CHAPITRE NEUF

Un grand merci pour vos sympathiques reviews :D !

Je pense, au final, faire plus d'une dizaine de chapitres, j'ai encore la rencontre avec "mummy" et l'affaire Moriarty à terminer :D!

LET'S ENJOY IT !


-Mummy ne plaisante jamais avec ce genre de choses.

-Sherlock n'acceptera jamais de venir !

-Il n'est pas en position de refuser. »

John tiqua, lui demanda s'il avait gardé des caméras à l'intérieur de l'appartement, mais l'autre ne répondit pas et ouvrit chaleureusement les bras vers son frère qui venait d'apparaître dans le cadre de la porte, plus blanc qu'accoutumé, le menton relevé. Il demanda sèchement au blond s'il avait l'intention d'y aller, et sans attendre la réponse se mit à énumérer tous les arguments en défaveur de la réception :

« …Et puis ma mère te jaugera entièrement ce sera terriblement oppressant et nous savons toi et moi que tu as du mal avec la pression, tu te sentiras étranger et cela ne te plaira pas, tu ne sauras pas comment te comporter, tu…

-Sherlock. Je…J'ai envie de rencontrer ta mère. »

Sherlock voulu répliquer, reconsidéra la situation, jeta un œil à son frère qui hocha pesamment la tête, et lâcha que dans ce cas, il se contenterait de tirer la gueule durant la totalité de la soirée. Il disparu dans la cuisine.

« Ne me remerciez pas, sourit John d'un air crispé, ça me fait autant plaisir qu'à vous.

-C'est Mummy qui va être enchantée. Elle n'a pas vu Sherlock depuis deux ans, environs.

-Deux ans ?

-Oui, comme vous l'auriez remarqué, Sherlock à une conception….Spéciale de la famille. »

John essaya un instant de s'imaginer à quoi ressemblait la génitrice de son amant, abandonna. Il questionna à voix basse Mycroft sur la présence d'un quelconque père, mais l'homme secoua la tête en murmurant qu'il était parti, il y a bien longtemps, sans laisser de trace.

« …Vous auriez pu le retrou-

-Sherlock ne l'aurait pas supporté.

-Je comprends. »

Mycroft se pencha pour caresser le bouledogue, et ensuite reprit ses affaires, lâchant au passage qu'il serait temps que le médecin en sache plus, du moins s'il le désirait, sur la famille et le passé de son « partenaire de vie. ». Il salua le médecin, lui fit part de ses regrets concernant le départ pressé de Mademoiselle Bright, puis prit la porte de sa démarche caractéristique. John resta comme deux ronds de flans, entendit le brun ouvrir puis refermer la porte du frigidaire, et lui demanda si cela ne le gênait pas qu'il ait accepté sans le consulter. Il entendit le bruit identifiable de l'acide dévorant la chair, leva les yeux au ciel, et se risqua dans la pièce. Il du réprimer un haut le cœur en découvrant une main humaine, presque bleue déjà, dont les doigts étaient convulsés.

« …Sherlock.

-Evidemment, que cela me gêne. Je n'aime pas ma famille, John. Ils sont bornés, stupides, incompétents…

-Il s'agit de ta famille, pas d'agents de polices !

-…Détails inutiles. »

John roula des yeux, puis murmura d'une voix atone que cela lui permettrait, en effet, de connaître un peu plus la vie de cet homme qui partageait sa vie. Il lui fit remarquer qu'il ne savait, somme toute, pas grand-chose de lui. Il connaissait ses tics, ses manies, ses goûts, ses habitudes, mais rien de concret sur sa vie. Sur son enfance. Ses erreurs du passé.

« …Je ne savais même pas que ton père n'avait pas été présent dans ta vie.

-Je ne voulais pas en parler.

-Tu ne veux jamais parler de rien ! »

Sherlock leva son regard indéchiffrable de son expérience, quitta sa chaise, croisa les bras, et ses lèvres prirent un pli colérique. Il débita d'une traite, de sa voix grave, que son père avait abandonné la famille pour courir après une petite gourde plus jeune que lui, que Mycroft avait du travailler dur pour toujours être capable de subvenir aux besoin des autres, et avait donc mit entre parenthèses sa relation avec lui et toutes ses belles années pour obtenir son poste au MI6, qu'il avait passé son adolescence à tester ses limites, finissant plusieurs fois au bord de la mort, sa virginité avait disparu, un soir, dans les bras d'un homme d'âge mûr, mais il n'en avait que peu de souvenirs, et sa mère avait…

« SHERLOCK ! »

John le secouait, inquiet, et le brun ferma la bouche, les yeux grands ouverts, les membres raides. Débiter sa vie ne faisait pas partie de ses habitudes, mais il n'avait pas réussi à stopper ce flot de souvenir qui avait implosé en lui. Il se revoyait, à quinze ans, regardant par-dessus un livre ce garçon, et cette fille, qui s'embrassaient contre un mur, il se revoyait les observer, puis se cacher derrière le bouquin, honteux sans savoir pourquoi - honteux de se sentir honteux- il se revoyait tout maigre, flottant dans des vêtements appartenant à un son frère, se fichant déjà des avis extérieurs… Il s'ébroua.

« Passons.

-Sherlock, viens parler un peu, juste toi et moi, sans te forcer, sans…

-Pas envie. » siffla le brun en se braquant, repoussant le bras chaleureux de son amant pour ranger son expérience. John demeura sur place quelques secondes, sentit comme une envie incontrôlable de se rebeller contre le caractère du détective.

« Pas de sexe.

-Je te demande pardon ?

-Si tu ne me dis rien, je supprime le sexe.

-Je peux me passer de cette activité quand bon me semble, je te signale. »

Le bond eut un grand sourire, enleva son pull, le jeta par terre, ouvrit sa braguette, et lança à la cantonade qu'il allait prendre un bain, avec de la mousse, et seul. Sherlock le regarda faire son petit manège sans bouger, l'observant ôter son pantalon avec un désir des plus contradictoires. Au final, alors que le médecin s'éloignait vers la salle d'eau, les doigts glacés de Sherlock se serrèrent autour de son poignet, s'enroulant autour de sa peau de façon sensuelle. L'autre riait :

« J'ai dit non !

-John…Pourquoi vouloir m'entendre dire que mon enfance était malheureuse ?

-Je veux que tu apprennes à te confier à moi. Confiance, Sherlock. Je…Tu me connais par cœur. Tu sais tout de mes expériences, même les plus humiliantes.

-Dont celle où tu as chanté Killing me softly, bourré, à un mariage ? »

L'autre lâcha une petite injure, grogna, vexé, et autorisa son amant à lui mordiller le cou tendrement. Le portable du détective vibra, et John alla le chercher dans la poche arrière de son pantalon, s'adossant au mur pour faciliter les caresses du sociopathe.

« …Sherlock, Lestrade nous veut dans son bureau dans dix minutes. C'est une urgence.

-Dans son bureau ? »

Le brun recula à regret alors que John allait se rhabiller en vitesse, et son esprit se remit en fonctionnement.

Urgence. Pas de corps, apparemment. Menace invisible ? Video ? Pas d'indice par message, donc grande inquiétude.

« Bon sang, on a pas une minute de repos !

-Ne dis pas ça, tu es ravi, au fond.

-Sherlock, ne me mets pas dans le même sac que toi… »

L'autre était déjà sorti de l'appartement, et John roula des yeux avant de claquer la porte, Gladstone sous le bras.

"..."

« Tu as emporté la bestiole ?

-Il a un nom !

-Tu as emporté la bestiole qui a un nom ?

-Mrs Hudson n'est pas là, je ne pouvais pas le laisser seul…

-Bien sur que si tu pouvais. Cet animal a besoin d'autonomie.

-Il n'a que deux mois… »

Des fois, John Watson se disait que jamais le brun n'aurait pu être père. Jamais.

"..."

« Bonj… »

John rétracta sa salutation en voyant une dizaine d'agents autour de Lestrade, tous les yeux rivés sur un téléphone portable et chuchotant entre eux. Le détective comprit de suite de quoi il en retournait, et serra plus fort encore son écharpe autour de son cou alors que le blond , gêné, ne savait pas quoi faire. Le commissaire demanda aux autres de les laisser, et ils se retrouvèrent tous les trois, oppressés par un silence lourd de sens. Lestrade toussota :

« …Déjà, je dois vous prévenir que cela risque d'être dur…

-Cessez vos manières godiches. »

Sherlock lui arracha le portable des mains, et se mura dans ses réflexions alors qu'il caressait l'écran de ses doigts gantés. John, interdit, attendit une quelconque réaction, perdit patience et s'avança pour lire le message. Court. Précis. Dévastateur.

Vous aurais-je manqué ? M

Le médecin recula, heurta le coin du bureau, poussa un cri de surprise et se reprit vivement, se mordant l'intérieur des joues pour ne pas perdre le control de lui-même. Lestrade le vit blanchir, et murmura qu'il était désolé de ne pas les avoir prévenus avant.

« Vous l'avez reçu à-

-Vingt heures piles.

-JE SAIS, s'écria Sherlock, JE SAIS LIRE ! »

Il jeta brutalement l'appareil sur le bureau, enleva ses gants, et mit ses deux mains jointes sous son menton. John avait plaqué une main sur sa bouche :

« …C'est…Impossible…Je…A bout portant, son crâne…Ce sang…Et l'explosion…Impossible… ».

Il revoyait clairement le regard de Moriarty, planté dans le sien, un regard persuadé d'avoir tué Sherlock, un regard empli de jouissance, de douleur et de cruauté à la fois, un regard qui acceptait de s'éteindre car il pensait le faire en vainqueur. Il sentait encore ses doigts presser la détente, et la tête de l'assassin partir en arrière, sous la pression de l'impact. Il revoyait la flaque carmin qui souillait ses courts cheveux. Il revoyait le corps noircit par les flammes de l'explosion.

« C'EST IMPOSSIBLE ! »

John allait s'arracher les cheveux. Lestrade s'avança pour le calmer, mais le brun avait remit ses gants, et fit un geste impatient en direction de la porte. Le médecin émit un hoquet sonore :

« Sherlock ?

-Allons, partons, nous n'avons plus rien à faire ici. »

Le blond s'étouffa, se mit à tousser alors que le commissaire bondissait sur ses pieds, criant qu'il ne pouvait pas s'en aller comme ça alors que la menace Moriarty venait juste de refaire surface. Sherlock haussa les épaules avec agacement :

« John a pourtant très bien résumé la situation : c'est impossible. Personne, même Moriarty, -aussi brillant fut-il- ne peut survivre à une balle en plein front. »

Lestrade gémit que le corps n'avait pas pu être identifié, la peau était carbonisée, et s'était très rapidement décomposée. Peut être était-ce Moriary. Peut être pas. Sherlock sentit son épiderme se révolter, et il cria que si l'assassin était réellement en vie, il n'aurait pas envoyé un message si fade à un commissaire de police lambda, non, il aurait ré apparu avec classe, avec une phrase obscène probablement destinée à John, ou alors à lui.

« C'est indubitablement quelqu'un qui cherche à l'imiter, et échoue lamentablement. Sur ce. »

Il tira le médecin par la manche, et celui-ci, abasourdi, se laissa faire, tenant toujours fermement le pauvre chiot contre son torse.

"..."

Alors qu'ils parcouraient les couloirs, Sherlock songea que cette journée avait vraiment été déplaisante. John n'avait pas voulu faire l'amour, lui-même avait replongé dans ses souvenirs avec un peu trop d'insistance, ils avaient été invités par sa mère et, en prime, un incompétent se faisait passer pour Moriarty. C'est pourquoi lorsque Sarah s'arrêta brusquement en les voyant arriver, il se dit qu'il était temps d'aller se coucher pour attendre le lendemain. Oh, comme il détestait voir le regard de John s'adoucir, briller doucement, alors qu'il se mordait la lèvre d'inquiétude ! Comme il détestait aussi quand Sarah remettait, inconsciemment ou non, sa toilette en place pour avoir meilleure allure !

« B…Bonjour. »

Cette voix ne ressemblait pas au médecin. Sherlock fourra ses mains dans ses poches, amer, refusant de regarder la jeune femme.

« Je…Venais juste déposer un témoignage…Pour le commissaire…Après ce qui s'est passé…

-Oui, oui, je vois… »

Sherlock voulait prendre son amant par le bras pour qu'ils s'en aillent, mais il sentait que ce geste ne serait pas le bienvenu. Le visage de Sarah s'éclaira :

« Il est magnifique ce chiot !

-Je te présente Gladstone. Un cadeau de Noël. »

Elle lui grattouilla affectueusement la tête, et la bestiole jappa joyeusement. Ils parlaient de tout et rien, sous l'œil acéré du brun, quand Anderson passa la tête par le cadre de la porte, demandant de l'aide de la part du médecin qui lui suivit après une longue hésitation. Il laissa le chiot par terre, espérant qu'il n'y ait pas de problème entre Sarah et Sherlock, lança qu'il revenait vite, et disparu dans la salle.

« …Alors comme ça vous déménagez ?

-Ne dîtes pas ça qui vous si étiez peiné.

-Je suis même ravi de ce départ.

-C'est étrange de se dire qu'un homme égocentrique, sociopathe, intelligent et capricieux puisse voir une simple jeune femme comme…Une rivale. »

Sherlock faillit lever la main pour lui flanquer une bonne gifle. Sa main le démangeait. Il pensa à John, ne fit rien, mais les coins de sa bouche tiquèrent violemment. Il murmura d'une voix doucereuse qu'il n'y avait plus de raison d'être.

« J'ai fêté Noël avec lui. J'ai fais l'amour dans une baignoire avec lui. Je l'ai sauvé de la mort. Je lui ai acheté un chien ! »

Sarah se demanda si le brun croyait vraiment que cet argument allait l'emporter sur les autres, et fit une moue peu convaincue en croisant les bras. Elle lâcha qu'il l'avait mit en danger plus que tout, qu'il n'arrivait pas à avoir une vie professionnelle épanouie à cause de lui, qu'il ne se sentirait jamais réellement en phase avec le fait d'aimer un homme, qu'il ne serait jamais père. Elle s'approcha du détective, le regard plus dur. Elle n'avait plus peur de lui, cela se sentait.

« Peut être lui as –tu apporté certaines choses, Sherlock, mais arrête-toi un instant, et regarde tout ce que tu lui as fais perdre. »

Sherlock leva le bras pour faire ce dont il avait tellement envie, mais John revint à cet instant. Il trouva Sarah en colère, les traits tirés dans une attitude de défense malsaine et son amant prêt à la frapper, le regard inexpressif. Il les dévisagea, puis siffla que Gladstone était parti, et que lorsqu'il reviendrait avec lui, ils avaient intérêt à être calmés.

Quand il revint, Sarah était partie, et le détective massait distraitement sa paume droite, rouge et visiblement douloureuse. L'autre ne fit aucun commentaire durant le retour en taxi.

"..."

« Aller, file ! »

Il était vingt-et-une heure, et le chiot alla directement se coucher dans son panier. John était fier de son éducation. Il allait passer dans la cuisine pour prendre une collation, mais son regard s'accrocha, bien malgré lui, à la pièce d'échec lavée, brillante, qui reposait sur la commode. Il la prit entre ses doigts, le souffle court. Sherlock sentit le malaise, et attendit qu'il se décide à parler.

« …Sherlock, et si ce n'était pas lui ? S'il ne s'agissait que d'un homme fou, très ressemblant, envoyé par Moriarty en sachant qu'il allait y trouver la mort ? Si-

-Calme toi. »

Sherlock passa sa main dans ses cheveux, et se mit à parler. Il lui expliqua que jamais le brun ne les aurait tués sans être présent personnellement, cela aurait tout gâché. De plus, il n'aurait vraiment pas envoyé de texto à Lestrade, c'était exclu. Moriarty avait le sens du spectacle, de la surprise, du suspense.

« S'il était vivant, à quoi bon gâcher cet immense atout de façon si vulgaire ?

-…Tu dois avoir raison. »

Sherlock lui souffla à l'oreille qu'il avait toujours raison, et qu'il faudrait, plus tard, commencer à réfléchir sur l'identité de l'imposteur.

« J'ai envie de boire, ce soir, ça te tente ?

-Tu sais très bien que l'alcool m'empêche de réfléchir.

-Tu n'as pas besoin de réfléchir. Parfait, j'ai de quoi nous faire des Ti' Punch.

-Des quoi ?»

Le blond ne répondit pas, fit ses cocktails, et revint dans le salon pour s'asseoir dans son grand fauteuil. Sherlock renifla son verre – rhum blanc, sucre de canne, citron vert-, y trempa ses lèvres, et au final en lapa un bon tiers. Le médecin détendit ses jambes en soupirant de contentement, son regard dérivant sur les petites lumières qui clignotaient dans le sapin.

« 'Faudra penser à le jeter, lui…

-Il fait bien dans l'appartement. Gardons le encore un peu. »

John marqua un temps d'arrêt, sourit, avala une gorgée de son verre en faisant tinter les glaçons. Cela faisait un bien fou d'être chez soi, pour une soirée, sans avoir à courir après qui que ce soit, sans se prendre la tête. Sherlock fit claquer sa langue :

« J'en veux un autre.

-Déjà ! ? »


Prochain chapitre, lemon alcoolisé :)

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