Titre : Les joies des urgences.

Pairing : No Couple

Rating : M

Genre : Humour. No couple.

Résumé : Suite à une décision ministérielle, Draco se retrouve à faire un stage dans un hôpital moldu. Humour. No couple.

Note de l'auteur : Ce texte est écrit dans le cadre d'un jeu du Fof. Il fallait écrire en une heure sur le thème : Hôpital.

Re-Note de l'auteur : Travaillant dans le milieu, cet OS est très réaliste... Du coup, niveau glamour : on avoisine le zéro absolu.


Les joies des urgences.

Draco souffla un bon coup pour se donner du courage. Il poussa la porte du petit vestiaire où il s'était changé, pour pénétrer dans ce qui serait son lieu de stage durant les six prochains mois : le service des urgences du Saint Thomas Hospital à Londre. Hôpital moldu évidemment...

Depuis la fin de la guerre, le nouveau gouvernement avait à cœur d'intégrer, discrètement, les sorciers au monde moldu. Le but avoué était de permettre aux sorciers de mieux connaître les moldus et leur mode de vie car, comme disait si bien ce très cher premier ministre : on n'a peur que de ce qu'on ne connaît pas ! Ce que Draco trouvait totalement stupide puisque tout le monde avait peur de Voldemort et pourtant tout le monde le connaissait. Mais personne ne lui ayant demandé son avis, le slogan avait été repris par tous les journaux et était devenu le leitmotiv du gouvernement.

Les sorciers étaient donc obligés de faire des "stages de découverte et d'intégration" au sein du monde moldu. Et pour Draco ce stage s'était inscrit dans le cadre de ses études de médicomagie. Il se retrouvait donc à devoir jouer les infirmiers aux urgences de l'un des plus grand hôpital de Londres. En quelques semaines, lui et ses comparses, futurs médicomages, avaient été entraînés à effectuer tous les soins basiques fait par les infirmiers moldus : changer les couches, faire la toilette, piquer, poser une perfusion, faire un pansement et autres joyeusetés du même acabit.

Et aujourd'hui c'était son premier jour de stage. La cadre du service l'avait accueilli à son arrivée, lui avait rapidement expliqué deux trois choses, lui avait présenté l'infirmière qui serait en charge de le superviser, et l'avait envoyé aux vestiaires se changer. Habillé d'un pantalon et d'une tunique blanche, un peu trop large pour lui, Draco rejoignit celle qui serait sa supérieure durant son stage. C'était une vieille infirmière aux cheveux gris teintés d'un rouge sombre (il voyait les racines grisonnantes), et aux formes plus que généreuses (il trouvait qu'elle ressemblait à un baril de bièraubeurre), et répondant le doux prénom de Joyce.

Celle-ci lui fit faire une visite express du service avant de le mettre d'emblée dans le bain en poussant la porte d'un box où, étendu sur un brancard, un vieil homme attendait en toussant grassement que quelqu'un vienne s'occuper de lui. L'odeur nauséabonde qui lui agressa le nez, faillit le faire vomir. Draco blêmit quand Joyce lui tendit une paire de gants en latex en décrétant qu'il fallait changer ce monsieur.

Changer le monsieur... Draco déglutit difficilement... Ok, durant les semaines précédentes il avait, effectivement, appris à changer des couches. Mais c'était sur des mannequins, et donc les couches étaient toujours très propres... Mais là, vu l'odeur, il avait un doute sur la propreté de ladite couche. Loin de soupçonner des inquiétudes de son élève, Joyce découvrit le patient et ouvrit la protection, libérant un peu plus l'odeur putride.

- Eh ben, ça c'est de la diarrhée, soupira-t-elle en voyant le liquide marron s'étalant joyeusement sur l'entrejambe du vieil homme. Allez Draco, tu prends les gants qui sont là et tu nettoies.

Malgré ses nausées, Draco s'attela donc au nettoyage, regrettant amèrement l'interdiction d'utiliser la magie qui lui aurait permit de régler ça en deux coup de baguettes. Au lieu de quoi, il usa une bonne cinquantaine de gants de toilette jetables pour éponger la mare d'excréments dans laquelle baignait le malheureux patient.

Mais le pire fut que, tourné sur le côté, ledit malheureux lâcha un pet... et expulsa un peu de selles directement sur la tunique blanche de Draco. Joyce éclata de rire devant la mine dégoûté du jeune blond, et s'exclama :

- Et bien, te voilà baptisé ! Bienvenue aux urgences mon gars !

Draco grogna vaguement en finissant de laver le carnage, puis Joyce et lui passèrent au patient suivant.

S'il pensait avoir fait le pire de la journée, Draco fut rapidement contredit. Après lui avoir fait faire des prises de sang à tour de bras, devant s'entraîner car la première avait tourné au bain de sang, Joyce lui fit faire des pansements de plaies de toutes sortes et vider les bassins pleins d'urines et de selles. Il avait même dû tenir une bassine devant le nez d'une jeune fille qui vomissait tripes et boyaux (une partie atterrit d'ailleurs sur les chaussures de Draco qui remercia intérieurement le ciel de porter d'affreux trucs en plastiques plutôt que ses chaussures habituelles), et autres joyeusetés du genre qui faisaient le quotidien des urgences.

Ce fut ainsi qu'il se retrouva devant une quadragénaire pimpante, mais qui se tordait de douleur sur le brancard, une sonde urinaire à la main, avec pour mission de poser ladite sonde. Suivant scrupuleusement les indications de Joyce, Draco se pencha sur l'entrejambe de la patiente et écarta les grandes lèvres pour viser le trou où devait s'enfoncer l'instrument en silicone.

- Euh... d'accord, je vise le trou, mais lequel ? Il y en a deux en fait, fit-il remarquer en relevant la tête vers sa supérieure.

Celle-ci lui fit un grand sourire moqueur, et répondit d'un ton où perçait un sarcasme plus qu'évident :

- Ben mon gars, t'as séché les cours d'anatomie ? Tu vises le méa, pas le vagin !

Devant l'air bovin de son élève, elle précisa :

- C'est celui qui est le plus petit !

Ainsi renseigné, Draco s'exécuta, non sans plisser le nez à l'odeur douteuse qui émanait des plis intimes de la femme d'un certain âge, regrettant qu'elle n'ait pas pris une bonne douche avant de venir. Un élan de fierté l'envahit quand il vit enfin de l'urine sortir par la sonde soigneusement posée par ses soins. Élan qui tourna court quand ladite urine lui atterrit sur le pantalon.

- Faut mettre le sac au bout, mon gars, sinon ça sert à rien, précisa Joyce non sans un ricanement qui hérissa Draco.

Un coup d'œil à la pendule appris à Draco qu'il ne lui restait plus que vingt minutes avant la fin de son service. Soulagé, enfin ce calvaire allait prendre fin, Draco accompagna Joyce dans un dernier box, y suivant un médecin. A quatre pattes sur le brancard se tenait un homme d'une cinquantaine d'année, qui grimaçait de douleur. A ses côté, une femme lui tenait la main tout en l'encourageant, lui assurant que tout irait bien.

Pendant que le médecin expliquait au couple ce qui allait se passer, Joyce se pencha vers Draco et lui souffla discrètement :

- Tu vois mon gars, cet homme se retrouve avec une boule de pétanque coincée dans le cul. Comme elle n'est pas très loin, le médecin va essayer de l'enlever sans chirurgie.

- Une boule de pétanque ? Mais... Comment elle est arrivée là ? s'étonna Draco.

Le sourire amusé de Joyce ne lui dit rien qui vaille.

- Ah ça... Lui te dira sûrement qu'il s'est assis sur une chaise et qu'il avait pas vu la boule. En vrai, y'a fort à parier qu'il aime se mettre des objets dans les fesses et que cette fois c'est resté coincé.

- Mais pourquoi faire ça ?

Joyce haussa les épaules en signe d'ignorance et se plaça à la tête du malade.

Suivant les instructions, Draco se plaça au niveau du bassin du patient, avec pour mission de l'empêcher de bouger pendant que Joyce lui maintenait un masque diffusant un gaz décontractant sur le visage. Avec horreur, Draco vit le médecin s'enduire de vaseline une main gantée de latex jusqu'au coude et précautionneusement enfoncer le bout de ses phalanges dans l'anus dilaté pour en extraire la boule de pétanque prisonnière.

Au bout de longues minutes d'acharnement, l'objet apparu dans toute sa splendeur métallique et le patient souffla de soulagement. Le médecin délivra des consignes pour la suite des évènements à l'épouse inquiète, et Draco posa un regard éberlué sur l'objet bien rond, bien gros et bien lourd posé dans sa paume (Le médecin l'ayant chargé de nettoyer l'objet avant de le rendre au couple). Comment quelqu'un pouvait-il avoir l'idée de se mettre ça dans les fesses ? Franchement, il n'y avait que les moldus pour avoir des idées pareilles...

En sortant du box, Draco eu l'immense plaisir de découvrir que la relève était arrivée. Joyce l'envoya se changer, lui conseillant de bien se reposer pour remettre ça le lendemain, et Draco quitta le service épuisé, mais soulagé. Quelques minutes plus tard, le temps de changer de tenue, il s'apprêtait à quitter l'hôpital quand il entendit la voix, maintenant bien connue, de Joyce dire :

- Il est pas très dégourdi, et il est un peu trop sensible. Et dire que je vais me le traîner pendant six mois...

Vexé, Draco se jura de s'améliorer et ce très rapidement ! Même si pour ça il devrait se jeter un sort lui coupant le sens de l'odorat !

Fin.


Une petite review pour me dire ce que vous pensez de ma modeste prose ?

Lili