Salut à tous ! Oui oui, je sais, j'ai un peu de retard, mais ça va, ça reste raisonnable non ?! J'ai du réécrire cinq fois ( au moins ) la dernière scène & je suis toujours pas satisfaite mais bon, vous me direz ce que vous en pensez ^^
On m'a fait remarquer récemment qu'en effet, j'avais déjà plus de 200 reviews, vous avez pas idée de ce que c'est motivant ..! Merci à tous même vous les lecteurs de l'ombre qui font monter les stats ;)
Lily j'ai bien peur que ce ne soit pas le seul chapitre qui fasse mal au coeur mais promis la fin sera heureuse ! Mel99 je peux faire pire si tu veux mais pas sur que tout le monde soit d'accord ? xD Elayna je te confirme que les ennuis arrivent, mais pas que ;) Raphi5930 promis tu n'auras plus envie de vomir xD ElsyCiel : Tu auras tenu 1 semaine et 2 jours, j'espère que ça va ? :p
Bon allez, sans plus attendre, la suiiiiite !
Chapitre 9 :
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Regina
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Elle ne l'avait pas retenue lorsqu'elle s'était enfuie. Elle se rappelait parfaitement des raisons qui l'avaient conduite à lui offrir ce cheval et s'interdisait de la restreindre d'une quelconque façon qu'importe la colère et le regret qui avaient commencé à la ronger à la seconde même où elle avait comprit ce qui était passé par la tête de la jeune femme. Aussi l'avait-elle laissée partir, prenant son temps pour la suivre au château où son génie lui apprit qu'elle était arrivée en larmes avant de s'enfermer dans sa chambre.
Et puis un autre genre de souci s'était insinué en elle, celui du marché que lui proposait Rumplestiltskin. Une fois encore les brefs moments qu'elle avait passés avec la Princesse lui avaient rendu un sourire perdu ces derniers jours, sa présence seule était capable d'illuminer sa journée et elle ne voyait pas comment elle ferait pour accepter de la jeter dans les bras de Baelfire. L'homme qu'elle avait à peine connu à Storybrook n'était pas digne de confiance. Pourtant il lui était impossible d'ignorer l'option qui s'offrait à elle. Henry était la solution logique à tous ses problèmes et retenir Emma par pur égoïsme n'était pas juste.
Quelque part dans la nuit elle avait senti sa présence dans le château, entendant ses pas dans le couloir et jusque dans la chambre qu'elle lui avait attribuée. Mais rien ne l'avait préparée à la vision qui brisa son coeur lorsqu'elle passa la porte de ses chambres. Le corps qu'elle tenait emprisonné dans ses bras était encore brûlant, abîmé par des griffures qui lui tordirent l'estomac. Qui lui avait fait ça ? Sa confusion était en train de se teinter d'une colère noire qu'elle s'efforçait de contenir pour ne pas affoler la blonde.
- Emma ... Parlez-moi.
Mais ses tentatives restèrent vaines et elle parvint à peine à lui arracher un signe négatif de la tête lorsqu'elle insista pour savoir si quelqu'un s'en était pris à elle. L'information la calma un tant soit peu mais elle ne parvenait toujours pas à gérer les sentiments qui affluaient. Ignorant avec difficulté le corps nu sous le peignoir en soie, la sorcière souleva sa protégée pour la forcer à s'asseoir sur ses genoux, submergée par une nouvelle vague de sentiments où désir et inquiétude se mêlaient lorsqu'elle se blottit contre elle pour déverser de nouvelles larmes dans son cou.
Avec une précaution immense elle referma ses bras autour de la jeune femme, passant une main dans ses cheveux pour les sécher en des longues boucles qu'elle caressa un long moment.
- Emma, je suis désolée pour ce qui s'est passé ce matin, tenta-t-elle. Je vous en prie, parlez-moi, je ne supporte pas de vous voir pleurer.
Ses lèvres trouvèrent refuge contre sa tempe et elle attendit un long moment encore pour que les sanglots se calment, les ongles courts de la Princesse plantés dans son dos.
- Je ... Je suis désolée, s'excusa la voix cassée dans le creux de son épaule.
Elle ne répondit pas tout de suite, inspirant enfin comme si le son de sa voix lui permettait de reprendre ses esprits. Ses mains se détachèrent de leur ancrage pour dégager la Princesse de là où elle s'était cachée et la forcer à affronter son regard. Les yeux clairs et rougis étaient encore trempés de larmes et elle dut lutter contre l'envie de l'embrasser. Elle aurait pu. Elle mourait d'envie de transformer ces sanglots en gémissements mais elle ne se pardonnerait pas de profiter de la détresse de la jeune femme.
- Vous n'avez pas à être désolée, finit-elle par répondre en pestant contre sa voix rauque.
Son regard suivit la course d'une larme sur la courbe de sa joue avant de tomber dans le décolleté creusé dans le peignoir en soie où la présence de griffures la fit froncer les sourcils.
- Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- C'est moi, s'empressa-t-elle de répondre. C'est moi, j'ai gratté.
Les mots ne faisaient aucun sens mais elle ne descellait aucun mensonge et décida d'effleurer la peau du bout des doigts de sa main libre pour effacer la moindre imperfection. Mais il restait quelque chose que sa magie ne pouvait pas soigner, une tristesse qui semblait l'éloigner d'elle.
- Emma ...
L'intéressée se redressa et elle dut se faire violence pour ne pas la retenir, frissonnant malgré la chaleur du feu qui brûlait non loin.
- Je ... Je dois y aller. Je suis désolée.
- Aller où ? paniqua-t-elle presque.
- Retourner dans ma chambre. Je suis désolée de vous avoir importunée.
- Vous pouvez rester, proposa-t-elle avant d'y avoir réfléchi. Cette nuit.
L'offre brilla quelques secondes dans les yeux de la Princesse avant que son visage ne s'affaisse, la mâchoire serrée retenant visiblement de nouvelles larmes.
- Non merci. Je dois y aller. Merci.
C'était la première fois que la blonde parvenait à la laisser réellement bouche bée et elle resta immobile un long moment après son départ. Que venait-il de se passer ? La voir en larmes l'avait totalement ébranlée au point qu'elle manque céder à la tentation qu'elle représentait, uniquement sauvée par un sursaut de lucidité et c'était la jeune fille qui avait refusé de passer la nuit avec elle quand elle pensait qu'elle aurait sauté sur l'occasion.
- Sidney, appela-t-elle par réflexe.
- Oui, ma Reine ? demanda aussitôt le génie posté dans un miroir suspendu non loin.
- Trouve moi ce qu'il est arrivé à Emma.
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Evidement elle n'était presque pas parvenue à fermer l'oeil de la nuit, exigeant des réponses du génie qui n'avait pas l'air de prendre la tâche à coeur à moins qu'il ne soit effrayé par ce qu'il avait découvert hasarda-t-elle en le voyant à nouveau disparaître sur la promesse qu'il faisait tout son possible. Cela faisait des heures qu'elle avait demandé, sûrement il devait avoir une idée ...
Regina jeta avec dédain la coupe dans laquelle elle était en train de boire, faisant sursauter un garde posté devant la porte du salon où elle tentait de prendre son petit déjeuner. Elle ne pouvait tout simplement pas rester immobile, il fallait qu'elle sache même si elle devait poser les questions elle même. Un coup d'oeil à son reflet changea sa simple robe en une tenue plus serrée où un pantalon en cuir noir côtoyait une longue cape dont la traine était agrémentée de plumes rouges et noires qu'elle fit claquer derrière elle lorsqu'elle apparut dans la cour où des soldats se battaient.
Son regard noir balaya les hommes et les femmes qui s'étaient inclinés sans trouver la jeune femme qu'elle cherchait. Tant pis, elle se contenterait de quelqu'un d'autre.
- Graham, appela-t-elle d'une voix tranchante qui fit se tendre la plupart des gens présents.
Avec impatience elle observa son Commandant faire signe à deux autres soldats de continuer le combat sans lui et manqua gronder quand elle le vit prendre le temps de ranger son arme dans un fourreau accroché à sa taille.
- Maintenant Graham, pressa-t-elle d'un ton qui eut le mérite de lui faire accélérer le pas.
- Que puis-je pour vous Majesté ?
- Que s'est-il passé avec Emma ?
- Swan ? Euh ... Rien à ma connaissance.
- Tu mens, se rendit-elle compte avec un froncement de sourcils.
- Je ...
- Un peu de nerf chasseur. Tu n'es pas Commandant pour rien. Que s'est-il passé ?
Il avait l'air tellement mal à l'aise qu'un instant elle pensa qu'il lui avait personnellement fait du mal, prête à bondir sur lui pour lui arracher le coeur quand il finit par rouvrir la bouche et parler.
- Elle a passé la nuit avec le Faucon.
- La nuit ? répéta-t-elle avec la lenteur de ceux qui n'arrivent pas à croire ce qu'on vient de leur dire.
- Oui. Avec Peter.
Il était clair qu'il n'avait pas envie de compléter sa phrase mais il n'y avait aucune incompréhension dans le regard qui avait de la peine à soutenir le sien et elle sentit l'air craquer autour d'elle, ses poings se refermant sur ses ongles à lui en faire mal. En face d'elle quelque chose qui ressemblait à de la peur déforma le masque du chef des armées et elle eut un froncement de sourcils quand il ressortit son arme.
- Gra...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, poussée sans ménagement derrière lui tandis qu'il repoussait un sort violet du plat de la lame en acier brillant. Aveuglée par la révélation qu'elle venait d'avoir, elle n'avait pas prêté attention à l'atmosphère qui avait soudain changée autour d'eux. La noirceur qui avait envahi sa magie n'était rien comparée à celle qu'elle pouvait sentir de l'autre côté de la cour où l'homme était négligemment assis sur une charrette où il agitait ses jambes comme un enfant en attendant qu'on le remarque.
- Merci Graham, je prends la suite, se contenta-t-elle de dire en adressant un signe de tête à son ancien mentor pour qu'il la suive quand elle s'approcha de la fontaine édifiée devant le labyrinthe.
Ce n'était pas le moment réalisa-t-elle les yeux plongés dans l'eau claire. Sa magie n'était pas sous contrôle, elle venait d'apprendre quelque chose qui la perturbait et le démon qu'il était pouvait s'en jouer d'un instant à l'autre.
- As-tu réfléchi à mon offre ? se contenta-t-il pourtant de demander.
- Je ne sais même pas en quoi consiste ton offre ...
- Non ? C'est simple. Mon fils contre le tien.
- Comment ? Quel rôle dois-je jouer ?
- Tu as la confiance de la petite Princesse, ce sont des choses qui ne s'achètent pas.
- Et quoi ? Tu veux que je la pousse dans les bras de ton fils ? Ce n'est pas mon genre.
- Vraiment ? Ne l'as tu pas poussée dans les bras d'un homme pas plus tard qu'hier soir ?
Elle qui avait gardé les yeux rivés sur les détails de la fontaine se tourna vers le sorcier avec une telle hâte qu'elle en eut un vertige mais son regard noir lui valut un rire. Il était au courant. Bien sûr qu'il était au courant ...
- Ça te fait rire Rumple ? Tu crois que je vais t'aider si elle est enceinte d'un soldat ?
- Elle ne l'est pas.
- Comment est-ce que tu le sais ?
- Parce que j'ai pris les précautions nécessaires pour qu'elle ne puisse tomber enceinte que de mon fils. Au cas où tu accepterais ce petit marché ...
Elle ne répondit pas, détaillant encore quelques secondes le visage abimé par la magie noire qui l'habitait avant de reporter son regard sur les jets d'eau.
- Je sais que tu ... apprécies la Princesse. Mais vraiment Regina ... Elle ne comblera jamais le vide laissé par Henry. C'est de lui dont tu as besoin.
- Parle moi de ce marché, répondit-elle à côté pour éviter de l'entendre semer plus de doutes qu'elle en avait déjà.
- J'ai besoin d'Emma Swan pour re-rentrer dans les grâces de mon fils, fut-elle surprise de l'entendre avouer. Quoi de mieux que lui présenter son âme soeur hein ?
- Son âme soeur ? répéta-t-elle.
- Si tu ne le fais pas par affection pour elle, fais le pour le fils qui naîtra de leur union.
- Ce sera le leur ...
- Je peux faire en sorte que ce soit le tiens. Je peux faire en sorte qu'Emma te le confie.
La Reine chassa l'idée d'un mouvement de la main, elle ne savait pas si elle était prête à accepter qu'il interfère avec la volonté de sa protégée. Du coin de l'oeil elle le vit se hisser sur la pointe de ses pieds, visiblement impatient.
- Oh Regina réfléchis, quelle douce vengeance ... Tu as un royaume florissant, la Princesse Emma dans ta poche et imagine un peu à quel point elle haïra ses parents une fois qu'elle aura retrouvé ses souvenirs. Tu pourras en faire ce que tu veux. Et tu auras Henry.
- Retrouvé ses souvenirs ? relava-t-elle simplement.
C'était la seule chose qu'elle avait retenu de sa série d'arguments.
- Quand elle aura embrassé mon fils bien sûr ! répondit-il avec un sourire en coin.
- Un baiser d'amour véritable ...
- Quelle perspicacité Regina. Ma meilleure élève vraiment, se moqua-t-il à nouveau.
Sa magie à fleur de peau crépita quelque part dans les pans de la cape qu'elle tenait fermement dans ses poings fermés. Qui était-elle pour empêcher Emma de retrouver l'amour de sa vie ? L'expérience de la veille lui avait démontré qu'elle n'avait malheureusement aucun droit sur elle et Rumplestiltskin lui proposait le moyen de retrouver ce à quoi elle tenait plus que tout. Si aujourd'hui la blonde représentait son unique raison d'avancer, elle savait que les choses en auraient été autrement si leur fils avait été là.
- Peut-on briser la malédiction ? Y-a-t-il un moyen de revenir à Storybrook ?
- Tu penses bien ma chère que si j'avais un quelconque intérêt à proposer à ces deux idiots une nouvelle malédiction, je n'en ai aucun à t'indiquer comment revenir en arrière ...
- Mais il y a un moyen, murmura-t-elle à voix basse plus pour elle que pour lui.
- Que tu ne pourras jamais atteindre puisque tu es incapable de relancer une nouvelle malédiction, conclut-il pour elle avec un air entendu.
- Vas-t-en.
- J'ai besoin d'une réponse.
- Et moi de réfléchir ! s'énerva-t-elle, une vague de magie allant s'écraser contre son mentor qui la subit en battant des cils comme gêné par une bourrasque de vent.
- Je vais te donner ... Quarante-huit heures, finit-il par accorder en simulant de regarder une montre qu'il ne portait pas.
- Attends, l'interrompit-elle alors qu'il s'apprêtait à disparaître. Tu m'as dit l'autre jour que tu pouvais sentir sa magie ... Celle de Miss Swan. Qu'est-ce que ça voulait dire ?
- Ton petit cadeau ne fait que contenir sa magie, mais elle est là ... Et tu sais ce qu'il y a de beau avec une magie aussi pure que la sienne ? Elle n'oublie pas. La magie de Miss Swan n'a pas oublié ce qu'on lui a fait subir, ôte lui son collier et elle rongerait ta petite Princesse jusqu'à la moelle. Toute cette colère, cette indignation refoulée ... Je n'ose même pas imaginer comment le prendraient les Charmants !
Mal. Très mal. Mais elle n'était pas sûre de vouloir la voir être consumée par des pouvoirs qui la feraient d'elle une toute autre personne. Non, à la réflexion elle était certaine de ne pas vouloir que cela arrive.
- Merci de tes lumières, railla-t-elle. Tu peux disposer.
Le Ténébreux lui adressa un sourire qui lui fit serrer un peu plus les poings sans prendre la peine de le regarder disparaître. Derrière elle l'atmosphère s'apaisa un tant soit peu mais tous devaient avoir senti l'état dans lequel elle était et elle pouvait deviner Graham non loin d'elle qui hésitait à venir lui parler.
- Trouve moi Peter, lui demanda-t-elle à voix basse.
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Elle n'avait pas attendu que son ordre soit accepté à haute voix, se transportant en un nuage de fumée noire dans la salle du trône que toute sa magie refoulée faisait crépiter d'une énergie menaçante. Elle était encore en train de se décider sur l'interrogatoire qu'elle allait faire subir au jeune homme quand les deux grandes portes s'ouvrirent sur le Commandant et un Lieutenant connu pour son sadisme. Le choix la fit sourire. Graham n'avait aucun doute sur ses intentions.
En silence elle observa le soldat jeter son comparse à genoux au centre de la pièce et mit quelques secondes avant de reporter son regard sur lui et frissonner en réalisant qu'elle l'avait autrefois trouvé beau. Aujourd'hui sa vue l'emplissait d'un dégoût qu'elle ne cachait pas.
Avec une lenteur délibérée la Reine quitta son trône pour avancer vers l'accusé, notant ses yeux baissés et son attitude qui criait la culpabilité. Il savait donc pourquoi il était là. Savait qu'il n'avait aucun droit de faire ce qu'il avait fait.
Comme un félin aurait observé sa proie, la sorcière prit un malin plaisir à tourner autour de l'homme qu'elle avait envie de détruire, sa longue cape noire et rouge semant derrière elle les embrumes d'une magie brûlante.
- Est-ce que tu sais pourquoi tu es là Peter ? demanda-t-elle au bout d'une éternité la voix rauque d'anticipation.
- Oui Majesté.
La réponse chuchotée au sol en marbre ne convainc pas le Lieutenant qui lui assena un coup de lance pour qu'il la répète plus fort et elle eut un sourire à la douleur qui teintait ses mots. La sorcière finit par arrêter son parcours en face de lui pour s'accroupir et relever le menton du Faucon. Elle voulait qu'il puisse voir dans ses yeux à quel point il allait souffrir.
- On va commencer par quelques questions, annonça-t-elle cependant avec un faux sourire.
- Bien ma Reine.
- Cesse avec ça. À partir d'aujourd'hui je ne suis plus ta Reine, tu n'as plus aucun droit dans mon Royaume ni au sein de la garde. C'est compris ?
- O... Oui Majesté.
- C'est bien, répondit-elle en tapant sa joue comme on féliciterait un animal obéissant. Maintenant mes questions. Dis moi ce qu'il s'est passé hier avec Swan.
- Elle est arrivée au château en pleurant je lui ai proposé de passer la soirée avec moi. Nous avons parlé parce qu'elle doutait de sa place au sein de la garde et je ...
- Tu ?
- Je l'ai amené dans ma chambre et nous avons ... Nous avons fait l'a...
- L'amour ? coupa-t-elle avec dégoût. Est-ce que tu sais au moins ce que c'est que faire l'amour soldat ?
- Je ... O... Oui. Je crois.
- Tu crois ? Et bien moi je crois que tu n'es qu'un animal qui ignore tout de ce terme. Si tu avais fait l'amour avec elle, tu n'aurais certainement pas profité de son état. Tu as vu qu'elle était troublée, tu as sauté sur l'occasion pour ton propre intérêt. Tu sais comment ça s'appelle ? Comment ça s'appelle de profiter d'une jeune femme qui n'est pas dans son état normal ?
Elle n'avait pas forcément attendu une réponse mais un nouveau coup de lance de la part du Lieutenant le plia en deux, coupant leur échange de regard avant qu'elle ne le force à reprendre position en tirant sur ses cheveux.
- Un viol, finit-il par répondre.
- C'est ce qu'il s'est passé ?
- Non ! eut-il le culot de s'indigner.
Cette fois elle fut plus rapide que ses soldats, n'utilisant même pas sa magie lorsque sa main alla percuter la joue du jeune homme qui s'effondra sur le sol en marbre, une lèvre en sang.
- Alors pourquoi est-elle venue me trouver en pleurant ? gronda-t-elle en se relevant.
- Peut-être parce que vous l'avez rendue malheureuse ? l'entendit-elle suggérer entre ses dents serrées.
Quelque chose claqua en elle, certainement sa magie un instant avant qu'elle ne perdre le contrôle, son bras se tendant vers le mur le plus proche où Peter fut projeté, les jambes battant l'air et les deux mains portées à sa gorge alors que l'air se faisait de plus en plus rare. Le craquement sinistre des os qui jaillirent de ses bras en un geyser de sang lui arracha un hurlement de douleur juste avant qu'ils ne retombent le long de son corps parcourus de spasmes.
- Répète ce que tu viens de dire ? Ose répéter ce que tu viens de dire ...
- Em... Emma est ici pour vous et vous ... Vous l'avez blessée.
- Emma ? répéta-t-elle à voix basse en se rapprochant de lui à pas de loup. Qui t'as permis de l'appeler comme ça ?
- Elle. C'est elle qui ne veut plus qu'on l'appelle autrement.
- Et bien Peter ... continua-t-elle en un murmure à son oreille. À partir d'aujourd'hui c'est moi qui ne veut plus que ce prénom sorte de ta bouche. Je te l'interdis. Je t'interdis de prononcer son nom, de lui parler, de la regarder, de penser à elle. C'est compris ?
- Je ne sais pas si ça sera possible, sembla-t-il répondre avec une honnêteté qui l'agaça.
Il n'y eu pas d'avertissement avant que sa main ne traverse la cuirasse de son armure pour arracher l'organe d'un rouge profond à peine souillé de noir par endroits.
- Dans ce cas il va falloir t'obliger soldat sans quoi ce sera la mort.
Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas tenu un cœur dans le creux de sa paume, une éternité qu'elle n'avait pas ressenti le besoin de faire du mal mais toute intoxiquée qu'elle était, elle n'aurait pas pu manquer la présence qui venait d'arriver dans la pièce.
- Regina, non !
- Tiens donc ... Mais qui voilà ...
Peut-être aurait-elle du employer un autre ton, cacher à la Princesse ce qu'elle était en train de faire mais pas même son air implorant ne fut capable de l'arrêter. Elle n'avait aucun droit d'éprouver ce qu'elle était en train d'éprouver. Aucun droit sur Emma et en aucun cas celui de lui en vouloir, mais c'était le cas. Après tout c'était elle qui avait voulu venir vivre dans son château et apprendre à la connaître. Et bien voilà, elle saurait.
- Excuse-toi Peter, ordonna-t-elle le poing serré.
- Majesté je vo...
- Auprès d'elle.
Les lèvres plissées en un rictus elle l'observa se précipiter vers la blonde qui recula de quelques pas lorsqu'il l'atteignit, tombant à ses pieds en un amas ensanglanté pour implorer un pardon qu'elle lui accorda sans se faire prier.
- Voilà un pardon bien vite accordé, railla-t-elle loin d'être satisfaite. Est-ce que tu crois que c'est suffisant Peter ?
- Non.
- C'est bien ce que je me disais.
Le hurlement de douleur qui déchira l'immensité de la pièce dans laquelle il était répercuté en un échos sinistre la fit frissonner de plaisir. Voilà qu'après être parvenue à l'adoucir à un point qu'elle ne pensait pas atteignable, la blonde trouvait indirectement le moyen de la replonger dans les mauvaises habitudes de son règne de Méchante Reine. Sa main se crispa d'agacement sur l'organe qui y battait la chamade et elle observa d'un œil soudain désintéressé le corps qui se tordait sur le sol en marbre. La colère qu'elle ressentait toujours lui soufflait de broyer le restant de vie qui se battait sous la pression de ses ongles.
- Regina non ! Je vous en supplie ...
Cette fois ce fut elle qui eut un mouvement de recul lorsque la blonde tomba à genoux devant elle pour implorer sa clémence. C'était très mal joué si elle espérait la faire changer d'avis de la sorte.
- Debout, gronda-t-elle.
L'idée qu'elle puisse mettre un genou à terre à cause de qui que ce soit d'autre qu'elle ne faisait qu'accroître la noirceur qui avait envahi son esprit. Derrière elles le soldat se leva, ayant certainement pris l'ordre pour lui et elle fit disparaître son cœur d'un mouvement du poignet, insensible au hoquet de surprise que la chute soudaine de son corps armuré provoqua chez sa protégée.
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ? Vous l'avez tué ? s'affolait-elle déjà. Vous avez détruit son cœur ?
- Simplement confisqué. Levez-vous, je vous interdis de vous agenouiller pour qui que ce soit d'autre que moi.
- C'est pour v...
- Pour obtenir ma clémence peut-être, mais pas pour moi. Pour lui.
- Je suis désolée, s'excusa-t-elle presque immédiatement en se levant avec précipitation. Je suis désolée ... Pour tout. Ce que j'ai fait ... Je ... Ce n'était pas digne d'une Princesse, vous devez être tellement déçue ... En colère. Mais ce n'est pas de sa faute, c'est la mienne.
Déçue ? En colère ? Elle pouvait voir de là le dégout que s'inspirait la Princesse, certainement élevée par ses parents dans l'optique d'un mariage où elle serait encore pure. Sous ses airs de rebelle, la blonde garderait toujours en elle une insécurité que son éducation n'avait fait qu'imprégner plus profondément dans ses gênes. L'idée changea radicalement son humeur. Oui, elle était en colère, mais pas pour ce genre de raisons.
D'un mouvement du poignet elle fit disparaître Graham et le Lieutenant qui les observaient avec attention avant de se rapprocher d'Emma, notant la peur qui zébra brièvement son visage.
- C'est ça ? C'est ça que vous pensez ?
- N...Non ? sembla-t-elle douter, troublée par la distance qui s'amenuisait.
- Non Princesse. Je ne suis pas en colère parce que j'estime qu'une telle action était déplacée, je suis en colère parce qu'elle n'aurait pas du se produire ainsi. Pas avec lui. Je suis en colère parce ... Parce que je suis jalouse.
Les derniers mots lui avaient échappés et elle resta un instant figée, presque autant choquée que la blonde par la révélation qu'elle venait de lui faire. Les yeux clairs qui s'étaient écarquillés de surprise s'illuminèrent soudain d'une joie qui chassa les dernières traces des larmes qui les avaient brouillés quelques minutes plus tôt mais elle ne trouva pas le courage de l'affronter une seconde de plus, disparaissant à son tour dans un nuage de fumée pour se réfugier dans ses chambres.
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Et soudain c'était comme si le temps s'était figé. Elle avait passé plusieurs heures à tourner en rond autour de son immense lit sous le regard inquiet du génie qu'elle avait chassé à plusieurs reprises. Elle ne pouvait pas retirer ses mots et même si elle l'avait pu, elle ne voulait pas. L'espoir qui avait envahi les traits de la Princesse nourrissait le sien plus que jamais. Quelque chose qu'elle n'avait jamais cru possible.
Pourtant la blonde ne semblait pas redevenir elle même. Murée derrière les immenses fenêtre de ses quartiers, elle l'avait observée refuser de se battre le restant de la journée, assise sur un banc en compagnie de Ruby Lucas avec qui elle échangeait des mots à voix basse les yeux rivés sur les hommes qui s'entraînaient. De là où elle était, elle pouvait distinguer le Commandant lui jeter des coups d'oeil inquiets mais personne ne semblait prêt à l'approcher. Sans doute avaient-il tous entendu parler de ce qu'il en coutait.
- Dis moi encore qu'elle n'est rien de plus que la mère de ton fils ? susurra une voix quelque part dans la pièce.
- Je ne suis pas d'humeur Mal.
- Comment vas-tu ?
- J'allais bien.
La sorcière n'avait posé aucune question, accordant son aide sans s'opposer aux mesures drastiques qu'elle avait exigées juste après la visite que lui avait rendue le Ténébreux. Les visions d'horreur qu'il avait causées avaient été effacées, extraites et stockées quelque part où elles ne la dérangeraient plus. Elle avait presque souri en les voyant tournoyer en une brume argentée au fond de la cuve en ivoire. Son fils l'aurait très certainement comparée à la pensive d'Albus Dumbledore et elle avait brièvement envisagé de faire partager certains de ses souvenirs à la Princesse. C'était après tout le moyen de lui révéler la vérité mais une fois de plus elle avait été incapable de se décider.
- J'ai entendu parler de la visite de Rumplestiltskin. Snow attend sa fille.
- Snow est une idiote. Il me propose un autre marché qui retournera totalement Emma contre sa mère. Elle n'a pas idée de ce qu'elle a fait.
- Je me fiche de Snow et de ses états d'âme. Je veux savoir ce que tu en penses.
- Je ne sais pas. Je ne sais pas si je suis capable de la donner à Baelfire.
- De la donner ? Elle ne t'appartient pas Regina ...
- Pas de leçon de morale, tu veux ?
Elle était déchirée entre l'égoïsme qui lui criait de refuser ce marché et conserver l'affection de la jeune fille et ce qui lui restait de sens moral qui aurait voulu qu'elle lui laisse expérimenter quelque chose que peu avaient la chance de vivre.
- Et si c'était toi ?
- Tais-toi.
Elle n'avait pas besoin des idées saugrenues de sa meilleure amie pour attiser celles qu'elle avait déjà en tête.
- Enfin pourquoi est-ce que tu écartes la possibilité ?
- Tais-toi, répéta-t-elle avec une menace claire.
- Ne viens pas te plaindre quand quelqu'un d'autre la paradera à son bras.
Elle ne répondit pas, préférant caresser le félin qui s'était lové à ses côtés sur le canapé où elle était assise. Elle ne lui avait jamais attribué de nom, s'amusant en secret de celui qu'Emma lui avait donné et auquel il répondait parfois.
- Enfin regarde la, elle a l'air misérable ...
La remarque la fit lever les yeux vers sa comparse qui observait quelque chose en contrebas au travers de la fenêtre de sa chambre. Elle ne tint pas plus de quelques secondes avant de l'y rejoindre pour épier à son tour la Princesse qui semblait fascinée par les jets d'eau de la fontaine. Comme si elle avait senti leurs regards combinés, la blonde se redressa, la colonne vertébrale parcourue d'un long frisson avant de s'engouffrer dans le labyrinthe où elle disparut au premier tournant.
- Va la rejoindre, lui conseilla son amie.
- Pourquoi ?
- Pour lui demander ce qui ne va pas ...
- Elle a couché avec ce soldat ... Peter. Et je lui ai dit que j'étais jalouse, avoua-t-elle d'une voix plus basse que d'habitude.
- Oh ... Et bien je ne vois pas de raison d'être malheureuse, ce doit être autre chose.
- Elle est venue dans ma chambre. En pleurs.
- Quand ça ?
- Après ... Après l'avoir fait.
- Avoir couch...
- Oui, interrompit-elle peu désireuse de l'entendre répété. Hier elle m'a dit ... Elle m'a dit qu'elle regrettait ce qu'elle avait fait. Elle pensait que ce n'était pas digne d'elle et que je serais en colère ...
- J'espère que tu l'as rassurée ?
- Rassurée ? répéta-t-elle avec un rire sans joie. Oui ... Non. Je lui ai dit que je n'étais pas en colère mais jalouse.
- Ah, c'est comme ça que c'est sorti, sembla comprendre la blonde avant d'insister. Va lui parler. Tu sais que c'est le meilleur moyen.
- Je ne ...
De l'indignation étouffa ses prochains mots tandis qu'une fumée d'un rose profond qui ne lui appartenait pas l'enveloppait pour l'entraîner à l'extérieur du château et au centre du labyrinthe où elle observa quelques secondes le souffle coupé la Princesse assise sur un banc devant l'immense fontaine où elle l'avait déjà rejointe quelques semaines auparavant. Elle semblait à nouveau perdue dans ses pensées, triste réalisa-t-elle avec un soupir de résignation. Les derniers jours c'était la jeune femme qui avait à plusieurs reprises fait l'effort de venir la chercher quand elle avait été prisonnière de ses idées noires. Aujourd'hui c'était son tour de retourner la faveur ...
- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle en tentant d'ignorer la posture soudain rigide de la blonde quand elle vint s'asseoir auprès d'elle.
- Rien.
- Emma ...
- Je ne suis pas sûre que vous vouliez savoir.
- C'est à propos de ce soldat ? se força-t-elle à demander.
- Non. Oui et non ...
Cette fois ce fut à son tour de se raidir, elle n'était pas prête à l'entendre dire que Peter lui manquait.
- C'était mon seul ami dans la garde, finit-elle par compléter.
- Raison de plus pour ne pas s'en faire d'autre si vous les traitez tous de la même façon, rétorqua-t-elle avant de pouvoir s'en empêcher.
- Regina ...
- Pardon. Pardon je n'ai aucun droit. Excusez-moi ... Et cessez de m'appeler Regina.
- Vous pourriez. Avoir le droit.
- Que puis-je faire pour vous ? demanda-t-elle en ignorant la proposition qui lui était faite.
- Pour moi ?
- Oui. Ordonner à mes soldats de devenir vos amis ?
- Non ! se révolta-t-elle avec un rire parce qu'elle avait surement comprit le trait d'humour.
- Alors quoi ? Ruby ne vous suffit pas ? Aviez-vous des amis proches chez vos parents ?
- Non. Juste elle. Mais ...
- Mais ?
- J'avais une amie dans le camp d'entraînement.
- Faisons la venir, décida-t-elle immédiatement.
- Elle est ... Elle est chez mes parents.
- Ce n'est pas un problème.
- Vraiment ?
La Princesse daignait enfin lui accorder un regard, le visage éclairé par le sourire empli d'espoir qu'elle lui adressait et elle se fit violence pour ne pas la prendre dans ses bras.
- Vraiment, répondit-elle avec un sourire en coin. Si ça vous fait plaisir, nous irons ensemble. Dire bonjour à vos parents.
- Marché conclu !
Ce fut elle qui s'assombrit aux mots qui venaient d'être prononcés, immédiatement rappelée à celui qu'elle devait conclure ou non avec le Ténébreux.
- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Non, mentit-elle sans conviction. Je suis contente que vous alliez mieux. Je vous tiendrai au courant pour cette petite expédition.
Elle se levait déjà mais fut arrêtée par la blonde qui l'imita, lui barrant le passage vers la sortie du labyrinthe.
- Qu'est-ce qu'il y a ? répéta-t-elle.
- Il n'y a rien Emma, j'allais rentrer ...
- C'est à cause du marché que vous propose Rumplestiltskin ? J'ai confiance en vous, je n'ai pas peur qu'il vienne m'attaquer. Tant que vous me promettez d'être là pour moi ...
Il y avait une insécurité dans le ton de sa voix qui la fit perdre de sa superbe, poussant un soupir avant de se rapprocher d'elle pour poser deux doigts sous son menton et la forcer à maintenir son regard.
- Je serai là pour vous jusqu'à mon dernier souffle Emma, assura-t-elle avec sincérité.
- Alors pourquoi ... Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas de moi ?
- On a déjà eu cette discussion. Ici même si je me rappelle bien et rien n'a changé.
- Mes sentiments ont changé !
- Pardon ?
Son cœur battait soudain si fort qu'elle était presque certaine que la Princesse pouvait l'entendre, retenue par une main autoritaire lorsqu'elle voulu reculer pour mettre un peu plus de distance entre elles. Elle ne savait pas si elle voulait entendre la suite.
- L'erreur que j'ai commise m'a permis de réaliser qu'il n'y a que vous ... Que vous que je veuille.
- Non. C'est impossible. Je ne suis pas votre âme sœur.
- Quoi ? Qu'est-ce que vous en savez ? C'est parce que c'était l'autre ? Miss Swan ? C'était elle votre âme sœur ?
- Non, grinça-t-elle agacée par le sujet qu'elle ne savait comment aborder. Je le sais, c'est tout.
- Comment ?
- Je le sais. Tout le monde le sait. La méchante Reine n'a pas d'âme sœur.
- Vous mentez !
- Assez Swan !
L'ordre avait claqué dans le silence relatif des jardins et elle regretta immédiatement le surnom qui venait de se briser en mille éclats sur le visage de la blonde qui mit quelques secondes à s'en remettre, passant du choc à une détermination qui la fit frémir. Il suffisait qu'elle regrette d'avoir fait l'association entre la mère biologique de son fils et la Princesse pour qu'elle adopte une expression qui la lui rappelait en tous points.
- Ne m'appelez plus jamais Swan.
- Ne vous avisez plus jamais de donner un ordre à votre Reine, répondit-elle immédiatement entourée d'un nuage de fumée violette.
Mais quelque chose agrippa son bras et elle eut le souffle coupé par le culot de la blonde qui venait de l'empêcher de la fuir, toujours à ses côtés lorsque les volutes se dissipèrent pour dévoiler l'entrée de la salle du trône où elle avait eu l'intention de s'isoler.
- Qu'est-ce qui vous prend ?
- Vous ne me faites pas peur. Arrêtez de fuir, vous êtes pire qu'une enfant ! Je suis là à vous dire que je vous aime et on dirait que vous n'êtes même pas capable de l'encaisser !
Elle ne savait plus par quoi être le plus choquée. L'audace de la jeune femme qui osait la confronter ainsi à la limite de l'insulte ou l'aveu qu'elle venait de lui faire. Un instant elle scruta avec attention le regard clair qui la mettait au défi et elle comprit qu'elle ne pourrait pas faire son choix sans connaître la vérité.
- Très bien, décida-t-elle à haute voix en acculant la Princesse contre la porte en bois massif.
- T...Très bien quoi ?
- Ah, ça y est on a peur ? se moqua-t-elle en caressant la courbe de sa joue du revers de sa main.
Elle observa fascinée la blonde pencher la tête pour prolonger le contact avant que ses doigts ne glissent sur son menton pour l'immobiliser. Le temps imparti par Rumplestilskin était bientôt écoulé et elle se savait à présent incapable de prendre une décision sans en avoir le cœur net. Pourtant elle faillit reculer, uniquement retenue par le bras qui s'enroula autour de sa taille pour l'attirer à elle et enfouir son visage dans le creux de son cou.
- C'est vous qui avez peur, lui répondit la voix étouffée.
Elle lui accorda un sourire qu'elle ne pourrait voir, faisant courir sa main le long de la mâchoire de la jeune femme et jusque sous les boucles dorées où elle effleura la peau du bout des ongles, récoltant un gémissement qui réveilla le désir qu'elle avait jusque là tenté de contenir.
- Peut-être, concéda-t-elle. Peut-être ai-je peur d'avoir raison.
- Mais vous ne le saurez jamais si vous ne tentez pas, n'est-ce pas ?
La blonde se dégagea un tant soit peu de son emprise pour chercher son regard et elle eut un sourire. Si elle cachait ses doutes derrière un masque forgé depuis des années, ceux d'Emma était clairement écrits sur son visage, fronçant ses sourcils d'insécurité. Elle était belle. Ses traits étaient plus purs encore que ceux de la femme qu'elle avait croisée à Storybrook, plus innocents et la pensée qu'elle puise la vouloir serra à nouveau son estomac. Là bas déjà elle avait eu envie de la jeune femme, des dizaines de fois et à des moments plus inappropriés les uns que les autres et ces derniers temps elle n'avait pas été étonnée de retrouver la sensation quand la Princesse tentait de lui faire la cour. Mais aujourd'hui ce qu'elle ressentait dépassait le simple désir et elle pouvait clairement voir ses sentiments reflétés dans les yeux clairs qui la regardaient avec appréhension.
Ce fut cette pensée qui lui donna le courage nécessaire de fléchir ses doigts dans les mèches d'or qu'elle caressait toujours sur sa nuque et attirer la Princesse pour enserrer des siennes les lèvres dont elle avait souvent eut envie d'effacer les sourires en coin. Si elle n'avait pas besoin de plus d'un effleurement pour comprendre qu'elles ne briseraient aucune malédiction, elle pouvait clairement discerner le tumulte que son action était en train de provoquer sur sa magie et elle eut un sourire en sentant la blonde lui rendre son baiser et caresser ses lèvres du bout de la langue mais se força à reculer d'un pas, aussi loin que le bras toujours enroulé autour de sa taille le lui permettait.
- Vous apprendrez que j'ai rarement tort Emma.
Il y avait de la confusion sur le visage de la jeune femme et elle se félicita de savoir cacher la sienne malgré son cœur qui battait la chamade, brisé une nouvelle fois à l'idée qu'elle devrait abandonner l'espoir fou qu'elle avait eu ces derniers temps. Mais ce qui attira le plus son attention fut la magie qui tournoyait en volutes argentées dans les iris clairs. C'était la première fois qu'elle voyait une manifestation physique des pouvoirs qu'elle pouvait tout le temps sentir en sa présence. Mais elle n'eut pas le temps d'y penser plus en avant, attirée pour un autre baiser.
Cette fois il n'y avait aucune précaution et elle s'étonna presque de la ferveur avec laquelle elle fut retenue quand elle eut un premier geste de recul avant de céder à la tentation, plaquant la Princesse contre la porte en bois massif de la salle du trône. Et si elle avait eut une quelconque réticence, elle perdit tout contrôle lorsqu'elle dut la retenir de tomber, agrippant une cuisse qu'elle cala contre sa hanche et provoquant un gémissement qui mit feu au désir qu'elle repoussait tant bien que mal ces derniers temps. Sous ses mains le corps de la jeune femme se cambra lorsque sa bouche glissa le long de sa mâchoire et jusque dans son cou qu'elle marqua avec la fierté de ceux qui gagnent une guerre.
- Regina ...
Prononcé tel une prière son prénom électrifia sa colonne vertébrale un instant avant qu'elle ne sente l'énergie fondre entre ses jambes qu'elle plaqua un peu plus contre la victime de ses assauts. Tout ce qu'elle donnait lui était rendu, leurs langues se battant en un duel qu'elle refusait de perdre. Sa main droite griffa un chemin jusqu'à la taille où le chemisier disparaissait dans un pantalon de costume bleu. Si elle ne s'arrêtait pas immédiatement, elle ne pourrait plus le faire. Elle rêvait déjà d'un corps nu sous le sien et des cris qu'elle pourrait en tirer. Le jour où elle toucherait à Emma de cette façon signerait l'arrêt de mort de n'importe quel autre prétendant. Ame soeur ou non, si elle la faisait sienne, elle ne laisserait plus personne s'en approcher.
Elle tremblait lorsqu'elle s'arracha à l'étreinte dans laquelle elle avait été emprisonnée, consciente sans l'être des larmes qui s'étaient échappées sur ses joues.
- Non, non, vous avez pas le droit, l'implora la blonde.
Deux mains enserrèrent son visage mais elle garda les yeux fermés, les sourcils froncés dans l'effort de reprendre le contrôle d'elle même et vaincre l'égoïsme qui lui criait d'emmener la jeune femme dans ses chambres.
- Je ne suis pas votre âme soeur Emma. Vous méritez bien mieux que ce que je peux vous apporter.
Henry. Pense à Henry.
- Je suis désolée, rajouta-t-elle après quelques secondes de silence, refusant toujours d'affronter le regard de la Princesse. C'était une erreur. Vous devez partir. Rejoignez vos quartiers, on viendra vous chercher lorsque j'aurais choisi le moment où rendre visite à vos parents.
- Regina !
Elle fut reconnaissante à la colère qui avait teinté son prénom. Quelque chose à quoi elle pouvait enfin se raccrocher.
Son masque était fermement en place lorsqu'elle rouvrit les yeux pour croiser le regard que les pupilles éclatées parvenaient à rendre encore plus noir.
- Majesté, corrigea-t-elle d'une voix détachée en se dégageant pour de bon.
Les portes de la salle du trône s'ouvrirent à la volée d'un mouvement de son poignet, forçant la blonde à reculer et elle s'interdit de lui accorder un regard avant de les refermer derrière elle. Elle ne tint pas plus de quelques secondes avant de s'effondrer sur les premières marches qui menaient à son trône, une vague de magie destructrice s'échappant du poing qu'elle frappa par terre avant de le plonger dans sa propre poitrine pour en sortir l'organe qui battait la chamade. Noirci par les atrocités qu'elle n'avait jamais eu peur de commettre, il lui faisait encore plus pitié que d'habitude. Peut-être que si elle le retirait pour de bon ...
- Satisfaite ? interrogea une voix derrière elle.
Elle eut un hoquet de surprise, se hâtant de replacer le coeur à sa place initiale sans prendre la peine d'effacer les larmes avant de se retourner vers son mentor.
- Disparaît, gronda-t-elle.
- Pas avant d'avoir ta réponse.
- Tu la connais.
Le visage du crocodile se fendit d'un sourire carnassier dont elle aurait voulu arracher jusqu'à la dernière dent.
- Très bien, c'est un marché conclu, chanta-t-il de sa voix qui lui donna envie de vomir.
Elle ne le regardait déjà plus quand il disparut dans une volute de fumée rouge, la laissant à nouveau seule dans cette pièce où elle se sentait d'habitude au sommet de sa gloire. Regina se traina jusque sur le trône ornementé où elle s'assit avec un soupir qui aurait pu se transformer en sanglot. C'était la bonne solution. La seule si elle voulait donner une chance à Emma d'être heureuse et à Henry de revoir le jour. Bientôt la Princesse retrouverait sa mémoire et alors elle aviserait.
Oui, c'était la bonne solution, se répéterait-elle des centaines de fois avec l'espoir d'en être enfin convaincue.
Vous m'avez tous plus ou moins réclamé Snow, vous l'aurez donc au prochain chapitre ;)
