[Thème]
Pourquoi, pourquoi c'est arrivé à moi? Maman, si tu savais comme je leur en veux, à tous! Pourquoi eux, aussi méchants qu'ils sont, ne sont pas dans mon cas? Maman, pourquoi toutes mes amies m'ont abandonné? Maman, est-ce que... Je serais heureuse, un jour?
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Emma Hikasi, c'était le nom affiché sur la porte du bureau d'éducation physique. C'était une jeune fille blonde aux yeux violets, avec une mèche rose sur sa gauche. Elle avait remporté le tournoi de karaté de son collège au niveau académique, du coup, elle n'avait pas d'emmerdes.
Nous étions le matin, dans une journée comme les autres. Emma allait rejoindre son petit-ami pour aller au collège, comme toujours.
"- Fidio! Cria-t-elle en secouant sa main.
- Emma! Tu vas bien? Demanda-t-il en s'approchant."
Elle hocha la tête et lui sourit, puis, il lui pris la main et l'embrassa. Elle rougit un peu, mais elle avait l'habitude de ces baisers maintenant. Ils se dirigèrent vers le collège, main dans la main. Par chance, ils avaient été dans la même classe. Lorsqu'ils traversèrent la cour, la blonde sentait les regards assassins que pouvaient lui adresser les filles fans de l'italien.
Oui, Emma Hisaki avait une vie tout à fait normale. Tout le monde étaient jaloux de ce mode de vie, car elle était toujours heureuse. Ils étaient montés dans la salle de français, où ils attendaient leur professeur. Lorsqu'elle arriva, les élèves rentrèrent dans la salle et s'installèrent à leur place, celle de la jeune fille étant à côté de la fenêtre, elle n'écoutait pas le cour.
"- Silence, s'il-vous-plait! Vous savez, pour la pièce de théâtre?
- Oui?
- Et bien, tout le monde participera!"
Les élèves poussèrent des cris de joie, certains se prirent dans leurs bras, d'autres souriaient simplement. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas fait de théâtre!
La professeur leur donna leur texte, ils répétèrent pendant toute l'heure, puis la sonnerie retentit. Ils quittèrent la pièce, et Emma rejoignit son amoureux.
"- C'est génial que l'on ait théâtre!
- Oui. Mais si ça aurait été Roméo et Juliette, on aurait pu le faire tout les deux!
- Ah oui..? J'ai toujours voulu être victime d'une tragédie!"
Elle lui sourit, lui aussi, se disant qu'elle devait plaisanter. La journée se passa normalement, malgré les embrouilles que la jeune fille avaient avec d'autres filles, qui d'ailleurs ressemblaient à des pots de peinture.
Bref, la sonnerie retentit à 17 heures, les élèves se sont précipités dehors pour aller au car, ou chez eux. Emma et Fidio rentraient -encore- ensemble, main dans la main, observant les cerisiers en fleurs depuis un banc. Ils s'étaient arrêtés, trouvant que c'était plus romantique de s'asseoir sous ces arbres roses.
"- Dis, Fidio... Tu iras à quel lycée, après le brevet?
- À celui d'à côté, pourquoi?
- Je voulais être sûre qu'on soit ensemble! Sourit-elle."
Un sourire niais se dessina sur son visage, puis il observa sa petite-amie.
"- Tu as un pétale dans les cheveux! Dit-il avant de l'enlever, et de lui caresser son cuir chevelu.
- A-ah..."
Après s'être embrassés une fois encore, ils se levèrent et décidèrent de rentrer. Main dans la main, ils parcouraient la rue principale parsemée de cerisiers, où les fleurs roses tombaient sur l'avenue et sur la route. Tout était calme, bizarrement, il n'y avait aucuns véhicules en circulation. Emma soupira : ils étaient arrivés, mais sa maison était de l'autre côté de la route. Elle fit un bisou sur la joue à Adelna, et traversa la route en lui faisant un signe de main.
Il sourit et se retourna vers la gauche, les yeux fermés, en pensant encore à l'élue de son coeur. Il entendit soudainement un cri, puis un crissement de pneu, il se retourna précipitamment et observa la scène avec horreur.
Emma, percutée par une voiture roulant à environ 90 km/h, passant par dessus le capot, le pavillon, et retombant sur la route, inconsciente. Le véhicule ne s'arrêta pas pur autant et continua sa route, comme si rien ne s'était passé. Fidio se précipita sur le corps de sa petite-amie, criant son nom, secouant ses épaules. Rien n'y faisait : elle ne répondait pas. Une foule de personnes s'étaient réunis autour, et l'ambulance arriva. Un médecin la porta , la posa sur un lit et la mis dans une voiture. Ils acceptèrent que Fidio Adelna monte avec eux, et la voiture démarra. Il observa avec tristesse le corps étendu d'Emma, tenant sa main, les larmes aux yeux. Puis, une phrase lui vint en tête, celle qu'il avait entendu dans la journée. "J'ai toujours voulu être victime d'une tragédie."
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Elle ouvra les yeux, mais les referma aussitôt. Blanc, blanc, que du blanc autour d'elle. C'était trop lumineux. Elle voulu bouger, mais son corps ne répondit pas. Elle ouvra encore les yeux, essayant de visualiser l'endroit où elle se trouvait, même si elle en avait une idée. Le blanc, c'était comme un synonyme d'Hôpital. Elle essaya une fois encore de bouger, elle n'y arriva pas.
Flash Back.
Un bruit de voiture. Elle se retourna et écarquilla les yeux, observant le chauffeur qui allait gâcher sa vie. Il la percuta, elle eut atrocement mal à sa jambe, et elle passa au dessus de la voiture. Elle sentit le sol dur et glacé sur sa joue, tandis qu'elle ferma les yeux. La dernière chose qu'elle eut entendu? La voix de son petit-ami, criant son nom, sentant ses mains chaudes sur ses épaules. Puis, elle tomba dans l'inconscience, ne sentant plus aucune partie de son corps.
Fin du Flash Back.
Elle réussi tant bien que mal à tourner la tête, et essaya de voir quelles personnes étaient dans la pièce. Elle pu voir deux hommes en blouse blanche, sûrement des docteurs, parlant à une femme en pleurs et à un jeune homme. Sa vision était floue et double. Elle essaya de parler, poussant juste une plainte, et ils se retournèrent. La femme se jeta sur la blonde, la serrant dans ses bras, pleurant.
"- Emma! Arriva-t-elle à prononcer à travers ses pleurs.
- Je pense qu'elle devrait se reposer, madame Hikasi. Revenez demain.
- Je ne peux même pas voir ma fille?!
- Pour l'instant, nous devons analyser si elle est encore en bonne santé. Revenez demain, madame. Insista l'un des deux docteurs. "
Sa mère se résigna, se contentant de lui faire un baiser sur le front, et quitta la pièce. Son petit copain la regarda de loin, une émotion triste dessinée sur son visage, et quitta la pièce. Il reviendrait autant de fois qu'il le faut, il voulait juste qu'elle aille bien.
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Deux jours, deux jours qu'ils lui faisaient des examens. Elle ne sentait pas ces jambes, mais elle arrivait encore à parler, à entendre et à voir, pas comme à son réveil. Sa mère était arrivée, et son docteur alla s'enfermer avec elle dans une autre salle.
"- Écoutez, madame. Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Elle a la moelle épinière endommagée, et le cerveau ne contrôle plus ces jambes. Elle est paralysée, et ne pourra plus jamais marcher ni courir.
- Mais vous ne pouvez rien y faire?
- Si on essaie de toucher à ça, cela risque de s'aggraver."
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Elle était sortie une semaine plus tard, en fauteuil roulant. Ses jambes étant paralysée, elle ne pouvait faire que cela. Fidio venait la voir tout les jours. Bientôt, elle allait retourner au collège, essayant de continuer sa scolarité normalement. Elle savait déjà qu'elle ne jouerait pas dans la pièce de théâtre, alors elle allait au moins essayer d'avoir son brevet. Dire qu'à 14 ans, sa vie était devenue un calvaire.
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Elle y était retournée, son petit ami conduisait souvent son fauteuil roulant, regrettant le temps où ils marchaient ensemble, main dans la main. Les filles qui avaient été jalouse d'elle par le passé semblait être heureuse de ce malheur.
"- Regardez-moi ce fardeau pour Adelna...
- C'est bien fait pour elle!"
Ces paroles l'avaient fait pleurer. Était-elle un boulet? C'était évident, elle dépendait de Fidio, maintenant... Elle ne se concentrait plus en cours, les autres l'insultaient, prenaient plaisir à la rabaisser, malgré les tentatives de défense de Fidio.
Puis, deux mois plus tard, son petit-ami la quitta. Ce fut un choc pour elle. Depuis son accident, elle avait pris l'habitude d'écrire dans une sorte de journal intime, même si elle avait du mal à écrire. Elle ne retourna pas au collège, pleurant toujours dans sa chambre. Le seul être qu'elle avait aimé l'avait abandonné, la laissant seule avec ce handicap, bien qu'ils eurent retrouvé son agresseur, et qu'il allait payer toute sa vie.
Quatre mois depuis l'accident, deux mois qu'elle n'allait plus au collège. Sa mère, inquiète, faisait tout son possible pour qu'elle ait une vie sociale, sans succès. Elle ne pouvait plus rien faire. Elle n'avait plus aucune joie de vivre, tout ce qu'elle voulait, c'était courir, être libérée. Libérée de ce monde pourri. Elle écrivit encore une dernière fois dans son journal intime, regrettant ce jour où tout avait basculer. Pourquoi elle?
Si je n'y étais pas allée ce jour-là, cela aurait-il été différent?
Fidio... Je croyais que tu m'aimais?
Maman... Je n'ai plus aucun contact avec les gens. Alors...
Est-ce que je me marierais un jour?
