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Pour un cœur nu
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Titre : A Contre Courant
Auteur : Pumtreacle
Rating : M
Pairing : HPDM
Disclaimer : Tout est à JKR.
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Résumé : Après son divorce et l'arrêt prématuré de sa carrière d'Auror, Harry pensait avoir le temps de souffler. Mais sa vie prendra une direction inattendue, suite à l'hospitalisation de George et ses retrouvailles avec un certain psychomage blond au foutu caractère…
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~ Dave Thomas Jr – I Can't Make You Love Me ~
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Voici le chapitre 9 d'À Contre Courant.
Joyeux Noël à toutes et à tous.
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02 juillet 2006, 15h08.
Harry regardait fixement la bâtisse depuis plusieurs minutes. Cela faisait deux semaines qu'il n'avait pas mis les pieds à Ste Mangouste. Il vérifia l'heure sur sa montre et se décida à entrer.
Il marcha lentement jusqu'à la cafétéria et commanda un café. Noir et riche en saveur, comme l'aimait Draco. Une fois son gobelet dans les mains, il rejoignit l'étage où se trouvait le bureau du blond. Sans même s'en rendre compte, il se mit à faire des allées et venues le long du couloir, jusqu'à ce qu'une voix familière le fasse se retourner vivement.
- « George ! », s'exclama-t-il en s'approchant. « Comment s'est passé... »
Il s'interrompit en apercevant une chevelure claire disparaître derrière une porte fermée précipitamment.
- « Un problème avec Malfoy ? », demanda-t-il à George. Celui-ci haussa les épaules.
- « Non, mais il semblait pressé. Un rendez-vous important. »
- « Oh. Je vois... »
Harry se racla la gorge et tendit à son ami le café auquel il n'avait pas touché.
- « Tiens. Euh, c'est pour toi. »
George le remercia et tous les deux se dirigèrent vers l'entrée de l'hôpital.
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06 juillet 2006, 10h29.
La porte s'ouvrit en grand, faisant sursauter Harry. Il bredouilla un « Bonjour » auquel George répondit d'un signe de la main. Voyant Draco sortir du bureau, Harry ouvrit la bouche pour prendre de ses nouvelles mais fut coupé dans son élan, le blond s'éloignant déjà en marmonnant « A la semaine prochaine, Weasley. ».
« Je suppose qu'il a encore un rendez-vous urgent. », remarqua Harry en s'efforçant de ne pas paraître amer.
« Il semblerait. », lui confirma George avec un certaine gêne. « Je pensais aller voir Ron à la boutique, il a quelque chose à me montrer. », ajouta-t-il. « Veux-tu venir ? »
Le brun secoua la tête. « Vas-y, on se verra plus tard. Je comptais rendre une petite visite à mes anciens collègues. »
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06 juillet 2006, 10h43
Les rues débordaient d'agitation. Touristes et londoniens se promenaient tranquillement, profitant du soleil et du début de l'été. Harry contourna un groupe de jeunes filles qui gloussaient en lisant un magazine et traversa la rue. Il s'arrêta devant une vieille cabine téléphonique dont la peinture rouge semblait avoir connu des jours meilleurs. Une fois à l'intérieur, il s'empara du combiné et composa le numéro 6-2-4-4-2. Pendant un moment, rien ne se passa, puis la cabine s'enfonça dans le sol, le menant ainsi à l'atrium du Ministère de la Magie.
Il se fraya un chemin parmi la foule de sorciers présents dans le hall et se dirigea vers les ascenseurs.
- « Harry ! »
Reconnaissant la voix d'Hermione, il s'arrêta et se retourna pour saluer son amie.
- « Salut, Mione. », lui dit-il en la prenant dans ses bras. « Qu'est-ce que tu fais ici ? Je croyais que tu étais en repos jusqu'à la semaine prochaine. »
- « On m'a autorisée à reprendre le boulot plus tôt que prévu. Je dois passer au niveau 3, le Département des Accidents et Catastrophes Magiques a besoin que je signe des documents, vu que deux de leurs agents ont fini à Ste Mangouste hier. »
- « Encore cette histoire de chaudrons piégés dont n'arrête pas de parler la Gazette ? »
- « Non, cette fois il s'agit de tasses ensorcelées particulièrement voraces. Elles ont tout bonnement englouti les cheveux de plusieurs Moldus. Et quand les Oubliators sont arrivés, elles ont dévoré leurs baguettes... et leurs mains ! », précisa la jeune femme. « Le résultat n'était pas beau à voir. »
- « Merlin ! », s'exclama Harry en grimaçant. « Je ne veux même pas imaginer ce que tu vois tous les jours à Ste Mangouste. »
Hermione haussa les épaules, blasée, et l'entraîna vers l'ascenseur le plus proche.
- « Tu vas à quel étage ? »
- « Niveau 2. »
- « Pourquoi as-tu besoin de voir les Aurors ? », lui demanda Hermione, étonnée.
- « J'espère obtenir quelques informations sur une affaire qui m'intéresse. »
- « Harry, tu ne devrais pas profiter de tes contacts pour t'immiscer dans des affaires privées. Ce n'est pas correct ! », le réprimanda Hermione en fronçant les sourcils. « De quel type d'affaire s'agit-il ? », demanda-t-elle néanmoins.
- « Rien de grave, ne t'en fais pas. », éluda le brun. « J'aimerais simplement être informé avant la presse. »
Tous deux s'engouffrèrent dans la machine et s'agrippèrent à une poignée, juste avant que l'ascenseur se lance à toute vitesse vers les étages inférieurs. Arrivé au niveau 2, Harry fit un signe à son amie et s'éloigna.
- « On en reparle plus tard, Harry ! », lui cria-t-elle.
Il ne prit pas la peine de lui répondre, espérant secrètement échapper à une discussion embarrassante. Il se dirigea vers le QG des Aurors, où deux de ses anciens collègues l'accueillirent avec joie et l'entraînèrent vers leur bureau.
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06 juillet 2006, 19h48.
Le ciel commençait à s'assombrir lorsqu'il transplana devant le Terrier. La porte s'ouvrit sans qu'il ait besoin de signaler sa présence, et deux bras l'entourèrent fermement.
« Harry, mon chéri, te voilà enfin ! », s'écria Mrs Weasley. « Vite, entre avant d'attraper froid. »
Elle le traîna jusqu'au salon, où était rassemblé le reste de la famille. Il s'installa sur le canapé et fut immédiatement happé par son filleul.
« Bonjour, mon grand. », lui dit-il d'une voix douce. Il le serra dans ses bras, heureux de le retrouver.
Teddy avait passé son année scolaire dans un pensionnat de l'East Sussex, près d'Hastings, où habitait actuellement sa grand-mère. Parrain et filleul n'avaient donc eu que peu de temps ensemble au cours des derniers mois. Le garçon s'assit sur ses genoux et commença à lui raconter en détails tout ce qui lui était arrivé depuis leur dernière rencontre, deux mois plus tôt.
« … Et puis le week-end dernier, on a été à une fête médiévale, y avait une reconstition de combats, vu que c'est l'année des 940 ans de la bataille d'Hastings. C'était mortel ! »
- « Reconstitution. », le reprit Harry avec un sourire amusé.
- « Oui, voilà. J'ai pu me déguiser en soldat, avec une armure, une épée et tout. Bon, l'épée était un peu lourde, c'est vraiment moins pratique que des baguettes, mais c'était trop bien quand même. Et à la fin, ils ont fait exploser pleiiins de pétards dans le ciel. », lui expliqua Teddy en faisant de grands gestes.
Harry ne put s'empêcher de rire en voyant l'enthousiasme de son filleul. Il se pencha et chuchota à son oreille :
- « Il faudra demander à oncle Ronald de te montrer les pétards qu'il vient de commander pour le magasin de farces et attrapes. Ils explosent en formant des bouses de dragon, c'est plutôt drôle à voir. Mais chut ! », lui dit-il pour l'empêcher de pousser des cris de joie. « Pas un mot à Mamie Dromeda ou à Tante Hermione, sinon on sera tous punis jusqu'au siècle prochain ! »
- « Promis. », affirma solennellement le gamin. « Je jure sur la culotte à fleurs de Mamie Molly. »
- « Pardon ?! », glapit Hermione en s'asseyant près d'Harry. « Qu'est-ce qu'il vient de dire ? »
- « Oh, Teddy aime beaucoup la robe à fleurs de Molly. », mentit Harry avec aplomb, tandis que son filleul hochait vigoureusement la tête.
Hermione leur lança un regard soupçonneux mais n'insista pas.
- « Au fait, Harry ! Est-ce que les Aurors ont pu t'aider concernant cette enquête qui t'intéressait ? »
- « Une enquête ? », s'exclama Ron, soudainement attentif à leur conversation. « Pourquoi est-ce qu'Harry aurait quelque chose à voir avec une enquête du Bureau des Aurors ?! »
Le brun maudit mentalement ses deux « amis » qui avaient réussi à attirer l'attention de toute la famille en quelques secondes.
- « Ce n'est pas une enquête. », précisa-t-il de mauvaise grâce. « Juste une affaire en cours dont j'avais entendu parler. »
- « De quoi s'agit-il exactement ? », s'enquit M. Weasley, très intéressé.
Harry s'éclaircit la gorge, gêné.
- « Et bien... J'ai vu Draco Malfoy il y a trois semaines. Il m'a fait part de son intention de demander, cette année encore, une remise en liberté pour son père. Je voulais savoir où ça en était, mais je n'arrive pas à le joindre, donc j'ai demandé des informations aux Aurors. »
- « Draco pense vraiment que son père a une chance d'être libéré ? », demanda Ron. « La fouine a beaucoup changé ces dernières années, mais son paternel reste un sacré trou du cul. »
- « RONALD ! », s'exclamèrent en cœur Mrs Weasley et Hermione, ce qui entraîna le sursaut de toutes les personnes présentes dans la pièce.
« Surveille ton langage, jeune homme. », lui dit sa mère d'un ton menaçant. « Je ne tolérerai pas ta vulgarité sous mon toit, et surtout pas devant les enfants ! »
- « Désolé, Maman. », marmonna Ron, rouge jusqu'aux oreilles. « Alors, tu as pu apprendre quoi, Harry ? », lança-t-il dans l'espoir de changer de sujet.
- « Quelle importance ? », répliqua Ginny. « Je ne vois pas pourquoi tu persistes à vouloir parler de la famille Malfoy, cela n'a aucun intérêt. »
- « Harry en pince pour Draco. », expliqua son frère, déclenchant ainsi une série d'exclamations choquées, et un regard noir du concerné.
- « Ron. », le reprit sa femme pour la deuxième fois de la soirée. « La relation entre Harry et Draco ne regarde qu'eux, ce n'est pas à nous d'en parler. »
- « Mais... Harry, tu as donc bien une relation avec le jeune Malfoy ? », le questionna M. Weasley, l'air perdu.
- « Non. », affirma le brun, en essayant de ne pas rougir et en ignorant Molly qui se tordait les mains en gémissant (« Un Malfoy dans la famille Weasley... Que diraient nos ancêtres ? Merlin... ») Il soupira et lança un regard nerveux à son filleul qui, toujours sur ses genoux, écoutait leur échange avec attention.
- « Je ne vais pas nier avoir une certaine... attirance pour Draco. », avoua-t-il en choisissant ses mots avec soin. « Je sais que vous étiez septiques lorsque nous vous avons expliqué que c'était lui qui allait suivre George. Mais comme l'a dit Ron, il a changé. C'est un homme intelligent, charmant, qui a un humour caustique mais est aussi attentif aux autres. Et c'est un psychomage talentueux, je suis certain qu'il sera capable d'aider George. »
- « Merlin, alors tu es vraiment attiré par Malfoy ? », lui dit Ginny d'un ton hésitant.
Il acquiesça et soupira avec fatalisme.
« Ouais mais si je me fie au comportement qu'il a eu ces dernières semaines, je ne peux pas dire que cela soit réciproque, donc pas besoin de vous prendre la tête avec ça. »
Le silence se fit dans le salon, chacun intégrant peu à peu la nouvelle. Ce fut finalement Mrs Weasley qui sortit de son mutisme et adressa un sourire rassurant à son ancien-beau-fils.
« Les Malfoys sont une vieille famille de sorciers, mon chéri. Et il ont toujours eu la réputation d'avoir le cœur velu. Ne te formalise pas si l'un deux te semble distant. »
« Un.. Un quoi ? »
- « Enfin, Harry ! Un cœur velu ! », répéta Hermione. « Tu n'as donc pas lu l'intégralité des contes de Beedle le Barde quand nous étions jeunes ? »
Harry se retient de lui dire que le conte des trois frères lui avait suffi, et qu'à l'époque il avait un peu autre chose à faire que se taper la bibliographie de l'auteur.
- « En gros, ça parle d'un sorcier qui a le cœur velu parce qu'il choisit sa fiancée par orgueil et non par amour. », intervient Ron. « Il essaye d'échanger son cœur avec celui de la fille mais finalement ils meurent tous les deux. Et Draco est un peu du même genre que le sorcier, donc bon... »
« Ah. Merci, c'est vraiment encourageant votre histoire. », grogna Harry.
« Ce que mon crétin de frère voulait dire, », dit Ginny en levant les yeux au ciel, « C'est que comme le sorcier de l'histoire, les Malfoys ont une capacité émotionnelle assez limitée et ne sont pas du genre démonstratif. »
« Ne les écoute pas, Harry chéri. », reprit Mrs Weasley, en lui pinçant une joue. Un homme avec un cœur velu est peut-être froid mais cela ne veut pas dire qu'il ne perdra jamais ses poils ! Comme le dit ma chère Celestina Moldubec :
Les flaaammes de la passion
Firent bouilloooner le chaudroooon
Et son cœur pourtant veluuuu
En un instant redevient nuuuuu. »
« Bien. Passons à table. », déclara M. Weasley pour clore le débat. Il se leva et serra l'épaule d'Harry en passant à côté de lui. « J'espère que tout se passera comme tu le souhaites avec le jeune Malfoy. »
Celui-ci le remercia vaguement, un peu sonné suite à la discussion qui venait d'avoir lieu. Ron fit un signe discret à Harry et tous deux restèrent en retrait dans le salon.
« Écoute, mon vieux. », commença le roux. « Je te prie de m'excuser. Merlin sait que je ne pensais pas créer un tel bazar ! J'ai juste... Je n'ai pas réfléchi à ce que je disais, je suis vraiment désolé. »
Harry balaya ses excuses d'un geste de la main.
« T'en fais pas. Je comptais vous parler de Draco prochainement de toute manière. D'abord, parce que je voulais rassurer tes parents sur ses compétences en tant que psychomage, et puis parce que j'espérais que nos dernières entrevues nous rapprocheraient plus que ça. »
« Il y a un événement en particulier qui t'a fait penser qu'il ne se passerait rien avec lui ? »
« J'en sais rien. », soupira Harry, l'air sombre. « Il est distant en ce moment mais je n'arrive pas à savoir si c'est parce qu'il me fuit ou bien parce qu'il a beaucoup de choses à gérer. »
« Laisse-lui un peu de temps. », conseilla Ron. « Cette histoire avec son père le préoccupe forcément, c'est normal qu'il ait peu de temps libre. Propose-lui de vous voir quand tout cela sera passé, tu verras bien ce qu'il te répondra. »
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06 juillet 2006, 00h37 – Harry.
J'entre chez moi, Teddy endormi dans mes bras. Je le dépose dans sa chambre, en m'efforçant de ne pas faire de bruit, pour ne pas réveiller George qui doit dormir depuis longtemps.
Je me dirige ensuite vers ma propre chambre et m'assois à mon bureau. J'ouvre un tiroir et en sors une plume et du parchemin.
J'hésite un instant, puis trempe ma plume dans l'encre.
Bonsoir Draco.
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La suite arrivera dans les prochains jours. N'hésitez pas à laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous en pensez, poser des questions, raconter votre vie...
A bientôt.
