UNE VIE DE MENSONGE

Bonjour!

Oui oui, je suis toujours là ;) Désolée pour cette longue attente. Mais le syndrome de la page blanche m'a atteinte lol

Bref, le voici enfin mon dernier chapitre. Avant ça merci à Sarah March qui a corrigé ce chapitre en un temps record ;)

Merci aussi à aliena wyvern, Gin Lise et AnanasPower pour leur review qui me font toujours autant plaisir ;)

Bonne lecture :)


Chapitre 8

Comme prévu, ils partirent tôt de Fondcombe. Le soleil n'était pas encore levé, le ciel était seulement teinté de touches rosées. Gandalf leur avait annoncé qu'il les rejoindrait plus tard. C'est ainsi qu'ils partirent, encore à moitié endormis à l'aube d'un nouveau jour. Alnia eu un petit pincement au cœur en quittant la cité elfique, mais elle savait bien que de toute façon qu'elle n'y serait pas restée indéfiniment. Pendant de longues heures, ils marchèrent près d'une forêt luxuriante au flanc de la montagne. Ils marchèrent toute la journée, s'arrêtant seulement quelques minutes pour manger un morceau. Lorsqu'ils s'arrêtèrent le soir venu, Fondcombe avait disparu depuis bien longtemps. Ils trouvèrent un endroit suffisamment couvert par les arbres tandis que les vieilles habitudes reprenaient : Gloìn et Oìn s'occupant du feu, Bofur et Bombur préparant le repas chassé par Kili juste avant.

Pendant que tous s'afféraient, Alnia s'éloigna un peu. Elle était sûre d'elle maintenant, elle ne leur ferait aucun mal et ses frères ne pourront s'en prendre à Fornost. Mais cela n'empêchait pas une sourde crainte s'insinuer en elle, lui tordant l'estomac. Thorin pourrait tout découvrir, et là qu'elle ait ou non décidé de le tuer ne changerait rien, car il la détesterait et la tuerait sans hésiter. Mais elle avait confiance en Kili, elle savait qu'il ne dirait rien. Elle avait l'étrange impression que ce secret les avait beaucoup rapprochés, non pas qu'elle s'en plaigne. Il était vraiment la personne qu'elle appréciait le plus dans cette compagnie. Elle réfléchissait à tout ça quand elle entendit un craquement. Mais elle ne sursauta pas car elle savait très précisément ce que c'était.

« Sors de là ! » dit-elle à voix haute

Apparut alors devant elle un nain aux cheveux et à la barbe noire. Ses yeux étaient tels des puits sans fond. Une cicatrice barrait son visage, traversant son œil gauche rendant ce dernier aveugle. Il regarda Alnia d'un air méprisant et plein de dégout.

« Tes frères s'impatientent » grogna-t-il en Noire Parler

« Et alors ? » dit-elle en langue commune, refusant d'utiliser le même langage

« Tu attends quoi exactement ? Tu as passé des jours avec eux chez les elfes, tu as eu tout le temps et ils sont toujours en vie »

« Je t'ai demandé ton avis ? Je sais ce que je fais »

« J'avais dit à tes frères qu'on ne pouvait pas te faire confiance. Je sais que tu ne feras rien » continua-t-il en langue commune

« Et qu'est-ce que tu vas faire ? »

« Je pourrais te tuer » lança-t-il en pointant son épée sur Alnia « Ca règlerait tout, et d'autres se chargeront d'eux »

« Tu seras mort avant d'avoir tenté quoi que ce soit » annonça une nouvelle voix

Alnia tourna la tête et vit Kili à quelques mètres, son arc bandé et les yeux chargés d'éclairs. Le Gazat attrapa alors Alnia par le bras, la colla contre lui et passa son épée sous sa gorge, à ce même moment Kili lâcha sa flèche qui érafla la joue gauche du Gazat. Celui-ci lâcha Alnia qui sentit le sang de l'espion couler dans son cou. Kili se rapprocha vivement d'elle et la tira de sorte à la mettre derrière lui. Il encocha une nouvelle flèche qu'il pointa sur le Gazat. Alnia se plaça près de l'archer et regarda l'espion avec des yeux noirs.

« Tu peux aller dire à mes frères qu'ils peuvent toujours attendre. Si quelqu'un doit leur faire du mal, ça ne sera pas moi. Si jamais ils s'approchent, je n'hésiterais pas à les tuer »

Le Gazat regarda Alnia avec rage tandis que Kili l'avait toujours dans son viseur.

« Tu sais que tu ne t'en sortiras pas comme ça. Ils te tueront avec eux »
« Dans ce cas je mourrais pour les protéger »
cracha Alnia

« Maintenant, dégage d'ici et que je ne te revois pas » grogna Kili « Ou alors, je peux te promettre que ma prochaine flèche se retrouvera entre tes deux yeux »

L'espion se contenta de le regarder avec hargne et tourna les talons. Kili garda son arc bandé encore quelques minutes jusqu'à ce qu'Alnia ne pose une main sur son bras. Kili baissa alors son arc et se tourna vers la naine.

« Tu vas bien ? » demanda-t-il, légèrement inquiet

« Oui, comment tu as su que j'étais là ? »

« C'est Fili qui m'a dit que tu étais partie par ici. Et heureusement que je suis venu »

« Merci » souffla-t-elle

Kili hocha la tête avant de regarder quelque chose dans le cou de la naine.

« Tu es blessée » dit-il en approchant sa main

« Non » répondit Alnia « Ce n'est pas mon sang »

Kili sortit alors un tissu blanc immaculé sur lequel il versa un peu d'eau de sa gourde. Il entreprit alors de nettoyer le sang sur la peau de la naine. Sans qu'elle ne sache pourquoi, un frisson coula le long de sa colonne vertébrale en sentant la main de Kili la toucher. Son visage était à quelques centimètres du sien et elle sentit son souffle chaud caresser son visage et un nouveau frisson la parcourut.

« C'est bon » annonça-t-il au bout de quelques minutes « Il n'y a plus rien »

« Je te remercie » dit-elle en tentant de reprendre ses esprits

« Pas de quoi » répondit Kili

Elle resta à l'observer pendant quelques secondes, plongeant ses yeux dans son regard d'un marron intense et profond. Cela faisait maintenant quelques jours qu'elle se surprenait à l'observer d'une manière dont elle ne devrait pas. Elle ne devait pas se laisser étreindre par ce genre de sentiment, car c'était une faiblesse. On lui avait toujours dit ça, et pourtant elle était incapable de se détourner de lui. Elle avait toujours envie depuis quelques temps d'être près de lui.

« On devrait y retourner » annonça-t-elle finalement en détournant le regard

Kili hocha la tête, légèrement déçu qu'elle ait rompu le contact visuel, et ils repartirent en direction du camp. Ils marchèrent en silence, les voix des membres de la compagnie s'intensifiant à chaque pas. Ils débarquèrent finalement dans la lumière du feu et Fili fut le premier à les voir. Il avait son épée à la main et semblait être sur le point d'aller quelque part.

« Vous voilà tous les deux » lança-t-il soulagé et légèrement en colère en même temps « Où est-ce que vous étiez passé ? »

« Nulle part » répondit Alnia « Ne t'en fais pas, on va bien. C'est sans importance »

« Parlez pour vous » gronda Thorin en s'approchant « Ca fait une demi-heure que vous avez disparus »

« Excuse nous… » commença Kili

« C'est de ma faute. J'ai cru entendre quelque chose et je me suis un peu trop éloignée. Kili est venu me chercher, c'est tout » inventa Alnia

« A l'avenir, ne vous éloignez pas du groupe » recommanda Thorin « Venez plutôt nous prévenir s'il y a quelque chose au lieu de partir seule »

Alnia hocha la tête tandis que Thorin s'éloignait.

« Vous n'auriez pas pu revenir plus vite » râla Fili « J'étais inquiet moi »

« Désolé » s'excusa Kili « Ce n'était pas notre intention »

Fili alla rejoindre les autres tandis que Kili et Alnia s'échangeait un regard avant de s'asseoir l'un à côté de l'autre autour du feu. Pendant qu'ils mangeaient, Thorin leur apprit que la porte cachée d'Erebor ne serait visible qu'à la dernière lueur du jour de Durin.

« Demain nous commençons notre ascension dans les Monts Brumeux, c'est un endroit dangereux, donc je vous demanderais d'être prudent » ajouta-t-il

Alnia tiqua à la mention des Monts Brumeux. Elle avait souvent entendu dire que ces montagnes grouillaient de gobelins. Elle commençait à se demander si c'était vraiment une bonne idée de passer par là. Elle mangea doucement en pensant à tous cela. C'était bien connu, les gobelins étaient du côté des orcs et étaient aussi mauvais qu'eux. Après le dîner, elle s'approcha de Thorin dans le but de lui parler de ses craintes.

« Thorin » l'appela-t-elle doucement tandis qu'il se tournait vers elle « Je peux vous demander quelque choses ? »

« De quoi s'agit-il ? »

« Il n'y a pas un autre chemin qu'on puisse prendre ? A part ce sentier dans cette montagne »

« Pourquoi cette question ? »

« Vous répondez toujours à des questions par des questions ? » s'exaspéra Alnia « Ou c'est juste pour m'énerver ? »

« Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? » répondit Thorin avec un léger sourire néanmoins

« Thorin, je suis sérieuse » s'exaspéra Alnia en levant les yeux au ciel « Je suis certaine que vous savez très bien ce qui vit dans les Monts Brumeux, autant que moi »

Le regard de Thorin s'assombrit alors et son sourire disparut

« Oui, je le sais. Bien évidemment » affirma-t-il « J'aimerais pouvoir passer par un autre chemin, croyez moi. J'ai passé des heures à essayer de trouver, mais rien. La seule option qu'il y a serait de contourner les Monts Brumeux mais ça rallongerait notre voyage de plusieurs jours, si ce n'est de semaine. Notre temps est limité »

« Je comprends » acquiesça Alnia « J'espère juste qu'on ne rencontrera pas ces créatures »

« Je l'espère aussi » admit le roi nain « Mais si nous restons sur nos garde, il n'y a pas de raison que cela arrive »

« Vous avez sans doute raison »

« Ne vous inquiétez pas, allez plutôt vous coucher » lui conseilla Thorin « Nous avons encore une longue route demain »

Alnia acquiesça et se dirigea vers sa couche, que Kili lui avait installée près du feu, lui-même s'étant installé près d'elle. Elle s'allongea et resta perdue dans ses pensées. Elle s'inquiétait réellement, il faut dire que se retrouver en face des gobelins n'était pas une idée des plus plaisantes.

« Vous parliez de quoi ? » demanda soudainement Kili

« De rien. Juste de la suite du voyage. Passer par les Monts Brumeux ne m'enchante pas vraiment » avoua la naine

Elle sentit alors la main de Kili prendre doucement la sienne dans un geste réconfortant.

« Tu n'as pas à t'inquiéter, tout ira bien » voulu-t-il la rassurer
« En espérant que tu aies raison » soupira-t-elle

Kili serra un peu plus sa main dans la sienne. Il aurait voulu faire plus, il se surprenait même à vouloir la prendre dans ses bras, là maintenant. Et puis, il devait avouer que la voir discuter avec son oncle avait provoqué chez lui une petite pointe de jalousie, comme une brûlure au creux de l'estomac. Et puis il y avait eu ce moment dans la forêt, juste avant qu'ils ne repartent. Leur regard c'étaient croisés et Kili avait plongé dans ses yeux noisettes, clairs et empreint d'une grande douceur. C'était bien la première fois qu'il pensait à elle de cette manière. Tournant son regard vers elle, il remarqua qu'elle s'était endormie et il ne put s'empêcher de sourire à cette vision. Il finit par s'endormir à son tour, sa main serrant toujours celle d'Alnia et un inexplicable sourire accroché aux lèvres.

Lorsqu'Alnia se réveilla le lendemain il était encore tôt et elle était une des premières. Elle se rendit compte par ailleurs qu'elle avait toujours la main de Kili dans la sienne et qu'elle s'était rapprochée de lui. Elle se détacha doucement et se leva. L'air était plutôt frais ce matin-là, le ciel était gris même à cette heure. Devant elle s'étalait des pics plus ou moins haut, recouverts parfois d'une fine couche blanche ou dont le sommet était brouillé par quelques nuages bas. Les montagnes n'étaient pas d'un gris de pierre normal, mais de pierre sombre, presque noir. La vue des Monts Brumeux n'avait rien de charmant, c'était un lieu qui semblait presque mort et désolé. Quelques arbres morts étaient ici et là sur certaines pentes.

« Déjà levée ? » grogna une voix derrière elle

Se retournant, elle vit Dwalin assit non loin, la fixant.

« Oui, tu étais de garde ? »

Il acquiesça avant que Thorin ne se réveille à son tour et commence à réveiller tout le monde avec sa douceur habituelle

Très vite, tous furent levés et prêts au départ. Le début de l'ascension dans la montagne fut plutôt calme mais très vite, les choses se sont compliquées. Le sentier était de plus en plus étroit, si bien qu'ils n'avaient d'autres choix que de marcher les uns derrière les autres. Un vent froid s'infiltrait et mordait la peau sur laquelle ils n'avaient aucun vêtement. De sombres nuages avançaient doucement vers eux, apportant avec eux quelque chose de funeste. Rapidement, ces nuages noirs se retrouvèrent au-dessus de leur tête, cachant complètement les rayons du soleil, si bien qu'ils auraient pût se croire en pleine nuit. Et comme pour tout arranger, la pluie se mit à tomber. D'abord par de petites gouttes, se transformant peu à peu en un véritable déluge. Le sentier était rendu extrêmement glissant, déjà qu'il était dangereux lorsqu'il était sec mais mouillé c'était encore pire. Leur vision était très gênée et brouiller par la pluie, qui formait comme un rideau d'eau entre chaque membre de la compagnie. Ils continuèrent malgré tout de marcher mais en se collant dos à la paroi et en se donnant les mains les uns aux autres. Et comme si cela ne suffisait pas, un orage éclata au-dessus de leur tête. Il était violent et accompagné d'éclairs illuminant l'obscurité environnante.

Des pans de montagnes dégringolaient sur eux en des rochers plus ou moins gros, cassant leur sentier déjà très mince. Alnia entendit vaguement Thorin hurler quelque chose à propos d'un abri mais n'en entendit pas plus. L'orage était d'une violence telle qu'elle n'en avait jamais vu. Entre les coups de tonnerres l'assourdissant ajouté à la pluie qui l'aveuglait, Alnia se sentait un peu perdue.

« Ce n'est pas un orage ! » entendit-elle dire fortement Balin près d'elle « C'est duel d'orage ! Regardez »

Alnia leva alors les yeux et vit se détacher du ciel sombre une immense silhouette se détachant de la montagne. Des géants de pierre. Comme pour beaucoup de monde, Alnia pensait qu'il s'agissait d'une simple légende, mais non. Ils étaient bien là devant elle, se battant avec une rage non dissimulée, se lançant d'énormes morceaux de pierre arrachés à la montagne. Certains atteignaient la roche juste au-dessus d'eux, déversant sur la compagnie une pluie de pierre parfois coupante. C'est alors qu'Alnia sentit la roche sous ses pieds trembler. Baissant son regard, elle constata avec horreur que la roche sous ses pieds se fendait en deux. Fili, qui était près d'elle, la poussa sur le côté, ainsi que son frère. Ils étaient sur les jambes d'un autre géant. Il commença à se battre à son tour, rendant le support de la compagnie très instable. D'un côté il y avait Balin, Ori, Thorin, Bofur, Kili, Dori, Gloìn et Alnia, et de l'autre se trouvait Dwalin, Nori, Bombur, Bifur, Fili, Oìn et Bilbon. Tous s'agrippaient comme il le pouvait, jusqu'à ce que le premier groupe ait l'occasion de passer de la jambe du géant au reste du sentier au flanc de la montagne. Kili entraina Alnia avec lui tandis que l'autre groupe était resté sur la seconde jambe. Thorin les encouragea à faire comme eux, mais la distance était bien trop grande. Le géant finit par perdre le combat et s'effondra. Alnia vit avec horreur la jambe sur laquelle était le reste de la compagnie se rapprocher dangereusement de la montagne.

Elle avait l'impression que le temps s'écoulait très lentement, comme si quelqu'un s'amusait à faire durer le temps, le ralentir à l'infini. Elle les voyait tomber sans qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit.

Et puis, c'est dans un grand fracas que la jambe percuta la montagne. Thorin cria le nom de son neveu et Alnia espérait de toutes ses forces qu'ils allaient tous bien. Près d'elle, Kili semblait très pâle et était incapable de dire quoi que ce soit. Thorin partit dans leur direction, suivit de près par Gloìn et tous les autres, Alnia entrainant Kili en lui prenant le bras. C'est alors qu'elle entendit avec soulagement Gloìn dire que tous allaient bien. Elle s'autorisa à respirer de nouveau et s'approcha rapidement des autres, Kili juste derrière elle. Ils étaient tous là, au sol et tentant de se relever et surtout ils étaient tous en vie. Elle s'approcha de Fili et le prit dans ses bras. Elle avait vraiment eu peur pour lui et tous les autres.

« Tu vas bien ? » demanda-t-elle

« Mais oui Alnia, il en faut plus pour me tuer » rigola le nain blond

Elle s'autorisa à sourire sans apercevoir le regard noir que lançait un certain nain brun en direction de Fili.

« Où est Bilbon ? » demanda soudainement Bofur

Alnia sentit les battements de son cœur s'accélérer. Ils se rendirent très vite compte que Bilbon avait glissé et qu'il s'accrochait désormais comme il pouvait à la paroi de la montagne. Plusieurs nains voulurent l'aider à remonter, mais il était trop bas. Thorin finit par descendre à son niveau et le fit remonter. Mais au moment de remonter lui-même, il glissa et se fit aider par Dwalin pour revenir parmi eux.

« J'ai bien cru que nous avions perdu notre cambrioleur » dit Dwalin

« Il est perdu depuis qu'il est sorti de chez lui » lança Thorin « Jamais il n'aurait dû venir, il n'a pas sa place parmi nous »

Ils finirent par trouver une petite grotte dans laquelle ils s'installèrent pour la nuit. Alnia trouva un rocher où elle s'assit, complètement épuisée et trempée jusqu'aux os. Ses vêtements étaient tellement gorgés d'eau qu'elle aurait pu approvisionner une ville toute entière pour des semaines. Elle sentit soudainement quelqu'un lui mettre une couverture sur le dos. Tournant légèrement la tête, elle vit Kili près d'elle.

« Merci » lui dit-elle

Kili se contenta de lui sourire sans répondre. Il n'avait vraiment pas aimé la façon dont elle s'était jetée dans les bras de son frère. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? C'était bien la première fois qu'il était jaloux de Fili. Après tout, elle s'était juste inquiétée et avait été soulagée en le voyant en vie. Kili aussi bien-sûr avait été soulagé, il s'agissait de son frère tout de même. Mais que lui arrivait-il ? Il resta assis près d'elle tandis qu'elle s'appuyait contre le mur derrière le rocher. Elle ferma les yeux, et sans qu'elle s'en aperçoive elle s'endormit. Elle eut l'impression de n'avoir dormi qu'une minute quand elle entendit la voix de Thorin :

« Tout le monde debout ! »

Alnia se réveilla en sursaut et eu juste le temps de voir le sol se fendre en deux. Elle se releva d'un coup et se mit debout sur le rocher et vit avec horreur tous ses compagnons passer à travers le sol en criant. Elle croisa rapidement le regard de Kili, puis le sol se referma et le silence prit place dans la petite caverne. Elle osait à peine respirer. C'était sans doute un fait des gobelins. Et maintenant, elle était censée faire quoi ? Elle décida finalement de descendre de son rocher et sortit de la caverne en rasant les murs, de peur que le sol ne s'ouvre à nouveau. Elle se retrouva finalement dehors, sous un ciel virant doucement au gris. Mais au moins la pluie et l'orage a cessé se dit-elle.

Elle venait tout juste de sortir quand elle entendit des voix dans la grotte.

« Ils sont tous passés tu crois ? » fit une première voix aigu et grinçante

« Personne ne peux échapper à ça » répondit une deuxième voix tout aussi désagréable que la première « Mais vérifie quand même, moi j'y retourne. Et n'oublie pas de regarder dehors »

Alnia sentit son sang se glacer à ces mots. Il allait la voir, elle était de retour sur le sentier et il n'y avait rien qui puisse la cacher. Et il était hors de question qu'elle se mette à courir, le chemin était encore glissant et elle pourrait vite tomber dans le vide. Elle entendit les pas du gobelin se rapproché de l'entrée et c'est alors qu'elle eut une idée. Elle sortit ses dagues doucement et se colla le plus possible à la paroi. C'est alors qu'une hideuse créature, plus petite qu'elle, la peau couleur boue, des bras décharnés portant une épée rouillée et encore tachée de sang désormais séché sortit. Le gobelin était d'abord le dos tourné à Alnia. Elle en profita pour lui sauter sur le dos et l'entailla au front. Elle se battit contre lui et réussi à le blesser à l'épaule. Elle lui tordit finalement le bras qui tenait encore son épée, jusqu'à entendre un craquement sinistre. L'épée rouillée vola et dégringola la pente. Le gobelin voulut se jeter à la gorge d'Alnia, mais elle fut plus rapide que lui. Le gobelin se retrouva finalement dos au vide, une dague d'Alnia sur la gorge et l'autre au niveau du cœur.

« Pousse un seul cri, un mot plus haut que l'autre et tu es mort » menaça la naine

Le gobelin se contenta de la jauger avec dégout, de ses yeux terreux et vide de toute intelligence.

« Où mène cette trappe ? »

« Tu crois que je vais te le dire chienne ? » cracha-t-il en Noir Parlé

Sous l'insulte, Alnia lâcha la dague que le gobelin avait sous la gorge et l'y attrapa avant de le pencher au-dessus du vide, sa deuxième dague toujours pointée sur son cœur.

« Je te déconseille de m'énerver » grogna-t-elle dans la même langue « Et tu as tout intérêt à me dire où ils ont été emmenés »

Les yeux de la naine avaient virés au noir sous la colère, la prise qu'elle avait sur la gorge du gobelin était assurée comme celle qu'elle avait sur sa dague. Le gobelin fut surprit de voir qu'elle connaissait la langue du Mordor et quelque peu apeuré aussi.

« Da-dans le royaume du roi » dit-il difficilement, Alnia l'étranglant à moitié « I-il vont être con-conduit au roi »

« Qu'est-ce qu'il va leur faire ? »

Le gobelin se contenta de lui lancer un sourire mauvais ce qui acheva d'énerver Alnia. Elle lui enfonça sa dague dans le cœur avant de le lâcher. Le gobelin tomba alors dans le vide, poussant un faible cri et était déjà mort quand il s'écrasa au sol.

Alnia resta plusieurs minutes, complètement immobile. Ils avaient été capturés par les gobelins. Ils devaient être des centaines là-dessous, à elle seule elle ne pourrait rien faire. Mais où était Gandalf quand on avait besoin de lui ? Elle se secoua mentalement et ramassa ses dagues. S'il y avait bien une chose qu'elle avait compris sur ses nains, c'est qu'ils se débrouillent toujours pour s'en sortir. Autant qu'elle continue à avancer sur le sentier étroit. Petit à petit, le ciel s'éclaircissait peu à peu, mais toujours couvert de nuage. L'air était froid et le vent mordant, elle avançait doucement, faisant attention où elle mettait les pieds. Elle espérait trouver une entrée à cette montagne, il devait forcément y en avoir une, à part passer par une des trappes des gobelins. Elle marcha de longues heures, ne s'arrêtant jamais de peur de croiser une autre de ces créatures. Ses pieds la faisait affreusement souffrir et elle mourrait de faim, ajouter au fait que parfois elle devait presque escalader la montagne pour passer le sentier tellement il était étroit à certains moments. Ses mains étaient toute écorchées et son souffle était court.

Elle marcha pendant longtemps, toute la journée, s'arrêtant juste quelques minutes. L'air lui-même semblait étouffant. Elle finit par trébucher sur une pierre et se retrouva suspendue dans le vide, accrochée seulement par une racine sortant de la pierre. Elle sentait son cœur battre à tout rompre, elle aurait voulu crier pour que quelqu'un lui vienne en aide, mais les seuls qui viendraient seraient les gobelins. Elle tenta de remonter par elle-même mais elle en était incapable. C'est alors qu'une ombre se dessina au-dessus d'elle, une silhouette qu'Alnia n'arrivait pas à reconnaitre. La personne l'attrapa par le bras et la fit remonter rapidement. Alnia resta assise contre la paroi, tentant de reprendre son souffle et de calmer son cœur. Se rappelant de la personne près d'elle, elle commença à sortir une dague mais une voix l'arrêta.

« Voyons Alnia, vous n'avez rien à craindre de moi. Vous le savez »

Elle releva instantanément la tête à cette voix qu'elle avait reconnue. Gandalf était devant elle, la regardant soucieusement. Elle se releva, soulagée de le revoir et en colère en même temps qu'il ne soit pas venu plus tôt.

« Mais qu'est-ce que vous avez fait bon sang ? » s'énerva-t-elle

« Je suis désolé d'avoir tant tardé » s'excusa le magicien « Mais où sont les autres Alnia ? »

« Ils ont été capturés par les gobelins. Moi j'ai réussi à y échapper, alors j'ai continué le chemin espérant trouver une entrée et les aider »

Le visage de Gandalf prit un masque d'inquiétude.

« Venez avec moi, je sais par où nous pouvons passer. Mais avant… »

Gandalf posa alors sa main sur le front d'Alnia est prononça une incantation et retira sa main. Aussitôt, Alnia se sentit revigorée, sa faim semblait s'être atténuée et sa fatigue disparue.

Ils commencèrent alors à marcher rapidement le long du sentier qui s'élargissait de plus en plus. C'est alors qu'ils arrivèrent devant une ouverture, formant un trou noir dans la roche. Gandalf dégaina son épée, imité par Alnia. Tous deux entrèrent alors et Alnia eu une expression de dégout. Une grande chaleur régnait dans cette montagne, une chaleur étouffante en plus des odeurs de moisissure et de pourriture.

Ils allèrent vite, se débarrassant parfois d'un gobelin ou deux sur leur route. Ils débouchèrent bientôt sur une grande place, entourant un grand trône grossièrement sculpté. Devant se tenait un gobelin énorme, son triple menton pendouillant lamentablement sur sa poitrine, son ventre plus que proéminant était couvert de furoncles et Alnia remarqua avec dégout qu'il avait une couronne faite d'os sur la tête.

Gandalf montra doucement le trône à Alnia et cette dernière se dirigea doucement vers le trône. Elle vit alors, agglutinée devant le monstre se faisant appeler roi, la compagnie entière avec en première ligne Fili et Kili lançant des regards noirs au roi gobelin, et encore plus à l'avant se trouvait Thorin plus royal que jamais. Une fois qu'elle fut derrière le trône, qui n'était pas en bois comme elle l'avait cru mais en os, elle put entendre la conversation entre Thorin et l'énorme gobelin.

« …vous n'êtes pas roi, et vous n'avez pas de montagne. Ce qui fait de vous un moins que rien »
railla le roi gobelin

Alnia serra les poings aux mots de ce dernier. Il pouvait parler lui, il n'arrivait même pas à la cheville de Thorin. La naine eu soudainement l'envie de se jeter sur le grand gobelin et de le tuer, de la massacrer même mais elle devait attendre que Gandalf agisse d'abord.

« Je connais quelqu'un qui paierait cher pour votre tête » continua le gobelin « Juste une tête, détachée du reste. Peut-être voyez-vous de qui je parle ? Un orc pâle qui monte un warg blanc »

Le sang d'Alnia se glaça dans ses veines. Ca ne pouvait pas être lui. Ou bien, la rumeur disait vraie ? Azog aurait survécu.

« Azog le Profanateur n'est plus de ce monde » grogna Thorin « Il a été tué lors d'une bataille il y longtemps ! »

« Alors le temps où il profanait serait révolu selon vous ? » se moqua le gobelin avant de s'approcher d'un petit gobelin sur une sorte de balançoire attaché à un filin

Alnia risqua à se montrer doucement à Thorin. Ce dernier la vit et ouvrit de grands yeux. Elle mit son doigt devant sa bouche pour lui intimer de ne pas faire de bruit et prononça silencieusement le nom de Gandalf quand il fut ramené vers la compagnie. Alnia le vit leur dire quelques mots et elle ne doutait qu'il leur annonçait sa présence.

C'est à ce moment-là qu'un cri strident retentit. Un des gobelins avait sorti l'épée de Thorin de son fourreau et la lame lui avait brûlé les yeux. Le roi gobelin remonta sur son trône en criant :

« Je connais cette épée ! C'est le fendoir à gobelin ! La mordeuse, l'épée qui a tranchée un millier de tête ! »

Il ordonna alors à ses sbires de tuer les nains. Ils commencèrent à les fouetter et Alnia, ne pouvant supporter de voir ça sans rien faire se jeta sur les gobelins quand Gandalf intervint enfin, projetant un éclair aveuglant autour de lui.
Tous se retrouvèrent au sol, sonné par la lumière. La compagnie se releva plus vite que les gobelins, qui eux étaient complètement sonnés. Alnia constata avec soulagement qu'ils allaient tous à peu près bien, certains étaient blessés, mais rien de très grave.

Elle s'approcha d'eux pendant qu'ils se relevaient.

« Alnia ? » lança Nori « Mais comment… »

« Plus tard » le coupa Alnia « On doit sortir d'ici »

« Saisissez-vous de vos armes ! » ordonna Gandalf tandis que les gobelins commençaient à refaire surface « Battez-vous ! Battez-vous ! »

Tous les nains reprirent alors leurs armes, se préparant à un combat sans merci. Toutes les lames étaient levées, prêtes à rencontrer la chair des gobelins qui se lancèrent sur leur prisonniers.


Voilà, c'est tout!

N'oubliez pas la petite review en passant ;)

Bisous!