Résumé: Shopping. Où l'on parle de Gobelins, de baguettes et de Centaures. Les nouveaux Maraudeurs progressent dans leur énigme.

Réponses aux commentaires (merci à Satya, Sajuuk, Ptitlaby, Popov)

A ce stade Rogue n'est pas encore amoureux. Ca serait beaucoup trop simple. Sa position est plutôt celle d'une bille dans un flipper en début de partie, avec Dumbledore dans le rôle du ressort, jusqu'à ce que... (non, non. Vous verrez bien).


Chapitre 8 – Chemin de Traverse

Chemin de Traverse,

Aussitôt après avoir Transplané au Chemin de Traverse, les six jeunes gens furent immédiatement immergés dans l'atmosphère bruyante de la rue. Ils se trouvaient juste à l'entrée de l'auberge du Chaudron Baveur. Ron avait proposé qu'ils y prennent leur petit déjeuner avant d'aller faire leurs courses. Pour une fois sa suggestion n'était pas que gastronomique. L'idée était d'éviter une répétition de ce qui s'était passé à King's Cross.

"Je préfère qu'on regarde d'abord comment ça se passe à l'intérieur. Si on se retrouve assiégés comme à la gare, il y aura moins de monde et Tom sera capable de contrôler la situation mieux que nous dans la rue."

Sa prudence était pleinement justifiée. Plusieurs personnes les reconnurent très vite et des acclamations éclatèrent au milieu des clients de l'auberge. Ils n'eurent même pas le temps de repérer une table vide. Un groupe de jeunes sorciers et sorcières se levèrent spontanément et insistèrent pour leur offrir leurs places. La nouvelle de leur arrivée se propagea comme une traînée de poudre, et la plupart des convives convergèrent vers eux. Les autres tables furent désertées au fur et à mesure que les gens se levaient et venaient les saluer. Certains s'installaient même de manière à rester à coté d'eux. Des tasses de thé et toutes sortes d'offrandes leurs furent proposées sans même qu'ils ne demandent quoi que ce soit. La bousculade était nettement plus civilisée qu'à la gare, mais toute aussi intense. Heureusement, il s'était écoulé assez de temps pour que la curiosité du public se réduise jusqu'à un niveau raisonnable, et puis Tom faisait ce qu'il fallait pour calmer les clients trop excités.

Ils eurent quand même à répondre à un flot de questions, et à signer une quantité considérable d'autographes. Après quelques minutes Harry décida que finalement, accorder des interviews à Rita Skeeter n'était pas si terrible que ça. Au moins il n'y avait qu'un seul interlocuteur, plutôt qu'une demi douzaine qui se coupaient la parole. Il fit de son mieux pour rester poli et calme, en espérant quand même que ça n'allait pas durer trop longtemps.

Une bonne heure plus tard, ils parvinrent enfin à convaincre la foule qu'ils avaient vraiment d'autres choses à faire. Avant de partir, ils remercièrent tout le monde pour les boissons et les gâteaux qui leur avaient été offerts. Bien sûr, il n'avait pas été question qu'ils payent quoi que ce soit.

Ron avait vu juste. La séance à l'auberge avait apparemment suffi à satisfaire les plus enthousiastes de leurs fans, et le reste se contentait de les saluer amicalement. L'un dans l'autre ils pouvaient désormais se déplacer sans trop d'encombre.

L'étape suivante était Gringotts, pour remplir les portes monnaies. Lorsqu'ils pénétrèrent dans le hall de la banque, plusieurs têtes se retournèrent pour les observer. Des chuchotements excités se firent entendre, mais heureusement personne ne chercha à les aborder. Harry se dirigea rapidement vers un des guichets libres, suivi par les autres et sous le regard pointilleux du Gobelin assis derrière le comptoir.

"Bonjour," dit Harry poliment.

"Votre nom?" demanda le Gobelin.

Hermione se dit que c'était quand même vraiment bizarre. Tout le monde les reconnaissait, sauf la première personne à laquelle ils s'adressaient.

"Harry Potter, et je suis avec mes amis pour -"

"Attendez un instant je vous prie," interrompit le Gobelin.

La créature descendit de son perchoir et chuchota à l'oreille d'un de ses collègues qui se précipita vers une des nombreuses portes qui menaient à l'intérieur de la banque. Le Gobelin se retourna alors vers eux.

"Veuillez me suivre," demanda-t il.

Il se dirigea vers la même porte et les y attendit. Harry regarda les autres et fit une moue interrogative. Drago haussa les épaules. Les Gobelins n'étaient jamais très accueillants, mais il n'y avait aucune raison de ne pas accepter l'invitation. Ils passèrent la porte, et suivirent plusieurs couloirs jusqu'à atteindre une zone beaucoup plus luxueuse. Le sol était couvert d'une moquette épaisse, les portes étaient larges et faites de bois précieux, avec des rembourrages en cuir. Chaque élément métallique était d'or ou d'argent, et finement ouvragé. Le Gobelin ouvrit une dernière porte et les fit rentrer dans une pièce avec une large table de marbre gris, et entourée de confortables fauteuils en cuir. Sur la table il y avait un plateau en or avec des tasses de porcelaines, des pots de thé et de café, des verres, des carafes d'eau et une coupe d'argent pleine de biscuits. Sur un autre plateau se trouvait un jeu de plumes à écrire, des encriers et des feuilles de parchemin.

"Installez vous. Quelqu'un va venir dans un moment," dit le Gobelin. Lorsqu'ils furent tous à l'intérieur, il s'inclina et sortit en fermant la porte.

"Et bien ça, c'est quelque chose," dit Ron en prenant un biscuit. Ils s'installèrent autour de la table.

"Je pense qu'on va rencontrer un des directeurs de la banque," dit Hermione. Elle nota que les sièges n'avaient pas tous la même taille.

"Mais pourquoi?" demanda Harry naïvement.

"Encore un des petits à-côté de la gloire j'imagine," répondit Drago. L'idée n'avait pas l'air de lui déplaire. Il versa une tasse de thé à Ginny et prit du café pour lui.

Peu de temps après, la porte s'ouvrit pour laisser entrer deux nouveaux Gobelins. Le premier était richement vêtu d'une sorte de tunique sombre avec de fines bandes dorées verticales et des Gaillons d'or comme boutons. Il se déplaçait avec une assurance presque royale. Le deuxième était également très bien habillé mais il se tenait clairement en retrait. Il tenait un épais dossier en métal sous le bras.

"Bonjour," dit le premier Gobelin, d'une voix étonnamment grave pour une si petite créature. "Je suis Sakdor, le Président de la Banque, et voici Koupsen, mon assistant."

Ils étaient impressionnés. Le Président de Gringotts devait certainement jouer un rôle important dans la société des Gobelins, après tout la banque était la partie la plus visible de leur communauté. Ils se levèrent et répondirent respectueusement. Ron avala convulsivement le reste de son biscuit et manqua tout juste de s'étouffer.

"Asseyez vous je vous en prie."

Le ton était beaucoup plus poli que celles des caissiers du hall d'entrée, mais son visage avait un air encore plus rusé. Il s'installa à la tête de la table. Son fauteuil s'ajusta automatiquement pour que sa tête soit à la même hauteur que les humains. Le deuxième Gobelin prit place à coté de lui.

"Je me suis permis d'organiser cette réunion," continua le Président. Il s'adressait à eux tous mais il regardait surtout Harry. "J'ai pensé qu'il était important de se rencontrer, mais vous aviez sans doute prévu de réaliser quelques opérations sur vos comptes. Que pouvons nous faire pour votre service?"

"Euh, nous avons juste besoin de retirer un peu d'argent," dit Harry. "Pour faire des courses," ajouta-t il comme s'il avait besoin de se justifier.

"Voulez vous visiter vos coffres? Si ce n'est pas le cas, vous n'avez qu'à nous indiquer les montants souhaités, et nous pouvons vous amener l'argent ici même."

Harry n'avait pas particulièrement envie de se faire longuement secouer dans les chariots inconfortables des souterrains de la banque. Il regarda ses amis et ils hochèrent tous la tête. Le deuxième Gobelin ouvrit son dossier métallique et en sortit cinq chemises de parchemin cartonné qu'il leur distribua. Leurs noms étaient inscrits sur les couvertures, et il y en avait une pour Ron et Ginny. A l'intérieur de chaque chemise, il y avait une seule feuille avec la mention 'Retrait' mais rien d'autre.

"Il vous suffit de taper la clef de votre compte sur la feuille," expliqua Koupsen. Sa voix était polie mais plus sèche que celle du Président.

Il y eut un bref moment de confusion pendant lequel ils fouillèrent leurs poches pour retrouver leurs clefs. Harry tapa la surface de la feuille blanche avec la sienne et le montant de son compte s'afficha, avec un cadre vide pour y inscrire la somme à retirer. Il fut légèrement embarrassé lorsque Hermione siffla doucement en voyant le total. Il disposait de 467 209 Gaillons dans son coffre. Ca ne voulait pas dire grand chose pour lui, mais c'était quand même une belle somme. En levant les yeux, il vit que Ron avait placé son avant bras de manière à masquer sa feuille vis à vis des autres. Il allait prendre une plume lorsque Drago pris la parole.

"Nous souhaiterions également ouvrir un compte commun pour nous six et y effectuer un virement," demanda-t il. Ron et Ginny levèrent la tête immédiatement et le regardèrent avec suspicion.

"Certainement," dit Koupsen.

Il ouvrit une nouvelle fois son dossier et sortit une autre chemise. Il prit une des feuilles à l'intérieur et tira de sa poche un petit stylet de métal. Il tapota à divers endroits de la feuille en murmurant des paroles incompréhensibles. A chaque fois, ce qui était écrit sur le papier se modifiait ou se réorganisait. Lorsqu'il eut fini, il la fit glisser sur la table.

Drago vit que le document était rempli avec les références des leurs comptes actuels, et une nouvelle entrée associée à leurs six noms. Il transféra mille Gaillons depuis son propre compte et jeta un oeil à Harry qui tendit la main. Drago lui passa la feuille sous le regard inconfortable de Ron et de Ginny. Les deux Weasleys n'avaient pas l'air très content, mais ils ne voulaient pas protester devant les Gobelins. Harry ne put s'empêcher de sourire en signant un virement du même montant.

L'assistant récupéra la feuille et la donna à un autre Gobelin qui attendait derrière la porte. Lorsqu'il revint, il avait six petites clefs en or qu'il leur distribua en leur expliquant qu'ils pouvaient les utiliser comme précédemment. Effectivement, en tapant sur sa feuille de retrait avec la nouvelle clef, Harry vit s'afficher le nouveau compte avec 2000 Gaillons, qui passa immédiatement à 1800 lorsque Drago signa son propre retrait.

Ron hésitait manifestement mais lorsqu'il vit que Luna acceptait la chose sans se poser de question, il abandonna ses réticences. Ginny fixait Drago qui la regardait tranquillement avec juste un sourire amusé. Elle finit par se dire qu'un compte commun était quand même plus acceptable qu'un don direct, et elle retira une petite somme à son tour. Le Président ne disait rien mais ses petits yeux rusés allaient des uns aux autres.

Les feuilles furent redonnées à Koupsen qui vérifia le contenu et alla une nouvelle fois vers la porte pour la donner au Gobelin qui attendait. Il avait à peine eu le temps de récupérer et de ranger les chemises dans ses dossiers, que la porte se rouvrit et qu'un huissier amena six sacs de cuir pleins de pièces.

"C'était rapide," s'exclama Ginny.

Le Président se tourna vers elle et lui sourit. Enfin ils supposèrent que c'était un sourire car la vision des petites dents acérées du Gobelin était quand même assez menaçante.

"Pour des opérations simples, et des clients prestigieux comme vous, certaines procédures peuvent être accélérées. C'est un honneur de vous servir."

"Nous sommes certainement honorés," répondit Harry, "et nous vous remercions pour vos services, mais aviez vous une autre raison de nous voir?"

"Je tenais à rencontrer les héros qui ont vaincu le Seigneur des Ténèbres, et exprimer mes remerciements au nom de tous les Gobelins."

Il inclina la tête avec gravité, et Koupsen fit de même. Harry commençait à se lasser d'être sans cesse remercié pour la même chose, mais le Président savait être bref. Il se tourna vers Hermione.

"Nous avons également appris que vous aviez d'autres projets," ajouta-t il avec un subtil changement de ton.

L'attitude du Gobelin laissait entendre que ce qui s'était passé jusqu'à présent était de peu d'importance, et qu'il abordait enfin la véritable justification de leur rencontre. Hermione était surprise et immédiatement intéressée, que celle-ci concerne justement le projet qui lui tenait le plus à coeur. Elle avait toujours prévu d'intégrer l'amélioration des relations avec les Gobelins dans les buts de l'association, mais avec une priorité réduite. Après tout, ils étaient beaucoup plus capables de se défendre que les pauvres Elfs de Maison.

"C'est effectivement le cas Monsieur," répondit elle. "Puis je vous demander comment vous savez tout cela?"

Le Gobelin le regarda avec une expression énigmatique.

"Nous avons des relations d'affaire avec plusieurs familles influentes," dit il tranquillement, sans rentrer dans les détails. "Vous avez parlé avec eux, ils ont parlé à d'autres, et avec nous aussi. N'était-ce pas là le but de vos contacts?"

"Euh ... Oui bien sûr."

En fait elle n'avait pas vraiment réfléchi aux conséquences possibles des présentations qu'ils avaient faite de leur projet d'association. Elle se demandait en particulier qui leur en avait parlé. Evidemment la plupart des familles de Sang Pur étaient riches, donc ça pouvait être n'importe qui. Elle regarda le Président en essayant de décrypter son expression.

"Et que pensez vous de notre projet Monsieur?" demanda-t elle.

Son sourire s'élargit, en montrant encore plus de dents. En le regardant, il n'y avait pas de doute que les Gobelins étaient des carnivores. Ca devenait vraiment un peu inquiétant à voir, comme s'il leur lançait une sorte de défi, même si par ailleurs la conversation restait amicale.

"Votre ambition est très généreuse, mais j'espère que vous ne sous-estimez pas les difficultés que vous allez rencontrer."

Hermione avait envie de lui demander si les Gobelins avaient envie de participer activement, mais elle préféra attendre. Quelque chose dans son attitude ne collait pas. C'était comme si il attendait quelque chose d'elle. Ses yeux ne la lâchaient pas.

Le terme 'généreux' ne doit pas avoir un sens très positif pour eux, et il me regarde comme si une bataille se préparait.

"Nous serions très honorés de vous présenter les statuts de l'association," proposa-t elle.

Il la regarda sans rien dire pendant un moment. Son regard se posa sur Harry qui affichait une expression franche et ouverte. Il n'y resta qu'une seconde puis il passa sur celui de Drago. Le visage du Serpentard était neutre, mais ses yeux montraient qu'il suivait la discussion avec attention.

"Tout l'honneur serait pour moi," répondit le Président. "Mais je pense qu'il est encore trop tôt."

Sa voix avait repris le ton affable du début. Hermione crut y déceler une légère trace de déception. On a du manquer quelque chose, mais quoi?

"Rien ne presse. Nous aurons sûrement l'occasion de nous revoir."

Il inclina la tête une nouvelle fois. Son sourire prédateur était toujours en place.

"C'était un plaisir de vous rencontrer." Il désigna son assistant. "Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas à contacter Koupsen qui s'occupera de vos comptes personnels. Il passa la parole à son assistant qui se tourna vers Harry et Drago.

"Il y aura un certain nombre d'arrangements particuliers concernant les successions Malefoy et Black," dit il. Le visage de Drago se figea d'un seul coup. "Comme vous êtes techniquement mineurs, cela impliquera également votre Ministère de la Magie. Vous serez tenus au courant de toute façon."

Koupsen parlait vraiment comme un bureaucrate, ou un avocat. Avec lui les choses devaient être précises et claires.

"Merci."

Manifestement l'entrevue était terminée. Le Président leur souhaita une excellente journée et un huissier Gobelin arriva pour les escorter. Ils ramassèrent leurs affaires et se levèrent pour suivre le chemin inverse vers le hall. Ils allaient avoir besoin de discuter de ce qui venait de se passer, mais ce n'était pas le moment. Chacun avait des courses à faire, et pas aux mêmes endroits. Hermione avait une destination précise en tête, Ron et Ginny voulaient jeter un oeil au magasin d'articles de Quidditch tandis que Harry et Drago avaient d'autres plans sur lesquels ils restaient discrets. Luna proposa qu'ils se retrouvent à la librairie Fleury et Bott dans une petite heure.

Ils se séparèrent et partirent chacun de leur coté.

- - -

Hermione marcha le long du Chemin jusqu'à arriver au niveau de la devanture du magasin Ollivander - Fabricants de baguettes magiques depuis 382 avant JC. Elle regarda à l'intérieur, mais il n'y avait personne de visible. La porte n'était pas verrouillée et elle pénétra à l'intérieur du magasin, en se souvenant la dernière fois qu'elle était venue ici, il y a plus de cinq années.

"Bonjour?" lança-t elle.

"Bonjour," répondit une voix douce. "Ah, Mademoiselle Granger. Bienvenue dans mon humble échoppe. J'espère que votre baguette vous donne toujours satisfaction?" Il se concentra un instant et claqua des doigts. "Bois de saule, souple, 27 centimètres et demi avec un poil de Licorne si je me souviens bien?"

Il avait parfaitement raison. Personne ne pouvait témoigner d'une occasion où Mr. Ollivander se soit trompé concernant une de ses baguettes.

"La baguette est parfaite, merci Monsieur. Je ne viens pas vous voir à ce sujet, en tout cas pas directement."

Elle n'était pas très sûre d'elle en fait. Après l'épisode où elle et Ginny avaient été capturées par les Mangemorts, lorsqu'elle avait réalisé à quel point elle était vulnérable dès lors qu'elle ne pouvait pas lancer de sort, elle avait résolu de ne plus jamais se retrouver dans une telle situation. Après des recherches infructueuses, elle avait conclu que le mieux était de s'adresser à un expert, mais évidemment ce n'était pas très facile de demander à un fabricant de baguettes de l'aider à faire de la magie ... sans baguette.

"Euh voilà, j'ai une question un petit peu particulière à vous poser," commença-t elle avec précaution. "L'essentiel de notre magie est réalisée au moyen de nos baguettes, mais il y a des circonstances où cela n'est pas possible. Je me demandais si ..." Elle fit un geste d'impuissance.

"S'il y avait une alternative?" finit il, en la regardant par dessus ses lunettes.

"Et bien ... Oui."

"Vous savez bien sûr, le rôle que joue la baguette dans le lancement d'un sort?" demanda-t il d'une voix professorale qui lui rappelait étrangement le professeur McGonagall.

"Oui. Elle permet de concentrer l'énergie magique," énonça-t elle avec assurance.

Il leva le doigt et secoua gentiment la tête.

"Non. En tout cas ce n'est pas sa fonction principale." Hermione fronça les sourcils. Elle était sûre de sa réponse et n'avait jamais entendu parler d'une autre fonction. Mr Ollivander continua. "Vous m'avez donné la réponse officielle. La vérité est un peu plus compliquée que cela. La baguette concentre en fait le contrôle mental sur l'énergie magique. Vous voyez la différence?"

Hermione se mit à réfléchir à toute vitesse. Ils avaient discuté de théorie magique avec Remus, et elle comprenait ce qu'il voulait dire. Si c'était vrai, alors les conséquences ...

"Est ce que cela veut dire que si je peux trouver une autre méthode de contrôle mental, alors je n'ai pas besoin d'une baguette?"

Il claqua des mains une fois et inclina la tête.

"Exactement. Bien sûr la baguette reste l'outil le plus adéquat pour lancer des sorts, et la plupart des sorciers," il cligna de l'oeil, "et des sorcières ne pourraient pas s'en passer, mais il y a des alternatives."

Hermione sourit timidement en retour. Elle avait un début de réponse. Il existait une solution à son problème.

"Et savez vous comment je pourrais trouver une telle ... alternative?"

Mr. Ollivander ne répondit pas immédiatement. Il se pinça les lèvres et sa main caressa son menton pendant quelques secondes. Ses yeux l'observaient avec attention.

"Je crois savoir que vous avez récemment été privée de votre baguette dans des circonstances fort déplaisantes," dit il indirectement. Hermione acquiesça silencieusement. Elle n'avait pas vraiment envie de parler de ça. "Il y a de très bonnes raisons pour restreindre l'usage de la magie sans baguette," continua-t il. "Le Ministère conserve toutes les informations sur ce sujet sous bonne garde, au plus profond du Département des Mystères." Il afficha un sourire malicieux. "Il me semble que vous connaissez bien cet endroit?"

"Euh, Oui. J'y suis déjà allé." Comment sait il tout cela?

"Vous avez bien de la chance. Même moi je n'y ai pas accès, et je vous assure que j'ai souvent fait la demande au Ministère, mais les Langues-de-plombs n'ont jamais voulu."

Zut.

Mr. Ollivander afficha une expression écoeurée.

"C'est complètement idiot de leur part, d'ailleurs, je pourrais certainement leur apprendre bien des choses. Enfin s'ils veulent garder leurs petits secrets, je conserverais les miens." Un sourire malicieux se forma sur ses lèvres. "Car j'ai moi aussi beaucoup réfléchi à ce problème."

Mr. Ollivander la jaugea du regard. Il leva son index et se tapota distraitement les lèvres, comme s'il pesait le pour et le contre. Hermione reprit espoir et fit de son mieux pour afficher une expression aussi méritoire que possible.

"Hum. Mon vieil ami Albus pense le plus grand bien de vous. Peut être pourrais-je partager certaines de mes connaissances avec vous." Il se mit à rire. "En fait, d'après ce que j'ai entendu, il est même possible que vous soyez en mesure de les améliorer."

Hermione ne répondit pas et elle retenait son souffle. Après un moment Mr. Ollivander écarta sa main et dressa son doigt vertical. Ses lèvres murmurèrent une brève incantation en même temps que son poignet exécutait un mouvement de balayage souple de bas en haut en direction de la porte du magasin. Il y eu un bruit de verrous qui s'enclenchaient et de volets qui se fermaient brutalement. Ils se retrouvèrent subitement dans la pénombre du magasin, avec les vitrines et la porte complètement calfeutrées.

Les yeux d'Hermione s'ouvrirent en grand, et elle s'avança pour jeter un coup d'oeil au doigt du sorcier. Il lui fit signe d'attendre et de la suivre dans l'arrière boutique. Après un petit couloir, ils se retrouvèrent dans ce qui devait être son atelier. Les murs de la pièce étaient couverts d'étagères et de meubles de rangements. Il y avait toute sortes de pots et de récipients pour des ingrédients magiques, ainsi que de multiples outils et des réserves de bois. Sur un établi, une baguette était fixée sur un tour, en cours de façonnage. Une odeur difficile à identifier, et pas très agréable, flottait dans l'air. Mr. Ollivander lui désigna une chaise.

"Comme vous avez pu le constater, j'ai moi même trouvé une 'alternative'. Avez vous observé ce qui c'était passé?"

"Vous avez utilisé votre doigt à la place d'une baguette?"

"Exactement. Mais ce n'était pas juste mon doigt. Regardez le et dites moi ce que vous voyez."

Elle regarda l'index avec attention, mais il n'y avait rien de particulier. L'ongle était coupé très court. Il y avait un certain nombre de calles, des taches de vernis et des petites cicatrices provenant d'anciennes coupures. Ca ressemblait au doigt de n'importe quel artisan.

"Je ne vois rien de spécial," dit elle. Sur une idée, elle sortit sa baguette. "Puis je utiliser un sortilège de détection?"

Il acquiesça et elle appliqua les formules qu'elle connaissait pour mettre en évidence les propriétés magiques et les symboles cachés. Au bout d'un moment l'ensemble du doigt se mis à briller d'une lumière dorée. Ce genre de réaction trahissait la présence d'une forme de magie, sans lui dire laquelle exactement. Elle savait qu'il n'était pas possible d'enchanter de la matière vivante. Elle réfléchit et essaya d'imaginer ce qu'il avait bien pu faire.

"Vous l'avez enduit d'une substance magique?" supposa-t elle. Il fit une moue appréciative.

"C'est presque ça. En fait, je me suis tatoué des lignes parallèles sur la peau, avec une encre invisible basée sur les ingrédients que j'utilise habituellement."

Hermione comprit immédiatement. Le doigt possédait en conséquence certaines des propriétés d'une baguette, sinon qu'au lieu d'être à l'intérieur, les substances magiques étaient à l'extérieur. Il suffisait de le tendre et de faire les mêmes gestes qu'avec une baguette.

"C'est génial!" s'exclama-t elle. Il s'inclina modestement sous le compliment.

"Je vous remercie. Ca ne marche pas aussi bien qu'une vraie baguette, mais avec un peu d'entraînement, on obtient une concentration mentale suffisante. Par contre, pour les sorts qui utilisent une grande quantité d'énergie, la baguette joue également un rôle amplificateur, et ce n'est pas possible avec cette méthode. Ca serait très douloureux et il y aurait même un risque de blessure."

"Donc ça ne doit être utilisé que pour les sorts les plus simples," dit elle pensivement. "Mais c'est déjà très utile."

"Oh oui. Vous pouvez détacher des noeuds, convoquer une autre baguette, et même aveugler un ennemi."

Il se dirigea vers une armoire et ouvrit un tiroir. A l'intérieur il y avait un petit livre qu'il lui donna.

"Voici mes notes de travail. Je sais que je peux vous faire confiance pour que tout cela reste entre nous. Soyez gentille de me les rendre lorsque vous n'en aurez plus besoin, et je serais très intéressé par toutes les remarques que vous pourrez avoir."

Il lui donna également plusieurs des ingrédients dont elle aurait besoin. Hermione n'en croyait pas ses yeux. Elle proposa de le payer pour les fournitures mais il refusa fermement.

"Laissez moi vous offrir ces choses. Ce sera ma contribution personnelle à la dette que nous avons tous envers vous."

"Merci infiniment Monsieur," dit Hermione, pleine de gratitude. "Je vais travailler là dessus immédiatement, et vous pouvez être sûr que je partagerai avec vous tout ce que je découvrirais."

"Je n'en demande pas plus, Mademoiselle Granger. Au revoir, et saluez bien vos jeunes amis de ma part."

"Je n'y manquerai pas Monsieur. Au revoir, et merci encore."

- - -

Appartement des Parker,

"Est-ce que tu veux regarder la télé?"

Silena fit la grimace et écarta ces mains, les paumes vers le haut. Son attitude disait 'Je ne sais pas ce que c'est qu'une tailé, mais si vous m'expliquez de quoi il s'agit alors pourquoi pas?' Les Parker avaient l'habitude maintenant. Depuis la veille au soir, c'était comme ça presque à chaque contact avec un nouvel objet Moldu.

En l'occurrence, l'objet en question était assez facile à expliquer. Alice et Richard l'entraînèrent dans le salon et allumèrent la télévision. Silena regarda poliment pendant que Richard zappait rapidement parmi les programmes disponibles jusqu'à trouver quelque chose d'intéressant. Il s'arrêta sur le Cartoon Channel et Silena éclata de rire devant un nouvel échec spectaculaire de Wile E. Coyote dans sa poursuite éternelle de fricassée de Beep Beep.

"Ca te plait?"

"Oh oui! C'est trop drôle."

Ils regardèrent le programme pendant un moment, puis Alice suggéra d'une voix plaintive qu'ils pourraient éventuellement faire quelque chose d'autre. Elle attendit, mais Richard et Silena regardaient l'écran sans daigner lui répondre. Elle soupira et se leva pour aller vers la grande table, dans le coin salle à manger de la pièce. Le livre Une Histoire de Poudlard y était ouvert et elle se replongea dans l'étude de l'énigme que leur avaient posée les jumeaux Weasley.

Richard disait que ça lui faisait penser à un timbre. Je ne suis pas d'accord, et il n'y a rien sur les timbres dans Poudlard. Les sorciers n'utilisent pas ces choses.

Elle regarda le dessin une fois de plus, puis le livre. Ses yeux tombèrent sur une description de l'intérieur du château.

...Plusieurs anciens élèves, devenus célèbres après leurs études, ont leurs portraits accrochés dans les innombrables couloirs de l'école. Certains d'entre eux jouent même un rôle important dans la vie de tous les jours...

Alice pensa immédiatement à la Grosse Dame qui gardait l'entrée des quartiers des Gryffondors. Elle était vraiment impressionnante dans le grand cadre doré de son tableau. Elle se figea tout d'un coup.

"Hé! Je crois que j'ai compris ce que le dessin veut dire!"

Richard se détourna de la télé.

"Quoi?" Il n'avait pas bien entendu à cause du bruit.

"Coupe ça. J'ai pas envie de crier."

Richard tendit la main vers la télécommande et coupa le son. Silena regarda la petite boite avec curiosité. Elle se demandait si c'était ce qui remplaçait les baguettes chez les Moldus. Ca ressemblait aussi un peu au téléfone de Hermione.

"Ce n'est pas un timbre," expliqua Alice. "Je crois que c'est un cadre de tableau, probablement une peinture d'un sorcier."

Richard s'assit à coté d'elle et considéra le dessin un fois de plus. Elle avait peut être bien raison, et dans ce cas le texte serait le titre du tableau. Ca expliquerait bien l'énigme. Il sentit le frisson de la découverte le parcourir.

"Tu as raison. Ca doit être ça. Est ce que le livre parle d'un tableau qui pourrait correspondre à un 'sage modeste'?"

Ils tournèrent les pages à la recherche des descriptions de tableaux, en sautant rapidement les passages qui parlaient manifestement d'autres sujets. Pendant ce temps Silena avait la télécommande dans sa main et elle se demandait ce qui se passerait si elle appuyait sur un des boutons. Elle jeta un oeil à ses amis, mais ils étaient plongés dans leur recherche. Elle appuya au hasard et regarda l'écran. Une sorte de texte était maintenant visible, mais elle ne comprenait pas ce qui était écrit. Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire SETUP? Elle appuya sur un autre bouton et l'image changea. C'était des Moldus qui discutaient entre eux dans une grande pièce. Il n'y avait pas de son, mais leurs visages étaient sérieux et tendus et l'un d'eux tenait un objet noir dans la main. Il le pointait vers un homme bien habillé avec un chapeau rond et une fleur à la boutonnière.

"Si 'sage' veux dire plein de sagesse alors le seul que je connais et qui soit modeste est le Directeur, et il n'y a aucun tableau de lui dans l'école."

"Ouais, Sauf sur les cartes Chocogrenouilles, et je ne crois pas que ce soit ça."

Silena essayait de comprendre l'histoire qui se déroulait sur l'écran. Le Moldu avec l'objet noir agissait de manière menaçante. Soudain, une porte s'ouvrit et une femme avec une tenue moulante en cuir noir, bondit au milieu de la pièce et donna un coup de pied dans la main de celui qui tenait l'arme. Une scène de combat à coups de pieds et de poings s'ensuivit.

"Est-ce que vous pouvez faire revenir les paroles?" demanda-elle.

"Qu'est-ce que tu regardes?" Richard balança sa chaise sur le coté pour voir l'écran. "Oh, c'est un vieil épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuirs (nda. En anglais The Avengers). Appuie sur le bouton bleu avec le signe plus."

Silena le fit et une musique rythmée se fit entendre. L'homme et la femme avec la tenue de cuir étaient en train de courir vers une grande machine bardée de lumières clignotantes.

"Richard?" dit Alice.

Il garda les yeux fixés sur l'écran, en essayant de se souvenir de quel épisode il pouvait bien s'agir. Il avait toujours beaucoup aimé cette série, même si les effets spéciaux étaient plutôt vieillots.

"Richard! Tu m'aides ou tu fais autre chose?"

"Ouais, ouais. Je suis là," dit il. Après un dernier regard il se retourna vers le livre.

Silena essayait de comprendre l'histoire. Son expérience avec les oeuvres de fictions était limitée à des livres pour enfants, avec généralement un prince sorcier de Sang Pur qui sauvait le monde contre des Gobelins ou d'autres menaces de ce genre. Au moins ici elle avait compris qui était les gentils, mais pas beaucoup plus.

Après avoir tourné encore une douzaine de pages, Richard repoussa le livre avec écoeurement et se laissa aller en arrière dans sa chaise.

"On va rien trouver là dedans. Il va falloir attendre qu'on retourne à Poudlard."

"Et qu'on examine tous les tableaux," acquiesça Alice. "Tu parles d'une corvée."

"C'est peut être ce qu'ils veulent. Ils ont dit qu'on allait devoir explorer toute l'école." Il se pencha sur le coté pour surveiller ce qui se passait sur la télévision.

"Qu'est-ce que tu as avec la télé? Tu as déjà vu cet épisode un million de fois," s'exclama Alice énervée.

"Ouais, mais c'était vraiment un feuilleton trop cool. Même le nom était sympa.".

"Peut être, mais c'est fini maintenant. La dernière saison n'était pas terrible et j'ai trouvé que le film était nul."

"Oui, le mieux c'était vraiment le début. Moi j'aimais bien Tara King. Ca serait bien s'ils faisaient un remake ... Hé j'ai une idée. Voilà un nom qu'on pourrait utiliser pour notre groupe. Les Vengeurs. Ca serait super cool. Qu'est ce que tu en penses?"

"C'est pas idiot," dit Alice en réfléchissant à son idée. "Ca rime avec les autres noms que Fred et George nous ont donnés. Et toi Silena?"

La petite fille haussa les épaules. Pour elle c'était juste un nom. Elle avait surtout hâte que les vrais aventures commencent.

"Est-ce qu'on pourra s'habiller comme eux?"

Ils se regardèrent. Alice commença à rêver aux tenues de cuirs provocantes de Emma Peel, pendant que Richard se demandait où il pourrait trouver un chapeau melon.

"On aurait une super classe mais ça serait peut être pas très discret de se promener comme ça dans l'école. D'un autre coté, on ne le ferait que le soir quand tout le monde dort. Ouais, l'idée me plait bien."

"D'accord," dit Alice. "Alors c'est décidé. Nous serons les Nouveaux Vengeurs."

Silena se leva pour les rejoindre. Elle tendit son bras droit, paume vers le sol et attendit que les deux autres fassent de même. Ils ne purent s'empêcher de sourire devant le cérémonial, qui même pour eux était un peu enfantin, mais ça donnait un peu plus de solennité à leur entreprise. Ils étaient une équipe, avec un nom et une quête à accomplir. Ils n'avaient besoin de rien d'autre pour que ça devienne une vraie aventure.

- - -

Square Grimaurd,

Lorsque les six revinrent à Grimaurd, ce fut avec un grand nombre de paquets plus ou moins imposants, y compris certains qu'ils transportaient avec une discrétion inhabituelle. A l'approche de Noël les raisons d'un tel comportement étaient évidentes, d'ailleurs aucune question embarrassante ne fut posée et chacun s'affaira à ranger ses affaires, ici dans un placard, là dans un coffre et ailleurs dans un tiroir. D'un commun accord, ces endroits seraient hors limite jusqu'au 25 Décembre.

Lorsque Harry redescendit dans le salon, Luna était installée dans son fauteuil préféré avec le livre que leur avait donné Dumbledore, reconnaissable à sa couverture partiellement calcinée.

"Tu as commencé à le lire?" demanda-t il.

"J'ai presque fini," répondit elle. "C'est un livre très bizarre, il y a plusieurs chapitres indépendants et des passages qui ont été manifestement recopiés sur d'autres ouvrages."

"A ce propos," lança Ron, qui arrivait à son tour. "Tu ne nous as jamais expliqué ce qui c'était passé avec Firenze."

Une ombre passa brièvement sur le visage de Luna. Le professeur Dumbledore avait dit vrai. Après avoir lu le livre, elle comprenait mieux ce qui avait conduit le Centaure à se comporter comme il l'avait fait, mais cela ne rendait pas le souvenir moins désagréable. Elle attendit que les autres descendent à leur tour.

Luna savait qu'il y avait des chances qu'ils réagissent brutalement, et que le simple fait d'en parler allait évoquer chez elle une réaction pénible. C'était un des inconvénients de son talent d'Empath. Elle se prépara en conséquence. Lorsque tout le monde fut là, son visage prit une expression distante, et elle raconta la scène d'une voix neutre et presque détachée, mais malgré ses efforts, elle ne pouvait s'empêcher de revivre partiellement l'épreuve.

"Non mais pour qui il se prend!" s'exclama Ron, outragé. "Et c'est n'importe quoi cette histoire à propos de la Forêt qui les aurait protégés. Elle n'avait certainement rien fait pour sauver les Licornes que Voldemort a tué pendant notre première année."

"Calme toi Ron," répondit Harry qui voyait que Luna tremblait encore de réaction. C'était certainement déjà assez dur pour elle sans qu'il en rajoute. La jeune fille leva la main et se mit à respirer profondément. Ron la prit doucement par les épaules et ils attendirent qu'elle se remette. Après un moment elle reprit la parole.

"J'ai compris après coup pourquoi il avait réagi comme ça, même si je ne suis pas totalement d'accord avec ce qu'il a dit."

"C'est quoi l'histoire alors?" demanda Hermione. "Quel est le lien entre les sorciers et les Centaures?"

Luna la regarda avec une expression désolée. Connaissant Hermione, il y avait des chances qu'elle réagisse aussi négativement que Ron, même si ça ne serait pas pour les mêmes raisons.

"Ce sont les Centaures qui ont appris la magie aux premiers sorciers, et ensuite ils ont presque tout perdu à cause de cela."

"Quoi!" s'exclama Harry.

"C'est bizarre comme ça me rappelle quelque chose," murmura Hermione, en pensant à ce qui était arrivé aux Elfs de Maison.

"Explique toi," demanda Drago en fronçant les sourcils.

Luna parlait avec la même voix qu'elle avait lorsqu'elle racontait ses théories ridicules de conspiration, sinon que cette fois ci c'était probablement la vérité. Après tout, l'histoire avait été confirmée par Dumbledore.

"Il faut remonter avant le premier sorcier, avant même les premières civilisation humaines. Le monde était un endroit sauvage où il y avait des animaux normaux, des créatures magiques, des humains et d'autres espèces intelligentes. Ils vivaient en tribus, plus ou moins indépendantes les unes des autres, un peu partout sur la terre. D'après le livre, les Centaures étaient les plus sophistiquées. Ils possèdent une faculté qu'ils appellent la Vision, et qui leur permet de voir certains phénomènes magiques, et aussi d'interpréter les étoiles pour y lire des signes. Avec ce talent ils ont rapidement créé une véritable culture."

"A coté de ça, les humains qui possédaient des pouvoirs magiques ne savaient pas comment les utiliser. Ils ne s'en servaient que de manière semi consciente, un peu comme les enfants chez nous. Tout a vraiment commencé lorsqu'un groupe de Centaures s'est lié d'amitié avec des shamans humains, et les ont aidés à contrôler leurs pouvoirs. Ces humains sont devenus les premiers vrais sorciers."

"Très vite, il s'est avéré que les humains étaient capables de faire beaucoup plus de choses que leurs professeurs. Les Centaures ne sont pas capable de lancer des sorts. Leur magie est essentiellement passive. A cause de cela les sorciers sont devenus beaucoup plus puissants qu'eux. Pour des raisons qui ne sont pas claires, ils se sont disputés avec les Centaures. Il y a eu de véritables guerres apparemment. Les humains étaient les plus forts et petit à petit les Centaures et les autres créatures magiques se sont retrouvés refoulés dans des endroits isolés comme la Forêt Interdite."

"C'est pour cela qu'ils ne nous aiment pas," conclut elle. "Ils nous ont offert cette chose magnifique, et nous les avons chassés de notre monde."

Il y eut un long silence pendant qu'ils digéraient ces paroles.

"Mais pourquoi les Centaures ne se sont pas rendus compte du danger?" demanda finalement Hermione. "S'ils ont des vrais pouvoirs de divination, ils auraient du être prévenus de ce qui allait se passer."

"Le livre explique ça," répondit Luna. "Ils ne font pas de véritables prédictions. Ils lisent des signes, et les signes sont souvent ambigus. Apparemment les Centaures qui ont pris la décision d'aider les humains, avaient vu des indications comme quoi 'de grandes choses' allaient en découler, et c'était vrai, mais seulement pour les sorciers," ajouta-t elle tristement.

"Qui a appris aux Centaures à utiliser la magie?" demanda Ginny.

"Pourquoi est-ce que les Centaures et les humains n'ont pas pu s'entendre?" dit Drago.

"Pourquoi -"

Luna leva la main.

"S'il vous plait! Une question à la fois," dit elle. "Je n'en sais pas beaucoup plus que ce que je viens de vous dire. Je n'ai pas tout fini et le livre est très difficile à lire. Il y a plusieurs pages qui manquent, ou qui sont brûlées ou très abîmées. Il y a aussi des références isolées qui concernent les Licornes, et qui laissent entendre que celles ci sont très importantes, mais sans expliquer leur rôle."

"Tout le monde sait que les Licornes sont très précieuses et doivent être protégées," dit Ron.

"Oui," répondit Luna, "mais pourquoi?"

Il y eut un nouveau silence. La vénération envers les Licornes était universelle dans le monde des sorciers, mais c'était vrai que la raison n'en était jamais explicitée.

"Les substances issues des Licornes sont très importantes en préparation de potions et pour la fabrication d'objets magiques," suggéra Hermione.

"Ca ne doit pas être la seule raison du respect qu'elles attirent," discuta Drago. "Les Dragons sont encore plus utiles dans ce domaine, et peu de gens les aiment pour autant."

"On préfère peut être les Licornes aux dragons parce qu'elles n'essayent pas de vous arracher le coeur, ou de vous griller comme une saucisse," rétorqua Ron.

"Peut être que ce sont elles qui ont appris ce qu'ils savent aux Centaures," suggéra Hermione. "Ils se ressemblent physiquement, et on les trouve pratiquement toujours ensembles."

"C'est possible," répondit Luna. "Mais je n'ai jamais entendu dire que les Licornes étaient intelligentes, ou qu'elles pouvaient communiquer avec d'autres créatures."

"Ce que je voudrais savoir," répéta Drago, qui revenait sur le sujet des Centaures, "c'est pourquoi il y eut cette compétition entre eux et nous." Harry opina vivement.

"Les humains n'aiment pas partager," murmura Hermione.

"Allons. Il n'y a pas tant de sorciers que ça, et le monde est assez grand," dit Harry. "Et puis il y a quand même des choses bizarres. Par exemple, pourquoi est-ce que Poudlard, le centre du monde magique en Angleterre, est placé juste à coté de la Forêt Interdite, là où se trouve la plus grande concentration de Centaures?"

Il y eut un long silence en guise de réponse.

"C'est effectivement une question intéressante," dit finalement Drago. Il se tourna vers Luna. "D'accord. Tu finis le livre, et puis on le regardera à notre tour pour voir s'il y a des réponses à ces questions. Rien ne presse. En rentrant à Poudlard, on pourra toujours poser des questions plus précises à Dumbledore."

"Il avait raison en tout cas," dit Hermione sombrement "C'est vraiment une triste histoire."

"Je ne comprends pas pourquoi les sorciers et les Centaures n'arrivent pas à s'entendre," insista Drago. "C'est pourtant évident que les deux espèces se complètent plus qu'elles ne s'opposent."

"Peut être qu'il y avait quelque chose qu'elles voulaient toutes les deux, et qu'elles n'avaient pas envie de partager," suggéra Ron.


Notes de l'auteur: On en a pas fini avec les Gobelins, et le secret des Centaures et des Licornes reste à découvrir. En anglais le titre de "Chapeau Melon et Bottes de Cuirs" est 'The Avengers", ce qui sonnait bien avec "The Marauders". En français, je perds la rime (too bad).

Dans le prochain chapitre "Noël", Harry et Drago testent les recettes du professeur Rogue.

Gardez le rythme avec les commentaires - ça me fait toujours plaisir.