Si la question était : ''Elle n'est pas morte, celle-là ?'', la réponse est NON !

Et oui, VOUS NE RÊVEZ PAS ! Je suis de retour, après au moins deux mois d'absence. Je sais, c'est énorme ! Mais revenez ! Je m'excuse sincèrement pour vous avoir fait poireauter aussi longtemps, surtout à un tournant aussi décisif de l'histoire… mais le manque d'inspiration et la démotivation sont des ennemis cruels, m'voyez ?

Bref, je vous remercie d'avoir sellé le destin de Stan… et de m'avoir lapidé xD Je rigole. Un immense donc pour vos reviews et messages !

Merci Getalo, d'être toujours là au rendez vous.

Merci May, ma meilleure amie adorée, d'être venue me lire.

Merci July et Laure pour les mêmes raisons.

Merci RadioEuphoria de me suivre.

Merci Maloubah d'avoir été la première à vouloir me jeter des cailloux.

Merci à Swarf de m'avoir harcelé xD.

Merci Jenova de frapper Kyle, j'avais oublié cette option !

Merci Alounet pour ta review et désolée de ne pas t'avoir répondu personellement, ma messagerie déconnait ce soir là et je… bon, j'avoue, j'ai oublié après coup… Et ravie de t'avoir convaincu !

Merci GothicAlbinos pour cette review courte et claire !

Merci Minikorne pour ta review passionée ^^

Merci ArtificialxDisease pour ce superbe échange de mails !

Bon, il suffit de vous casser les pieds, place au chapitre !


Chapitre 8.

[POV Red]

Bip-bip-bip-bip, dit la machine. Saloperie. Malgré sa régularité étouffante, elle me fait peur.

J'ai peur qu'elle ralentisse pour finir par s'arrêter complètement, entrainant à sa suite le cœur de Raven.

Mes poings serrés tremblent sur mes genoux. Le manque de café et la rage. Ouais, surtout la deuxième raison, en fait. Au plus profond de mes entrailles, elle bouillonne. La rage de ne pas avoir su le protéger, lui non plus. Ce sentiment d'impuissance fait couler mes larmes.

Je le regarde encore. Il a l'air paisible. Comme si il dormait. Il ne souffre plus pour l'instant, et c'est déjà ça. Mais l'horrible bandage sur son avant bras me rappelle la triste réalité. Mon plus précieux ami a essayé de se suicider. Il a voulu mourir. Et il a bien faillit réussir.

.:. Flash back .:.

« Vous êtes des amis du jeune –hum- Stanley Marsh, c'est bien cela ?

-Oui ! Dites-nous que vous l'avez sauvé !

-Rassurez-vous, il est tiré d'affaires pour l'instant. C'est vous qui l'avez découvert, n'est-ce pas ? Vous avez eu les bons reflexes en compressant la plaie. Il a perdu beaucoup de sang, mais l'hémorragie à été stoppée à temps. »

Un soupir de soulagement fut poussé simultanément par le couple. Le blond repris :

« On peut le voir ?

-Oui, mais je vous préviens, il n'est pas encore réveillé…

-Ah…

-… et malheureusement, nous ne pourrions dire quand il le fera. Cela peut être dans quelques heures, quelques jours… voir des semaines. Je suis désolé. »

.:. Fin du flash back .:.

Tic-tac, tic-tac… dit l'horloge.

Je pleure, pour ne pas changer. Depuis six heures, les larmes n'arrêtent pas de couler. Six heures que tu as fait ça… Je ne t'en veux pas, tu sais. Je suis passé par là, moi aussi. Deux ou trois fois, même. Je ne sais plus, j'ai tout fait pour oublier. Six heures que nous attendons.

Oui, j'ai bien dit ''nous''. Kenny est là, lui aussi. Il s'inquiète. Je le vois dans ses yeux délavés. Il se retient de chialer, car je le fais bien assez pour nous deux.

Tu sais, sans lui, je me serais effondré. J'aurais peut-être fait la même connerie que toi. Surement. Je ne serais plus à une fois près. Je n'aurais pas supporté l'idée de te perdre maintenant, toi, mon véritable ami. Mais son pouce qui caresse doucement ma joue m'en empêche. Il me sauve, Stan.

L'heure de visite est de bien loin dépassée, mais bordel, on s'en tape. On reste. On reste avec toi, quoi qu'il arrive. Le personnel de cette connerie d'hôpital devra user de toutes ses forces s'ils veulent nous mettre dehors. On ne retournera pas en cours tant que tu ne seras pas en mesure de revenir avec nous. Putain, tu nous manques déjà. Réveilles-toi.

« Mais qu'est-ce que t'as foutu, merdeux ? » C'est la phrase que ta sœur à prononcé quand elle est arrivée. Elle avait les yeux embués mais ne voulait rien laisser paraître devant nous. Elle nous a expliqué que tes parents étaient en week-end à Asspen, c'est pour cela que personne n'a pu les contacter. Elle a fini par partir, nous menaçant de nous casser la gueule si on ne prenait pas soin de toi. Et qu'elle repasserait demain. Vous aviez beau vous engueuler et vous battre à longueur de temps… Elle t'aime au fond, mais tu le sais, n'est-ce pas ?

Une infirmière entre dans la chambre. Elle s'occupe brièvement de toi, vérifiant on état. Elle ouvre ensuite un placard pour en sortir une couverture et nous la tendre. On doit probablement lui faire pitié. Un dernier coup d'œil à ta perfusion et elle s'en va.

C'est vrai que je commence à tomber de sommeil. Je me lève de ma chaise pour mieux m'asseoir par terre, adossé au mur. Au passage ma main a serré la tienne, et la pâleur de ta peau me ferait presque peur. Drôle d'ironie. En temps normal, je t'aurais jalousé de tellement ressembler à un cadavre.

Kenny me rejoint sur le sol dans l'instant. Il me couvre au mieux tout en se blottissant contre moi. Il entremêle nos doigts et m'embrasse avec autant de tendresse que possible, comme s'il essayait de me transférer des forces par son amour. Bizarrement, je crois que ça marche… Je m'en sentirais presque mieux. Je cale ma tête contre son épaule.

Malgré mes angoisses, et très probablement grâce à la présence de celui que j'aime, je finis par m'endormir.

.:. Ellipse .:.

Le lendemain, je laissais à contrecœur mon blond seul avec Raven. Mais je sais qu'il veillera sur lui. Il faut que je passe prendre quelques affaires à l'internat. Pour tous les trois, en fait. En entrant dans ma chambre, j'avais encre peur de voir son sang par terre. Pourtant, tout a été nettoyé, l'odeur métallique balayée par les courants d'airs. Je pris rapidement quelques vêtements de rechange et quelques babioles qui me semblaient utiles, puis quittait presque précipitamment la pièce.

Je me rendis ensuite dans la chambre de Kenny. Mais je n'y étais pas seul, l'autre salop se trouvait là. Tranquillement vautré sur son lit, il lisait un livre. Il se redressa en me voyant pour me saluer d'un air enjoué. Comment peut-il sourire alors que son meilleur ami c'est ouvert les poignets à cause de lui ?

La colère me reprend et mes points se crispent. Et il ose m'adresser la parole, me dire bonjour, comme si de rien n'était, en plus ?

« Au fait… tu n'aurais pas vu Kenny ? Je ne l'ai pas revu depuis notre dernier cours, hier. Comme il n'a pas dormi ici, je me demandais s'il n'était pas avec… enfin… si tu ne l'avais pas vu. »

Comment peut-il être au courant pour Ken' et moi ? Aucune importance, après tout. Et Raven ? Tu ne lui as pas jeté un regard depuis combien de temps ? Ma voix tremble presque quand je me résous à lui répondre :

« Je sais où il est. Je viens juste lui chercher des affaires. »

Sans me poser plus de questions, il se leva et m'indiqua les pilles de vêtements appartenant à Kenny dans l'armoire. J'en prenais quelques uns au hasard et les jetaient dans mon sac à dos.

« Mais pourquoi il n'est pas venu les chercher lui-même ? Il aurait au moins pu donner un signe de vie, je commençais à m'inquiéter, moi.

-Ah ouais ? Et pour Stan, tu ne t'inquiètes pas ? Tu ne me demande même pas comment il va ? »

Son sourire se fane sous mon regard noir. Son ton se fait agressif :

« Et pourquoi je demanderais ça ! Je m'en fous de… »

Il ne pu achever sa phrase, car mon poing avait violement rencontré sa mâchoire. Il se recula, une main sur le visage, me regardant l'air complètement outré. Je repris, d'une voix froide et chargée de haine :

« Tu t'en fous, hein ? Connard ! Tu t'en fiches qu'il aille aussi mal ? Qu'il ait bien faillit crever ! »

Il pâlit brusquement.

« Qu-quoi ?

-LA FERME ! T'as bien entendu ! Il a fait une tentative de suicide ! C'est entièrement de ta faute s'il est à l'hôpital, pauvre con ! »

Sa bouche s'ouvre et se referme. Je viens de le choquer, mais il n'en mérite pas moins. Un rire nerveux m'échappe :

« Surpris ? Tu le sais, pourtant, qu'il t'aime. Beaucoup trop, d'ailleurs. Et tu sais le pire, dans cette histoire ? C'est que tu l'aimes aussi. Ça crève les yeux. T'es juste trop lâche pour assumer. Monsieur s'inquiète de ce que je ne sais trop qui va penser, alors que Raven est en train de se détruire !

-Je… non !... c'est pas possible, pas Stan ! Je … je suis tellement désolé… »

Il éclate en sanglots. S'il espère avoir ma pitié comme ça, il peut toujours courir.

« T'as plutôt intérêt à l'être ! Tout ça, c'est de ta faute ! Vas-y, pleure, connard. Moi je ne fais que ça depuis hier soir.

-Mais… qu'est-ce qu'on va faire… pour l'aider ?

-On ? Rien. Je ne peux rien faire pour lui. Toi, et toi seul, peut le sauver. Ça me tue, mais c'est comme ça. Alors tu as plus qu'intérêt à faire quelque chose, autrement, ce n'est pas qu'un coup de point que tu te prendras. »

Sur cette menace, je tourne les talons et pars en claquant la porte.

[POV Stan]

Je ne sais pas où je suis. Pas vraiment. Je suppose dans un hôpital, ce qui voudrait dire que je me suis raté. Et merde. Tant pis, maintenant.

Mes paupières sont fermées, et je n'arrive pas à les bouger, tout comme le reste de mon corps. Pourtant, je voudrais bien faire comprendre aux gens que je suis vivant, que je suis là.

Oui, il y a des personnes, non loin de moi. Je les sens. Des hommes, ils sont deux. Je crois. Ils sont toujours là. Mais que vaut ce ''toujours'' ?

Parfois, d'autres viennent les rejoindre, pour repartir presque aussitôt. Quelques minutes, seulement. Ou peut être pas, peut-être plus. Je ne sais plus, le temps n'a pas vraiment d'importance. N'en a plus. Pas ici, en tout cas.

Je m'ennuie. Je voudrais bien me réveiller. Mais… si je finis par le faire, est-ce que j'aurais la force de continuer, en sachant qu'il ne veut pas de moi ? Qu'il me déteste ? Je ne pense pas. J'ai voulu en finir une fois, alors pourquoi pas deux.

Des nouvelles personnes entrent dans la pièce. Un homme et une femme. Elle pleure. Pour moi ? A cause de moi ? Ne sois pas triste, tout va bien pour moi, tu sais. Ici, je ne risque plus rien.

Les personnes parlent. Je pense qu'elles me parlent. Je suppose qu'il s'agit de mes parents. Et les deux autres… Red, peut-être. C'est lui qui a du me trouver. Le pauvre, ça devait être un sale spectacle.

Je sens mes plaies. Je sens le bandage qui les recouvre. Je sens la perfusion qui s'enfonce dans ma veine. Je sens.

L'autre personne ? J'aimerais tant que ce soit Kyle… Mais ce serait absurde, il me haie. Pourquoi viendrait-il perdre son temps ici, à regarder un idiot?

Non, ce n'est pas sa voix, de toute façon. Je la connais. Plutôt celle de Kenny ? Surement. Depuis quand j'entends les voix si distinctement ? Est-ce que ça veut dire que je vais bientôt cesser de dormir ? J'espère.

Kenny et Red. J'en suis pratiquement sûr. Je devais lui… demander pour ce qu'il se… passait entre eux… Je suis tellement…fatigué. Je crois que… Je vais dormir… Encore un peu.

[Fin du POV]

Les heures passent lentement. Les parents de Stan, finirent par s'en aller. Ils ont bien essayé de se renseigner sur les raisons pour lesquelles leur fils avait voulu mettre fin à ses jours. Mais ces amis avaient prétendu ne rien savoir, ne préférant rien révéler que l'inconscient aurait voulu garder secret. On ne sait jamais. Ils se prirent la main et leur mal en patience.

A quelques kilomètres de là, un jeune homme roux se torturait l'esprit. Assis à même le sol, les joues encore humides, il essayait de résoudre le problème qu'on lui avait confié. Comment sauver son meilleur ami ?

Évidemment, la culpabilité était imprimée sur ses traits. Il savait que c'était de sa faute. C'était à cause de ses mots, qu'il ne pensait même pas d'ailleurs, que le jeune homme aux cheveux d'ébène avait fait ça. Tentative de suicide. Le terme était lâché, et tomba aussi lourdement qu'une pierre dans l'estomac de Kyle. Il avait la nausée, tant les remords le dévoraient. Tout se mélangeait dans son esprit.

Il décida de faire le point sur tout ce qui consternait Stan. Déjà, ce qui était sûr et certain. Assez facile. Qu'il était son meilleur ami, et qu'il souffrait terriblement d'avoir dû l'éviter durant des semaines. Sa présence lui était indispensable, comme si l'autre faisait parti de son paysage, comme s'il était un élément d'un décor familier et rassurant.

Une autre chose était certaine, c'était que le gothkid l'aimait. Beaucoup. Beaucoup trop. A la folie, à vouloir en crever. Et lui, qu'en était-il pour lui ? Il se remémora les moments passés avec lui, leur complicité d'enfants, leurs rires, leurs peines, leurs engueulades. Toutes ces aventures folles, voir absurdes, qu'il leur était arrivées. Toutes ces choses qu'ils avaient pu apprendre, toutes ces saloperies de morales qu'ils avaient du partager. Puis ils avaient grandis, ce qui entraina tant de conséquences. Leurs physiques avaient changés, leurs sentiments aussi. Sans même s'en rendre compte, parfois. Jusqu'à dégénérer. Jusqu'à cette fameuse soirée. Les mains qui caressaient le corps de l'autre, accompagnées de baisers brulants. Les souvenirs de ces gestes tendres et passionnés.

Kyle rougit en repensant aux paroles qu'ils avaient échangées, cette nuit là :

.:. Flash Back .:.

« Je t'aime.

-Moi aussi je crois que je t'aime, Sta- »

.:. Fin du flash back .:.

Il l'aimait. C'était si évidement, au fond. Il le savait. Il l'aimait même assez pour affronter sa mère pour lui, surtout si c'était le seul moyen de ne pas le perdre… Il irait parler à cette femme dont les réactions l'effrayaient tant. Mais pas tout de suite. D'abord, il avait besoin de l'annoncer à quelqu'un d'autre, juste pour s'entrainer. Et son petit frère serait parfait pour ça.

Avec quelques hésitations, il composa le numéro de ce dernier. La tonalité le faisait craindre, jusqu'à ce que :

« Allo ?

-Ike ? Salut, c'est Kyle…

-Oui, j'étais au courant, merci. Tu sais que ton nom et ta photo s'affichent, quand tu m'appelles ? Bon, bref. Qu'est-ce que tu me voulais ? »

Silencieusement, le roux pesta contre son jeune frère. Pourquoi était-il aussi désagréable, à la fin ?

« Je ne me sens pas très bien… j'ai fait des conneries, alors j'ai besoin de me confier. Alors… Je dois te parler de quelqu'un d'important pour moi… de Stan, en fait. Je voulais te dire… que… enfin… »

Il se mordit les lèvres. Retarder l'échéance.

« … Qu'il est à l'hôpital.

-Ouais, il s'est taillé les veines. Raconte-moi des choses pour lesquelles je ne suis pas au courant, sinon, c'est pas intéressant.

-Attends, comment tu sais ça, toi ?

-T'as pas oublié que j'avais les oreilles baladeuses, quand même ? Plus sérieusement, la mère de Stan à débarqué chez nous il n'y a même pas un quart d'heure, pour inonder le chemisier de maman. Elle lui a tout déballé, et j'ai entendu. Écouté. La curiosité, tu vois. »

Kyle réprima de nouvelles larmes. Putain, il faisait souffrir tout le monde. Sauf l'être insensible qu'il avait au bout du fil. Ce qu'il lui fit d'ailleurs remarquer.

« Pourquoi je devrais piquer une crise tout de suite ? Et me mettre à chialer ? Hum ? Je veux, pour commencer, savoir pourquoi il a fait ça, avant de me mettre à le plaindre. Même si j'ai ma petite idée sur la question…

-Qu'est-ce que… Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Tu l'as largué, n'est-ce pas ? »

Le souffle de Kyle se coupa. ''Merde''.

« Hein ! Non !... Je… On n'était même pas ensemble ! C'est mon ami !

-Ah… Tu couches souvent avec des potes, juste comme ça ? Ou c'est seulement quand t'es complètement bourré ? »

''Re-merde''. Le cerveau du jeune homme aux cheveux frisés bouillonne. Il se demande comment Ike pouvait savoir. Ce qu'il en pensait. Qui d'autre savait. Mais par-dessus tout, sa panique lui hurlait qu'il ne devrait pas voir ce genre de conversation, et surtout pas avec son petit frère de onze ans !

« Tu ne dis plus rien ?

-…

-Alors j'avais raison.

-… Plus ou moins. C'est… Putain, comment t'expliquer… Pour simplifier… Stan m'aime, et à son anniversaire… J'ai compris que je l'aimais aussi. L'alcool aidant, je… Ouais, on a passé la nuit ensemble. Tu vois. Le lendemain, j'ai pas assumé, et je me suis sauvé comme un lâche. Depuis, sous ma demande, on ne se parle plus. Je me défile dès qu'il essaye de m'approcher, ou que quelqu'un veut me parler de lui. Et l'autre jour, on s'est retrouvé face à face. Je lui ai craché à la figure que je regrettais tout ce qui avait pu se passer entre nous et que… je le détestais… putain, pourquoi j'ai dit ça ? Je ne regrette rien, et bordel ! Je ne le déteste pas… Je… je me suis enfuit en courant. Je ne l'ai plus revu, après.

-… mais t'es complètement con, en fait. Tu ne t'es pas dit que tu l'avais choqué ? Non, comme si ce n'était pas assez dur pour lui de devoir t'éviter ? T'as plutôt intérêt à arranger tout ça ! »

Sans même prendre la peine de répondre à son canadien préféré, Kyle laissa retomber son téléphone. Les paroles du plus jeune se superposaient parfaitement à celles de Red.

Oui, il devait faire quelque chose. Il devait aller le voir.

/Ellipse\

[POV Kyle]

C'est dur de pousser cette porte. Je sais ce qui m'attend derrière. J'ai envoyé un message à Kenny, juste pour savoir. Savoir où je devais le retrouver. Et là, la tête appuyée contre cette porte où la peinture blanchâtre s'écaillait, je n'ose plus entrer. Je ne devrais pas être là. Pas plus que toi. Si j'avais été un peu moins con, cette situation de merde n'aurait pas lieu d'être.

Mais pourtant, on en est là. Alors pour une fois dans ma connerie de vie, je vais être courageux et prendre la bonne décision.

J'appuie doucement sur la clenche et pousse enfin la porte. Deux paires d'yeux se tournent vers moi. J'évite le regard du garçon aux cheveux rouge, qui semblait vouloir me tuer su place, et préfère me réfugier dans celui de Kenny. Lui a l'air presque heureux de me voir. Heureux et… soulagé ? Il se lève et me serre dans ses bras, ses mots se perdent dans mes oreilles. ''Merci, d'être là… merci pour lui''

Stan… Je me dégageais doucement d l'étreinte de mon ami et fit doucement un pas vers le lit. J'ose enfin te regarder.

J'ai envie de vomir.

De pleurer.

D'hurler.

De mourir.

Stan… Je ne veux plus jamais te voir comme ça… Tu me fais peur. Depuis quand es-tu si pâle ?

Une voix sinistre dans ma tête me souffla sournoisement : '' depuis que tu lui as dit que tu le haïssait ''

Tais-toi !

Ta peau semble tendue à craquer sur tes joues. Depuis quand as-tu autant maigris ?

''Facile, juste après que tu lui ais dit que tu voulais couper les ponts avec lui. ''

Tais-toi !

''C'est entièrement de ta faute s'il est comme ça ! S'il va tellement mal ! S'il a voulu crever !''

TA GUEULE !

Je m'effondre. Je prends ta main, trop blanche, dans la mienne. Je m'en veux tellement, si tu savais.

Je voudrais te demander pardon, quitte à devoir ramper devant toi. Je te supplierais de m'accorder encore une chance, et, si tu le veux, je hurlerais sur tous les toits du monde que nous sommes ensemble. Je me battrais pour t'avoir pour toujours à mes côtés, et si pour ça je dois définitivement tourner le dos à ma mère, je le ferais. Juste pour que je puisse te dire que je t'aime… Réveille-toi…

[Fin POV]

La torture mentale de Kyle s'arrêta lorsqu'on lui empoigna épaule et le tira doucement en arrière. L'esprit embué, il ne comprit que vaguement que Kenny l'entrainait hors de la pièce. Ce dernier conduit son ami le long des couloirs tristes et sentant les médicaments jusqu'à la cafeteria de l'hôpital, où ils se laissèrent lourdement tomber sur les premières chaises venues.

Au bout de longues minutes où aucun mot n'avait été échangé, l'encapuchonné pris la parole :

« Désolé de t'avoir trainé comme ça, mais… tu avas l'air d'avoir besoin d'air. Et moi aussi, d'ailleurs. Ça m'a foutu mal de te voir pleurer comme ça, en lui tenant la main… c'est l'heure de la question conne ! Comment tu te sens ? »

Mais seul le silence lui répondit.

« Kyle ?

-… J'ai honte. Terriblement honte. Et je regrette. Ce que j'ai fait, et tout ce que je n'ai pas fait. Je regrette d'avoir cru que tout irait bien… Putain, si j'avais su… J'ai été ridicule, et même s'il m'excuse un jour, je ne pourrais jamais me pardonner tout ça. J'espère presque qu'à son réveil il me haïsse, maintenant que je sais que je l'aime comme je ne pensais pas qu'il était possible d'aimer, pour me faire souffrir autant que j'ai pu lui faire de mal. C'est tout ce que je mérite, ça ne serait que justice. Alors, qu'il me crache à la gueule et me tourne le dos définitivement. Comme ça, il pourra tomber amoureux de quelqu'un d'autre, et pas d'un enfoiré comme moi. »

A la fin du monologue, l'autre soupira, puis sourit en ébouriffant les boucles rousses de son vis-à-vis.

« Tu sais que tu es sérieusement masochiste, mec ? Vous faites un sacré duo, toi et Stan. J'ai une autre version de ce qui va se passer : tu vas arrêter de te casser la tête et de te flageller comme ça. Quand il se réveillera, tu l'embrasseras, lui de demanderas pardon d'avoir merdé et vous formerez le couple le plus désespérément amoureux qu'on aura jamais vu. Vous serez niais et collés l'un à l'autre à longueur de journée, Cartman se foutra de vos gueules, Wendy fera une crise cardiaque et tous les autres seront contents pour vous. Je suis sûr que Red finira même par renoncer à te démolir, mais par contre, je peux aussi te promettre que Shelley te tuera si elle apprend que son frère à voulu crever par amour pour toi et que tu ne t'es pas mis avec. Donc maintenant, on va se secouer tous les deux, je vais aller m'acheter un paquet de chips et prendre un café à Red, puis on va remonter. Tout va s'arranger, maintenant. »

Un semblant d'espoir pu se lire pendant quelques secondes sur le visage de son ami. Les paroles du blond et le ton qu'il avait pris lui réchauffaient le cœur. Il aurait tant aimé y croire.

Les achats faits, ils reprirent les escaliers pour traverser les couloirs blancs et froids, à l'odeur singulière et passèrent la porte de la chambre.

Une boisson brûlante qui tombe par terre. Red, un air soulagé sur le visage. Un roux qui se statufie. Les yeux océan de Stan, ouverts.

Ce dernier tourna doucement la tête vers les nouveaux arrivants et son faible sourire fondit. Il regarda à nouveau vers le gothique aux cheveux rouges et fit, d'une voix enrouée :

« Putain Red, c'est cruel, ça. C'est vraiment pas sympa de m'avoir fait croire que j'étais réveillé… »

Sous le regard d'incompréhension de son ami, il désigna Kyle du menton pour s'expliquer.

« Si c'était vrai, il ne serait pas là.

-Mais Raven, tu… »

''L'hallucination'' lui coupa la parole.

« Stan… Je suis là. Je suis vraiment là.

-Menteur. Tu me déteste, pourquoi tu serais venu me voir…

-Justement parce que la seule fois où je t'ai menti, c'est quand j'ai prononcé ces mots. Je les regrette tellement, tu sais… »

Le gothkid ne leva pas les yeux vers lui, probablement persuadé de délirer. Son meilleur ami quitta alors l'encadrement de la porte et alla s'asseoir sur le bord du lit et attrapa le visage de l'autre et le força à le regarder.

« Regarde-moi ! C'est moi, merde! Je comprends si tu me détestes, mais laisse moi juste te dire ce que j'ai à te dire, et je m'en irais, si tu veux! Mais avant je voulais que tu saches que j'ai eu la peur de ma vie quand Red m'a dit ce que tu avais fait. Depuis, je ne peux pas m'empêcher de penser que je suis le plus gros connard de l'univers. » Il vit du coin de l'œil Kenny entrainer Red dans le couloir, probablement pour aller trouver une infirmière « Putain, vieux ! Ne nous fait plus jamais un truc pareil ! Comment tu… non. Laisse tomber, je… bordel. J'avais limite préparé un discours pour quand tu te réveillerais… mais là… Je ne sais plus quoi te dire. Je devrais peut-être commencer par te demander, voir te supplier, de m'excuser pour tout le mal que je t'ai fais. Mais c'est trop. Je ne peux pas te demander ça, alors que je ne me pardonne pas moi-même. S'il te plais, laisse-moi finir » coupa-il alors que son meilleur ami allait ouvrir la bouche pour répliquer. « J'avais aussi voulu te dire que ces semaines étaient les pires de ma vie, même si je sais que tu les as encore plus mal vécues… Que tu m'as terriblement manqué. Le plus absurde, c'est que je voulais te demander si tu voulais encore de moi… mais maintenant que je te vois comme ça, reniant jusqu'à ma présence dans la pièce, je comprends que c'était grotesque. Tu me haie, et c'est tout à fait légitime. Je… Je vais quitter ta vie une bonne fois pour toute. Tu mérites tellement mieux que moi… » Il lâcha doucement le visage de l'homme qu'il aimait, se laissant la fantaisie de caresser ses joues au passage « Adieux, Stan… essaye d'être heureux. »

Il se releva pour quitter la pièce quand une pression sur son poignet le retient. Il se retourna pour croiser un regard bleu qui le fusillait. Son propriétaire siffla :

« Si tu crois que tu peux me dire des trucs pareils et te barrer comme ça, t'es encore plus con que ce que je pensais ! Toi aussi tu m'as manqué, et oui, ça a été les moments les plus abominables de ma vie, mais merde ! T'as pas compris le message ? Pourquoi je me suis ouvert les veines ? Alors je te réexplique encore une fois : je-ne-peux-pas-vivre-sans-toi. Pigé, maintenant ? Je… je ne veux pas que tu m'abandonnes encore ! Et puis… » Il ouvrit ses bras, dans une invitation muette. Malgré ses bonnes (mauvaises ?) résolutions, le roux ne pu résister à cet appel et entoura le corps frêle de ses bras, laissant le jeune homme aux cheveux d'ébène nicher sa tête dans son cou. Ce dernier continua :

« Tu voulais savoir si je voulais encore de toi… la réponse est évidemment oui. Si je ne peux rien avoir d'autre que ton amitié, je m'en contenterais ! Mais ne me laisse plus… J'y survivrais pas, vieux. Et dis-toi que malgré tout, peu importe comment tu me traiteras… » Il murmura à son oreille « je te pardonne... »

Kyle se recula de sorte à voir le visage de son vis-à-vis, totalement abasourdi par le discours qu'il venait d'entendre. Il lui… pardonnait ?

« Stan… T'as pas compris… quand je te demandais si tu voulais de moi, c'est pas de mon amitié, que je te parlais… »

Le susnommé se tendit à cette phrase. Il avait peur de comprendre, ou plutôt d'avoir mal compris. Il s'était déjà trop fait de faux espoirs et les avaient à présent abandonnés. Alors, du bout des lèvres, il demanda du bout des lèvres :

« Qu'est-ce que… qu'est ce que tu veux dire ?

-Je veux dire ça. »

A ces mots, Kyle l'embrassa. Doucement, tout juste un frôlement. Et se retira presque aussitôt. Il sourit devant l'air perdu de l'autre :

« Est-ce que j'ai dépassé la date limite pour t'aimer, ou bien tu m'accorde une autre chance ? »

La réponse vient en des mains agrippant sauvagement ses cheveux et des lèvres brutalement soudées aux siennes. Cette fois, la légèreté c'était envolée. C'était intense et brulant, c'était le reflet de tout ce qu'ils ressentaient. Délivrance, bonheur, désir à l'état brut. Le désespoir qui s'était accumulé disparaissait en fumée et la seule certitude qu'il leur restait était l'autre.

Aucun des deux ne fit attention à la porte de la chambre qui s'ouvrait, ni au soupir de soulagement de Kenny, blottit contre Red, qui marmonna que ''c'est pas trop tôt'', et encore moins à l'infirmière qui levait les yeux au ciel en pestant contre ces foutus jeunes qui ne peuvent pas se retenir cinq minutes. Ils finirent par remarquer leurs présences et se séparèrent à contrecœur.

Cependant, Kyle refusa catégoriquement de lâcher la main de (il rit sourit en pensant que, oui, il pouvait enfin le dire) son très fraichement petit-ami. Ils se sourirent et une pensée fut commune aux quatre jeunes hommes présents dans la pièce:

« Enfin… »


...

Huhuhu… Enfin, c'est le cas de le dire xD J'espère que le dénouement heureux de ce chapitre vous aidera à pardonner mon retard !

Bon, il est légèrement plus long que les autres, mais je ne suis pas convaincue… Vos avis ?

Oh, et pour tout ceux à qui le POV d'un Stan dans le coma à semblé étrange… Je m'explique ! C'est une référence à la pièce « Moi et ma bouche » (Ju', Laure, c'est pour vous, ça !) que j'ai joué en fin d'année dernière avec mon club théâtre (eh, les filles ! Je sais que vous lisez !). C'est une pièce plutôt sympa, donc si vous avez un jour l'occasion de la voir, n'hésitez pas !

Il est temps de dire au revoir ! Je ne pense pas poster la semaine prochaine, mais plutôt la semaine suivante… Pataper, les gens ! Oh, et dire que c'est bientôt fini… C'est triste, hum ? (qui viens de hurler ''pas du tout, c'est pas trop tôt'' ?)

Bref ! See ya !

June!