Chapitre 9 : La fin du voyage


Je n'avais pas revu Russia depuis deux mois. Je ne savais même pas quand il reviendrait, Toris me refusait toutes informations sous prétexte qu'il fallait que je me concentre sur ma prétendue guérison. Mais pour l'instant je n'avais aucun effort à fournir… Seulement endurer ces horribles piqûres qui me transperçaient la peau. Ce connard de russe était partit comme ça, sans aucunes explications. Il m'avait embrassé en me disant qu'il m'aimait et voilà. Il m'avait abandonné… Après, personnellement, je m'en foutais ! Je ne l'aimais pas et son absence le prouvait bien. Je ne pensais presque jamais à lui et son départ ne m'avait procuré qu'un élan d'indifférence... De toute façon, j'en revenais toujours à la même conclusion : qui pourrait aimer un type pareil ? Personne, la réponse est évidente, maintenant passons.

J'étirais mes bras au dessus de ma tête et regarda par la fenêtre. Je ronchonnais en voyant les rideaux fermés.

-Lithuania ! Criais-je de mauvaise humeur.

J'attendis quelques minutes puis le lituanien arriva dans la pièce en courant. Il portait un tablier blanc taché de sauce et une cuillère à la main. Il semblait un peu paniqué et me regardait avec des yeux totalement exorbités.

-Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ?! Tu vas pas bien ?

-Je vais bien. T'a oublié d'ouvrir les rideaux. Dis-je en levant les yeux au ciel.

Il resta interdit pendant quelques secondes puis fis deux-trois pas vers moi.

-C'est tout ?

-Bah ouais.

-Je pensais que tu t'étais fait mal ou quelque chose d'autre !

-Je ne suis pas une gamine de huit ans qui est fiévreuse, je peux me débrouiller seul.

-Ah non ça c'est sûr ! Tu es une nation immortelle handicapés, bien sûr que tu peux te débrouiller seul ! Dit-il avec ironie. Évidemment que...

-Oui bah c'est bon ! Pas la peine de prendre tes grands airs non plus ! Continuais-je en le coupant brutalement. Bon tu vas ouvrir ces putain de rideaux ?

Un silence ce fit dans la pièce mais alors que j'allais dire quelque chose Lithuania prit la parole.

-Va-y toi même ! Je te rappelle que tu as un fauteuil roulant à disposition ! Dit-il en haussant le tons.

-Je suis fatigué. Dis-je entre mes dents de plus en plus excédé.

-Pardon ? Tu es fatigué ? Non mais tu te fous de moi ! Tu... Tu reste toute la journée dans ton lit ! Depuis que Russia est partit tu n'a pas bougé ! Et tu... Rah tu m'énerve !

Il quitta la chambre sans se retourner en claquant la porte. Je croisais les bras et plaqua ma tête contre le mur derrière moi dans un soupir de lassitude. Pour qui il se prend celui là ? O.K j'ai pas beaucoup bougé depuis que l'autre crétin de communiste avait quitté la maison et ça n'avait rien à voir avec lui évidemment, mais je faisais ce que je voulais. J'en avais le droit après ce que je venais d'endurer. Je me redressais et du coin de l'œil je vis les rideaux toujours fermés.

-Ah non mais c'est pas vrai ! Dis-je en tapant le matelas à l'aide de mes poings.

Je me mis la tête dans mes mains puis inspira à fond. Pourquoi suis-je autant énervé … ? Soudain je vis une image du russe me souriant. Je pris mon oreiller et le jeta le plus loin possible de toute mes forces.

-PUTAIN !

Je restais à moitié adossé au mur en maudissant Russia pour tout ce qu'il m'avait fait, pour tout ce qu'il m'avait dit.


Je me réveillais un matin avec une idée soudaine. Et si Russia revenait demain ? Ou alors la semaine prochaine ? Ou bien dans une heure peut-être. Je devais être prêt. Je me regardais dans le miroir qui était accroché à l'armoire. Mon physique n'étais plus ce qu'il était, mes muscles étaient flasques et je n'avais plus aucuns abdominaux. De quoi faire débander tout hommes qui se respectent... Et puis ce maudit fauteuil n'arranger rien. C'est pas comme si je pouvais y faire quelque chose pour l'instant mais ça me tracassait quand même.

-Patience patience Gilbert... Chuchotais-je pour moi même. Je crois qu'il est grand temps de reprendre le sport. Continuais-je en me tâtant les biceps.

Je veux absolument redevenir l'homme que j'étais, celui qui pouvait faire plier n'importe qui avec ce regard de feu. Je mis mes mains sur les accoudoirs puis essaya de me pencher en avant le plus doucement possible pour ne pas tomber trop brutalement. Je réussis à atteindre le sol en mettant une de mes mains devant moi. Les deux paumes au sol, le ventre touchant le parquet, je contractais mes muscles et ferma les yeux en sentant la douleur caractéristique de la gyms arriver.

-Et de une !

Je replia les bras et continua à faire des pompes pendant plusieurs minutes. Au bout de la septième mon corps me lâcha et je tombais lourdement par terre.

-Sept... C'est un bon début... Dis-je à boue de souffle avec un peu d'amertume dans la voix.

C'est à partir de là que je commençais un programme d'entraînement intensif. Il était hors de question que Russia me voit comme un raté, je vais retrouver ma musculature, ma prestance et dès que j'aurais l'usage de mes jambes je lui botterais le cul.


Cela faisait six mois que Russia avait quitté sa demeure. Je ne m'en plaignait pas, j'étais bien trop occupé à faire du sport. Lithuania avait presque accepté l'idée même si lorsque j'en faisais trop il me forçait à aller me recoucher. Je passais mes journées à travailler chacun de mes muscles et on pouvait déjà voir le minuscule résultat de ces quelques mois d'entraînement. J'avais reprit du poids, merci à Toris pour ses bon petits plats, mes épaules était un peu plus large et j'avais enfin reprit un peu de ventre. Désormais Prussia le squelette avait disparu, et pour longtemps j'espère ! Je me sentais mieux, dans mon corps et dans ma tête. Les beaux jours arrivaient et je sentais au fil des semaines la douceur du printemps me taquinait la peau de ses douces brises. Parfois quand il faisait assez chaud je m'entraînais dehors, je me sentais si bien allongé dans l'herbe avec Toris à mes côtés qui m'apportait un morceau ou deux de ses merveilleuses tartes. Il y avait même des jours où je ne pensais même plus à Russia. Je me sentais revivre sans sa mauvaise influence autours de moi. Tout compte fait la Russie peut être un très beau pays...


Cela faisait un an et demi que le médecin était venu me voir. Un an et demi que je prenais mon mal en patience, que je faisais du sport, de la gyms et toute les mesures nécessaires pour pouvoir être en meilleur forme possible. Un jour Toris s'était approché de moi et m'avais dit dans un grand sourire que je ressemblais de plus en plus au Prussia qu'il avait connu avant la guerre. Je lui avait simplement répondu que c'était impossible, que je ne serais plus jamais le même. Il n'avait pas répondu et m'avais simplement embrassé sur la joue avant de repartir sans un regard de plus. Mais je devais bien admettre que physiquement j'étais plutôt pas mal. Mes abdominaux était revenus plus magnifique que jamais, mes pectoraux était à tomber par terre et je ne parle même pas de mes bras. Ma awesome attitude était bien revenu et j'en profitais à chaque instant. Même mes cheveux avaient reprit cette teinte blanche aveuglante qui me caractérisait si bien. Le seul problème était mes jambes qui restaient assez maigres à cause de leurs inactivités mais j'avais toujours eu les jambes fines donc on ne voyait pas trop la différence si on n'y faisait pas attention. Seul mes yeux demeuraient rose pâles. Je commençais même à penser qu'il ne redeviendrais plus jamais rouge. Je n'arrivais pas à comprendre pourquoi ils ne changeaient pas comme le reste de mon corps.


-Toris, tu peux me passer le pain s'il te plais.

-Tiens. Me fit-il dans un sourire.

-Merci.

Lithuania et moi étions allongé sur une grande nappe rouge, juste à côté d'un énorme arbre qui nous faisait de l'ombre. Ma peau d'albinos ne supportait pas le moindre rayon de soleil trop fort alors nous nous étions mit de manière à être à l'aise. Le champ de tournesol était au loin et on pouvait admirer ce merveilleux jaune qui s'étalait sur toute la longueur du jardin. Je terminais ma salades quand tout un coup Lithuania cria de sa voix trop aigu pour mes pauvres oreilles.

-Qu'est-ce qui se passe ?! Dis-je paniqué en me redressant.

- Une araignée !

J'émis un petit rire moqueur en voyant que c'était qu'un petit insecte qui avait provoqué cette réaction sur Toris.

-Écrase l'a Prussia ! Écrase l'a !

-Oh c'est qu'une arai...

-ECRASE LA ! Hurla-t-il en s'écartant de plusieurs mètre de notre pique nique.

-O.K O.K … Dis-je en levant les yeux au ciel avec un petit sourire.

Je cherchais la bestiole des yeux mais je ne la trouvais pas mais puisque je voyais du coin de l'œil Toris paniquer encore plus je persévérais. Tout d'un coup je la vis sur ma jambe gauche. Rapidement, je pris une de mes chaussures que j'avais enlevé précédemment puis je donnais un grand coup pour la faire dégager.

-Aïe ! Dis-je par automatisme.

Je restais bouche bée en voyant ce qui venait de se passer. Mes mains se mirent à trembler violemment et je lâchais ma chaussure sans m'en rendre compte.

-Tu l'as eu ? Dit-il le lithuanien au loin.

J'ouvris la bouche puis l'a referma immédiatement. Lentement je me penchais vers mes jambes et mis mes mains sur mes genoux. Une douce chaleur se rependit la où j'avais placé mes doigts et de drôles de picotements parsemaient mes jambes mais avant que je réagisse à ce qui venait de se passer je tombais dans les pommes.


-Les piqûres et les exercices d'assouplissement réagissent enfin sur son organisme, c'est un vrai soulagement. Dit une voix que je reconnu vite.

C'était mon cher médecin russe.

-Mais alors pourquoi ne pouvait-il pas marcher ce matin ? Demanda une voix que j'identifiais comme étant Toris.

Je bougeais un peu les mains et je sentis à la texture des draps que j'étais dans mon lit.

-Les piqûres font d'abord effet sur la couche supérieur de la peau puis, petit à petit, atteint les muscles. La nation Prussia pourra bientôt remarcher à mon humble avis. Il faut juste attendre encore un peu de temps et puis il pourra commencer la rééducation.

Je papillonnais des yeux puis en voyant la lumière du soleil trop vive qui transperçait les fenêtres je les refermaient avec force.

-Fermez ces putains de rideaux... Marmonnais-je pour moi même.

Je retombais dans le sommeil en me disant qu'enfin je pourrais reprendre une vie normale. Encore un dernier effort.


Cela faisait quatre mois que j'avais commencé la rééducation. J'arrivais désormais à marcher avec des béquilles et quel bonheur ! Je sentais enfin l'herbe me chatouillaient les pieds, mon poids descendre vers mes jambes, toutes ces sensations que j'avais oubliée... C'était un vrai soulagement de pouvoir enfin être autonome, de pouvoir fermer ou ouvrir ces putain de rideaux et de ne plus devoir demander à Toris, ou à qui que ce soit d'autre, quelque chose. Mes muscles me faisaient un peu mal, surtout le soir mais il fallait bien souffrir pour guérir et ce n'était certainement pas ça qui allait m'arrêter. Toutes les nuits que j'avais passé à rêver de mon frère, moi courant vers lui, pourront enfin se réaliser. Encore quelques semaines et je me tiendrait droit et fière, comme la Prusse ne l'aura jamais autant était.


-Tu es magnifique Gilbert. Me dit Lithuania en réajustant ma cravate.

-Merci mais la prochaine fois essaye de me dire quelque chose que je ne sais pas... Répondis-je avec un petit sourire satisfait.

Il ne prit pas la peine de me répondre et gloussa en mettant sa main devant la bouche. Le costard que j'avais sur le dos me donnait une belle allure et m'allongeait la taille grâce à sa forme élancée. Il était d'un noir profond et contrastait avec ma peau qui à l'inverse était bien pâle. Mais pour une fois elle n'était pas pâle au point d'être blanchâtre ou bien malade, ma peau semblait faite en porcelaine et je devais bien avouer que cela lui donnait un bel aspect délicat, même si j'avais toujours détesté qu'on me le fasse remarquer. Ma cravate rouge foncée retombait sur une chemise d'une qualité digne des plus grands couturiers et mes chaussures me donnait l'allure d'une homme d'affaire.

-Rappelle moi pourquoi nous sommes habillé comme ça Toris ?

-Parce que j'ai réservé une table dans un magnifique restaurant rien que pour nous deux où nous allons fêter ton rétablissement et ta bonne santé ! Dit-il tout enjoué à la perspective de la bonne soirée que nous allons passer.

Je me regardais de haut en bas une fois de plus et remit ma veste en place. Je levais mon regard vers mon ami et lui lança un sourire charmeur.

-Madame est prête pour son dîner ? Lui demandais-je en lui donnant le bras.

Il rigola doucement et enroula son bras dans le mien.

-Toujours si c'est avec toi !

-Alors c'est partit !

Après un trajet en voiture qui dura environ vingt minutes nous arrivâmes enfin au restaurant. L'endroit respirer la convivialité, chaque tables étaient en bois si bien qu' on avait l'impression d'être dans un chalet au bord de la montagne. Le réceptionniste nous conduisit à une table et après lui avoir dit quel vin nous voulions il disparut dans la foule. Toris me regardait avec un grand sourire et se pencha vers moi pour me chuchoter quelque chose.

-Je suis si contente que tu aille mieux Gilbert.

-Et moi dont ! Dis-je en me penchant à mon tour. Mais pourquoi tu chuchotes ?

-Parce que j'aime sentir ton parfum...

-Tu me flattes mon cher Toris... Dis-je en lui faisant un clin d'œil.

Il rigola de son rire cristallin puis se redressa en voyant le serveur arriver. Je gouttais le vin puis lui intima qu'il était parfait. Il nous servit tours à tours puis repartit vers les cuisines.

-Pourquoi tu souris Gilbert ? Me demanda le lituanien.

-Parce que je suis guéri ! Dis-je avant d'éclater de rire. Enfin ! Après tous ces efforts ! Tu te rends compte du calvaire que j'ai vécu pendant ces deux ans ?

-Je ne saurais jamais... Mais je crois réussir à imaginer.

Je pris une gorgée de vin rouge puis repris avec fougue.

-Toutes ces épreuves... J'ai bien cru que je n'y arriverais jamais !

-Eh bien durant ces bref moments tu avais tord... Regarde où tu en est aujourd'hui ? Me dit Toris en levant son verre. Trinquons !

Je pris mon verre et l'imita.

-A mon lituanien préféré qui à su me supporter pendant toute ma convalescence !

-Non Prussia ! A la nation la plus awesome que l'histoire n'est jamais connu !

J'éclatais de rire puis nous trinquons dans la bonne humeur et l'euphorie générale.

Le repas fut délicieux et c'est avec le ventre plein que nous sommes partit vers onze heure pour la demeure Braginsky après avoir bien digéré à l'aide de quelques cocktails. Toris, étant un peu pompette, me souhaita bonne nuit et alla se coucher sans traîner. Je montais les escaliers et me mit à rire tout seul en sentant cette merveilleuse sensation me chauffer les jambes. Quel bonheur de grimper les marches une à une sans l'aide de personne ! Je longeais le mur pour me dirigeais vers ma chambre mais l'alcool ingéré un peu plus tôt commençait de plus en plus à faire ses effets.

-Aïe ! Dis-je avant d'exploser de rire en me retenant à un rideau.

Je venais de percutais une table mais heureusement aucun bibelot était tombé... Manquerait plus qu'à son retour Russia m'oblige à payer les dégâts !

-Russia... Quel con ! Commençais-je à crier dans la maison. Je vais le buter ! Lui et toute sa famille ! Ah mais il en a pas...

Un autre fou rire commençais à me prendre quand soudain j'entendis un bruit derrière moi. Je fis volte face si rapidement que je tombais à la renverse pour atérir les fesses au plancher.

-Ah putain ! Mon cul...

Je me relevais avec difficulté puis continua mon chemin en marmonnant.

-Toris... C'est pas bien de me faire peur comme ça... Va te recoucher...

J'entrais enfin dans ma chambre et alla m'écrouler dans mon lit. Je ne prit même pas la peine de me déshabiller et me glissa avec difficulté dans les draps.

-Ah... Soufflais-je avec soulagement.

Je m'enfonçais dans mon matelas et sentit la douceur sécurisante du sommeil commencer à agir sur mon organisme. Comme dans un rêve, j'entendis au loin des bruits de pas et juste avant de sombrer dans le sommeil je sentis par le renfoncement du matelas quelqu'un s'asseoir sur le lit.

-Me revoilà Котёночек … Et pour longtemps.