Bonjour tout le monde ! Après mon chapitre préféré que vous avez eu le plaisir, j'espère, de lire. Pour ceux qui trouvaient qu'Isane et Hisagi s'étaient un peu trop vite, rangé du côté de Kotaro, voici un chapitre qui va pouvoir combler vos envies. Je n'en rajoute pas plus cette fois et je vous laisse à votre lecture.
Review :
Artemis3315 : Contente que ça t'ai plut. Je suis pas doué avec les combats, donc j'ai essayé de faire un effort avec celui-ci, contrairement au combat de Ichigo/Renji. Pour la relation entre les trois, ça sera quelque-chose que j'expliquerais à partir des Wizard, pas avant. Libre à toi de chercher à comprendre jusque-là. Je voulais que Kotaro se fasse des amis à lui dans la Soul Society. Et Isane me semblait la personne qui collerait le mieux avec lui. Et aussi parce que moi aussi, je trouvais qu'elle avait peu à faire dans cet arc-là. Voir dans tous les autres aussi. En espérant que tu apprécieras ce chapitre autant que le reste, bonne lecture !
Ishida regarda autour de lui, tentant de trouver un moyen de sortir du piège dans lequel il venait de tomber. Ça devait être leur chance qu'une patrouille leur tombe dessus alors qu'ils avaient prévus de se reposer ici. Il regarda vers Orihime qui se trouvait dans la même situation que lui, l'un de ses bras avait était tordu violemment dans son dos et une lame était passée sous sa gorge. Serait-ce les deux shinigamis à qui ils avaient volé les uniformes et qui les avait dénoncés ? Ils étaient pourtant certains qu'ils n'avaient pas eu le temps de les voir lorsqu'Orihime leur avait sauté dessus pour les assommer. Et coincé comme il était dans cette position, Ishida ne pouvait utiliser son arc pour se défendre. Il était fait !
- Lâchez-moi ! Qu'est-ce que vous faites ?! Cria Orihime en tentant de se dégager.
- Arrête de bouger ! Et d'ailleurs, que faites-vous planqués dans un endroit pareil alors que toutes les divisions sont sur le pied de guerre ? Demanda la jeune femme qui la retenait en renforçant sa prise.
- Encore des recrues qui voulaient sûrement s'éclipser pour se bécoter en douce. Déclara le shinigami qui retenait Ishida en soupirant.
- Comment peuvent-ils penser à ça à un moment pareil ?!
- Ce sont des recrues. Le bon-sens semble venir avec le temps pour eux.
- Nous ne nous « bécotions » pas ! Cria le quincy excessivement outré.
- Mais tu vas te taire ! Lui ordonna rapidement son geôlier.
- Uryu-san ?
Les quatre personnes s'immobilisèrent lorsque qu'une cinquième sortit de l'ombre des caisses pour se tenir dans la lumière du clair de lune. Orihime sentit son visage se diviser en un sourire extatique en voyant son professeur venir vers eux.
- Kotaro-san !
- Orihime-chan ! Tu vas bien aussi.
Le jeune homme sentit un poids se soulever de ses épaules en voyant sa disciple en chair et en os devant lui. Il s'en serait voulu pendant des lustres si quelque-chose lui était arrivé.
- Kotaro-san, ce sont des ryokas, eux aussi ? Demanda la shinigami derrière Orihime.
- Oui. On peut leur faire confiance, Kotetsu-san.
Sur cette confirmation, les deux shinigamis relâchèrent leur prisonnier en même temps. Inoue se jeta aussitôt dans les bras de son ami qui lui rendit son câlin, nullement gêné par l'affection démonstratif de la jeune fille. Uryu s'éloigna un peu, regardant avec méfiance les deux shinigamis présents. Hisagi en fit de même, remarquant le gant de quincy présent sur son bras droit. De leur côté, Kotaro examina soigneusement sa disciple, heureux de ne trouver aucune blessure apparente.
- Vous avez eu des soucis en vous infiltrant ?
- Nous sommes tombés sur un shinigami hier, Ishida-kun l'a vaincu facilement alors il n'y a pas eu de casses.
- Tu t'es battu ?
- Non. J'ai suivi tes conseils et je suis restée en retrait. Mais tu aurais dû voir ça, Kotaro-san ! Lorsque j'ai bloqué son attaque et qu'il a commencé à avoir super peur ! Et puis j'ai lancé une phrase super cool et c'est là qu'Ishida-kun est arrivé et qu'il l'a vaincu en quelques-secondes ! C'était vraiment impressionnant !
Kotaro écouta la jeune fille lui vanter ses exploits, notant qu'elle n'avait pas mentionné avoir fait usage d'autres pouvoirs à l'exception de son bouclier. Une main sur son épaule le sortit de leur conversation et il se tourna vers Isane.
- Kotaro-san, nous devons y aller. Si nous voulons rejoindre les appartements d'Hisagi-san pour que vous aillez le temps de vous reposer, il faut nous dépêcher.
- D'accord. Orihime, tu fais attention à toi. Maria vous suit discrètement, mais elle n'a pas le droit d'intervenir dans vos combats. Je dois me charger d'une tâche très importante, donc considère que jusqu'à l'exécution de Rukia, je serai hors de portée.
- Compris ! Je protégerais Ishida-kun avec tout ce que j'ai.
Kotaro hocha la tête et se tourna vers le quincy qui semblai s'être engagé dans un concours de regard fixe avec Hisagi.
- Uryu-san. Le susnommé se tourna vers lui, brisant leur petit combat. Je te confie Orihime-chan, fais attention à elle. Et méfie-toi des Capitaines, certains ne sont pas sûr du tout.
- Ça devrait être à moi de m'inquiéter. Faire confiance aux shinigamis est une très mauvaise idée. Vous risquez de le regretter.
- L'ennemi d'hier est l'allié de demain. Cita simplement le Marcheur.
- ...Bonne chance à vous, Kotaro-san.
Avec un dernier hochement de tête, le groupe de trois se fondit dans la nuit et disparut dans les rues presque désertes. Il leur fallut un moment mais ils finirent par arriver jusqu'au quartier d'habitation de la Neuvième Division. Par ici, ils se glissèrent discrètement jusqu'à la porte d'entrée qu'Hisagi déverrouilla en quatrième vitesse, avant de se précipiter à l'intérieur. Et on sait tous que trois personnes voulant passer en même temps par un passage étroit, ça ne donne jamais rien de bon. Alors bien sûr, ils retrouvèrent tous les trois en un tas informe sur le sol, plongés dans le noir et incapables de se dépêtrer. Grâce aux conseils du propriétaire, Isane réussit à atteindre l'interrupteur pour dévoiler le désastre. Leurs jambes emmêlées, Hisagi se trouvait tout en dessous tenant avec force Kotaro par la taille pour ne pas qu'il lui tombe dessus. Celui-ci forçait actuellement sur ses bras pour qu'Isane se serve de lui comme appuis et atteigne la lumière.
L'accident résolu, tout le monde put souffler un peu. Les portes et fenêtres furent fermés pour ne pas laisser échapper d'indice sur la présence du ryoka ou de celle d'Isane qui serait fortement questionné.
N'ayant pas grand-chose à faire, Kotaro entreprit de préparer le repas pendant que les deux shinigamis préparaient les lits d'appoints pour les deux squatteurs. Ne trouvant pas grand-chose dans les placards, le jeune homme dû se rabattre sur une simple omelette avec le peu d'œufs qu'il avait trouvé. Il trouva un tissu rangé dans un coin et s'en servit pour remonter ses manches de kimono et ne pas risquer de les salir. Li aurait sa tête si c'était le cas. L'odeur se répandit dans l'appartement et il n'en fallut pas plus pour que les deux autres âmes présentes reviennent en découvrir la source.
- Kotaro-san, tu sais cuisiner ! S'exclama Isane.
- Oui. Moins bien que ma sœur, mais j'imagine que ça sera tout de même mangeable.
- Si l'odeur est un indice, je suis sûre que ce sera délicieux. N'est-ce pas, Hisagi-san ?
- Hein ? ...Ah, oui.
Hisagi regarda le jeune homme s'affairer dans sa cuisine et sentit un étrange sentiment l'envahir. Peut-être était-ce le fait d'avoir vécu tout seul depuis si longtemps, mais voir quelqu'un prendre du temps pour lui concocter un repas le rendis heureux. Même si ladite personne était censé être son ennemi.
Les trois partagèrent donc un repas dans une ambiance plutôt conviviale, tentant de trouver des sujets non-sensibles, ce qui finit donc par les tourner vers la famille et le travail.
- Et après ça, Matsumoto dit « Je n'ai pas besoin de sabre ou de talent d'orateur pour diriger le monde ! Il me suffit d'ouvrir mon kimono pour que l'Homme soit à mes pieds ! ».
Kotaro et Isane se mirent à rire à gorge déployée en imaginant la scène où la belle rousse se tenait fièrement sur la table en tendant une bouteille de saké vers le ciel et déclarant sa tirade à qui voulait l'entendre dans le bar.
- Je ne savais pas que Matsumoto-san pouvait être ainsi alors qu'elle est ivre ! Dit Isane entre deux rires.
- Il est vrai que de ce que je viens d'entendre, les remarques philosophiques non pas l'air d'être son genre. Commenta le jeune homme à côté d'elle.
- Je crois qu'elle préfère détendre l'atmosphère avec des blagues, plutôt que d'être sérieuse à longueur de journée. Après, elle reste une vice-capitaine, peu importe ses manières.
- C'est vrai. On l'oublie parfois en la voyant agir ainsi, mais Matsumoto-san sait se montrer sérieuse dans les moments les plus importants.
- J'aimerais bien la rencontrer. Quand on ne sera plus en guerre, évidemment. Renseigna Kotaro devant le regard un peu perdu de ses auditeurs.
- Mon avis qu'elle tentera de te draguer. Intervint Hisagi.
- Faudrait-il encore qu'elle m'intéresse !
- Alors, c'est vrai. Tu préfères les garçons, Kotaro-san.
- Cela te gêne-t-il, Kotetsu-san ?
- Non, pas du tout. Mais j'avoue que je préférerais que tu m'appelles par mon prénom. Personne ne se réfère à moi ainsi pour ne pas me confondre avec ma petite-sœur.
- Tu as une petite-sœur ? Comment est-elle ?
- Elle s'appelle Kiyone. Elle est co-Troisième Siège à la Treizième Division.
- Co-Troisième Siège ? C'est possible ?
- Disons plutôt une lubie d'Ukitake-taicho. Déclara Shuhei.
- Donc, pour mon nom ?
- Faisons un marché. Si tout se passe comme prévu et que nous ne sommes plus ennemis à la fin de tout ça, je m'engage à vous appeler tous les deux par votre prénom.
- Hein ? Moi aussi ?
- Marché conclu !
Les trois trinquèrent ensemble et repartirent sur une nouvelle anecdote de Shuhei lors d'une de ses sorties de beuverie avec son groupe d'amis. Ce n'est que tard dans la nuit qu'ils partirent se coucher chacun dans leur lit, laissant le Seireitei complètement dans l'obscurité et endormis.
Kotaro finit par se réveiller lorsque les rayons du soleil devinrent bien trop fort pour lui. Il ouvrit péniblement les yeux pour voir que la pièce était bien trop ensoleillée pour un début de mâtinée. Il lui fallut un peu de temps, mais il dénicha une horloge dans un coin, dont le résultat le fit pâlir. Il se leva prestement, attrapant son kimono qu'il avait retiré pour dormir et l'enfila aussi rapidement qu'il pouvait en cherchant ses chaussures. Ce ne fut que lorsqu'il fut presque à la porte de l'appartement qu'il percuta finalement que l'endroit était étrangement silencieux. Il appela les deux autres locataires, mais aucune réponse ne vint. Fouillant les différentes pièces, il dut se résoudre qu'en effet, tout était vide.
Une tâche blanche attira son attention et il trouva un mot laissé sur la table de la cuisine. Pourquoi ne le voyait-il que maintenant ? Sûrement que sa panique avait obscurcie sa vision plus qu'il ne le pensait.
« Kotaro-san. Comme nous pensions que tu devais être fatigué avec tout ce qui venait d'arriver, Isane-san et moi avons décidé de te laisser dormir pour que tu reprennes des forces. Je comprends que tu souhaites continuer tes projets le plus rapidement possible, mais je te demanderais d'attendre notre retour avant de sortir de la maison. Si tu as faim, tu peux te servir dans les placards autant que tu veux. Repose-toi jusqu'à notre retour.
Hisagi
P.S. : Interdiction de faire quoi que ce soit de contraignant pour ton corps. Mange correctement et bois beaucoup d'eau. Et reste assis ou allongé le plus possible. Ne te tente rien jusqu'à notre retour. C'est un ordre de ton médecin.
Isane »
Voyant qu'on l'avait assigné à résidence contre sa volonté, le jeune laissa échapper un petit rire devant les commandes autoritaires qui lui avaient été dictées. Mais même si on lui interdisait de sortir et de se fatiguer, ça ne voulait pas dire qu'il ne pouvait pas laisser les autres les faire pour lui.
Isane soupira alors qu'elle terminait de bander un énième membre de la Onzième Division. A croire qu'Ichigo-san était tombé pile au milieu de leur QG pour qu'ils reçoivent autant de blessés. La charge de travail qu'ils recevaient était vraiment phénoménale. A ce rythme-là, ils n'auront même plus de place où les mettre. Et il avait fallu qu'Hanatarou soit attrapé en train d'aider les ryokas. Bon, elle avait déjà dans l'idée que l'un d'entre-eux les avait aidés, puisqu'il était impossible pour quiconque n'étant pas de la Quatrième Division de se retrouver dans les tunnels qu'avait emprunté Kotaro-san et Hisagi-san. Mais de savoir que c'était le petit et frêle Hanatarou l'avait vraiment surprise.
La jeune femme profita d'une courte pause dans la cadence pour s'éclipser aussi discrètement qu'elle le pouvait. C'était sa chance. Son statut de fukutaicho l'empêchait de disparaître sans alerter quiconque, alors elle devait profiter du fait que tout le monde était en train de se reposer. Elle se glissa dans un couloir actuellement désert où elle rejoignit un escalier descendant dans le sous-sol. De là, elle se dirigea vers la seule cellule occupée actuellement. Les trois prisonniers la fixèrent avec plus ou moins d'animosité, jusqu'à ce que l'un d'entre-eux ne la reconnaisse.
- Vous êtes la shinigami qui accompagnait Kurosaki-san ! S'exclama Ishida à la surprise de ses colocataires.
- Oui. Mon nom est Kotetsu Isane. Je suis la fukutaicho de la Quatrième Division. J'ai appris que vous aviez été capturés et emmenés ici pour être soigné. Je n'ai pas beaucoup de temps devant moi, donc je vais faire vite. Savez-vous où se trouve la jeune fille qui était avec vous la dernière fois ?
- Orihime-san ? J'ai demandé à un homme de la Onzième Division de l'emmener lorsque j'ai dû combattre un homme nommé Kurotsuchi.
- La Onzième ?!
Isane se sentit paniquer en imaginant tous ce qu'ils auraient pu faire à la pauvre jeune fille.
- T-Très bien. Je vais m'en occuper aussitôt. Je ne peux pas vous faire sortir d'ici pour l'instant, mais dès que nous aurons une ouverture, je ferais en sorte de vous emmener en lieu sûr.
- D'accord. Comment va Kotaro-san ?
- Il dort comme un loir en ce moment même. J'ai préféré le laisser se reposer à cause des derniers événements.
- Et Ichigo ? Son frère ? Demanda Chad depuis son lit.
- Je ne sais pas. Nous nous sommes séparés hier. Je crois qu'il s'entraîne avec Yoruichi-sama pour être sûr de vaincre Kuchiki-taicho et de sauver Kuchiki Rukia.
- D'accord. Merci de votre aide, Kotetsu-san. La remercia Ishida.
- De rien. Nous ne nous connaissons que depuis peu, mais je sais que Kotaro-san est une bonne personne.
Isane les quitta sur ses dernières paroles et revint à son travail. Elle s'occupa de gérer les blessés présents, ainsi que de refaire leur stocks en prévision des nouveaux combats à venir. La matinée s'écoula ainsi lentement, lorsque son Capitaine la rejoignit une heure avant qu'elle ne prenne sa pause.
- Isane, j'aimerais te parler. Veux-tu bien me suivre ?
- Oui, taicho.
Les deux jeunes femmes s'éloignèrent de l'agitation pour se diriger vers le bureau de la gradé. Fermant la porte derrière elle, elle prit le temps de s'installer confortablement et de leur verser une tasse de thé chacune.
- Isane, me cacherais-tu des choses ?
- H-Hein ?!
La vice-capitaine tenta de contenir son sursaut de frayeur, mais pu difficilement se contrôler face au regard de sa supérieur.
- Je te parle de cette soudaine sortie qu'on m'a rapportée lorsque je suis allée aider Zaraki-taicho suite à son combat contre un certain ryoka.
- U-Un petit groupe de la Neuvième Division était tombé dans une embuscade. J'ai préféré me déplacer toute seule pour être sûre d'apporter de l'aide le plus rapidement possible.
- Et cet absence prolongée qui a suivi.
- Il y avait beaucoup de blessés et Hisagi-fukutaicho m'a demandé de rester pour l'aider à les gérer.
- Cela explique donc le fait qu'on t'a entendue tard chez lui et que quelqu'un t'a même vue sortir de sa maison au petit-matin.
Oh, non ! Elle était certaine que personne ne les avait remarqués ! Serait-il possible que Unohana-taicho ait également entendu parler de Kotaro-san. Pensa la jeune femme en pleine panique.
La Capitaine, quant à elle, se délectait du visage paniqué de sa jeune disciple.
- Isane, vers qui se dirige ta loyauté ?
- Vers vous, Madame ! Et, à la Soul Society, bien sûr. Répondit-elle précipitamment.
- Je vois. Dans ce cas, je n'ai pas à m'en faire. Je vais vous laisser à toi, à Hisagi-fukutaicho et à votre nouvel allié, le soin d'éclaircir l'affaire sur la soi-disant mort d'Aizen-taicho.
- Mais, Unohana-taicho, vous avez vous-même certifié que c'était un assassinat ?
- C'est vrai, mais je ne peux m'empêcher de me dire que j'ai sentis quelque-chose d'étrange en examinant le corps. Mais je suis Taicho, et en tant que tel, mes mains sont liées. C'est pourquoi je vous fais confiance pour résoudre ce mystère.
- Je ne vous décevrai pas, Unohana-taicho ! Déclara Isane en s'inclinant.
De son côté, Hisagi accomplissait les tâches incombant à sa fonction au côté de son Capitaine. Toutes les Divisions étaient en mouvement suite à l'annonce pour l'exécution de Kuchiki Rukia. Vu qu'il était avec Iba à ce moment-là, il n'avait pas pu se rendre auprès de Kotaro pour lui relayer les nouvelles. Bien qu'il devait déjà être au courant grâce à son petit réseau d'espion. N'ayant aucune autre possibilité dans l'immédiat, le jeune homme s'était donc cantonné à son rôle officiel, gardant ses soucis pour lorsqu'il sera de retour chez lui. Mais malgré l'ardeur qu'il dévouait à sa tâche, le jeune homme ne pouvait pas empêcher le doute de se glisser dans son esprit. Que faire s'il s'était trompé et que Kotaro ne faisait que l'utiliser pour son propre bénéfice ? Si toute cette histoire avec la trahison d'Aizen n'était en fait qu'un mensonge inventé de toute pièce pour le berner. Toutes ces questions lui occupaient l'esprit et il ne savait même plus s'il était en droit de faire confiance à ses propres amis ou non. Après tout, Kira était le vice-capitaine d'Ichimaru Gin, cela voulait-il dire que lui aussi était impliqué dans ce complot ? Et qu'en était-il d'Hinamori ? C'était elle qui avait trouvé le corps d'Aizen. Mais cela l'exemptait-elle de tous soupçons ?
Devrait-il se confier à son Capitaine ? Lui qui était si doué pour lire les gens et qui était un grand défenseur de la justice, pourrait-il l'éclairer sur la bonne décision à prendre ? Mais y en avait-t-il même une ?
- Hisagi.
Le shinigami se retourna pour voir son supérieur le fixer, bien qu'il sache parfaitement que plus rien ne se reflétait dans les yeux de son Capitaine depuis longtemps.
- Tosen-taicho. Mes excuses, j'étais perdu dans mes pensées.
- Quelque-chose occupe ton esprit.
- ...Oui.
- Si tu n'es pas concentré sur ta mission, alors tu ne pourras pas défendre tes alliés le moment venu.
- Je sais bien, Tosen-taicho...Pourriez-vous répondre à une de mes questions ?
- Laquelle ?
- Croyez-vous que les ryokas soient en tort pour tenter de sauver Kuchiki-san ? C'est l'une des nôtres, et pourtant, nous l'exécutons sans connaître véritablement les conditions qui entourent la décision qu'elle a prise.
- C'est vrai. Mais Hisagi, n'oublie pas que nous représentons la justice. Certes, Kuchiki a peut-être fait cet acte pour sauver une vie, mais elle l'a fait en connaissance de cause. Nous nous devons d'appliquer la justice en tant que gardiens des âmes. C'est notre rôle.
- Très bien...
- Et ne t'inquiète pas au sujet des ryokas. Peu importe leur raison d'être ici, cela ne les innocente pas de leurs crimes.
- Compris, Tosen-taicho. Je vais rejoindre les hommes en poste au Nord-Est pour vérifier que tout va bien.
- Fais donc, Hisagi.
Le jeune homme partit en un shunpo, mais s'arrêta une fois qu'il fut certain d'être assez loin des sens de son Capitaine. Les paroles de son supérieur avaient toujours fait sens pour lui. Mais à la lumière des derniers événements, il ne put s'empêcher de s'interroger sur leur véritable signification. En quoi le fait qu'ils étaient des shinigamis leur assuraient-ils l'immunité face à la corruption ? Si ce qu'avait dit Kotaro était vrai, alors la justice qu'ils prônaient ne voulait plus rien dire. Il fallait qu'il en soit certain. Pour l'instant, le mieux était de rester avec les ryokas et de voir comment les choses évoluaient. Si les soupçons d'une trahison étaient fondés, alors il pourra libérer le Seireitei de ce cancer et tout reviendra à la normale. Si tout cela était un mensonge, il s'assurera de juger le jeune homme par lui-même pour cet odieuse tromperie.
Pendant ce temps et inconnu aux shingamis présents aux alentours, une importante réunion avait lieu dans les appartements d'Hisagi Shuhei. Malgré l'étroitesse des lieux, les âmes du Marcheur avaient réussi à se tenir toutes présentes, sans se marcher dessus au passage. Kotaro observa chacun des visages présents et fut affligé de voir qu'il en manquait un très important.
- Personne n'a de nouvelle de Li ? Demanda-t-il à l'assemblée.
- On a fouillé tous les endroits où Aizen aurait pu la cacher et qui nous étaient accessibles, mais sans succès. Si elle n'est pas dans le Seireitei, alors c'est qu'elle doit se trouver dans le Rukongai. Raconta Lorenzo qui avait été en charge de la recherche.
- La situation est bien trop tendue pour que nous nous permettions de libérer du monde pour partir à sa recherche. Surtout que le Rukongai demanderait la mobilisation de tout notre effectif rien que pour les zones peuplés. Analysa Maria. Le mieux reste encore d'attendre que tout se tasse et de partir ensuite.
- Mais il y a une chance pour qu'elle ne soit plus en vie à ce moment-là.
La remarque de Kotaro fit taire tout autre opinion et tous attendirent la suite. L'une des âmes qui était assise à côté de lui sur le canapé, posa sa main sur son épaule en un signe de soutien et de réconfort.
- Kotaro. Peu importe ce que tu choisis, nous serons là pour t'aider. Li est au courant des risques et sait à quel point notre mission est importante. Personne ne t'en voudra de prioriser la sécurité de ton frère. Nous trouverons Li et nous la sauverons. Mais si tu veux t'assurer du fait qu'Aizen et ses sbires ne soient plus un problème avant cela, alors nous comprendrons ta décision.
Le jeune homme regarda sa prédécesseure et sourit aux paroles de réconfort.
- Merci, Aïssata.
Il inspira à plein poumons l'air chargé en reiatsu et le fit ressortir en un souffle lent. Une partie des tensions présentes sur ses épaules semblèrent disparaître et il reposa son regard sur les autres parties de lui-même.
- Très bien. La recherche de Li est mise en pause. Mais qu'une équipe se tienne prête. Dès que les combats sont terminés, je veux qu'ils partent immédiatement à sa recherche. Et cette fois-ci, fouillez partout. Je ne veux pas que vous manquiez un seul trou de souris.
Tous hochèrent la tête et Lorenzo s'éclipsa pour commencer à constituer son groupe.
- La date d'exécution de Rukia est dans environ une semaine. Il faut continuer la surveillance d'Ichimaru Gin. Vu qu'Aizen a réussi à nous échapper, il est le seul qui nous relie encore à ses plans. Francis, tu es le meilleur d'entre-nous en ce qui concerne l'espionnage, ne le perd pas de vue sous aucun prétexte. Suis-le peu importe où il ira, mais essaie de rester discret envers les autres gradés.
- Évidemment.
- Je veux que les meilleurs d'entre-nous en ce qui concerne la dissimulation se joigne à lui. Deux par Capitaine et un par Vice-Capitaine. Rapportez immédiatement toutes infos pertinentes. Les autres vont s'occuper de trouver Aizen. Agissez par groupe, aucune action individuelle. Son zanpakuto a beau n'avoir aucun effet sur nous, sa maîtrise du kido le rend tout de même dangereux.
- Oui ! Répondirent-ils tous en cœur.
- Et toi ? Que comptes-tu faire ? À part glander chez tes nouveaux potes shinigamis. Déclara Maria avec un sourire moqueur.
- Tu crois vraiment que je suis du genre à me tourner les pouces ? Bien sûr que je vais agir. Ichigo est bloqué avec Yoruichi pour encore un moment. Orihime et Ishida se sont fait avoir et Chad est...Lorenzo, où as-tu envoyé Chad, au fait ?
- A la Quatrième Division ! Répondit-il avec un grand sourire.
Il y eut un long moment de silence où tous fixaient l'italien comme s'il venait de lui pousser une deuxième tête. Eli lui demanda s'il était sérieux et il répondit que oui, il avait bien déposé le grand mexicain au milieu d'une division de shinigami, spécialisé en soin, mais une division de shinigami tout de même. La jeune fille lui demanda s'il était bête et il eut l'audace d'être offensé de cette remarque. N'en pouvant plus, Maria attrapa vivement son arme et se jeta sur son collège masculin. Un massacre se serait produit s'ils ne s'étaient pas mis à plusieurs pour freiner les tendances meurtrières de leur très respecté membre.
Kotaro soupira devant la stupidité et les réactions violentes dont pouvaient faire preuve les autres parties de lui-même. Ne voyant pas l'intérêt de discuter sur ce point et n'ayant de toute façon pas la motivation, le jeune homme décida de passer à autre-chose, bien qu'il promit de faire s'excuser Lorenzo pour cet acte totalement imbécile.
La réunion dura encore un bon moment, jusqu'à ce que les estomacs ne commencent à se faire entendre et que tous décidèrent que travailler c'était bien, mais travailler le ventre vide, c'était une torture. Et ils n'étaient pas masochistes. Enfin, pas tous.
Plusieurs groupes se formèrent et la plupart partirent en quête de nourriture de leur côté. Lorenzo s'invita dans le groupe des filles afin de profiter de leur compagnie pendant le déjeuner, pendant que Mickael et Francis décidèrent de rester avec Kotaro pour partager son repas. On aurait pu croire qu'entre un vieil homme qui a vécu deux guerres, un autre qui était réputé de son vivant pour être l'un des plus grands arnaqueurs de son époque et un jeunot au milieu de son adolescence, le repas serait un peu froid. Mais non, même eux réussirent à trouver des sujets de discussions qui ne finissaient pas invariablement par un combat de regard.
Le déjeuner terminé, les deux âmes repartirent également pour s'acquitter de leur mission, laissant Kotaro seul et un peu ennuyé. Il regarda autour de lui et tomba finalement sur une bibliothèque assez remplie, bien que minuscule. Un peu de lecture ne lui ferait pas de mal et ça permettrait de passer le temps. En espérant qu'Hisagi n'avait pas mauvais goût en matière de livre.
De l'autre-côté de la Soul Society, un certain vice-capitaine éternua au milieu d'une allée, peu certain de la personne qui pouvait bien parler de lui à un moment pareil. Le jeune homme se recentra sur sa mission et vérifia dans les alentours que personne ne l'avait entendu. Il fallait dire qu'on voyait rarement un membre d'une division près du QG d'une autre sans une bonne raison. Et il n'était pas sûr de savoir laquelle donner si un membre de la Onzième venait à le trouver et lui demander ce qu'il fabriquait sous leurs fenêtres.
Mais suite au mot qu'Isane lui avait fait parvenir, il était vrai que lui-même avait de quoi s'inquiéter en sachant la disciple de son ami aux mains de Kenpachi et de ses soldats. Le Capitaine le plus redouté, après le Capitaine-Commandant bien sûr, n'avait pas pour habitude de faire des prisonniers. Donc qui sait ce qu'il pouvait bien vouloir à l'adolescente.
Effaçant son reiatsu au maximum, il se glissa sous les fenêtres jusqu'à entendre la voix de la jeune fille. Heureusement pour lui, il semblerait qu'il n'ait pas à devoir se glisser dans le bâtiment pour la trouver. Il jeta un regard par-dessus le rebord et vit Ayasegawa Yumichika, dos à lui, en pleine discussion avec la jeune Orihime. Celle-ci remarqua vite sa présence et il lui fit signe de se taire. Mais la soudaine hésitation de la rousse avait alerté le Cinquième Siège qui se tourna vers la fenêtre. Ne voyant d'abord rien, il ouvrit celle-ci afin d'avoir un meilleur champ de vision et Hisagi en profita pour l'assommer vite-fait.
- Hisagi-san !
Il se faufila à l'intérieur en posant le corps de l'endormis contre le mur.
- Isane-san m'a prévenue que tu avais été faite prisonnière par la Onzième Division, alors je suis venue dès que j'ai pu.
- Toi ? Pas Isane-san ?
- Isane-san ne pouvait s'absenter de la Quatrième Division. Il semblerait que le nombre de blessé leur prennent tous leur effectifs.
- Je vois. Kotaro-san va bien ?
- Oui. Il se repose chez moi, actuellement. Il a besoin de reprendre des forces avec ce qui risque d'arriver. Maintenant, viens. Il faut que je te ramène auprès de Kotaro-san avant qu'on ne s'aperçoive de mon absence.
La jeune fille sembla hésiter un instant et ce fut à ce moment-là que la porte s'ouvrit sur Ikkaku. Le chauve vit la scène d'ensemble, soit son partenaire inerte et Hisagi près de leur otage/alliée. Réagissant au quart de tour, le Troisième Siège se prépara à sauter à la rencontre de son adversaire qui en fit de même, lorsque Orihime se jeta entre les deux combattants.
- Arrêtez !
Elle se retourna vers Hisagi, des frissons secouant son petit corps, alors qu'elle tremblait de peur à se tenir ainsi entre eux-deux.
- Ce ne sont pas des ennemis, Hisagi-san ! Ils ont accepté de nous aider.
- Quoi ?
Ce cri avait été poussé par trois personnes et tous tournèrent la tête vers Yumichika qui s'était réveillé beaucoup plus rapidement que ne l'avait pensé son agresseur. Voyant que tout cela prenait une tournure inattendue, Shuhei décida de baisser son arme pour l'instant pour voir où tout cela allait les mener.
- Donc en résumé, tu as trouvé l'une des espionnes du frère d'Ichigo dans ton bureau, tu lui as donné à mangé et elle t'a conduit à ce Kotaro et à Ichigo qui était en train de se faire rafistoler après son combat contre Renji. Tu l'as suivi depuis, après qu'il t'aait dit qu'il y avait un complot avec Aizen-taicho se faisant passer pour mort, et Ichimaru-taicho qui serait son complice. Et les deux, plus quelqu'un d'autre, auraient organisé l'exécution de Kuchiki afin de récupérer quelque-chose dans son âme, que Urahara Kisuke, l'ancien capitaine de la Douzième Division exilé dans le monde des Vivants, aurait caché là durant le séjour de Kuchiki sur terre. Je n'ai rien oublié ? Demanda Yumichika après sa tirade.
Hisagi avait du mal à fixer les deux shinigamis en face de lui, tellement il était gêné par le résumé que venait de faire Yumichika, de ce qui avait été sa vie les deux derniers jours à un ou deux détails près. Il s'était gardé de parler de l'intervention d'Isane-fukutaicho dans toutes ses histoires, ne sachant pas déjà pas si lui-même n'était pas en mauvaise posture pour tout leur raconter.
Mais d'après la tête que faisait Ikkaku, il était bien parti pour être enfermé à l'asile des fous.
- Dis, Hisagi. Cette fille qui t'a étranglé, t'es sûre qu'elle a pas serré un peu trop longtemps ?
- Je me le demande aussi, parfois. Avoua-t-il à regret.
Les deux shinigamis de la Onzième soupiraient de défaitisme, un peu perdus de la marche à suivre. Mieux valait ne pas en parler à Zaraki-taicho, il déciderait sûrement de trancher le ryokas pour résoudre le problème. Et peut-être Ichimaru-taicho également.
Orihime se leva alors de la chaise où elle était jusque-là gentiment assise pour se poster devant les trois hommes.
- Ce n'est pas gentil, Hisagi-san ! Vous devez avoir confiance en Kotaro-san. Il n'aurait aucune raison de mentir sur un sujet aussi sérieux. De plus, tout ce qu'il vous a dit est sensé, non ? Alors ayez un peu plus foi en lui. Déclara-t-elle avec aplomb.
Les trois auditeurs la regardèrent avec étonnement, peu sûrs de savoir d'où elle tenait autant de certitude.
- Orihime. T'as pas dit que t'étais ami avec Ichigo ? Alors comment t'es si sûre de ça que son frère est tout aussi digne de confiance ?
- Hum, Hum. Kurosaki-kun est mon ami, mais Kotaro-san est également mon maître ! Dit-elle avec fierté.
- Hein, ton maître ?
- Oui ! C'est Kotaro-san qui m'a appris à utiliser mes pouvoirs. Parce que nos pouvoirs ont la même origine.
- Hé...
- C'est bien joli, mais cela n'empêche que cet homme est quand-même suspect. Déclara Yumichika lorsque le silence s'éternisa un peu trop.
- Tu as une meilleure idée, peut-être ? Demanda le principal intéressé.
- En parler à ton Capitaine ? Tenta Ikkaku.
- J'ai déjà essayé. Mais j'ai peur que si ce que dit Kotaro est vrai, alors les chances qu'Aizen réussisse son projet vont augmenter.
- Et si toute cette histoire est un mensonge ?
- Alors je serai le dernier des idiots pour lui avoir fait confiance.
Les trois shinigamis restèrent à méditer en silence, jusqu'à ce qu'Ikkaku n'en ait assez et se lève en criant qu'il en avait marre.
- Ohé, Orihime !
- O-Oui !
- Jusqu'à combien fais-tu confiance à ce Kotaro ?
- Combien ?
- Lui confierais-tu ta vie ?
- Bien sûr !
- Alors, c'est ta réponse, Hisagi !
- Je ne pense pas pouvoir prendre ce genre d'avis comme une réponse.
- Peut-être, mais au moins tu en as un. Si ce Kotaro dit la vérité, tu seras l'un des seuls à avoir vu à travers la comédie qu'Aizen nous a joué durant toutes ces années. S'il ment, tu seras à la première place pour lui faire regretter de t'avoir mené en bateau !
Le raisonnement un peu simpliste, mais néanmoins dans le vrai, eut tôt fait de balayer les derniers doutes du vice-capitaine qui remercia chaleureusement ses amis pour leur soutien. Mais quand il se tourna vers Orihime, il fut surpris de la voir tout-sourire, comme si tout allait bien.
- Orihime-san, tu ne sembles pas avoir peur du fait que je projette de tuer ton maître ?
- Seulement s'il ment, et je sais que ce n'est pas le cas, donc je n'ai pas à m'en faire puisque tu ne comptes pas le trahir.
Le jeune homme fut un peu impressionné de voir combien la jeune femme devant lui croyait en son maître.
- Je dirais à Kotaro-san que tu te portes bien. Même si je suis sûr qu'il voudrait que tu restes à l'écart des combats.
- Il faut bien quelqu'un pour soigner les blessures après que tout le monde ait fini de se taper dessus. Dit-elle avec un fin sourire.
Hisagi ne put s'empêcher de rire à la constatation véridique et se glissa habillement par la fenêtre pour quitter les quartiers de la Onzième Division. Il crut apercevoir un éclair rose au coin du bâtiment, mais il mit rapidement cela sur le compte de l'imagination en disparaissant d'un shunpo. Il était temps pour lui de rentrer, Kotaro devait s'ennuyer coincé chez lui comme il l'était.
