte ... Tu fais office de vilain canard. »

« Je vois et je te comprends tout à fait. Là d'où je viens, je suis une vraie célébrité et ça me pèse beaucoup. » soupirai-je.

« Tu es sorcier n'est-ce pas ? » me demanda-t-elle.

« Oui, pas toi ? »

Aurora me fit un triste sourire et je compris que je l'avais blessée. Et une connerie, une. J'allais donc m'excuser mais elle me rassura d'un sourire, son nez se plissant. Je trouvais cela adorable.

« Non ! Je suis une pure moldue. En réalité, je viens du village que tu as traversé. Mes parents étaient des marchands et rêvaient de me donner en pâture à leur seigneur. Je ne connaissais pas Kale à l'époque mais ça me révulsait. »

« Ils ne t'ont quand même pas forcée ? »

« Oh si ! Un soir, ils m'ont réveillée en pleine nuit pour me mener à un conseiller. Ils voulaient avoir plus de considération, connaître la gloire. Quoi de mieux que leur fille devenant l'esclave attitrée du seigneur. »

« C'est dégueulasse ! »

« Oui. Mais ça s'est retourné contre eux. Ce soir là, j'ai été conduite dans la chambre du maître. Il était hors de question qu'il me touche ou boive mon sang mais quand je l'ai vu ... Wouah, je crois bien que je suis tombée amoureuse de lui. »

« Un vrai conte de fée alors. » m'amusai-je.

« Oh non ! Loin de là. Kale était imbu de lui-même, prétentieux et j'en passe. Résultat, je l'ai giflé. »

« Et ?? »

« J'ai bien cru que mon heure allait sonner mais au lieu de me condamner à mort, il a rigolé. Je crois que ça lui faisait du bien de ne pas être craint, d'être même haï. Je lui ai ensuite expliqué toute l'histoire. Cela l'a mis très en colère. Mon vampire a bien des défauts mais pas celui là. Mes parents ont eu leur heure de gloire.. Quand ils furent exécutés. »

« Je ... suis désolé Aurora. »

Je me sentais mal de savoir qu'elle était orpheline, comme moi. Je me posais beaucoup de question. On pouvait lire dans ses yeux, un profond attachement vis-à-vis de son vampire alors qu'il était à l'origine de la mort de ses parents. A s'y perdre.

« Ne le sois pas, » fit-elle, froidement. « Ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient. »

« Et tu es devenue son calice ? » lui demandai-je pour changer de sujet.

« Oui. »

Aurora me lança un regard, me faisant comprendre que je n'obtiendrais pas plus de renseignements. Cela m'allait car je ne m'attendais pas à ce qu'elle se confie si rapidement. Nous étions dans une petite cour, le château dans le dos. D'une main sur l'épaule, la jeune calice me montrait plusieurs bâtiments.

« A gauche, c'est le Grand Conseil ! Tu y trouveras toutes les archives de notre cité ainsi que quelques textes écrits par d'anciens calices. C'est aussi l'endroit où la loi est appliquée. A droite, c'est le bastion des gardes. Je ne te conseille pas de mettre les pieds là bas. Ils n'ont aucun scrupule à s'attaquer aux calices. »

« Charmant ! » murmurai-je.

« Nous ne sommes pas très bien vus, on a juste plus de poids que les esclaves. »

« A juste titre, calice Aurora. » fit une voix derrière nous.

D'un même geste, nous nous retournâmes pour observer un homme, de type caucasien. Très bel homme malgré une large cicatrice lui zébrant le visage. Toutefois, son regard me mettait mal à l'aise. Quelque chose en lui ne me revenait pas. Aurora se tendit à mes côtés, ses yeux bleus devenant couleur métallique tant la colère irradiait d'elle.

« Conseiller Ardès ... »

« Salutations, calices. »

Décidé à ne pas lui parler, je le snobai comme je savais si bien le faire avec Malfoy. Aurora me donna un coup de coude, m'observant comme si je commettais une énorme erreur.

« Quoi ? »

« Je vois, calice Aurora, que votre emprise sur vos sujets se résume à très peu de choses. Il serait bon temps qu'une autre personne siège à la tête du Trium. » énonça le conseiller.

« Chose qui vous ferait très plaisir conseiller, je n'en doute pas. Je présume que votre calice serait plus à même de remplir ces fonctions. »

« Ne soyez pas insolente, même notre Seigneur et Maître ne peut être aveugle face à votre attitude. »

« Veuillez m' excuser Conseiller si je vous ai offensé. Je ne suis pas au courant de toutes les lois. Je viens tout juste d'être fait calice. » intervins-je pour calmer le jeu.

« Qui est votre calicier ? »

« Severus Snape. »

Un grognement énervé sortit de la gorge du vampire alors qu'il faisait demi-tour, sans plus de cérémonie. Encore un fan de Severus. Aurora se détendit mais son visage conserva un air grave.

« Sois prudent Harry ! Ce monde est nouveau pour toi mais cette excuse ne pourra pas éternellement te sauver. »

« Qui est cet homme ? Et de quoi voulait-il parler ? »

Aurora me fit signe de reprendre la marche jusqu'à un petit jardin fleuri où nous nous assîmes sur un banc de pierre.

« Les calices ont un statut spécial dans le Royaume. Ils se gouvernent eux-mêmes, même s'ils doivent rendre des comptes au Grand Conseil. Le Trium est notre gouvernement si tu veux, et j'en suis à la tête. »

« Excuse-moi si je suis maladroit, mais comment est élu ce gouvernement ? »

« Non, cela te concerne entièrement. Toutes les décennies, une élection est organisée au cours de laquelle les calices sont rassemblés durant toute une semaine, en huit clos. Aucune intervention extérieure, aucun vampire. »

« Mais comment nourrit-on nos vampires ? » m'exclamai-je.

« Nous préparons des fioles de sang. Ils râlent beaucoup mais la loi est la loi. » rigola Aurora.

Durant une bonne heure, elle m'expliqua le fonctionnement du Trium, les élections, les divers rassemblements ainsi que quelques anecdotes. Plus j'en apprenais et plus cela m'émerveillait. Toutefois, je me demandai s'il n'y avait pas un livre pour résumer toutes ces informations. Je n'étais pas vraiment au bout de mes peines.

« Mais attends, comment Ardès peut mettre son calice à la tête ? Si je comprends bien ce que tu me dis, il n'est pas très populaire. »

« Il connaît beaucoup de monde et les calices peuvent être influençables de par leur vampire. Tu dois savoir qu'il a régné un temps sur le Trium grâce à son calice. »

« Et tu l'as détrôné ! »

« Non. Son calice a été répudiée. » fit-elle tristement.

D'un geste maladroit, elle se leva, s'essuyant les yeux du revers de la main. Quelque chose me manquait pour comprendre le pourquoi du comment. Aurora me scruta avant de me prendre par le bras. Dans un silence religieux, je la laissai me conduire dans un dédale de rues, jusqu'à sortir de la ville.

« Où va-t-on ? » lui demandai-je alors que nous grimpions une pente rocheuse.

« Chut ! »

Marmonnant devant cet ordre à peine déguisé, je la suivis jusqu'à ce qu'elle s'immobilise près du précipice. En contre bas, je pus distinguer une grande ferme, isolée de tout et de tous. Ma curiosité piquée à vif, je scrutai le moindre signe de vie avant d'apercevoir une forme humaine, habillée de gris.

« Qui est-ce ? » Murmurai-je, fasciné.

Aurora ne me répondit pas tout de suite, contemplant elle aussi cette femme. De taille moyenne, elle possédait un visage d'une rare beauté où tristesse et colère semblaient figées pour l'éternité. De longs cheveux couleur miel encadraient son expression. Seule une mèche blanche détonait avec le reste de sa chevelure. Elle était vraiment belle.

« Aeryn la bannie. » souffla Aurora avec douleur.

« Tu la connais? »

« Elle a été mon mentor quand Kale m'a prise en tant que Calice. C'est elle qui m'a enseigné le don du calice. »

Je rêvais de lui demander plus de renseignements sur ce fameux don mais une autre question me taraudait.

« Pourquoi est-elle bannie ? »

« Son vampire l'a laissée assumer l'entière responsabilité d'un crime qu'il avait commis. Elle a été châtiée pour tentative de meurtre sur sa personne. »

« La cicatrice d'Ardès. » soufflai-je.

« Oui. Aeryn a tenté de le tuer mais elle a échoué. »

« Mais tu as dit qu'il voulait la remettre sur le trône du Trium ... »

« J'ai parlé de son calice, non d'Aeryn. » m'interrompit-elle.

« Tu veux dire que ... »

Je ne comprenais plus rien à rien. Severus m'avait pourtant signalé qu'un calice ne survivait pas à la perte de son vampire. Techniquement, elle ne l'avait pas perdu mais un autre calice l'abreuvait. Bon sang, c'était d'un compliqué.

« Le lien n'est pas rompu entre Ardès et elle, il est seulement atténué. Je n'ose imaginer la torture que cela doit être pour elle. Harry, comment réagirais-tu si Severus mordait un autre calice que toi ? S'il lui faisait l'amour ? S'il te trahissait, t'abandonnait ? »

« Je le tuerais ! »

Mon ton était hargneux, me surprenant au plus haut point. C'était comme si ma nature de calice s'était imposée à moi, me faisant réagir de la sorte. Encore chamboulé, je posai une nouvelle fois mon regard sur Aeryn. Elle était assise sur un banc, le visage dans le vague quand soudain, elle se retourna vers nous.

« Depuis combien de temps est-elle bannie ? »

« Cela va faire cinquante ans. Cinquante longues années à garder le silence, à ne voir personne, tout en ayant conscience de la tromperie de son vampire. »

« C'est horrible. »

« Harry, tu ne dois pas l'approcher, je ne te connais pas mais quelque chose me dit que tu es du genre à braver tous les interdits face à une injustice. Cette histoire te dépasse, oublie la. »

« Mais ... »

« Je t'ordonne d'obéir Calice Harry. » me coupa-t-elle d'un ton froid.

Aurora posa une main apaisante sur mon épaule. Je ne savais pas pourquoi mais je me sentais si proche d'Aeryn, comme si son sort me tenait particulièrement à cœur. Je comprenais mieux la colère de ma nouvelle amie envers le conseiller. Ce vampire aurait mérité la mort.

« La loi est très claire ! Une calice bannie est indigne, tu mettrais en péril l'honneur de ton calicier. Aeryn est condamnée à mourir seule, d'attendre que le lien soit rompu pour que la vieillesse la rattrape et que la mort l'emporte. En attendant, elle est enfermée ici.»

« Pourquoi Ardès ne met-il pas fin à son calvaire ? » m'emportai-je.

« Parce qu'elle est sa chose et qu'il ne laissera rien ni personne la lui enlever. Je sais qu'il lui rend visite pour la mordre et réactiver ainsi le lien. »

« C'est ignoble ! »

Je ne pouvais plus en entendre davantage. Ce monde était cruel, les vampires des êtres ignobles et sans cœur ! Et en même temps, j'éprouvais l'envie de me blottir contre Severus, qu'il me morde, me fasse l'amour. Le calice en moi avait peur, peur de subir le même sort.

« On ne bouge plus. » leur ordonna une voix grave et rauque.

« Oh non. » murmura Aurora en avalant difficilement sa salive.

« Quoi ? »

« Les ennuis. » répondit-elle laconiquement.

Derrière nous, armés d'épées comme celle de Caleb, se tenaient une dizaine de guerriers. Leur visage grave ne me disait rien qui vaille et l'attitude d'Aurora non plus. Dans quelle galère m'étais-je encore fourré ? Severus allait me trucider !

A suivre…


Note de l'auteur

Gwladys Evans : Le jour où Harry apprendre à rester sage, les poules auront des dents mdrr En tout cas merci pour ta review =)

Lukas Black : J'ai hésité et puis après, je l'ai vraiment imaginé comme une ancienne cité avec beaucoup de lois.

Emy : Merci pour ta review =) J'espère que ma fic continuera à te plaire et ouep, j'aime pas les fins tristes xD Donc avec moi, c'est Happy End à coups sûrs =)

Lalita : Merci beaucoup =) J'espère que mon monde inventé tiendra la route car il va y avoir plein de règles, de lois, d'événement ! Un coup à ce qu'Harry se perde mdr