Démons, 2e opus

Les Fazerhs

« Végéta est une sorte de mémoire vivante,

le seul moyen de faire revivre tout un peuple,

qui malgré ses apparences brutales possédait

une véritable culture, des traditions millénaires

et surtout une incroyable volonté de survivre

qui entraîna finalement sa perte. »

La Légende du Peuple Saiyen


Chapitre 9 : Résurrections ?

« Nappa ? » Toute l'assemblée, exceptée Mira, au chevet de Yamcha, et Bulma, toujours à ses expériences, entourait Végéta et le plus petit des envoyés d'Enma. Ils attendaient, en silence, guettant le moindre signe sur le visage de Végéta, étant donné qu'ils ne pouvaient pas entendre Nappa.

« Tu as la formule ? »

Un court silence.

« Bien. Donne-la-moi. »

Un silence plus long. Beaucoup plus long. Le visage de Végéta restait tendu. De plus en plus tendu. Quelque chose se passait. L'aura de Végéta était celle d'un combat. Soudain, sur un ton impérieux, sans crier mais juste assez fort pour laisser présager des conséquences d'une désobéissance, Végéta lança :

« Nappa, je t'ordonne de me donner la formule. »


Les Saiyens étaient sortis des grottes de l'Hadès depuis dix minutes à peine. Et ça n'avait rien eu d'une promenade de santé. Les démons en bas étaient pires encore que ceux des Enfers du dessus. Mais ils avaient réussi à retrouver ce gnome d'Abarthagel, auquel ils avaient déjà eu affaire une ou deux fois depuis qu'ils étaient là. Tous attendaient, se demandant si leur mission avait bien eu un but ou si Nappa était vraiment devenu fou. Une nouvelle fois, il leva les yeux, et se mit à parler tout seul.

Ainsi il n'avait pas rêvé. C'était bien Végéta qui lui avait confié cette mission. Il s'était mis à en douter dans les mines de l'Hadès. Mais cette voix était bien celle du Prince des Saiyens. Il n'avait eu qu'à l'entendre à nouveau pour en être sûr.

« Oui Végéta ? »

« Tu as la formule ? »

« Oui, je l'ai. »

« Bien. Donne-la-moi. »

« Mais… qu'est-ce qui m'oblige à te la donner ? » Pas de réponse. « C'est vrai, il parait que tu t'es installé sur Terre, bien tranquillement. Que tu as renoncé au combat. C'est ce qui se dit, ici, aux Enfers. Il parait même que tu t'es trouvé une femme terrienne. Que tu nous as oubliés. Je ne sais pas si tu es encore digne d'être notre Prince, Végéta. Pire, je ne sais pas si tu es encore digne d'être un Saiyen. » Un nouveau silence suivit. Avant que Végéta, enfin, ne se ressaisisse.

« Nappa, je t'ordonne de me donner la formule. » Le grand Saiyen sursauta, et baissa la tête, serrant les dents. Il ne pouvait pas désobéir. Malgré tous ses efforts, il ne pouvait pas.

« Bien Végéta… »


Il se passait quelque chose. Personne ne savait vraiment quoi, mais tous étaient suspendus aux lèvres de Végéta. Il avait utilisé un ton si… ancien. C'était le Végéta d'il y a vingt ans qui venait de parler. Seul Piccolo s'en était vraiment rendu compte. Soudain, les traits de Végéta se détendirent, et il souffla avant de prononcer ces mots aux tonalités gothiques :

« Alamrak niassamrrh talrinok krisistar tretkerrh prrahmkaltirrhs. »

Un sifflement emplit bientôt le ciel autour du palais. Bien vite, tout le monde repéra cinq ou six boules de lumières, venues de direction différentes, qui se réunirent en un point, à proximité du palais. Une petite explosion accompagna la réunion, et de minuscules particules lumineuses s'évaporèrent dans les airs.

Le groupe resta silencieux un moment. Sangoten brisa le silence.

« Alors c'est fini ? »

Dendé hocha la tête. « Je crois. » Un cri plus qu'aigu monta des pièces inférieures du palais, annonçant l'arrivée de Bulma.

« Les Fazerhs ! Ils ont disparu ! » Elle s'arrêta net, devant les trois envoyés d'Enma.

« C'est qui ceux-là ? »

« Des hommes du Roi Enma. Grâce à eux et à Végéta, nous avons pu éliminer les Fazerhs. » Bulma resta abasourdie quelques minutes. Et soudain, elle explosa.

« Ah ben c'est sympa ! Je me décarcasse pendant des heures pour vous trouver une solution, et vous vous faites les malins avec trois extra-terrestres, vous réglez le problème en deux temps trois mouvements, et qui c'est la bonne pomme, c'est Bulma ! »

Toute l'assemblée attendit calmement que la tempête passe. Bulma reprit son souffle, et sur un ton beaucoup plus calme, presque incrédule, elle murmura :

« Alors on est sauvé ? » Bra sauta au cou de sa mère, pendant que les autres souriaient à ce changement radical d'émotion, qui était la spécialité de Bulma.

Au même moment, à trois points différents du globe, cinq personnes ressentirent à la fois la surprise et le soulagement.


L'incendie avait disparu… avant même que Pan ne récolte assez d'énergie pour son kaméha. Tous les trois étaient prostrés, silencieux… Est-ce que cet incendie avait été une hallucination ? L'extrême étonnement et la totale incompréhension de Tortue Géniale et Lan To furent rompus par le ton déçu de Pan, qui lança aux arbres :

« Hé ! J'ai même pas eu le temps de me battre ! »

Tortue Géniale se releva, et concentra toute son attention sur les fameux parchemins. Il les sortit de leur cache, dans la pierre de l'autel, et les déplia. Il y en avait une vingtaine, sur lesquels se mêlaient dessins et signes étranges.

Le vieux maître s'arrêta sur l'un d'eux. Il représentait un groupe d'hommes affolés, entourés de différentes créatures plutôt difformes, aux contours floues, comme des nuées ou des brouillards. Et au-dessus, sept boules de tailles et de couleurs différentes, parfaitement alignées, desquelles venait une sorte de rayon rouge.

« C'est ça, ton trésor ? »

« C'est ça, Pan. »

« C'est nul… »

« Petite inculte », répliqua Torte Géniale, faussement vexé. « Bon, à présent, on file chez Dendé. » Il se tourna vers leur jeune guide. « Lan To, merci pour tout. »

« Merci à vous. C'était… sympa comme promenade. Et puis, je pourrais dire que j'ai affronté les flammes avec le grand maître Mutenroshi. » Sur ces mots, il s'inclina.

« Je pense que… nous allons être amenés à nous revoir, Lan To Han. »

Il sourit au jeune homme, et se cramponna aux épaules de Pan.

« En avant ! » La petite fille décolla, un peu brutalement, et ne s'aperçut que quelques vingt mètres plus haut qu'elle avait perdu Tortue Géniale en route.


Sangohan se remettait de ses émotions, en tentant de comprendre. Son regard se posa sur Caline, aussi surprise que lui. Avait-elle des… pouvoirs ? C'était assez peu probable. En tout cas, il était vivant, et il pouvait la remercier. Sans elle, sans les quelques minutes qu'elle lui avait fait gagner, il aurait rejoint Krilin, C18 et Trunks. Autre fait étrange, le corps du démon avait disparu.

« Ça va mieux ? »

« Oui… apparemment oui… » Il se remit debout, secoua ses bras et ses jambes pour vérifier leur bon fonctionnement, et un grand sourire illumina son visage. « Ça va même très bien. Merci. Merci pour tout. »

« Je… je n'ai pas fait grand-chose, je crois… »

« Oh si… je vous dois la vie. » Son visage se rembrunit soudain. « Mais… je suis désolé, il faut que je vous laisse. Si ce… démon s'est attaqué à moi… j'ose à peine imaginer ce qu'il a pu faire à ma fille. » Il quitta la pièce, puis la maison, sans un mot de plus. Et, une fois n'est pas coutume, Caline se retrouva toute seule, avec les émotions qu'elle venait encore de vivre. Décidément, elle avait atterri dans un drôle d'univers.


Yamcha arriva sur la terrasse, aux côtés de Mira, dont le sourire transparaissait au milieu des larmes.

« Vous avez… réussi ? » Le hochement de tête de Dendé, et le sourire de tous les autres, excepté bien sûr Végéta et les trois guerriers d'Enma, lui apportèrent une réponse positive, qui rassura tout son être.

« Et j'ai d'autres bonnes nouvelles. Sangohan va bien, tout comme Pan et Tortue Géniale. Ils seront là d'ici quelques minutes. » Un sentiment de joie intense envahit tout le groupe. C'était terminé, mais il fallait encore intégrer la nouvelle. Après les journées cauchemardesques qu'ils venaient de vivre, ils avaient du mal à y croire. Bulma ne put s'empêcher de penser à son fils, à C18 et à… Krilin.

« Euh… Dendé… Arrête-moi si je me trompe… je crois qu'on peut ressusciter Trunks et C18, mais… » Le jeune Dieu redevint grave, comme tous ceux qui l'entouraient. Maron déglutit, comme Dendé se tournait vers les trois guerriers. L'un d'eux prit la parole. Et comme à l'habitude, les autres poursuivirent.

« Nous avons commis une erreur. Nous aurions dû nous inquiéter davantage de ces boules de lumières qui sont sorties du dôme. »

« Nous avons cru à une ultime attaque. C'était oublier que nous ne sommes pas là pour croire. »

« C'est pourquoi Enma nous a autorisé à… »

« ... ressusciter… »

« ... vos trois amis décédés. » Dendé inspira profondément, comme pour mieux assimiler les paroles des trois sbires d'Enma. Piccolo observa son jeune ami. Voilà pourquoi il n'avait pas voulu utiliser les Dragons Balls. Au milieu des pleurs et des murmures de joie, d'incrédulité, même, Dendé s'écarta du groupe, prononça quelques mots en Namek, et trois corps surgirent de nulle part. Krilin, C18 et Trunks.

Les trois épées des guerriers furent pointées vers les corps encore morts, et une petite lumière, à peine visible, les entoura. Quand les trois paires d'yeux s'ouvrirent à la vie, une foule d'émotions traversa le palais céleste. Au milieu des pleurs, des accolades, des embrassades et des explications, qui durent être répétées un nombre incalculable de fois tant l'émotion les rendait difficiles à donner et à comprendre, personne ou presque ne remarqua l'arrivée de Tortue Géniale et Pan.

« Ma chérie ! » Sans comprendre ce qui lui arrivait, Pan se retrouva bientôt serrée dans les bras de sa mère comme jamais elle ne l'avait été.

« Maman… hé, maman… chuis pas morte ! » Entre deux sanglots, Videl regarda sa fille qu'elle avait cru perdre tout le temps où elle l'avait su en danger, malgré les mots rassurants de Dendé.

Tortue Géniale, surpris de voir autant de monde ici, fut accosté par le jeune Dieu.

« Bonjour Tortue Géniale. »

« Bonjour Dendé. Je crois que… qu'il s'est passé des choses en notre absence. »

« Oh, bien des choses, oui. Ne t'inquiète pas, ils t'expliqueront tout. Mais… tu as quelque chose pour moi, non ? »

« Oui… oui, j'ai cru bon de te l'apporter. Vois-tu, ce sont des parchemins très anciens. Ils parlent d'une prophétie. Une prophétie qui m'est revenue en mémoire après le retour de… du démon Piccolo. » Il tendit la feuille qu'il avait conservé au jeune Dieu.

« Hmm… je vois. Et je comprends mieux. Mais… gardons ça pour nous. Pour le moment. Il ne faut pas gâcher ces retrouvailles. » Tortue Géniale fronça un sourcil.

« Retrouvailles ? »

« Va voir tes élèves. Ils t'expliqueront. »

Le cercle qui s'était formé autour des trois miraculés avait quelque chose d'étourdissant. Les questions fusaient, les réponses essayaient de suivre. L'une d'entre elles imposa le silence.

« Alors Krilin, c'était comment la mort ? »

« Bien ! » Sangoku, comme les autres, resta hébété quelques minutes. Il avait lancé cette question sur le ton de l'humour, et Krilin semblait avoir répondu le plus sérieusement du monde. Il passa une main derrière sa tête en riant.

« Non, c'est vrai ! Cette espèce de dimension étrange où on flotte quand on est tué par un démon… j'y ai presque éprouvé du plaisir. Il faut sans cesse se battre, spirituellement, virtuellement. On est harcelé par des esprits maléfiques, mais… c'était bien. » Personne n'osa répondre, attendant un signe qui leur prouverait que Krilin faisait de l'humour… Certains interrogèrent C18 du regard.

« Ne me regardez pas comme ça, il ne plaisante pas. Cet imbécile s'est vraiment amusé. »

« Oui… c'est pour ça que… Ten Shin Han, je me demandais si je pouvais… m'entraîner avec vous… pour quelque temps seulement. Mais j'ai envie de reprendre le combat. Je l'ai su au moment où j'ai lancé mon kaméha sur ce… Fazerh, c'est bien ça ? »

Le guerrier aux trois yeux, surpris, hésita et jeta un regard à Dendé. Le jeune Dieu lui sourit et hocha la tête. Ten Shin Han revint à Krilin, et haussa les épaules, souriant à son tour.

« Pourquoi pas ? »

Une heure plus tard, toute l'assemblée s'était séparée. Chacun était retourné chez soi, avec sa part de bonheur. Sangohan avait rejoint le palais quand il avait senti l'énergie de sa fille, qui volait dans cette direction. Il ne restait plus à présent que trois personnes, les habitués, sur la terrasse du palais. Piccolo et Dendé observaient le dernier point lumineux, Yamcha, qui s'éloignait dans la lumière de cet après-midi-là. Mister Popo, quant à lui, était retourné à ses occupations habituelles.

« Il y a quelque chose qui ne va pas, n'est-ce pas ? » Dendé, sans détourner le regard de l'infini du ciel, répondit à son ami.

« Tortue Géniale m'a apporté un très vieux parchemin qui apporte des réponses, mais qui en même temps n'augure rien de bon. Je pense qu'il va falloir se battre. » Piccolo ne posa pas de question sur ce parchemin. Il savait que Dendé ne dirait rien de plus. Mais il y avait autre chose.

« Et ? »

« Et… il y a un vaisseau extraterrestre qui s'approche de la Terre. En fait, ce n'est pas un danger. Mais autre chose. Je ne sais pas quoi, mais ça risque d'apporter… son lot de malheur. »

« Hmm… nous en aurons le cœur net dans quelques jours. »


Le repos. Après ces heures angoissantes, voilà ce que tous demandaient. Du repos. Chacun était reparti dans sa direction, excepté Ten Shin Han et Chaozu, qui avaient été invités par Krilin. Il avait surpris tous ses amis, et même sa fille, au palais céleste. Il avait rassuré Maron. Il ne partirait que quelques mois, le temps de se faire plaisir, de retrouver le goût des arts martiaux. Leur départ était programmé pour le lendemain.

Ils discutaient, assis autour de la table du jardin, dans la fraîcheur du soir. C18, silencieuse comme à son habitude, paraissait en plus songeuse. Alors que Chaozu et Krilin se remémoraient pour la énième fois leur combat contre le démon Piccolo, il y avait plus de trente ans maintenant, la cyborg se leva.

« Tu pars demain, c'est ça ? »

« Euh… oui. »

« Maron, ça te dirait d'aller passer les vacances chez ton oncle ? »

Sa fille la regarda, surprise, avant qu'un sourire illumine son visage. « Génial ! » Krilin, surpris lui aussi, regardait toujours sa femme.

« Mais… pourquoi ça te prend d'un coup, comme ça ? Alors que tu ne veux jamais y aller quand je te le propose ? »

« Comme ça. » Krilin la regarda un moment en silence, perplexe. Puis il se résigna à ne pas comprendre, et sourit.

« Tu ne changeras jamais… »


Trunks était arrivé à la Capsule encore sonné par sa mort récente. Il le fut encore plus en arrivant chez lui. Pearl lui apprit que Caline, sa secrétaire, était logée par Bulma. Le temps de trouver un appartement.

Les sentiments de Pearl étaient mêlés. Elle en voulait à cette petite blondasse de secrétaire. Elle en voulait aussi à Bulma de l'accueillir. Et puis, elle en voulait à Trunks d'avoir pu laisser une jeune femme qu'il employait dans une situation aussi précaire. Finalement, elle ne savait plus très bien à qui elle en voulait. Elle avait refusé le baiser de Trunks quand celui-ci était revenu à la vie.

« Trunks je… ça ne va pas. Pas du tout. Et… toi non plus. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? »

« Que je pense qu'on devrait arrêter. Au moins pour un temps. Alors je… je vais habiter quelque temps chez Sarah, avec Kesshô. Le temps qu'on réfléchisse tous les deux. »

Trunks se leva brusquement, et marcha nerveusement dans la pièce.

« Trunks… il le faut… » Pearl parvint tant bien que mal à retenir un sanglot.

« Mais tu… je viens de mourir, merde ! Et de ressusciter ! Et toi tu m'annonces que tu me quittes ! »

« Ça fait trop longtemps que ça dure… Si on ne s'arrête pas tout de suite, ça sera pire encore. J'ai beaucoup réfléchi pendant que… » Elle se tut, laissant place à la colère de Trunks.

« Pendant que je me faisais bousiller par des démons ! Pendant que je me décarcasse pour faire tourner une entreprise ! Et merde ! Merde ! J'en ai marre de vous ! De vous tous ! J'aurais mieux fait de rester crevé, tiens. Bonsoir. »

Les sanglots de Pearl éclatèrent finalement, une fois que Trunks eut claqué la porte.


Le lendemain, Krilin, Ten Shin Han et Chaozu volaient à toute vitesse au-dessus de l'océan. Krilin ne comprenait pas vraiment où ses amis l'emmenaient. D'après tous les atlas, et ses propres connaissances, il n'y avait par-là que la mer.

Ils s'arrêtèrent d'ailleurs au milieu de l'océan. De tous les côtés, il n'y avait que le bleu calme, presque plat, de la mer et du ciel.

Ten Shin Han semblait attendre quelque chose. Krilin comprit au bout de quelques minutes qu'il fredonnait quelque chose, très bas, à peine un murmure. Soudain, Krilin sentit des picotements dans tout son corps, et sa vision changea. Un immense continent s'étendait environ un kilomètre plus loin. Une terre qui venait d'apparaître… même pas d'émerger, mais d'apparaître de nulle part.

« C'est… c'est incroyable… Je ne savais même pas que ça existait. »

« Il y a bien d'autres choses à découvrir ici, Krilin. Bien d'autres choses. »


Trunks n'en croyait pas ses oreilles. Il avait peine à se rendre compte que sa mère était très sérieuse.

« Écoute Trunks. Je sais que ce n'est pas facile, mais crois-moi, c'est bien mieux pour toi. Je… j'ai fait une erreur en te confiant la direction de l'entreprise si jeune. Alors dès demain, je reprends les rennes, le temps de trouver un autre PDG. Et toi, prends-toi des vacances. Réfléchis à ce que tu veux vraiment faire. » Trunks secoua la tête.

« Mais c'est un complot, ma parole. Qu'est-ce que j'ai pu faire pour que vous me retiriez tout, comme ça ? »

« Ne t'énerve pas, Trunks. Je veux juste que tu te reposes. Quand tu seras prêt, tu reprendras ta place dans l'entreprise, ne t'en fais pas. »

« Ne t'en fais pas ! Je me retrouve du jour au lendemain, comme ça, sans femme, sans travail ! Vous me faites bien rire ! » Sur ces mots, Trunks quitta la maison, et claqua une deuxième porte en moins de vingt-quatre heures.

Il volait à présent à en perdre haleine. Pearl le rejetait. Caline l'avait soigneusement évité tout le temps qu'il avait été chez sa mère. Et à présent, on lui retirait la Capsule Corp. Finalement, il se demandait vraiment s'il n'aurait pas dû rester mort.


Lorsque C18, portant Maron sur son dos, se posa auprès de la maison de son frère, elle crut d'abord qu'il était encore parti en vadrouille. Mais le cyborg les interpela, dans leur dos.

« Ma sœur ! Que me vaut l'honneur de ta présence ? Je ne te dois pas d'argent je crois. »

« Arrête un peu tes sarcasmes et… » Elle s'interrompit quand elle se tourna vers son frère. Maron porta la main à sa bouche, avant de pouvoir articuler :

« Ta… ta jambe… qu'est-ce qui t'est arrivé ? »

« Oh, ça… » C17 s'avança, et la jambe de bois qui le supportait, au côté gauche, apparut mieux encore à la lumière du jour. « C'est juste un accident. »

« Je m'en doutais. » Maron regarda sa mère sans comprendre. Puis les rouages se mirent en place dans sa tête. C18 avait pensé à son frère hier soir, pendant que Krilin parlait des Fazerhs, et de la formule. Et cette formule, si elle avait bien été « tous ceux qui se sont mis en travers de notre chemin », concernait aussi C17… C'est lui qui avait abattu ce monstre, venu il y a trois ans, et qui avait enlevé Bra et attaqué Pan.

« Tu sais qui t'as fait ça ? » C17 regarda sa nièce, puis sa sœur.

« Une espèce de gnome tout vert. Je l'ai tué aussitôt. Il a fait tomber un arbre centenaire alors que je chassais. » Il les regarda un moment, intrigué. Puis son regard s'illumina. « Mais… vous étiez au courant ? Oui, c'est ça ! Vous étiez au courant pour ce gnome et vous ne m'avez pas prévenu ! Ah, bravo la famille. »

« Arrête de râler, c'est plus compliqué que ça. Et ne te plains pas, on s'installe pour deux mois. »

« Deux mois ? Deux femmes à la maison pendant deux mois ? Et tu voudrais que je ne me plaigne pas ? »

C17 continua ses jérémiades jusqu'à ce que sa sœur le fasse taire. Mais Maron savait bien qu'il était heureux de les accueillir, toutes les deux. Et ces deux mois de vacances allaient être formidables.

Ainsi vécurent, finalement, Trunks, Krilin et C18.

Fin du deuxième opus

Épilogue

Un vaisseau, de taille relativement modeste, atterrit dans le jardin de la Capsule. Deux créatures, de forme à peu près humaine, en descendirent par un sas-ascenseur. Ils avancèrent sur la pelouse de la demeure de Bulma et Végéta tout en analysant le paysage extérieur.

Le Saiyen avait senti ces puissances depuis la veille. Elles n'étaient pas énormes. Mais il se demandait ce que venait faire ces extraterrestres chez lui. Le vaisseau qui avait accosté n'était qu'un émissaire. Le vaisseau-mère était toujours dans l'espace, en orbite autour de la planète. Intrigué, Végéta était donc sorti de la salle d'entraînement, avait enfilé une chemise, et avant que Bulma ne se rende compte qu'un vaisseau abîmait sa pelouse, était allé au-devant de deux curieux êtres. Ils portaient chacun une cape, l'une violette l'autre rouge, et un étrange insigne que Végéta ne connaissait pas. Ils s'inclinèrent tous deux quand le Saiyen fut à leur hauteur.

« Prince Végéta ? » Il hocha la tête, intrigué.

« Vous êtes accusé de vingt-quatre crimes d'annihilation, de cent-douze génocides et de deux mille six cent quatre-vingt-six crimes de guerre. Aussi, nous vous demanderons de bien vouloir nous accompagner sur la planète Teucer où le Tribunal Suprême statuera sur votre sort. Vous avez soixante-douze heures pour faire vos bagages. »